Démocratie : mais où sont donc passés les médias d’opposition à Macron ?

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La France est une grande démocratie. En tout cas, c’est ce que l’on entend sur le ton de l’autosatisfaction supérieure dans les médias qui s’autoproclament « de référence ». Une démocratie qui donne des leçons dans le monde entier. Enfin, plus en Russie et chez Orbán qu’en Chine, à Singapour ou dans les Émirats arabes. Question de regard. Revenons en France, où le débat démocratique est équilibré, où la presse est libre. Où les électeurs ont le choix de s’informer en toute indépendance et en toute impartialité.

Quel beau pays ! Tenez, faisons le compte des médias qui soutiennent Macron : Le Figaro a appelé ses lecteurs en ce sens dans un éditorial. C’est son droit le plus strict. Son actionnaire, le groupe Dassault, a des avions à vendre, il a besoin de l’État. Les médias de service public, France 2, France 3, France 5 ou le très neutre France Inter n’ont appelé à voter pour personne, direz-vous. Certes, mais curieusement, personne n’a songé à leur faire le procès de rouler pour Marine Le Pen. Le Monde, Challenges, Libération, eux, ont clairement appelé à battre Le Pen. Encore une fois, c’est leur droit et nous ne le leur contestons pas. Mais on ne peut tout de même pas nous empêcher d’être un peu surpris. Tenez, si un de nos interviewés nous confiait au micro « Avec Emmanuel Macron, les pauvres vont peut-être mourir », nous arrêterions immédiatement l’interview à Boulevard Voltaire et nous proposerions à notre orateur un verre d’eau. On lui expliquerait que ce n’est pas sérieux, que nous sommes sous la lampe de fact-checkers très rigoureux, payés au moins en partie par l’État, et qu’on ne peut se permettre de dire n’importe quoi. L’interlocuteur aurait compris, il aurait reformulé sa phrase et prononcé quelque chose comme : « Avec Emmanuel Macron, les pauvres vont peut-être souffrir. » Imprimatur. Merci, c’est parfait. Pourtant, dans Le Parisien, le ministre de l’Intérieur lance en toute impunité : « Avec Marine Le Pen, les pauvres vont peut-être mourir. » Et ça passe crème ! Un autre exemple ? Une élue du RN, par exemple, aurait pu nous lancer : « Si Macron gagne, moi comme bien d’autres amoureux de la France, nous sommes menacés très directement de mort. » Là encore, nous aurions usé de la technique du verre d’eau. Non, Mademoiselle, cela va être difficile de publier cela, respirez bien fort et on reprend. Libération a eu moins d’états d’âme en publiant ces propos d’Alice Coffin, repris au bond par Gabrielle Cluzel : « Si l’extrême droite gagne, moi comme tant d’autres militant·e·s féministes, ou antifa, ou antiracistes, nous sommes menacé.e.s très directement de mort. » Allons-y pour l’exactitude, la précision et l’honnêteté du propos.

Mais il y a pire. Dans cette grande démocratie libérale où les opinions et les médias sont si libres, faisons le compte des médias qui ne soutiennent pas Macron, qui ne sont pas violemment hostiles à la candidate de deuxième tour, celle qui a recueilli le plus de voix derrière Emmanuel Macron et représentera, au final, autour d’un Français sur deux, un peu plus ou un peu moins. Mettons dans ce camp la chaîne CNews, qui s’en défendrait avec raison, arguant qu’elle donne la parole à un large éventail d’opinions. Disons qu’on peut y entendre parfois des propos moins amènes vis-à-vis du gouvernement qu’à l’antenne de ses concurrentes. Rappelons, au passage, que CNews fait justement l’objet d’une offensive de l’association Reporters sans frontières, qui entend réviser les lois françaises et faire appel au Conseil d’État comme au Conseil constitutionnel pour la remettre dans le droit chemin. La lutte contre la liberté d’opinion, en France, ça occupe. Il faut ajouter à CNews l’hebdomadaire Valeurs actuelles, le plus petit des magazines d’actualité (une catégorie d’hebdomadaires prestigieux qui rassemble officiellement Le Point, L’Express ou L’Obs), l’hebdomadaire Marianne, votre site préféré Boulevard Voltaire, qui se permet de temps en temps quelques critiques au guide suprême, et quelques courageux médias comme Causeur, L’Incorrect et d’autres. C’est tout ? Oui, c’est tout. Rien de dominant, rien d’absolument écrasant dans le paysage, on en conviendra. Quelle démocratie compte moins de médias d’opposition ? Peut-on poser cette question ? C’est un drôle de sport d’animer un média non-macroniste en France. Exemple : Marianne, résolument opposé à Macron comme à Le Pen, a été rattrapé par son actionnaire. Le Tchèque Křetínský a, selon la Société des rédacteurs de Marianne, habilement transformé la une de cette semaine. Les lecteurs ne verront pas en couverture « La colère… ou le chaos » mais un titre bien plus engageant : « Malgré la colère, éviter le chaos ». Autrement dit, votez Macron. Les journalistes du titre dénoncent « une attaque grave contre l’indépendance éditoriale de Marianne ». On attend la pétition générale des confrères toujours si prompts à défendre la liberté de la presse contre les méchants actionnaires. Cette fois, il y a fort à parier qu’elle ne viendra pas. Un modèle de démocratie, on vous dit.

La France compte donc cette semaine quatre médias d’opposition, sur plus de 25 chaînes gratuites, des centaines de radios, des milliers de magazines et de journaux. Oui, quatre. Quatre médias qui pourraient bien avoir du souci à se faire pour la suite si Macron est réélu. Parce que quatre, c’est encore trop. Mais la France est une grande démocratie, dans laquelle les candidats aux présidentielles luttent à armes égales. Bien sûr.

Marc Baudriller

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

De la démocratie et autres fariboles, par Jean-Paul Brighelli

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Violemment attaqué par certains commentateurs sur ce qui leur apparaissait comme une prise de distance vis-à-vis de l’Ukraine et une condamnation molle de la Russie, Jean-Paul Brighelli élargit le débat : sommes-nous bien aptes à juger de régimes qui n’ont rien à voir avec le nôtre — si tant est que nous soyons nous-mêmes en démocratie ?

En toutes choses il faut remonter à l’origine : la démocratie a été instaurée par de minuscules États grecs vers le Ve siècle av. JC. Elle supposait une participation générale des citoyens, ce qui excluait les femmes, les métèques (qui étaient nés hors les limites de la cité, qu’ils soient Grecs ou non) et les esclaves. Soit les 9/10ème de la Cité.

Et encore, en limitant ainsi la représentativité, les démocraties n’étaient pas à l’abri de populistes — on disait alors « démagogues » — ou de dérives mortelles. Voir ce qu’en dit Aristophane dans les Cavaliers ou dans l’Assemblée des femmes.

Les citoyens athéniens, dans une économie servile, étaient des oisifs qui pouvaient consacrer à la politique l’intégralité de leur temps. Et pourtant, ils n’étaient guère plus éclairés que nos contemporains Si, Démosthène n’avait pas été là…

La démocratie athénienne est par ailleurs une démocratie directe : chacun voit ce que vote son voisin, puisque cela se fait en public. Et n’importe quel citoyen peut demander le bannissement de tel ou tel homme politique qui lui déplaît. Un processus si instable qu’au premier affrontement avec Sparte, qui était un système royal bicéphale, la démocratie athénienne a volé en éclats.

Montesquieu préfère les républiques aristocratiques, où quelques individus éclairés guident la plèbe. Démocratie et oligarchie sont à ses yeux deux perversions majeures de l’idée républicaine.

Notre génie national…

C’est pourtant sur ce modèle démocratique que s’est constituée la Ière République, en 1792 : les révolutionnaires étaient imbibés de références antiques, à l’époque. Le vote à main levée, en particulier, permet d’identifier les opinions de chacun — et éventuellement de les sanctionner, selon le tarif unique de la guillotine.

Le modèle n’a pas survécu à l’arrivée de Bonaparte — tout comme la IIème République n’a pas survécu au coup d’État de Napoléon III.

C’est que la France est tout ce que vous voulez, sauf un pays démocratique. Elle est éminemment royaliste, et la Constitution de la Vème République n’est qu’une adaptation, par un disciple de Maurras, des principes royalistes à un régime présidentiel. On prête d’ailleurs à Macron, s’il est réélu, le désir d’imposer une réforme constitutionnelle pour renforcer cet aspect présidentiel — conformément au génie national.

J’attribue une bonne part de la désaffection vis-à-vis du processus électoral au sentiment de nos concitoyens qui jugent insuffisante la royauté potentielle des candidats. Les couvertures des magazines, en 2017, présentant Macron en Napoléon IV ont bien tenté de pallier ces béances, mais elles ont persisté. Et aucun des candidats de dimanche n’est à la hauteur des aspirations à la monarchie. Je n’en veux pour preuve que la façon quelque peu dérisoire dont chacun se réclame de De Gaulle, dernier souverain incontesté : rappelez-vous les pages que chaque semaine le Canard enchaîné lui consacrait sous le titre « la Cour », présentant le président de la République en perruque louis-quatorzième. Nous vivons dans la fiction féconde de « l’homme providentiel ».

Les pays slaves veulent des tsars

Chaque pays a des tendances profondes qu’il faut connaître avant de décider à sa place. L’importation de démocraties dans les pays de l’Est ou dans les pays arabes était une très mauvaise idée — et il n’en subsiste que des parodies, que ce soit en Russie ou en Chine, avec un président à vie, en Ukraine avec des coups dÉtatt successifs, ou avec des « hommes forts » dans les pays moyen-orientaux qui se sont offerts un « printemps arabe » pour mieux mettre en place des leaders indéboulonnables. Sans compter ceux qui attendent la venue du Mahdi… Daesh n’a dû son succès local qu’à la croyance selon laquelle les divers « califes » qui l’ont dirigé, Abou Omar al-Baghdadi ou Abou Bakr al-Baghdadi, étaient des envoyés de Dieu.

Ceux qui n’admettent pas ce poids de l’Histoire et de la tradition sont tout simplement acculturés.Éliminerr par exemple Saddam Hussein ou Khadafi était une erreur très dommageable, les « raïs », comme on dit, étaient des gages de stabilité. En Irak le pouvoir chiite a rapidement offert une solution de remplacement adéquate — au grand dam des Américains. En Libye, les factions s’affrontent pour décider qui sera le calife, et déstabilisent toute l’Afrique. Encore bravo à ceux qui au nom de la « démocratie » ont détruit le bel équilibre qui régnait alors — par la force.

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En Tunisie comme en Libye, la transplantation des « principes » démocratiques ont provoqué le chaos, par Bernard Lugan

Bernard Lugan

En Tunisie comme en Libye, la transplantation des «principes » démocratiques et des valeurs abstraites postulées universelles de l’Occident, l’ignorance ou même parfois le mépris de l’histoire, ont provoqué le chaos.

En conséquence de quoi, la Tunisie est aujourd’hui placée devant un choix très clair :
– L’anarchie politique avec l’effondrement socio-économique suivi de la prise de pouvoir par les islamistes.
– Un régime fort capable de rétablir ordre et confiance.

Avec courage, le président Kaïs Saied a choisi la seconde option. Or, ceux qui, en 2011, ont provoqué le chaos avec la « révolution du jasmin », mènent actuellement campagne contre lui. Avec naturellement le soutien des médias français et des éternels cocus de la « bonne gouvernance ».

En Libye, en dehors d’une nouvelle guerre de tous contre tous, deux options sont possibles :

1) La reconstitution d’un Etat fort, ce qui semble difficile dans un pays historiquement caractérisé par une définition de non-Etat (voir mon livre Histoire de la Libye). Une option qui impliquerait un retour à la situation antérieure avec l’émergence d’un nouveau « colonel Kadhafi ». Dans l’immédiat, aucune personnalité ne semble en mesure de jouer ce rôle. Sauf peut-être Saïf al-Islam, le fils du colonel. Lui seul serait en effet en mesure de reconstituer les anciennes alliances tribales au sein des grandes confédérations de Cyrénaïque, de Tripolitaine et du Fezzan.

2) La constitution de deux pôles confédérés, donc la reconnaissance officielle de l’éclatement de la Libye. Une telle orientation aurait l’avantage de circonscrire les luttes de pouvoir au sein de deux régions et donc de limiter l’effet domino régional.

Cependant, le plus important est de voir que l’avenir de la Libye passe par la recomposition des solidarités tribales détruites par la guerre que Nicolas Sarkozy, bien mal inspiré par BHL, déclencha contre le colonel Kadhafi.

Plus généralement, dans toute l’Afrique, tant au nord qu’au sud du Sahara, la priorité n’est pas économique, même si le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont pour but l’intégration dans l’économie planétaire. Les vrais problèmes du continent sont politiques, institutionnels et sociologiques. Nous sommes en effet devant une évidence de politique d’abord. Or, nos impératifs universalistes nous empêchent et même nous interdisent de voir l’évidence de la différence car le corps social africain n’est pas celui de l’Europe ou celui de l’Asie. L’approche économique ressemble à celle d’un jardinier qui s’obstinerait à vouloir greffer un prunier sur un palmier et qui s’étonnerait qu’en dépit des montagnes d’engrais déversées, sa greffe ne prenne pas. Sans parler naturellement du postulat démocratique dont le résultat est l’ethno-mathématique électorale, le pouvoir revenant automatiquement aux ethnies les plus nombreuses.

Bernard Lugan

Texte repris du Blog de Bernard Lugan

L’arbitraire de Macron insulte la démocratie

Macron

Les Français vont-ils supporter encore longtemps l’arbitraire d’Emmanuel Macron ? C’est au bon plaisir du chef de l’Etat, qui préside à son tour depuis le 1er janvier le Conseil de l’Union européenne, que le drapeau français a été remplacé le 31 décembre par celui de l’Europe, sous l’Arc de Triomphe et au-dessus du tombeau du Soldat inconnu, mort pour la patrie. C’est à son bon plaisir que des monuments parisiens, y compris religieux comme Notre-Dame, ont été d’autorité illuminés du bleu bruxellois. Cette semaine donnera également le spectacle d’un parlement transparent, à la botte du président de la République. Les parlementaires avaliseront gentiment, après le feu vert d’un Conseil d’Etat servile, le projet macronien instituant la pérennité de la gestion en urgence sanitaire.

Le passe vaccinal, qui contraindra à la vaccination anti-Covid sans oser la rendre obligatoire, y sera institué. Ceci en dépit de l’échec de la stratégie vaccinale, débordée par le variant Omicron. Jamais le peuple n’aura été autant tenu comme quantité négligeable. Faut-il rappeler que les Français avaient, en 2005, rejeté à 55% cette Union européenne impériale et coupée des nations ? Faut-il rappeler que le nouvel hygiénisme d’Etat, décrété par Macron le 12 juillet, produit depuis lors ses interdits dans l’entre soi du Conseil de défense sanitaire et du Conseil scientifique, sous la seule volonté de l’hôte de l’Elysée ?

La dérive autoritaire du pouvoir est proportionnelle à son décrochage sur la nation. A la question : « Où va la France ? », posée le 15 décembre sur TF1, Macron n’a pas de réponse hormis : « Vacciner, vacciner, vacciner ». L’Europe et le vaccin vont être les terrains du candidat à sa succession. Or un pouvoir ne peut faire avaler aux gens des thèmes qui ne correspondent pas à leurs attentes, sinon en ayant recours à la propagande ou à l‘intimidation. C’est d’ailleurs parce que la disparition du drapeau tricolore au profit du drapeau étoilé a indigné beaucoup de monde que Macron a vite reculé. Les mensonges d’Etat sur l’efficacité du vaccin, démentie par les faits, annoncent probablement d’autres colères.

L’abus de confiance est constitué quand l’Etat survend une solution médiocre en assurant qu’il n’y en a pas d’autres, alors que des soins préventifs sont possibles. L’extorsion du consentement des récalcitrants, désignés comme boucs émissaires des insuffisances du système hospitalier, est un scandale qui devrait mobiliser les défenseurs de l’Etat de droit. Le harcèlement moral contre les non-vaccinés contrevient à la Constitution qui rappelle, depuis 1789, que « tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint de faire ce qu’elle n’ordonne pas ». Quant aux atteintes aux libertés individuelles, elles sont une injure à la démocratie libérale, cet antidote du totalitarisme. C’est l’ombre de ce dernier qui se profile, au nom de la Santé sacralisée. Est-ce ce monde aseptisé et enrégimenté que veulent les Français ? Je suis persuadé que non.

Ivan Rioufol

Texte daté du 3 janvier 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Démocratie britannique et exemplarité, par Maxime Tandonnet

Au Royaume-Uni, Boris Johnson le Premier ministre est en grande difficulté et risque une destitution. En effet, il est mis en cause (entre autres) au sujet de festivités en décembre dernier pendant que des restrictions sévères étaient imposées au pays face à l’épidémie de convid19. Les Britanniques ont raison. On ne peut certes pas exiger des responsables politiques de régler les problèmes d’un coup de baguette magique ni d’inventer des « nouveaux mondes » tous les jours. Cependant, au moins, ils ont un devoir d’exemplarité. Empoisonner la vie des gens par des mesures prétendument efficaces contre l’épidémie pour faire croire que l’on sert à quelque chose est devenu une pratique courante des gouvernements européens.

Mais alors, s’affranchir soi-même des directives morales ou des contraintes bureaucratiques que l’on inflige à la société est, de fait, totalement insupportable et inadmissible. « Faites ce que je dis et ne dites pas ce que je fais… » Chez nous, du fait notamment du climat lèche…bottes qui règne dans la France d’en haut (politico-médiatique), tout le monde a l’air de s’en foutre et les comportements les plus détestables passent dans la plus grande indifférence. D’ailleurs, le système élyséen fait que les dirigeants peuvent dire et faire à peu près n’importe quoi sans la moindre conséquence. Cela s’appelle l’irresponsabilité. Et il se trouve encore quelques esprits simples pour appeler cela démocratie. En Angleterre, c’est différent. Nul n’est irresponsable politiquement, sauf la Reine mais elle est sans pouvoir véritable.

Le détenteur du pouvoir, le Premier ministre, comme ses ministres, sont sous le contrôle d’un Parlement et de leur parti politique. Ce n’est pas comme le gourou tout-puissant et intouchable de l’Elysée. En Angleterre, un Premier ministre et des ministres qui déraillent peuvent être contraints à dégager à tout moment sous la pression de la Nation et du Parlement.

Il est normal, il est souhaitable, il est fondamental que les comportements ineptes des dirigeants politiques dont le premier devoir est d’être irréprochables pour donner l’exemple soient sanctionnés politiquement sans délai. Et le degré d’exigence doit être proportionnel à leur niveau de responsabilité.

Voilà un mystère de notre époque: pourquoi la France a-t-elle ainsi, contrairement au RU, renoncé à être une démocratie?

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Notre démocratie est-elle en état de mort cérébrale ? Débat avec Jean-Yves le Gallou sur Putsch Live [vidéo]

Putsch Live Le Gallou

25/06/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Dans ce nouveau numéro de l’émission Putsch Live multi-diffusée sur Youtube, Facebook, Twitter et Twitch, Nicolas Vidal recevait Jean-Yves le Gallou et Anaïs Lefaucheux.

Le thème portait sur les résultats du premier tour des régionales. Nos débatteurs ont du répondre et échanger sur ces questions : La démocratie est-elle en état de mort cérébrale et notre classe politique insensible au désintérêt des Français ? Les résultats très décevants du RN font-ils les affaires d’Eric Zemmour ? Les Républicains, regain électoral ou fausse joie ?

Un débat très animé et passionnant de bout en bout.


[vidéo] Papacito: «La démocratie est une dictature molle perverse car elle donne l’illusion de la liberté»

Papacito

15/03/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Influenceur d’un nouveau genre, aux opinions pour le moins politiquement incorrectes, Papacito, de son vrai nom Ugo Gil Jimenez, confie venir de la «classe moyenne», issu de «grands-parents immigrés espagnols de la banlieue toulousaine».

Radical, mais aussi rabelaisien, féroce provocateur et volontiers outrancier, le polémiste n’hésite pas à manier le second degré (voire le troisième degré?) et à se montrer sarcastique, comme lorsqu’il balance, l’œil brillant, que «l’histoire de l’homme a été misogyne jusqu’à encore soixante ans: on s’en est très bien tirés en faisant Versailles et les pyramides, par exemple!»

«La démocratie est un faux-semblant: c’est juste une “dictature molle” très perverse, car elle donne l’illusion de la liberté, alors qu’elle n’en offre aucune!», ne craint pas d’affirmer le provocateur Papacito.


[vidéo] Confinements, couvre-feux: l’épidémie met-elle en péril la démocratie?

Natacha Polony

26/02/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Après Nice, Dunkerque et son agglomération devront confiner leur population chaque fin de semaine. 10 autres départements sont scrutés de près par le gouvernement. Ils pourraient, eux aussi, se voir imposer des confinements localisés.

À l’heure du retour des mesures sanitaires les plus restrictives, la question de l’existence et de la viabilité du modèle démocratique s’impose. Pour y réfléchir, Sputnik reçoit la directrice de l’hebdomadaire Marianne, Natacha Polony, auteur de l’ouvrage Sommes-nous encore en démocratie?, publié aux éditions de l’Observatoire.


Il y a bien plus inquiétant, pour notre pays, que ce virus !

virus progressisme

Le conflit majeur de notre époque, en Occident, est celui du progressisme et du conservatisme. Il ne s’agit pas d’une opposition entre deux conceptions politiques qui puissent se succéder au pouvoir, comme les Libéraux et les Conservateurs au Royaume-Uni pendant le XIXe siècle. Il s’agit d’une lutte à mort en ce que le progressisme consiste à détruire ce que, justement, les conservateurs veulent conserver. Mais c’est un conflit qui transcende les États-nations et, d’une certaine manière, reprend ce que les marxistes appelaient la lutte des classes. Simplement, au lieu d’opposer un prolétariat conquérant à une bourgeoisie décadente, elle oppose une oligarchie mondiale triomphante aux peuples humiliés. Warren Buffett, pendant un temps l’homme le plus riche du monde, disait sur CNN, en 2005 : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner. »

Il y a une oligarchie mondialiste qui est constituée de puissances financières qui contrôlent la majorité des médias et une partie essentielle des réseaux sociaux. Elle règne sur un certain nombre d’instances internationales et diffuse son pouvoir dans les États occidentaux par le biais de représentants locaux. Son objectif est clair : diluer les volontés politiques nationales afin de substituer à la démocratie une technocratie des « sachants ». Le gouvernement mondial, dont « l’État profond » américain et l’Europe « bruxelloise » sont les étapes, est l’objectif final. Son terrain de prédilection est la lutte contre des ennemis, certes non humains, mais qui oblige « moralement » à contrôler davantage les hommes : le réchauffement climatique, malheureusement un peu abstrait, ou le virus, beaucoup plus convaincant parce qu’il parle à chaque individu de sa propre mort.

Mais il faut, aussi et surtout, en finir avec les nations, c’est-à-dire les peuples conscients de leur identité historique, parce qu’ils sont capables d’exprimer leur volonté, comme le montrent les votes hostiles des nations européennes à l’encontre de leur fusion dans une Europe fédérale. Pour cela, trois processus sont en œuvre : d’abord, l’immigration de remplacement qui prive les peuples de leur unité et de la transmission de leur identité ; ensuite, le matraquage de la cancel culture, c’est-à-dire de la dénonciation et du renversement de la culture occidentale grâce à une culpabilisation de l’Histoire, des héros et des œuvres qui en font la richesse ; enfin, l’atomisation des sociétés en une poussière d’individus consommateurs et hédonistes, après la destruction des familles fondées sur la nature et l’évidence des sexes. La violence et l’intolérance des attaques contre le populisme, c’est-à-dire contre la réaction légitime et démocratique des peuples désirant persévérer dans leur être, contre le conservatisme sociétal lorsqu’il s’oppose à l’avortement ou au « mariage unisexe », témoignent du caractère acharné, littéralement « terroriste » et, en somme, totalitaire de cette offensive : il s’agit non de vaincre momentanément l’adversaire, mais d’empêcher toute alternance, d’interdire tout retour, de bâillonner sa pensée par le biais de lois liberticides, d’inciter les médias à lui refuser la parole. Bref, il s’agit de l’anéantir.

C’est ce que vivent Trump et ses partisans aujourd’hui, c’est ce qui tente de s’installer en Europe avec la mise à l’écart de Salvini en Italie, avec la mise à l’index de la Hongrie ou de la Pologne, avec la mise au pas des Français par la Macronie qui profite du Covid-19 pour museler l’opposition, effacer tout autre débat, décourager les manifestations et même gommer les élections – ces fâcheuses récréations démocratiques. Les Français, contents ou pas de l’action d’un gouvernement qui a multiplié les erreurs, ne pensent plus qu’à ça, et c’est ce qui compte, car face au risque, tout le monde se tourne vers l’État protecteur, bon ou mauvais, plus que vers l’opposition verbeuse.

Christian Vanneste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Sylvain Baron : « Lorsque le peuple n’a plus aucun moyen légal et pacifique de pouvoir se faire entendre, il est de son droit de résister »

Sylvain Baron

Sylvain Baron, auteur de « Révolte ! Essai sur la légitimité et la planification de l’insurrection populaire en France » (Ka’editions Et Conseils), était l’invité d’André Bercoff, mercredi 6 janvier.

Dans son essai, le Gilet jaune Sylvain Baron tente à la fois d’établir une analyse sur l’état politique « et le délitement de l’État depuis 30 ou 40 ans« . Il émet une réflexion sur le droit de la résistance.

« Saisir tout ce qu’on a à notre portée »

« Il y a toute une philosophie du droit chez les juristes« , souligne Sylvain Baron qui prend exemple sur la constitution allemande. « L’article 20 des lois fondamentales prévoit que ‘lorsque le peuple n’a plus aucun moyen légal et pacifique de pouvoir se faire entendre et résister à différentes aliénations politiques, il est de son droit de résister’« , rapporte l’essayiste. Un droit à la résistance qui sous-entend une certaine part de violence.

Pourtant, la violence n’est pas l’outil privilégié par le gilet jaune qui confie être « fâché avec beaucoup de gens qui aimeraient aller dans des écueils violents« . Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut baisser les bras. Sylvain Baron appelle à « saisir tout ce qu’on a à notre portée« . Et bien qu’ils soient méconnus, « il y en a beaucoup« , même si aujourd’hui « la dictature sanitaire, qui nous empêche de nous réunir, rend plus difficile les manifestations, rend mon message de plus en plus caduque« , souligne-t-il.

« On n’a jamais été vraiment en démocratie »

L’idée de son ouvrage est « d’abord d’envisager ce qui est possible de faire pour renverser une oligarchie« , précise son auteur qui souhaite remettre quelques points sur les i. « Une révolution, ce n’est pas les fourches et les pics », note-t-il, estimant « qu’une révolution politique c’est réellement lorsqu’une tyrannie est renversée par une fraction du peuple« .

Un mot fort qui s’applique à la France selon Sylvain Baron. « On n’a jamais été vraiment en démocratie« , explique-t-il qui prend pour exemple la Suisse, « où le peuple peut initier ses propres lois, faire des référendums, ce que les Gilets jaunes réclament« . « C’est ça le fondement de la démocratie », assure l’auteur qui regrette que « tout nous soit retiré par une représentation qui a les réseaux et les moyens de pouvoir être au pouvoir« . « Nous sommes gouvernés par une représentation déconnectée de la réalité, il n’y a pas d’ouvriers, de smicards, d’agriculteurs…« , déplore le gilet jaune.

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Vers l’abolition de la démocratie sur terre?

Je rappelle aussi souvent que possible la définition de la démocratie qui me semble la plus pertinente: le choix par un peuple de ses dirigeants et des orientations politiques de son pays en connaissance de cause.
Chaque mot de cette définition compte.

Pour que le choix s’exerce, il faut qu’il y ait un peuple, et un peuple se définit par l’adhésion à une histoire et à des valeurs communes.

Quand cette adhésion n’existe plus, le peuple s’érode et se dissout.

Cette érosion et cette dissolution s’opèrent présentement dans l’ensemble du monde occidental.

C’est particulièrement net en France où, sous l’effet des idées relativistes disséminées par la gauche, l’assimilation des immigrants a été abandonnée depuis longtemps, et où l’intégration elle-même est en voie de disparition: une part croissante de la population française aujourd’hui ne se reconnaît plus dans l’histoire de la France et est imprégnée de valeurs très différentes des valeurs françaises et des valeurs occidentales.

Le mal est désormais si grand que la gauche n’est plus seule à le propager, et qu’une part importante des gens se disant de droite le propagent aussi, et s’inscrivent ainsi dans le sillage de la gauche.

Pour que les orientations politiques soient celles d’un pays donné, il faut que ce pays soit encore souverain.

Quand la souveraineté se trouve abolie, les orientations politiques sont guidées de l’extérieur, sans que le peuple y puisse encore quelque chose.

La construction européenne est un dispositif conçu pour avancer vers l’abolition de la souveraineté des pays européens, et l’abolition est désormais très avancée.

Les dirigeants politiques des divers pays d’Europe occidentale font semblant de pouvoir encore décider, mais, en réalité, une part croissante des décisions qui s’appliquent dans les pays d’Europe occidentale sont prises à un niveau supérieur, par des gens sur lesquels les peuples européens n’ont quasiment aucun pouvoir réel.

Ce qui se passe en Europe occidentale se retrouve dans l’ensemble du monde occidental et, si Donald Trump se trouve poussé hors de la Maison Blanche par le coup d’État en cours, les États-Unis pourraient suivre le même chemin.

Enfin, et c’est extrêmement important, la connaissance disparaît.

L’information dans tous les pays occidentaux se trouve graduellement remplacée par la propagande.

Plutôt que transmettre des moyens de comprendre la société dans laquelle ils vivent et de comprendre le monde, l’essentiel des grands médias transmet des éléments de dogme, élimine autant que possible les faits qui ne sont pas acceptables par le dogme, déforme jusqu’à les rendre méconnaissables les faits qu’il n’est pas possible d’éliminer.

Quand Jean-François Revel avait publié un livre appelé «La connaissance inutile», le remplacement était déjà très avancé en France et dans le reste du monde occidental.

Aujourd’hui, le remplacement est presque complet. Seuls ceux qui font preuve d’opiniâtreté peuvent accéder à la connaissance, et ils sont condamnés à être très minoritaires.

La propagande permet d’égarer, de dissoudre les repères, d’obtenir des effets de soumission tels ceux qu’on observe dans quasiment tout le monde occidental depuis le début de la pandémie de coronavirus.

Même les sciences exactes sont touchées, et la pandémie de coronavirus a permis de le voir dans le domaine de la biologie et de la médecine; on le voyait depuis des années dans la climatologie, avec la dissémination de la peur du «dérèglement climatique».

Ce qui prend forme en raison de ce que je viens d’écrire est une dissolution des peuples, très avancée dans tout le monde occidental, une abolition des souverainetés, très avancée elle aussi dans tout le monde occidental, et une abolition de la connaissance.

Et ce qui prend forme, donc, est une abolition de la démocratie, qui se trouve peu à peu réduite à un simulacre partout où elle existe.

Ce qui prend forme est la prise de pouvoir par une oligarchie qui entend régir le monde, réduire les populations au statut de plèbes soumises.

Je l’ai déjà dit. Je dois le redire car ce qui prend forme avance, et la très sombre année 2020 qui va bientôt s’achever pourrait apparaître comme l’année d’un basculement vers cette prise de pouvoir.

Guy Milliere

Tribune reprise de Les 4 Vérités

Ce que le virus a détruit : l’identité, la liberté, la démocratie

virus dictature

La pandémie qui submerge la planète, notre continent plus que d’autres, et notre pays en particulier, a exacerbé jusqu’au paroxysme la confusion mentale qui depuis longtemps avait envahi notre pensée collective. La multiplication des canaux d’information a engendré à la fois la possibilité de tout dire et les manipulations destinées à empêcher d’effectuer dans ce “tout” des choix rationnels. Le virus a touché des corps, en a tué un certain nombre, mais il a contaminé bien davantage nos esprits.

Après le passage du tsunami, et avant le prochain déjà annoncé, au milieu de cet océan de doutes et de peurs, quelques certitudes surnagent : notre pays est plongé dans une ambiance délétère qui, sous prétexte de sauver les corps, peut-être, massacre, anéantit, extermine à coup sûr les esprits, ce qu’on appelait jadis les âmes, et qui ne sont plus aujourd’hui que des cerveaux malades. Ce que le virus a détruit, avec la complicité de l’oligarchie régnante, tient en trois mots : l’identité, la liberté, la démocratie, bref ce qui fait d’un individu une personne, ce qui donne au corps une âme parce que le corps est habité par une culture et une foi, parce qu’il est dirigé par une volonté autonome et responsable, parce qu’il participe aux choix collectifs directement ou par le biais de ses représentants. Que l’on puisse au-delà du raisonnable s’en prendre à la liberté du culte et dans le même temps ruiner le commerce du livre, sous la menace de sanctions, en dit long sur les “valeurs” auxquelles notre société se trouve réduite : “métro, boulot, dodo”. La trilogie perçue comme le venin des années 60 est devenue la potion d’aujourd’hui. Pour la liberté, c’est pire encore : il faut cette fois remonter aux années 1940 pour retrouver les atteintes subies maintenant à la liberté d’aller et de venir, à celle de se réunir, à celle d’entreprendre, à celle de commercer. Le couvre-feu et les “ausweis” ont fait leur retour, et dans les rues défile une armée des ombres, masquées, soumises et qui ne songent pas à résister.

Lorsque les libertés constitutionnelles, celle d’aller et de venir, de travailler, celle du culte sont malmenées, l’Etat de droit est pulvérisé par le régime d’exception. Lorsqu’un ministre ose donner l’ordre de sortir de l’hémicycle à des députés parce qu’ils s’opposent à lui et ont mal voté, il s’agit d’un acte gravissime qui bouscule la séparation des pouvoirs, insulte le peuple à travers ses représentants, révèle l’esprit dictatorial qui l’inspire. Au Parlement, l’exécutif n’est pas chez lui alors que les députés sont chez eux. Si la majorité actuelle avait eu la moindre dignité, elle devait exiger le départ du ministre et par la suite sa démission, déjà amplement justifiée par des mensonges et des errances qui devraient le conduire devant la Cour de Justice de la République. Un Etat de droit en miettes, un peuple méprisé : quelle que soit la définition que l’on donne à la démocratie, ce n’est plus le régime qui règne en France. Dans quelques semaines, les fêtes les plus importantes pour le peuple français, fête chrétienne de Noël avec ses crèches, déjà honnies des laïcistes, fête indo-européenne du solstice d’hiver avec ses sapins, interdits par les Khmers verts, devraient permettre aux familles de se retrouver, au peuple de communier, religieusement ou non, dans une même ferveur unifiante.

Les esprits desséchés qui nous gouvernent sont-ils encore capables de comprendre qu’un peuple privé de ses rites et de ses communions n’est plus qu’un troupeau ? Mais dans le fond, n’est-ce pas leur désir profond ?

Christian Vanneste

Texte repris du site Boulevard Voltaire

Donner la parole au peuple ? Beaucoup trop populiste !, par Philippe Bilger

C’est facile à comprendre et il faudrait se le mettre une bonne fois dans la tête : tout ce qui déplaît aux pouvoirs en place et aux élites autoproclamées est populiste et démagogique.

Le populisme n’est plus seulement l’expression du mépris de la gauche pour le peuple de droite, il dépasse ce champ politique pour représenter un refus plus général.

En réalité cette dénomination qui se voudrait une injure mais est de plus en plus un honneur vise ceux qui, toutes tendances confondues, ont la faiblesse de considérer que rien de grand et d’efficace ne peut être conçu sans une appréhension pleine et lucide de la réalité, aussi dérangeante qu’elle puisse être pour le confort d’idéologies et de principes bien au chaud et déconnectés.

On comprendra alors pourquoi le désir de référendum, la volonté du pays de faire entendre sa voix, sont récusés par mille considérations et artifices quand ils ne sont pas traités avec une infinie condescendance, comme si toutes les propositions étaient frappées du sceau infamant attaché par principe au référendum d’initiative citoyenne auquel aspiraient les Gilets jaunes.

Le référendum est perçu comme une épée de Damoclès sur la France et la démocratie alors qu’il leur offrirait un bain de jouvence, une renaissance. Comme il menace – puisque les citoyens même les plus respectueux de la démocratie représentative ne l’éludent plus -, les pouvoirs prétendent ne pas y être hostiles mais font tout techniquement, politiquement, pour le rendre inconcevable, impossible.

Qu’on considère les dispositifs dont les objectifs apparents étaient de remettre un peu de peuple décisionnaire dans la République, on pourra constater qu’ils n’ont jamais oublié, pour devenir impraticables ou épuisants à force de modalités, de se constituer en bureaucratie, en usine à gaz.

Parce qu’il serait intolérable pour la classe politique, pour l’univers parlementaire et le royaume du pouvoir, quelle que soit sa teinte – gauche ou droite, les privilèges et l’autarcie sont préservés – de donner la moindre chance opératoire à la multitude qui piaffe aux portes d’une démocratie réelle. Celle où le peuple aurait non seulement droit à la parole mais pourrait en user.

Rien de ce qu’on oppose à ses exigences n’est irréfutable. Il n’est pas difficile de formuler un questionnement qui serait clair et dont la réponse n’aurait pas une vocation plébiscitaire. Il sera évidemment de bon sens de ne pas recourir au peuple pour tout et n’importe quoi, de l’insignifiant au grave, de problèmes dérisoires au destin du pays.

D’ailleurs ces prétendus obstacles à la pratique d’un référendum qui ne serait plus obligée de compter, pour exister, sur l’obsession de sa légitimité par un De Gaulle mais sur la seule qualité républicaine d’un pays fier de participer, n’en sont même pas pour ceux qui refusent à toute force de concéder quoi que ce soit à cet engrenage qui serait pourtant bienfaisant. Ils sont un prétexte pour nous fermer la porte.

Car ils n’ignorent pas, tous ces spécialistes de la politique officielle, combien sur ces sujets profonds, graves, controversés qui concernent notre vie collective, l’immigration, l’école, la sécurité, la Justice, notre profusion sociale à tous vents, l’opinion majoritaire irait inéluctablement vers une politique à la fois responsable, courageuse, protectrice.

Et consciente de devoir sauvegarder d’abord la France en Europe avant de nous bercer du rêve de celle-ci – se dégradant insensiblement en cauchemar -, elle voterait certainement contre les prudences et les atermoiements frileux, ouvrirait enfin grand les portes de l’action.

Alors, moquer cette aspiration à donner la parole au peuple, en l’étiquetant populiste, n’est que trop évident. Il s’agit de défendre son pré carré parce que rien ne serait pire que de pouvoir enfin résister victorieusement à la démobilisation politique et à ce gouffre insupportable entre la France réelle et la France officielle.

Sans ironie, malgré les invocations à la République, surabondantes et impuissantes, qui suivent les assassinats du terrorisme islamiste, n’est-il pas vrai que pour ceux qui nous gouvernent, la démocratie est une richesse trop rare et précieuse pour être confiée au peuple…

Philippe Bilger

Tribune reprise de Philippebilger.com

L’islam est-il compatible avec la démocratie ?

J’ai posé en titre de cet article une question dont je connais la réponse.

Non, bien sûr, l’islam n’est pas compatible avec la démocratie. Toute personne qui connaît un tant soit peu l’islam le sait.

Le Coran, censé être la parole de Dieu dictée en arabe, le dit : Allah énonce des lois que les musulmans doivent respecter à la lettre, il gouverne le ciel et la terre, et aucun être humain électoralement désigné par d’autres êtres humains ne peut prétendre gouverner un peuple quel qu’il soit.

Les êtres humains ne peuvent se donner à eux-mêmes des lois.

Le Coran n’admet aucun écart, et dit que tout musulman doit non seulement respecter à la lettre les lois énoncées par Allah, mais doit obéir à l’intégralité de celles-ci.

Cela signifie qu’un musulman qui ne le fait pas n’est pas un bon musulman et que ce qu’on appelle en Occident les « musulmans modérés » ne sont pas de bons musulmans.

(J’explique tout cela en détail dans mon livre « L’ombre du djihad ».)

Quiconque regarde la planète constate aisément que l’incompatibilité entre islam et démocratie se vérifie dans les faits.

Sur cinquante-sept pays musulmans sur la terre, ceux qui sont censés connaître des éléments de démocratie se comptent sur les doigts d’une seule main.

Et je parle d’éléments de démocratie, pas de démocratie à proprement parler – ce qui signifie que des élections peuvent y avoir lieu, mais qu’elles conduisent toujours assez vite à la victoire du candidat le plus islamiquement correct.

L’exception a été la Turquie, tant que les règles fixées par Mustafa Kemal, qui détestait l’islam et n’hésitait pas à le dire, ont été en vigueur et tant que l’armée laissée par lui veillait.

Mais, dès qu’un islamiste a pu éroder ces règles et transformer l’armée, l’exception a cessé d’en être une, et l’islamiste Erdogan a fait de la Turquie une tyrannie islamique.

Les naïfs ont imaginé que la Tunisie serait une autre exception et ont pris le renversement de Zine Ben Ali (qui avait vis-à-vis de l’islam des réserves proches de celles énoncées par Mustafa Kemal) pour une bonne nouvelle permettant au pays de devenir une démocratie musulmane.

Ce qui restait de cette illusion vient de tomber, ce qui n’a rien de surprenant pour ceux qui se souviennent qu’Ennahda avait gagné en 2011.

Depuis, deux présidents se sont succédés qui ont été très conciliants avec Ennahda et ont gouverné ou passé accord avec ce parti islamiste.

Un troisième président vient d’être élu, Kais Saied, présenté en France comme « ultra-conservateur », expression qui ne veut rien dire et qui est totalement inadéquate pour le décrire, ou comme « robespierriste », expression qui ne veut rien dire non plus et qui est, là encore, totalement inadéquate pour le décrire.

Kais Saied est islamiste, se déclare en guerre contre l’Occident et contre Israël, et entend mettre fin aux élections législatives.

Il va faire glisser la Tunisie vers la tyrannie islamique, et il le fera avec l’assentiment de la population tunisienne et même, cela doit être souligné, avec l’assentiment des Tunisiens vivant dans les pays d’Europe, particulièrement en France où ils sont nombreux.

Ainsi une tyrannie islamique prend forme aux portes de la France et à faible distance des côtes italiennes (cent cinquante kilomètres séparent Tunis de la côte sicilienne), ce qui n’est pas bon signe (l’économie tunisienne se délabre à grande vitesse).

Plus grave encore, des musulmans vivant en Europe, particulièrement en France, et votant pour un président islamique, montrent que l’incompatibilité de l’islam avec la démocratie est un problème très lourd pour l’Europe, en particulier pour la France (qui est le principal pays musulman d’Europe).

Le vote des Tunisiens est à regarder en face.

Le vote des Algériens et des Marocains, si on l’observe, va dans la même direction que le vote des Tunisiens.

La France ne deviendra pas une tyrannie islamique, mais elle est déjà un pays sous influence islamique.

Par ailleurs, les données démographiques, la poursuite d’une immigration musulmane (présentement au rythme de 400 000 nouveaux arrivants par an) montrent que l’influence islamique est destinée à s’accroître sur la France, et les propos de Macron et du gouvernement, par-delà les faux-semblants, sont porteurs de marques indéniables de glissement vers la soumission.

Guy Milliere

Tribune reprise de les4verites.com