A.D.G. : un écrivain enraciné, par Benoît Loeuillet

A.D.G. : un écrivain enraciné, par Benoit Loeuillet

05/08/2012 — 09h00
VERETZ (via Vox Populi) — Difficile de s’appeler Alain Fournier (homonyme du célèbre auteur du Grand Meaulnes) lorqu’on veut vivre de sa plume ! La place est prise ! Qu’à cela ne tienne, ce sera A.D.G. (Alain Dreux Gallou tirés des noms de famille de deux de ses grands-parents).

Né le 19 décembre 1947 à Tours, A.D.G. est considéré comme un des maîtres français du roman noir. Il lança en effet la collection Série Noire chez Gallimard en 1971 mais sera également un journaliste d’opinion de talent.

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[lu sur le net] Les Français musulmans votent en majorité à gauche

[lu sur le net] Les Français musulmans votent en majorité à gauche

22/07/2012 — 10h00
via le Parisien.fr Les électeurs de confession musulmane ont voté très largement à gauche dès le premier tour de la présidentielle, et à 86% pour François Hollande au second, selon une étude IFOP réalisée à partir d’un échantillon de 680 personnes.

« D’après les données dont nous disposons, aucune autre catégorie de la population n’a aussi massivement voté pour le candidat socialiste que les musulmans », commente l’Ifop « sur la base d’un échantillon cumulé de 14.200 électeurs inscrits sur les listes électorales dont 680 personnes se déclarent de confession musulmane ». « Avec 57% des voix, François Hollande a ainsi largement franchi la barre des 50% dès le premier tour et doublé son score moyen dans ce segment de l’électorat qui, parallèlement, a également beaucoup plus voté pour Jean-Luc Mélenchon que la moyenne des Français : 20% contre 11% », développe l’institut.

Très faible audience de la droite et du Front national

« Cette hégémonie de la gauche s’accompagne mécaniquement d’une très faible audience tant de la droite (7% seulement pour Nicolas Sarkozy) que du Front National (4% contre 18% au niveau national) et se trouve confirmée de manière spectaculaire au second tour avec un score de 86% pour François Hollande, soit plus de 34 points de plus que sa moyenne nationale », ajoute l’étude (…).

Crédit photo : DR via saphirnews

Le Projet Apache félicite le député du Front de Gauche Patrice Carvalho

Le Projet Apache félicite le député du Front de Gauche Patrice Carvalho

19/07/2012 — 08h00
PARIS (NOVOpress) — Via un communiqué et un visuel (ci-dessus), les militants identitaires du Projet Apache ont voulu féliciter le député du Front de Gauche de l’Oise, Patrice Carvalho. En effet, pour le Projet Apache : “Patrice Carvalho, un des seuls ouvriers à l’Assemblée, a encore fait preuve du bon sens français [élu en 1997, il était venu en bleu de travail, note de Novopress]. En soulignant que le mariage était l’union d’un homme et d’une femme ou en refusant le droit de vote des étrangers pour éviter le vote communautaire, il a effrayé les sbires du Front de Gauche.”

Ce à quoi le Projet Apache répond à Patrice Carvalho : “Parce que comme toi, on est de gauche autant qu’on est de droite, parce que comme toi, nous sommes et nous aimons le bon sens ouvrier et parce que comme toi, on est Français !”

Kiosque Courtois du samedi 23/6/2012 – L’actualité de la semaine en écrit

Kiosque Courtois du samedi 23/6/2012 – L’actualité de la semaine en écrit

[box]Le samedi, une revue de la semaine des “Bulletins de Réinformation” de Radio Courtoisie.

Novopress a publié dès samedi matin, en différé, l’audio de ce Kiosque Courtois dans la fenêtre “Radio Courtoisie : le bulletin de réinfo” de sa colonne de droite. Pour ceux qui préfèrent lire qu’écouter, en voici le contenu sous forme de texte.[/box]

France

Elections législatives : des raisons de rester optimiste

Le premier parti de France est celui des abstentionnistes : 45 % des électeurs sont ainsi restés chez eux au second tour, contre 43 % au premier. Des chiffres jamais enregistrés pour des élections législatives sous la Vème République. Quant aux 18‑24 ans, 64 % se sont abstenus au premier tour et 66 au second. Quand on sait que le Front national est le premier parti de cette tranche d’âge, on mesure le boulevard qui s’ouvre devant Marine Le Pen dans cinq ans. Et peut‑être avant…

Kiosque Courtois du samedi 23/6/2012 – L’actualité de la semaine en écrit A condition naturellement que les jeunes Français trouvent le chemin des urnes et prennent conscience du fait que, compte tenu de la crise profonde dans laquelle s’enfonce jour après jour notre pays, la seule alternative au choix démocratique est… la guerre civile. Elue dans la 3ème circonscription du Vaucluse, une circonscription particulièrement symbolique pour le Front national, Marion Maréchal Le Pen, qui sera le plus jeune député de la Vème République et sans doute de toute l’histoire de la République, est éminemment représentative de cette tranche des 18‑24 ans qui, nous l’avons dit, vote majoritairement Front national.

La droite parlementaire (UMP, Nouveau centre, Parti radical valoisien, Alliance centriste, divers droite) totalisent 229 élus sur les 577 de l’Assemblée nationale. De son côté, la nouvelle majorité présidentielle (Parti socialiste, Europe Ecologie‑Les Verts, Parti des républicains de gauche et divers gauche) disposera de 331 sièges, soit la majorité absolue. Le Front de gauche emporte dix sièges et le Front national stricto sensu, deux. Rapporté au nombre de voix du second tour, le spectacle est proprement surréaliste : un élu Front de gauche pèse 25.000 voix ; un élu de la majorité socialiste, 34.700 voix ; un élu de la droite nominale, 44.400 voix ; un élu vert, 48.800. Quant aux deux élus du Front national, chacun représente 421.300 voix !

Rapporté au nombre de voix du 1er tour, parler de démocratie représentative à propos de l’Assemblée nationale telle qu’elle se présente à nos yeux tient du plus haut comique, puisqu’il faut 1.765.000 voix pour élire un député Front national, et qu’il en faut à peine 31.300 pour élire un député de la majorité socialiste, soit près de soixante fois moins. Lors de la soirée électorale, aucun des journaleux du système, présents sur les plateaux télé n’a sauvé l’honneur de la profession en dénonçant cette caricature de démocratie. Le contraire eut été étonnant.

La gauche dispose dorénavant de tous les leviers du pouvoir politique : Elysée, Matignon, Assemblée nationale, Sénat, mais aussi, du moins pour la plupart, régions, départements et grandes villes. Elle dispose aussi de tous les leviers métapolitiques : médias, édition, culture, showbiz, magistrature, éducation nationale, université. Machiavélique à souhait, Mitterrand a su, dès le début de son premier septennat, favoriser une césure radicale à l’intérieur de la droite par la diabolisation de la droite nationale. Une stratégie que l’appareil de la droite nominale a immédiatement fait sien et qui fonctionne encore aujourd’hui à merveille.

Guy Mollet ne parlerait plus de droite la plus « bête » du monde, le qualificatif étant aujourd’hui largement insuffisant. Cela dit, les deux principaux partis de l’oligarchie lui ayant fait abdiquer l’essentiel de sa souveraineté, la France est à la merci des institutions européennes et supranationales que sont notamment le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne, la Banque mondiale, ou encore l’Organisation mondiale du commerce. Dès lors, le « pouvoir » de la gauche tient plutôt d’un incertain jeu d’ombres dans un pitoyable théâtre de Guignol.

Il n’empêche : la droite est politiquement minoritaire alors qu’elle est sociologiquement majoritaire. Cette nouvelle débâcle de la droite nominale révoltera donc une majorité de Français, sincèrement de droite. Fidèle à elle‑même, l’ancienne ministre Chantal Jouanno a écrit sur le réseau social Twitter que  « La défaite de l’UMP sanctionne la stratégie de droitisation ». Jean‑Pierre Raffarin défendait la même ligne en expliquant sur les plateaux de télévision que la campagne de l’UMP : « Très à droite, a privé d’expression la partie centrale [de son électorat] ».

Patrick Buisson
Patrick Buisson

Et les apparatchiks de l’UMP, généreusement relayés par les médias de l’oligarchie, d’expliquer l’échec de la Droite populaire par la stratégie droitière impulsée par Nicolas Sarkozy, sous les conseils de Patrick Buisson, et d’appeler à un renforcement de la sinistre « vigilance républicaine » à l’encontre du Front national, autrement appelée « cordon sanitaire ». Un « cordon sanitaire » dont il faut remarquer que le Front de gauche est exempt, alors qu’il prône une idéologie, le communisme, qui pèse 100 millions de morts…

D’une part, il faut rappeler que c’est cette stratégie de droitisation qui a permis à l’ancien chef de l’Etat de limiter considérablement la casse au premier et au second tour, terminant à un peu plus de trois points et demi de son concurrent, alors qu’il était donné perdant dès le premier tour peu de mois auparavant. D’autre part, l’analyse objective des résultats de la vingtaine de députés de la Droite populaire qui ont été battus dément l’interprétation qu’en donnent les médias.

Le Salon beige signale ainsi que deux de ces députés n’avaient pas l’investiture UMP, comme Christian Vanneste ; que dix ont perdu dans une circonscription difficile où Hollande est arrivé en tête à la présidentielle et que tout autre candidat UMP y aurait aussi été battu ; et qu’enfin six ont fait les frais d’une triangulaire avec le Front national.

Les résultats globaux des législatives sont d’ailleurs le meilleur témoignage de l’échec du revirement centriste de l’UMP : alors que Nicolas Sarkozy avait fait plus de 48 % des voix à la présidentielle, l’ancien parti sarkozyste n’a pas su entretenir la dynamique et n’a décroché que 44 % des voix au second tour des législatives.

Signe encourageant : en 2012, les électeurs de droite s’assoient sur les consignes des appareils et pratiquent largement l’union des droites. Ainsi, en cas de triangulaire, les électeurs de droite se sont massivement reportés vers celui des deux candidats UMP ou FN qui est arrivé en tête au 1er tour et qui était donc le mieux placé pour battre la gauche. Ce fut spectaculairement le cas dans le Gard, entre l’UMP Etienne Mourrut et le FN Gilbert Collard.

Bravant les oukases de l’appareil, l’UMP Roland Chassain a choisi de mettre courageusement en œuvre cette union des droites dans la 16ème circonscription des Bouches‑du‑Rhône. Arrivé troisième au premier tour, il a fait le choix de ne pas se maintenir et de laisser le champ libre à la candidate frontiste, dans une stratégie « Tout sauf Vauzelle ». Certes, le président de la région PACA a gagné, mais ce haut dignitaire socialiste, proche de Mitterrand, ancien garde des Sceaux, a néanmoins mordu la poussière, l’emportant d’à peine deux points sur Valérie Laupies, directrice d’école publique en ZEP. Roland Chassain passera devant la commission de discipline de l’UMP, Fillon et Copé ayant demandé son exclusion.

Jacques Bompard
Jacques Bompard

De son côté, Jacques Bompard, maire d’Orange et ancien du Front national, qui a obtenu plus de 58 % des voix dans la 4e circonscription du Vaucluse face au socialiste Pierre Meffre, a su magnifiquement pratiquer l’union des droites. De nombreux élus et de cadres locaux de l’UMP, du Nouveau centre, du Front national, mais aussi du Parti radical et du Modem sont en effet venus le rejoindre. Le soutien le plus emblématique est celui de Louis Driey, maire UMP de Piollenc, adversaire de Bompard aux cantonales de 2008, et qui fut cette fois son suppléant. Autre renfort de poids en faveur de Bompard : Patrick Bassot, l’unique conseiller général Front national de France.

Monde

Boko Haram frappe encore au Nigéria

Le groupe terroriste islamiste Boko Haram, qui entend appliquer la charia dans tout le Nigéria, pratique depuis des années le djihad à l’encontre les chrétiens du pays. Depuis lundi, des violences opposant des chrétiens et des musulmans ont fait au moins 43 morts dans l’Etat de Kaduna, au nord du Nigéria. Les chrétiens dénoncent un « nettoyage religieux systématique », et critiquent l’inaction du gouvernement nigérian. Ces manifestations succèdent aux attentats de dimanche dernier, qui ont fait 52 morts et 150 blessés dans une série d’attentats contre trois églises du nord du pays.

David Cameron veut déployer le tapis rouge aux entreprises françaises

David Cameron
David Cameron ©Wikipédia, licence CC

David Cameron s’est littéralement frotté les mains à l’idée que François Hollande allait bientôt mettre en œuvre sa promesse d’augmenter à 75 % le taux d’imposition sur les revenus de plus d’un million d’euros. « Quand la France instituera un taux de 75 % pour la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, nous déroulerons le tapis rouge et nous accueillerons plus d’entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume‑Uni », a déclaré le Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté. Gentille pirouette de Michel Sapin : « Je ne sais pas comment on fait pour dérouler un tapis rouge au travers de la Manche ». Pas sûr que les futurs chômeurs français apprécient la réponse du ministre français du Travail.

Syrie : la Russie s’interposera en cas d’ingérence étrangère

Pour Sergueï Lavrov, le départ volontaire de Bachar al‑Assad du poste de président syrien est impossible et les exigences des dirigeants occidentaux sont absurdes. « Il faut comprendre, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie russe, qu’Assad a recueilli les suffrages d’au moins la moitié des Syriens qui, pour différentes raisons, voient en lui leur avenir et leur sécurité ». Sergueï Lavrov a clairement menacé les pays voulant intervenir militairement en Syrie pour renverser Bachar al‑Assad, déclarant : « Dans le cas de la Syrie, le scénario libyen ne passera pas. Nous nous en portons garants ».

La thèse du réchauffement climatique bientôt dans les poubelles de la science

Le Climatic Research Unit de l’Université d’East Anglia est l’un des plus influents centres de recherche sur les changements climatiques, et nombre de ses correspondants font partie de l’encadrement du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat, le fameux GIEC. En novembre 2009, ce centre était secoué par un énorme scandale. La divulgation d’un ensemble de courriels et de fichiers du centre montrait en effet que certains de ses responsables avaient sciemment manipulé les données ou leur présentation, interféré dans le processus d’évaluation afin d’empêcher la publication d’articles divergents, détruit ou falsifié des informations, etc., le tout dans le but de présenter comme certaine la thèse du réchauffement climatique. Une thèse qui vient d’être démolie par trois équipes de chercheurs, l’une d’elles n’étant autre que celle du fameux centre de recherche d’East Anglia ! Une information largement passée inaperçue de la grosse presse. Se fondant sur les relevés de températures de plus de 30.000 stations, ces trois instituts ont démontré que la température moyenne de la planète a cessé d’augmenter depuis la fin de 1997. La terre se dirige vers un micro« âge glaciaire », et pourraient connaître vers 2020/2025, des températures inférieures à celles du « minimum de Dalton » des années 1790/1830.

Opération « Retour à la maison »

Benyamin Netanyahu
Benyamin Netanyahu

Dimanche dernier, le gouvernement israélien a mis à exécution les mesures d’expulsion de quelque 25.000 clandestins africains. L’opération s’appelle « Retour à la maison ». Devant l’afflux grandissant d’immigrés sub‑sahariens et les problèmes d’insécurité qui en découlent, l’Etat hébreu a décidé de renvoyer dans leurs pays tous ceux qui : « Représentent pour Israël un danger plus grand que la menace iranienne ». Pour le premier ministre Benyamin Netanyahu, c’est carrément le « rêve sioniste » que la présence de ces populations exogènes risquerait de faire disparaître. Et le ministre de l’Intérieur d’appeler : « A protéger le caractère juif et démocratique d’Israël ». Malgré les réticences de quelques associations de droits de l’homme, l’ensemble de la population juive manifeste son accord avec l’opération « Retour à la maison » « Les Soudanais au Soudan !», entend‑on ainsi crier dans les rues des grandes villes du pays.

Ces élections que la droite ne veut pas gagner ! Et pourtant elle reste majoritaire…

Ces élections que la droite ne veut pas gagner ! Et pourtant elle reste majoritaire…

C’est dans un climat morose que les électeurs s’apprêtent à aller voter le 10 juin pour élire leurs représentants à l’Assemblée nationale. Pas de débat, pas de combat, pratiquement pas d’enjeux… Comme si la droite était contente à l’idée de voir arriver une vague rose au Palais- Bourbon.

Ces élections législatives, dont le premier tour aura lieu dimanche, sont étranges à plus d’un titre. Comme si, après cette élection présidentielle si âpre, tout le monde, partis inclus, éprouvait le besoin de souffler. Comme si le ressort qui fait les grandes campagnes, les grands débats, les belles joutes était cassé. Comme si, ayant perdu Nicolas Sarkozy, la droite avait perdu en même temps l’énergie que celui-ci lui insufflait.

Certes, sur le terrain, les députés sortants, qui veulent conserver leur siè ge, et ceux qui aspirent à leur suc céder, battent la campagne.

Mais de débat national, il n’y a pas. De grands rendez-vous télévisés non plus. A croire que la France est entrée dans un régime présidentiel – ce qui n’est pas du tout ce qui est écrit dans ses institutions – et que, somme toute, quel que soit le résultat des élections législatives, il ne pourra rien changer à ce que les Français ont décidé le 6 mai dernier en élisant François Hollande. Voici que la France est sous anesthésie dont elle ne se réveillera que dimanche soir pour prendre connaissance, en spectatrice, de ce que les Français qui auront participé au scrutin auront décidé, et nul ne semble douter que ce qui sortira des urnes sera conforme au vote du 6 mai.

Hollande a eu vraiment de la veine d’être élu 

Depuis que les élections législatives suivent immédiatement l’élection présidentielle sans qu’il soit besoin au chef de l’Etat élu de dissoudre l’Assemblée nationale, il est admis que le scrutin législatif ne peut que confirmer le scrutin présidentiel: la France cartésienne ne pourrait se déjuger et les Français se retrouveraient dans une sorte d’obligation morale de donner au nouveau président de la République la majorité parlementaire qui lui permettra de mettre en œuvre sa politique. Ayant élu un président de gauche, les Français ne pourraient donc qu’envoyer à l’Assemblée une majorité de parlementaires de gauche. Dès lors, pourquoi se battre et se combattre puisque le sort est scellé?

S’il était impossible de voir surgir une cohabitation pour les élections législatives de 2002 et de 2007, le cas de figure est bien différent cette année – ou aurait pu l’être si, dans l’opposition au chef de l’Etat, la volonté avait été présente de remporter ces élections. Il faut le dire une nouvelle fois, quitte à se répéter: la France n’est pas à gauche. « La France n’est pas majoritairement à gauche », confiait François Hollande au « Nouvel Obs » en une phrase passée inaperçue juste avant le second tour (1). Le candidat socialiste n’a pas été élu sur une adhésion à un programme de gauche, il n’a pas été porté au pouvoir non plus sur le rejet d’une politique de droite; il ne doit son élection qu’au rejet, par les Français, de la personne de Nicolas Sarkozy.

L’une des caractéristiques de la dernière présidentielle, vient d’expliquer le politologue Jérôme Jaffré dans « Le Monde » du 5 juin, « aura été de traduire un vote de rejet et non un vote d’adhésion. Une courte majorité des électeurs s’étant exprimés lors du second tour (51 % exactement) l’a fait en mettant en avant sa volonté de barrer la route à l’adversaire, 49 % ont voté avant tout pour que leur candidat soit élu président. Chiffres serrés à l’image du scrutin et qui correspondent à sa logique profonde. A cette différence près qu’en 2007 dans le duel entre Ségolène Royal et Nicolas Sar kozy, 69 % des électeurs s’étant exprimés avaient émis un vote d’adhésion, 31 % seulement un vote de rejet. Hormis le calamiteux second tour de 2002, il faut sans doute remonter au match revanche qui opposait en 1981 François Mitterrand à Valéry Giscard d’Estaing pour retrouver l’expression d’un vote rejet majoritaire ».

Une France de plus en plus… à droite

« L’élection de 2007, ajoute Jaffré, était porteuse d’espérance, celle-ci est un processus d’élimination. M. Sarkozy en est la victime finale, mais il peut garder la satisfaction d’être en tête dans le vote d’adhésion. Parmi les électeurs ayant exprimé une volonté positive, M. Sar kozy remporte 52,5 % des voix, M. Hollande 47,5 %. »

Ce paradoxe est confirmé par la très nette droitisation du corps électoral, également relevée par Jaffré, qui s’effraie de ce que « les thèmes de campagne sur lesquels M. Sarkozy a chauffé le pays à blanc (à petit blanc, serait-on tenté d’écrire) [fassent] un tabac ». En cinq ans, par exemple, les Français estimant qu’« il y a en France trop d’immigrés » sont passés de 48 % à 62 %, soit une progression de quatorze points que les candidats qui n’auraient pas lu les sondages se voient rappeler sur le terrain au contact de leurs électeurs. De même, ne faut-il plus parler d’islam (de France ou pas de France) aux Français, pour qui ce mot suscite, à 81 %, un rejet… contre 63 % en 2007. Les Français sont même 45 % à avoir une réaction « très négative » à l’évocation de ce mot contre 25 % il y a cinq ans.

Il faut lire le reportage consacré par le dernier numéro de « Marianne » aux candidats de l’UMP au contact de leurs électeurs, qu’ils ne « reconnaissent plus », qui les jugent « trop mous, trop flous, pas assez loups », « des militants, écrit Nicolas Domenach, parfois même plus frontistes que le FN ». Des militants ou sympathisants, des électeurs en tout cas, qui ne sont pas – encore – passés chez Marine Le Pen, qui leur parlent des « crouilles » (2), qui leur font part de leur peur face à l’« invasion de noirs » à la grande surface du coin et qui ont toutes les peines du monde à comprendre pourquoi « on [l’UMP] ne s’allie pas avec Marine Le Pen »: « Ce n’est pas son père, tout de même… » Ainsi va la France UMP, décrite par le directeur adjoint de la rédaction du journal fondé par Jean-François Kahn, qui déplore: « La campagne “ultradroite” de Nicolas Sarkozy, dans la suite de sa gouvernance d’exclusion, a fait exploser toutes les digues. » Et, à l’image de Jack Lang voyant la France passer, lors de l’élection de François Mitterrand le 10 mai 1981, de l’ombre à la lumière, Domenach conclut: « Dieu, qu’il fait sombre… »

Le cri d’alarme de Jean-François Kahn

Etonnant paradoxe de voir la gauche se désespérer au moment même où la France, il faut le rappeler car la lecture de la presse finit par l’occulter, vient de se doter d’un président socialiste! Le mandat de François Hollande serait-il donc le chant du cygne de cette gauche française si archaïque, si sectaire, si sclérosée? Son élection ne serait-elle qu’un accident de l’histoire, à contre-courant de l’évolution des mentalités et de ce que nous pourrions appeler le « sursaut national », due uniquement au forfait contraint – à l’« empeachment » – du candidat naturel du PS qu’était Dominique Strauss-Kahn et à l’imprégnation des esprits, révoltés par tant d’attitudes méprisantes, des premières années, et même des premières heures, du mandat de Nicolas Sarkozy?

Jean-François Kahn lui-même n’hésite pas à publier un livre titré La Catastrophe du 6 mai 2012 (Plon) ! Mais quelle « catastrophe », de son point de vue? « Elle tient, cette catastrophe, à un chiffre: 48,38 %. Le score obtenu par Nicolas Sarkozy ce 6 mai. Une défaite, malgré tout? D’un candidat, certes. Tout le monde savait qu’il représentait le principal handicap de sa cause. Mais de son discours? Les électeurs ont recalé le vendeur – le camelot –, mais ils étaient prêts à consommer sa marchandise. » Alors que, selon lui, « sous l’influence de deux gourous néo-maurrassiens » Patrick Buisson et Henri Guaino, bien plus barrésien que maurrassien mais passons –, Nicolas Sarkozy avait carrément procédé, non pas à une manœuvre visant à renouveler l’opération de 2007 ayant consisté à capter les électeurs lepénistes mais à « une tentative de débordement de Marine Le Pen sur sa droite »!

Tout ceci intégré, les leaders de la droite parlementaire, débarrassés, au moins pour un temps, de la personne encore répulsive de Nicolas Sarkozy, auraient pu s’engouffrer dans la profonde mutation politique en cours dans notre pays pour mener campagne tambour battant sur les thématiques désormais tenues pour prioritaires, centrales même, par la majorité de leurs électeurs potentiels. Or ils ne l’ont pas fait, en partie par tactique, en partie en raison de l’actuelle situation de l’UMP.

Ne pas ouvrir une voie royale à Marine Le Pen

Les leaders de l’UMP ne peuvent pas le dire à leurs électeurs mais une victoire de l’opposition aux élections législatives ne les arrangerait pas… du tout. Les yeux rivés, dès avant le deuxième tour de la présidentielle, sur le prochain scrutin présidentiel de 2017, ils misent, tous ou presque, sur ces « pleins pouvoirs » à la gauche que représenterait une victoire de celle-ci aux élections législatives, après que le PS, allié aux écologistes, aux radicaux et aux communistes, mélenchoniens ou autres, a conquis le Sénat, la totalité des conseils régionaux à l’exception de l’Alsace et une majorité des conseils généraux et des grandes villes de France.

Si, par malheur, la droite parlementaire venait à l’emporter au soir du 17 juin, François Hollande n’aurait d’autre choix que d’appeler à Matignon un ténor de l’UMP, qui ne pourrait être François Fillon, premier ministre durant cinq ans de Nicolas Sarkozy, et qui ne pourrait être non plus Jean-François Copé, trop droitier pour pouvoir cohabiter avec le président de la République et son équipe.

Le seul premier ministre de cohabitation envisageable est, de toute évidence, Alain Juppé, tout à fait « hollando-compatible » et dont nul n’est sûr à l’UMP que, dans le secret de l’isoloir, il n’ait pas voté au second tour de la présidentielle selon la consigne donnée (et appliquée) par le clan chiraquien – à l’exception de Bernadette Chirac, le seul « homme de droite » de la famille –, aujourd’hui tout à son bonheur d’être débarrassé de Nicolas Sarkozy.

Or Juppé à Matignon, c’est l’assurance, tant pour la droite qui ne s’assume pas comme telle (Fillon) que pour celle qui se décide enfin à l’être (Copé), d’une politique mollassonne, faite de compromis et, en fait, de soumission à l’idéologie dominante, qui porterait un coup fatal, d’une part à leurs ambitions pour 2017 – tant « le meilleur d’entre nous » se discréditerait rapidement et, avec lui, discréditerait la droite parlementaire; d’autre part à une UMP dont bon nombre d’élus n’accepteraient pas longtemps de soutenir un gouvernement allant à l’encontre des exigences de leurs électeurs et, pour certains, de leurs propres convictions.

Ce serait, pour dire les choses clairement, la certitude d’ouvrir une voie royale à Marine Le Pen pour 2017, qu’elle ait ou non des élus à l’Assemblée nationale. La présidente du Front national aurait en effet beau jeu de dénoncer, durant le temps qu’accorderait François Hollande au gouvernement d’Alain Juppé avant de prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale, la connivence « UMPS » dont Juppé est, effectivement, l’un des pires représentants.

La popularité en trompe-l’oeil de Hollande

La popularité dont jouissent François Hollande et son premier ministre, Jean-Marc Ayrault, est pourtant en trompe-l’œil. Selon l’étude de l’institut LH2 pour le « Nouvel Obs », parue le 4 juin, 58 % des personnes interrogées déclarent avoir une opinion positive de François Hollande en tant que président de la République. Certes, pour un homme qui n’a encore rien fait – mais fera-t-il un jour quelque chose? –, cela peut paraître beaucoup. En fait, il n’y a pas de quoi sauter de joie. Au même moment en 2007, les Français étaient 63 % à avoir une opinion positive de Nicolas Sarkozy!

Et surtout, le chef de l’Etat entrant ne bénéficie d’aucun « état de grâce ». Une lecture attentive de cette étude montre que seuls 19 % des Français ont une opinion « très positive » de lui, chiffre qui ne dépasse pas 37 % au sein même de l’électorat de gauche! Les 58 % d’« opinions positives » sont obtenus en additionnant les opinions « très positives » et les opinions « assez positives », soit ceux qui ont coché cette case parce qu’il fallait bien répondre quelque chose…

En raison des incertitudes totales sur le taux de participation et du non-sens absolu que constituent des sondages nationaux à l’approche d’un scrutin qui est en fait constitué de 577 scrutins spécifiques, il est totalement impossible de dire ce qui sortira de ces élections, et il sera temps, la semaine prochaine, d’analyser les résultats du premier tour en fonction des ambitions de chacune des formations politiques. Deux choses, en revanche, sont certaines : pour la droite et, a fortiori, pour les droites que constituent désormais l’UMP et le Front national de Marine Le Pen, ces élections étaient – et sont encore – gagnables ; et les dirigeants de l’UMP n’ont vraiment rien fait pour les gagner.

Antoine Vouillazère

1. « Le Nouvel Observateur » du 3 mai 2012, page 50
2. « Face au Front national. La Droite lâche », in « Marianne » n° 789 du 2 au 8 juin 2012.

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 6 juin 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Ces élections que la droite ne veut pas gagner ! Et pourtant elle reste majoritaire…

[Tribune libre] Lettre ouverte aux candidats aux législatives et dirigeants des partis de droite – Par Eric Martin

[Tribune libre] Lettre ouverte aux candidats aux législatives et dirigeants des partis de droite - Par Eric Martin

Mesdames, Messieurs,

La France est majoritairement à droite. Les récentes élections présidentielles l’ont encore confirmé. Malgré cela, le candidat socialiste l’a emporté. Pour une unique raison: les états-majors politiques de droite obéissent aux diktats de la gauche et des médias « bien-pensants » et refusent toute entente entre les différentes tendances de la droite française.

Certes, nous voyons bien qu’il existe des différences entre les programmes du Nouveau centre, de l’UMP, du CNIP ou du FN.

Mais des différences encore plus grandes existent entre l’ex (?) trotskiste Mélenchon, les libertaires du parti prétendument écologiste, et la gauche social-démocrate. Pourtant, ces différences n’empêchent nullement des accords électoraux, nationaux ou locaux.

Il n’est pas tolérable que cette alliance, si facile à gauche, soit interdite à droite. D’autant plus qu’aucun parti de droite ne se réclame d’idéologie ayant causé, comme le communisme, actuellement si bien en cour, des dizaines de millions de morts. Nous dénions absolument à la gauche toute légitimité pour nous donner des leçons de morale dans ce domaine.

Nous ne vous demandons pas de nier vos différences légitimes. Nous vous demandons de constater qu’il existe plus de différence entre un homme de droite et un socialo-communiste qu’entre deux hommes de droite.

Électeurs de droite, nous vous demandons, à vous qui dirigez les formations politiques de droite, et qui êtes élus grâce à nous, de préférer l’entente à droite à l’alliance avec la gauche. Nous ne pouvons pas admettre que la France soit abandonnée à une minorité d’agitateurs sectaires et irresponsables simplement parce que les élus de droite préfèrent obéir à leurs adversaires que suivre leurs électeurs.

Eric Martin

[box class=”info”] Source : Nouvelles de France, site sur lequel on peut signer cette lettre ouverte qui sera remise, ainsi que les prénom et nom de ses signataires, aux états-majors des principaux partis de droite. [/box]

Bretagne : douze circonscriptions de droite en danger

Bretagne : douze circonscriptions de droite en danger

[box class=”info”] Aux élections législatives de 2007, en Bretagne, la droite ne l’avait emportée que dans seize circonscriptions sur trente-six. Pourtant cette consultation survenait dans la foulée de l’élection triomphale de Nicolas Sarkozy. Mauvais présage. [/box]

D’après une étude publiée par le Figaro (09/05/2012) douze de ces députés (ou leurs dauphins) se trouveraient « dans la tourmente ». En effet, une projection effectuée circonscription par circonscription, à partir des résultats du second tour de la présidentielle, montre que François Hollande est arrivé en tête dans ce qui était leur fief.

Sont menacés : Marc Le fur (Lamballe-Loudéac), Marguerite Lamour (Brest-ouest), Jacques le Guen (Landerneau), Dominique Cap (Chateaulin), Thierry Benoit (Fougères), Gilles Lurton ou Nicolas Belloir (Saint-malo), Michel Hunault (Chateaubriant), Philippe Boënnec (Paimboeuf-Pornic), Laurent Dejoie (Vertou), Yves Bleunven (Pontivy), Michel Grall (Auray), Jacques Le Nay (Hennebont).

Si la gauche parvient à s’emparer de ces douze circonscriptions, la droite se verrait réduite à la portion congrue en Bretagne : Vitré où Isabelle Le Callennec a été choisie par Pierre Méhaignerie pour lui succéder ; Vannes avec François Goulard ; Ploërmel où le député sortant UMP Loïc Bouvard préfère soutenir son ancien suppléant, Jean-Luc Bléher, plutôt que l’actuel, François Guéant, pourtant à l’UMP comme lui et Guérande où Christophe Priou (UMP) se représente.

Bien entendu, l’arithmétique électorale ne peut être qualifiée de science exacte. Il faudra en effet tenir compte en juin d’une abstention plus forte (donc moins d’électeurs frontistes en piste), du travail de terrain effectué par les sortants (le clientélisme demeurant la plus efficace des recettes électorales), des premières désillusions qui toucheront une partie de l’éectorat de gauche, de la disparition du discrédit qui frappait Nicolas Sarkozy…ces quelques éléments aideront certainement plusieurs candidats UMP ou centristes à sauver leur peau. D’autant plus qu’en Bretagne, la droite n’a pas à craindre une triangulaire au second tour avec le Front National – ce qui est nettement plus confortable.

Enfin, ont peut s’interroger sur la force de l’effet « Hollande » dans quinze jours. Sans oublier que si, au second tour, 337.168 électeurs ont permis à François Hollande de devancer Nicolas Sarkozy en Bretagne, une proportion importante de ses électeurs avaient voté Marine Le Pen ou François Bayrou au premier tour. Ayant obtenu satisfaction avec le départ du président sortant, il n’est pas certain que la perspective d’avoir à voter au second tour des législatives pour un candidat socialiste les passionne particulièrement. L’abstention pourrait les tenter d’avantage.

Le désespoir en politique est une sottise, paraît-il. C’est ce que doivent penser les têtes de l’UMP car l’étude évoquée plus haut concerne les circonscriptions dans leur état ancien – c’est-à-dire dans leur découpage valable en 2007. Mais, depuis, un redécoupage a été effectué. Et c’est à lui qu’on aura à faire en juin 2012. A coup sûr, il devrait aider la droite à limiter la casse. Ce qui permet au Figaro (12-13 mai 2012) de nous fournir une nouvelle projection, d’où il ressort que certaines circonscriptions – remodelées – peuvent être sauvées. En effet, dans ces nouvelles configurations géographiques, Nicolas Sarkozy y avait supplanté François Hollande le 6 mai. C’est le cas de Paimboeuf-Pornic, de Saint-Malo et d’Auray. Ces trois circonscriptions viendraient donc s’ajouter aux valeurs sûres : Vitré, vannes, Ploërmel et Guérande.

Hervé Cadic

Article paru sur Novopress Breizh.

Comment Bompard fait l’union des droites – Par Antoine Vouillazère

Comment Bompard fait l’union des droites - Par Antoine Vouillazère

Jacques Bompard va-t-il retrouver les bancs de l’Assemblée nationale où il avait siégé, au sein du groupe Front national, de 1986 à 1988 ? L’hypothèse est prise très au sérieux : dans sa circonscription du Vaucluse délaissée par Thierry Mariani, le président de la Ligue du Sud est en train de faire l’union à droite. Jusqu’au Nouveau Centre… Et il a même rencontré Marion Le Pen…

Les élections au scrutin majoritaire, que le Front national tient pour défavorables à ses candidats, Jacques Bompard connaît. En 2002, le maire d’Orange a été élu conseiller général du Vaucluse avec 54 % des voix. Et réélu en 2008 avec près de 60 % des suffrages face au candidat de l’UMP, Louis Driey. Son épouse Marie-Claude, maire de la commune voisine de Bollène, élue elle aussi conseiller général en 2004 avec 55 % des voix, a été réélue en 2011 avec un score supérieur.

Depuis 1993, cette très droitière quatrième circonscription du Vaucluse, où, au second tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy a obtenu 60 % des suffrages, était le fief de Thierry Mariani, le fondateur de la Droite populaire. Or l’ancien ministre des Transports l’a quittée pour aller se faire élire, en juin, dans l’une des nouvelles circonscriptions des Français établis hors de France. La conseillère régionale Bénédicte Martin, investie par l’UMP, n’a pas son aura. Au sein même de son parti, elle est contestée, à tel point que Paul Durieu, successeur de Mariani à l’Assemblée nationale lorsque celui-ci est devenu ministre, se présente en dissident de l’UMP.

Un maire UMP pour suppléant

Et pendant que l’UMP se déchire tant et si bien qu’on se demande si l’un des deux candidats franchira la barre des 12,5 % des inscrits, Jacques Bompard, lui, engrange les soutiens. Le plus important est celui de Louis Driey, son adversaire des cantonales de 2008, qui est cette fois son suppléant ! (photo en Une, de gauche à droite, Jacques Bompard et Louis Driey). Le maire UMP de Piolenc, cinquième plus importante commune de cette circonscription dont les deux villes principales sont Orange et Bollène, est un ancien fervent soutien de Mariani et un ancien ennemi acharné de Bompard. Mais la politique suivie pendant cinq ans par Nicolas Sarkozy a beaucoup joué dans son évolution.

Joint par « Minute », Louis Driey, maire depuis 1995 et ancien du RPR, dit avoir ouvert les yeux : « On nous a menti pendant cinq ans avec cette histoire d’immigration choisie et non subie. En fait, on a eu 200 000 nouveaux immigrés par an ! Un million en cinq ans ! » Sa suspension de l’UMP pour son alliance avec Bompard le laisse de marbre : « Moi je suis un homme de terrain. Que tous ceux qui font de la politique sur le dos des citoyens ne s’en prennent qu’à eux-mêmes. C’est normal que ça se retourne contre eux. » Et Driey assure que, au deuxième tour, « d’autres maires vont nous rejoindre ». Des élus qui, comme lui, n’ont pas apprécié que l’Etat veuille rattacher de force Orange et les treize communes qui l’entourent dans un rayon de dix kilomètres, pourtant fortes de 70 000 habitants, à la Communauté d’agglomération du Grand Avignon, manœuvre purement politicienne visant à en attribuer la présidence à un socialiste et la première vice-présidence à Marie-Josée Roig, le maire UMP d’Avignon.

Parmi les autres appuis dont bénéficie Jacques Bompard, il faut citer le responsable départemental du Nouveau Centre, Christophe Lombard, conseiller municipal à Cavaillon ; Jean-Marie Busquet, le responsable local du Parti radical ; Roland Roticci, qui était candidat face à lui pour le Modem aux législatives de 2007 ; le Rassemblement pour la France (qui a désormais Christian Vanneste pour président national) ; et… Patrick Bassot.

La rencontre avec Marion Le Pen

Elu conseiller général du canton de Carpentras-nord avec 54,34 % des voix face au socialiste sortant lors du scrutin de mars 2011, Patrick Bassot est l’unique conseiller général FN de France. Dans la troisième circonscription du Vaucluse (qui comprend Carpentras) où Marion Le Pen se présente aux législatives, il soutient bien sûr la candidate frontiste. Mais dans la quatrième, il soutient Bompard. Et pas Annie-France Soulet, la candidate investie par le Front national. Sans hésitation.

« Moi je regarde le travail qui a été fait et Jacques Bompard est un homme qui a fait un travail tout à fait extraordinaire dans sa commune, nous explique Patrick Bassot. On ne peut que lui rendre hommage pour cela et j’aimerais que les élus FN fassent le même travail que lui. » Elu FN il est, élu FN il entend demeurer. « Je ne rejoins pas la Ligue du Sud » tient-il à préciser. Mais il s’estime « libre de mes actes et de mes paroles » et a le propos clair : « Si mon parti veut gagner, il faut qu’il rassemble, pas qu’il divise. Ça serait intelligent que… » Patrick Bassot ne termine pas sa phrase. Que le FN retire sa candidate, venue d’Avignon, face à Bompard ? C’est bien cela qu’il voulait dire : « Ce serait une bonne chose… Mais ce sont les instances nationales qui décident… »

Dans la troisième circonscription, un accord a été trouvé : Hervé de Lépineau, vice-président de la Ligue du Sud de Bompard, a retiré sa candidature au profit de Marion Le Pen. Dans la quatrième, la logique voudrait qu’il y ait réciprocité. Marion Le Pen y est favorable. Dans les premiers jours de mai, la jeune femme a rencontré Jacques Bompard. « Elle m’a fait une très bonne impression et est tout à fait sympathique, nous confie ce dernier. Et elle est de mon avis : elle est tout à fait favorable à une entente départementale. » Au retrait, donc, de la candidate du FN dans la circonscription de Bompard. Mais ce n’est pas elle qui décide…

Le veto de Jean-Marie Le Pen

Selon nos informations, suite à cette rencontre qui s’est tenue à Orange, Marion a eu une violente altercation avec son grand-père. Car Jean- Marie Le Pen, lui, ne veut pas entendre parler d’un accord. « Le Pen assouvit de vieilles vengeances », déplore Bompard… « Je suis prêt à rencontrer Jean-Marie Le Pen dans l’intérêt national, ajoute le maire d’Orange, mais Le Pen ne veut manifestement pas me voir. » Une rancune qui remonte à 2005 quand Bompard, qui avait été l’un des fondateurs du FN en 1972, a été exclu de son bureau politique et en a tiré les conséquences en s’éloignant d’un parti qui, par ailleurs, ne comprenait pas qu’il privilégie l’ancrage local.

En octobre 2011 déjà, après plusieurs semaines de contacts indirects, un déjeuner avait failli avoir lieu à Paris entre Jacques Bompard et Marine Le Pen. La date avait été fixée. Deux jours avant, le FN avait informé Bompard que le rendez-vous était annulé. Jean-Marie Le Pen était intervenu… Et les tentatives ultérieures d’effectuer un rapprochement ont toutes échoué.

« Quelqu’un a dit en bureau politique du FN, révèle le président de la Ligue du Sud : “Bompard risque d’être le seul élu.” Ça a tout réglé… Il n’y a rien à faire face au poids des appareils qui défendent les intérêts partisans. Dans l’intérêt national, il faut changer les méthodes et changer les esprits. La gauche sait faire l’union. Le Front national développe oralement une stratégie d’union de la droite, mais ne la fait nulle part. »

Au menu du déjeuner annulé d’octobre figurait pourtant une possibilité d’accord gagnant/gagnant : Jacques et Marie-Claude Bompard auraient apporté chacun leur parrainage à Marine Le Pen, moyennant quoi le Front national s’engageait à ne pas présenter de candidat dans la circonscription de Bompard. L’entourage de la présidente du FN y était favorable, et elle aussi semble-t-il. Jean-Marie Le Pen a mis son veto. Alors que Jacques Bompard est en train de réaliser localement ce que Marine Le Pen souhaite réaliser sur le plan national : faire exploser la droite et opérer une recomposition autour de lui…

 Antoine Vouillazère

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 16 mai 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Comment Bompard fait l’union des droites - Par Antoine Vouillazère

La sale soirée de l’électeur de droite – Par Philippe Christelle

La sale soirée de l'électeur de droite - Par Philippe Christelle

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] Philippe Christelle avait publié un texte expliquant les raisons de voter Sarkozy. Il revient sur la soirée du 6 mai et décrypte la novlangue de François Hollande : l’égalitarisme en embuscade derrière la justice ; l’immigration comme traduction du mot jeunesse. Nous livrons ce point de vue à nos lecteurs en complément des analyses précédentes de Michel Geoffroy et Andrea Massari.
Polémia
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Dimanche 6 mai, l’électeur de droite a vécu une sale soirée. Certes, les soirées de défaites électorales, il les a déjà connues. Les soirs de défaite, l’ambiance est toujours amère. Ce 6 mai au soir, c’était différent. L’amertume réelle était surtout doublée d’une sourde et insidieuse inquiétude.

A quoi notre électeur de droite a-t-il assisté ?

  • – Il a écouté François Hollande à Tulle. Il a entendu un discours de fondé de pouvoir fêtant sa nomination comme chef de bureau ; et qui, comme dans un pot de départ, finit par présenter l’accordéoniste et blaguer sur l’aménagement urbain de la place de la cathédrale. Comme président, cela pose un homme. Cela plaira sûrement à Vladimir Poutine, Angela Merkel ou Hu Jintao.
  • – Les deux termes qu’il aura retenus comme axiomes du nouveau président seront ceux de la justice et de la jeunesse. Il sait traduire le langage de la gauche et que, derrière la justice, il y a la maladie de l’égalité. Et il sait très bien de qui la gauche parle quand elle parle des jeunes.
  • – Il aura vu quelle France a gagné : celle des fonctionnaires, des salariés protégés, des syndicalistes, des Français qui ne sont pas « de souche », de tous ceux qui se complaisent de l’assistanat et de toutes les clientèles qui se nourrissent des subventions versées par le contribuable. C’est aussi celle de tous les cadres supérieurs mondialisés déconnectés de la réalité charnelle du pays et à qui des dizaines d’années de modèle français ont malheureusement prouvé que la réussite n’avait pas sa place en France.
  • – Revenant sur les images de la fête à Solférino ou à la Bastille, il aura décompté les drapeaux algériens, marocains, tunisiens, palestiniens, maliens, guinéens, libanais, argentins et même, au milieu des drapeaux de la communauté homosexuelle, presque incongrus, quelques drapeaux français.

Il a donc raison de s’inquiéter.
Il a raison aussi d’être triste des quinze derniers jours. Car jamais notre électeur de droite ne s’était, à ce point, engagé dans une campagne où la mobilisation humaine a été, à droite, considérable.
Jamais notre électeur n’avait, à ce point, accompagné et soutenu son camp (et son candidat) dans la découverte (certes bien tardive) des thèmes de l’identité, de la nation, de la lutte contre l’immigration.
Il était pourtant heureux d’entendre à plusieurs reprises Nicolas Sarkozy dire, par exemple, qu’il y a trop d’immigrés en France et que ce ne sont pas des Américains, des Canadiens ou des Norvégiens.

La sale soirée de l'électeur de droite - Par Philippe Christelle
La fête à Paris le 6 mai au soir, autour du drapeau de la Côte d’Ivoire. Copie d'écran d'une vidéo du journal Ouest-France.

A cette occasion, il a eu la révélation de toute la diabolisation dont la gauche est capable. Il a vu la coalition de tous ses adversaires, de tous ceux qui ne l’aiment pas et qu’il a voulu défaire dans cette élection.

Dans cette dernière ligne droite, il a entendu les caciques de l’UMP dire qu’ils refuseraient de voter pour un candidat FN face à un socialiste. Il a entendu Marine Le Pen, à deux reprises, dire du bien de François Hollande, dans la droite ligne de ce qu’avait fait en son temps son auguste géniteur.
Dans le feu de l’action, il n’y a pas prêté attention.
Ce soir, il se demande comment il va se sortir de l’impasse et du calvaire que la France va subir, et lui aux premières loges avec son entreprise, son commerce, son patrimoine, ses enfants, ses croyances, ses traditions et son avenir.

  • – Comment la droite UMP va-t-elle traduire les inclinations de Nicolas Sarkozy des 15 derniers jours ?
  • – Comment le FN va-t-il sortir du phantasme du « gagnant seul contre tous » dont il rêve mais que pas un observateur ne voit possible, ce qui sera démontré dès les prochaines législatives et aux prochaines élections locales ?
  • – Qui, des deux camps, fera les premiers gestes et quand ?

Comment, lui, qui a voté UMP, n’en voudrait-il pas au FN qui l’a laissé perdre cette élection ? Comment empêcher le piège mortel de division entre les droites ? Aujourd’hui, UMP et FN sont à égalité de nuisances respectives et d’absence de réciprocité … et la France a perdu.

L’électorat de droite s’est réveillé. Comme jamais, il a adhéré à des thèmes qui sont ceux de l’identité et du renouveau de la souveraineté française. Tout était réuni pour que le résultat témoignât de la vitalité et de la force de ces thèmes. Cela n’a pas été le cas et c’est regrettable.
Après la Saint-Barthélemy, Catherine de Médicis a dit à Charles IX : « Mon fils, après avoir taillé il faut savoir recoudre. ».
Ce 6 mai au soir tout commence pour la droite. Notre électeur peut légitimement s’adresser aux dirigeants de l’UMP et du FN qui sont à égalité de responsabilité pour construire les futures victoires des droites.

A la Bastille, ils ont continué la fête. Elle va durer 5 ans. Avec ses futurs impôts, ses espoirs et l’avenir de ses enfants. Les dirigeants de l’UMP faisaient triste mine. Mais ils s’en remettront vite. Les dirigeants du FN souriaient, heureux de leur bon coup et pleins d’eux-mêmes.

Alors oui, il a vraiment passé une sale soirée.

Philippe Christele

[box class=”info”] Source : Polémia 7/06/2012. [/box]

Vae victis : la défaite méritée de la droite la plus bête du monde – Par Michel Geoffroy

Vae victis : la défaite méritée de la droite la plus bête du monde - Par Michel Geoffroy

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia.[/box]

[box class=”info”]Le 6 mai 2012, ce n’est pas la gauche qui a gagné. C’est la droite qui a perdu. Une défaite méritée, selon Michel Geoffroy. Car la droite a cumulé les erreurs : elle a délaissé la lutte des idées ; elle a adopté, dans sa pratique gouvernementale, l’idéologie de gauche ; elle a trompé en permanence son électorat ; elle a été incapable de s’unir ; elle s’est coupée du peuple. Deux mois de grand écart verbal sarkozyste ne pouvaient suffire à faire oublier des années de déceptions et d’humiliations. Le temps de l’analyse est venu.
Polémia
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La défaite de Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de 2012 n’est pas seulement celle d’un homme qui a très rapidement dilapidé son capital politique. Car en cinq ans le président sortant a réussi non seulement à faire gagner la gauche mais aussi à remettre en selle l’extrême gauche et le parti communiste, en catalysant le rejet autant de sa personne que de sa politique, tout en décourageant ses soutiens.

Et la crise n’explique pas tout, car cet échec est aussi celui de toute la droite française, qui est vraiment « la plus bête du monde », selon la fameuse expression attribuée au socialiste Guy Mollet !

La droite en France est, certes, en dormition depuis les épurations et diabolisations successives dont elle n’a cessé d’être frappée. Mais cela ne saurait tout excuser. La triste vérité est que la droite en France est bête et qu’elle ne cesse de commettre des bêtises. Retour sur cinq d’entre elles :

La première bêtise, la plus ancienne, est d’avoir délaissé la lutte des idées

Jusque dans la première moitié du XXe siècle, la droite en France rassemblait de brillants intellectuels et des artistes. La IVe République, qui a vu la mainmise de la gauche sur la culture, l’enseignement, l’édition et la presse, suite à l’Epuration, y a mis un terme.

Mais cela a malheureusement continué sous la Ve République : la droite a perdu en 1968, puis en 1986 avec la cohabitation, le combat culturel face à la gauche.

Cette droite n’a tenu compte, en outre, d’aucun des avertissements qui lui ont été adressés par certains intellectuels amis (de Michel Droit à Louis Pauwels) et par certains clubs de réflexion, en particulier après la victoire de la gauche en 1981 : elle n’a pas voulu comprendre que ce sont les idées qui mènent le monde, le monde politique en particulier.

La droite au front de taureau a continué de ne réfléchir à rien, de ne rien lire et de n’avoir des idées sur rien.

La droite n’a donc pas vu venir les nouveaux clivages culturels et politiques qui émergeaient en Europe et en France : le clivage identité/cosmopolitisme ; le clivage islam/chrétienté ; le clivage oligarchie/peuple ; le clivage souveraineté /mondialisme ; le clivage protection/libre-échangisme. Sur tous ces sujets, qui sont autant de « grandes querelles », comme disait De Gaulle, la droite de gouvernement n’a rien eu à nous dire en 2012. Elle n’a donc nullement profité de ces nouvelles lignes de fracture politiques.

La droite a longtemps cru que sa « bonne gestion de l’économie » constituerait son meilleur argument électoral face à une gauche « idéologique ». Car autrefois la droite rimait avec économie – au sens vertueux du mot –, avec confiance dans la monnaie ainsi qu’avec rigueur budgétaire et financière. Mais la droite a perdu aussi sur ce terrain-là !

Avec Chirac puis Sarkozy, la droite est devenue au moins aussi laxiste, sinon plus, que la gauche : les déficits et l’endettement publics se sont envolés. La France a perdu son triple A. Les transferts sociaux au profit de différentes clientèles et les réglementations bureaucratiques se sont, comme les radars, multipliés. Les impôts et prélèvements « sociaux » n’ont cessé de progresser, et cela avait déjà commencé sous Giscard d’Estaing.

Pas étonnant que les jeunes et les actifs se détournent de cette droite qui regarde, dans le rétroviseur, passer les trains de l’histoire !

La seconde bêtise a consisté à adopter l’idéologie de la gauche

Les « stratèges » de la droite ont cru habile, au surplus, pour contrer les communistes et les socialistes, de se placer sur le même terrain qu’eux.

Les mots d’ordre des hommes politiques de droite, véritables éponges idéologiques à la fin du XXe siècle, proviennent d’ailleurs quasiment tous de la gauche : la « nouvelle société » (car la société est bloquée par le conservatisme, bien sûr ! selon Chaban-Delmas), « la société libérale avancée » (c’est-à-dire une sorte de social-démocratie : Giscard d’Estaing), « le travaillisme à la française » (Chirac), le « changement » et « vivement demain » (en 1986), la « rupture » (Sarkozy après… Mitterrand en 1981). Le dernier chic à droite était d’ailleurs de se réclamer d’hommes de gauche : de Jaurès à Georges Mandel.

La droite s’est donc réclamée des droits de l’homme, de la République et surtout du libre-échangisme mondialiste. Mais c’était un cocktail à la fois ringard et dangereux ! Comme ces vieilles munitions que l’on déterre encore et qui vous explosent à la figure quand on commence à les manipuler…

Ainsi les droits de l’homme – instrumentés contre les communistes dans les années 70 – sont devenus en retour une arme aux mains des immigrationnistes et des mondialistes contre les droits des citoyens et contre la souveraineté des Etats. Chirac a fini par faire la guerre à la Serbie au nom des droits des mahométans du Kossovo. Et Sarkozy a promu « l’obligation de protéger » les Libyens, un remake de « l’urgence humanitaire » inventée par le socialiste Bernard Kouchner… et qui fut aussi son ministre d’ouverture.

Devenue anglophile, la droite s’est ensuite emparée avec délices du prêt à penser libéral, qui fut rapidement véhiculé par les intellectuels organiques de service et les représentants du patronat : trop d’impôts tue l’impôt, libérons les créateurs de richesses, dérégulons, privatisons, à bas l’Etat, vive l’Etat de droit !

Il s’agissait néanmoins d’un hara-kiri idéologique.

Car les droits de l’homme et la doctrine libre-échangiste se rattachent comme la gauche à l’idéologie des Lumières. Toutes ces idéologies prônent la déconstruction des traditions, des protections nationales et des frontières économiques et, finalement, de toutes les spécificités – c’est-à-dire des identités – comme autant d’obstacles au « doux commerce » entre des individus égaux et « rationnels » car libérés de toute appartenance.

On ne peut donc pas à la fois se déclarer en faveur de la famille, des traditions culturelles, de l’identité, de la citoyenneté ou de la nation et prôner le libre–échangisme et les droits de l’hominien : il y a dissonance cognitive entre les deux positionnements !

Le fait que la gauche – qui prétend de son côté que l’on peut préserver notre « modèle social », version 1946 modifiée 1981, dans une économie globalisée – porte comme un boulet sa propre dissonance cognitive ne change rien à l’erreur stratégique de la droite.

Le résultat est là : en 30 ans la droite est devenue une gauche qui ne dit pas son nom. Elle s’est progressivement ralliée à l’égalitarisme, à la « lutte contre les inégalités » et donc à l’ingénierie sociale, puis à « l’antiracisme », à l’écologisme, au féminisme et finalement au cosmopolitisme.

La troisième bêtise a consisté à tromper en permanence son électorat

La gauche a échoué à sortir du système capitaliste. Mais elle a, par contre, réussi à transformer la société conformément à son idéologie et elle a mis en œuvre une bonne partie de son programme électoral.

La droite, elle, n’a cessé de tromper ses électeurs. Elle scénarise à chaque élection un duel à mort avec la gauche. Mais c’est ensuite pour cohabiter avec elle, pour faire entrer au gouvernement des ministres issus de la gauche au titre de « l’ouverture » ou pour en rajouter sur le politiquement correct.

Elle met en scène un discours « souverainiste » (de Pasqua à De Villiers, sans oublier l’appel de Cochin de Chirac) ou « sécuritaire » (en général ce rôle incombe au ministre de l’Intérieur en place) pour aller à la pêche aux voix : mais ensuite ces joueurs de flûte rentrent piteusement dans le rang et font le contraire de ce qu’ils ont promis.

« Les réformes les plus contestables qui ont bouleversé notre société, et dont l’effet cataclysmique se fait sentir aujourd’hui, ont d’ailleurs été prises par des gouvernements et des présidents de droite et non de gauche : la déstructuration de l’enseignement scolaire et universitaire, la loi Pleven qui ouvre la voie au chantage « antiraciste », le regroupement familial des immigrés, la légalisation de l’avortement, l’imposition du Traité de Lisbonne, l’annonce des « repentances » successives, la perte de la souveraineté monétaire, la réintégration de l’OTAN, la mise en place des quotas féministes, la création de la HALDE, la « discrimination positive », etc.

« C’est aussi la droite et non la gauche qui a bouleversé l’esprit et les institutions de la Ve République. Avec la cohabitation de 1986, la droite a accepté de dissocier la majorité présidentielle et la majorité parlementaire, créant la confusion politique et l’immobilisme. Elle a ensuite réduit la durée du mandat présidentiel, diminuant du même coup sa dimension souveraine. Nicolas Sarkozy a achevé l’évolution en fusionnant de fait les fonctions de premier ministre et de président de la République, rabaissant le niveau de la fonction.

« C’est aussi la droite qui a bouleversé, au nom de l’idéologie néolibérale de « l’Etat de droit », le système de contrôle de la constitutionnalité des lois : elle a transformé le Conseil constitutionnel en gardien idéologique, c’est-à-dire qu’elle a organisé la primauté des juges inamovibles sur les législateurs élus.

« La gauche a certes supprimé la peine de mort, voté les lois Auroux sur le pouvoir syndical dans l’entreprise, instauré les 35 heures et voté la loi Fabius-Gayssot, des réformes également cataclysmiques. Mais cela ne saurait cacher que globalement c’est la droite de gouvernement qui a à son passif le plus de réformes calamiteuses pour notre pays. »

La quatrième bêtise de la droite a été son incapacité à s’unir

L’histoire de la droite en France depuis les années 1870 est l’histoire de ses déchirements et de ses luttes fratricides, alors que les querelles de la gauche sont toujours restées, selon la formule célèbre de Léon Blum, des querelles de famille.

A la différence de la gauche, la droite ne sait pas jouer collectif et sacrifie en permanence l’essentiel au nom de l’accessoire. C’est pourquoi elle ne parvient pas à s’imposer dans la durée.

Dernière illustration de ce travers historique : la droite au front de taureau a coupé les ponts avec le Front national tout en prétendant récupérer ses électeurs. Elle a donc fait le contraire de la stratégie victorieuse d’union de la gauche. Bravo les parangons du « vote utile » !

Cette préférence pour la désunion a eu pour seul résultat que la droite, bien que majoritaire dans le pays, s’est retrouvée prise en otage politique par une gauche minoritaire. Une performance remarquable !

Afin de se dédouaner, en effet, de l’accusation, constamment proférée par la gauche et les officines qui lui sont dévouées, de « pactiser » avec le diable « d’extrême droite », la droite a été contrainte de donner des gages de plus en plus élevés. Elle s’est déclarée de plus en plus « républicaine », c’est-à-dire toujours plus politiquement correcte.

Elle a dû aussi sacrifier impitoyablement tous ceux qui, dans ses rangs, prétendaient à l’union de la droite : ils ont été abandonnés, ostracisés, souvent ruinés et, comme par hasard, parfois aussi, objet de poursuites judiciaires.

Cette diabolisation permanente a aussi fait peser une chape de plomb politiquement correcte sur le pays.

Parler de l’immigration ou de l’islam autrement qu’en termes laudateurs, ou de l’insécurité, c’était bien sûr « faire le jeu » du Front national ou « lepéniser » son esprit ! Mais cette chape de plomb a nui plus à la droite qu’à la gauche, pour la raison principale que le politiquement correct est fondamentalement la déclinaison des tabous de gauche. La diabolisation du débat sur les enjeux de société a donc eu pour effet de stériliser encore plus ce qui restait du discours de droite.

Enfin cette diabolisation a ancré la droite de conviction dans l’espoir fou qu’elle pourrait gagner seule, interdisant en retour toute dynamique d’union : un espoir fou, car arithmétiquement impossible dans des conditions normales et par conséquent facteur de découragement et de discorde autour de la meilleure stratégie possible, en particulier pour sortir de la « diabolisation ».

Malgré ses ultimes et pathétiques appels du pied entre les deux tours, Nicolas Sarkozy n’a pas su sortir du piège où Jacques Chirac avait fourvoyé la droite.

La cinquième bêtise de la droite a consisté à se couper du peuple

Au début de la Ve République, la droite était majoritaire et populaire : c’est l’apport du gaullisme qui était bien à sa manière un « populisme » : un chef charismatique, une société politique implantée dans toutes les couches de la société et un appareil solide et structuré. Le fondateur de la Ve République voulait en outre sortir du « système des partis » et ancrer l’exécutif dans la souveraineté populaire directe : l’élection au suffrage universel direct du président de la République et la pratique référendaire devaient y pourvoir.

La droite est au contraire devenue oligarchique à la fin du XXe siècle ! C’est-à-dire qu’elle perçoit le peuple français désormais comme un obstacle à ses projets et non plus comme un levier. En témoigne l’attitude de Nicolas Sarkozy faisant adopter par le parlement un traité européen que les Français avaient refusé par référendum !

Dans l’esprit obtus des oligarques de droite, la souveraineté ne vient plus du peuple – en tout cas plus du peuple autochtone – mais d’ailleurs : du gouvernement des juges, des lobbies communautaires, des « autorités morales », du pouvoir médiatique, des marchés et de la « gouvernance » européenne et mondiale.

La droite a malheureusement oublié la leçon du gaullisme : la souveraineté politique vient du peuple, pas des appareils ni des notables ni des « communautés ». Elle s’est mise à courtiser les minorités et non à écouter la majorité.

Elle a donc raté son rendez-vous avec le peuple français à la fin du XXe siècle car, en se soumettant au politiquement correct, elle s’est interdit de répondre à ses attentes. Elle n’a profité qu’un temps de la désaffection vis-à-vis de la gauche et de la chute du communisme : elle a, au contraire, couru après la gauche tout en méprisant et ostracisant 20% du corps électoral. Elle a déçu ses électeurs naturels, elle a trompé leur confiance et elle n’a pas su répondre à l’angoisse montante des classes moyennes.

Tant pis pour elle ! Vae victis, comme disaient nos ancêtres.

Michel Geoffroy
6/05/2012

Image : Après avoir pillé Rome en 390 avant J.C. et assiégé, sans succès à cause d’une sombre histoire d’oies, ce qu’il restait de ses habitants réfugiés sur le Capitole, Brennus, chef de l’expédition des Sénons, accepta de lever le siège en échange d’un tribut de mille livres d’or. Constatant que les poids gaulois étaient faux, les Romains vinrent s’en plaindre à Brennus qui pour toute réponse ajouta son épée et son baudrier dans la balance en s’écriant « Vae Victis ! » (malheur aux vaincus). (Episode relaté par Tite-Live Histoire Romaine V- 48).
Crédit image : Paul Lehugeur, 1886. Domaine public

Vae victis : la défaite méritée de la droite la plus bête du monde - Par Michel Geoffroy

Frontières, immigration, identité, autorité, sécurité : à Nantes, Nicolas Sarkozy tient un discours très « droitier », mais à la crédibilité limitée

Frontières, immigration, identité, autorité, sécurité : à Nantes, Nicolas Sarkozy tient un discours très « droitier », mais à la crédibilité limitée

28/03/2012 – 18h30
NANTES (NOVOpress Breizh) –« L’Europe passoire, c’est fini pour l’immigration ». Nicolas Sarkozy aura tenu hier à Nantes un discours très « droitier » – manifestement tiré de la plume de son très habile conseiller Patrick Buisson. Lutte contre le terrorisme, maitrise des vagues migratoires, importance des frontières, restauration de l’autorité à l’école, identité (« J’ose le mot »), tels étaient les thèmes abordés par le candidat de l’UMP. Reste le bilan du Président, qui ne plaide guère en faveur de sa crédibilité.

Ils étaient venus, ils étaient tous là, pour soutenir « Nicolas » : outre les 7.000 personnes qui remplissaient les gradins du Zénith, on notait au premier rang la présence de l’ancienne Garde des Sceaux Rachida Dati – revenue soudainement en grâce, de Gérard Longuet, ministre de la Défense, de la locale de l’étape Roselyne Bachelot, ministre de la Cohésion Sociale et des Solidarités, de l’ancien ministre Jean-Louis Borloo – pour le côté « social » (?) du casting – de l’ex-ministre de l’intérieur Brice Hortefeux , sans oublier bien sûr Christine Boutin – pour son côté « valeurs judéo-chrétiennes », Nathalie Kosciusko-Morizet, la porte-parole du candidat qui reconnait volontiers préférer voter Hollande que Marine Le Pen et Bernadette Chirac – la célèbre conseillère générale de Corrèze. Même François Goulard, député et Président du conseil général du Morbihan – villepiniste convaincu et jusqu’à présent opposant notoire à N. Sarkozy – avait fait le déplacement. C’est tout dire.

Jean -François Copé assura l’ouverture de la réunion par un appel vibrant à la mobilisation dans ce « grand Ouest français » – la Bretagne n’était manifestement pas au programme de cette réunion nantaise, n’en déplaise à « Bretagne réunie » qui tractait à la porte – « cette terre de conquête », jusqu’à la victoire non seulement à la présidentielle mais aussi aux législatives et aux futures élections locales.

Après avoir salué les personnalités présentes, N. Sarkozy a commencé son intervention de moins d’une heure en dénonçant l’action des permanents CGT qui ont bloqué la diffusion de Ouest -France car il contenait son interview : « Faut-il que vous ayez peur pour nous empêcher de parler ! ». Succès assuré auprès du public.

Après avoir évoqué les drames de Montauban et de Toulouse, il affirma « qu’on ne peut continuer à faire campagne comme si rien ne s’était passé… ». Pour lui, il est maintenant plus nécessaire que jamais de dire la vérité : « le vrai risque est de ne pas parler des sujets qui fâchent ». Une gageure pour Nicolas Sarkozy dont ce sera le fil conducteur de son intervention. A de nombreuses reprises, il affirmera, tel un leitmotiv, « oui, j’ose le dire » n’oubliant pas de dénonçer au passage la “méprisance” (sic) des “cercles dirigeants”.

« Comment intégrer, comment assimiler, si une vague migratoire incontrôlée vient indéfiniment réduire à néant les efforts de la République ? Comment notre société pourrait elle retrouver ses repères, ses marques, s’il y a encore d’autres personnes à intégrer, alors que ceux qui sont là, nous ne parvenons pas à les intégrer?» s’interroge le Président candidat qui semble avoir lu Le camp des saints, le célèbre roman de Jean Raspail. La main sur le cœur il assure, en direction des électeurs du FN, « je veux simplement parler au peuple de France, à la France qui souffre, quel qu’ait été son vote par le passé. »

Pour conserver notre souveraineté, le candidat de l’UMP rappelle « qu’il y a un besoin renouvelé de frontières… non pas comme une ligne Maginot ….mais comme une protection ». Cela est nécessaire pour réguler l’immigration car « la France a le droit de choisir qui elle veut accueillir. » Pour cela, il faudra, selon lui, revoir les accords de Schengen car « l’Europe doit protéger ses frontières » et, sinon, en suspendre l’application. De même, la France doit défendre ses entreprises et ses emplois « puisqu’ailleurs dans le monde, on ne respecte aucune des règles qu’on nous impose ». Ainsi, pour les marchés publics, Nicolas Sarkozy promet de mettre en place l’équivalent des règles américaines pour les réserver aux entreprises françaises ou européennes.

Reprenant quasiment mot pour mot les propos tenus par Marine Le Pen dimanche à Bouguenais, le Président de la République affirme qu’il veut redonner à l’Etat les moyens d’agir et, en priorité, restaurer l’autorité et en finir avec le laxisme « car il ne fait pas reculer la délinquance ». Cela est également, selon lui, indispensable à l’école, où doit être restaurée « l’autorité du maître ou l’autorité du savoir ». Cela l’est également pour empêcher le développement des communautarismes. L’Etat doit aussi s’attaquer aux fraudeurs sociaux ou fiscaux. N. Sarkozy promet qu’un lien sera rétabli entre la nationalité et le paiement des impôts pour lutter contre l’évasion fiscale, tout en se gardant d’évoquer la question, de plus en plus d’actualité, de la double nationalité.

La réussite de cette démarche passe selon lui par le retour de la morale républicaine : « il faut tenir bon sur les droits mais aussi les devoirs » car « il ne peut y avoir de socialisation sans sanction ». Mais cette morale repose sur notre identité : « Nous ne voulons pas changer les valeurs qui sont les nôtres ». C’est ainsi que fonctionnera « le creuset républicain, fabrique de l’assimilation » autour d’une culture commune, d’une histoire commune, d’un destin commun.

Aussi, affirme l’orateur, tout nouvel immigré devra connaître la langue française et les lois principales notamment sur les droits de la femme qui devront être respectés. Pour tous les Français, N. Sarkozy veut promouvoir « une école d’exigence, qui enseignera la politesse, le respect, le sens de l’effort », et – vaste programme – rétablira une égalité des chances, il est vrai bien mal en point aujourd’hui, l’oligarchie en place réservant à ses enfants les meilleures filières, quitte à en concéder quelques strapontins à la seule « diversité ».

Rappelant enfin qu’au cours des cinq dernières années, il a dû affronter des « crises inouïes sans reculer malgré les pressions », le candidat de l’UMP termine son discours en affirmant : « notre bilan est mieux que ce qu’ils en disent », mettant ainsi le doigt sur ce qui constitue son vrai problème. Les résultats du bilan présidentiel sont en effet, pour beaucoup, bien loin des espoirs soulevés par les promesses faites en 2007.

Renouveler cette année l’opération qui avait si bien marché il y a cinq ans, tel est le pari que tente aujourd’hui le Président de la République. Un pari risqué, mais compte tenu du contexte politique, obligé. Reste à savoir ce qu’en penseront les électeurs, dont la naïveté n’est pas – quoi qu’il en pense – sans limites. Réponse, au plus tard, le 6 mai.

Crédit photos : UMP, via Flickr, licence cc.

Ces gens de droite qui ont voté à la primaire socialiste

Ces gens de droite qui ont voté à la primaire socialiste

[box] Un article de Geoffroy Lejeune de Valeurs Actuelles analyse leurs motifs. Extraits :[/box]

Avec ses 6% obtenus au premier tour, Manuel Valls n’était pas un favori du scrutin. Mais depuis des années, son positionnement à droite de la gauche interpelle. Jean-François Copé n’a pas hésité à parler d’ « erreur de casting » le concernant, indiquant par là que le député-maire d’Evry aurait toute sa place à l’UMP. C’est donc sans mal que ce dernier a recueilli le suffrage de Jérôme (prénom modifié), séduit par ses positions sur la sécurité : « Il ose dire des choses que le PS ne dit pas au sujet de l’immigration et de la sécurité. Il est important de montrer que son discours est porteur. » […]

Le score d’Arnaud Montebourg au premier tour, aussi surprenant qu’inattendu, ne doit ainsi pas uniquement à son positionnement à gauche de la gauche. Le candidat de la « démondialisation » a profité du soutien de la droite de la droite, séduite par la proximité de ses positions avec celles de Marine le Pen, sur les conséquences néfastes du « capitalisme mondialisé ». Les identitaires se sont ainsi impliqués dans sa campagne en soutenant Arnaud Montebourg, mais aussi en l’appelant à aller plus loin à travers une démondialisation intégrale ne se couchant pas devant le politiquement correct. Les Identitaires ont estimé que « les partisans d’Arnaud Montebourg se situaient dans la proximité immédiate du projet de société identitaire sur le plan économique, à travers la mise en place d’un protectionnisme européen et la relocalisation de nos activités économiques. » […]

C’est aussi une volonté de peser dans le débat politique qui les a guidés : « Les Identitaires continuent d’être en première ligne, tant sur le plan des idées que dans l’action. » Influencer l’élection – jusqu’à la fausser ? – a pu aussi motiver ces militants, qui revendiquent fièrement d’avoir « une fois de plus joué leur rôle d’aiguillon dans ce scrutin. » Même raisonnement pour le mouvement de droite « Dextra », animé par un « principe d’action (…) qui lève certaines gènes qu’éprouveront tels ou tels lorsqu’on évoque ce genre de démarches fort éloignées des déplorations des ronchons de la droite la plus bête du monde. » […]

[box class=”info”] Source et article complet sur Valeurs Actuelles [/box]

Crédit photo : Parti Socialiste / Philippe Grangeaud / Solfé communications – image sous licence creative commons.

Université du Club de l’Horloge : “Pour que les électeurs de droite ne soient plus trompés” [audio]

Université du Club de l'Horloge : "Pour que les électeurs de droite ne soient plus trompés" [audio]

06/09/2011 – 14h30
PARIS (NOVOpress) – Samedi 8 et dimanche 9 octobre se tiendra la 27ème Université du Club de l’Horloge, sur le thème : “Présidentielle 2012 : pour que les électeurs de droite ne soient plus trompés”.

Maître Gilbert Collard et Jean-Yves le Gallou font partie des intervenants.

Pour présenter cette université, le président du Club de l’Horloge, Henry de Lesquen, répond aux questions de Novopress.

[box class=”info”]Crédit photo : DR[/box]

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Noël Mamère : « Une partie du personnel politique s’enrichit sur la bête, c’est-à-dire les citoyens »

Noël Mamère : « Une partie du personnel politique s’enrichit sur la bête, c’est à dire les citoyens »

06/10/2011 – 09h30
BEGLES (via Info Bordeaux) –
Le maire de Bègles (Gironde) s’élève contre les dérives politico-financières qui touchent la classe politique depuis de nombreuses semaines. Dans un éditorial publié sur son site, intitulé « Dépolluer la République », l’ancien candidat écologiste à la présidentielle de 2002 ne fait pas dans la demi-mesure.

« Nous avons affaire à de vulgaires ripoux dont certains ont été Ministres d’Etat de la République. Ce sont les mêmes qui nous donnent des leçons de morale, mais qui inventent chaque jour de nouvelles mesures contre les pauvres et les classes moyennes, qui stigmatisent comme fraudeurs potentiels des millions de citoyens… Tout en pataugeant dans la criminalité en col blanc. Vue la cadence infernale de révélations, toutes moins ragoûtantes les unes que les autres, le bilan de cette triste équipe risque de faire apparaître Jacques Chirac comme un modèle de vertu ! ».

Pour le député-maire, le gouvernement devrait appliquer « la jurisprudence Jospin qui obligeait les ministres mis en examen à démissionner sur le champ ». Pourtant, Noël Mamère ne stigmatise pas seulement la droite. La gauche, et particulièrement le parti socialiste, est elle aussi pointée du doigt : « De l’autre côté de l’échiquier politique, rien n’est fait pour se débarrasser des notables mis en examen pour – excusez du peu – association de malfaiteurs ».

Les conséquences de ce « contexte glauque » risquent de se retourner contre la classe politique dans son ensemble. Pour l’élu écologiste, la solution viendra donc d’Eva Joly, candidate d’Europe-Ecologie à l’élection présidentielle. Ce serait la seule à pouvoir stopper l’inévitable progression de Marine Le Pen : « Eva Joly a toujours combattu fermement toute forme de corruption, parce qu’elle connaît les circuits et les réseaux par lesquels passent les mallettes, parce qu’elle possède la fermeté et le courage nécessaires pour dépolluer la République ».

Pour Noël Mamère, le choix est simple : « les Français devront choisi en mai et juin prochain entre ceux qui dénoncent la corruption et ceux qui l’organisent ».