Tous les numéros de la revue Enquête sur l’histoire sont disponibles en PDF sur le site de l’Institut Iliade

Institut ILIADE

02/06/2022 – FRANCE (NOVOpress)
Alors que chaque réforme de l’Education nationale tend à briser toujours davantage la nécessaire transmission de notre histoire, de notre héritage, des valeurs qui fondent notre civilisation, l’Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne met en ligne dans une nouvelle rubrique l’intégralité des numéros d’Enquête sur l’histoire, une revue créée et dirigée par Dominique Venner de 1991 à 1999.

Parents, pédagogues et étudiants trouveront dans cette collection les cartouches nécessaires à une vision renouvelée de notre histoire, affranchie de la culpabilisation systématique et de la doxa du moment. Notre vision du passé détermine l’avenir. Et sa connaissance est créatrice de liens : entre générations comme entre membres d’une même communauté souhaitant rester elle-même dans le chaos des temps présents.

Comme l’explique Dominique Venner dans l’éditorial du premier numéro de cette revue :

« Il est impossible de penser le présent et le futur sans éprouver derrière nous l’épaisseur de notre passé, sans le sentiment de nos origines. Il n’y a pas de futur pour qui ne sait d’où il vient, pour qui n’a pas la mémoire du passé qui l’a fait ce qu’il est. Mais sentir le passé, c’est le rendre présent. Le passé n’est pas derrière nous comme ce qui a été autrefois. Il se tient devant nous, toujours neuf et jeune ».

Pour consulter les numéros de la revue Enquête sur l’histoire : https://institut-iliade.com/ressources-enquete-sur-lhistoire/

Le cœur plus que jamais rebelle de Dominique Venner

Venner

Dominique Venner, plus vivant que jamais ? Roland Rochefort, qui dirige la publication des « Carnets rebelles » de Dominique Venner aux éditions de La Nouvelle Librairie et qui vient de signer l’introduction du second volume, nous explique pourquoi.

ÉLÉMENTS : Vous êtes le responsable de l’édition des Carnets rebelles de Dominique Venner ? Quel chantier avez-vous encore devant vous ?

ROLAND ROCHEFORT. Pour l’heure, nous sommes en train de travailler sur le troisième volume : la retranscription des manuscrits touche à sa fin, nous sommes sur le point de les faire passer à la phase de correction. Ensuite, une fois cette étape achevée, il nous faudra les mettre en page, rédiger une introduction, une préface et une quatrième de couverture que nous adjoindrons aux carnets, avec un beau portrait de Jacques Terpant, Dominique Venner à chacune des grandes périodes de sa vie, et le choix d’un préfacier. Sur l’ensemble du projet, nous prévoyons que l’ensemble des Carnets rebelles comptera une dizaine de volumes. Le contenu des carnets étant très hétérogène (notamment en termes de longueur), il est difficile pour l’heure d’établir le nombre exact de volumes à paraître.

ÉLÉMENTS : Comment en êtes-vous venu à travailler sur les Carnets ?

ROLAND ROCHEFORT. J’ai milité pendant plusieurs années dans les rangs identitaires, jusqu’à la dissolution de Génération identitaire en mars 2021. C’est dans le cadre de mon engagement politique que j’ai fait la connaissance des Éditions de la Nouvelle Librairie qui m’ont approché en mars 2020 pour travailler sur ce projet. Une telle proposition n’était pas seulement une opportunité professionnelle, mais surtout une véritable consécration militante, puisque Dominique Venner compte parmi les parrains intellectuels de notre mouvement : Histoire et traditions des Européens et Pour une critique positive faisaient partie des lectures obligatoires pour tout militant identitaire qui se respecte. Logiquement, être sollicité pour œuvrer à la publication des écrits posthumes de Dominique Venner est un grand honneur et un privilège autant qu’un devoir militant. La Nouvelle Librairie m’a également confié le soin de rédiger des introductions pour chaque volume des Carnets rebelles, exercice certes difficile mais très enrichissant, puisque c’est l’occasion de porter un regard neuf et synthétique sur l’œuvre et sur l’existence d’une des figures majeures de la pensée identitaire européenne.

ÉLÉMENTS : On sait combien Dominique Venner était pudique. Lève-t-il un peu le voile sur sa personnalité ?

ROLAND ROCHEFORT. Oui, il ne fait aucun doute que les Carnets permettent d’accéder à la vie intime et aux réflexions personnelles de Dominique Venner, et donc de mieux saisir sa personnalité. Cela dit, la pudicité de Venner n’était pas qu’une façade, mais bien un trait de caractère profondément ancré chez lui, ce qui signifie qu’à aucun moment il ne se livre à des épanchements émotionnels. Les Carnets confirment la grande cohérence de sa personnalité et la droiture de son caractère : il ne sombre jamais dans l’obscénité ou dans le sentimentalisme et s’astreint à la « tenue » et à la sobriété, même dans l’intimité de l’écriture personnelle. Il y révèle cependant plusieurs traits de caractère qui n’apparaissaient pas dans son œuvre : un goût certain pour le jeu de la séduction, la fascination pour l’insouciance aventureuse de l’enfance et une estime des personnalités originales, voire fantasques, pour autant que cette excentricité ne serve pas de paravent à la médiocrité. Il est la preuve que la discipline la plus haute n’est pas synonyme de morosité, bien au contraire.

ÉLÉMENTS : Quelle place ces Carnets posthumes occuperont-ils dans l’œuvre de Dominique Venner ?

ROLAND ROCHEFORT. Les Carnets permettent de compléter l’œuvre magistrale de Dominique Venner : ils en constituent la pierre manquante. On connaît le Venner engagé volontaire en Algérie, le Venner militant politique, le Venner chasseur et le Venner historien, mais il était difficile de reconstituer l’entièreté et la cohérence du personnage tant que l’on n’avait pas accès aux détails biographiques et aux réflexions personnelles qui étaient jusque-là invisibles pour le lecteur moyen. Grâce aux Carnets, nous sommes désormais capables de reconstituer l’itinéraire complet de leur auteur.

Personnellement, je considère les Carnets comme un approfondissement de la démarche commencée dans Le Cœur rebelle et poursuivie dans Un Samouraï d’Occident : ils sont à la fois une œuvre autobiographique, un recueil de méditations, une mosaïque historique du xxe siècle français et européen ainsi qu’un manuel d’éthique pour les dissidents de notre temps. Les Carnets rebelles ne sauraient remplacer le reste de son œuvre. Ils constituent son parachèvement. C’est pourquoi je conseillerais aux lecteurs qui souhaiteraient se familiariser avec le travail de Dominique Venner de commencer par lire ses livres d’histoire et ses écrits plus politiques, tels que Pour une critique positive ou Le Cœur rebelle, et de compléter cette démarche par la lecture des Carnets dans un second temps.

Pour lire la suite, c’est ici !

Dominique Venner : un samouraï d’Occident – Les idées à l’endroit

22/12/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Dominique Venner (1935-2013) s’est donné la mort le 13 mai 2013 dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Soldat, activiste politique, « historien méditatif », sa vie, sa mort, son œuvre ont considérablement marqué des générations de militants, certes, mais aussi de lecteurs soucieux de l’histoire de leur patrie européenne.

A l’occasion de la parution du premier volume de ses « Carnets rebelles » publié par La Nouvelle Librairie, ses amis, parmi les plus proches, Alain de Benoist, Philippe Milliau, Jean-Yves Le Gallou, et son éditeur, François Bousquet, retracent son parcours politique et intellectuel. Un hommage, une espérance.


Venner, rebelle de marbre et d’acier

dominique venner

La Nouvelle Librairie vient de publier le premier volume des Carnets rebelles de Dominique Venner. C’est peu dire que ces milliers de feuillets, recouverts d’une écriture aussi précise que dense, étaient attendus. Ceux qui en connaissaient l’existence piaffaient d’impatience. Comme toujours en pareille circonstance, la clandestinité d’un tel trésor l’avait peu à peu élevé au rang de mythe. Disons-le sans attendre : ce premier volume ne décevra pas. En un peu plus de 400 pages, il permet de retrouver le Venner public : l’écrivain, le veneur, l’historien méditatif, mais aussi le jeune soldat aux joues creuses, le militant incandescent.

Surtout, il dévoile beaucoup de l’univers intérieur d’un être rigoureusement fidèle à son idéal de jeunesse – d’enfance, pourrait-on même écrire –, mais beaucoup plus riche et complexe que ne pourrait le suggérer la statue du commandeur un peu grossière qui en a été taillée après sa mort volontaire. Venner n’est pas réductible à la figure du junker prussien qui lui était pourtant chère. Ni même à celle de l’historien distancié, patron de l’exemplaire Nouvelle Revue d’histoire. L’âme rebelle, celle du révolutionnaire conservateur, de l’anti-bourgeois viscéral, éclate au grand jour dans ces trois premiers carnets. Encore ne balaient-ils qu’une petite partie de sa vie. Une trentaine d’autres attendent patiemment leur publication. Souhaitons à François Bousquet de travailler vite à ce grand œuvre, qui marquera durablement de son empreinte l’aventure éditoriale de La Nouvelle Librairie.

Un étonnant bénédictin

Mesure-t-on la quantité de travail abattue par Dominique Venner en cinquante années d’engagement, visible ou replié ? Cet incontestable païen avait fait sienne la vie et la persévérance minutieuse des vieux bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur. Chacun de ses livres était le fruit de milliers d’heures appliquées, de polissage patient, que seule permettait une ascèse rigoureuse. Comment ne pas nous résoudre à un examen de conscience, en parcourant ces pages incandescentes qui, partout, montrent le sérieux dans l’action ? Que faisons-nous du temps qui nous est donné ? Comment rendrons-nous compte de ces heures perdues dans le tourbillon du futile, les mille sollicitations de la société du spectacle ? Tirons les leçons de cette éthique du quotidien qu’il maintint jusqu’à sa mort, de cet incessant travail de fortification de nos positions qu’il poursuivit, alors que son ami de toujours, « Fabrice », privilégiait les assauts adroits sur les positions de l’adversaire. Ecoutons ledit « Fabrice », que nous connaissons mieux sous son nom véritable : Alain de Benoist. Il connut Dominique Venner dans les tourments du militantisme le plus radical : « Dès le départ, il nous avait conquis par sa façon d’être, de parler, de se tenir, par la précision de ses analyses, le caractère réfléchi de ses consignes, l’inaltérable fermeté de ses convictions. » Idées courtes et instincts justes, résuma Venner lui-même.

Une vie tracée à la ligne claire

Alain de Benoist rend un bel hommage à son ancien camarade de combat lorsqu’il souligne en lui, dans sa longue préface, la permanence d’une « ligne claire ». Une vie droite comme la lame de ces poignards qu’il affectionnait tant. De là l’image qu’il put laisser ici et là d’un homme dur, inaccessible, marmoréen. « Il était pour ceux qui s’efforçaient de voler haut, contre ceux qui rampaient bas. » Les confuses catégories du jeu politique lui semblaient peu de chose face à la rigueur des catégories morales. Ce que résume ainsi Alain de Benoist : « Il préférait ceux qui donnent des exemples à ceux qui donnent des leçons ». Que penserait-il aujourd’hui des tristes invertébrés qui s’apprêtent à remonter une nouvelle fois sur scène le temps de la foire présidentielle ? Venner avait définitivement refermé la page de l’engagement politique en 1967, après une cuisante déroute électorale. Il s’était replié sur le terrain de la métapolitique, son travail d’historien méditatif ayant vocation à galvaniser les volontés, nourrir les imaginaires, balayer les défaitismes. Il fut un adepte du « recours aux forêts » cher à Jünger, tout en se défiant de la tentation de la tour d’ivoire, du repli entre les quatre murs d’une bibliothèque. Son dernier geste lui-même témoigne de la fièvre qui ne l’avait jamais quitté : celle du sursaut européen. Contre les capitulards qui devant l’ampleur de la tâche avaient renoncé, il avait fait sien le mot de Jean Mabire. Son compatriote normand, après avoir constaté que nous étions entrés dans l’hiver, écrivait : « Nous sommes quelques-uns qui travaillons au retour du printemps. »

Dominique Venner, Carnets rebelles, volume I, éditions de La Nouvelle Librairie.

Pour commander : https://europa-diffusion.com/fr/accueil/8535-carnets-rebelles-volume-1.html

Pierre Saint Servan

Article paru dans Présent daté du 12 novembre 2021

Dominique Venner : Carnets rebelles volume 1

Carnets rebelles

30/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
La portée de la mort volontaire de Dominique Venner, le 21 mai 2013, aura été immense pour tous les « cœurs aventureux ». S’il y a néanmoins une chose que ce sacrifice ne laissait pas présager, c’est que le « samouraï d’Occident » confiait à la postérité un grand nombre de notes manuscrites qui, mises bout à bout, forment un massif de textes impressionnant : ses Carnets.

Rédigés quarante années durant, ils sont la dernière pièce de son œuvre, sans aucun doute la plus personnelle : l’enfance sous l’Occupation, l’Algérie, l’engagement à Jeune Nation et la fondation d’Europe-Action, le goût de l’aventure et le sens de l’héroïsme, la passion de l’histoire et la quête des racines, l’attrait des armes et l’amour de la chasse.

Une mine d’or biographique et philosophique qui lève le voile sur un personnage hors du commun, à la fois acteur et observateur de son temps. Ce premier volume – avec une préface d’Alain de Benoist – rassemble la première partie des carnets rédigés entre 1982 et 1990.

pour commander : https://europa-diffusion.com/fr/accueil/8535-carnets-rebelles-volume-1.html

Napoléon : le gentilhomme et le révolutionnaire, par Dominique Venner

Napoléon

L’excellente revue Éléments publie dans son dernier numéro, consacré au bicentenaire napoléonien, un article que Dominique Venner y avait écrit en 1980. Il n’a pas pris une ride.

Il est prodigieux que si peu de temps après le typhon révolutionnaire, il se soit trouvé un génie capable de réaliser la synthèse parfaite de l’ancienne société monarchique et des apports positifs de la Révolution.

Jamais peut-être dans son histoire, la France ne fut – et ne sera – aussi puissante, aussi respectée. Malgré les fautes des années suivantes, le poids d’une guerre sans fin, le joug d’une dictature personnelle étouffante, les invasions de 1814 et 1815, il restera de cette brève époque comme le souvenir d’un âge d’or. Le martyr de Sainte-Hélène fera oublier le souverain autoritaire et le conquérant insatiable. Sa fin cruelle sur un rocher solitaire battu par les flots fascinera les romantiques qui fourniront un support littéraire à sa légende.

La réussite fulgurante, la gloire immense

Balzac, Stendhal, Hugo, Musset, Berlioz ou Delacroix se sont formés sous l’Empire et leur imagination s’est enflammée à la lecture des Bulletins de la Grande Armée. Ils ont été les témoins de la mort d’un monde et de l’accouchement d’une société nouvelle. La société monarchique, société patriarcale, fondée, suivant le mot de Montesquieu, sur l’honneur, sur les valeurs du rang, liées à la naissance, ignorant l’ambition, immuable dans ses comportements, a été balayée par la soif d’égalité, la disparition du cloisonnement de caste, l’ambition insufflée à tous, la ruée aux places, les coalitions d’intérêt. Un monde sans limites s’est ouvert aux fils des anciens serfs, des boutiquiers et des clercs de basoche. Acquéreurs de biens nationaux, spéculateurs de guerre, accapareurs de grands emplois publics, ils sont devenus banquiers, notaires, préfets, juges.

D’autres qui n’étaient rien se sont fait un nom par les voies plus risquées de la guerre. Les sergents Augereau, Masséna ou Bernadotte sont devenus généraux de la Révolution, maréchaux d’Empire, duc, prince et roi ! Et au-dessus, leur maître en toutes choses, le ci-devant sous-lieutenant Bonaparte, symbole de la réussite fulgurante, de la gloire immense. Celui qui fera rêver des générations de jeunes ambitieux impécunieux.

Déchiffrer la loi du monde…

Stendhal avec Julien Sorel, Balzac avec Rastignac ont cerné ce type d’aventurier, d’arriviste de haute stature inspiré par le modèle napoléonien. « Depuis bien des années, Julien Sorel ne passait peut-être pas une heure sans se dire que Bonaparte, lieutenant obscur et sans fortune, s’était fait le maître du monde avec son épée. Cette idée le consolait de ses malheurs… » Rastignac médite la méthode de l’Autre : « Avoir la cervelle cerclée de fer dans un crâne d’airain, avoir assez d’énergie sur soi-même, et on marche sur l’humanité comme sur un tapis. »

En bons élèves de Napoléon, ils ont déchiffré la loi du monde. Froids, calculateurs, sceptiques, dissimulateurs, fermés aux sentiments, concentrant leur énergie pour l’action, ils sont prompts à saisir les rares occasions que la chance présente aux hommes. Ce sont les précurseurs de l’homme d’action moderne, dont la silhouette glacée se nimbe d’esthétisme. Ce sont les prédateurs sociaux cernés par Pareto, à la fois renards et lions. Ils annoncent, suivant la formule de Malraux dans sa postface aux Conquérants, « un type de héros en qui s’unissent l’aptitude à l’action, la culture et la lucidité ». La férocité de leur ambition peut susciter l’effroi, jamais le mépris. Ils ne sont pas asservis à l’argent, mais au goût de la conquête et de la gloire. Ils font leur la maxime de Napoléon : « La mort n’est rien, mais vivre vaincu et sans gloire, c’est mourir tous les jours. »

Hérédité et volonté

Bonaparte, en son temps, avait été tout cela. Tirant son pouvoir d’un coup d’État appuyé par des révolutionnaires fatigués, il ne pouvait renouer avec la légitimité rompue de l’ancienne monarchie. Il chercha donc dans le soutien populaire personnel, par le moyen du plébiscite, le fondement d’une légitimité nouvelle établissant ainsi une véritable alternative moderne à la monarchie héréditaire, le principe d’un pouvoir conciliant démocratie, autorité et continuité. Principe redécouvert après l’échec répété des tentatives de pouvoir parlementaire, par les fondateurs de la Ve République, à travers l’élection du président de la République au suffrage universel et le recours au référendum.

Il est tout à fait prodigieux que si peu de temps après le typhon révolutionnaire, il se soit trouvé un génie capable de réaliser la synthèse parfaite de l’ancienne société monarchique et des apports positifs de la Révolution. Peut-être le fait de réunir en lui l’hérédité d’un gentilhomme et l’ambition d’un révolutionnaire l’y a‑t-il aidé.

Dominique Venner

Éléments n°35, 1980. À lire, actuellement en kiosque : Éléments n°189, avril-mai 2021, Vive l’Empereur et mort aux cons !

« Dominique Venner, l’envoyé d’Homère »

« J’ai mal à l’Espagne » : la célèbre phrase de Miguel de Unamuno continue de résonner avec la même intensité dans un pays où elle préludait déjà à une série de crises qui n’ont cessé de le déchirer jusqu’aux dernières menées séparatistes catalanes.

Cependant, loin de s’abandonner au sentiment tragique d’une grandeur irrémédiablement passée ou de se résigner à l’accueil touristique de masse sur fond de corruption immobilière, de prévarication politique et de décadence monarchique, la petite maison d’édition espagnole EɅS a courageusement relevé le défi du dépassement du clivage partisan, entretenu par une « caste » politique locale d’une insigne médiocrité, en faisant le pari d’un réarmement culturel d’inspiration néo-droitière à la française. A l’instar d’EɅS – déesse de l’aurore en grec qui annonce la venue de son frère Hélios, le soleil – la maison d’édition entend résolument contribuer à la renaissance culturelle européenne.

Dans un pays où l’opposition nationale a du mal à s’extirper de la référence incapacitante au Franquisme et où la référence européenne obligatoire fait bon marché de l’idiosyncrasie espagnole, les éditions EɅS participent d’une réévaluation du passé éloignée aussi bien du nationalisme de clocher que de l’européisme systémique béat, avec la volonté de contribuer à la résolution de la lancinante question de savoir « comment être européens sans cesser d’être espagnols ».

Rien d’étonnant donc à ce que la collection Synergias, inaugurée par l’ouvrage éponyme de Robert Steuckers, s’enrichisse aujourd’hui d’un livre consacré à « Dominique Venner, l’envoyé d’Homère », sous la forme d’un recueil de 22 contributions qui vont d’Alain de Benoist ou Jean-Yves Le Gallou, à Michel Lhomme – que nos lecteurs connaissent bien – en passant par Jesús Sebastián Lorente, Carlos X Blanco ou Juan Pablo Vitali, pour ne citer qu’eux.

Contrairement aux attentes d’un lecteur français, le point de départ du recueil ne se présente pas comme un hommage – même si on le sent poindre en conclusion – que comme l’invite à connaître le personnage en remontant le cours de sa vie à partir d’un suicide qui ne laisse pas de surprendre « ceux pour qui Dominique Venner incarnait l’idéal grec de mesure et de sérénité stoïque, au terme d’une trajectoire marquée en ses débuts par un activisme ardent ».

De fait, le suicide de Dominique Venner, même pour un identitaire espagnol, ne va pas de soi : il s’agit, précise l’avertissement, d’essayer de comprendre le suicide de l’historien et écrivain Dominique Venner qui mit tragiquement fin à ses jours le 21 mai 2013 en la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

L’ouvrage invite à dépasser les simples formules de « sacrifice ou immolation », prononcés par ses proches autant qu’il met en garde contre « l’utilisation idéologique abusive à laquelle cette mort, de manière presque inévitable, se prête ».

Prévention donc à l’encontre des mésusages de la mémoire historique et prévenance à l’égard de la figure de Venner, le livre invite à examiner à nouveaux frais la figure de celui qui « a voulu faire de son suicide un acte publique, un acte politique qui peut s’analyser sans faire injure à sa mémoire ni cracher sur sa tombe ».

Qui fut réellement Dominique Venner ? Quelle lecture politique ou métapolitique convient-il de faire de son suicide ? Comment et pour quoi a-t-il lutté ? Quelle est réellement son histoire ? ».

Outre la qualité des signatures qui nous sont familières, les contributions des auteurs qui gravitent autour de la Nouvelle Droite espagnole ont le mérite d’inciter le lecteur français à confronter sa pensée à celle de ses voisins ibériques, que ce soit sur la question du « régionalisme » (appelé significativement là-bas « nationalisme « ) ou sur celle du retour du sacré, sous la forme du suicide sacrificiel d’un personnage hors normes – notre « envoyé d’Homère » – ou de l’ordalie d’une Guerre Civile qui continue de hanter les Espagnols et au miroir de laquelle nous sommes tous invités, en tant qu’Européens, à nous regarder.

Lucas Navarro

Tribune reprise du site Metamag

La Nouvelle Revue d’Histoire n’est plus

31/01/2018 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
C’est une triste nouvelle pour les amateurs d’histoire, qui est passée relativement inaperçue pendant les fêtes de fin d’année. La société gérant la Nouvelle revue d’histoire a été mise en liquidation en décembre dernier.

Rappelons que cette revue avait été fondée en 2002 par Dominique Venner. C’était plus qu’une simple revue puisqu’elle entendait contribuer à ressourcer les Européens dans leur héritage spirituel.

Philippe Conrad avait repris la direction de la NRH en 2013, suivant le voeu de feu Dominique Venner. Mais la diminution des ventes a creusé les pertes d’exploitation, contraignant la revue à cesser sa parution.

Les orphelins de la Nouvelle revue d’histoire peuvent se tourner vers la revue Eléments, ou encore la revue Conflits : dirigée par Pascal Gauchon, elle traite d’histoire et de géopolitique.

La monarchie républicaine à la française, par Philippe Conrad

NRH Monarchie républicaine

18/01/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Le texte que nous publions ci-dessous est l’éditorial du n° 88 de la Nouvelle Revue d’Histoire, dont Philippe Conrad est le directeur, daté de janvier-février 2017. Son dossier : « La République et ses présidents ». De Louis-Napoléon Bonaparte à Charles de Gaulle. A noter que ce numéro comprend également un entretien avec Philippe de Villiers, « Faire de l’histoire autrement ».

NRH 88 République Présidents« Les citoyens vont bientôt être appelés à désigner le successeur à l’Élysée de François Hollande et le suffrage universel sacrera ainsi celui qui sera le neuvième président de la Ve République. Institué depuis le référendum constitutionnel de 1962, et régulièrement renouvelé depuis les élections de 1965, ce rituel fait aujourd’hui partie de notre paysage politique. L’élection présidentielle demeure pour les Français le moment démocratique par excellence, un scrutin plébiscité par l’opinion et qui bénéficie de la participation électorale la plus forte. Un demi-siècle après les empoignades qui accompagnèrent l’adoption du suffrage universel direct pour désigner le chef de l’exécutif, les protestations indignées des juristes et des ténors du « Cartel du non » paraissent aujourd’hui bien dérisoires. Les velléités de certains d’en finir avec un « pouvoir personnel » soupçonné de violer les grands principes démocratiques ne paraissent guère en mesure de changer une pratique désormais solidement installée.

Vieille de plus d’un siècle et demi, l’institution présidentielle a connu plusieurs mutations significatives. Une fois la République proclamée en 1792, les constituants de l’an I et de l’an III prirent bien soin d’écarter toute personnalisation du pouvoir exécutif susceptible de rappeler une royauté désormais honnie. Mais les hommes de thermidor ne purent empêcher un jeune général couvert de gloire d’instaurer une monarchie impériale fondée sur le culte de l’homme providentiel.

Palais de l'ElyséeLes révolutionnaires de 1848, s’inspirant du modèle américain, confièrent le pouvoir à un président élu au suffrage universel, mais Louis-Napoléon Bonaparte eut vite fait d’en finir avec la seconde République. Les constituants de 1875, qui souhaitaient une rapide restauration monarchique, introduisirent le septennat, conçu sur mesure pour Mac Mahon. Mais la victoire électorale des républicains, et l’épreuve de force qui suivit, conduisit le vieux maréchal à « se démettre » pour laisser la place à Jules Grévy qui, dès 1848, n’avait pas caché son hostilité à l’institution présidentielle.

Pour conjurer toute tentation de « césarisme », l’oligarchie parlementaire s’imposa ensuite comme seule détentrice de la souveraineté nationale, l’hôte de l’Élysée se voyant réduit au rôle « d’inaugurateur de chrysanthèmes ». Quand Grévy doit démissionner pour « avoir le malheur d’avoir un gendre », Clemenceau, grand pourfendeur de la présidence, annonce publiquement qu’il « vote pour le plus bête », avant de la réduire à « un organe aussi inutile que la prostate »… Après lui, Casimir-Perier et Alexandre Millerand veulent disposer, dans l’intention de jouer un rôle significatif, des pouvoirs que leur accorde la constitution de 1875 mais ils sont contraints à la démission. Fallières et Doumergue brillent par la popularité dont ils bénéficient dans l’opinion, alors que le malheureux Albert Lebrun apparaît à peu près inexistant.

De Gaulle photo officielleL’éphémère IVe République reproduit la IIIe, même si René Coty sait prendre ses responsabilités en 1958. Tout change avec le retour au pouvoir du général de Gaulle qui fonde, en s’appuyant sur une très large majorité de Français, une Ve République dont le président constitue la clef de voûte. Une mutation contestée par ceux qui dénoncent alors « le coup d’État permanent » mais qui s’accommoderont très bien, une fois leur tour venu, du nouveau régime…

L’adoption de l’élection du président au suffrage universel viendra compléter l’édifice institutionnel et conforter le lien particulier désormais établi, au-delà des combinaisons partisanes, entre un homme et le peuple français. Bientôt sexagénaire, la Ve République paraît solidement établie, même si l’introduction du quinquennat et la récente apparition des primaires ont quelque peu modifié la donne. Reste la qualité des hommes, alors que les tentations démagogiques, la vacuité idéologique et l’hégémonie de la « communication » ont lourdement plombé les derniers mandats.

Le cadre institutionnel n’est pas en cause mais peut on espérer, à la veille d’une échéance majeure, le succès d’un(e) candidat(e) qui, porteur d’un diagnostic solide quant à l’état du pays, sera en mesure, au nom de l’intérêt général, d’échapper à la bien-pensance imposée par la médiacratie et aux blocages nés de corporatismes devenus obsolètes.

Philippe Conrad

En vente chez les marchands de journaux ou à commander ici.

NRH Monarchie républicaine

La NRH salue la longue et riche histoire de la Hongrie

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08/11/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Dans son numéro 87, daté de novembre et décembre, la NRH salue « la longue et riche histoire de la Hongrie », titre de l’éditorial de son directeur, Philippe Conrad, que nous publions ci-dessous. Le dossier de ce numéro de la Nouvelle Revue d’Histoire, fondée par Dominique Venner, est en effet consacré à l’« Indomptable Hongrie », et comporte un entretien avec le premier ministre hongrois, Viktor Orban, titré : « Contre Bruxelles, pour l’Europe des nations ». Voici l’éditorial :

nrh-hongrie-couv« Les Hongrois viennent d’approuver, à 98 % des suffrages exprimés, la décision prise par leur Premier ministre de refuser les quotas de répartition des réfugiés qu’entendent leur imposer Angela Merkel et les technocrates bruxellois. Les médias du système n’en ont pas moins chanté victoire, le quorum de participation nécessaire à la validation de ce choix n’ayant pas été atteint. Amère victoire pour les tenants de la pensée unique, incapables de comprendre que les peuples ne sont pas des agrégats informes d’individus interchangeables, privés de racines et de mémoire. Le gouvernement hongrois a de plus aggravé son cas en faisant école. La Slovaquie, la République tchèque et la Pologne, réunies au sein du groupe de Visegrad opposent un front commun aux diktats de Bruxelles. La perspective de voir l’Autriche rejoindre la dissidence fait craindre le pire… Les performances électorales des partis « populistes » dans d’autres pays européens ne font qu’accroître les inquiétudes des tenants d’un mondialisme déconnecté du réel.

L’histoire demeure heureusement ouverte et l’avenir n’est écrit nulle part, les dernières décennies l’ont largement confirmé mais, quelles que soient les perspectives d’un sursaut salvateur face à la société marchande planétaire déculturée en cours de formation, il convient de s’interroger quant aux raisons qui ont fait qu’un petit pays de dix millions d’habitants porte aujourd’hui, par l’exemple qu’il donne, les espoirs de bon nombre d’Européens.

L’esprit de résistance et la résilience dont ont su faire preuve les Hongrois au cours de leur histoire millénaire trouvent sans aucun doute leur source dans les siècles d’épreuves qu’ils ont dû traverser pour maintenir une identité constamment menacée. Née de la fusion de l’élément magyar issu des steppes orientales avec des populations slaves puis germaniques, la population hongroise, réunie et christianisée par saint Étienne au tournant de l’an 1000, connaît d’abord les luttes opposant les Grands à l’autorité royale. en 1242, les tatars envahissent le royaume qui perd le tiers de sa population.

Il faut, au XIVe siècle, l’avènement de la dynastie d’Anjou pour que le royaume de la sainte Couronne renoue avec la puissance. Le retour de l’instabilité dynastique favorise les entreprises des Ottomans et le roi Sigismond est vaincu en 1396 à Nicopolis. L’irruption de Tamerlan en Asie mineure laisse un sursis à l’Europe balkanique et danubienne mais les exploits de Jean Hunyadi n’ont qu’un effet retardateur. En 1526, la défaite de Mohacs signe la fin de la Hongrie médiévale, occupée désormais en majeure partie par les turcs jusqu’à la fin du XVIIe siècle, quand les victoires de Charles de Lorraine et du prince Eugène ouvrent le temps du repli ottoman.

Intégrés à l’empire Habsbourg en y conservant nombre de leurs libertés traditionnelles, les Hongrois resteront fidèles à François Ier quand Napoléon tentera de les entraîner contre leur souverain légitime. Mais le printemps des peuples de 1848 les voit se dresser contre Vienne et réclamer en vain leur indépendance. ils sauront au moins se garantir une large autonomie dans le cadre du compromis de 1867, fondateur de la double Monarchie austro-hongroise qui les fait participer au concert européen jusqu’à la guerre de 1914-1918 dont l’issue se révèle pour eux épouvantable.

Vaincus, ils voient leur territoire largement amputé et nombre de leurs nationaux constituer des minorités dans les pays voisins. Contraints de se rallier au camp de l’axe au cours de la deuxième Guerre mondiale, ils basculent ensuite pour près d’un demi-siècle dans la nuit communiste. En 1956, ils manifestent leur soif de liberté avant de la conquérir en 1990 lorsque s’effondre le bloc soviétique. L’oligarchie qui s’installe alors a vite fait de décevoir. Les émeutes de 2006 réveillent l’esprit de rébellion d’un peuple qui refuse de subir, une révolte qui fait écho à celles de 1848 et de 1956.

Le secret de cette résistance réside peut-être simplement dans le fait que les Hongrois sont les héritiers d’une longue et riche histoire dont ils ont conservé la mémoire, source indispensable au maintien de leur identité, la meilleure des défenses contre le nivellement mortifère engendré par le mondialisme libéral.

Philippe Conrad

La NRH célèbre les 100 ans de l’insurrection irlandaise de 1916

NRH Irlande

Le numéro 83 de la Nouvelle Revue d’histoire (NRH), daté de mars-avril 2016, vient de paraîtreSon dossier célèbre l’« Irlande rebelle », celles des « Pâques sanglantes » de 1916. Nous publions ci-dessous l’éditorial de son directeur, Philippe Conrad.

Nous allons célébrer, le 24 avril prochain, le centième anniversaire de l’insurrection irlandaise de 1916. Lors de ces « Pâques sanglantes », une poignée de militants nationalistes armés occupent la Grande Poste de Dublin. Le drapeau tricolore, devenu signe de ralliement depuis la révolution manquée de 1848, et la bannière bleue frappée de la charrue d’or et des étoiles d’argent du mouvement ouvrier irlandais flottent sur le bâtiment devenu le poste de commandement de l’insurrection, devant lequel le poète Patrick Pearse déclare « souverain et imprescriptible le droit du peuple d’Irlande à la propriété de son pays et à la libre direction de ses destinées…  »

On sait ce qu’il advint de cette révolte. Faute d’une préparation suffisante et du fait de l’incompréhension de l’opinion, apaisée par les promesses d’autonomie prodiguées par le gouvernement britannique à la veille de la guerre, l’insurrection n’est pas en mesure de rallier les masses populaires. La répression sera à la mesure de l’inquiétude suscitée à Londres et, si la rébellion a échoué, elle a désormais ses martyrs qui, dénoncés comme des criminels, se métamorphosent rapidement en héros aux yeux de leurs compatriotes.

Les élections de décembre 1918 donnent un triomphe au Sinn Fein partisan de l’indépendance. Faute d’être entendus à la Conférence de la Paix, contraints de constater que les grands principes wilsoniens relatifs au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne s’appliquaient pas à eux, les Irlandais n’auront bientôt plus d’autre choix, fin 1919, que le recours à la lutte armée. Un conflit impitoyable qui aboutit, en décembre 1921, à une indépendance impliquant la partition de l’île, l’Ulster protestant demeurant attaché au Royaume-Uni. La guerre civile qui oppose ensuite les partisans du compromis aux jusqu’au-boutistes vient ajouter aux épreuves que dut affronter l’Irlande pour retrouver sa liberté.

Si l’on considère ce qu’avait été l’histoire de l’île, soumise depuis un millénaire à des dominations étrangères, scandinave d’abord puis anglaise à partir du XIIe siècle, cette conquête de l’indépendance n’était en rien acquise. Une situation aggravée au XVIe siècle par la fracture religieuse de la Réforme, puis par la colonisation particulièrement brutale imposée au siècle suivant par la soldatesque de Cromwell. Privé de sa liberté mais aussi de sa terre, contraint de payer la dîme à une Église anglicane qui était celle de l’occupant, le peuple irlandais attendra vainement son salut d’une intervention extérieure, celle de l’Espagne catholique, du souverain Stuart déchu, de la France révolutionnaire. L’identité catholique va constituer un môle de résistance solide mais il faut, au XIXe siècle, l’émergence d’un véritable sentiment national pour que le combat indépendantiste prenne toute son ampleur. L’obstruction parlementaire mise en œuvre par Parnell et les actions violentes visant les terres des landlords jouent leur rôle. Mais c’est en développant l’enseignement de la langue gaélique, en redécouvrant les trésors de la culture nationale, en ressuscitant la musique et les sports traditionnels que les militants nationalistes vont « rendre les Irlandais à l’Irlande et l’Irlande aux Irlandais ».

Nécessairement inscrite dans un processus de longue durée, aboutissement d’un rêve imaginé par les historiens et les poètes capables de transmettre et d’actualiser l’héritage d’un passé et de formuler le projet d’un avenir, la renaissance d’un peuple passe aussi par le prix du sang versé et par le courage de ceux qui, tels un Patrick Pearse ou un Michael Collins, ont tout sacrifié à la cause qui commandait leur existence.

Philippe Conrad

Hors-série de la NRH sur les racines européennes

07/12/2015 – CULTURE (NOVOpress)
Fondée par le regretté Dominique Venner, la Nouvelle revue d’Histoire (NRH) demeure une référence de sérieux et de plaisir de lecture. Le hors-série consacré aux peuples fondateurs d’Europe intéressera quiconque se passionne pour l’identité française et européenne.

Enquête sur l’histoire : les premiers numéros mis en ligne par l’Institut ILIADE

L'Institut ILIADE met en ligne les 12 premiers numéros d'Enquête sur l'histoire

27/08/2015 – PARIS (NOVOpress) – L’Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne, association dirigée par l’historien bien connu Philippe Conrad, a mis en libre téléchargement depuis son site internet les 12 premiers numéros de la revue trimestrielle de haute volée Enquête sur l’histoire, publiée de 1991 à 1999 par Dominique Venner.

Enquête sur l'histoire : les premiers numéros mis en ligne par l'Institut ILIADEL’objectif ? Contrer le révisionnisme mémoriel engagé ces dernières années par l’Éducation nationale visant à faire oublier aux Français leur histoire.

Selon les termes mêmes de l’Institut ILIADE, « parents, pédagogues et étudiants trouveront dans cette collection les cartouches nécessaires à une vision renouvelée de notre histoire, affranchie de la culpabilisation systématique et de la doxa du moment. Notre vision du passé détermine l’avenir. Et sa connaissance est créatrice de liens : entre générations comme entre membres d’une même communauté souhaitant rester elle-même dans le chaos des temps présents. »

« Il est impossible de penser le présent et le futur sans éprouver derrière nous l’épaisseur de notre passé, sans le sentiment de nos origines. Il n’y a pas de futur pour qui ne sait d’où il vient, pour qui n’a pas la mémoire du passé qui l’a fait ce qu’il est. Mais sentir le passé, c’est le rendre présent. Le passé n’est pas derrière nous comme ce qui a été autrefois. Il se tient devant nous, toujours neuf et jeune ». Dominique Venner

Voici les liens directs pour télécharger ces douze premiers numéros :

Présentation de la Nouvelle revue d’histoire

09/07/2015 – CULTURE (NOVOpress)
Elise Blaise et Philippe Conrad présentent la Nouvelle revue d’histoire (NHR), excellente revue de vulgarisation historique, fondée par Dominique Venner voici 13 ans.

https://www.youtube.com/watch?v=91u3vEGsPxo


Philippe Conrad : « Dominique Venner : un regard inspiré sur l’Histoire »

Philippe Conrad : « Dominique Venner : un regard inspiré sur l’Histoire »

11/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
En amont du premier rendez-vous public de l’Institut Iliade qui se tiendra à Paris le 25 avril prochain, nous publions le texte ci-dessous. Il s’agit de l’intervention de Philippe Conrad, historien, Directeur de La Nouvelle Revue d’Histoire (NRH), au Colloque Dominique Venner, qui se déroulait le 17 mai 2014.


Quand j’ai fait sa connaissance au début des années 1960, rien ne semblait destiner Dominique Venner à un parcours intellectuel au long duquel l’Histoire allait prendre une place toujours plus grande. Engagé à dix-huit ans dans l’armée avant d’être entraîné très tôt dans l’action politique, il milite pour l’Algérie française et contre la politique d’abandon alors mise en œuvre par le général De Gaulle, avant de faire l’expérience de la clandestinité et d’effectuer deux longs séjours en prison pour reconstitution de ligue dissoute.

La « critique positive » et l’expérience du terrain

Quand se tourne la page du conflit algérien, il formule sa « critique positive » de l’échec que vient de connaître son camp et s’efforce de créer un mouvement politique porteur d’un « nationalisme » européen qu’il juge nécessaire dans le nouvel ordre du monde en train de s’établir. Les limites de l’action politique lui apparaissent toutefois rapidement et, soucieux de préserver sa pleine indépendance, il y renonce quelques années plus tard. Spécialiste des armes et amoureux de la chasse, de son histoire et de ses traditions, il va dès lors vivre de sa plume en conservant ses distances vis à vis d’un monde dans lequel il ne se reconnaît plus guère.

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Réédition du « Songe d’Empédocle », de Christopher Gérard

Source : institut-iliade.com La réédition du Songe d’Empédocle est l’occasion de revenir sur ce premier et merveilleux roman de Christopher Gérard. C’est à une envoûtante quête des origines, à une initiation des plus exigeantes sur les chemins de traverse de la plus longue mémoire – la plus rebelle de toutes aussi – que nous convie l’auteur, directeur de la mythique revue Antaios (1992-2001). Par ses solides qualités d’helléniste, son expérience des fouilles obscures dans les montagnes d’Ardennes et son goût immodéré pour l’Empereur-philosophe Julien, Christopher Gérard connaît intimement son sujet. Il le maîtrise d’autant plus que qu’il le vit, à l’évidence, dans toutes les profondeurs de son être.

Retrouver l’héritage le plus sacré de l’Hellade

Le Songe d'Empédocle, de Christopher Gérard
Le Songe d’Empédocle, de Christopher Gérard

Et c’est à cette sur-vie qu’il convie ses lecteurs, sur les traces de Padraig, fils d’Europe d’ascendance celto-brabançonne, partant à la recherche d’une société secrète fondée il y a plus de 2 500 ans par Empédocle d’Agrigente afin de maintenir et transmettre, à travers les vicissitudes des temps, l’héritage le plus sacré de l’Hellade. Son parcours, davantage peuplé de songeries que parsemé d’embûches, l’entraînera sur les lieux les plus sacrés de la Grande Europe, jusqu’aux confins de l’Eurasie, tout en l’incitant à un retour aux sources fondatrices – au point de prendre le nom d’Oribase.

La toile de fond en est une époque indéfinie, mais dont les caractéristiques sont évidemment contemporaines. Des temps marqués par les stigmates toujours vifs des dernières « Grandes Conflagrations », où les arbres parlent encore mais où la police de la pensée, les « Organes », sévit aussi, ne laissant qu’un espace des plus réduits aux derniers hommes libres, ces véritables « Affranchis ». Pour être difficile, au point de paraître parfois désespéré, le combat pour la liberté de l’esprit n’est pas encore perdu. Comme le souligne l’un des personnages du livre en présentant Padraig à ses compagnons : « Nombre d’Européens pensent comme lui, ne se reconnaissent plus dans cet Occident matérialiste qui coupe la personne de ses ancêtres et de ses descendants pour le laisser seul face à l’Etat tentaculaire et aux désirs les plus vils ».

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Le réveil de la civilisation européenne – par Javier Portella

Le réveil de la civilisation européenne - par Javier Portella

22/12/2014 – MADRID (via Boulevard Voltaire)
Pourquoi faudrait-il que notre civilisation soit réveillée ? Serait-elle à ce point endormie, en train peut-être de « se suicider », comme dit l’autre ? Que nous sommes endormis, en état de léthargie, que nos principes les plus profonds sont en proie à une déliquescence qui risque de nous faire disparaître en tant que civilisation : voilà ce que pense Dominique Venner – c’est là, d’ailleurs, la raison dernière pour laquelle il s’est sacrifié.

Mais voilà également, bien que développé sur un registre différent, le fond de la pensée d’un Éric Zemmour. Ni lui ni Venner ne sont pourtant les seuls à tirer sur la sonnette d’alarme. C’est tout un courant de plus en plus large de pensée qui fait ainsi vaciller l’hégémonie culturelle… de la gauche, certes, mais de la droite aussi : de cette droite libérale, mondialiste, matérialiste et individualiste qui nous mène autant que « les forces du progrès » au déclin.

Or, ce qui au début n’était qu’une affaire d’intellectuels ne l’est plus. Les gens commencent à être réceptifs à un tel malaise ; davantage : à la sensibilité, à l’imaginaire que tout cela implique, même s’il faut rappeler que de tels changements ne se font jamais du jour au lendemain, même s’il est évident que rien n’est encore joué et que nous n’en sommes qu’au début d’un tel réveil.

Les gens commencent à être réceptifs à un tel malaise ; davantage : à la sensibilité, à l’imaginaire que tout cela implique, même s’il faut rappeler que de tels changements ne se font jamais du jour au lendemain, même s’il est évident que rien n’est encore joué et que nous n’en sommes qu’au début d’un tel réveil.

C’est dans ce cadre qu’une nouvelle initiative vient d’être lancée. Elle s’appelle Institut Iliade pour la défense et le réveil de la civilisation européenne. L’initiative est doublement nouvelle : par le fond – par l’appel qui est lancé hors des vieilles ornières « droite-gauche » – et par la forme – par le recours, à travers une grande beauté, aux moyens les plus modernes de diffusion.

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