Élections municipales 2020 : l’insécurité reste la préoccupation première des Français, par Franck Deletraz

Totalement déconnectés de la réalité et ignorants des problèmes quotidiens auxquels sont confrontés nos compatriotes, les grands médias et les « élites » de notre pays s’en étonnent, s’interrogent, et vont même pour certains jusqu’à en rire. Cependant, si la quasi-totalité des enquêtes d’opinion menées depuis des mois soulignent que la lutte contre l’insécurité arrive aujourd’hui largement en tête des préoccupations des Français, c’est bien parce que ceux-ci sont les premiers à subir chaque jour les terribles effets de l’explosion de la délinquance.

Une constante dans les sondages

Mercredi, un sondage Europe 1-BVA révélait qu’une majorité de Français ne se sentaient pas suffisamment protégés et que l’insécurité arrivait aujourd’hui largement en tête de leurs préoccupations. Il venait ainsi confirmer les conclusions de toutes les enquêtes d’opinion menées presque chaque semaine depuis des mois dans notre pays. Ainsi, le 5 février, un sondage Harris Interactive-Agence Epoka relevait que 41 % des électeurs, qu’ils soient pour ou contre la mise en place d’une nouvelle équipe municipale, se retrouvaient sur la priorité absolue pour le nouveau maire d’assurer avant tout la sécurité des biens et des personnes. Quelques jours plus tôt, c’est le baromètre Odoxa-Fiducial du Figaro qui, tout en confirmant cette priorité donnée par les Français à la lutte contre l’insécurité, révélait que 61 % d’entre eux appelaient à une augmentation des prérogatives et des budgets des mairies pour mieux lutter contre l’insécurité. Interrogés sur ces nouvelles prérogatives, les sondés approuvaient ainsi très majoritairement (87 %) qu’ils puissent avoir accès à la liste des fichés S habitant dans leur commune, mais aussi à celle « des personnes atteintes de maladies mentales et potentiellement dangereuses » (79 %). Pour lutter contre l’insécurité, ils se prononçaient également pour un maintien (55 %) ou une augmentation (36 %) du budget consacré à la sécurité par leur municipalité. Enfin, ce sondage soulignait aussi que 70 % des sondés se disaient « favorables à ce que l’armement de la police municipale soit généralisé ». Et l’on pourrait encore citer ici cette enquête Odoxa-CGI, réalisée en décembre dernier, qui indiquait non seulement que pour 55 % des personnes interrogées la sécurité devra être la priorité du futur maire, mais observait en outre que presque toutes les propositions visant à renforcer la sécurité soumises aux sondés avaient recueilli une large approbation…

La France s’enfonce dans la barbarie

C’est que, contrairement aux journalistes des grands médias et autres « élites » de notre pays qui ne quittent jamais leur « bulle » ultrasécurisée, nos compatriotes, eux, subissent de plein fouet cette effrayante explosion de la délinquance à laquelle nous assistons aujourd’hui partout en France, faute de réponse politico-judiciaire adaptée. Entre autres chiffres révélateurs de l’année 2019, on rappellera celui du nombre d’homicides qui, à lui seul, a bondi de 8,5 % ! Une hausse qui, soulignait un cadre de la PJ dans 20 minutes, n’est même pas imputable aux règlements de comptes au sein du grand banditisme, mais à « la montée de la violence au quotidien ». Une montée de la violence qui est loin d’être terminée puisque, selon Le Figaro, qui a eu récemment accès aux chiffres de la police et de la gendarmerie, cette plongée dans la barbarie se serait encore aggravée depuis le début de l’année 2020. Ainsi, au cours du seul mois de janvier, le nombre des règlements de comptes, homicides ou tentatives d’homicide aurait bondi de 18,7 %, les cas de coups et blessures volontaires – révélateurs de la violence ordinaire qui s’est installée dans notre société – de 21 %, les prises d’otage de 36,8 %, les vols avec arme blanche de 21,6 %, les séquestrations de 13,7 %… En réalité, comme l’expliquait récemment dans 20 minutes Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie-Officiers, on assiste de plus en plus à une montée « de la radicalité des rapports sociaux », qui résulte d’« un sentiment d’impunité conséquent à une absence de réponse pénale ferme et adaptée ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 14 février 2020