Covid-19 : «La communication du gouvernement a été mensongère», d’après Gilbert Collard

24/09/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Gilbert Collard, député européen RN, a été interrogé par RT France le 23 septembre, au sujet de l’audition de l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn devant la commission d’enquête sénatoriale.

Il revient sur les conditions dans lesquelles s’est tenu le déconfinement. Il estime que cela s’est fait précipitamment, d’où la nécessité d’avoir recours à de nouvelles mesures restrictives.


Déconfinement : mémoire courte et lâche soulagement

Et si Emmanuel Macron faisait oublier son bilan désastreux durant cette crise du Covid-19 ? Les Français vont-ils tout oublier à la faveur du déconfinement ? Pierre Boisguilbert, contributeur régulier de notre site estime ce risque malheureusement très élevé.

« Vous verrez qu’ils finiront par leur dire merci. » On entend cette petite phrase de plus en plus. Et ce que l’on voit depuis le début du confinement en est souvent, une consternante confirmation. « Français, vous avez la mémoire courte », avait dit le maréchal Pétain.

Démocratie Alzheimer

Et c’est vrai que, devant le lâche soulagement de la population devant quelques libertés retrouvées, on peut se demander si la Macronie ne va pas s’en tirer à son avantage. Devant la joie de pouvoir prendre un pot dehors avec copains et copines, tout paraît oublié. Oublié le scandale des masques et des tests, oubliés les mensonges et l’abandon des populations sensibles. On voit bien que c’est la vague du retour au monde d’avant, de consommation et d’égoïsme, qui remplace la peur de la deuxième vague. Ceux qui avaient annoncé un monde plus responsable n’ont qu’à regarder la pelouse des Invalides transformée en déchèterie par la génération écologie pour se dire que, décidément, l’être humain ne tire leçon de rien.

Pour nos gouvernants, s’ils ne sont pas sanctionnés par les tribunaux ou dans les urnes, ce sera encore marquant. Ceux qui vantent le travail pour lutter contre le désastre social, la famille pour briser les isolements générationnels et la patrie pour redonner une souveraineté par son économie à notre pays auront tout oublié si le peuple oublie. Nous sommes dans une démocratie Alzheimer. Nous n’avons plus de mémoire immédiate, mais une mémoire du temps passé qui permet de vivre dans un monde virtuel et une histoire reconstituée, sans s’affronter aux réalités du moment.

L’incompétence de nos dirigeants pendant cette crise aurait dû leur être fatale. Cela a paru un moment une évidence. Certains auraient même dû se faire seppûku ou du moins démissionner. La juste colère populaire aurait dû dès le déconfinement les submerger. Mais on se dit maintenant que l’épidémie a autant de chances, sinon plus, de renforcer le pouvoir que de l’affaiblir et c’est assez démoralisant pour ceux qui espèrent une réaction populaire contre les élites faillies. On voit bien également un rebond du Politiquement Correct qui a profité de la passivité des téléspectateurs captifs du confinement — valorisation de la diversité et du rôle des femmes, accroissement de la censure des opinions divergentes.

Le seul véritable ennemi du pouvoir, ce sont ses incohérences. On ne peut pas imposer le vélo pour sauver la planète et obliger le petit peuple à acheter des voitures électriques pour sauver Renault. On est toujours dans le même discours de la démocratie des hypocrites. Les masques ne servent à rien puisque nous n’en avons pas, ils sont indispensables dès lors que en avons et, grâce à nous, vous êtes sauvés. Finalement, de quoi vous plaignez vous ?

« La crise est finie et grâce au pouvoir vous êtes toujours vivants, ne soyez pas ingrat. » Voila la petite musique que l’on tente d’imposer. Et qui, hélas ! peut marcher. Les populistes finiront-ils par désespérer eux-mêmes du peuple ? C’est tout de même au peuple de montrer à ses défenseurs qu’il est à la hauteur des responsabilités historiques pour la nation, qu’on lui a confisquées et qu’il s’agit de lui redonner. Le pouvoir est à prendre mais il ne suffira pas de se vautrer aux Invalides ou sur les quais de Seine pour le ramasser.

Un espoir cependant. On sait que l’émergence politique de Jean-Marie Le Pen a été tout d’abord une émergence médiatique. Un tribun convaincant, disant enfin autre chose, a crevé l’écran pendant une Heure de vérité en 1984. Le débat Zemmour-Onfray sur Cnews a stupéfié les téléspectateurs par son niveau. Sans parler d’adhésion aux penseurs de la diversité souverainiste, il y a eu reconnaissance d’une confrontation d’intelligences. Ils ont fait la différence dans le débat d’idées. Sur une grande chaine nationale se serait produit un effet Le Pen. On comprend que les Avia et autres Sibeth veuillent interdire une expression de qualité en la diabolisant car, dans ce domaine, la Macronie ne fait pas plus le poids qu’ailleurs. On pensait que tout le monde, et pas seulement Gérard Collomb s’en était rendu compte, et allait en tirer les conséquences. Pour le constat c’est certain ; pour les conséquences, entre mémoire courte et lâche soulagement, c’est hélas bien moins sûr.

Pierre Boisguilbert

Texte daté du 15 juin 2020 et repris du site Polémia

L’immigration, angle mort du déconfinement pour les médias de grand chemin

Alors que la ré ouverture de certains commerces fait la une des médias, il est un sujet dont on parle peu en cette période de déconfinement : l’immigration. Pourtant, selon de nombreuses informations, ce sujet revient comme un boomerang, un boomerang que les médias de grand chemin aimeraient ignorer.

Plusieurs articles publiés récemment dans les médias nous informent ponctuellement de l’ampleur de l’immigration illégale qui arrive en France. Bien qu’aucun – ou si peu — ne dresse un tableau d’ensemble, il en ressort que pour les migrants clandestins qui souhaitent venir en France, l’horizon s’est éclairci, notre pays semblant selon des indices concordants plus démuni que jamais pour lutter contre l’immigration clandestine.

Les signaux d’une déferlante migratoire s’accumulent

Dans un silence médiatique parfois assourdissant, plusieurs institutions internationales viennent de mettre en garde les européens contre le risque d’une très forte reprise de l’immigration illégale.

A partir d’informations issues d’un rapport du Bureau européen d’appui en matière d’asile publié le 5 mai, le Courrier du Vietnam nous informe que « L’Union Européenne prédit une hausse de demandes d’asile à cause de l’épidémie ». Le rapport souligne également la suspension de la lutte des pays de la coalition contre l’État islamique, qui comporte le risque d’une résurgence de cette mouvance terroriste.

Peu après la publication le 14 mai d’un rapport sur les effets du Covid-19 sur l’immigration illégale écrit par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, l’ONU Info met en garde le 16 mai « contre les risques accrus pour les victimes de la traite des êtres humains ».

Le 15 mai, c’est selon Le Figaro « Europol (l’agence européenne de police criminelle NDLR) (qui) prévoit une recrudescence du trafic de migrants après le déconfinement ».

En dépit de ces signaux inquiétants, Breakingnews.fr nous apprend le 28 avril que « les ministres de l’Union Européenne demandent à Bruxelles de coordonner la réouverture des frontières ».

On apprend par EuObserver.com la priorité de la commissaire européenne aux affaires intérieures Ylva Johansson :

« Permettre aux migrants d’entrer en Europe par des voies légales sera un élément central du nouveau pacte sur les migrations ».

La pression migratoire s’intensifie

La pandémie du coronavirus n’a pas atténué la détermination des centaines de milliers, voire des millions de migrants qui attendent leur heure pour venir en Europe de l’Ouest.

L’Economiste maghrébin nous apprend le 27 avril que selon le ministre maltais des Affaires étrangères, « plus de 650 000 personnes attendent sur les côtes libyennes ». Selon le site d’information Voice of Europe, près de 100 000 clandestins attendent dans les Balkans pour passer en Europe de l’ouest.

De nouveaux flux d’immigration se développent, comme nous l’indique le site ObservAlgérie le 24 mai à partir d’informations du quotidien espagnol El Pais :

« Les fortes arrivées clandestines de migrants vers l’Espagne en provenance d’Algérie inquiètent les autorités espagnoles et européennes ».

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Ljubljana, Athènes, Madrid : avec le déconfinement, la contestation ressurgit en Europe

25/05/2020 – EUROPE (NOVOpress)
Avec le déconfinement, la contestation sociale ressurgit un peu partout en Europe. Plusieurs manifestations se sont déroulées ces derniers jours sur le Vieux Continent. Des rassemblements qui visent à dénoncer la gestion de la crise sanitaire.

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Après le confinement, la submersion migratoire ?

Le rétablissement progressif des déplacements internationaux risque d’entraîner un afflux massif de clandestins. Cette prévision n’émane pas de dangereux conspirationnistes mais d’organisations internationales « respectables ». Face à ce péril, le gouvernement français semble désarmé. Pire, son inaction rend possible la submersion migratoire du pays.

Dans la période de l’après-confinement qui s’ouvre, le rétablissement progressif des transports aériens, maritimes et terrestres en Europe devrait être accueilli comme une bonne nouvelle. Pour au moins une raison, cela n’est pas le cas. Le retour à la normale risque en effet d’entraîner un afflux de clandestins en France. De nombreuses conditions sont réunies pour le rendre possible.

La situation migratoire vue par des institutions internationales

Trois récentes communications viennent coup sur coup rappeler aux Français une dure réalité que le confinement aurait pu faire oublier : de très nombreux extra-Européens attendent leur heure pour venir clandestinement en Europe et en particulier en France.

La première communication est un rapport du Bureau européen d’appui en matière d’asile publié le 5 mai (1). Si les rédacteurs du rapport constatent que le confinement a entraîné une forte baisse des demandes d’asile en Europe en mars 2020, ils rappellent néanmoins que l’émigration « liée à l’asile » vers l’Europe avait fortement augmenté durant les deux premiers mois de 2020 par rapport à l’année dernière : + 14 %. L’institution financée par l’Union européenne estime très vraisemblable que la dégradation de la situation sanitaire dans les pays du tiers-monde en raison de la pandémie du coronavirus entraîne une forte augmentation du nombre de candidats extra-européens au départ pour l’Europe. La suspension de la lutte des pays de la coalition contre l’État islamique est également soulignée par les rapporteurs, ainsi que le risque d’une résurgence de cette mouvance et de ses funestes projets, dont l’Europe pourrait être le terrain d’opération.

Le 14 mai, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime publiait un rapport sur les effets du Covid-19 sur l’immigration illégale (2). L’institution fait non seulement le constat que celle-ci a continué pendant le confinement instauré dans les pays européens. Elle estime également très prévisible que le chômage et la récession dans les pays du tiers-monde entraînent un regain de l’activité des passeurs et autres trafiquants d’êtres humains, comme cela s’était produit après la crise financière de 2008.

Plus récemment, l’Agence européenne de police criminelle Europol soulignait dans un communiqué de presse du 15 mai plusieurs conséquences aux restrictions de circulation (3). L’une d’entre elles est une demande accrue de clandestins dans le secteur agricole, dont une partie de la main-d’œuvre est retournée au pays. Les représentants d’Europol soulignent également une adaptation et une agressivité accrue des passeurs et des trafiquants d’êtres humains, qui pourraient se déployer à l’occasion du rétablissement des transports internationaux.

Il n’y a pas que les passeurs qui piaffent d’impatience. Ce sont des centaines de milliers, voire des millions, de migrants qui attendent leur heure pour venir en Europe de l’Ouest à partir notamment de la Libye (4), de la Turquie, du Maroc et des Balkans (5). Dans ce contexte, tout signe de laxisme est guetté avec attention. Des signes qui ne manquent pas ces derniers temps, en particulier venant de France.

La France désarmée

La presse s’en est fait l’écho, les arrestations de personnes en situation irrégulière en France semblent réduites à la portion congrue. De nombreux centres de rétention administrative destinés à retenir les clandestins avant leur expulsion ont pratiquement été vidés, « pour raison sanitaire » (6). Comme s’il fallait ajouter une autre incitation à venir clandestinement dans notre pays, le gouvernement pratique à tout-va les régularisations appelées pudiquement « admissions exceptionnelles au séjour ». De 2015 à 2018, ce ne sont pas moins de 149 680 clandestins qui ont été régularisés (7). L’appel d’air suscité par cette mesure est considérable. Même en situation normale, le gouvernement français est un des pires pays européens en matière de retours forcés : seuls 15 % des obligations de quitter le territoire ont effectivement été exécutées en 2018 (8).

L’Union européenne n’est pas en reste

Pendant ce temps, des membres des institutions européennes multiplient les déclarations et parfois les mesures qui aboutissent à affaiblir la maîtrise des flux migratoires par les pays européens.

Le 16 avril, la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a demandé que les migrants recueillis en mer, notamment par les bateaux des O.N.G., ne soient plus ramenés en Libye, ce qui était pourtant déjà rare, et que la coopération avec les garde-côtes libyens soit rompue (9).

Le 30 avril, de nombreux députés européens plaidaient pour faciliter la migration et l’asile par des voies légales et sûres, appelées « couloirs humanitaires ». En pleine paralysie d’une partie de l’économie européenne, les députés de gauche justifiaient cette position pour « combler les besoins du marché du travail » ! (10).

La présidente de la Commissaire européenne, Ursula von der Leyen, n’est pas en reste. Elle vient de rappeler aux pays européens de l’U.E. le principe du non-refoulement des migrants et la nécessité de continuer les opérations de « relocalisation » (11).

Pour parachever le tout, c’est l’opération Sophia, initialement chargée par l’Union européenne de lutter contre les passeurs convoyant des migrants de Libye en Italie, qui a été récemment réorientée vers le contrôle de l’embargo sur l’importation d’armes en Libye (12).

En renonçant au peu d’outils qu’il avait dans la lutte contre l’immigration clandestine, le gouvernement français apparaît totalement désarmé au sortir du confinement. L’Union européenne ne fait qu’ajouter à ce désarmement qui est également moral. Les pays de l’est de l’Europe montrent qu’une autre voie est possible. C’est paradoxalement au pire moment, en pleine crise économique, que risquent d’arriver des cohortes de clandestins qui n’auront souvent comme seul viatique que les aides sociales versées par un État criblé de dettes. Dans ces circonstances, le virage « social » du président Macron ne peut qu’inquiéter.

Paul Tormenen

Texte repris du site Polémia

(1) « EASO Special Report : Asylum Trends and COVID-19 ». EASO. 7 mai 2020.
(2) « How COVID-19 restrictions and the economic consequences are likely to impact migrant smuggling and cross-border trafficking in persons to Europe and North America ». UNODC. 14 mai 2020.
(3) « Migrant smugglers and human traffickers to become more ruthless and clandestine, says new Europol report ». Europol. 15 mai 2020.
(4) Estimation de 650 000 migrants attendant en Libye dans « L’Algérie renonce au poste d’émissaire de l’ONU pour la Libye ». L’Économiste maghrébin. 27 avril 2020.
(5) « Top Hungarian official says 100 000 migrants gathering on Balkan Peninsula ». Voice of Europe. 3 décembre 2019.
(6) « En Europe, l’asile en suspens, les flux migratoires à l’arrêt ». Le Monde. 18 avril 2020. « Les centres de rétention face au Covid-19, une bombe à retardement ». La Vie. 31 mars 2020. « Centres de rétention : étrangers et policiers face au coronavirus ». Dalloz actualité. 19 mars 2020. Jugements de libération de clandestins des cours d’appel de Rouen, Bordeaux, Paris, Lyon. « L’État sommé de rétablir le guichet de l’asile, gelé depuis le début du confinement ». Le Figaro. 23 avril 2020.
(7) « L’entrée, le séjour et le premier accueil des personnes étrangères ». Cour des comptes. 5 mai 2020
(8) Cf. note (7).
(9) « States should ensure rescue at sea and allow safe disembarkation during the COVID-19 crisis ». Conseil de l’Europe. 16 avril 2020.
(10) « Les députés européens demandent l’arrêt de l’aide aux garde-côtes libyens ». Mer et marine. 29 avril 2020.
(11) « Communication de la commission ». Commission européenne. 17 avril 2020.
(12) « L’UE va remanier l’opération “Sophia” pour faire respecter l’embargo sur les armes en Libye ». Euractiv. 22 janvier 2020.

Confiner, surveiller, punir, mater

Sur une période très courte, les Français ont accepté une restriction importante de leurs libertés.
Le 11 mai 2020 restera dans l’histoire comme une date nébuleuse ; celle d’un déconfinement qui déconfinera sans déconfiner, tout en déconfinant : comprenne qui pourra !

Seulement certains Français en bénéficieront, mais ni en tous lieux, ni en tout temps : point trop n’en faut. À cette occasion, le conseil scientifique viendra de nouveau en renfort du gouvernement. Avec force tableaux statistiques et cartes de France colorées de rouge et vert. Il légitimera ainsi une décision que les Français ont bien du mal à comprendre et a fortiori à accepter. Ce faisant, le savant continuera une fois de plus d’offrir au politique sa caution dans un exercice qui apparaît cependant de plus en plus périlleux car il engage également la responsabilité des experts(1).

Les Français en liberté conditionnelle

Le 11 mai 2020 restera dans l’histoire comme l’horizon improbable d’une liberté d’aller et venir à reconquérir. Ce que nombre de Français vivent comme une incarcération ne prendra en effet pas véritablement fin à cette date. En d’autres termes, leur levée d’écrou demeurera en grande partie limitée et indéterminée, toujours sujette à un droit de regard bureaucratique, plus tatillon que jamais. En bref, ils vont devoir apprendre à vivre sous contrôle et endurer ce que beaucoup d’entre eux vivent comme une punition.

Certes de prime abord, celle-ci ne se donne pas à voir comme telle. Bien au contraire, les pouvoirs publics la dénient. Selon ces derniers, la privation de quelques libertés fondamentales n’aurait été mise en place le 17 mars que pour le bien des citoyens, afin d’assurer leur sécurité sanitaire et pour nulle autre raison. C’est donc avec obéissance et dans la peur, que des millions d’administrés ont accepté d’être séparés les uns des autres, coupés du jour au lendemain de leur biotope social. De surcroît, c’est dans le silence qu’ils ont enduré et endurent encore d’incessantes injonctions paradoxales auxquelles ils doivent néanmoins se soumettre sous peine d’être sanctionnés. En effet, depuis le mois de janvier et jusqu’à ce jour, qu’il s’agisse de la fermeture des frontières, du port du masque, des tests de dépistage, des gestes barrières, des protocoles thérapeutiques, de la reprise du travail, du retour des enfants à l’école ou de la fréquentation des transports en commun, ils ont entendu tout et son contraire.

Les chiffres de Salomon visent à cacher le climat politique mortifère

Les innombrables revirements des responsables politiques, tout comme les violents conflits entre experts médicaux n’ont pas manqué. Une telle situation illisible et abracadabrantesque a par conséquent rendu impossible l’adoption d’une ligne de conduite qui fût rationnelle et efficace. Surtout, ce climat mortifère sur fond de mesures liberticides, a largement accentué l’angoisse d’une population infantilisée et maintenue perpétuellement dans l’incertitude. Pendant des semaines, tests, masques, gels, lits d’hôpitaux et respirateurs ont manqué et manquent d’ailleurs encore. Rien n’explique, à ce jour, une pareille impéritie qui exige des Français toujours plus de résilience sans leur offrir pour autant de véritable contrepartie. Mais la peur au ventre, les Français ont dû affronter, vaille que vaille, cette pénurie hors-norme. Or dans le même temps, le gouvernement a cru bon de les submerger chaque soir d’un déluge de données statistiques dispensées par le directeur général de la santé publique qui, tel un greffier, dressait le bilan comptable des pertes humaines de la nation.

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Réouverture des écoles – Les enfants incités à dénoncer les « dérives » de leurs parents

Voilà une affaire qui, en leur rappelant ce « bon vieux temps » où l’URSS récompensait les enfants qui envoyaient leurs parents au goulag en les dénonçant au Parti, devrait réjouir les vieux profs communistes : dans la plus pure tradition stalinienne, le ministère de l’Education nationale, que l’on aurait pu croire davantage occupé à mettre tout en œuvre pour garantir la sécurité sanitaire de nos chères têtes blondes, a en effet publié, en vue de la réouverture des écoles, plusieurs fiches de recommandations à l’intention des enseignants, dans lesquelles il leur est notamment demandé de détecter les élèves tenant des propos critiques à l’égard de l’Etat et même d’inciter ces derniers à dénoncer les « dérives » de leurs parents.

« Propos manifestement inacceptables »

Disponible sur le site du ministère, la fiche Eduscol intitulée « Ecouter la parole des élèves en retour de confinement » évoque ainsi, après maints exemples et recommandations, le cas d’enfants qui pourraient « tenir des propos manifestement inacceptables ». En clair : des élèves qui auraient la mauvaise idée de mettre sur le tapis le scandale des masques, celui des banlieues non confinées, ou plus globalement de ne pas s’esbaudir devant la gestion catastrophique de l’épidémie de Covid par le gouvernement. Face à pareil cas, précise alors la fiche, « la référence à l’autorité de l’Etat pour permettre la protection de chaque citoyen doit alors être évoquée, sans entrer en discussion polémique. Les parents seront alertés et reçus par l’enseignant, le cas échéant accompagné d’un collègue, et la situation rapportée aux autorités de l’école ». La fiche ne précise pas si élèves et parents concernés écoperont d’une punition, mais nul doute que leurs soucis avec l’administration ne feront que commencer…

La Miviludes aux aguets

Plus grave et plus inquiétante encore : cette autre fiche, intitulée « Réouverture Covid-19 et risques de dérives sectaires », elle aussi disponible sur le site du ministère, qui, sous couvert de lutter contre les « replis communautaristes », invite carrément les enseignants à piéger les enfants « par des questions adaptées ». Ainsi, est-il expliqué, « l’enfant étant dépendant de son environnement, une attention doit donc être portée aux élèves dont les responsables légaux, adeptes de certaines idéologies ou croyances, sont réticents ou opposés aux recommandations faites en matière de santé publique : contournement du confinement pour des rassemblements, refus de traitements, d’examens médicaux ou de tests sanguins, etc. […] Afin d’objectiver une situation, d’autant plus lorsqu’elle touche aux convictions ou aux pratiques religieuses, il est important de rassembler des éléments factuels sur la base de questions adaptées et de se référer à un faisceau d’indices. » Et au cas où l’enfant et ses parents ne répondraient pas aux attentes laïcardes de l’Education nationale ? Il est alors rappelé que « tout personnel est tenu d’alerter les services compétents », que « pour chacune des situations, le correspondant académique chargé de la prévention des phénomènes sectaires en milieu scolaire doit systématiquement être informé », et que « lors de situations complexes, la Miviludes peut être saisie »…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 12 mai 2020

Sébastien Chenu : « Non seulement ils sont incapables, mais ils sont lâches »

Aurore Bergé, députée LREM, vient de déclarer sur Twitter : « Nous proposerons une adaptation de la législation pour effectivement protéger les maires pénalement mais aussi toutes les personnes dépositaires d’une mission de service public dans le cadre des opérations de déconfinement. » Une façon de préparer le « monde d’après » ? Réaction du député Sébastien Chenu.

Visiblement, la majorité et le gouvernement préparent le monde du déconfinement. Ils vont a priori légiférer le fait d’exonérer pénalement toutes personnes dépositaires de l’autorité publique. Ils parlent des maires en premier lieu, mais surtout des ministres. On pense à tous les responsables de cette gestion de crise, notamment à Agnès Buzyn, Bruno Salomon et Olivier Veran. Que cela révèle-t-il ?

Ceux qui croient que le monde d’après avec les mêmes responsables politiques de la Macronie sera différent du monde d’avant se trompent. En réalité, les mêmes individus auront les mêmes faiblesses et auront la volonté d’échapper à leurs responsabilités. Non seulement ils sont incapables, mais ils sont lâches. Ils nous le démontrent avec cette proposition. Il convient de faire la part des choses.
Les maires sont obligés d’appliquer les décisions de l’État et ne sont pas pénalement responsables d’un certain nombre de ces décisions. Mais exonérer toute personne qui a une responsabilité publique, ministre, haut fonctionnaire, dirigeant d’un service public national, me semble évidemment être une manœuvre pour permettre à ces incapables d’échapper à la justice et à leur responsabilité. Quand je dis « ces incapables », on peut remonter à quelques années en arrière. La Macronie est une sorte de nouvel UMPS et les responsables remontent à plusieurs gouvernements en arrière.
Il faudra qu’ils viennent s’expliquer devant la justice et, le cas échéant, peut-être être sanctionnés.
Ils sont toujours capables de se retrouver entre eux pour se protéger les uns les autres.

Vous parlez du mandat précédent, on peut penser au cabinet de Marisol Touraine qui regroupait des Gabriel Attal, Bruno Salomon et Benjamin Griveaux. Finalement, derrière cette excuse de protéger des maires, on sent qu’il y a une volonté du gouvernement de se protéger lui-même.

On peut même remonter plus loin. Les gouvernements Sarkozy, Hollande et Macron sont peuplés des mêmes individus. C’est ce qu’on appelle le système. Ils changent de déguisement et d’apparence, mais ils poursuivent les mêmes politiques. Puisque ce système existe, ils cherchent aujourd’hui à se protéger. C’est toute la proposition que fait Aurore Bergé, elle-même une créature du système, qui est de produire une loi qui protège les acteurs de ce système, d’où qu’ils viennent.

Il est toutefois plus facile de critiquer l’action que d’agir soi-même. Le gouvernement n’a-t-il pas géré la crise du mieux qu’il le pouvait ? Serait-il injuste de l’attaquer, alors même que nous serions dans les mêmes difficultés si nous étions aux commandes ?

Le gouvernement a commis plusieurs fautes. La première, il a menti et continue de mentir aux Français. C’est probablement la pire chose que l’on puisse faire lorsqu’on a des responsabilités.
La deuxième chose, c’est que le gouvernement n’a rien anticipé parce que sa politique amène à ce type de résultat. À partir du moment où ils ont démantelé les services publics ou l’industrie française, ils se sont aperçus aujourd’hui qu’ils n’avaient pas les moyens de protéger les Français. Par conséquent, ils mentent aux Français, ils n’ont pas anticipé et la politique qu’ils mènent depuis des années fait d’irrémédiables dégâts. Il est possible de faire autrement. Et d’ailleurs, d’autres pays l’ont fait. L’Allemagne et Israël ont géré les choses différemment. Ils ont anticipé les choses et n’ont pas menti à leur population. Par conséquent, les résultats sont meilleurs.
Nos premières alertes datent du mois de janvier. Nous avions proposé une autre méthode et nous continuons de le faire.
Il y a quelques jours, je disais que j’étais très sceptique sur le nombre de tests qui pouvaient être réalisés dans notre pays, compte tenu de leur incapacité à avoir commandé des tests. On est en train de se rendre compte qu’Olivier Véran a encore menti aux Français. Il n’y aura pas 700.000 tests faits à la date qu’il avait annoncée.

Vous êtes député du Nord et vous êtes dans l’opposition. Voudriez-vous que les ministres concernés s’expliquent devant la justice ?

La justice fera son boulot le moment venu. Je pense que le gouvernement doit dire la vérité aux Français, doit s’expliquer devant la représentation nationale et doit faire l’objet de commissions d’enquête parlementaires. Nous pourrons jouer à ce moment-là notre rôle de parlementaires. Notre rôle n’est pas seulement de critiquer, mais c’est aussi de proposer. Chaque jour, nous continuons à faire des propositions. Nous en avons fait au sujet de l’école. Cette étape est un fiasco.
La justice suivra son cours, mais elle ne pourra le faire qu’à partir du moment où ce système macroniste n’aura pas pipé les dés en produisant une loi destinée à voir les acteurs de ce scandale et de ce fiasco lui échapper. Je pense que les Français ne lui pardonneront pas.

Le déconfinement qui commencera par l’école est au cœur de la polémique. La plupart des parents se refusent à remettre leurs enfants à l’école. Êtes-vous partisans d’une reprise de scolarité ou, au contraire, est-ce trop dangereux ?

Nous avons considéré que la rentrée devait attendre septembre et que la nécessité était l’accueil des enfants de professionnels. En ce qui concerne la capacité à faire revenir les enfants en maternelle, primaire ou collège, les risquent sanitaires étaient trop importants pour les enfants, les professionnels, les enseignants et les personnels techniques de l’Éducation nationale. Par conséquent, nous avons demandé que cette rentrée soit reportée. Là encore, je vois que le gouvernement a été inflexible alors que, sur le terrain, des centaines de maires refusent d’appliquer cette décision gouvernementale, simplement pour protéger les leurs.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Déconfinés, mais surveillés et (au besoin) punis: la magie du «en même temps»

Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre a pensé que le refrain bien connu ferait illusion. Mais les Français ne peuvent être «en même temps» libérés et contrôlés, juge la philosophe Julia de Funès.

Par-delà la difficulté de l’exercice, la justesse du ton et le bien-fondé probable des mesures prises, le discours d’Édouard Philippe devant l’Assemblée nationale fut l’incarnation de la pirouette terminologique qu’est le «en même temps». Le «en même temps» de la complexité ne prenait-il pas soudain quelques airs de duplicité?

Nous serons déconfinés mais en même temps plus contrôlés. Nous passerons de l’enfermement à l’examen, de l’isolement à la surveillance: massification des tests, identification des cas-contacts, mises en place de brigades, plan de mise à l’abri, quadrillage géographique départemental, kilométrage limité. On troque une restriction de liberté physique contre une restriction de liberté psychologique.

Tout sera vu, visible, traçable, traqué, justifiable, justifié. Nos comportements seront moins limités mais davantage conditionnés parce que hautement contrôlés. Devenir moins libres tout en l’étant plus, c’est la magie du «en même temps».

Ce contrôle ne suspend pas en même temps la confiance du gouvernement envers la population, annonce le Premier ministre. Comment faire confiance tout en contrôlant? Faire confiance revient – comme l’étymologie l’indique: cum fidere, avec foi) – à croire en l’autre, à parier avec la dose d’incertitude inhérente à toute croyance. Si on croit c’est qu’on ne sait pas. À l’inverse lorsque l’on contrôle, nous ne sommes plus dans la croyance et son doute consubstantiel, mais dans la connaissance des preuves. Il y a des phases de contrôle, des phases de confiance, mais les deux, de manière concomitante, restent impossibles. Comment être à la fois dans la croyance et la connaissance? Croire tout en ayant la preuve? C’est l’illusion du «en même temps».

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Génération Identitaire lance l’alerte, Castaner contraint de sermonner les imams, par Clément Martin (Les Identitaires)

Alors que la France n’en finit plus de compter ses morts, des musulmans profitent du confinement pour multiplier les provocations et occuper l’espace public. Les jeunes identitaires ne pouvaient pas les laisser faire sans réagir.

Des appels à la prière islamique envahissent l’Europe

Le 25 mars, jour de la fête de l’Annonciation, les évêques de France ont fait sonner les cloches des églises pour « demander à la Vierge Marie de remplir nos cœurs de foi, d’espérance et de charité » et plus généralement « pour manifester notre fraternité et notre espoir commun ». Au nom d’une prétendue solidarité interreligieuse et d’une forme d’égalitarisme, des islamistes en ont profité pour faire retentir l’appel à la prière musulmane (« l’adhan ») dans plusieurs villes de France.

A Lyon, l’appel lancé depuis le minaret de la Grande mosquée a suscité l’indignation de nombreux internautes. Rappelons que lors de sa construction, les responsables du lieu de culte avaient affirmé que le minaret ne devait « pas diffuser d’appel à la prière » (L’Express, 22/09/1994)…

Afficher une volonté d’entraide avec les Chrétiens est d’autant plus hypocrite que les autorités catholiques n’avaient même pas été informées de l’initiative de la Grande mosquée de Lyon. « Nous l’apprenons de votre bouche à l’instant » a expliqué l’évêché à Valeurs actuelles. Pire, aucune autorisation n’avait été demandée, alors même qu’aucune mosquée en France n’est autorisée à un tel prosélytisme.

Dans les jours qui ont suivi, cette attaque pernicieuse contre notre identité a été imitée par les mosquées de Montpellier, Strasbourg et Annonay. Dans le même temps, en banlieue, des appels à la prière ont été massivement diffusés depuis des appartements.

En quelques jours, les islamistes réalisent ainsi une percée symbolique majeure. Ce ne sont plus seulement les cloches qu’on peut entendre sonner dans toute la France, mais aussi les chants islamiques. Le but consiste à créer un précédent pour accoutumer les Français et, en définitive, leur faire accepter l’inacceptable.

Fort de ce succès dans l’hexagone, d’autres musulmans ont répliqué cet acte de conquête dans toute l’Europe : en Allemagne, à Duisbourg, Hanovre et Berlin (où des fidèles ont cru à un « miracle venu du ciel »), au Danemark ou encore aux Pays-Bas où près de quarante mosquées ont diffusé l’appel à la prière islamique.

Devant l’absence de réactions populaires ou étatiques, les islamistes se sont sentis pousser des ailes.

Génération Identitaire lance l’alerte

Dès la diffusion du chant du muezzin à Lyon, Génération Identitaire s’est mobilisé. Après une action massive sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce scandale, Valeurs Actuelles s’est fait l’écho de notre révolte. Eric Zemmour s’est également indigné sur le plateau de Cnews et Marine Le Pen a écrit une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur pour lui demander de « faire cesser ces nuisances sonores par une stricte et rapide application de la loi et s’il le faut par des poursuites judiciaires ». Acculé, Christophe Castaner a alors expressément demandé aux imams « de trouver d’autres formes d’expression de leur solidarité et de cesser ces initiatives ». Le journaliste Bastien Lejeune ne s’y est pas trompé : il s’agit d’une « victoire pour les militants de Génération identitaire, puisque le premier flic de France interdit de fait à la mosquée de réitérer l’appel du 25 mars. »

Génération Identitaire enfonce le clou

Mais les jeunes identitaires n’entendaient pas en rester là. Le 20 avril, à l’aide d’un vidéoprojecteur, ils ont affiché un message clair sur le minaret de la Grande mosquée de Lyon : « Lyon, Strasbourg, Marseille, Allemagne, Espagne : Stop ! Le chant du muezzin ne résonnera pas en Europe ! ».

Le lendemain, la phrase « Il a fait taire le muezzin, pourquoi pas toi ? » a encore été projetée sur l’édifice musulman, en référence à une célèbre scène du film OSS 117 où l’espion incarné par Jean Dujardin se lève au milieu de la nuit pour aller « faire taire le muezzin » qui appelle à la prière dans la ville du Caire.

Le vendredi 24 avril, un dernier visuel a été projeté sur la mosquée avec le message suivant : « Pas d’islamistes dans nos villes : STOP aux appels publics à la prière islamique ».

On le voit, la vigilance des jeunes identitaires a porté ses fruits. Fidèles à notre vocation d’aiguillon politique, nous avons été en première ligne pour dénoncer cette nouvelle offensive des islamistes et alerter nos compatriotes. Non, en terre de France, l’Islam n’aura jamais les mêmes droits que le catholicisme, religion constitutive de notre identité. Comme le suggère l’avocat Thibault Mercier dans son ouvrage Athéna à la borne, entre discriminer et disparaître, nous avons fait notre choix. L’imam Kamel Kabtane avait relativisé l’importance de l’appel à la prière en affirmant que « le muezzin a fait un appel pour la première fois depuis 27 ans ». Il faut qu’il sache que ce sera aussi la dernière !

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Edouard Philippe devrait écouter le Café du Commerce

Edouard Philippe Ecriture inclusive

La macronie est chatouilleuse : elle ne goûte guère la contradiction. Emmanuel Macron avait, le 31 mars, qualifié d’ “irresponsables” ceux qui n’étaient pas convaincus par sa “guerre” contre le Covid-19. Le président y avait vu des sortes de traîtres portant atteinte à la nation. Cette fois, c’est son premier ministre qui a montré, lundi, son agacement devant les mêmes esprits chagrin. S’adressant à l’Assemblée nationale, Edouard Philippe a notamment déclaré : “J’ai été frappé par le nombre de commentateurs ayant une vision parfaitement claire de ce qu’il aurait fallu faire à chaque instant. La modernité les a fait souvent passer du Café du Commerce à certains plateaux de télévision. Les courbes d’audience y gagnent ce que la convivialité des bistrots y perd. Mais je ne crois pas que cela grandisse le débat public”. Ces propos de comptoir d’homme vexé seraient anodins s’ils n’avaient été tenus, solennellement, devant la représentation nationale.

Philippe a raison d’estimer que la critique est d’autant plus facile que cette crise sanitaire est complexe. Cette évidence devrait-elle faire taire les remarques des observateurs ? La charge convenue contre le Café du Commerce (qui a dû fermer, comme tous les bistrots) s’entend d’habitude chez les “élites” auto-satisfaites et en manque d’arguments. Votre serviteur fait partie de ces “commentateurs” qui, “sur certains plateaux de télévision” (CNews en l’occurrence, dans l’émission de Pascal Praud – L’heure des pros, plusieurs fois par semaine), décortiquent le confinement depuis le 17 mars. La parole y est libre et les débats contradictoires. Faudrait-il comprendre que Philippe, qui excelle à mettre la France au pas, voudrait aussi des valets à sa botte?

Le pouvoir montre sa désinvolture dès qu’il s’agit des libertés. Plutôt que de responsabiliser les citoyens, le premier ministre a choisi de les maintenir dans un statut d’infériorité à l’issue du 11 mai. Même les églises sont priées de renoncer encore à leur liberté de culte. La complexité technocratique du plan de déconfinement, présenté hier, tient au fait que l’Etat ne se résout pas à lâcher prise, au prétexte de “protéger les vivants”, comme l’a dit Philippe. Mais cette ambition messianique dit tout d’un Etat qui ne touche plus terre et croit porter une parole sacralisée. Or c’est bien parce que le pouvoir vit dans une autre dimension qu’il aurait intérêt à redescendre de son nuage pour côtoyer les mortels.

Plutôt que de moquer les conversations de bistrot qu’il croit entendre sur des plateaux de télévision, le premier ministre gagnerait à les écouter. Il est évidemment plus rassurant de se laisser flatter par les cireurs de pompes; ils ne manquent pas, sur d’autres plateaux plus dociles. Cependant, le débat démocratique ne veut rien dire s’il se réduit à de collectifs bains de pieds en eau tiède. Le gouvernement devrait entendre ceux qui lui disent qu’il a menti sur les frontières, les masques, les tests. Il devrait entendre ceux qui lui reprochent de malmener les libertés au nom de l’unité nationale et du sanitairement correct. Les coupables ne sont pas les Français, comme le laisse croire Philippe qui menace de repousser le 11 mai à plus tard si les citoyens se relâchent. C’est l’Etat qui a failli. C’est lui qui doit trinquer.

Ivan Rioufol

Texte daté du 29 avril 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Édouard Philippe à l’Assemblée : vous attendiez le 11 mai ? Vous adorerez le 2 juin…

Le « en même temps » au sommet de son art : voici le déconfinement confiné ou le confinement déconfiné. Et l’arroseur arrosé, c’est le Français qui a voté Emmanuel Macron, croyant voir dans sa devise la quintessence de l’équilibre et du juste milieu permettant d’éviter le chaos…

Atteinte à la liberté de culte, atteinte à la liberté de circulation, atteinte à la propriété (pour ceux qui ont une résidence secondaire), reprise de l’école oui-mais-non, bars et restaurants fermés, plages et parcs aussi… La vérité est que le 11 mai sera pour tous, sauf pour certains commerçants, une non-date. Comme le non-anniversaire d’Alice au pays des merveilles. Une échéance artificielle pour donner une ligne d’horizon aux Français dans cette purée de pois. À présent que l’on est arrivé au pied du mur, ou presque, allez hop ! on relance la baballe au chien-chien, pour qu’il reparte en frétillant de la queue : comme le tweete Léa Salamé (en anglais, s’il vous plaît) : « Le 2 juin is the new 11 mai. » Tout cela peut nous emmener à Noël.

Comme toujours depuis le début de cette épidémie, le discours commence par son couplet de justification : le manque de tests, de masques et d’anticipation, c’est la faute des experts, des Français, de pas de bol… Au passage, petits ricanements amers du Premier ministre à l’endroit des yakafokon. Rhétorique classique consistant à excuser son impuissance par la technique du « on aimerait les y voir ». Nous aussi, pour tout dire, on aimerait vachement les y voir. Qui, « les » ? Soyons clairs : n’importe qui d’autre. Pourvu que ceux-ci passent la main.

Édouard Philippe épingle aussi les réseaux sociaux « colériques » et les commentateurs de « café du commerce » sur les plateaux télé. C’est logique. Comme le fait remarquer Ivan Rioufol, « le parti de l’ordre sanitaire veut aussi des commentateurs désinfectés. Une pensée saine dans un corps sain. » Et si on pouvait, en sus, leur coller un masque FFP2 sur la bouche bien serré derrière les oreilles en guise de bâillon…

Les messes publiques (sauf enterrements limités à vingt personnes) restent interdites jusqu’au 2 juin. Car le gouvernement fait l’affront aux Français de penser qu’ils ne sont qu’un ventre inanimé. « Et si je célèbre la messe à Intermarché, ça passe ? » s’interroge ingénument l’abbé Guy-Emmanuel Cariot, curé-recteur de la basilique d’Argenteuil. L’Ascension est le 21 mai, la Pentecôte le 31 mai… Cela s’appelle le sens du calendrier. Doit-on leur signaler qu’il restera ensuite l’épineux problème de la Fête-Dieu, sans parler du 15 août… Allez, reprenons le culte le 26 décembre, c’est plus prudent. Une concession, néanmoins, est lâchée : les cimetières ne seront plus fermés. Monsieur est trop bon. La bonté de Monsieur le perdra.

Vient enfin la touche finale, la marque de fabrique, car un discours de notre gouvernement ne serait pas tout à fait authentique s’il ne comportait son ordre suivi de son contre-ordre débouchant sur le désordre : le 23 avril, le site de France Info titrait « Déconfinement : Emmanuel Macron fait marche arrière sur un plan par région » : « le président, [écartait] un déconfinement en fonction des régions ». Le 28 avril, la marche arrière se mue en marche avant avec accélération sur les chapeaux de roue (notre ami Marc Eynaud appelle cela sur Twitter « une décélération disruptive ») : il n’y aura pas de déconfinement pas région mais par… département. Bientôt par pâté de maison ou par cage d’escalier ? À quand l’autorisation d’Édouard Philippe pour passer de la cuisine au salon ? C’est le problème de la ligne de front quand on n’a pas tenu l’ennemi à longueur de gaffe.

Mais tout est prévu : une gommette verte sur les départements peu infectés, une rouge sur les autres, et pas de circulation des uns vers les autres. Un peu comme un contrôle aux frontières, en somme ? Et dire, c’est bête, qu’on n’y a pas du tout pensé au début… entre pays, quand certains étaient rouges et le nôtre encore vert !

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Déconfinement : Macron navigue à vue

Après les annonces d’Emmanuel Macron, lundi 13 avril, les ministres interrogés dans les médias n’ont pas montré la même conviction que leur supérieur. Sera-t-on vraiment déconfiné le 11 mai prochain ? Pas si sûr…

Pour la première fois et contre toute attente depuis le début du confinement, Emmanuel Macron a abordé la fin de ce processus et fixé une date : le lundi 11 mai. Un soulagement pour les Français, pour qui même s’il reste quatre semaines, entrevoient déjà une porte de sortie. Mais la joie est de courte durée et le réveil ressemble à un lendemain de cuite… Le gouvernement incapable de gérer cette crise, ramène à la réalité…

Un ministre de l’Intérieur qui fait presque marche arrière

Dès mardi matin, Christophe Castaner a rappelé que cette date « n’est pas une certitude mais un objectif ». Pas un reniement certes, mais cela résonne comme un pas en arrière. Le ministre de l’Intérieur a insisté sur le fait que le président de la République « a annoncé, non pas le déconfinement le 11 mai, mais le confinement jusqu’au 11 mai ». Il conditionne cette date butoir à « la discipline de respect du confinement ».

Sur France Inter, Christophe Castaner a profité d’être interrogé pour préciser qu’à ce jour, « plus de 11,8 millions de contrôles » ont été effectués partout en France, relevant « un peu plus de 704 000 infractions » pour non-respect des mesures de confinement. Mais le ministre n’a pas donné plus d’informations sur l’éventuel plan de déconfinement qui devrait être précisé d’ici une quinzaine de jours, selon Emmanuel Macron.

Jean-Michel Blanquer dans le brouillard

Surtout, Emmanuel Macron a annoncé la réouverture progressive des écoles dès le 12 mai. Une annonce qui a fait grand bruit parmi les professionnels du secteur et qui a poussé le ministre de l’Education nationale à réagir dans le journal télévisé de France 2. Une intervention qui n’aura convaincu personne, tellement le ministre est resté flou sur l’ensemble de ses réponses. « La réouverture des établissements sera progressive, donc évolutive », a-t-il essayé d’expliquer.

Le ministre s’est donné deux semaines pour « travailler avec les partenaires sociaux » et décider des détails de ce plan. S’il a annoncé que « l’on ne retrouvera pas une situation normale », il est resté très évasif, concédant deux pistes d’idées : organiser une rentrée qui « ne sera pas au même moment selon les niveaux », ou différée selon les territoires. « Nous fixerons un cadre national pour une adaptation locale », a-t-il affirmé. Seule certitude venant de sa part, « les mois de mai et de juin ne seront pas des mois normaux tels que nous les avons connus en 2019 ».

Mais toutes les questions du journaliste reviendront aux mêmes réponses : « ça se discute », « nous verrons », « peut-être »… Bref, l’incertitude est de mise au plus haut de l’étage de l’exécutif.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 15 avril 2020

Confinement, déconfinement : le gouvernement totalement dépassé

Il y a une semaine, alors qu’il nous expliquait par ailleurs que la France n’avait toujours pas atteint le fameux pic de l’épidémie de coronavirus, le Premier ministre abordait malgré tout pour la première fois devant l’Assemblée la question du déconfinement et disait même vouloir « présenter des éléments d’une stratégie de déconfinement pour (…) les jours qui viennent de façon à pouvoir (…) donner une perspective à nos concitoyens ». Or, nouveau coup de théâtre mardi, interrogé par le député du Morbihan Paul Molac (LT) lors de la séance des questions au gouvernement, Edouard Philippe a lancé : « Le déconfinement, ça n’est pas pour demain » !

Nouvelle volte-face de Philippe

« Aujourd’hui, a en effet répondu le Premier ministre, c’est l’heure du confinement et l’heure du confinement va durer. C’est (…) difficile à supporter pour beaucoup de Français, (…) mais c’est indispensable (…). Aujourd’hui, l’impératif c’est de faire en sorte que le confinement fonctionne, que le virus circule suffisamment lentement pour que le nombre de cas sévères qui justifie l’admission dans les services de réanimation ne soit pas supérieur à la capacité globale de notre système hospitalier ». Et Edouard Philippe d’ajouter alors : « les questions sur le déconfinement sont très largement prématurées ». Ces questions, c’est pourtant lui qui les a mises sur le tapis la semaine dernière, déclenchant d’ailleurs aussitôt l’emballement des grands médias, et surtout une vive inquiétude du milieu médical, au sein duquel de très nombreuses voix se sont élevées pour alerter les autorités contre le caractère prématuré d’une telle initiative. D’autant plus que, depuis qu’il a décidé sa mise en place, le gouvernement s’est montré incapable de faire respecter le confinement…

Les Français victimes de l’incurie du gouvernement

Quoi qu’il en soit, depuis lundi, on assiste ainsi au défilé dans les médias des acteurs gouvernementaux de cette crise, qui viennent à tour de rôle nous livrer la nouvelle position du gouvernement. Comme Jérôme Salomon qui, interrogé par les journalistes, a déclaré qu’« aborder aujourd’hui le déconfinement n’a aucun sens », parce que « nous sommes encore à la phase ascendante » de l’épidémie. Ou encore le ministre de la Santé Olivier Véran qui, invité mardi matin sur RMC, a expliqué qu’« il est trop tôt pour parler du déconfinement », ajoutant même qu’« il ne faut pas trop en parler, sinon on a l’impression que c’est fini ».

Une nouvelle position qui est évidemment davantage en accord avec celle de l’OMS, qui a encore exhorté mardi les pays ou régions ayant instauré des mesures de confinement à ne pas les lever de manière trop précoce afin d’éviter les rechutes. Et aussi avec celle de l’Académie nationale de médecine qui, tout en précisant qu’il était encore tôt pour envisager une levée du confinement, a prôné dimanche un futur déconfinement par région et non par classe d’âge, avec de strictes restrictions sur les déplacements et surtout accompagné de la mise en place du port obligatoire d’un masque grand public anti-projection. Et c’est là que le bât blesse. De l’avis des scientifiques, déconfiner cela suppose de pratiquer des tests sérologiques ou virologiques à grande échelle. Or, des tests, la France n’en a pas. Cela suppose aussi de rendre obligatoire le port du masque pour tous. Or, des masques, la France n’en a pas non plus ! Bref, on l’aura compris : en raison de l’incurie de ce gouvernement et de celui qui l’a précédé, les Français ne sont pas près de sortir de cette crise.

Chard

Article paru dans Présent daté du 8 avril 2020