La fin inéluctable d’un système, l’avènement d’un monde nouveau : des raisons d’espérer – Par Louis Tode

La fin inéluctable d'un système, l'avènement d'un monde nouveau : des raisons d'espérer - Par Louis Tode

Dans notre pays, le refus du débat, la non-émergence artificielle d’idées nouvelles, les procès faits aux gêneurs, tout cela dénonce un régime politique qui est dépassé, se craquelle et se fragilise. Si les choses se font lentement, on voit ce régime s’effondrer à petit feu, politiquement et intellectuellement. LT

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Mort du résistant cubain Oswaldo Paya : la famille veut connaître la vérité

Mort du résistant cubain Oswaldo Paya : la famille veut connaître la vérité

26/07/2012 –  10h00
LA HAVANE (NOVOpress) –  La dictature communiste cubaine a profité des obsèques d’Oswaldo Paya à l’église du Divin Sauveur à La Havane pour arrêter, mardi, plusieurs dizaines d’opposants. Par ailleurs, les circonstances de la disparition du dissident politique restent obscures. La famille d’Oswaldo Paya  a réclamé l’ouverture d’une enquête, assurant que l’accident de voiture dont il a été victime avait été « provoqué » par un autre véhicule.

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Nouvelle disparition d’un dissident politique à Cuba : Oswaldo Paya est mort dimanche

Nouvelle disparition d’un dissident politique à Cuba : Oswaldo Paya est mort dimanche

24/07/2012 – 10h00
LA HAVANE (NOVOpress) –  Encore un décès qui tombe à pic pour le régime communiste cubain. Après la mort en octobre dernier de Laura Pollan (suite à une « déficience respiratoire »), la responsable du mouvement des Dames en Blanc, défenseur des prisonniers politiques, c’est au tour d’Oswaldo Paya de disparaître. Le dissident cubain a perdu la vie dimanche dans un accident de voiture, selon les autorités cubaines.

Fervent catholique, Oswaldo Paya a défié le régime communiste pendant des décennies. Le fondateur en 1988 du Mouvement chrétien Libération (MCL) avait lancé en 2001 le “Projet Varela”, un manifeste réclamant des changements politiques sur l’île : référendum populaire portant notamment sur la liberté d’expression, la liberté d’association et la libre entreprise. Fidel Castro y avait répondu par un contre-référendum inscrivant l’irréversibilité du socialisme dans la Constitution.

Crédit photo : Cuba Libre Art via Flickr (cc)

Hongrie : Jozsef Mindszenty définitivement réhabilité

Hongrie : Jozsef Mindszenty définitivement réhabilité

29/03/2012 – 08h00
BUDAPEST (NOVOpress) –
Une haute figure de la lutte contre le totalitarisme communiste revient dans les feux de l’actualité en Hongrie. L’ancien cardinal dissident, Jozsef Mindszenty, opposant farouche au régime communiste hongrois qui l’avait condamné à la prison à vie, est désormais complètement réhabilité. « Le processus de réhabilitation a été clos officiellement ces derniers jours par l’Office du procureur principal », indique le bureau diocésain d’Esztergom-Budapest.

Jozsef Mindszenty a été emprisonné à vie en 1949 par le régime communiste hongrois, sous tutelle de l’URSS. En 1956, lors de l’insurrection du peuple hongrois contre Moscou, le dignitaire chrétien est libéré et trouve refuge à l’ambassade des Etats-Unis après l’écrasement du soulèvement populaire. Il y passera quinze ans de sa vie, avant de quitter sa patrie. D’abord pour Rome, puis pour Vienne où il décèdera en 1975. En 1991, son corps a été exhumé puis enterré en Hongrie, à Esztergom, haut lieu de l’église catholique hongroise, situé à 40 kilomètres au nord de Budapest (ses reliques en photo). La Cour suprême avait un an plus tôt acquitté Jozsef Mindszenty des accusations retenues contre lui par le régime communiste.

Crédit photo : Ian McKenzie/Flickr sous licence Creative Common

La révolte des intellectuels contre le Système

Malika Sorel

Article repris avec l’aimable autorisation de Polémia – La dissidence des intellectuels a précédé la chute de l’Union soviétique. La révolte des intellectuels contemporains pourrait bien annoncer la chute de l’empire cosmopolite. Certes, les oligarques du Système sont puissants : ils possèdent l’argent et contrôlent les médias classiques. Mais le pouvoir de ces oligarques est triplement menacé : par la révolte populiste, par la révolte numérique mais aussi par la révolte des intellectuels. Philosophes, anthropologues, économistes, géopoliticiens, géographes et sociologues sont de plus en plus nombreux à contester le désordre établi. A l’écart d’une actualité hollywoodienne, Andrea Massari nous propose de prendre un peu de hauteur… Explications.

Les philosophes à la quête du sens

L’écrivain Richard Millet dénonce La Fatigue du sens et l’horizontalité du monde
L’écrivain Richard Millet dénonce La Fatigue du sens et l’horizontalité du monde

Dans les années 1950, la majorité des philosophes étaient marxistes ; ils sont devenus droits-de-l’hommistes dans les années 1970/1980. Aujourd’hui, beaucoup de philosophes sont des critiques acerbes de la modernité et portent souvent la parole d’un retour à la tradition. C’est le cas de Jean-François Mattéi, auteur de La Barbarie intérieure et du Procès de l’Europe. C’est le cas de Philippe Nemo, auteur de La Régression intellectuelle de la France. Chantal Delsol dénonce, elle, L’Age du renoncement. Et avec une grande rage littéraire l’écrivain Richard Millet (photo) dénonce La Fatigue du senset l’horizontalité du monde. Un pamphlet philosophique éloigné de toute bien-pensance et frappé du sceau de la radicalité.

Le grand retour des frontières

Dans la novlangue contemporaine le mot frontières était devenu tabou : on n’en parlait pas, si ce n’est pour les… supprimer. Régis Debray a brisé le tabou en publiant un Eloge des frontières. L’éloge des frontières, c’est aussi le fil rouge du livre fulgurant d’Hervé Juvin : Le Renversement du monde. L’économiste et anthropologue rejoint ainsi le philosophe. L’un et l’autre chez Gallimard.

La réhabilitation du protectionnisme

Le Prix Nobel Maurice Allais
Le Prix Nobel Maurice Allais

Face à la grande menace industrielle, le vieux gaulliste Jean-Noël Jeanneney avait publié, en 1978, Pour un nouveau protectionnisme. En forme de chant de cygne car depuis la fin des années 1970, c’est le libre-échange qui donne le tempo. Parvenant même à faire censurer le Prix Nobel Maurice Allais (photo ci-dessus). Cette époque de censure est révolue : des économistes osent aujourd’hui s’afficher protectionnistes : Jacques Sapir et Jean-Luc Gréau ont rejoint Gérard Dussouy, théoricien de la mondialité, et Alain Chauvet (Un autre monde : Protectionnisme contre prédation).

Sociologues et géographes portent un regard critique sur l’immigration

Le géographe Christophe Guilly a jeté un pavé dans la mare avec ses Fractures françaises. Il y montre l’ampleur des fractures ethniques. Fractures ethniques qui ne sont pas forcément sociales : car on est plus riche (monétairement parlant, en tout cas) en Seine-Saint–Denis que dans la Creuse. De son côté, Malika Sorel tient Le langage de vérité [sur] Immigration, Intégration. Dans les mêmes perspectives que Michèle Tribalat (de l’INED) dans Les Yeux grands fermés (L’Immigration en France) ou Hugues Lagrange dans Le déni des cultures.

Le grand retour de la géopolitique

Chaque année le festival de géopolitique de Grenoble, organisé par Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud, marque le retour des intellectuels vers les préoccupations de puissance : Aymeric Chauprade, auteur de Chronique du choc des civilisations, peut y croiser Pascal Boniface, auteur de Atlas du monde global et pourfendeur des Intellectuels faussaires. Hors champ, on ne saurait oublier le général Desportes, ancien directeur de l’Ecole de guerre et critique des guerres américaines. Ni Alain Soral, qui ne veut pas seulement Comprendre l’empire mais le combattre. Ni Christian Harbulot, théoricien de la guerre économique. Ni François-Bernard Huyghe, lumineux médiologue.

Le dévoilement de l’art « contemporain »

Sans oublier les charges argumentées d’Aude de Kerros
Sans oublier les charges argumentées d’Aude de Kerros...

L’art « contemporain » a plus… d’un siècle. Il est plus que… centenaire ! Il est né dans les années 1890 et trône dans les musées depuis l’Urinoir de Duchamp en 1917 ! Mais les critiques de l’art « contemporain » sont de plus en plus nombreuses et acerbes. Jean-Philippe Domecq annonce que « l’art du contemporain est terminé ». Ces artistes sans art sont aussi critiqués par Jean Clair, académicien et ancien directeur du Musée Picasso, dans L’hiver de la culture et Dialogue avec les morts. Sans oublier les charges argumentées d’Aude de Kerros (photo) (L’art caché), de Christine Sourgins (Les mirages de l’art contemporain), de Jean-Louis Harouel (La grande falsification de l’art contemporain) ou d’Alain Paucard (Manuel de résistance à l’art contemporain).

La dénonciation des oligarchies

Il y a dix ans, les « oligarques » désignaient des dirigeants russes plus ou moins mafieux qui s’enrichissaient sur les ruines de l’ex-Union soviétique. Aujourd’hui, la critique des oligarchies a franchi le mur de l’ex-« rideau de fer ». Apôtre de la démocratie directe, Yvan Blot publie L’Oligarchie au pouvoir. Il se trouve en compagnie d’Alain Cotta dénonçant Le Règne des oligarchies et d’Hervé Kempf qui publie, au Seuil, L’Oligarchie, ça suffit, vive la démocratie. Et le libéral Vincent Bénard, directeur de l’Institut Hayek, dénonce les « oligarchismes ». Un point de vue que reprend d’une autre manière, l’anthropologue Paul Jorion dans Le Capitalisme à l’agonie. Ainsi cinq auteurs, partant de cinq points de vue différents, convergent dans la même critique. A la place des oligarques, on s’inquiéterait !

Les neurosciences contre la télévision et les pédagogies nouvelles

Des milliers d’études scientifiques ont établi la malfaisance de la télévision sur la santé (obésité, maladies cardio-vasculaires) et le développement intellectuel en particulier des jeunes enfants. Avec TV lobotomie, Michel Desmurget en fait un point sans concession, frappant au cœur l’instrument central de contrôle des esprits.
Les neurosciences offrent aussi des arguments décisifs contre les pédagogies dites « nouvelles » dont les ravages dans l’éducation sont constamment dénoncés, notamment par Laurent Lafforgue, médaille Fields.

Un bouillonnement fécond

Ce qui est frappant dans ce nouveau paysage intellectuel, c’est la diversité de ceux qui le composent. Il y a les établis et les marginaux : ceux qui ont pignon sur rue chez Gallimard et au Seuil, et ceux qui publient leurs livres à la limite de l’autoédition. Qu’importe, les uns et les autres rencontrent le succès grâce à Amazon notamment.
Il y a ceux qui viennent des rives de la gauche et du marxisme et ceux qui s’assument réactionnaires. Il y a des libéraux lucides et des lecteurs de Krisis. Il y a des catholiques, des laïcs et des panthéistes. Il y a ceux qui sortent de trente ans de bien-pensance et ceux qui luttent depuis trente ans contre la bien-pensance. Il y a aussi tous ceux qui viennent de nulle part mais qui respectent les faits.

Le pouvoir des oligarques et l’ordre politiquement correct (mondialiste, « antiraciste », libre-échangiste, en rupture avec les traditions) sont placés sous un triple feu : les mouvements populistes, la blogosphère dissidente et les intellectuels en rupture. Gageons que les événements qui viennent les feront converger !

[box class=info]Beaucoup de ces livres ont fait ou feront l’objet de recensions sur Polémia. Nos lecteurs peuvent s’y reporter. Ils peuvent aussi trouver certaines recensions sur l’excellent blog metapoinfos.hautetfort.com[/box]