Où la France est bien plus démocratique…

Où la France est bien plus démocratique…

[box class=”info”] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 11 janvier 2012, reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Mes cheveux se sont dressés sur ma tête (du moins ceux qui me restent, sans forfanterie) en lisant l’article que mes bons confrères du « JDD » ont consacré à la Hongrie.

Imaginez que ce petit pays, qui fut l’un des premiers à secouer le joug communiste, est tombé sous la coupe amère d’un dictateur au masque de velours, l’immonde premier ministre Viktor Orban ! Contre toutes les valeurs de l’Europe et de la Démocratie réunies, ce tyran abominable s’appuie sur le peuple pour persécuter ses opposants, essentiellement journalistes à la télévision d’Etat si j’ai bien compris.

Quand le pouvoir donne raison aux électeurs contre les bobos, que reste-t-il de l’Etat de droit ? La Hongrie, aujourd’hui, vit dans l’ombre de la Peur. « La peur de la délation, du licenciement – un millier de journalistes et techniciens ont été renvoyés l’année passée de la télévision publique », avertissent les journalistes du « JDD ». Vous imaginez ce qui se passerait si c’était le cas en France ? Si, sous prétexte que les Français ont élu un président de droite pour faire une politique de droite, celui-ci commençait à virer tous les militants de gauche qui contrôlent à leur profit exclusif les médias d’Etat ? Ce serait la révolution… Pardon : la dictature !

« La peur d’être privés de contrats publicitaires pour les journaux d’opposition », poursuivent les confrères. Sûr qu’on ne verrait pas ça en France : à « Minute », par exemple, nous n’arrêtons pas de refuser la publicité, au point qu’il faut se battre avec les annonceurs pour les empêcher d’entrer. On les jette par la fenêtre, ils reviennent par la porte. Et malgré cela, chaque semaine, des dizaines de milliers de lettres de lecteurs arrivent sur nos bureaux pour se plaindre de l’abus de pub dans le journal, que vous n’avez sans doute pu manquer, vous aussi, de déplorer…

« La peur d’être livrés à la vindicte populaire, comme l’ont été plusieurs intellectuels opposés à la nouvelle Constitution par un média affilié au pouvoir, qui n’a pas manqué de souligner leur judéité. » Là non plus, pas de risque que ça arrive chez nous. Ce n’est pas en France, par exemple, que l’on verrait des journalistes de la presse « politiquement correcte » téléphoner à un ministre en exercice – appelons-le Mariani – pour lui reprocher d’avoir osé donner une interview à « Minute ».

Car nous avons la chance, en France, de vivre dans une authentique démocratie, où toutes les personnalités politiques, même lorsqu’elles s’appellent Le Pen, sont traitées par les journalistes de la même manière, et où tous les médias politiques, fussent-ils « hors système », jouissent de la même considération… Vous n’en avez pas eu l’impression jusqu’à aujourd’hui ? Moi non plus.
Serions-nous tous paranoïaques ?

François Couteil

Photo en Une : Statue de la liberté. Crédit photo : Elcobbola, licence CC.
Où la France est bien plus démocratique…

La Turquie ose donner des leçons de démocratie à la Syrie

La Turquie ose donner des leçons de démocratie à la Syrie

16/11/2011 – 09h30
ANKARA (NOVOpress) –
« La Turquie a perdu espoir de voir le régime syrien répondre favorablement aux demandes de la communauté internationale d’engager des réformes démocratiques et de mettre fin à la répression », a déclaré mardi Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc. Samedi, des manifestants syriens ont défilé devant les représentations diplomatiques turques de Damas et Alep.

Cet appel à plus de démocratie en Syrie de la part de la Turquie, allié stratégique des Etats-Unis qui veulent abattre le régime nationaliste syrien, ne manque pas de sel.

Thorbjorn Jagland, Secrétaire général du Conseil de l’Europe, vient en effet de demander à la Turquie de respecter la liberté de la presse. Sous le régime islamique du Parti de la justice et du développement (AKP) d’Erdogan, 57 journalistes sont actuellement emprisonnés en Turquie, pays en pointe dans la persécution de nombreuses populations : chrétiens, Kurdes, Arméniens…

Photo : Ankara, Turquie. Crédit photo : Emiliano Ricci, via Flickr, licence CC.

« L’oligarchie au pouvoir », de Yvan Blot

« L'oligarchie au pouvoir » de Yvan Blot

Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia.

[box class=”warning”] Sous une apparence de démocratie, le pouvoir réel est en fait oligarchique, c’est-à-dire dans les mains d’un petit groupe d’individus. Ce pouvoir vacille : les pôles de résistance de la société civile s’affirment de jour en jour. En dernier ressort, seule la démocratie directe pourra délivrer les Français de l’oligarchie. Telle est la triple thèse d’Yvan Blot dans cet ouvrage roboratif que nous fait découvrir Henri Dubost avec beaucoup d’élégance.

Polémia [/box]

Défiance du peuple, défiance envers le peuple

« L’oligarchie au pouvoir » de Yvan Blot Si, selon Aristote, l’aristocratie (gouvernement des meilleurs pour le bien commun) dérive nécessairement en oligarchie (gouvernement de quelques-uns pour leur bien personnel), force est de constater que la démocratie (idéalement « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », selon la formule d’Abraham Lincoln) est paradoxalement également sujette aux mêmes dérives oligarchiques.

En France, mais aussi dans de nombreux pays occidentaux, on constate une méfiance croissante du peuple à l’encontre du système politique et des instruments de contrôle de l’opinion publique, médias et instituts de sondages. Il y a dix ans, les Français accordaient la note de 4,7 sur 10 à leur système politique ; elle n’est plus que de 3,7 sur 10 dans l’enquête de Bréchon et Tchernia de 2009, relève Yvan Blot. Si 73% des Français ont une image positive de l’armée et de la police, en revanche le parlement, bien qu’élu, ne recueille que 45% de bonnes opinions et les politiques ,18% ! Quant aux médias, 68% de nos concitoyens les considèrent comme « peu ou pas indépendants ». Des scores obtenus, il faut le remarquer, avant la nauséabonde saga Strauss-Kahn, le scandale Karachi ou encore les révélations des pléthoriques mises en examen tant dans les rangs du PS que de l’UMP. Le parfum de pourriture avancée qui flotte sur le monde politico-médiatique ne peut que déciller chaque jour un peu plus les Français sur les soi-disant vertus du Système…

Les représentants élus par le peuple ne contrôlent pas le gouvernement

Les candidats qui se présentent devant les électeurs sont désignés à l’avance par les partis, et sont donc choisis pour leur parfaite docilité. Ainsi, souligne Yvan Blot, « ceux qui pourraient contrôler sérieusement le gouvernement (la majorité), ne le souhaitent pas (par discipline de parti), alors que ceux qui voudraient contrôler le gouvernement (l’opposition), ne le peuvent pas, parce qu’ils sont minoritaires ». Certes, « des membres de la classe politique peuvent perdre les élections, mais ils sont remplacés par des équivalents dont la politique n’est jamais très différente de celle de leurs prédécesseurs ». En France, d’aucuns appellent ce système l’UMPS… D’autre part, « le pouvoir législatif est largement dans les mains de l’exécutif qui a l’initiative réelle des lois et qui les faits rédiger dans les ministères. Beaucoup de députés et sénateurs investissent peu sur ce travail de juristes qui parfois les dépasse et qui est peu compatible avec le travail électoral de terrain pour se faire réélire. Ils se bornent alors à signer les rapports préparés pour eux par les fonctionnaires des assemblées ». Un deuxième plafond de verre vers le ciel serein de la démocratie est ainsi constitué par l’administration (la technostructure) caste de hauts fonctionnaires non élus mais qui, de fait, concentrent entre leurs mains la réalité du pouvoir, ceci en parfaite adéquation avec l’idée d’Auguste Comte selon laquelle la souveraineté des experts doit remplacée la souveraineté du peuple. Il faut adjoindre à ce constat le fait que près des trois-quarts des lois votées par les parlementaires ne sont que des implémentations dans le droit français de directives de Bruxelles. Pour Yvan Blot, sous le nom de démocratie dite représentative, nous vivons donc sous la coupe réglée des oligarchies : l’administration civile (les technocrates), les médias (qu’Yvan Blot nomment joliment les « prescripteurs d’opinion »), les dirigeants de syndicats, les groupes de pression culturels et cultuels, etc., qui forment des réseaux en interaction puissante, laissant le citoyen totalement désarmé.

Le Gestell

Yvan Blot fonde son analyse de l’oligarchie en référence constante au Gestell heideggerien, qu’on peut définir comme une vision du monde exclusivement matérialiste, utilitariste, techniciste. L’homme idéal selon le Gestell n’a pas de racines (ni famille, ni race, ni nation, ni culture, ni spiritualité, ni religion), n’a pas de passé (un culte mémoriel totalement virtualisé et instrumentalisé dans le sens d’une repentance mortifère lui en tient lieu), n’a pas d’idéal (pur producteur/consommateur interchangeable), n’a pas de personnalité (en lieu et place, un ego hypertrophié par la publicité). Nietzsche en a prophétisé l’avènement dans son Zarathoustra, sous de nom de dernier homme.

Technique, masse, argent et ego sont les quatre idoles du Gestell dont le masque le plus pernicieux est l’égalitarisme : « Pas de berger, un seul troupeau ! », disait Nietzsche. « Tout historien sait qu’avant la guerre, il y avait bien plus de liberté de parole en France, souligne Yvan Blot. Il suffit par exemple de lire les débats à l’assemblée nationale avant guerre et maintenant. Les discours sont devenus de plus en plus techniques, convenus et plats ». Constat également alarmant sur l’extension du domaine de la barbarie : depuis 1968, soit en quelque 35 années, le nombre de crimes et délits est passé en France de 1,5 million à 4,5 millions… Quant à l’art contemporain (qu’il serait plus adéquat d’appeler art financier), il est la manifestation la plus écœurante de la transformation d’un monde classique, enraciné, en un im-monde post moderniste, cosmopolite. Dans son ouvrage Le siècle juif, Youri Slezkine oppose d’ailleurs le monde mercurien des nomades et de l’astuce (la diaspora) au monde apollinien des guerriers et du sens de l’honneur militaire. « Obscurcissement du monde, fuite des dieux, destruction de la terre, grégarisation de l’homme, suspicion haineuse envers tout ce qui est créateur et libre », tel est le bilan du Gestell selon Heidegger.

Les justifications idéologiques de l’oligarchie

Selon Yvan Blot, Le Gestell repose sur quatre piliers idéologiques : le progrès, l‘égalitarisme, le droit-de-l’hommisme, la gouvernance démocratique. Ces masques, qui se veulent séducteurs envers le peuple, mais qui constituent en fait de véritables poisons totalitaires, sont autant d’autojustifications du Gestell. Yvan Blot rappelle fort opportunément que Staline parlait volontiers de droits de l’homme et que l’URSS a voté la Charte universelle des droits de l’homme de 1948, alors même que le régime bolchevique menait une politique intérieure fondée sur une effroyable terreur. « Derrière le progrès, il y a l’utilitarisme du Gestell qui détruit les racines, fait de l’homme une matière première privée de patrie. Derrière l’égalité, il y a la destruction des libertés, l’oppression, et la diffusion d’un esprit de haine qui déchire le tissu social. Derrière les droits de l’homme, il y a la volonté de légitimer tous les caprices de l’ego, quitte à menacer l’ordre public et l’Etat de droit lui-même. Derrière la gouvernance démocratique, il y a l’oligarchie et la volonté d’empêcher le peuple de participer vraiment au débat public, sous prétexte d’étouffer le “populisme” », observe Yvan Blot. Ces oripeaux idéologiques du Gestell se retrouvent d’ailleurs aussi bien à gauche qu’à « droite » : il existe une « droite » mondialiste, utilitariste, politiquement correcte, hostile à la famille et à la nation qui, comme la gauche, est totalement à la botte du Gestell.

« Là où règne le péril, croît également ce qui sauve ! »

Mais selon Yvan Blot, le Gestell, en tant qu’il nie l’essence de l’homme, ne peut que s’effondrer. La préférence pour l’immédiat, la déresponsabilisation des individus, la réification de l’humain et de la vie, le choix systématique de l’hédonisme et de l’esthétisme contre l’éthique, aboutissent à un effondrement civilisationnel, ainsi que l’ont montré Hans Herman Hoppe dans son ouvrage Democracy, the God that failed, et Jean-François Mattéi dans La barbarie intérieure. Entre autre dans le domaine de la démographie, la dictature du Gestell aura en Europe des conséquences catastrophiques dans les vingt prochaines années, souligne Yvan Blot, ceci en accord avec le démographe Yves-Marie Laulan pour lequel « la démographie scande l’histoire ». L’éviction des Serbes du Kosovo, qui nous rappelle d’ailleurs que l’histoire est tragique, est l’illustration la plus récente de ce principe. Pour Yvan Blot, un des contrepoisons au Gestell est l’ « autonomie de la pensée existentielle ».

En termes plus triviaux : on ne peut mentir tout le temps à tout le monde… Yvan Blot prend entre autre l’exemple politiquement incorrect de l’immigration. Le bombardement systématique du slogan « L’immigration est une chance pour la France », avec statistiques et études enchanteresses à l’appui, après avoir pendant trente ans sidéré les foules et empêché toute prise de conscience du phénomène de substitution de population, finira par être perçu comme un insupportable mensonge par ceux-là même qu’il était censé normaliser. Tout comme les citoyens de l’URSS ont fini par constater, malgré l’omniprésence de la propagande du régime, le gouffre béant entre l’idéologie et le réel. Pour Yvan Blot, cette Aléthéia (dévoilement en grec) « ne dépend pas de la volonté des hommes mais de changements internes à l’être du destin (ce que les Grecs appelaient Moira) ». Incontestablement, entre autre avec Internet, la parole s’est libérée, dans le peuple en général et parmi les jeunes tout particulièrement. L’Aléthéia semble donc irréversible. Ce qui est vrai des victimes de l’insécurité et de l’immigration l’est aussi de celles de la spoliation fiscale et patrimoniale. Yvan Blot insiste également sur ceux qu’ils nomment les « héros », les éveilleurs de peuples qui savent cultiver les vertus guerrières et le désintéressement, ainsi que sur le rôle du catholicisme, mais un catholicisme qui aurait naturellement retrouvé sa dimension combattante. Celui par exemple du pape saint Pie V dont les appels à la lutte contre l’islam aboutirent à la magnifique victoire de Lépante sur le Turc en 1571. Et Yvan Blot fait également sien le profond aphorisme du poète Hölderling : « Là où règne le péril, croît également ce qui sauve ! »

Les contrepoisons politiques : enracinement national et démocratie directe

« Vouloir séparer les notions idées de nation et de démocratie est un leurre » affirme Yvan Blot, remarquant avec Heidegger qu’il s’agit de mettre l’identité (qui rassemble) avant l’égalité (qui disperse. Lorsque les Athéniens se réunissaient sur l’agora pour décider de la chose commune, ils le faisaient au nom de leur famille et de leur lignée, non pas simples expressions de contrats comme le voudrait le Gestell, mais liens transcendants entre individus. Seule l’appartenance nationale est garante d’une cohésion sans laquelle il ne saurait y avoir de démocratie. Or « il n’y a pas de nation sans volonté politique de ses citoyens d’en faire partie ». D‘où le puissant levier de cohésion nationale qu’est la démocratie directe, laquelle est fondée sur deux outils essentiels : le référendum veto et l’initiative populaire. Le premier consiste à permettre au peuple d’annuler une loi votée par le parlement. La seconde est une pétition pour soumettre à référendum un projet de loi voulu par les citoyens signataires sur un sujet que le gouvernement ou le parlement ignorent ou ont peur d’aborder. En Suisse, une initiative populaire a abouti à un référendum anti-minarets, largement remporté par son initiateur, l’Union Démocratique du Centre, premier parti de la Confédération, et de très loin, en nombre d’électeurs. Les adversaires de la démocratie directe allèguent la non-maturité ou le manque d’ « expertise » des citoyens. Or des études universitaires très poussées, tant en Suisse qu’aux Etats-Unis, ont montré que les décisions du peuple, quand on consent à lui donner directement la parole, sont toujours modérées et raisonnables.

« En France, conclut Yvan Blot, il faudra sans doute une crise grave pour que l’oligarchie politique se résolve à introduire la démocratie directe ». Au vu des derniers événements, entre autre crise de l’euro et crise de l’endettement des Etats, nous n’en sommes plus très loin…

Henri Dubost

– Yvan Blot, L’oligarchie au pouvoir, Editions Economica, 2011, 144 pages

Yvan Blot, ancien élève de l’ENA, docteur ès-sciences économiques, ancien député du Pas-de-Calais et ancien député européen. Créateur de l’association « Agir pour la démocratie directe » qui demande que l’on applique l’intégralité des articles 6 et 14 de la Déclaration es Droits de l’Homme et du Citoyen, qui autorise le peuple à voter directement par référendums les lois et les impôts.

[box class=”info”] Source : Polémia – 10/11/2011 [/box]

Apologie de la démocratie directe dans le Rhône ou l’hypocrisie de la classe politique

Apologie de la démocratie directe dans le Rhône ou l’hypocrisie de la classe politique

13/10/2011 – 18h30
LYON (NOVOLyon) – Selon la fédération du Rhône du Parti socialiste, 70.000 personnes ont participé aux primaires socialistes dans le département. Ce nombre correspond à 7 % des électeurs inscrits sur les listes électorales.

Le peuple et ses représentants vus par KonkTrès justement, la fédération socialiste voit, dans cette mobilisation massive, un avènement de la démocratie directe. D’ailleurs, dès les premiers résultats, le charivari médiatique s’est mis en route. Tous les candidats socialistes se sont attribué ce succès, paradant sur les plateaux de télévision pour encenser cette « démocratie directe » parée de toutes les vertus. Pourtant, ce sont ces mêmes élus et candidats qui la condamnaient en 2009 et en 2010 lorsque les Suisses avaient « mal voté ». En novembre 2009, ils étaient nombreux à critiquer le processus de démocratie directe représenté par la votation suisse, lors du référendum sur l’interdiction des minarets. Des critiques similaires ont fusé en 2010, lorsque les Suisses ont récidivé en refusant le droit de vote des étrangers !

Là où la démocratie directe est considérée comme un acte citoyen lors d’élections internes à un parti, elle est vilipendée par la classe politique comme le pire des maux pour la société. Ainsi la démocratie directe fait peur. Il est donc nécessaire de rappeler aux élites politiques que la démocratie directe est la voix du peuple. Son résultat n’a pas à être interprété, transformé ou contourné* mais seulement accepté.

Attardons nous sur le cas du sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb. Pilier du Parti socialiste depuis plus de vingt ans, il a habitué les Lyonnais à… rien ! La démocratie directe n’existe pas, les Gones et les Fenottes ne sont jamais consultés sur les décisions importantes à prendre sur l’avenir de la capitale des Gaules. Et pourquoi leur demander puisqu’ils n’ont pas de velléité à faire entendre leurs voix ? La simple évocation du principe de subsidiarité, si cher à Charles Maurras et Proudhon, de parlements provinciaux, de démocratie directe et de référendum populaire n’évoquent plus rien à des citoyens habitués à ne rien dire et à subir.

D’ailleurs à quoi bon s’offusquer puisque les Lyonnais et les Français en règle général savent très bien que ce ne sont plus les hommes politiques qui décident pour eux.

Dans un extrait de son livre « Et si la France s’éveillait », le sénateur-maire de Lyon ne peut s’empêcher de nous révéler que le peuple et ses représentants ne dirigent plus la France. D’ailleurs, Gérard Collomb ne se plaint pas de cet état de fait, ne soyez pas naïfs, il s’en prend à Nicolas Sarkozy, car il continue de croire ou plutôt de nous faire croire que le peuple français décide pour lui-même.

Extraits de « Sarkozy, le plus hexagonal de nos présidents » :
[box]Urne électorale« En France, nos joutes politiques continuent à s’organiser comme si tout pouvait encore se décider dans le seul cadre hexagonal, comme si nous étions maîtres de tout, comme si l’économie et la société françaises n’étaient pas désormais totalement immergées dans un monde qui a vu se réduire à la fois le temps et l’espace, comme si nous pouvions encore décider et agir seuls. (…) Nous faisons croire qu’il nous est possible de mener à notre guise des politiques de relance, des politiques salariales, des politiques de protection sociale totalement déconnectées de celles de nos voisins, comme si nous n’étions pas liés par des interdépendances de plus en plus fortes. D’où ce raisonnement simpliste de la France seul maître à bord, qui est, pour nous, une tentation permanente. Cette fâcheuse tendance marque évidemment la politique de Nicolas Sarkozy, le plus hexagonal et le plus jacobin des présidents que nous ayons eus. Ma conviction est que Nicolas Sarkozy se perd, et la France avec lui, dans cette croyance en la toute-puissance de l’Etat-nation, mais que la gauche n’échappe pas davantage à cette illusion. »[/box]

En clair, le peuple ne décide plus de l’avenir de la France et les décisions ne se prennent plus dans l’isoloir. Avouons le, on s’en doutait un peu… Mais une question demeure : où se prennent les décisions si nous ne sommes plus « maîtres à bord » et que l’on ne décide « plus dans le seul cadre hexagonal » ? La réponse se fait attendre…

*comme cela a été fait pour le référendum pour le Traité de Lisbonne. Le non avait été majoritaire, mais M. Sarkozy a quand même ratifié le traité en détournant la constitution.

Le Parti pirate grand gagnant des élections locales à Berlin

Le Parti pirate grand gagnant des élections locales à Berlin

21/09/2011 – 19h30
BERLIN (NOVOpress) – C’est la grosse surprise des élections locales du dimanche 18 septembre à Berlin. Le Parti pirate obtient 16 sièges au parlement régional. Avec 8,9% des suffrages. Et surtout un score plus de quatre fois supérier au FDP (le parti libéral, partenaire de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel).

Tel son homologue français, interrogé par le Nouvel Observateur, le Parti pirate milite pour : “la défense des libertés et des droits du citoyens, le libre accès au savoir et à la culture (en promouvant le partage), et la lutte contre le système des monopoles (notamment en remettant en cause les brevets). Le tout dans une démarche citoyenne, une véritable démocratie participative”.

Le Parti Pirate casse la dichotomie politique droite-gauche traditionnelle. Si certaines de ses mesures sociales le rapprochent de la gauche (gratuité des transports en commun, droit à une allocation universelle), il se réclame de garndes figures du libéralisme comme Alexis de Tocqueville ou Thomas Jefferson. De plus, son fondateur avait sa carte à la CDU (le parti d’Angela Merkel) alors que certains de ses membres se réclament de Karl Marx.

En tout cas, le succès du Parti pirate est tel qu’il a obtenu plus de sièges que de candidats présentés :  16 sièges pour 15 candidats…

New York : victoire historique des Républicains et camouflet pour Obama

New-York : victoire historique des Républicains et camouflet pour Obama

14/09/11  13h00
NEW YORK (NOVOpress)
– Le ciel électoral ne cesse de s’obscurcir au dessus de la tête du président américain Barack Obama.

Les Républicains ont en effet remporté un siège de représentant au Congrès dans la 9ème circonscription de New York, fief traditionnel et historique des démocrates. Ce basculement dans le camp républicain représente une grande victoire symbolique pour l’opposition et fragilise encore un peu plus le président, déjà très attaqué sur sa mauvaise gestion de la crise économique.

C’est l’homme d’affaires républicain Bob Turner qui a porté ce nouveau coup aux démocrates en remportant le siège face à son adversaire Dave Weprin.

Cette élection faisait suite à la démission de l’ancien détenteur du siège, le démocrate Anthony Weiner, impliqué dans un scandale sexuel suite à l’envoi de photos de lui scabreuses à des jeunes femmes via Twitter.

La démocratie totalitaire ou comment le despotisme oriental s’installe en Europe

Le Système aime se parer des couleurs de la « démocratie », qu’il oppose bien sûr à l’horrible dictature. Les révolutions arabes ne déboucheraient-elles pas enfin sur « la démocratie » ? Mais que recouvre ce terme exactement ? Voilà bien le problème aujourd’hui.

La démocratie comme procédure non comme contenu

La science politique classique distinguait traditionnellement les régimes politiques selon leur forme. Pour reprendre une classification basique : le gouvernement d’un seul (monarchie), le gouvernement des meilleurs (aristocratie), le gouvernement du peuple (démocratie), cette classification pouvant, bien sûr, être raffinée à l’infini.

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