3e dose, 4e confinement – Qui arrêtera le docteur Knock ?

vaccin

Elle arrive, la troisième dose de vaccin ! Pour les plus vieux, pour les plus jeunes, pour les « comorbides ». La boîte à piqûres des docteurs Knock et Diafoirus a été ouverte en 2020, et n’est pas près de se refermer, sous la menace d’un quatrième confinement. Qui peut mettre un terme au toujours plus médical, qui peut oser nous dire simplement : on ne sait pas, on cherche, on tente, au lieu d’asséner de nouvelles règles, sous la contrainte ?

La surenchère médicale brouille les messages. Les deux piqûres vaccinales nous avaient été présentées comme la solution, la planche de salut. Mais voilà qu’elles s’avèrent insuffisantes, voire inopérantes dans certains cas. Du coup nous est annoncée une troisième dose, du moins pour les plus de 65 ans, et aussi pour les enfants, nouvelle cible du virus.

Compte tenu des innombrables situations de conflit d’intérêts entre politiques, experts scientifiques et haute administration, on ne pourra pas empêcher une partie des Français d’imaginer qu’un booster, un nouveau levier de croissance commerciale, a été sciemment mis en action au profit de l’industrie pharmaceutique. Pourtant il est probable que cette théorie, pour séduisante qu’elle soit, soit fausse. Ce ne sont pas les laboratoires qui poussent à la roue. Ou plus exactement ce ne sont pas eux qui peuvent infléchir la politique gouvernementale sur ce point, ce sont bel et bien les politiques, les hommes du pouvoir actuel. Certains tentent même d’attirer la lumière sur eux, en prenant de vitesse les experts, en tirant parti de la grande peur virale.

Nous en avons encore eu un exemple cette semaine : la Haute Autorité de santé a officiellement préconisé mardi une troisième dose, en ciblant les plus de 65 ans, mais dès lundi soir le ministre de la santé Véran, pourtant très décrédibilisé (ou parce qu’il se sait contesté), n’a pu s’empêcher de court-circuiter l’HAS, pour être le premier à annoncer cette mesure aux Français, sur BFM TV, principal média privé de relais de la parole gouvernementale.

Véran s’en prend à Philippot

En fait l’industrie pharmaceutique est à la remorque des politiques et pas le contraire puisque, à tout moment, les politiques peuvent couper ou réduire le robinet qui relie la Sécurité sociale aux entreprises du secteur pharmaceutique.

Annonçant cette troisième dose, Véran s’en est pris à ceux qui instrumentalisent la peur du virus : « Quand vous n’avez de cesse de souffler sur les braises pour essayer de faire monter la peur, la crainte et d’essayer de faire monter l’animosité et la tension dans la société, ce n’est pas responsable. » Sans doute visait-il Philippot et quelques autres. Mais lui-même fait en premier chef partie de ceux qui alimentent la grande peur.

Cette troisième dose annoncée pourrait être couplée avec la vaccination antigrippe, ce qui serait un moindre mal. Le vaccin contre la grippe saisonnière n’est pas obligatoire, mais il est encouragé, chaque année avant l’hiver, par des méthodes non coercitives et non discriminantes, et il a prouvé son utilité.

La troisième dose concernerait donc les plus de 65 ans (au lieu des plus de 80 ans, comme envisagé) ; cette dose serait à recevoir au moins six mois après la deuxième, et la mesure serait ensuite étendue aux enfants, mais pas avant 2022.

Un épidémiologiste expliquait néanmoins lundi sur France Inter (autre radio gouvernementale) que, face au virus, « personne n’a de recette miracle ». Un relativisme et une modestie que ferait bien de s’appliquer notre « élite » politique.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 25 août 2021

Pourquoi la politique sanitaire est critiquable, par Ivan Rioufol

Le plus commode, pour imposer un comportement, est de diaboliser le gêneur. Le procédé rudimentaire est appliqué, depuis le 12 juillet, par l’État hygiéniste et ses rabatteurs, unis pour promouvoir la nouvelle politique sanitaire et son laissez-passer. Les foules qui, depuis, protestent chaque samedi (et en plein mois d’août!) contre des libertés maltraitées sont réduites par le pouvoir à «un magma d’antivax, d’anti-sciences, d’anti-État» (Olivier Véran). Les insultes les plus basses sont reprises par le panurgisme médiatique et une intelligentsia incapable de cacher sa répugnance pour ce qui vient d’en bas. C’est pourtant Emmanuel Macron qui avait soutenu, le 29 avril: «Le passe sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français.» Le ministre de la Santé avait renchéri le 3 juin: «Je suis contre le passe sanitaire dans les restos (…). L’idée n’est pas de fliquer les gens.» Le crépuscule des «élites» les rend féroces.

La dépolitisation apparente de la stratégie gouvernementale, réduite par le chef de l’État à une sacralisation de la santé, est soutenue par les sondages. Cependant, cette nationalisation de la vie nue, qui serait à protéger coûte que coûte par l’État-mamma, peut aussi être vue comme une régression démocratique. La quête du risque zéro porte en elle une société de défiance et de repli, construite sur la paranoïa.

L’Autre, béatifié par le conformisme s’il s’agit de l’étranger à accueillir, devient un pestiféré quand le voisin est à surveiller et à dénoncer s’il n’est pas vacciné contre le Covid. «Liberté, égalité, fraternité» est une devise piétinée par ce passe sanitaire: il impose une ségrégation au paria qui le rejette, comme votre serviteur. Il est vrai qu’un «tsunami viral» avait été annoncé le 18 juillet par Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. Or cette communication hystérique s’est révélée disproportionnée. Accepter cette instrumentalisation de la peur?

L’indigence est chez l’élite qui lynche: elle croit briller en daubant une révolte qu’elle n’a pas vu venir.

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Crise sanitaire – Michel Maffesoli: «la peur de la mort n’empêche pas de mourir, mais de vivre»

Michel Maffesoli

Entretien avec le sociologue sur son livre, L’ère des soulèvements (Le Cerf, 2021). Propos recueillis par Jérôme Blanchet-Gravel pour Causeur.

La plupart des opposants au tout-sanitaire estiment que le Covid-19 signe l’entrée dans un monde du contrôle aseptisant, alors que vous annoncez plutôt la fin de ce monde, après une série de révoltes. C’est une différence notoire. À l’heure du passeport sanitaire, comment justifiez-vous ce constat?

Michel Maffesoli. Voilà de nombreuses années que j’analyse la césure existant entre l’opinion publique et l’opinion publiée, entre le peuple et les élites, ceux qui ont le pouvoir de dire et de faire. Très clairement, la crise du Covid est utilisée comme une tentative d’imposer une tyrannie sanitaire, mais on peut constater, au-delà ou en deçà de la servitude volontaire imposée par la peur, un grand nombre de révoltes. Non pas une révolution, mais de multiples soulèvements aux formes variées.

Bien sûr, ces mouvements s’inscrivent dans des formes tout à fait nouvelles de rassemblement. Ce ne sont plus des contestations du pouvoir, mais plutôt un pas de côté, une manière d’être ensemble sans finalité, une communion émotionnelle qui s’épuise dans l’instant même. Les flash mob « Nous voulons continuer à danser ensemble » en étaient une illustration joyeuse et revigorante, comme les nombreuses fêtes « sauvages » qui traduisent un besoin profondément humain de relations sociales, de contacts physiques, de rites de retrouvailles. Il ne s’agissait pas d’un divertissement égoïste comme on a voulu le faire croire, mais de l’expression anthropologique de ce qui fonde l’humain, l’humanisme. La manifestation physique, sensorielle, sensible de l’essence de l’homme : un animal social.

L’une des originalités de votre thèse est d’affirmer que le confinisme repose sur un individualisme exacerbé, alors que le discours médiatique insiste sur le caractère altruiste et collectif des mesures. Doit-on parler d’une novlangue sanitaire?

L’idéologie du « service public » est depuis longtemps le fait pour les gouvernants de faire le bien des gens contre leur gré, ou en tout cas, sans qu’ils puissent définir ce bien. J’ai analysé ce « totalitarisme doux » dans un de mes premiers ouvrages, en 1979, La Violence totalitaire. Toutes les tactiques déployées durant cette crise visaient à empêcher les rassemblements, les relations sociales, les rapprochements. Au profit d’un bien commun défini par l’État, de manière abstraite. Les conséquences de la gestion de la crise ont été l’isolement des personnes, parfois jusqu’à leur mort, et le développement de comportements antisociaux : distance, repliement et mise à mal des solidarités de proximité, voire agressivité et délation. Le discours dit altruiste prétendant justifier la vaccination de masse, outre le fait qu’il est « scientifiquement » non prouvé, se fonde sur une conception étatiste et collectiviste du bien commun : une solidarité abstraite. Cela est d’autant plus infondé que les gouvernants nous avertissent que la vaccination ne fera pas disparaître les gestes barrières, c’est-à-dire l’empêchement de se toucher, de s’embrasser, de manifester corporellement ses sentiments, pas plus d’ailleurs qu’elle n’a mis fin à l’isolement barbare et cruel que nous faisons vivre aux personnes âgées, acculées à mourir seules.

Vous parlez à la fois d’une « domestication stricte des masses » et de rébellions imminentes. N’y a-t-il pas une tension ?

Oui bien sûr, vous avez raison : on assiste à un asservissement parfois volontaire et la majorité des citoyens paraît se conformer aux injonctions gouvernementales et jouer le jeu de la guerre contre le virus. Mais le pouvoir aurait tort de penser qu’il a dompté le peuple. Trop d’imposition finira par pousser à la révolte même les plus dociles, et d’ores et déjà on voit se multiplier les points de révolte. Non pas un grand mouvement révolutionnaire, mais des séquences de soulèvements, dans lesquels les personnes tentent de retrouver un plaisir d’être ensemble. Les diverses manifestations qui se tiennent maintenant de manière récurrente à Paris, à Londres, à Sao Paolo, à Montréal, mais également dans nombre de petites villes de France, voire des villages, témoignent de ces rébellions pour l’heure non violentes, mais qui risquent de se durcir si elles sont empêchées trop violemment. On n’agite pas le spectre et les mots de la guerre impunément. À force de jouer au chef de guerre au nom d’un rationalisme insensible et d’une science scientiste, le pouvoir met en marche des forces souterraines qu’il peinera à terme à maîtriser.

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La grande faute du politique, par Maxime Tandonnet

Depuis bientôt un demi siècle, le politique a échoué sur à peu près tous les sujets: le chômage, la sécurité, les migrations, la pauvreté, les retraites, la dette publique… Aujourd’hui, il se jette comme un vautour sur un thème où il espère briller et se faire valoir: le traitement d’une maladie. L’effet de cette boulimie est de pourrir la question. Le sujet de la lutte contre une pandémie de covid 19 est avant tout médical et le débat de nature scientifique. Il est de la responsabilité de la communauté médicale et scientifique. Sa récupération outrancière et quotidienne par le politique est à l’origine d’une catastrophe.

Le rôle essentiel du politique est de donner aux médecins et aux hôpitaux les moyens de fonctionner: médicaments, masques, vaccins, équipements, places en réanimation. Or il n’a jamais su s’acquitter en temps voulu de cette mission: d’où son naufrage dans la logorrhée moralisatrice et accusatrice.

L’effet du surinvestissement de ce champ par le politique est désastreux: en mêlant, de fait, les questions sanitaires à une future campagne électorale, le politique jette le scepticisme et le doute. Il associe le traitement d’un sujet médical à l’idéologie et au mensonge. Il sème la peur et la confusion dans les esprits. En livrant la médecine à la politicaillerie et à l’hystérie médiatique, il déchire le pays et transforme, ce qui devrait être un sujet scientifique et médical, protégé de la folie, à l’abri des soubresauts idéologiques et politiciens, en nouvel objet de haine, de déchirement et de révolte. Il soumet à la contrainte, à la propagande et à l’idéologie des sujets qui ne devraient relever que de la responsabilité personnelle et de la médecine.

L’extension du « pass sanitaire » qui exclut sans la moindre raison même la plus infime une partie des Français, notamment les jeunes, des terrasses de café (effroyable emblème), annonce les bases d’une société discriminatoire de contrôle numérique et de délation ou chacun devient le gendarme d’autrui, est le fruit de cette terrifiante dérive. Idem: les menaces de « refermeture » ne relèvent pas de ce qui est tolérable de la part des politiques. Des dirigeants élus n’ont aucune légitimité pour exercer un chantage sur les citoyens à la destruction de leur pays (car la fermeture totale est une forme de destruction).

La dramatisation à outrance, les mots de « catastrophe » ou de « tsunami », destinés à répandre la peur ne sont pas dignes de responsables politiques. De fait, le taux de mortalité actuel est du niveau de l’avant covid d’après les statistiques de l’INSEE et le nombre d’une cinquantaine de morts déclarés au quotidien est 7 fois moins important que celui des victimes du tabac et de l’alcool ou équivalent à celui d’une épidémie passée inaperçue (2014-2015). L’alarmisme, le sensationnalisme, la manipulation de la peur et de la panique est l’un des aspects les plus sordides de cette crise, morale, intellectuelle, politique, au moins autant que sanitaire. Le rôle de dirigeants politiques est de rassurer, d’apaiser les esprits, de conquérir la confiance, la paix civile et non d’attiser la peur et la division.

Honte à ceux qui sèment le trouble et la peur, la haine entre Français. La récupération obsessionnelle de l’épidémie excite les passions et les angoisses autour de questions qui ne peuvent se traiter qu’à l’abri des tensions. Le naufrage dans l’infantilisation et la moralisation à outrance, l’esprit de pénitence – vous aurez une « vie de merde (sic) » – ne fait qu’amplifier les problèmes. Il désigne des coupables: les gens, la populace, les Gaulois réfractaires. Mais il a l’effet inverse à celui recherché en nourrissant la défiance, la fracture démocratique, en déchirant le pays et en anéantissant ce qui pouvait lui rester de paix et de confiance.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Réflexion en 12 points sur le pass sanitaire (suite), par Maxime Tandonnet

pass sanitaire

1. La situation sanitaire, de fait, n’a rien de cataclysmique à en juger par le tableau du bord du Monde. Nulle trace du tsunami annoncé. La hausse des contaminations liée au variant delta semble plus ou moins stabilisée. Le nombre de morts déclarés n’augmente pas significativement (45/jour) même si évidemment toute mort est à déplorer mais le covid19 tue 7 fois moins que le tabac et l’alcool et moins désormais que certaines épidémies récentes. Le Monde a même le courage (exceptionnel) de faire observer qu’aujourd’hui, le taux de mortalité globale est équivalent à celui de 2019 (avant le covid). La manipulation de la peur est ainsi au centre d’une stratégie de soumission. On peut évidemment tout imaginer mais rien ne permet sérieusement d’anticiper sur une hécatombe justifiant de nouvelles mesures d’exception.

2. Avec le pass sanitaire rendu obligatoire pour les actes de la vie quotidienne, les dirigeants du pays opèrent une authentique révolution. On peut se contorsionner dans tous les sens, s’offusquer, ricaner, calomnier, insulter, diaboliser, ringardiser, s’aveugler par tous les moyens, cela n’y change rien. En imposant le contrôle d’un laisser-passer pour entrer dans un train, un restaurant, un cinéma, la classe dirigeante tourne le dos à la tradition française de liberté. En interdisant l’accès de différents espaces indispensables à la vie quotidienne à une large partie de la population non détentrice du pass sanitaire, souvent pour des raisons indépendantes de sa volonté (résidence à l’étranger, médicale ou peur panique du vaccin que seule l’explication peut surmonter et non la contrainte), elle bafoue de plein fouet le principe d’égalité et officialise pour la première fois dans l’époque contemporaine, une forme de discrimination et d’exclusion officielle envers une grande partie des citoyens. Le sommet de l’absurdité est atteint avec l’argument selon lequel les non détenteurs d’un pass sanitaire (ou non vaccinés) représenteraient un danger pour les vaccinés – dès lors que ces derniers sont par définition protégés.

3. Un formidable rouleau compresseur est en marche. Sans doute, même lors du référendum constitutionnel de 2005 ou de la crise des GJ, n’a-t-on jamais assisté à un tel unanimisme politique et médiatique. Dans un formidable élan mimétique, les grandes chaînes de télévision et de radio (TF1, F2, BFM, Europe 1, RTL, etc.), la presse quasi officielle de droite comme de gauche, (le Monde, Libé, les Echos, le Point l’Express, l’Obs, la presse régionale) à l’exception des éditoriaux du Figaro, de FigaroVox et de Marianne, s’expriment avec un unanimisme qui semble n’avoir aucun précédent : le pass sanitaire obligatoire est la voie du bien et sa contestation une chose abominable, complotiste, obscurantiste, criminelle, irresponsable, assimilée aux mal absolu que sont les « antipass » (après les « antivax »). Et ne parlons pas des 200 à 300 000 manifestants du samedi qui sont discrédités et traînés dans la boue par tous les moyens possibles et imaginables. Ce gigantesque élan de consensualisme est d’autant plus paradoxal qu’il s’effectue, de fait, à l’encontre des valeurs jusqu’alors dominantes, valeurs républicaines ou simplement françaises voire universelles de liberté et d’égalité.

4. La contestation politique est réduite à néant ou renvoyée aux marges de l’échiquier. Le principal parti d’opposition (LR) est massivement rallié à la logique du pass sanitaire obligatoire. Toute forme d’esprit critique, face à la réalité du « tsunami » ou quant aux conséquences de cette réforme est gommée des esprits. Les pires sont les candidats à la présidentielle. Ils ne voient de salut que dans l’alignement inconditionnel. Lâcheté, inintelligence de l’histoire? [L’un d’eux, contacté par mes soins, m’a répondu exactement comme s’il récitait des éléments de langage fournis aux élus LREM].

5. La détresse authentique d’une partie de la population française est ignorée, bafouée, passée sous silence. Les restaurateurs, propriétaires ou salariés de bars, les gens du cinéma ou du spectacle sont une fois encore martyrisés. Même menacés de lourdes sanctions (fermeture, puis 9000 € d’amende et un an de prison) ils n’accepteront jamais de se substituer à la police pour contrôler les pass sanitaires, ce n’est pas leur métier, ils n’en ont pas l’autorité. La fréquentation de leurs établissements ne peut que s’effondrer les condamnant à brève échéance. Les jeunes sont tout aussi maltraités: pendant des mois, exclus du vaccin car non prioritaires et aujourd’hui sommés de se faire vacciner sans délais sous peine d’un arrêt de mort sociale. Mais toute cette masse de désespoir n’intéresse personne, ringardisée par le rouleau compresseur politico-médiatique et une logique de manipulation de la peur qui n’a pas le moindre fondement.

6. Nous assistons au paroxysme d’une déconnexion entre la sphère décisionnelle ou influente, médiatique, et la vie quotidienne des Français. Imposer la présentation d’un laisser-passer pour s’asseoir simplement à la terrasse d’un café en plein air, ou le risque de contamination est inexistant, en tout cas pas plus élevé que dans la rue et moins que dans le métro, est une mesure absolument grotesque et tragiquement humiliante, mais sous l’impact du rouleau compresseur, cela n’intéresse strictement personne et ne soulève aucune objection.

7. D’après les sondages plus ou moins contradictoires, l’opinion est favorable au laisser-passer sanitaire à plus de 60%. C’est une erreur de s’en tenir à ce constat. L’opinion est versatile, fluctuante, volatile. Aujourd’hui, elle est satisfaite de la poigne qui lui paraît répondre au climat de peur et aux messages alarmistes. Mais quand des vidéos vont circuler sur Internet montrant des jeunes ou des mères de familles (stupidement) refoulés à la terrasse des cafés tandis que des cadres encravatés y seront accueillis, ou des échauffourées devant les restaurants ou les trains, comment les Français vont-il réagir?

8. Les voix dissidentes sont rarissimes mais précieuses car elles évitent de nous plonger dans la solitude absolue. Parmi celles de ma préférence politique, j’ai noté M. Bellamy, M. Julien Aubert, Mme Lydia Guirous, M. David Lisnard, M. Damien Abad. Qu’ils soient remerciés pour leur courage et leur lucidité. [Quoi qu’il arrive je ne soutiendrai jamais, ne voterai jamais pour des politiques qui se sont montrés serviles et calculateurs, ou pire, imbéciles dans cette affaire d’une extrême gravité.]

9. Un silence assourdissant pèse sur le caractère malsain de l’opération en cours. Selon le discours officiel, la fin ultime de ces mesures est de forcer la population à se faire vacciner. C’est reconnaître que son objectif est bien d’empoisonner la vie des Français non vaccinés voire la rendre impossible. Depuis quand un pouvoir politique aurait une légitimité à faire souffrir délibérément une partie ciblée de ses compatriotes en appliquant un principe de chantage à la vie quotidienne? La logique est celle d’une vaccination obligatoire qui ne dit pas son nom. Comment une telle hypocrisie et dérobade face au principe de responsabilité peut-elle aussi bien passer, dans la plus parfaite indifférence, voire banalisation? Idem sur le chantage ultime: laisser-passer ou reconfinement? Comment une nation adulte peut-elle accepter une telle infantilisation? Et qui aurait le courage de répondre: nous n’acceptons ni l’un ni l’autre?

10. L’effet le plus flagrant du laisser-passer sanitaire est de déchirer le pays, les cercles d’amis, les familles. La grande fracture est de retour, celle de 2005 et celle de la crise des GJ. La majorité bienpensante qui suit le courant médiatico-politique dominant se retrouve face à la minorité diabolisée sous la caricature des « antipass » ou des « antivax » irresponsables individualistes contre l’intérêt général. Telle est le discours dominant. Il peut être aisément inversé en opposant la minorité résistante au nom de la liberté à la majorité bêlante. Mais peu importe, une sorte de guerre civile froide qui peut rapidement dégénérer est en train de s’installer dans le paysage français.

11. Tout cela ne se comprend bien entendu que par le contexte politique et l’approche de l’élection présidentielle. La dramatisation, le naufrage dans l’autoritarisme, la recherche de l’affrontement procède d’une logique qui est à l’œuvre depuis bientôt cinq ans: fracturer le pays pour l’entraîner dans le schéma du conflit habituel entre la supposée modernité, éclairée et la France périphérique ou obscurantiste, c’est-à-dire le combat entre le héros du bien et l’incarnation du populisme ringard (soit le duel le Pen/Macron). La réélection de 2022 est bien entendu en filigrane de cette crise de société.

12. Que va-t-il se passer maintenant? Le mouvement va probablement s’amplifier et dégénérer à la rentrée de septembre. En France, un choix politique pénalisant ou discriminant une partie de la population, notamment les jeunes, est le plus sûr chemin pour conduire le pays à la révolte, à la violence et au chaos. L’opinion exaspérée va se retourner. Le pouvoir tentera de reculer et d’édulcorer ou neutraliser le fond de ses mesures tout en préservant la coquille légale par exemple en renonçant au contrôle des terrasses ou en revenant à la gratuité des tests. Mais il n’est pas sûr que cela suffise. Le pouvoir a allumé un incendie qu’il aura toute peine à éteindre et il en sera forcément perdant dès lors que les yeux vont se dessiller. Problème: cette crise toute en soulignant la nocivité de l’équipe en place démontre aussi la nullité des solutions alternatives: pour l’instant en tout cas.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Désordres sanitaires et conséquences politiques, par Jean-Gilles Malliarakis

Depuis le début de la crise sanitaire, les lecteurs réguliers de cette chronique auront pu remarquer qu’au fil des jours, et contrairement au matraquage médiatique, son rédacteur s’est toujours abstenu de s’exprimer sur les sujets qu’il avoue, quant à lui, ignorer. Dans un pays où les sélectionneurs virtuels de l’équipe nationale de podosphère se comptent par millions, on a vu apparaître une épidémie … d’épidémiologistes. Jusqu’au mois de mars 2020, et au “quoi qu’il en coûte” d’une prétendue “déclaration de guerre”, on ignorait que ce pays abritait autant de spécialistes de cette science statistique approximative. Le bonheur de les entendre se contredire a vite fait place à la consternation.

Parallèlement, on ne doit pas oublier que le désarroi des Français s’est accru à la mesure du nombre des échecs et des mensonges de nos cadors gouvernementaux, à propos des masques et de leur utilité, des tests, des lits d’hospitalisations, et maintenant de la vaccination. Il s’en est suivi un sentiment humiliant de tiers-mondisation du pays.

Quand on ne croit pas à la dictature de la Science avec un grand S, et quand on investit sa confiance dans le caractère humain de la médecine, on ne peut que sourire amèrement devant cette horrible poussée de technocratie et de bureaucratie hospitalière étatisée qu’incarnent un Véran et son conseil prétendument “scientifique”.

Sans aucun véritable rapport avec la question du vaccin, question qui devrait se situer sur un terrain purement médical, la montée en puissance des protestations confirme, hélas, les pronostics politiques que l’on pouvait faire depuis plusieurs semaines.

Tout d’abord, on doit remarquer que les 180 manifestations d’opposition au passe sanitaire, observées ce samedi 31 juillet, se déroulaient le jour même où, par centaines de milliers, les familles françaises partaient en vacances. Les évaluations officielles, qu’on imagine difficilement supérieures à la réalité, portent donc sur 200 000 protestataires contre 160 000 le 24 juillet, et 115 000 la semaine précédente.

Tout cela laisse pressentir un nouveau mouvement du type des gilets jaunes. Encore plus anarchique que le précédent, il peut très vite se révéler encore plus destructeur, négateur de ses propres principes. Il risque de libérer tout un mécontentement accumulé dans le pays. Il s’est généralisé, après s’être concentré dans les nombreuses professions sinistrées depuis des mois et dont nos technocrates bafouent aussi bien les compétences corporatives que le sens des responsabilités, et les libertés élémentaires. Les exemples ne manquent pas, et ne concernent pas seulement l’exemple éclatant de l’hôtellerie-restauration. Du salon de coiffure à l’horlogerie de quartier, en passant par les théâtres, tout le monde s’est trouvé ballotté par l’arbitraire arrogant des ronds-de-cuir et des communicants officiels.

On se demande dans de telles conditions comment, à la fin de l’été, le président sortant osera solliciter un nouveau mandat. Il est vrai que les gens comme lui, “ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît”.

La loi implacable du dégagisme risque fort de se confirmer.

Depuis 40 ans, en effet, significativement depuis l’échec de Giscard en 1981, les élections présidentielles ont manifesté une règle pratiquement constante. Au départ, ce fut pour laisser la place, pour la première fois depuis 1947 à un gouvernement socialo-communiste. Il se révéla, comme tous ses prédécesseurs portés eux-mêmes par des victoires électorales de gauche, comme Combes en 1902-1905, comme Herriot en 1924, comme Blum en 1936, comme Guy Mollet en 1956, très vite catastrophique dès 1983 et sa majorité fut balayée en 1986. Puis, alternativement, on assista au rejet par les Français de chacune des équipes sortantes. La seule exception fut l’espoir de changement investi en Sarkozy lequel, précisément, quoique sorti du même sérail, semblait en rupture, en 2007, avec l’impuissante présidence chiraquienne et son premier ministre Villepin. Cette illusion est parfaitement décrite dans le film “La Conquête”. Elle fut immédiatement démentie par la mission confiée à Attali de proposer un paquet de soi-disant réformes, en contradiction avec les promesses de la campagne présidentielle.

Mais si l’on veut bien se souvenir de la série d’élections depuis 1988, on constate que, cette année-là, Chirac, porté au pouvoir deux ans plus tôt, en 1986, par un rejet massif de la désastreuse expérience socialiste, perd devant le manipulateur Mitterrand. En 1995, il gagne contre le Premier ministre sortant Balladur et contre le socialisme présidentiel. En 1997, Juppé est balayé par une élection législative qu’il avait malencontreusement anticipée. En 2002, le chef du gouvernement sortant Jospin est battu par Chirac qui rongeait son frein et ne faisait pratiquement rien depuis 5 ans. En 2007 donc, situation unique, la droite, ou ce qui en tient lieu, reste au pouvoir mais son candidat Sarkozy se présente comme novateur. En 2012, il perd devant Hollande qui, en 2017 est pratiquement obligé de renoncer à se présenter.

Comment imaginer qu’en 2022, alors que les Français commenceront à sortir la tête de l’eau et mesureront les désastres du “quoi qu’il en coûte”, après avoir supporté toutes les avanies de la crise sanitaire, puisse reconduire, pour la première fois depuis 1981, l’équipe sortante et son président ?

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

A qui profite la dramatisation autour de la crise sanitaire?

covid port du masque

L’épidémie de covid 19 et sa quatrième vague sont à l’origine d’une sorte de névrose médiatico-nationale. Les médias radio-télé procèdent à un matraquage intense, à chaque jour ses statistiques, ses déclarations et annonces fracassantes dont le caractère monstrueux sur le plan du respect des droits de la personne ne sert qu’à amplifier le désordre mental et la panique d’une société.

Un climat de terreur règne de nouveau sur ce pays comme à la veille d’une épidémie de peste bubonique qui s’apprêterait à emporter un tiers de la population. Et cette campagne de terreur qui s’enracine sur la crédulité et la lâcheté naturelle d’une partie (une partie seulement) de la population fonctionne plutôt bien. Les nouvelles rassurantes sont savamment occultées par la propagande politico-médiatique. La vérité, c’est qu’on ne meurt presque pas du variant delta selon les statistiques officielles (au Royaume-Uni comme en France). La vérité, c’est que la quasi totalité de personnes à risques sont (en principe) protégées par le vaccin. La vérité, c’est qu’au Royaume Uni, la courbe des contaminés au variant delta (dont l’explosion au printemps fut à la source du mouvement de panique français) est en chute libre depuis quelques jours. Qui nous dit ces informations contraires à la dramatisation ambiante? Personne. Silence: une censure de fait écrase toute nouvelle positive.

La peur autour du covid 19 en France comme ailleurs en Europe a un sens: elle sert à couvrir les immenses problèmes du pays dont plus personne ne parle. Extrait du Figaro de ce matin: « Les atteintes à l’intégrité physique, majoritairement des coups et blessures volontaires, n’ont jamais été aussi nombreuses. Avec plus de 350.000 agressions constatées en six mois [2021] contre 300.000 au premier semestre 2020 et 320.000 sur la même période de 2019. » On pourrait parler aussi des chiffres vertigineux du chômage (4 à 6 millions de chômeurs), du déclin dramatique du niveau scolaire (chute de la France dans le classement PISA, dernier rang de l’OCDE en mathématiques), des 10 millions de « pauvres » selon l’INSEE, de l’explosion de la dette publique à 120% du PIB (les impôts futurs de nos enfants), du déficit public de 10% du PIB, de la poursuite de la crise migratoire, etc… Mais tous ces graves sujets qui engagent l’avenir sont désormais passés sous silence. Ils le sont plus particulièrement à la veille de l’année électorale. A qui profite la grande névrose nationale? A ceux qui l’entretiennent cyniquement au jour le jour pour détourner les regards de leur faillite.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Pass sanitaire – Liberté, liberté chérie, par Maxime Tandonnet

manif pass sanitaire

La tendance médiatique est à la diabolisation des manifestants qui scandent le mot « liberté » dans la rue, présentés comme des extrémistes ou des populistes. Nous atteignons le paroxysme de l’inversion des valeurs, quand l’invocation de la liberté est jugée fascisante par nombre d’experts, commentateurs et supposés intellectuels. La question de la liberté est pourtant sérieuse. La CNIL elle-même a considéré que les mesures relatives à l’obligation du pass sanitaire représentaient « une atteinte particulièrement forte à la liberté. »

Ces paroles – d’une exceptionnelle gravité – n’ont semble-t-il guère ébranlé les murailles de la bonne conscience. Les inspirateurs, responsables ou chantres de ce dispositif affirment qu’il ne saurait être que provisoire. Qu’en savent-ils dès lors que nul n’a la moindre idée de la durée de la crise sanitaire qui se prolonge par vagues de contaminations et des futurs variants ? Un précédent est ouvert et les circonstances qui justifient le dispositif actuel ont toutes les chances de durer ou de se reproduire – indéfiniment – dans l’avenir.

L’atteinte aux libertés est en effet dévastatrice. L’obligation de décliner son identité et un laisser-passer certifiant un état sanitaire pour entrer dans un restaurant, un bar, un train, un hôpital ou un centre commercial, tous ces gestes les plus courants de la vie quotidienne, représente un phénoménal recul des droits de la personne et du libre arbitre individuel. Cela revient à exclure de la société – transformer en parias ou en sous-homme – les individus qui pour une raison ou une autre ne seront pas en mesure de présenter ce laisser-passer.

Obliger des professionnels à contrôler les laisser-passer de leurs usagers ou clients – sous peine d’une amende gigantesque de 45 000 € et d’un an de prison – engendre une société d’autosurveillance, d’embrigadement et de délation en transformant chacun en policier de l’autre. Faire de la non- vaccination un motif de licenciement, interdire l’accès aux EPHAD des non vaccinés représentent un impressionnant recul de la civilisation. Les premières victimes sont les jeunes. Pendant des mois, ils ont été écartés de la vaccination au prétexte qu’ils n’étaient pas menacés, le vaccin étant dès lors inutiles pour eux, et soudain le pouvoir exige d’eux qui aillent se faire vacciner sous la menace d’une sorte d’anéantissement social.

La vérité est que rien au monde ne permet de justifier ce basculement soudain dans une autre société bafouant la liberté quotidienne, officialisant la discrimination et l’autosurveillance policière. Les contaminations sont certes en hausse mais grâce au vaccin (notamment) diffusé sur une base volontaire, protégeant les personnes âgées et atteintes d’une comorbidité, ni les réanimations ni les décès ne sont en augmentation au regard des statistiques officielles. Dès lors qu’il est admis que le vaccin protège les personnes âgées ou fragiles et que le covid 19 n’est pas mortel pour les autres, la peur panique qui règne en ce moment sur les esprits et entraîne ce vent de folie est sans le moindre espèce de fondement.

Les véritables motivations de ce basculement n’apparaissent pas encore clairement aujourd’hui. Rien ne permet d’imaginer une sorte de « complot » planétaire dès lors que la France se singularise dans ce grand naufrage liberticide (à quelques exceptions près). La déraison politique en est sans doute la principale explication. Il faut y voir une fuite en avant autoritariste de la part de dirigeants paniqués à l’idée d’être accusés d’inaction face à la reprise épidémique, un effet paroxystique de la grande dérive narcissique : donner l’illusion de la poigne et la fermeté par des postures intransigeantes. L’obsession de la réélection présidentielle dans moins d’un an n’arrange rien…

Mais ce qui est le plus effroyable, bien plus que la dérive d’une poignée de dirigeants de circonstance, c’est l’aveuglement et la servilité qui entourent le naufrage en cours. La pensée unique fait rage dans les médias, au parlement, dans les institutions et les juridictions et même semble-t-il, une partie de l’opinion sous influence. La manière dont la France dite « d’en haut » tourne le dos à la tradition française de liberté et de respect des droits de la personne, s’accommode de cet encasernement de la vie quotidienne sans la moindre raison valable et dans la plus parfaite bonne conscience, puis s’efforce en ce moment de diaboliser ou fasciser le mot de « liberté », est le signe le plus patent de son vertigineux déclin intellectuel. Quant à l’idée folle de sacrifier la liberté au profit d’une sécurité absolue, elle est l’expression même de la lâcheté et de la soumission.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

L’impasse sanitaire : comment le pouvoir se noie et hystérise la société

Fabrice Di Vizio : en guerre contre Big Brother | Portrait [vidéo]

Fabrice Di Vizio

23/07/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Fabrice Di Vizio est un des principaux opposants au pass sanitaire et à la surprenante gestion de la crise du gouvernement Macron.

Pour Livre Noir, l’avocat en santé publique Fabrice Di Vizio revient en profondeur sur son choix de s’engager dans ce combat pour la liberté, et retrace minutieusement les étapes de cette crise pour décrire avec brio comment, en à peine quelques mois, une partie du peuple Français a accepté de sacrifier un grand nombre de libertés.

Est-il anti-vaccins ? Complotiste ? Va-t-il quitter la France ? Toutes ces questions sont abordées sans tabou.


Baisse des expulsions, accélération de l’immigration : que fait Macron ?

macron pass sanitaire

Moins de liberté pour les Français, plus de liberté pour les immigrés clandestins : telle semble être la devise d’Emmanuel Macron. La crise sanitaire a des conséquences paradoxales : des mesures de plus en plus contraignantes à l’égard de nos compatriotes, mais une indulgence coupable à l’égard des étrangers en situation irrégulière.

Le Figaro, s’appuyant sur un rapport de la CIMADE et d’autres associations d’aide aux migrants, souligne que, durant cette année de Covid, les placement en rétention d’illégaux en vue de les renvoyer dans leur pays d’origine ont été divisés par deux.

Au mois de juin, Macron a bien demandé aux ministres concernés « d’activer de manière volontariste les dispositifs en vigueur » pour les expulsions, laissant, selon son habitude, retomber sur ses subalternes la responsabilité des défaillances de sa politique ; mais force est de constater, selon les chiffres de la CIMADE, que, pour l’année 2020, sur la seule Métropole, les enfermements sont passés de 24.149 à 13.011 (-46 %). Comme le rapporte Le Figaro, « jamais il n’y a eu autant d’illégaux en France et jamais les expulsions n’ont été aussi faibless ».

L’opposition LR, qui fait, un peu tardivement, de l’immigration son cheval de bataille, s’inquiète et redoute qu’après ce ralentissement des expulsions, la machine ne reste grippée – à supposer que le gouvernement veuille vraiment la relancer. La droite, qui a longtemps été au pouvoir sans agir efficacement, n’est sans doute pas la mieux placée pour tirer la sonnette d’alarme, mais la situation qu’elle dénonce, à la suite du Rassemblement national et de quelques personnalités lucides, n’en est pas moins réelle.

Un paradoxe manifeste entre discours et passage à l’acte

Guillaume Larrivé, député de l’Yonne, estime le nombre de clandestins à « plus d’un demi-million ». Il rappelle que « les procédures d’éloignement ne sont toujours pas à la hauteur de l’explosion de l’immigration illégale ». Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration sous le mandat de Nicolas Sarkozy, va encore plus loin. Il estime que « ces chiffres de la rétention sont en trompe-l’œil et ne doivent pas masquer une réalité : le ralentissement du Covid entraînera l’accélération des migrations ». L’habitude devenant une seconde nature, le laxisme produira un appel d’air pour la venue de nouveaux clandestins.

Selon François-Noël Buffet, président de la commission des lois du Sénat, « le problème reste la très grande faiblesse des réadmissions et donc de l’accord des pays d’origine pour accueillir leurs ressortissants ». Il avait proposé de conditionner l’octroi de visas par la France à l’obtention de laissez-passer consulaires et d’inscrire cette disposition dans la loi, mais le gouvernement s’y est opposé. Comme le conclut l’article du Figaro dans un euphémisme, il y a un « hiatus » entre « la fermeté affichée par les autorités et la réalité de la politique migratoire française ».

Cette politique migratoire est à l’image du chef de l’État : quand un sujet le gêne, il est apparemment ferme dans ses déclarations, mais fluctuant, tiède, voire pleutre dans ses actes. Il n’a pas la volonté de s’attaquer à ce problème, qui contrevient à sa vision multiculturaliste du monde. Il considère la France comme un simple espace économique, ne croit ni à sa culture ni à ses racines judéo-chrétiennes. Il n’a cure de l’identité de la France, de sa survie même, si ce n’est en période électorale. L’immigration n’est pour Macron un problème que si elle peut nuire à sa réélection.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

La pandémie politique, par Etienne Defay

pandémie politique

On s’agaçait en regardant les nombreux débats de voir les médecins se prendre pour des politiques et les hommes politiques se prendre pour des médecins. Ainsi, Didier Raoult est devenu malgré lui une personnalité politique de premier plan, pendant ce temps Emmanuel Macron est devenu un virologue de renommée internationale. Las. Dans les sociétés démocratiques occidentales modernes, tout est devenu politique.

Le moindre fait nécessite de se placer, tout est matière à conviction, débat, polémique et appelle un soutien ou une condamnation tout aussi ferme. La situation sanitaire n’échappe pas à la règle et rajoute une fracture supplémentaire dans une société française exsangue. Si le virus confirme les disparités sociales et géographiques du territoire, il est aussi devenu un point d’opposition politique et l’épidémie s’est parfaitement calée dans l’agenda électoral des uns et des autres.

Si vous êtes progressiste et électeur convaincu d’Emmanuel Macron, vous serez nécessairement pro-vaccin et pro-confinement. Sociologiquement, vous êtes généralement un CSP++ proche de ou à la retraite (confortable) et jouissez de plusieurs résidences. Au demeurant, votre esprit individualiste et jouisseur sans entrave vous fait regarder l’autre comme un potentiel enquiquineur dont les convictions doivent s’abaisser devant cette liberté de jouir. Sans entrave certes mais uniquement pour vous. Peu importent les règles tant qu’elles vous permettent de rallier La Baule ou le cap Ferret sans encombre. A contrario, si vous êtes déclassé, habitant de la France périphérique et que vous subissez l’incurie de l’État, vous serez plus enclin à éprouver de la défiance à l’encontre de la stratégie sanitaire. De même, si vous avez un sens des réalités, une intelligence normalement développée et un sens aigu du bien commun, il y a peu de chance que vous approuviez la politique en place. Il y a quelques décennies, on aurait pu trouver ces propos caricaturaux. Force est de constater qu’ils ont un fond de vérité. Cette légère digression pour s’interroger sur l’aspect éminemment politique de ce virus. Chez les principaux dirigeants de l’opposition, on n’ose, à l’image du quinquennat Macron, s’opposer frontalement.

LR, LFI et RN peinent à trouver une ligne claire. Peur d’être jugés responsables des morts et des dégâts causés par cette pathologie ? Peur de l’épidémie ? Il n’y a que les petits candidats tels Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Frédéric Poisson et surtout Florian Philippot qui en ont fait un axe principal de leur communication voire de leur campagne présidentielle. Tels la souveraineté, l’économie ou la sécurité, le Covid rejoint la liste des sujets clivants et des positionnements obligatoires. Sans doute parce que les ombres se cachant derrière la pandémie portent des noms bien plus importants : liberté, civilisation et conscience.

A l’image de l’épidémie, ce quinquennat désastreux doit toucher à sa fin au plus vite. Sans cela, nous perdrons bien plus qu’une table de restaurant ou un pouvoir d’achat.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 16 juillet 2021

Florian Philippot invité de Livre Noir : “le combat acharné d’un anti-système” [vidéo]

Florian Philippot

16/06/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Florian Philippot, souverainiste et président du mouvement « Les Patriotes », était l’invité de Livre Noir pour un grand entretien qui nous donne l’occasion de revenir en profondeur sur son parcours, la crise sanitaire, les libertés publiques et l’Europe.


Cet étrange couvre-feu, par Maxime Tandonnet

L’une des caractéristiques les plus sidérantes du cerveau humain est sa malléabilité. On s’habitue à tout, on finit par tout accepter et tout banaliser.

Un couvre-feu est en vigueur depuis six mois et il est devenu une chose normale. A 21H les rues se vident, les gens prennent peur et rentrent chez eux. Evidemment, les conséquences, le contexte sont différent. Mais ce couvre feu est en substance, le même que le couvre-feu des années d’occupation 1940-1944.

Selon les période, à 20 H ou à 23 H, les Français n’avaient plus le droit d’être dehors et devaient rentrer chez eux. Rien n’est plus étrange que la résurrection de ce phénomène aujourd’hui. Jamais un couvre-feu – le mot même et la réalité- général, durable, n’eût été possible dans l’après guerre. Aucun dirigeant politique n’eût assumé un retour au cauchemar. Il faut croire qu’à la troisième génération, le souvenir des années sombres s’estompe dangereusement. A l’évidence il ne sert strictement à rien sur le plan sanitaire.

On sait que le la covid 19 ne s’attrape pas dehors. Obliger les Français à rentrer chez eux, au besoin à s’entasser à l’intérieur d’une pièce quand ils sont plusieurs, notamment les jeunes, est infiniment plus dangereux que de les laisser vivre à l’extérieur. Et le virus ne devient pas plus virulent en extérieur après 21H qu’avant. Tout ceci est une véritable insulte à l’intelligence. Pourquoi? Nous sommes toujours dans la logique de l’esbroufe: asservir pour faire semblant de protéger. Le prix de cette mystification est gigantesque: enfermer une nation après 21H comme après 23 H revient à anéantir les fondements d’une société de liberté.

Or, il ne se trouve pas une voix chez les intellectuels ou les politiques, de l’extrême gauche à l’extrême droite incluses, pour – ne serait-ce que – s’interroger. Le plus extraordinaire, le plus tragique, la leçon la plus invraisemblable, c’est la facilité avec laquelle le grand troupeau se soumet, et pire, s’habitue.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

[vidéo] Fin des restrictions sanitaires : le grand retour des mouvements populistes ?

Castex covid

04/05/2021 – FRANCE (NOVOpress)
En France, le calendrier de sortie de crise se précise depuis les annonces de Jean Castex à l’issue du Conseil des ministres du 28 avril. La fin du couvre-feu est annoncée pour le 30 juin par le Président de la République. Mais à l’heure où certains experts prédisent une crise économique et sociale majeure, l’après-crise sanitaire sera-t-elle synonyme d’un retour en force des revendications populistes ?

Pour en parler, Sputnik donne la parole à l’essayiste et économiste David Cayla, auteur de l’ouvrage Populisme et Néolibéralisme (Éd. De Boeck Supérieur).


Corona-business – Un couple d’influence pour chasser le virus

coronavirus business

La disparition des écrans, mais aussi du gouvernement et du Conseil d’Etat, du couple Lévy-Buzyn a fait oublier très vite leur responsabilité écrasante dans la crise sanitaire, le mari ayant profité de sa position de directeur de l’Inserm pour mener une violente campagne contre les travaux du professeur Raoult afin de bénéficier des retombées financières des recherches de l’IHU marseillais en faisant changer, par son ministre d’épouse, les statuts de cette structure créée par Sarkozy en 2010, pendant que Madame niait la gravité du virus et enchaînait les contre-vérités jusqu’à être poussée à la démission. En 2018, après la nomination de Buzyn à la Santé et afin de contourner l’écueil du conflit d’intérêts, Yves Lévy était exfiltré vers le Conseil d’Etat avant d’en démissionner en juillet 2020 et de reprendre son caducée en bandoulière.

Famille et lobbying

On aurait pu croire que cet épisode peu glorieux du macronisme aurait guéri le pouvoir élyséen et lui aurait mis du plomb dans la tête. Hélas, il n’en est rien quand on examine le cas de l’ancienne conseillère Santé d’Emmanuel Macron et de Jean Castex, Marguerite Cazeneuve, épouse du directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, le communiste Aurélien Rousseau, et promue récemment directrice déléguée à l’organisation des soins à la CNAM afin de couper court à des rumeurs de conflits d’intérêts (encore !), la donzelle étant la fille de la représentante française d’un laboratoire américain qui vient de recevoir l’adoubement de la France pour un anticorps censé être efficace dans le traitement contre la Covid-19.

Repérée par l’ancien patron de la Sécurité sociale Thomas Fatome – nouveau patron de la CNAM après avoir été directeur de cabinet adjoint d’Edouard Philippe à Matignon – alors qu’elle effectuait une mission à la SS comme consultante chez McKinsey, le cabinet de conseil en stratégie qui a préparé la campagne de Macron avant de se voir confier la stratégie de la campagne de vaccination, Marguerite Cazeneuve, passée par HEC, a très vite gravi les échelons du pouvoir. Elle a notamment participé à la préparation de la réforme des retraites avant de devenir chef du pôle santé, solidarité et protection sociale auprès d’Edouard Philippe, à vingt-neuf ans seulement, puis de Jean Castex, tout en conservant un bureau à l’Elysée près d’Alexis Kohler, tout-puissant secrétaire général de la présidence depuis mai 2017.

Certes la valeur n’attend pas le nombre des années, mais on est en droit de se demander si le profil professionnel des parents n’explique pas une telle ascension. En effet, sa mère Béatrice Cazeneuve est chargée au sein du comité de direction du laboratoire américain Lilly France de « l’accès national et régional des nouveaux produits ». Son père, Jean-René, a été élu en 2017 député LREM du Gers après une longue carrière à la direction de Bouygues Télécom. Quant à Pierre, un de ses deux frères, il occupe la fonction de conseiller technique adjoint auprès du chef de cabinet d’Emmanuel Macron et dirige le parti Allons Enfants, censé regrouper les jeunes de 18 à 25 ans attirés aussi bien par Mélenchon que par Macron ou Xavier Bertrand ! Bref, une famille en or, omniprésente dans les sphères du pouvoir.

Le Bamlanivibam fait son entrée

Au moment où le monde médical recherche un traitement capable de traiter le coronavirus, l’Agence nationale de sécurité du médicament délivrait précocement, le 12 février dernier, une validation thérapeutique d’utilisation pour le Bamlanivibam, un anticorps monoclonal contre la Covid-19. Quinze jours plus tard, des milliers de doses de ce médicament étaient envoyées dans plus de 83 centres hospitaliers, pour la plus grande satisfaction d’Olivier Véran alors même que les bases scientifiques concernant ce nouveau médicament demeurent fragiles et que la Société française de pharmacologie souligne le « risque de recommander à tort un tel traitement ». Les commandes de ce médicament ont été précédées, selon des informations parues dans Le Monde, par « des réunions présidées par Emmanuel Macron ». Les enfants Cazeneuve auraient-ils joué un rôle dans la promotion rapide de ce produit américain ? Toujours est-il que le pouvoir a rapidement publié un communiqué assurant que la mère de Marguerite Cazeneuve n’avait pas été impliquée dans les discussions relatives à l’autorisation de la mise à disposition de ce médicament. Quant à Matignon, les équipes de Castex ont aussitôt ouvert le parapluie en réfutant tout conflit d’intérêts de la part de leur collaboratrice qui, en juillet dernier, aurait « proactivement déclaré les activités de sa mère et un déport de tous les sujets ayant trait aux traitements pharmaceutiques ». C’est la ligne de défense même qu’avait adoptée le couple Lévy-Buzyn avant l’expatriation de ce dernier vers la place du Palais-Royal.

Au début du mois de mars dernier, la conseillère santé de Castex trouvait refuge à la CNAM où elle retrouvait son mentor Thomas Fatome, mais aussi le prestataire McKinsey qui pilote la rénovation de la politique de gestion du risque de l’Assurance maladie. Pour l’anecdote, le cabinet américain vient de s’engager à rembourser 573 millions de dollars pour clore les procédures engagées par 49 Etats américains qui l’accusent d’avoir contribué à la crise des opioïdes en conseillant des laboratoires afin qu’ils accélèrent leurs techniques de vente.

Un héros d’Aragon au secours des migrants

« Le Komintern m’avait envoyé détruire la social-démocratie. Je ne pensais pas réussir aussi vite et bien. » C’est par ces mots qu’Aurélien Rousseau, directeur de l’ARS d’Ile-de-France accueillait ses amis et collègues de travail, lors de son pot de départ en 2017 et alors qu’il était directeur de cabinet adjoint auprès de Bernard Cazeneuve et conseiller social. Agrégé d’histoire, ancien élève de l’ENA, Rousseau est un pur produit du communisme, qui doit son prénom au héros d’Aragon et a été élevé par une famille huguenote de culture marxiste. Il fait ses premières armes auprès du communiste Pierre Mansat à la mairie de Paris et, après sa réussite au concours de l’ENA, rejoint le Conseil d’Etat où il planche sur les libertés publiques, travaille avec Delanoë, puis rejoint Manuel Valls Place Beauvau. On connaît la suite. Un passage à la Monnaie de Paris et le voilà en mars 2018 appelé par Buzyn à conduire une mission de pilotage sur l’enjeu des ressources humaines à l’hôpital, mission qui a visiblement foiré mais qui lui permet, quelques mois plus tard, de se retrouver à la tête de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France et de gérer, avec le succès que l’on sait, le mouvement de grève dans les services d’urgence. Dans un récent entretien à L’Humanité, il affirme « protéger les personnes vulnérables et en particulier les migrants » et « lutter contre les inégalités sociales de santé », et passe la brosse à reluire s’agissant d’Olivier Véran. Il oublie simplement de reconnaître que la crise de l’hôpital est d’abord et avant tout une conséquence de l’invasion migratoire qui nous submerge. Mais il ne peut décemment pas mettre en cause l’existence même des ARS, portées sur les fonts baptismaux par Bachelot et Castex et qui sont un véritable obstacle à une politique sanitaire d’envergure dans notre pays, tant leur lourdeur administrative est contraignante.

Mais, en bon communiste revendiqué, il est un adepte du centralisme démocratique.

Francoise Monestier

Article paru dans Présent daté du 22 avril 2021

Département du Tarn, université de Nice : le ramadan impose ses horaires, Darmanin se couche mais ça ne passe pas !

Ramadan

Mon village à l’heure du ramadan. Mon pays, mon département, mon université à l’heure du ramadan. Mon eau à l’heure du ramadan.
On pourrait, on pourra multiplier à l’infini ces titres de romans du futur. Rien que cette semaine, la première du mois sacré, ce fut un véritable festival « ramadanesque ».

Pour le présent, mon département à l’heure du ramadan, c’est le Tarn. Un bien beau pays, celui du Gaillac et de la cathédrale d’Albi. Jeudi, la Toile s’enflammait en apprenant, via un journal local, que consigne avait été donnée aux forces de l’ordre de faire preuve de tolérance pour les musulmans enfreignant les horaires du couvre-feu, entre 19 et 22 heures et avant 6 heures du matin. Les raisons : prière du matin et aumône du soir… Devant le tollé suscité – et, évidemment, c’est encore cette incorrigible fachosphère qui a crié le plus fort, entraînant avec elle le maire LR de Lavaur Bernard Carayon -, la préfète à l’origine du message a été obligée de manger son chapeau.

Évidemment, comme toujours dans ces affaires, Le Parisien s’est empressé de « fact-checker », jetant le doute sur la réalité de l’information. Et tous les procédés stylistiques ont été mobilisés : phrase interrogative du titre (« Couvre-feu et ramadan : la préfecture du Tarn a-t-elle accordé une tolérance pour les musulmans ? »), chapô au conditionnel : « Selon un hebdomadaire local, les commissariats et gendarmeries du département auraient reçu la consigne de ne pas verbaliser les musulmans circulant pendant le couvre-feu durant le ramadan. » Du grand professionnalisme.

Sauf que la lecture de l’article confirme que l’information et le mail adressé aux forces de l’ordre sont bien réels : « Il y aurait écrit [encore un beau conditionnel dont vous apprenez, deux lignes plus bas, qu’il n’est pas justifié], dans des parties [du mail] qu’a choisi de diffuser l’hebdomadaire, “le créneau nocturne correspond à la rupture du jeûne et il est potentiellement susceptible de générer des rassemblements sur la voie publique ou aux abords des mosquées”. Un envoi d’un mail aux gendarmes que nous sommes en mesure de confirmer », avoue Le Parisien.

Donc, la préfète du Tarn, après avoir envoyé son directeur de cabinet s’embrouiller dans des justifications concernant les associations caritatives, n’a eu d’autre choix que de rétropédaler en arguant que ses consignes avaient été « mal comprises ». Ce qui n’est pas très élégant vis-à-vis de ces mêmes forces de l’ordre. Il faudrait aussi qu’elle y réfléchisse.

Mais il n’y a pas que dans les préfectures de France que l’on se couche devant les exigences du ramadan. À l’université aussi où, c’est bien connu, l’islamo-gauchisme n’existe pas, pas plus que les pressions communautaristes. En tout cas, vendredi, c’est l’université de Nice qui était contrainte d’annoncer qu’elle allait sanctionner un professeur accusé par l’UNI d’avoir décalé un examen pour respecter le ramadan de certains de ses étudiants. Son mail a été publié sur les réseaux sociaux : « Suite à plusieurs demandes, je décale le QCM de 20 h à 22 h 30, notamment pour accommoder la rupture du jeûne du ramadan. C’est l’ultime modification, car cela commence à devenir pénible. »

Ces deux affaires sont révélatrices, à trois niveaux. Sonores, pourrait-on dire. Et l’échelle du bruit y est l’inverse de leur chronologie. Le fait le plus bruyant, c’est bien sûr celui de la dénonciation, par les forces de l’ordre ici, par les étudiants là-bas, qui – c’est nouveau et c’est heureux – trouvent désormais des voix pour faire résonner leur exaspération (réseaux sociaux, syndicats, presse alternative). Ensuite, il y a le niveau bas bruit des autorités qui ont cédé, accepté, souvent par habitude, complaisance, sans voir même peut-être en quoi et jusqu’où c’était problématique, puis sont obligées de se rétracter. Enfin – mais c’est de là que tout part – il y a les mystérieuses « demandes », exigences de certaines associations, certains étudiants, dont nous ne savons en l’occurrence pas grand-chose, si ce n’est qu’il y a bien eu demandes.

Justement, l’on a appris que le Conseil français du culte musulman (CFCM) a bien demandé une dérogation à Gérald Darmanin, qui l’a royalement accordée. Communiqué du CFCM : « Il est toléré de se rendre au lieu de culte le plus proche de son domicile pour accomplir la prière du matin [donc avant 6 heures, NDLR]. Cette dérogation est accordée par le ministre de l’Intérieur à la demande du CFCM […] Le CFCM recommande aux imams de retarder cette prière dans la mesure du possible pour permettre un usage utile et limité de la dérogation. »

La morale de l’histoire : ne plus rien laisser passer et… faire du bruit !

Frédéric Sirgant

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

La liberté crucifiée dans l’indifférence, par Maxime Tandonnet

covid-19

Rien n’est plus fascinant que l’indifférence générale qui accompagne l’assassinat de la liberté. Certes, la routine est toujours la complice du despotisme. Les Français subissent depuis un an des contraintes monstrueuses qu’aucune guerre ni aucune occupation n’avaient justifiées: interdiction de se déplacer à plus de 10 km, couvre-feu systématique à 19H, interdiction de se rendre dans les bars et les restaurants ou d’acheter des vêtements, bannissement de la circulation interdépartementale et des voyages.

Ces mesures indéfiniment prolongées touchent au paroxysme de l’absurdité bureaucratique. Quoi, le virus se propagerait après 19H et non avant? On serait davantage contagieux au-delà de 10 km? Les vêtements, un bien non essentiel? L’objectif des dirigeants est d’imposer une pénitence au pays pour donner l’illusion de leur volontarisme face à l’épidémie. Gouverner, c’est accabler et asservir. Cette stratégie de communication est au prix de l’abolition de la liberté, c’est-à-dire d’un brutal changement de civilisation. Jamais, contrairement à un mensonge répandu, les autres Nations occidentales ne se sont engagées dans la voie d’une extinction aussi totale et aussi durable de la liberté. Croire que celle-ci reviendra d’elle-même à la fin de la crise sanitaire est illusoire. Un abominable précédent a été ouvert. Demain, la moindre crise sanitaire (ou d’un autre genre) justifiera de futurs barreaux et contraintes. La peur est le carburant de cette manœuvre.

Il faut l’agiter en permanence pour asservir le grand troupeau docile. « Hommage aux 100 000 morts du covid-19 » nous disent-ils, tétanisés par la perspective de devoir un jour rendre des comptes. Et les millions de Poilus de 14-18 ou combattants et Fusillés de 40-45 qui ont donné leur vie pour cette liberté qu’ils détricotent jour après jour? Mais le pire de tout, c’est l’indifférence générale ou formidable aveuglement par lesquels l’anéantissement de la liberté se produit sans obstacle. Comment en arrive-t-on à un peuple aussi résigné, aussi servile? Par quel épouvantable scandale le monde politique, en dehors d’une infime poignée d’exceptions (Mme Martine Wonner ou M. David Lisnard), se montre totalement silencieux face à cette tragédie liberticide? Les autres, tous les autres, s’enferment dans le silence de la lâcheté et du conformisme.

Et pourquoi l’invraisemblable mutisme de la plupart des intellectuels Français, si prompts à verser dans l’indignation à tout propos? (Sauf une poignée de personnalités à l’image d’André Comte-Sponville). Encore plus terrible que n’importe quelle tyrannie: la soumission.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet