Tag Archives: déterminant du vote

Pascal Perrineau

La gauche qui vote FN : un phénomène réel mais minoritaire

Pascal Perrineau Livre FN14/06/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Le politologue Pascal Perrineau (photo) vient de publier un livre intitulé Cette France de gauche qui vote FN (Seuil). Il revient avec force chiffres sur ce phénomène qui est que des électeurs de gauche, qui se revendiquent parfois expressément comme de gauche, votent FN. En termes de flux, Perrineau estime qu’un tiers du surcroît d’électeurs que Marine Le Pen a gagnés entre 2012 et 2017 vient de la gauche. En termes de stock, ce sont cependant seulement 6 % seulement des électeurs de Marine Le Pen en avril dernier qui se disaient « plutôt de gauche ».

Pascal Perrineau le rappelle explicitement : sa thèse n’est pas que le FN est devenu un parti de gauche. En revanche, il estime que la dynamique du Front National depuis 2012 est à mettre au crédit d’une inflexion politique plus ouverte à gauche, à savoir la ligne Marine Le Pen‑Philippot. Le premier tour des législatives a confirmé que, dans les Hauts‑de‑France, le FN a pour partie remplacé le PCF et le PS dans l’électorat populaire.

Perrineau décrit là un phénomène réel mais son analyse est celle d’un politologue et non d’un stratège politique.

D’une part – et il en convient –, ces électeurs de gauche ne sont pas seulement venus au FN pour son discours social, mais aussi pour son discours sur l’immigration.

D’autre part, ce que Marine Le Pen a gagné d’un côté – cet électorat issu de la gauche –, elle l’a reperdu de l’autre côté : c’est cet électorat bourgeois et même celui des classes moyennes – ou tout simplement l’électorat âgé – qui se détourne du FN.

Ce positionnement ni droite ni gauche condamne le FN à l’isolement politique et donc à l’éternel échec. Le second tour de la présidentielle l’a montré avec fracas : l’électorat de gauche a très peu voté Marine Le Pen.

L’électorat de centre‑droit offrait davantage de réserves de voix. Mais cet électorat de centre‑droit a été dissuadé par le discours gauchisant de Marine Le Pen. Or, sans lui, aucune majorité électorale n’est possible.

Pascal Perrineau préfère quant à lui pointer le manque « de gouvernementalité » de Marine Le Pen.

Emmanuel Todd

Emmanuel Todd traite les électeurs du FN de « purs racistes anti-Arabes »

02/04/2017 – PARIS (NOVOpress) : Pour l’essayiste Emmanuel Todd, la « France d’en bas » est désormais à mettre dans le même sac que « la France d’en haut », encore qu’on puisse accorder à la seconde… de n’être pas raciste ! C’est ce que cet intellectuel de gauche revendiqué explique en long, en large et de travers dans une interview fleuve au Journal du dimanche où il affirme :

« Les élites sont affligeantes, mais le peuple est décevant. Les gens du Midi de la France n’ont aucune excuse pour voter FN parce qu’ils ne vivent pas dans le naufrage industriel. Les gens du Midi qui votent Front national doivent être jugés (sic) pour ce qu’ils sont : de purs racistes anti-Arabes. »

Il enchaîne ainsi :

« Quand aux ouvriers du Nord, ils pourraient pour voter pour l’égalité en votant pour Mélenchon. Ils préfèrent en majorité taper sur les plus faibles qu’eux, les immigrés, les Arabes. Les élites trahissent le peuple mais le peuple est médiocre. […] Les Français se comportent mal et il faut leur dire. »

Dans le jeu de quilles qu’est cet entretien, où il dézingue tout le monde, Emmanuel Todd dit toutefois avoir « une sympathie instinctive pour Emmanuel Macron », bien que son programme soit « l’amalgame de tous les lieux communs du système bancaire » :

« Le côté sympathique [de Macron], c’est que la banque n’est pas raciste. Les gens qui ne s’intéressent qu’à l’argent n’ont rien contre les immigrés. »

Là où on donnera raison à Todd, c’est qu’à la fin de l’entretien, il confesse naïvement :

« S’il y a un domaine dans lequel j’ai montré ma totale incompétence, c’est bien la perception des individus. Comme psychologue, je suis nul. […] C’est pour ça que sur ma pierre tombale, j’aimerais comme épitaphe : “Je n’ai rien compris mais c’était génial.“ »

« Je n’ai rien compris » suffira.