Il ne pouvait pas faire que des conneries… Sarkozy à l’heure du bilan – Par Minute

Il ne pouvait pas faire que des conneries… Sarkozy à l'heure du bilan - Par Minute

[box class=”info”] Novopress reproduit l’article ci-dessous avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire Minute du 4 avril 2012.

Minute n’est pas devenu soudain un thuriféraire de Nicolas Sarkozy mais essaye de faire la part des choses. Dans un deuxième article, à lire dans le journal, l’hebdomadaire reconnait au président sortant 10 mesures où “il a fait ce qu’il fallait faire”, en particulier quelques mesures économiques. Et par contre dans un troisième article il lui attribue trois cartons rouges “dans les domaines les plus importants” :
– la politique étrangère,
– l’identité nationale et l’immigration : “Si l’on se fie à ses écrits et à ses actes, on s’aperçoit que l’identité nationale représente le seul domaine où il [Sarkozy] a bataillé pour tenir ferme un engagement figurant, noir sur blanc, dans son livre programme Témoignage (XO éditions, page 280): être « le président de la France d’après, celle où le mot Français de souche aura disparu ».
– l’insécurité. [/box]

A entendre tous ceux qui veulent lui succéder à la présidence de la République, il n’y aurait rien à sauver du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le président sortant n’aurait tenu aucune des promesses de campagne du candidat Sarkozy en 2007, il n’aurait procédé à aucune réforme durant les cinq années écoulées, il aurait été incapable de protéger les Français de la crise, il aurait trahi ses électeurs, ruiné la France, renié tous ses engagements, il serait le pire chef d’Etat que la France ait connu, du moins sous la Ve République, etc.

 «Dans tout domaine, la situation s’est aggravée, assure Marine Le Pen, ce sur quoi elle n’a pas tort.. Si Sarkozy était réélu, à quoi ressemblerait la France en 2017 ? Elle serait en voie de disparition […] Notre civilisation ne s’en remettrait peut-être pas. » Pour François Hollande, qui, renouant avec les jeux de mots, parle de « dépôt de bilan »: « Sarkozy ne peut dé fendre son bilan, c’est un boulet. » Les plus (faussement) indulgents parlent de « bilan extraordinairement mince », comme Luc Ferry, qui fut ministre de l’Education nationale de Jacques Chirac (ce qui devrait l’inciter à plus de retenue dans la délivrance des bons et des mauvais points…).

Au sein même de l’UMP, tant les cadres du parti que les députés confrontés tous les jours à la colère de leurs électeurs assuraient avant le début de la campagne, alors que Nicolas Sarkozy était au plus bas dans les sondages, qu’il lui serait impossible de défendre un bilan… indéfendable – et que, en conséquence, il n’avait aucune chance d’être réélu. Savoureux, si l’on peut dire, dans la bouche d’élus qui, cinq ans durant, ont voté tous les textes de loi que Nicolas Sarkozy leur a demandé d’adopter…

Qu’en est-il réellement du bilan de Sarkozy ? C’est à cette question que nous avons voulu essayer de répondre, dégagés de tout esprit partisan. Nous avons suffisamment combattu Nicolas Sarkozy, tant durant la campagne électorale de 2007 que durant son mandat, pour nous estimer en droit d’apporter un jugement plus nuancé et de ne pas participer à cette « sarkophobie » généralisée dans la classe politique et dans les médias qui tentent de faire l’opinion.

Oui, Sarkozy s’est montré incapable de tenir ses promesses et de prendre les mesures radicales sans lesquelles ces problèmes considérables que sont l’immigration de masse et l’insécurité ne seront jamais résolus. Non, tout n’est pas à jeter dans les cinq années de pouvoir de Nicolas Sarkozy.

Sarkozy n’est pas resté inerte; il a même réformé la France comme nul autre depuis des décennies. Et c’est bien ce que lui reproche Jacques Chirac, qui, au nom de l’immobilisme absolu qui a présidé à ses douze années de mandat, aimerait, avant de nous quitter, voir Hollande s’installer à l’Elysée pour que, de nouveau, plus rien ne change, plus aucune décision ne soit prise, aucune réforme ne soit menée.

La principale difficulté pour établir sereinement un « bilan de l’action de Nicolas Sarkozy » est que, dans l’expression, il y a « Nicolas Sarkozy ». Et que sa personnalité, pour le moins envahissante et à bien des égards détestable, l’emporte sur toute autre considération, ne laissant du quinquennat écoulé qu’une impression d’agitation, de « bling bling » selon l’expression forgée dès 2007 par l’hebdomadaire « Marianne », de morgue, de collusion avec les « puissances d’argent », d’ego démesuré, de vulgarité, d’incapacité à endosser la tenue de l’homme d’Etat selon l’idée (peu « républicaine ») que s’en font les Français, d’absence totale de scrupules, d’absence aussi de véritables convictions, bref de « berlusconisme ».

Or si, en littérature, il est aisé de distinguer l’œuvre et l’auteur, il n’en va pas de même en politique; la détestation de l’homme entraîne, a priori et sans discussion possible, le rejet de toute son action. Au « qui m’aime me suive » prononcé en 1328 par Philippe de Valois répond de façon mimétique: « Je ne t’aime pas, je ne te suis pas (ou plus). »

Deux choses sont certaines. La première est que, en 2007, Nicolas Sarkozy, élu par 53 % des voix face à Ségolène Royal, disposant d’une large majorité à l’Assemblée nationale et ayant encore la majorité au Sénat, avait tout pouvoir et toute légitimité pour utiliser les six mois suivant pour faire ce qu’il voulait, ou plutôt pour faire ce pour quoi les Français l’avaient élu. Et il ne l’a pas fait. Elu à droite, en ayant ratiboisé l’électorat lepéniste, il a même procédé à l’« ouverture à gauche » que personne ne lui avait demandée !

La seconde est que, de 2007 à 2012, le climat politique s’est nettement droitisé. Et que Nicolas Sarkozy n’y est pas pour rien, ayant, soit par coups de butoirs successifs, soit par des moyens détournés, ébranlé une partie de l’édifice édifié depuis des décennies par la gauche avec la complicité des dirigeants de la droite giscardienne et chiraquienne.

Etant donnés les espoirs qu’il avait suscités en 2007, le compte n’y est assurément pas. Mais par rapport aux années Chirac, au moins, il est possible de dresser un bilan qui soit autre chose qu’une longue liste dans la colonne passif (dans les deux sens du terme). L’hyperactif Sarkozy n’a pas commis que des erreurs. Passage en revue du bon, du moins bon et, bien sûr, du très mauvais. [Suivent dans l’hebdomadaire, deux longs articles sur ce “passage en revue”.]

Minute

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 4 avril 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Il ne pouvait pas faire que des conneries… Sarkozy à l'heure du bilan - Par Minute

L’artisanat d’art tête haute – Par Léon Arnoux

L'artisanat d'art tête haute - Par Léon Arnoux

[box]Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] La France est le pays le plus riche au monde par son patrimoine d’artisanat d’art. Les métiers d’art sont répartis en métiers de tradition, de création et de restauration du patrimoine. Les artisans d’art ont au moins ce point commun : ils allient la créativité et la maîtrise technique. Parmi leurs qualités premières figurent la sensibilité aux œuvres du patrimoine, la curiosité, le goût de l’innovation et du travail des matériaux, et la motivation. 217 métiers d’art sont officiellement reconnus et ils se répartissent en 19 secteurs (Art floral, Arts du spectacle, Arts et traditions populaires, Bois, Verre, Cuir, Luminaire…). Avec plus de 38 000 entreprises, employant près de 100 000 personnes, les métiers d’art constituent un pôle important de l’économie française. Ils représentent 10% des entreprises de l’artisanat. Léon Arnoux en dit un peu plus sur ces métiers souvent méconnus du public.
Polémia [/box]

A l’opposé de fumisteries qui sont oubliées avant même d’être connues, l’artisanat d’art évolue mais reste fidèle à ses bases. Ayant fait ses preuves en des réalisations reconnues tout à la fois par les gens du sérail et par les amateurs éclairés, cet artisanat supérieur continue son bonhomme de chemin. La valeur marchande des productions dont il s’honore peut être estimée sans grand risque d’erreur, et les salles des ventes ne viennent pas contredire ce qui est affiché dans les boutiques spécialisées, contrairement à ce qui se passe avec ce prétendu art dit « contemporain ». Ces évidences devraient donc suffire pour établir la prééminence de gens au métier affirmé sur des pseudo-artistes qui ne disposent souvent que de leurs prétentions.

Eh bien, pas du tout. On en est même très loin. Dans nos médias à grand tirage et les magazines de luxe sévissent des « critiques d’art » autoproclamés. Ces personnages n’ont que mépris pour l’artisanat. Aucun terme n’est même plus dévalorisant à leurs yeux. Par contre, tout ce qui est provocation gratuite ou poudre aux yeux les fait crier d’admiration.

Comme on peut supposer qu’à leur âge ce n’est pas la naïveté qui les pousse, et sachant qu’ils ne vivent pas d’enthousiasme et d’eau fraîche, force est de constater qu’ils font partie du Système, et que leur prose est le reflet de la volonté de ceux qui établissent leurs feuilles de paye.

Dès le début de l’art contemporain, des œuvres comme le Carré blanc sur fond blanc, les Demoiselles d’Avignon, ou l’Urinoir de Duchamp, n’ont pu se vendre que par le battage admiratif de ces critiques et, aujourd’hui, par des achats officiels sur fonds publics. Dans l’artisanat d’art de telles fumisteries n’existent pas.

Là, au contraire, on ne juge que sur pièce et, si la signature a son importance, c’est finalement l’œuvre qui prime. A l’intérieur d’une profession, aucun critique parachuté n’est capable d’influencer les jugements. Les luthiers, les ébénistes, les joailliers – et même les cuisiniers – sont des gens hermétiques à ce genre de chose. Chante, beau merle ! serait la réaction, et la tentative tournerait court.

Ces soi-disant critiques d’art, depuis plus d’un siècle maintenant, n’ont cessé d’encenser de fausses idoles.

Leur argument initial : Cela choque parce que c’est en avance sur notre époque, a fait long feu. Malevitch ou Buren n’ont été imités par personne. Il n’y a eu finalement aucun émule assez admiratif pour se réclamer d’eux. On constate encore aujourd’hui que l’immense majorité des amateurs spontanément attirés par la pratique des Beaux-Arts (une récente étude les chiffre à 86%) se dirige vers l’art classique et non vers le pseudo-art contemporain. Reste que, conséquence de l’œuvre destructrice des promoteurs dudit « art con », on peut constater un déclin de l’art européen et, en parallèle, une stérilité créatrice grandissante et un métier qui s’est perdu.

Si on peut trouver un lien entre les artistes du XIXe siècle (les « pompiers » comme Bouguereau ou Cabanel, au métier sûr) et des contemporains comme Magritte, Léonor Fini ou Hilaire, où sont les enfants spirituels de Malevitch et de Duchamp ?

Voilà pourquoi aujourd’hui ce n’est point dans les artistes vantés par ces soi-disant critiques qu’il faut rechercher des références de valeurs mais bien chez les artisans qui pratiquent ce qu’on appelle un métier d’art.

D’ailleurs, les artistes du passé se sentirent-ils jamais autre chose que des artisans d’une incomparable qualité ? Les peintres reconnus des hautes époques se proposaient pour réaliser l’œuvre qu’une guilde professionnelle, une riche paroisse ou une ville souhaitait posséder, de la même manière que les artisans l’ont toujours fait : « Quel format souhaitez-vous ? Combien de personnages et combien de couleurs ? Et dans les couleurs, quelles matières nobles voulez-vous que j’utilise ? J’ai dans mon équipe divers spécialistes : chevaux, arbres ou costumes. Moi, je me consacre à la mise en scène du tableau et à peindre les visages et les mains des personnages, comme je l’ai fait dans telle ville ou dans telle autre où j’ai été engagé pour peindre tel ou tel sujet. Voilà quelles sont mes références. » On peut, sans se tromper beaucoup, imaginer pareil dialogue.

Les délais de réalisation étaient également notés dans le devis. S’il coïncidait avec une fête votive on ne devait pas dépasser une certaine date de livraison, sous peine de pénalité. L’équipe du peintre était logée et nourrie chez le commanditaire, comme cela se pratiquait dans l’artisanat.

La démocratisation de nos sociétés a favorisé l’appât du gain et la floraison des intermédiaires et des escroqueries. Aux gogos on pouvait dire : « C’est peut-être un peu moins “léché”, un peu plus “enlevé”, mais c’est ce qui plait désormais. » Et de fil en aiguille on est passé à Klein et Buren et on a fini par les horreurs érigées devant l’aéroport de Nice, Versailles ou certaines églises.

Aujourd’hui, puisque l’art officiel est tombé dans ces rayures ressemblant si fort à des ornières, constatons que c’est l’artisanat de haut niveau qui dans quasiment tous les domaines porte désormais le flambeau de la créativité et établit les véritables références.

Léon Arnoux

[box class=”info”] Source : Polémia.[/box]

Image : un atelier de tapisserie à Aubusson

L’ensemble des consommateurs subventionne le coût du halal, l’Angleterre prête à agir

L’ensemble des consommateurs subventionne le coût du halal, l’Angleterre prête à agir

25/03/2012 – 16h30
LONDRES (NOVOpress) —
La filière d’abattage rituel musulman ne peut survivre économiquement qu’à condition qu’une partie importante des viandes issue des animaux ainsi cruellement sacrifiés soit vendue dans les circuits traditionnels. Pour y parvenir, les industriels les recyclent sans en avertir les consommateurs. S’ils ne pouvaient le faire, les musulmans seraient dans l’obligation de payer le vrai coût de cette pratique, bien supérieur à ce qu’ils payent actuellement, car les consommateurs traditionnels la subventionnent en consommant les surplus sans le savoir.

Cette situation explique l’opposition des industriels de la viande et des musulmans à l’étiquetage des viandes en fonction de la méthode d’abattage. Visiblement, comme le rapporte Glen Owen dans les colonnes du Daily Mail, le rapport de forces au Royaume-Uni est plus favorable au bien-être animal car un projet de loi en faveur de l’étiquetage des viandes est en passe d’être voté par le parlement britannique.

Mondialisation : les plus pauvres règleront la facture

Mondialisation : les plus pauvres règleront la facture

13/02/2012 – 08h00
BRUXELLES (NOVOpress) — Sans doute trop occupés par la crise, le pseudo débat électoral ou les petites phrases des uns ou des autres, nos médias semblent bien avoir passé sous silence un événement pourtant de premier plan : le sommet euro-indien de vendredi dernier. Pourtant ce dernier ne visait rien moins qu’à donner une impulsion décisive à l’accord de libre-échange sur lequel l’Inde et l’UE planchent en toute discrétion déjà depuis 2007. Le porte parole du commerce de l’UE John Clamcy estimait même que cette rencontre pourrait être décisive « pour aboutir à un accord dans les meilleurs délais ».

Selon Bruxelles, les négociations seraient déjà en phase finale, et les discussions porteraient principalement encore sur l’automobile et les pièces détachées, ainsi que les vins et spiritueux. L’accord de libre-échange vise une très large ouverture du marché, la libéralisation de presque l’ensemble des échanges commerciaux entre l’EU et l’Inde, et concerne outre les marchandises et les services, également les marchés publics et la propriété intellectuelle. Les entreprises européennes bénéficieront ainsi d’un accès illimité au marché indien (1,2 milliards d’habitants), où la présence d’une classe moyenne en forte croissance et avide de produits de consommation, laisse augurer de juteuses affaires et encore plus de perspectives d’expansion. En échange, l’Inde demande en plus de droits de douane européens réduits, que l’on supprime également des critères non monétaires, comme la conformité à des normes et d’autres règlements régissant l’importation dans les pays européens.

Le secteur agroalimentaire espère des profits considérables grâce à ce nouveau et vaste marché. Les producteurs de volailles allemands qui peinent à écouler tout ce qui n’est pas blanc de poulet, pourront enfin expédier massivement par bateau tout ce que le consommateur européen boude, tout en s’épargnant d’onéreux frais de retraitement de déchets. Et les producteurs laitiers sont également dans les starting-blocks. Les seulement 4000 tonnes de lait en poudre et 15 tonnes de fromage expédiés par les Allemands entre janvier et novembre 2011 laissent espérer une marge de croissance potentielle colossale. Sans compter que comme croit le savoir Michael Lohse, porte-parole de l’Union des agriculteurs allemands, la classe moyenne indienne est friande de charcuterie et l’alimentation made in Germany bénéficie d’une excellente réputation aussi en Inde.

Pourtant, avec sa production estimée à 112,5 millions de tonnes, l’Inde est un des premiers producteurs laitiers mondiaux. Mais presque les trois quarts de ses 70 millions de vaches appartiennent à des petits ou très petits paysans, dont la survie tient aux fortes taxes sur les importations. Un récent essai de suppression des taxes douanières à la demande de l’OMC en 1999, avait abouti à une multiplication par quarante des importations de petit-lait en un an, puis à une remise en place dans l’urgence de taxes à hauteur de 60 %.

De même, l’importation massive de cuisses de poulets européennes pourrait casser les prix et menacer la survie de millions de ces petits producteurs qui élèvent leurs volailles dans les arrière-cours.

Des ONG européennes et indiennes soulignent le fait que 90% de la population travaille dans des secteurs non structurés, et que près de 800 millions d’Indiens survivent encore avec moins de 3 Dollars par jour. Cet accord de libre-échange laisse craindre un phénomène de déclassement social massif et l’ouverture de chaines d’hypermarchés occidentales risque de ruiner des millions de commerçants des rues, de marchands forains et de propriétaires de petits commerces de toute sorte, qui en l’absence d’autre formation n’auront guère de chances de trouver un autre gagne-pain.

Il y a certes une résistance à ce projet qui cherche à s’organiser sur place et appelle à des manifestations de protestation. Chez nous une bonne vingtaine de députés européens verts et de gauche ont adressé un courrier au Commissaire du commerce de l’UE Karel De Gucht, pour le mettre en garde devant les conséquences probables de cette brutale ouverture des frontières, en réclamant une pause des négociations et une analyse des conséquences prévisibles sur des groupes de population fragiles comme les pêcheurs et les agriculteurs. Et ils protestent également contre le fait que de nombreux documents de ces négociations soient systématiquement dissimulés aux représentants de la société civile.

Mais toutes ces considérations n’intéresseront sans doute guère la masse des députés européens appelés un jour prochain à se prononcer sur cet accord.

Crédit photo : McKay Savage via Flickr (cc)

La nouvelle usine Renault au Maroc, symbole du suicide économique de l’Europe, par Marc Rousset

Par Marc Rousset économiste, écrivain, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou »

Chômage des travailleurs européens ou profits des multinationales dans les pays émergents fournissant des produits manufacturés à l’Europe : il va falloir choisir ! Sinon la révolte éclatera d’une façon inéluctable lorsque le taux de chômage sera tellement insupportable que la folie libre échangiste mondialiste apparaitra comme un nez au milieu de la figure ! Pour l’instant nous sommes seulement à mi-chemin de la gigantesque entreprise de désindustrialisation initiée dans les années 1950 aux Etats-Unis pour favoriser les grandes entreprises américaines, et dont le flambeau a été depuis repris par toutes les sociétés multinationales de la planète ! Pendant ces 30 dernières années, la France a perdu 3 millions d’emplois industriels, l’une des principales raisons de la crise de notre dette souveraine ! Si un protectionnisme douanier ne se met pas en place d’une façon urgente, les choses vont encore aller en s’accélérant ! L’ oligarchie mondiale managériale , actionnariale et financière a des intérêts en totale contradiction et en opposition frontale avec le désir des peuples européens de garder leur « savoir faire » et leur emploi !

L’usine géante Renault de Melloussa au Maroc

Alors que la production automobile de Renault recule dans l’hexagone, l’usine géante de Melloussa au Maroc dans la zone franche du port de Tanger , avec une capacité de 340 000 véhicules par an, commence à produire des voitures « low-cost » sous la marque Dacia . Le site a pour vocation d’exporter à 85% vers le Vieux Continent. Cette usine marocaine vient s’ajouter au site roumain de Pitesti qui produit 813 000 voitures par an. Renault et les équipementiers de la région de Tanger pourraient créer 40 000 emplois ! Le salaire net mensuel d’un ouvrier marocain est de 250 euros par mois, contre 446 euros par mois en Roumanie. Le coût salarial horaire d’un ouvrier dans les usines Renault est de 30 euros /heure en France, 8 euros par heure en Turquie, 6 euros par heure en Roumanie et ô surprise 4,5 euros par heure au Maroc, à deux jours de bateau des côtes françaises, Algésiras en Espagne étant seulement à 14km ! C’est la raison pour laquelle le monospace « Lodgy 5 ou 7 places » (10 000 euros) fabriqué à Melloussa sera deux fois moins cher que le Renault Grand Scenic (24 300 euros) assemblé à Douai. Il ne fait donc aucun doute qu’à terme , suite au rapport qualité/ prix et en faisant abstraction de quelques gadgets Marketing et des dénégations du Groupe Renault, les consommateurs français , s’ils ne sont pas trop bêtes, achèteront des Lodgy fabriquées au Maroc en lieu et place des Grand Scenic fabriquées à Douai ! Bref, une délocalisation élégante supplémentaire avec les miracles et les mensonges de la Pub et du Marketing comme paravent !
Alors que faire ? Qui incriminer ? Certainement pas Carlos Ghosn et les dirigeants de Renault qui font parfaitement leur travail avec les règles du jeu actuel , car ils rendent compte à leurs actionnaires et doivent affronter une concurrence terrible, la survie du Groupe Renault étant même en jeu s’ils ne délocalisent pas ! Non, les responsables, ce sont nous les citoyens , nous les électeurs, qui acceptons cette règle économique du jeu ;les principaux coupables, ce sont nos hommes politiques incapables , gestionnaires à la petite semaine avec un mandat de 5 ans, subissant les pressions du MEDEF et des médias à la solde des entreprises multinationales l Les dirigeants d’entreprise et les clubs de réflexion qui mentent comme ils respirent, le MEDEF, tout comme le lobby des affaires à Washington et à Bruxelles, voilà ceux qui sont à l’origine du mal et nous injectent délibérément car conforme à leurs intérêts financiers, le virus, le venin destructeur malfaisant du libre échangisme mondialiste dans nos veines ! Le mondialisme doit laisser sa place d’une façon urgente à un libre échangisme strictement européen ! Les hommes politiques des démocraties occidentales ne sont pas des hommes d’Etat, mais des gagneurs d’élection et ne voient pas plus loin que le bout de leur nez ; ils ne s’intéressent en aucune façon aux intérêts économiques à long terme de la France et de l’Europe ! Ils attendent tout simplement la catastrophe du chômage structurel inacceptable et la révolte des citoyens pour réagir, comme cela a été le cas en Argentine et comme c’est le cas actuellement avec la crise des dettes souveraines.

Les idées de la préférence communautaire et du Prix Nobel Maurice Allais triompheront

Les idées de Maurice Allais triompheront car elles sont justes et correspondent aux tristes réalités que nous vivons ! On ne peut pas arrêter une idée lorsqu’elle est juste ! L’idéologie économique libre échangiste mondialiste s’écroulera totalement devant les réalités du chômage, comme le Mur de Berlin en raison de l’inefficacité du système soviétique, comme l’idéologie droit de l’hommiste devant les réalités néfastes de l’immigration extra-européenne avec à terme les perspectives d’une guerre civile ! IL est clair qu’il faut changer le Système , non pas en attendant la disparition totale de notre industrie, mais dès maintenant en mettant en place tout simplement des droits de douane au niveau européen! Même l’Allemagne ne réussira pas à terme à s’en sortir avec le libre échange mondialiste. Elle résiste encore aujourd’hui car elle n’a pas fait les mêmes bêtises que les autres pays européens, mais à terme elle sera également laminée par la montée en puissance de l’éducation et le trop bas coût de la main d’œuvre dans les pays émergents. Aux Européens de savoir préserver les débouchés de leur marché domestique suffisamment grand pour assurer un minimum d’économies d’échelle! La «  théorie des débouchés »  va très vite revenir à l’ordre du jour !
La vieille théorie des « avantages comparatifs »de Ricardo n’a plus grand-chose à voir avec la réalité. Pour la première fois dans l’histoire du monde, des Etats (la Chine, l’Inde et le Brésil) vont en effet posséder une population immense ainsi qu’une recherche et une technologie excellentes. L’égalisation par le haut des salaires, selon la théorie de Ricardo, n’ira nullement de soi du fait de « l’armée de réserve » rien qu’en Chine de 750 millions de ruraux, soit 58% de l’ensemble de la population, capables de mettre toute l’Europe et les Etats-Unis au chômage. 300 millions d’exclus vivent, selon la Banque asiatique du développement, dans l’Empire du milieu, avec moins d’un euro par jour. La Chine ne se classe qu’au 110e rang mondial du PIB par habitant. Ce ne sont pas quelques succès épars européens mis en avant par les médias, suite à des effets de mode ou de luxe, qui doivent nous faire oublier le tsunami du déclin des industries traditionnelles en Europe (quasi disparition des groupes Boussac, DMC et de l’industrie textile dans le Nord de la France, de l’industrie de la chaussure à Romans, de l’industrie navale, des espadrilles basques…). Les pays émergents produiront inéluctablement de plus en plus, à bas coût, des biens et des services aussi performants qu’en Europe ou aux Etats-Unis. Les délocalisations deviennent donc structurelles et non plus marginales !
L’épouvantail contre le protectionnisme mis en avant par les lobbys du MEDEF et des multinationales comme quoi 25% des Français travaillent pour l’exportation est un mensonge d’Etat parfaitement mis en avant par Gilles Ardinat d’une façon indiscutable dans le dernier «  Monde Diplomatique ». Les multinationales, le MEDEF confondent délibérément valeur ajoutée et chiffre d’affaires des produits exportés, ce qu’il fait qu’ils arrivent au ratio fallacieux de 25%. La Vérité est qu’un salarié français sur 14 seulement vit pour l’exportation en France ! (1)
Dans un système de préférence communautaire, l’Europe produirait davantage de biens industriels et ce que perdraient les consommateurs européens dans un premier temps en achetant plus cher les produits anciennement « made in China » , serait plus que compensé par les valeurs ajoutées industrielles supplémentaires créées en Europe . Ces dernières augmenteraient le PIB et le pouvoir d’achat, tout en créant des emplois stables et moins précaires, système que la CEE a connu et qui fonctionnait très bien. Alors, au lieu de s’en tenir au diktat idéologique de Bruxelles et au terrorisme intellectuel anglo-saxon du libre échange, remettons en place le système de la préférence communautaire !

Les investissements occidentaux et les délocalisations

Il importe de faire la distinction entre marché domestique européen intérieur et marché d’exportation. Ce qu’il faut, c’est, grâce à une politique douanière de préférence communautaire fermer l’accès aux pays émergents qui détruisent les emplois européens pour des produits consommés sur le marché intérieur européen.
Il n’est pas réaliste d’accepter le dogme stupide que délocaliser la production physique d’un bien ne représente qu’une infime partie de sa valeur, même s’il est inéluctable que le poids relatif de l’Occident continue à décliner au profit de l’Asie. Intégristes du tout marché et théoriciens d’un libéralisme de laboratoire se délectent du déclin de la France et des Etats-Nations ; complices ou naïfs, ces inconscients nous emmènent à la guerre économique comme les officiers tsaristes poussaient à la bataille de Tannenberg des moujiks armés de bâtons. Les Européens ne peuvent se contenter d’une économie composée essentiellement de services. La seule façon de s’en sortir pour tous les pays européens, et plus particulièrement la France, est de réduire d’une façon drastique le nombre des fonctionnaires et les dépenses publiques, diminuer la pression fiscale sur les entreprises et les particuliers, mettre en place une politique industrielle inexistante à l’échelle de l’Europe, développer la recherche et l’innovation, encourager le développement des jeunes pousses, favoriser le développement des entreprises moyennes, et enfin restaurer la préférence communautaire avec des droits de douane plus élevés ou des quotas afin de compenser les bas salaires des pays émergents !

Le problème de fond du déficit commercial de la France n’est pas lié au taux de change de l’euro, mais au coût du travail. Le coût horaire moyen de la main d’œuvre dans l’industrie manufacturière est de l’ordre de vingt dollars en Occident contre 1 dollar en Chine ! Un ouvrier en Chine travaille quatorze heures par jour, sept jours sur sept. 800 millions de paysans chinois dont deux cents millions de ruraux errants forment une réserve de main d’œuvre inépuisable capable de mettre les Etats-Unis et toute l’Europe au chômage, nonobstant la main d’œuvre tout aussi nombreuse d’autres pays émergents !
Attirés par les bas salaires, les investissements étrangers en Chine s’élèvent à plus de 100 milliards de dollars par an, soit davantage qu’aux Etats-Unis. Le fait que les exportations chinoises soient réalisées à 65% par des entreprises détenues totalement ou partiellement par des Occidentaux n’est qu’un argument de plus pour nous endormir et une étape intermédiaire dans le déclin programmé du continent paneuropéen et de l’Occident. Les seuls investissements justifiés géopolitiquement sont les implantations pour s’intéresser au marché domestique chinois, des autres pays d’Asie et de tous les pays émergents. Ce qu’il faut bien évidemment combattre, ce sont avant tout les investissements européens en Chine ou ailleurs pour alimenter le marché européen qui sont suicidaires mais justifiés pour les chefs d’entreprise, tant que les Européens et la Commission de Bruxelles n’auront pas rétabli la préférence communautaire et des droits de douane afin de compenser les bas coûts de main d’œuvre chinois, source première du chômage et de la précarité en Europe.

Conclusion

Il ne faut pas acheter français, ce qui ne veut plus rien dire, mais acheter « fabriqué en France »  en se méfiant des noms francisés et des petits malins avec des usines tournevis ou d’assemblage dont toute la valeur ajoutée industrielle viendrait en fait des pays émergents ! Seule une politique de droits de douane défendra l’emploi du travailleur européen et combattra efficacement d’une façon implacable le recours démesuré aux sous-traitants étrangers ! Tout cela est si simple, si clair, si évident qu’il nous manque qu’une seule chose, comme d’habitude, dans notre société décadente : le courage ! Le courage de changer le Système, le courage de combattre les lobbys des entreprises multinationales avec les clubs de réflexion à leur botte, le courage de mettre en place une protection tarifaire , mais sans tomber pour autant dans le Sylla du refus de l’effort, de l’innovation, du dépassement de soi, du refus de s’ouvrir au monde et de tenter d’exporter autant que possible, le Sylla de l’inefficacité et des rêveries socialistes utopistes qui refusent la concurrence et l’efficacité intra-communautaire. L’introduction de la TVA sociale est une excellente décision, mais elle est totalement incapable de compenser les bas salaires de l’usine marocaine Renault de Mélissa et ne vaut que pour améliorer la compétitivité de la Maison France par rapport aux autres pays européens !

(1)Gilles Ardinat-Chiffres tronqués pour idée interdite » p12-Le Monde Diplomatique -Janvier 2012

Réalités identitaires du modèle économique allemand

Réalités identitaires du modèle économique allemand

L’Allemagne est à nouveau au centre des débats. Pour être critiquée ou prise en exemple. Mais le « modèle allemand » n’est pas seulement économique ; il est aussi culturel. La puissance économique allemande repose sur l’effort et la valeur du travail mais aussi sur un véritable patriotisme économique : pour les entreprises la préférence allemande est de l’ordre de l’évidence. Et l’Allemagne, malgré la culpabilisation et la mondialisation, demeure un pays enracinée où les traditions (fêtes populaires, costumes traditionnels, carnavals) restent vécues en profondeur. Voici un résumé de la dernière Polémia où est intervenu un bon connaisseur français de l’Allemagne.

L’exposant, ingénieur et directeur d’usine, a une très bonne connaissance professionnelle et personnelle de l’Allemagne. Il habite en Rhénanie mais a connu d’autres Länder (dont la Basse-Saxe). Son épouse est allemande et ses enfants sont scolarisés en Allemagne. Il partage actuellement sa vie professionnelle entre plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne.

L’exposant apporte son témoignage et son analyse de la situation allemande, en avertissant que sa vision est sans doute empreinte de subjectivité, voire de partialité.

Exposé

Pour les Français, l’Allemagne est une terre inconnue. C’est particulièrement le cas pour la presse, qui en véhicule une analyse très prismatique. Par exemple, Le Monde titrait récemment sur « 600 000 retraités allemands obligés de travailler ». De même, la visite du Pape en Allemagne a été relatée de manière biaisée dans les médias français.

Pourquoi l’Allemagne conserve-t-elle une spécificité, notamment culturelle ? Où en est la culture (au sens populaire) allemande, vécue au quotidien ? Y-a-t-il encore une identité allemande ?

1) Système éducatif

Comment expliquer la difficulté pour les mères à concilier vie de famille et vie professionnelle ?

Une mesure récemment mise en œuvre témoigne de cette difficulté : un chèque mensuel de 100€ est offert aux parents ne plaçant par leurs enfants en crèche. Les parents sont âgés – souvent de 35 ans au 1er enfant – mais la cellule familiale s’est bien conservée car les grands-parents s’occupent beaucoup des jeunes enfants. Ce recours aux grands-parents permet aux femmes de continuer à mener une vie professionnelle.

Les Allemands déménagent peu car la densité de population est très forte, de sorte que l’on peut changer d’occupation professionnelle sans déménager.

Les enfants font l’objet de beaucoup d’attention, comme en témoigne cette anecdote : pour entrer à l’école maternelle (à 3 ans et demi), la fille de l’intervenant a été testée sur sa maîtrise de la langue allemande pendant 45 minutes. Il s’agit d’un test systématique, destiné à détecter les difficultés de manière précoce.

A l’âge de 10 ans, les enfants sont orientés entre trois voies, des meilleurs aux moins bons : le Gymnasium, la Hauptschule, la Realschule (un tiers environ pout chaque filière). Cette orientation ne revêt pas une connotation sociale et il existe de nombreuses passerelles entre ces filières.

Les professeurs allemands ont une attitude différente des Français : la Loi fondamentale leur interdit le droit de grève, ils enseignent au moins deux matières (ce qui enrichit leur relation avec les élèves), ils gagnent en moyenne 55K€ par an (contre 31K€ en France). Le système fonctionne bien, notamment du point de vue de la relation professeur-élève.

Dans une entreprise française, on veille à l’intelligence, au potentiel… En Allemagne, on veille à l’expérience (cf. la figure du Meister, artisan reconnu pour son savoir-faire) et au savoir (cf. la figure du Doktor, dont le titre repose sur une accumulation de savoirs et de travail). Il existe ainsi des docteurs en machine-outil.

L’apprentissage revêt une grande importance et les entreprises veillent à entretenir leur filière d’apprentissage. Une entreprise se sent un devoir moral envers ses apprentis. Après sa formation, l’apprenti est très indépendant.

Un exemple témoigne du décalage entre la France et l’Allemagne en ce qui concerne les filières d’apprentissage : récemment, aucun tourneur-fraiseur n’a pu être trouvé en Normandie – situation inimaginable en Allemagne.

La scolarité des enfants handicapés est prise en charge quel que soit le niveau de handicap. En Allemagne, la solidarité est un devoir, mais pour sa communauté : les aides au handicap sont ainsi octroyées à partir de deux années de cotisation.

2) Relation au travail

Le manager français arrivant en Allemagne est confronté à un choc culturel : la culture du respect du travail et la conception de l’entreprise comme appartenant aux salariés. En Allemagne, on négocie avec les représentants des syndicats de branche – et non avec des syndicalistes locaux.

Les relations au travail sont extrêmement simples, directes et égalitaires et reposent sur un principe de transparence et d’honnêteté totales.

Le Betriebsrat (comité d’entreprise), composé de représentants du personnel, est la structure centrale du dialogue social au sein de l’entreprise. Exemple d’une Betriebsversammlung (assemblée des salariés) où le président de l’assemblée a fait applaudir le management.

Quelques exemples témoignent de l’efficacité du dialogue social : dans telle usine, les ouvriers ont travaillé 50 à 54 h / semaine pendant 3 mois pour honorer une commande ; tel accord de maintien de l’emploi a prévu 2 heures supplémentaires gratuites par semaine pendant 3 ans.

Une anecdote : 2 heures d’une action de solidarité européenne se sont traduites de manière très différente en France (grève) et en Allemagne (cahier de pétition).

La retraite n’est pas un sujet. Si besoin, on peut d’ailleurs faire appel aux retraités.

Les « mini-jobs » à 400 €, pas imposés et très peu chargés, ont permis de développer un univers de services, à travers des jobs complémentaires : le travail est très respecté.

3) Une forme de nationalisme économique

Après la Seconde Guerre mondiale, le sentiment national s’est transformé en fierté du made in Germany, de nature religieuse.

Pour chercher des fournisseurs, on s’adresse à des Allemands, de préférence localement : une entreprise allemande n’achète qu’à des entreprises allemandes. Les Allemands refusent l’externalisation, sachant qu’ils peuvent faire montre d’une forte résistance passive. La préférence allemande est de l’ordre de l’évidence.

Une anecdote : dans la comédie musicale Starlight Express, l’ICE a le mérite suffisant d’être toujours ponctuel (« immer pünktlich ») et est ovationné par le public allemand.

Le concept de diversité a été entièrement axé sur les handicapés en Allemagne. Aucun effort partisan sur ce sujet.

4) La laïcité : une obsession absente

Rappel : en Allemagne, il y a 25 millions de catholiques, autant de protestants et 4 millions de musulmans.

Il est agréable quand le concept de laïcité n’existe pas… 10% de l’impôt sur le revenu est versé au denier du culte : l’impôt de l’église est payé par conviction sociale. Faire la démarche de ne pas le payer est mal vu.

La vie communautaire et religieuse est vécue normalement et naturellement. Il n’existe pas de séparation dogmatique entre religion et vie publique et la religion participe de la vie culturelle.

Exemple de la confrérie de St-Martin : ses membres se retrouvent entre hommes, souvent pour boire de la bière…

5) Calendrier de la vie festive

Exemple du village de J…en Rhénanie Westphalie. (2000 habitants) : pour l’Oktoberfest, on monte une tente de 800 personnes, que l’on conserve jusqu’à la St-Martin puis jusqu’à l’ouverture du Carnaval le 11 novembre. C’est alors le marché de Noël qui s’ouvre pour un mois et demi. Les fêtes du Carnaval ont lieu en février, avec plusieurs sessions (Sitzungen, où tout le monde est costumé et salue « à la Carnaval »). On adopte des costumes traditionnels : les filles se déguisent en Fifibrindacier… On défile.

En mai, l’association des jeunes du mois de mai organise les festivités : on peut être désigné pour offrir le petit-déjeuner à l’ensemble du village ; les jeunes gens à marier défilent en frac le matin ; les jeunes filles et jeunes gens défilent en couple l’après-midi (après mise aux enchères des filles). L’arbre de mai est abattu à la fin. Il s’agit là encore d’une tradition vécue, qui ne recèle aucune connotation politique.

Les Allemands se réunissent régulièrement dans un cadre festif, ce qui constitue un fort ciment villageois et social.

6) Immigration et intégration

Caveat : l’exposant a surtout l’expérience des villes moyennes.

L’immigration n’est pas vécue de la même manière en Allemagne, où l’on constate peu d’agressivité. A noter que l’ouvrage de Sarrazin a été discuté sereinement en Allemagne, contrairement à l’image qu’en ont diffusée les médias français.

L’immigration s’est faite en deux temps : d’abord turque puis est-européenne (polonaise surtout). Les Polonais s’intègrent remarquablement bien, ce qui a changé positivement l’image des Polonais.

A J…, il y a une journée de l’intégration et de la culture, avec les communautés qui préparent chacune sa cuisine etc. – le tout sans tensions.

L’intégration par la langue ne fait pas obstacle à la conservation de ses traditions.

7) Le consensus social et populaire

55% des Allemands seraient aujourd’hui favorables à une grande coalisation, dont le précédent a laissé un souvenir d’harmonie. La coalition Union-FDP est mal aimée car recèle des tensions internes.

Le nucléaire n’est pas un sujet polémique en Allemagne. Il n’y a pas de Canard enchaîné en Allemagne, où l’on ne recherche pas le conflit, ni le scandale.

8) Synthèse et conclusion

Il ne faut pas masquer les aspects négatifs de la culture allemande :

– la société allemande est très matérialiste (il faut avoir sa maison, sa voiture…), ce qui est aussi facteur de sous-natalité (l’enfant vient après les équipements !) ;
– la bureaucratie est critiquée mais admise ;
– la société est très auto-policée (une forte pression sociale s’exerce, pour ne pas traverser au feu rouge, pour déneiger son trottoir…), ce qui fait que les Allemands ne sont pas des touristes aimés (hors de chez eux, ils sont donneurs de leçons et se censurent moins).

Les Allemands ont un sens prononcé de la société, voire de la communauté, que l’immigration et la mondialisation ont moins dénaturé, semble-t-il, qu’en France où les influences extérieures ont plus d’effet. Les traditions demeurent plus vivaces et conservent à la communauté des liens encore forts et vivants : s’habiller en tenue traditionnelle en Forêt Noire ou en Bavière ne relève pas du folklore pour touristes mais de la vie familiale et villageoise. De même, le drapeau allemand flottant chez un particulier n’est pas vu comme une incongruité.

On parle du peuple et non d’entités abstraites (la République, la Nation). Les Allemands ont conservé une vision homogène du peuple.

Discussion

Sur le syndicalisme : les syndicats français sont multiples et reposent sur des permanents ; les syndicats allemands sont organisés par branche et travaillent en dehors des entreprises, avec les associations patronales. Dans une entreprise allemande, il n’y a donc qu’un syndicat – fort et suivi mais unique.

Sur la culture du travail : faire travailler Français et Allemands dans une entreprise est souvent difficile (d’où l’organisation d’ateliers interculturels), car les habitudes culturelles survivent dans le travail.

Sur la religion : la pratique religieuse n’est pas forcément forte, mais l’appartenance religieuse est vécue. Les musulmans et juifs ne disposent pas du même système d’impôt d’église. Ce dernier est bien considéré comme un impôt.

Sur l’évolution économique de l’Europe et sa gouvernance : les Allemands raisonnent en Allemands et cherchent à maintenir leur modèle économique. « Les Allemands aiment les Français mais ne les respectent pas – et vice-versa ».

Sur l’évolution démographique de l’Allemagne : les Allemands peuvent de fait s’appuyer sur l’Europe de l’Est, considérée comme une colonie économique. Beaucoup de couples sont sans enfants. En revanche, l’adoption (de petits Allemands) est plus aisée qu’en France.

Sur la spécificité culturelle allemande et l’Europe fédérale : le Volk allemand est assis sur la langue allemande (avec un Hochdeutsch national et des dialectes régionaux). Les Allemands voient le sud de l’Europe avec méfiance et se tournent vers l’est. On constate une faible mobilité des Allemands, y compris entre Länder. Lire à ce sujet l’Histoire de la Germanie d’Henri Bogdan.

Sur le rapport aux élites et le maintien d’un soutien populaire à la politique européenne de l’Allemagne : les Allemands sont prêts à beaucoup accepter sous réserve de respecter certains fondamentaux : une vie peu chère, une inflation faible, pas de limitation de vitesse sur les autoroutes, la liberté du travail… Merkel c’est l’Allemagne : elle est sérieuse, honnête, ingénieur, exemple de méritocratie.

[box class=”info”]Source : Polémia – 2/12/2011[/box]

Photo en Une : le Berliner Dom. Crédit : Ariel Martini via Flickr (cc)

Région Aquitaine : nouvelle hausse du chômage au mois d’octobre

Région Aquitaine : nouvelle hausse du chômage au mois d’octobre

29/11/2011 – 19h30
BORDEAUX (via infos-bordeaux.fr) —
Selon les chiffres communiqués par la préfecture de Gironde, le chômage est une nouvelle fois en hausse dans la région bordelaise. Dans le département de Gironde, le nombre de demandeurs d’emploi s’établit officiellement à 105 069, soit une augmentation de 0,6% par rapport au mois précédent, mais surtout, de 5,3% sur l’ensemble de l’année. La hausse la plus importante concerne les femmes (7,3%), ainsi que les plus de 60 ans : 15,1%.

Au niveau national, les chiffres sont également catastrophiques. Le chômage est au plus haut depuis douze ans, le nombre de personnes en recherche de travail approchant les 4,2 millions de personnes. En janvier dernier, le chef du gouvernement François Fillon s’était déclaré « convaincu par la baisse du chômage en 2011 » !

[box]Dépêche publiée avec l’aimable autorisation d’infos-bordeaux.fr[/box]

“Low Cost” : enquête sur le système Ryanair [vidéo]

"Low Cost" : enquête sur le système Ryanair [vidéo]

Vous penser aimer le “low cost”, mais savez vous quel est le vrai coût du bas prix ?

Diffusée par ‘Options’, le journal de l’UGICT-CGT, cette enquête exclusive d’Enrico Porsia décortique le modèle économique de la compagnie à “bas coût” Ryanair et son chantage aux subventions publiques déguisées.

On y découvre comment Ryanair exerce une pression permanente sur des collectivités territoriales et passe outre le code du travail, sur fond de directive Bolkestein et de distorsion de concurrence.

[box class=info]Plus d’informations : www.verite-lowcost.com[/box]

Explosion de l’impôt foncier : les chiffres pour la Bretagne

Explosion de l’impôt foncier : les chiffres pour la Bretagne

19/11/2011 – 11h15
RENNES/ROAZHON (NOVOpress Breizh) —
L’Union Nationale de la Propriété Immobilière (UNPI) vient de publier les résultats d’une enquête concernant l’évolution des taxes foncières pour l’ensemble de la France, sur la période 2005/2010. Régions, départements et communes sont passés au crible. NOVOpress Breizh s’est penché sur les chiffres concernant les cinq départements bretons. Édifiant.

Alors que pour la période 2005/2010 l’inflation cumulée a été en France de 9,7%, en Bretagne les cotisations régionales et départementales ont augmenté en cinq ans de 20,88% dans le Morbihan, de 25,81% dans le Finistère, de 27,59% dans les Côtes d’Armor, de 31,27% en Loire-Atlantique et – record absolu – de 52,48% en Ille-et-Vilaine.

Si l’on considère l’évolution entre 2005 et 2010 de la cotisation totale de taxe foncière (somme des cotisations régionale, départementale, communale et, le cas échéant, intercommunale), on constate que, dans le département de Loire-Atlantique, Nantes progresse de 23,34%, Saint-Herblain de 26,54%, Ancenis de 25,72%, La Baule de 22,31% et Saint-Nazaire de 17,33%.

Dans le département du Morbihan, l’impôt foncier augmente à Vannes de 14,17%, à Lorient de 16,63% et à Pontivy de 13,23%. Des augmentations modérées par rapport à l’Ille-et-Vilaine où la commune de Rennes voit ses taxes foncières exploser (34,94%), suivie de Fougères (32,5%), Redon (29,20%), Vitré (26,50%) et Saint-Malo (26,28%). Dans le Finistère, Quimper progresse de 19,81%, Brest de 18,76% et Concarneau de 23,64%. Pour les Côtes-d’Armor, Saint-Brieuc enregistre une augmentation de 19,19%, suivi de Guingamp (18,18%) Lannion (17,12%) et Dinan (16,40%).

L’examen du tableau des taux cumulés du bloc communal en 2010 (taux de la commune et, le cas échéant, de l’intercommunalité) fait apparaître, pour le Finistère, que le taux le plus élevé est celui de Brest (27,20%) précédé seulement par Plouzané, une commune limitrophe de Brest (27,91%). Deux villes administrées par des maires socialistes.

Pour la Loire-Atlantique, le taux constaté à Nantes (PS) est de 27,51%, suivi de Trignac (PCF) 27,30%, Rezé (PS) 26,55%, Saint-Herblain (PS) 24,32% et Saint-Nazaire (PS) 21,35%. Dans les Côtes–d’Armor, Saint-Brieuc(MODEM) a un taux de 26,79%, derrière Guingamp (PS) avec 27,96% mais devant Lannion (PS) dont le taux est de 18,67%. A noter que dans ce département le record appartient à la petite commune de Mousteru (Gauche), près de Guingamp, avec un taux record de 30,91%. Le taux de Rennes – municipalité socialiste – est le plus élevé d’Ille-et-Vilaine (27,32%), suivi par celui de Saint Malo (UMP) 25% et de Fougères (DVG) 24,03%.

Dans le Morbihan, si le taux de Vannes (UMP) n’est pas très élevé (18,42%), la région de Lorient bat elle tous les records. La petite commune Inzinzac-Lochrist (PS), à 20 km au nord-est de Lorient, a un taux de 40,43% – le plus élevé du département – devant Hennebont (PCF) avec un taux de 36,78%, Queven (PCF) 34,20%, Lorient (PS) 33,29% et Ploemeur (PS) 31,34%.

Crédit photo : Alain Bachelier via Flickr (cc)

Chiffre record pour la dette américaine

Chiffre record pour la dette américaine

19/11/2011 – 09h45
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinfo) — Selon le département du Trésor, la dette américaine vient de franchir le cap des 15 000 milliards de dollars, ce qui représente 99% du PIB américain.

Depuis 2008 les États-Unis accumulent 1 000 milliards de dettes supplémentaires tous les sept mois et demi en moyenne. Une dérive violemment dénoncée par l’opposition républicaine qui accuse le président Barack Obama d’en être l’unique responsable. Rick Perry, candidat à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de novembre 2012, a ainsi fustigé « la politique socialiste d’Obama qui ruine le pays » et pense « qu’il est temps de réformer Washington ».

De son côté, le sénateur républicain Mitch McConnell affirme « que les États-Unis ont une dette qui pèse autant que notre économie. Cela nous fait beaucoup ressembler à la Grèce ». Le Fonds monétaire international estime que la dette publique des États-Unis atteindra 100 % du PIB à la fin de l’année, 105 % courant 2012, et 115 % en 2016.

[box class=info]Dépêche publiée en partenariat avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie.[/box]
Crédit photo : Damien Van Achter via Flickr (cc)

Crise de l’euro : vers une réforme monétaire allemande ?

Crise de l'euro : vers une réforme monétaire allemande ?

16/11/2011 – 16h00
BERLIN (NOVOpress via kopp-online.com) —
Le gouvernement fédéral se prépare en douce à une réforme monétaire. Les raisons en sont multiples.

La chancelière allemande Angela Merkel a pendant longtemps dissimulé à ses concitoyens la vérité sur l’évolution économique prévisible et sur les nouvelles charges qui seraient appelées à peser sur les contribuables. C’est ce que prouvent des documents de l’ambassade US de Berlin, révélées par Wikileaks. Déjà en février 2010, l’ambassadeur américain avait informé Washington à quel point Angela Merkel était soulagée de ne pas encore à avoir à rendre publique la gravité de la situation due à la dette. Le gouvernement fédéral avait résolu de cacher le plus longtemps possible le désastre inévitable à moyen terme. Dans le rapport d’ambassade il est écrit : « personne n’envisage l’idée de révéler aux contribuables allemands déjà inquiets devant le déficit record du pays, qu’ils devront régler en plus la facture conséquente au comportement irresponsable d’un autre pays ».

Et dans ce document classé confidentiel, l’ambassade rajoutait : « la chancelière Merkel est visiblement soulagée de ne pas avoir à informer actuellement ses concitoyens pourquoi le gouvernement fédéral devrait encore creuser son déficit, pour sauver les Grecs. »

Depuis, un an et demi s’est écoulé. Chaque citoyen est maintenant au fait des problèmes financiers de la zone euro. Le rapport de l’ambassade américaine à Berlin prouve une nouvelle fois que les responsables politiques ne disent souvent pas la vérité à leurs concitoyens. La chancelière fédérale a, par deux fois déjà, invité les principaux rédacteurs en chef de médias germanophones pour leur enjoindre d’enjoliver la situation réelle. Un fait devenu notoire uniquement parce que quelques un de ces invités s’en sont émus et l’ont rendu public.

Ce qui est caché aux citoyens est intéressant, d’autant que c’est souvent exactement le contraire de ce que les politique clament officiellement. Ainsi, pendant que les membres du gouvernement prétendent actuellement qu’il n’est pas question de revenir au Mark, c’est justement ce qu’ils sont en train de mijoter. C’est du moins ce que prouvent des document de l’ambassade américaine de Berlin, récemment publiés.

Photo en Une : Angela Merkel prenant la parole le 28 janvier 2011 au World Economic Forum de Davos. Crédits photo : World Economic Forum via Flickr (cc)

Grève à la SNCF mardi dernier contre la libéralisation du système ferroviaire européen

Grève à la SNCF mardi dernier contre la libéralisation du système ferroviaire européen

11/11/2011 – 10h00
PARIS (NOVOpress) – Mardi 8 novembre 2011, énième grève à la SNCF. Comme souvent, les médias « grand public » s’attardaient davantage sur les conséquences (suppressions de train, retards, mécontentement des voyageurs) que sur les causes. Cette grève visait la libéralisation du système ferroviaire européen. Les syndicats de cheminots français CGT, CFDT, Unsa et CFTC répondaient en effet à l’appel de la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF), alors que le Parlement européen doit se pencher à la mi-novembre sur la poursuite de l’ouverture à la concurrence du système ferroviaire.

Les grévistes, mobilisés comme d’habitude pour la défense de leurs « avantages acquis », ont au moins eu le mérite de mettre en lumière un problème qui touche tous les peuples membres de l’Union européenne : la perte de souveraineté sur leurs services publics, le secteur ferroviaire étant l’ultime étape d’un processus mis en place à partir des années 90. Ce processus vise à imposer progressivement à l’ensemble des États membres de l’Union européenne l’ouverture à la concurrence de ses services publics : l’énergie (gaz et électricité), les transports (tous modes), les services postaux et les télécommunications. En théorie, le projet européen vise l’amélioration des performances techniques et économiques, tout en préservant la mission de service qui incombe à tout opérateur. Dans les faits, le modèle américain et les libéralisations déjà effectuées en Europe démontrent le contraire.

L’anodin secteur des renseignements téléphoniques est un exemple du genre. Les Français sont passés de leur bon vieux « 12 » efficace et peu cher à un marché où ils sont submergés par les publicités des différents opérateurs (les fameux 118 XXX), où ils paient plus cher quel que soit le prestataire, pour une qualité souvent inférieure et pour finir, une grosse partie de l’activité a été délocalisée dans les pays d’Afrique francophone. Le Français est perdant sur toute la ligne : service, tarif, emploi, pollution publicitaire. Les gagnants : les financiers qui se sont emparés des marchés et les publicitaires. Et il en est ainsi pour tous les services publics déjà sacrifiés sur l’autel de la mondialisation et il en sera de même pour ceux à venir.

Ironie de l’histoire, les grèves à répétition organisées par des syndicats inconséquents et égoïstes ont réussi à rendre ces libéralisations souhaitables aux yeux du public, celui-ci espérant que cela mette fin aux grèves et aux « privilèges acquis » et que la concurrence conduise à une baisse des tarifs. Quitte à perdre une partie de son patrimoine…

[box class=”info”]Crédit photo : DR[/box]

Les raisons de la dette, par Hervé Juvin

Les raisons de la dette, par Hervé Juvin

L’économiste Hervé Juvin revient dans cette vidéo sur les raisons de la dette, de la sortie du cadre de l’économie et de l’expérience néo-libérale telle que mise en place depuis 30 ans. Enregistrement du le 27/10/2011. Vidéo réalisée par Realpolitik.tv


Hervé Juvin : les raisons de la dette par realpolitiktv

Crise : cas pratique de remigration entre la Grèce et l’Albanie

Grèce : même les Albanais s’en vont...

04/11/2011 – 17h30
ATHENES (NOVOpress via SETimes) — Contrecoup inattendu de la crise économique qui secoue l’Europe, un phénomène de “remigration” est en train de voir le jour en Grèce, qui se vide de ses immigrés albanais. Le Courrier International de novembre 2011 a repris cette information, en y ajoutant quelques chiffres : environ 500 000 Albanais vivent en Grèce (ces chiffres ne prennent pas en compte les clandestins), et la Grèce se serait vidée de près de 15% de ses immigrés albanais depuis juin, partis par vagues successives.

Tola, professeur d’albanais, et son mari Gramoz, policier, ont émigré en Grèce en 1999, avec l’espoir d’y bâtir une vie meilleure. « Nous savions bien qu’il était difficile d’acheter une maison là-bas et que nous aurions à rembourser le prêt toute notre vie», a indiqué Tola au SETimes.

Ils n’étaient pas seuls à penser cela. Statistiquement, ce sont la Grèce et l’Italie qui accueillent les plus fortes populations d’expatriés albanais.

La jeune femme dit que la vie en Grèce n’a pas été facile, mais qu’ils ont travaillé dur et ont réussi à économiser et à acheter un appartement. Tola a donné naissance à ses deux enfants en Grèce, et les a mis dans des garderies privées, tandis qu’elle et son mari travaillaient jour et nuit pour mettre de l’argent de côté. « Nous nous sommes habitués à ce genre de vie, et rien ne nous a fait dévier de cet objectif. Tout ce que nous voulions était de sauver de l’argent », dit Tola.

Le couple et leurs deux enfants sont revenus à Tirana en 2005 et y ont acheté un appartement. « Nous avons essayé de trouver un emploi ici, mais les choses à Tirana avait tellement changé que nous nous sentions comme des étrangers. Nous sommes retournés en Grèce pour y travailler encore et économiser davantage d’argent pour pouvoir acheter un magasin et faire marcher une petite entreprise. Nous avons compris que c’était la seule façon d’avoir un avenir en Albanie », explique Gramoz au SETimes.

Ils ont repris le même rythme de vie et ont mis de l’argent à la banque, jusqu’à ce qu’un jour les gens commencent à parler d’une  « grosse crise qui arrivait ». «J’ai été bouleversé quand j’ai entendu ces rumeurs. Les signes de la crise se sont vite manifestés. Gramoz ne recevait plus son salaire et de nombreux travailleurs se sont retrouvés sans emploi. Tout ce que nous recevions, c’était 70 euros de mon salaire par semaine. Nous avons commencé à utiliser l’argent de nos économies, ce qui n’était jamais arrivé auparavant. Nous avons discuté, et nous avons décidé de repartir en Albanie. La vie en Grèce était devenue difficile. Nous sommes revenus en Albanie en juillet 2009, sans l’argent que nous nous étions efforcés de rassembler pour acheter une boutique ici. »

Son mari a fini par retourner en Grèce. « Nous nous sommes enregistrés dans les bureaux de travail comme émigrés de retour, mais ça n’a apporté aucun changement. Nos économies fondaient », explique Gramoz.

« Nous avons décidé de monter une petite entreprise, un cybercafé, tout en cherchant un emploi. Nous avons trouvé un endroit, et nous avons commencé à travailler de huit heures du matin jusqu’après minuit. Mais ça suffisait juste à nourrir les enfants », ajoute Tola.

Le gouvernement albanais admet que les envois de fonds des émigrés albanais travaillant en Grèce ont baissé, mais sans que l’Albanie ai subi l’impact qu’on craignait. « Au contraire, des milliers d’Albanais sont revenus. Ils ont apporté de l’argent économisé en Grèce et ont commencé à investir dans les petites entreprises. C’est une grande victoire pour l’Albanie. Des gens qui ont beaucoup appris à l’étranger reviennent et construisent quelque chose de nouveau ici », a déclaré le Premier ministre Sali Berisha au journal autrichien Kurir en juin.

Mais l’opposition albanaise n’est pas d’accord. Le député socialiste Ervin Koci a déclaré au quotidien albanais Mapo le 20 juin que la crise grecque a impacté l’économie albanaise. « L’idée que les émigrés albanais vont rentrer et monter des petites entreprises et que cela va profiter à l’économie albanaise est trop belle pour être vraie. Aucun économiste ne peut affirmer cela, vu l’état du marché intérieur ».

Une chose est sûre : malgré les opinions contradictoires des politiciens, les émigrés albanais continuent à revenir, certains définitivement, d’autres en attendant des jours meilleurs pour retourner en Grèce.

[box class=warning]Article original de Linda Karadaku pour le Southeast European Times. Traduction de Novopress.[/box]
Photo en Une : Athène, vue depuis l’acropole. Crédits : tilo 2005 via Flickr (cc)

Boualem Sansal dénonce l’islam totalitaire

Boualem Sansal dénonce l’islam totalitaire

15/10/2011 – 08h30
ALGER (NOVOpress) –
L’ islam est-il un frein à l’épanouissement des libertés et au développement économique ? L’écrivain algérien Boualem Sansal, dans une interview accordée au site nouvelobs.com, répond affirmativement. Pour l’auteur de Rue Darwin, il faut « dénoncer le mauvais islam ». L’islam peut-il se réformer s’interroge Boualem Sansal : « Nos pays sont-ils capables d’aller au-delà? De chasser ce qui fait la dictature? De sortir de la féodalité, de l’organisation traditionnelle de la société arabo-musulmane, du culte du chef, de l’omnipotence de la religion qui dicte tout ? Les Coptes vont-ils être gouvernés par l’Islam? Ce n’est pas possible ! », regrette-t-il.

« L’Europe s’est affranchie de l’Eglise et de la féodalité grâce à sa société civile, et notamment grâce à sa bourgeoisie. Nous n’avons pas l’équivalent de cette classe dans nos pays. Celle que nous avons vit à l’étranger. Elle vit de manière presque parasitaire », déplore le romancier. Bien avant lui, d’autres intellectuels ont fait le même constat.

En 1998, l’historien de l’économie, David Landes, dans son ouvrage Richesse et pauvreté des nations, démontre que les pays musulmans ont développé un complexe d’infériorité face au savoir européen, rejetant ses inventions comme l’imprimerie et en écartant « les nouvelles connaissances et les idées modernes, soupçonnées de véhiculer des hérésies ». En 2002,  Bernard Lewis, de l’université Princeton (Etats-Unis), souligne que l’influence de l’islam est si envahissante qu’elle empêche de nombreux Etat arabes de s’interroger sur les vraies raisons de leur retard. D’autres économistes tels que Luigi Guiso, Paola Sapienza ou Luigi Zingales ont noté eux aussi qu’ « en moyenne, les religions chrétiennes sont considérées comme propices au développement économique, alors que l’islam y est associé négativement ».

[box] Photo : Boualem Sansal (à droite) lors d’une conférence. Crédit Pesbo, licence CC. [/box]