Un état d’urgence qui ne dit pas son nom

Le Premier ministre a réagi aux violences entourant l’acte XVIII des Gilets jaunes à Paris. Après le saccage des Champs-Elysées, Edouard Philippe a voulu montrer sa fermeté et a présenté de nouvelles mesures.

Le mouvement des Gilets jaunes évolue et « se radicalise ». Si un grand nombre de Gilets jaunes fuient les manifestations, la mobilisation de samedi montre un nouveau visage. « Il ne s’agissait pas de manifestants mais d’émeutiers se regroupant sous forme de black blocs dont l’unique intention était d’incendier, de piller, de détruire, de blesser », a déclaré Edouard Philippe dans son intervention, lundi 18 mars. « La réponse du gouvernement doit être forte. »

« Nous mettrons en œuvre une stratégie renforcée de lutte contre les militants de mouvances ultra. » Dès samedi prochain, les rassemblements de Gilets jaunes seront interdits « dès lors que nous aurons connaissance de la présence d’éléments ultra et de leur volonté de casser ». Trois quartiers sont ciblés : les Champs-Elysées à Paris, la place Pey-Berland à Bordeaux et la place du Capitole à Toulouse.

Introduisant ses annonces par une liste d’échecs, le Premier ministre a reconnu que « cette stratégie n’a pas été correctement exécutée ». Concrètement, le chef du gouvernement regrette des « consignes inappropriées », notamment pour « limiter l’usage des LBD », samedi 16 mars. En conséquence, le préfet de Paris, Michel Delpuech laisse sa place à l’actuel préfet de Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement.

Concrètement, les forces de l’ordre auront « une plus grande autonomie » et seront « dotées d’une large capacité d’initiative ». Le commandement sera unifié, les détachements d’action rapide deviendront des unités anti-casseurs qui seront « dotées d’une capacité de dispersion et d’interpellation ».

Davantage de moyens judiciaires

Le Premier ministre le promet : « Nous sommes déterminés à utiliser tous les moyens juridiques disponibles. » Les Gilets jaunes qui protègent, encouragent ou glorifient les violences sur les réseaux sociaux, « se rendent complices des casseurs et devront prendre leurs responsabilités ». L’amende en cas de participation à une manifestation interdite devrait être davantage salée. Des contrôles aux abords des manifestations et des interdictions de manifester pour des individus violents sont prévus.

« J’ai demandé au ministre de l’Intérieur de saisir systématiquement la justice à l’encontre de personnalités qui encouragent et légitiment sans vergogne les violences », a dénoncé Edouard Philippe. Autre promesse vis-à-vis des commerçants, dont 27 d’entre eux ont vu leur outil de travail saccagé, samedi dernier : le plan de soutien sera renforcé et « la recherche de la responsabilité financière des fauteurs de troubles sera systématique ».

Etienne Lafage

Article paru dans Présent daté du 19 mars 2019

Un pas de plus vers la censure sur les réseaux sociaux

14/02/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Edouard Philippe a annoncé travailler avec Facebook pour « concevoir des règles plus innovantes, plus adaptées afin de réguler les contenus sur les plateformes et les réseaux ». Par régulation ou encore modération, il faut entendre que la censure déjà en place ne va pas s’arrêter là.

Rappelons qu’elle a été récemment mise en exergue à grande échelle dans le cadre des manifestations Gilets jaunes où de nombreux comptes et publications ont été suspendus. Difficile de ne pas faire de parallèle avec des pratiques totalitaires.

Sécurité routière et 80 km/h, Édouard Philippe candidat possible aux Bobards d’or ?

31/01/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Ce lundi, le Premier ministre Édouard Philippe présentait le bilan de la mortalité pour 2018. Annonçant qu’il n’y avait jamais eu aussi peu de morts sur les routes françaises, il n’a pas hésité à affirmer que ces bons résultats étaient la conséquence directe de la baisse de limitation de vitesse… Précisons que les chiffres pour 2018 ne sont pas consolidés et seront confirmés en mai.

N’y a-t-il vraiment jamais eu aussi peu de morts sur les routes françaises ?

L’association 40 millions d’automobilistes a répondu à la question. Ils se sont référés à l’année 2013 qui fut la moins meurtrière. Et si on fait l’addition des morts sur route en métropole et outre-mer, on constate que le nombre de mort en 2018 est plus élevé qu’en 2013 … Ce n’est qu’en considérant la France métropolitaine seule qu’on trouve en effet une baisse de la mortalité routière… de 0,3 %… Édouard Philippe ne considérerait-il que les métropolitains comme de véritables Français ?

Mais alors, peut-on attribuer avec certitude cette baisse de la mortalité en métropole à la baisse de limite de vitesse ?

Édouard Philippe a évoqué 116 décès de moins sur les routes secondaires, qu’il a attribué directement aux 80 km/h. Or, les routes secondaires, qui ont effectivement vu baisser leur nombre de morts, ne sont pas toutes limitée à 80 km/h, certaines le sont aussi à 70 et 110, ce qui fausse les statistiques.

Enfin, les usagers ont-il vraiment roulé à 80 km/h sur les routes concernées ?

Rien n’est moins sur puisque presque 2/3 des radars routiers français ont été mis hors d’usage. Dès lors, l’Etat n’a pas de moyen de savoir si les limites de vitesses on réellement été suivies.

De plus, n’ont pas été pris en compte les hausses du carburant, puis les blocages des Gilets jaunes qui ont incité beaucoup de Français à délaisser leur voiture.

Le gouvernement précise son plan d’action contre les manifestations des Gilets Jaunes

09/01/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Face à la continuation du mouvement des Gilets jaunes, en province et à Paris, le gouvernement se dit prêt à agir. Il veut mettre en œuvre de nouvelles méthodes.

« Ce ne sont pas ceux qui remettent en cause les institutions qui auront le dernier mot », a déclaré le Premier ministre au 20 heures lundi dernier.

Edouard Philippe entend corriger le tir par la création d’un nouveau fichier, sur le modèle de ce qui a été fait pour lutter contre les supporters violents au début des années 2000. Il a également annoncé une nouvelle loi destinée à agir plus efficacement contre les casseurs. Il s’agirait par exemple d’engager la responsabilité civile des casseurs, ou de sanctionner le port de la cagoule. Le sénateur LR Bruno Retailleau avait fait voter par le Sénat une proposition de loi similaire lors des débordements survenus durant la contestation du projet de réforme de la SNCF, en mai 2018 : elle devrait être reprise par l’Assemblée nationale.

Il n’est pas certain que ces mesures soient opérationnelles et conformes à nos libertés constitutionnelles.

Effectivement, l’idée du « casseur payeur » semble difficile à mettre en œuvre. Elle suppose de pouvoir identifier les participants autorisés et les autres, ainsi que les organisateurs officiels, ce qui risque surtout de conduire à des mesures arbitraires. Il n’est pas non plus certain que l’on puisse interdire à des personnes inscrites sur un fichier d’exercer leur droit à manifester. La limite de la comparaison avec les supporters violents réside dans le fait que ceux-ci sont interdits d’accès à un lieu fermé, et qu’assister à un match de foot n’est pas un droit garanti par la Constitution.

Cela ne correspond pas de surcroît aux demandes des forces de l’ordre sur le terrain.

Même si les syndicats de police se félicitent de ces annonces, les policiers sur le terrain attendent surtout des consignes claires d’intervention, contre les casseurs et les pillards notamment. En outre, ce sont plutôt des équipements que réclament les forces de l’ordre. En attendant, le dispositif de sécurité pléthorique est maintenu, 80 000 policiers et gendarmes seront mobilisés lors du prochain acte samedi. Jusqu’à quand ?

Edouard Philippe vs Gilets jaunes – Trois pas en avant, trois pas en arrière…, par Etienne Defay

Si Edouard Philippe cherchait à se reconvertir, on l’orienterait sans peine vers un métier de chorégraphe, car le numéro que joue Matignon depuis ce mardi a de quoi interpeller.

On savait l’exécutif sous pression depuis un mois mais on ignorait que celle-ci pesait autant sur le Premier ministre.
Après avoir annoncé des mesures pour apaiser la grogne des Gilets jaunes, Matignon avait finalement fait demi-tour sur une partie de ces mesures. Extension du chèque énergie, le relèvement du barème kilométrique et le doublement de la prime à la conversion…. autant de lest lâché pour finalement tenter de le rattraper. On appelle cela un couac de haut vol.

En effet, Edouard Philippe avait annoncé ces mesures pour compenser la hausse du prix du carburant. Sauf que cette hausse a été tout bonnement annulée par Emmanuel Macron. Naïvement, Edouard Philippe a donc voulu rétropédaler. La maison ne veut pas offrir le beurre et la crémière.

Mais il y a le feu à la crémerie, un incendie qui ne s’éteint pas depuis un mois. Suffisamment pour ne pas se permettre d’avoir un Premier ministre faisant feu de tout bois.

Ainsi, il va falloir composer avec l’annulation de la hausse du carburant et les mesures avancées par Matignon.

Mais comment un tel couac a-t-il été possible ?

Nous n’écartons pas l’hypothèse de Gilles Le Gendre, la pensée de la majorité est sans doute trop intelligente et trop subtile pour de simples journalistes.

Toutefois, ces reculades en disent long sur l’absence de marge de manœuvre de l’exécutif. Tel un cheval tenu au mors, le gouvernement se doit d’avancer à tâtons tant la crise politique qui secoue chaque ministère nécessite une grande prudence.

Ainsi, d’après les informations de nos confrères, lorsqu’Edouard Philippe a annoncé l’annulation des avantages promis, Matignon aurait été abreuvé de coups de téléphone émanant de Bercy s’inquiétant d’une telle initiative. « Donner c’est donner, reprendre c’est voler » voilà en substance le contenu des messages du ministère de l’Economie et des Finances.

Un couac qui a également incité l’Elysée à avancer en catastrophe les concertations promises pour sortir de la crise. Du coté de Matignon, on argue un retour en arrière dû à des discussions avec les députés de la majorité. On peut supposer que les retours en circonscription entre deux barrages de Gilets jaunes incitent à la prudence.

Toutefois, cette crise est assez révélatrice de la fébrilité de l’exécutif. La machine à communiquer qu’avait mise en place Macron au début de son quinquennat est désormais sévèrement grippée. Jupiter n’est plus maître des horloges, son Premier ministre tient davantage du lapin blanc d’Alice au Pays des Merveilles que de l’atout majeur. On annonçait Edouard Philippe sur le départ, les derniers échos le disent sans illusion quant à sa longévité à Matignon. Peut-être est-il temps d’acter le départ avant que ce navire sans boussole ne sombre définitivement faute de cap.

C’est dans la tempête que la boussole est sensée servir, celle de Matignon n’indique plus le Nord depuis qu’elle a quitté le port.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 19 décembre 2018

Annonces de Matignon : ça ne passe pas, par Étienne Defay

Edouard Philippe Ecriture inclusive

La classe politique et les Gilets Jaunes ont accueilli assez fraîchement les annonces du gouvernement.

L’accueil fait à Emmanuel Macron hier au Puy-en-Velay résume les effets d’annonce de son Premier ministre. Le président s’est en effet rendu dans le fief de Laurent Wauquiez, après l’incendie de la préfecture par les Gilets jaunes. Hué et conspué, Emmanuel Macron a dû rebrousser chemin et sacrifier son envie de dialogue avec la population.

« Scène ahurissante au Puy-en-Velay, où l’annonce de l’arrivée de Macron s’est propagée comme une traînée de poudre, laissant entrevoir la haine viscérale qu’inspire le président. Sur les trottoirs, les gens se passaient le mot et, immédiatement, de petits groupes se sont formés pour repérer la voiture du président dans le cortège qui montait la rue principale. “On va l’attraper, ce fils de pute.” Certains se sont mis sur la route, simplement pour gêner son passage, d’autres ont essayé de taper sur la voiture », témoigne Romain Jeanticou, reporter pour Télérama, présent sur place.

Et pour cause, ce n’était pas Edouard Philippe, ce n’était pas un moratoire ou un report qui étaient attendus visiblement. Les Gilets jaunes en appellent directement à Macron et veulent une annulation pure et simple. Quant à la classe politique, les réactions sont unanimes. Trop peu, trop tard. « Le gouvernement n’a pas pris la mesure de la colère et de l’engrenage de la violence dans le pays. Ils nous annoncent un débat mais nous n’en sommes plus là. Le seul geste d’apaisement attendu, c’est l’annonce de l’annulation des hausses de taxes », déplorait Laurent Wauquiez ce mardi à la sortie de la réunion de crise à l’Elysée.

Nicolas Dupont-Aignan n’a pas caché son agacement. Quelques heures après avoir quitté la table des négociations avec fracas, le président de Debout la France n’a pas mâché ses mots : « Le gouvernement cherche à gagner du temps au lieu de changer de politique. Macron serait irresponsable de continuer à laisser pourrir la situation de ras-le-bol fiscal des Français. Les Français ne veulent pas un moratoire mais moins de taxes et plus de démocratie. »

De l’autre côté de l’échiquier, Jean-Luc Mélenchon est passé outre l’habitant de Matignon pour s’en prendre directement au locataire de l’Elysée : « Comme opposant et comme proposant, je respecte les règles démocratiques de mon pays. Si le Premier ministre n’a convaincu personne, il lui reste deux solutions : changer de Premier ministre ou dissoudre l’Assemblée nationale. »

Chez Marine Le Pen, la grosseur de la ficelle ne passe pas. « S’ils se contentent d’un moratoire, ce sera la preuve qu’ils ne se conçoivent pas comme les dirigeants d’un Etat-nation qui doit la protection au peuple, mais comme des patrons de banque qui accordent un échelonnement à leurs clients surendettés. » Pour la présidente du Rassemblement national, la suspension de six mois n’est pas innocente. En effet, elle prendra fin au lendemain des élections européennes, comme une tentative d’assécher l’eau du moulin eurosceptique. Car, au-delà de la crise nationale, c’est le titre européen d’Emmanuel Macron qui est remis en jeu. Comment incarner l’espoir d’une Europe technocratique et fédérale face au souverainisme de Matteo Salvini et Viktor Orbán quand on est à la tête d’un pays au bord de l’insurrection démocratique ?

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 5 décembre 2018

Sur les réseaux sociaux, les Gilets jaunes majoritairement opposés aux propositions du Premier ministre

05/12/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Il faudrait être sourd” pour ne “pas entendre la colère“. Mardi, après trois semaines d’un mouvement des Gilets jaunes qui gagne en intensité, le Premier ministre Edouard Philippe a tenté de déminer ce qui est certainement la pire crise depuis le début du quinquennat.

Le plan de sortie, acté lundi soir à l’Élysée lors d’une réunion interministérielle, comprend un moratoire de six mois sur la hausse de la taxe carbone, un gel des tarifs du gaz et de l’électricité cet hiver et aucun durcissement du contrôle technique automobile avant l’été.

Sur les réseaux sociaux, principale plateforme de discussions des Gilets jaunes, les propositions du gouvernement sont mal accueillies.

Le groupe Facebook “la France en colère“, qui compte plus de 270 000 membres, a publié un sondage en ligne quelques minutes après la prise de parole d’Edouard Philippe. Sur les quelques 3000 personnes qui ont répondu à la question “Vous avez été convaincus par les annonces ?“, seules sept ont répondu oui. A peine quelques voix de plus que la proposition “Non, je pars vivre en Corée du Nord, pays plus démocratique“…

Sur le fond, la question de la taxe carbone ne fait d’ailleurs même plus partie des 30 options comprises dans ce sondages. La revendication la plus populaire parmi les membres du groupe est celle d’un référendum sur les institutions et la fiscalité, devant une baisse généralisée des salaires des ministres, des députés et des sénateurs.

Le gouvernement cherche à gagner du temps. Nous n’en avons pas.” ou encore “Un moratoire ??? C’est du foutage de gueule !!“, les commentaires des “gilets jaunes” en ligne sont désabusés.


Edouard Philippe dévoile le plan d’intégration des étrangers

Edouard Philippe Ecriture inclusive

08/06/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le Premier ministre, Édouard Philippe, a réuni un comité pour parvenir à une “intégration digne de notre République pour tous ceux à qui nous donnons le droit de séjourner en France“.

Quelles sont les mesures phares ?

Quatre grands axes sont abordés. Sans surprise, l’apprentissage du français minium, en 400 à 600 heures et une instruction civique sont prévus. Constatant un taux d’emploi de 35% chez les étrangers en France depuis moins de 5 ans, l’accès à l’emploi est également une priorité.

Notons que ce constat ne précise pas si les dits étrangers sont en recherche active d’emploi. Enfin, un accompagnement social individualisé pour les réfugiés sera mis en place.

Que penser d’un tel plan ?

D’abord, qu’il est bien ambitieux dans les moyens évoqués. Pourtant, aucun chiffre n’est évoqué par le gouvernement.

Entre les cours linguistiques et civiques, la garde d’enfants des parents souhaitant assistés aux dits-cours, la mise à disposition d’un “Pass Culture” d’une valeur de 500 € et les multiples accompagnent individuels, pour ne citer que ces mesures, on peut déjà évaluer à plus d’un demi-milliard le coût de cette politique. Outre l’aspect financier, on peut douter des résultats qu’obtiendrait un tel plan bâti sur la notion d’intégration et non d’assimilation.

Mais pour une assimilation réussie, ce seraient d’autres moyens n’est-ce pas ?

En effet, doubler le quota de cours de français ne suffit pas à créer une cohérence nationale. Une assimilation requerrait l’acceptation des us et coutumes du pays d’arrivée. Pourtant l’apprentissage de l’Histoire de France et de ses traditions n’est pas évoqué.

La notion d’acceptation encore moins. Plus grave encore, le plan nie en bloc le problème de fond. La politique vise l’insertion professionnelle quand il devrait s’adresser aux questions culturelles et religieuses. En somme, le plan va dans le sens de l’économique: assurer une main d’œuvre bon marché.

Le salafisme est une idée mais la critique de l’immigration serait un crime ?

Le 27 mars dernier, le Premier ministre intervenait à l’Assemblée pour répondre aux questions des parlementaires sur les assassinats islamistes qui venaient d’être perpétrés dans l’Aude.
Edouard Philippe répondit en particulier à ceux qui voulaient interdire l’islam radical, le salafisme. Il le fit avec componction, en s’appuyant, plein de dignité sur la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, dont il cita l’article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi », et en tira la conclusion suivante : « On ne peut interdire une idée mais sanctionner les comportements qu’elle entraîne s’ils sont contraires aux lois de la République. »
Ce grand moment d’éloquence fut largement applaudi par la claque en marche, toujours aussi bêtement disciplinée. Pourtant, le chef du gouvernement venait de débiter une énormité qui révélait ce que de plus en plus de Français commencent à soupçonner : son extraordinaire incompétence.

Le salafisme, une simple idée innocente ?

En l’occurrence, il se trompait ici par les deux bouts. D’abord, si une idée peut être interdite lorsqu’elle menace les lois de la République, alors le salafisme peut et doit être interdit, puisque le salafisme s’appuie sur le texte fondamental de l’islam, le coran, et sur les pratiques initiales du prophète et de ses compagnons, relevés dans les hadiths.

Il exige l’application des préceptes et l’imitation des modèles qui y figurent. Il est alors facile de montrer que le meurtre des mécréants, en particulier des « associationnistes », des chrétiens et des juifs, bref de tous ceux qui résistent à la conversion et à la soumission, y est encouragé.

L’infériorité de la femme, l’esclavage, la prise de butin, l’humiliation des vaincus, voire l’extermination des hommes et le partage de leurs femmes et de leurs enfants sont manifestement tenus pour choses normales. Bref, il y a une totale incompatibilité entre ces idées et les lois de la République, notamment parce que le salafisme, loin de s’opposer à la discrimination, la revendique, entre les religions et entre les sexes par exemple.

Alors, le grand légiste de Matignon dira qu’il s’agit d’idées et non de comportements, frappé d’une curieuse amnésie qui lui fait oublier que les 4 assassinats de l’Aude, les horreurs commises par les djihadistes dits « français » en Irak et en Syrie, les attentats de Toulouse et Montauban, de Charlie Hebdo, de « l’hyper casher », du Bataclan, de Nice etc… sont bel et bien des comportements et qu’ils sont les produits respectueux du salafisme contre chrétiens et juifs, contre Français, même musulmans. Le salafisme tombe donc pleinement sous le coup de la loi, et sa sanction observe tout-à-fait l’article 10 du préambule de notre Constitution.
Un deux poids, deux mesures insoutenable

Mais ce qui rend ce discours grotesque ou odieux, c’est l’extraordinaire aveuglement qui conduit Edouard Philippe à prétendre, à propos du salafisme, qu’on ne peut punir une idée mais seulement des comportements, alors que l’évolution de plus en plus pernicieuse de la loi sur la liberté de la presse, non seulement permet de sanctionner les idées et ceux qui les émettent, mais autorise des associations à jouer le rôle de chiens de garde du système répressif de l’opinion qui a, ainsi, été instauré.

De nombreuses personnalités ont été poursuivies, après des plaintes de ces associations militantes, et avec souvent l’assentiment, voire l’acharnement du Parquet, capable d’ailleurs d’intervenir spontanément contre l’expression d’une pensée qui n’a, cependant, été suivie d’aucun comportement répréhensible.

Deux poids, deux mesures, tel est le fonctionnement d’une justice dont la partialité est une injure à la démocratie et à l’Etat de Droit, cette mascarade française que le Premier ministre entend cautionner. C’est ainsi que Nicolas Dupont-Aignan s’est retrouvé, après beaucoup d’autres devant les juges pour avoir osé parler « d’invasion migratoire ». Il risque une amende de 5000 euros, avec sursis. Il faut dénoncer vigoureusement cette aberration française qui, en l’occurrence, additionne cinq scandales.

Premier scandale : il s’agit d’une opinion sur un fait objectif que constitue l’augmentation des migrants dans notre pays. Qu’un citoyen y soit opposé fait partie de la libre expression des idées dans une démocratie authentique. La pénalisation d’une idée qui n’a point entraîné la moindre violence à l’égard des immigrés est une horreur juridique.

Deuxième scandale : le droit pénal doit être précis et ne pas laisser place à des interprétations tendancieuses. L’appel à la haine et à la discrimination est une formule déjà trop large, mais les magistrats se permettent de l’interpréter pour poursuivre des intentions cachées. Dire qu’il y a trop d’immigrés n’appelle nullement à la haine, ni à la discrimination. C’est un constat, qui en l’occurrence ne pourrait être discriminatoire qu’envers les étrangers par rapport aux Français, ce qui n’a rien d’inconstitutionnel.

Troisième scandale : le terme « invasion » est une figure de style, une hyperbole, ce que la caricature est au dessin. L’absurdité dans laquelle nous sommes tombés va nous conduire à défendre le dessinateur qui n’a pas de légitimité particulière, mais à condamner le représentant du peuple lorsqu’il force un peu le trait d’un discours : c’est le monde à l’envers.

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Edouard Philippe propose un plan de “lutte contre la cyberhaine”

20/03/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Edouard Philippe a dévoilé lundi à Paris, au Musée national de l’histoire de l’immigration, un nouveau plan contre le racisme et l’antisémitisme pour la période 2018-2020.

La “lutte contre la cyberhaine” constitue le premier et principal volet du dispositif. Si le gouvernement entend “proposer une initiative législative européenne pour imposer un retrait plus rapide des contenus illicites et renforcer le régime de responsabilité des opérateurs”, il va aussi modifier “sans attendre” la loi française.

Une mission sur ces modifications législatives sera confiée à l’enseignant franco-algérien Karim Amellal, à la députée LREM Laetitia Avia et au vice-président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) Gil Taïeb. Avec pour exemple l’Allemagne, qui menace les réseaux sociaux d’amendes allant jusqu’à 50 M€ s’ils ne retirent pas sous 24 heures les propos haineux.


Un vol à 350 000 euros – Edouard Philippe : ça plane pour lui !, par Caroline Parmentier

Ils nous avaient dit : nous ce sera différent, ce sera la politique autrement, on ne peut plus faire comme avant, les Français à qui on demande de se serrer la ceinture, ne comprendraient pas…

Tandis qu’Emmanuel Macron fait toute une opération de com de son anniversaire à Chambord, clamant haut et fort qu’il l’a payé « de ses deniers », tombe la désagréable affaire du vol Tokyo-Paris d’Edouard Philippe à 350 000 euros, pour le ramener plus vite et plus confortablement de Nouvelle-Calédonie. Sans vouloir sombrer dans le populisme primaire, l’effet est moche et indécent. C’est Noël, la précarité atteint des records en France, on nous répète à la télé et à la radio que chez nous le 25 décembre au matin des enfants n’auront rien, les Restos du cœur sont pris d’assaut, les rues sont pleines de SDF et de migrants. Le fossé entre la France d’en haut et la France d’en bas, que l’on nous disait miraculeusement comblé par cette équipe jeune, renouvelée, les deux pieds dans la vraie vie, vierge des pratiques habituelles de la politique pourrie, vient de se rouvrir instantanément.

Dans la nuit du 5 au 6 décembre, lors d’une escale technique à Tokyo du A340 de l’armée de l’air qui le ramenait en métropole, le Premier ministre et soixante personnes de sa cour ont préféré abandonner l’avion de la République pour prendre un A340 de luxe avec 100 sièges de type première classe, loué à la plus chère entreprise spécialisée, Aérovision : un vol à 350 000 euros, payé avec l’argent public. Le vol de l’armée disposant de 275 sièges économiques, est rentré quasiment vide. On ne vous parle pas du bilan carbone de l’opération, le chantage au réchauffement climatique c’est bon pour les crétins comme nous. D’anciens ministres ou des journalistes ayant emprunté le dit avion « inconfortable » ont pour leur part indiqué qu’ils ne voyaient pas du tout en quoi il était impossible de s’y reposer.

Edouard Philippe a déclaré assumer totalement son choix. Outre les inconvénients de la vieille carlingue qui l’auraient empêché d’arriver frais et dispos, les deux heures gagnées ont permis au Premier ministre de revenir « à temps » alors que Macron s’apprêtait à décoller pour l’Algérie. « En l’absence du chef de l’État, le Premier ministre doit se trouver en métropole », rappelle Edouard Philippe. Cette règle a souffert de nombreuses exceptions, tout récemment encore, mais Philippe n’a rien trouvé de mieux à sortir aux Français. Comme le suggère avec esprit Richard Hanlet dans Boulevard Voltaire, nos éminences sont sans doute des fans de la série Designated Survivor, excellente au demeurant, où l’on voit un obscur sous-secrétaire d’État au Logement finir le mandat du président des USA, après l’assassinat de masse de tout l’exécutif…

Au même moment, on apprend que le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a convié sa famille au sens large à passer les fêtes de Noël et du Nouvel An à Paris. Pour transporter neuf personnes et un chat, des policiers du SDLP, le service de protection des hautes personnalités, ont été spécialement réquisitionnés durant cette période où les effectifs se raréfient. Ce caprice ministériel tombe d’autant plus mal que la semaine dernière, un membre du SDLP s’est donné la mort devant une gendarmerie. Son suicide a mis en exergue les conditions de vie de ces fonctionnaires comme l’un des facteurs favorisant le passage à l’acte. « Une vie familiale éclatée en raison d’horaires imposés à la dernière minute, parfois justifiés par l’urgence mais d’autres fois pour le confort d’une huile », a asséné un syndicaliste policier.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 22 décembre 2017

Ecriture inclusive : Edouard Philippe tente de mettre fin à la bataille des sexes

Edouard Philippe Ecriture inclusive

L’écriture inclusive ne passera pas. Du moins dans les textes officiels. Alors que depuis des mois le débat sur l’écriture inclusive fait débat et divise, notamment depuis la parution d’un manuel scolaire (chez l’éditeur Hatier) en écriture inclusive, le Premier ministre Edouard Philippe, tout comme le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a dit « non » à cette règle d’égalité concoctée, réclamée et portée par les passionarias et autres agité.e.s (avec un point de séparation comme elles/ils voudraient que soit désormais la nouvelle règle d’orthographe pour ne pas fâcher ces dames) du bocal du militantisme féministe.

Il n’y aura donc pas d’écriture inclusive dans les textes officiels. Ainsi en a décidé le Premier ministre qui a donné consigne aux membres du gouvernement de bannir des textes officiels cette forme d’écriture qui remet en cause la règle d’accord de la langue française. Règle selon laquelle, au pluriel, « le masculin l’emporte sur le féminin ».

« Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l’Etat doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme », a précisé Edouard Philippe en invitant, « en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel [JO] de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive ».

Avec cette note [parue] mercredi 22 novembre dans le JO, le Premier ministre met donc fin à cette bataille des sexes portée par les cercles de féministes (et autres associations LGBT) hargneux envers le genre masculin.

Une sage décision qui n’est pas du goût de tou.te.s. A commencer par celle qui se moque éperdument des consignes, conseils, avis en désaccord avec sa dictature : Anne Hidalgo, la teigne de Paris.

Dénonçant une « décision autoritaire » de la part de Matignon, et question décision autoritaire elle en connaît un rayon la khmer de Paris, Anne Hidalgo s’est dite personnellement favorable à l’écriture inclusive et a fait savoir dès mardi qu’elle comptait bien ne pas se plier à cette décision. Plus têtue qu’une vachette d’Interville, la dame.

Pierre Malpouge

Article paru dans Présent

L’Europe face au Grand Remplacement : le « plan migrants » de la France

Migrants France

Alors que le déferlement migratoire auquel est confronté notre pays impose des mesures d’une grande fermeté, Edouard Philippe, dévoilant mercredi son « plan immigration », n’a fait qu’annoncer la poursuite de la politique suicidaire menée par tous ses prédécesseurs depuis des années.

Dans ses cartons, en effet, rien que du déjà-vu et des mesures qui ne feront que relancer les pompes aspirantes de l’immigration-invasion : la création pour les demandeurs d’asile de 4 000 places d’hébergement supplémentaires en 2018, puis de 3 500 l’année suivante. Ce qui, à l’heure où la France enregistre un déficit abyssal, portera le nombre total de places à près de 90 000 ! Mais ce n’est pas fini. Il faut encore ajouter à ce chiffre la création sur la même période de 5 000 places d’hébergement à destination des prétendus « réfugiés ».

Des foules de clandestins qui, a annoncé le Premier ministre, devront bénéficier de cours de langue française, afin de « renforcer leur intégration dans notre pays ». Preuve, s’il en était besoin, que le pouvoir n’a pas pour projet d’accueillir provisoirement des masses humaines persécutées, mais bien d’organiser la colonisation de notre pays.

Certes, conscient sans doute que nos compatriotes auront été scandalisés d’apprendre à cette occasion que sur 91 000 clandestins interpellés en France en 2016, moins de 25 000 ont effectivement quitté le territoire, Philippe s’est engagé parallèlement à renforcer l’effectivité des reconduites à la frontière, en affectant à cette mission dix obscurs « pôles spécialisés dans l’éloignement ». Tout comme il a garanti le maintien des contrôles systématiques aux frontières françaises : une vaste plaisanterie puisque, comme chacun sait, dès le 11 novembre, l’UE lui interdira cette mesure d’exception.

Bref, comme l’a rappelé Nicolas Bay pour le FN, « l’expulsion automatique et immédiate de toute personne entrée illégalement sur le sol national doit être une priorité. Cette politique ne peut être appliquée que si elle s’accompagne, bien sûr, d’un rétablissement complet de nos frontières nationales et d’un choix clair : l’arrêt de l’immigration massive, incontrôlée et continue ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 15 juillet 2017

Code du travail : Eric Zemmour dénonce « une soumission à l’idéologie libérale »

eric-zemmour

11/07/2017 – FRANCE (NOVOpress) : La réforme du Code du travail, explique Eric Zemmour sur RTL, est, pour Emmanuel Macron et Edouard Philippe, « la mère de toutes les batailles, la réforme emblématique de tout le quinquennat ». Mais « deux précautions valent mieux qu’une, ironise-t-il. Non seulement le pouvoir passe par la procédure accélérée des ordonnances, mais en plus il opère pendant l’été et les vacances des Français. » En fait, cette réforme constitue à ses yeux « la revanche de la loi El Khomri qui devait s’appeler initialement loi Macron ».

« Les communicants officiels, relayés par les grands médias, ne cessent de nous rabâcher que cette réforme est l’instrument essentiel au service de l’emploi, l’arme absolue contre le chômage », et « ce message prolonge la doxa dominante qui règne depuis des années dans les milieux patronaux et technocratiques ». « Mais la vérité oblige à dire que rien n’est sûr », ajoute Eric Zemmour pour lequel, en réalité, « cette réforme était devenue le symbole trop longtemps attendu d’une France irréformable aux yeux de Bruxelles et de Berlin ».

Pour Zemmour, l’objectif principal de la réforme du Code du travail « n’est pas économique mais idéologique, et même psychologique » :

« C’est moins la lutte contre le chômage qui est visée que la transformation de la société française. »

Il s’agit de « se conformer à l’idéologie qui règne en Europe et d’y soumettre enfin une France étatiste et corporatiste, une idéologie libérale, qui privilégie l’individu sur les corps intermédiaires, et le travailleur indépendant sur le salarié, l’idée selon laquelle chacun doit devenir l’entrepreneur de sa propre vie ».

« Cette idéologie libérale et individualiste, poursuit Zemmour, imprégnait la campagne d’Emmanuel Macron et a suscité l’enthousiasme de ceux qui ont voté pour lui au premier tour. Mais ceux-ci ne sont pas la majorité de la population. » Dans un récent sondage, rappelle-t-il, « les Français estimaient à plus de 60 % que l’islam radical était le sujet majeur de préoccupation, loin, très loin des 36 % qui plaçaient le chômage en tête de leurs priorités ». Voilà « deux façons opposées de voir le monde » et « deux France opposées qui se regardent de travers »…

Eric Zemmour : « Et si on prenait acte que le premier ministre ne sert plus à rien ? »

Eric-Zemmour

04/07/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « Et si on arrêtait les faux-semblants ? Et si on arrêtait l’hypocrisie ? Et si on débranchait l’hôtel Matignon ? », se demandait à haute voix Eric Zemmour ce matin sur RTL.

« Et si on renvoyait Édouard Philippe dans sa bonne ville du Havre ? Et si on prenait acte que le premier ministre ne sert plus à rien, qu’il est inutile, superflu ? »

« Cette question, explique-t-il, n’est pas nouvelle sous la Ve République. On la pose quasiment depuis les débuts du régime, lorsque le général de Gaulle nomma à Matignon son ancien collaborateur – déjà ce terme de collaborateur – Georges Pompidou. Mais la question a pris une acuité nouvelle depuis l’instauration du quinquennat qui prive le président de ce temps long qui lui donnait de la hauteur et laissait l’espace de la gestion au premier ministre. C’est ainsi après tout que la Constitution l’avait prévu [en son] article 20 : le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. »

« Le premier ministre, analyse Eric Zemmour, est le reliquat du monde d’avant, celui d’un régime parlementaire qui s’identifiait jadis avec la République. Pour le meilleur et pour le pire. »

Or « avec son discours devant le congrès, malgré ses précautions, [Macron] a pris le risque de court-circuiter le discours de politique générale du premier ministre. Mais après tout, ses prédécesseurs usaient aussi largement de messages au Parlement qui avaient le même effet. En revanche, les réformes annoncées, et en particulier la réduction du nombre de parlementaires, risquent d’éloigner encore plus le député de ses électeurs dans des circonscriptions géantes où l’élu n’aura plus guère d’ancrage. »

Pour Eric Zemmour,

« Macron est l’incarnation d’une technocratie qui ne veut plus se cacher ni derrière la droite et la gauche, ni derrière le Parlement. Elle gouverne en direct, dans un face à face avec le peuple. »

A cela, conclut l’éditorialiste, il y a « deux risques majeurs », qu’il expose.

Eric Zemmour se dresse contre l’obsession de la parité

Eric-Zemmour

22/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Ce matin sur RTL, au lendemain de la présentation du nouveau gouvernement d’Edouard Philippe, Eric Zemmour a pris pour angle d’attaque celui de la parité. En commençant par ironiser : « C’est un grand jour pour la République française, un de ces jours historiques qui séparent les ténèbres et les lumières. Les médias sont en transe, extatiques. Les battus, mauvais perdants, tous ces mâles de plus de 50 ans qui osent dauber sur la médiocrité de leur vainqueur, sont passés à la guillotine médiatique. Ne montrez pas leur tête au peuple, elle n’en vaut pas la peine ! »

Pourquoi un tel discours ? Parce que, estime-t-il, « jadis, les féministes se plaignaient que les femmes fussent confinées dans le privé en raison de leur nature. Cet essentialisme leur était intolérable. Elles estiment désormais que les femmes doivent être députés uniquement en raison de leur nature. Peu importe leurs valeurs, leurs compétences, leurs convictions, leurs idées. Cet essentialisme retourné comme un gant ne les choque plus ».

Or, pour Eric Zemmour, cette féminisation a des conséquences considérables :

« Dans tous les pays scandinaves, très en avance dans ce domaine, on a constaté que l’arrivée massive des femmes dans la classe politique avait été concomitante de l’évacuation de la politique tout court : plus de débats idéologiques et le moins possible d’Etat dans la vie économique. Comme si la parité avait été la politique de la sortie de la politique. »

Cette parité, devenue obligatoire, ne suffit d’ailleurs plus à être pleinement politiquement correct :

« La composition d’un gouvernement n’obéit aujourd’hui qu’à une seule préoccupation qui confine à l’obsession : la parité. Et si on veut se faire bien voir des médias, on ajoute un zeste de diversité. C’est ainsi qu’ont éclos Rama Yade, Rachida Dati ou Najat Vallaud-Belkacem. »

Commentaire d’Eric Zemmour :

« Cette substitution, ce grand remplacement n’est pas le fruit du hasard ni une erreur à corriger. Il est le cœur du système. On parle de parité et de diversité pour occulter la question sociale. »

La parité, Zemmour n’en plus et il ne cherche même pas à le cacher :

« Cette quête de la parité est comme celle de la morale : elle n’a pas de fin. Après la parité au gouvernement, il y a eu la parité à l’Assemblée. Et puis il faudra la parité dans les ministères régaliens. Et la parité devra être aussi instaurée dans les présidences de commissions parlementaires, dans les bureaux parlementaires. Et ne donnez pas aux femmes le social et la famille, il leur faut les Finances ou la Défense. Ce ne sera jamais assez. »

Mais au final, ce qui l’amuserait plutôt, c’est que « cette parité est théâtre, cette parité est spectacle, rideau de fumée », car

« Le pouvoir ne sera pas là où elles seront, concentré entre les mains jupitériennes du président et de ses technocrates de haut rang, quasiment tous des hommes, qu’il aura désignés pour surveiller et diriger les ministres et les assemblées paritaires. Caramba, encore raté… »

Macron comme artisan et seul bénéficiaire de la scission chez les Républicains

Solère Scission Républicains 2

Chez les Républicains, lors des législatives, il y avait trois campagnes en une. Il y avait celle favorable à la majorité, une autre rassemblant ceux qui étaient contre et, enfin, la troisième, ceux qui n’étaient ni pour ni contre, bien au contraire. Il était peu probable que, dans la nouvelle Assemblée, ils puissent faire groupe commun. Il y aura donc deux groupes de députés LR. Nous trouverons donc des Républicains canal historique, dans l’opposition, probablement avec le même président, Christian Jacob, d’autres dans la majorité, les « constructifs » pro-Macron, autour de Thierry Solère (photo) qui en est l’architecte et qu’il dirigera peut-être si, d’ici là, il n’est pas promu ministre.

Cela s’appelle une scission. L’artisan en est Emmanuel Macron lui-même, LR ayant réagi comme il l’espérait. Il avait besoin de soutiens plus nombreux à droite pour atténuer le rose vif de son attelage majoritaire et de son entourage, il a donc fait son marché parmi les Républicains, épargnant la présence de candidats d’En marche aux uns, en imposant aux autres, les premiers ont été élus pour la plupart, presque tous les autres ayant été renvoyés dans les ténèbres extérieures de la défaite.

On ne s’étonnera donc pas que ce soient les protégés de l’Elysée qui aient constitué un groupe à son service. Dans la « nouvelle » politique, cela s’appelle un « renvoi d’ascenseur » comme… dans l’ancienne. Evidemment, les autres qui étaient hier encore leurs compagnons voient en eux des traîtres alors que, eux aussi, comme leurs frères désormais ennemis, ont voté Macron au second tour de l’élection présidentielle, mais c’était alors pour « sauver la République » contre Marine Le Pen, ça ne compte donc pas…

Sans même parler de morale politique, les ralliés à la majorité nouvelle, à l’évidence, font un mauvais calcul à court terme dont ils finiront par être les victimes. Si Macron réussit son quinquennat, ce dont nous doutons, ils n’en tireront aucun profit, ils n’auront été que l’appendice inutile d’une majorité macroniste qui n’aura pas eu besoin d’eux pour accomplir le programme du chef de l’Etat. S’il échoue aussi lamentablement que François Hollande, ce qu’on ne saurait exclure, ils seront, en revanche, considérés comme associés à la défaite et coresponsables, ce qui leur interdira de se présenter comme un recours dans le cadre d’une alternance.

Est-ce à dire que les autres, qui campent dans l’opposition, seront mieux lotis dans cette dernière perspective ? D’abord, rien ne dit qu’ils maintiendront cette opposition tout au long de la législature, l’attrait de prébendes et de maroquins exerçant toujours une certaine fascination sur la gent parlementaire. Mais, surtout, ceux qui composent ce groupe, ce sont les vétérans du sarkozysme, quand ce n’est pas du chiraquisme, les Copé, Woerth, Accoyer, Jacob, etc. Ils ne peuvent proposer, pour succéder un jour au pouvoir, que la restauration de ce dont les Français ne veulent plus, ayant congédié les têtes d’affiche d’hier, les Sarkozy, Juppé, Fillon. 

Le salut du pays ne passe ni par les uns, ni par les autres, la complicité comme la restauration sont des impasses, l’opposition ferme et résolue de la droite nationale seule ouvre un avenir un pour le pays.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 22 juin 2017
sous le tire « Scission chez les Républicains »