[vidéo] Fin des restrictions sanitaires : le grand retour des mouvements populistes ?

Castex covid

04/05/2021 – FRANCE (NOVOpress)
En France, le calendrier de sortie de crise se précise depuis les annonces de Jean Castex à l’issue du Conseil des ministres du 28 avril. La fin du couvre-feu est annoncée pour le 30 juin par le Président de la République. Mais à l’heure où certains experts prédisent une crise économique et sociale majeure, l’après-crise sanitaire sera-t-elle synonyme d’un retour en force des revendications populistes ?

Pour en parler, Sputnik donne la parole à l’essayiste et économiste David Cayla, auteur de l’ouvrage Populisme et Néolibéralisme (Éd. De Boeck Supérieur).


Corona-business – Un couple d’influence pour chasser le virus

coronavirus business

La disparition des écrans, mais aussi du gouvernement et du Conseil d’Etat, du couple Lévy-Buzyn a fait oublier très vite leur responsabilité écrasante dans la crise sanitaire, le mari ayant profité de sa position de directeur de l’Inserm pour mener une violente campagne contre les travaux du professeur Raoult afin de bénéficier des retombées financières des recherches de l’IHU marseillais en faisant changer, par son ministre d’épouse, les statuts de cette structure créée par Sarkozy en 2010, pendant que Madame niait la gravité du virus et enchaînait les contre-vérités jusqu’à être poussée à la démission. En 2018, après la nomination de Buzyn à la Santé et afin de contourner l’écueil du conflit d’intérêts, Yves Lévy était exfiltré vers le Conseil d’Etat avant d’en démissionner en juillet 2020 et de reprendre son caducée en bandoulière.

Famille et lobbying

On aurait pu croire que cet épisode peu glorieux du macronisme aurait guéri le pouvoir élyséen et lui aurait mis du plomb dans la tête. Hélas, il n’en est rien quand on examine le cas de l’ancienne conseillère Santé d’Emmanuel Macron et de Jean Castex, Marguerite Cazeneuve, épouse du directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, le communiste Aurélien Rousseau, et promue récemment directrice déléguée à l’organisation des soins à la CNAM afin de couper court à des rumeurs de conflits d’intérêts (encore !), la donzelle étant la fille de la représentante française d’un laboratoire américain qui vient de recevoir l’adoubement de la France pour un anticorps censé être efficace dans le traitement contre la Covid-19.

Repérée par l’ancien patron de la Sécurité sociale Thomas Fatome – nouveau patron de la CNAM après avoir été directeur de cabinet adjoint d’Edouard Philippe à Matignon – alors qu’elle effectuait une mission à la SS comme consultante chez McKinsey, le cabinet de conseil en stratégie qui a préparé la campagne de Macron avant de se voir confier la stratégie de la campagne de vaccination, Marguerite Cazeneuve, passée par HEC, a très vite gravi les échelons du pouvoir. Elle a notamment participé à la préparation de la réforme des retraites avant de devenir chef du pôle santé, solidarité et protection sociale auprès d’Edouard Philippe, à vingt-neuf ans seulement, puis de Jean Castex, tout en conservant un bureau à l’Elysée près d’Alexis Kohler, tout-puissant secrétaire général de la présidence depuis mai 2017.

Certes la valeur n’attend pas le nombre des années, mais on est en droit de se demander si le profil professionnel des parents n’explique pas une telle ascension. En effet, sa mère Béatrice Cazeneuve est chargée au sein du comité de direction du laboratoire américain Lilly France de « l’accès national et régional des nouveaux produits ». Son père, Jean-René, a été élu en 2017 député LREM du Gers après une longue carrière à la direction de Bouygues Télécom. Quant à Pierre, un de ses deux frères, il occupe la fonction de conseiller technique adjoint auprès du chef de cabinet d’Emmanuel Macron et dirige le parti Allons Enfants, censé regrouper les jeunes de 18 à 25 ans attirés aussi bien par Mélenchon que par Macron ou Xavier Bertrand ! Bref, une famille en or, omniprésente dans les sphères du pouvoir.

Le Bamlanivibam fait son entrée

Au moment où le monde médical recherche un traitement capable de traiter le coronavirus, l’Agence nationale de sécurité du médicament délivrait précocement, le 12 février dernier, une validation thérapeutique d’utilisation pour le Bamlanivibam, un anticorps monoclonal contre la Covid-19. Quinze jours plus tard, des milliers de doses de ce médicament étaient envoyées dans plus de 83 centres hospitaliers, pour la plus grande satisfaction d’Olivier Véran alors même que les bases scientifiques concernant ce nouveau médicament demeurent fragiles et que la Société française de pharmacologie souligne le « risque de recommander à tort un tel traitement ». Les commandes de ce médicament ont été précédées, selon des informations parues dans Le Monde, par « des réunions présidées par Emmanuel Macron ». Les enfants Cazeneuve auraient-ils joué un rôle dans la promotion rapide de ce produit américain ? Toujours est-il que le pouvoir a rapidement publié un communiqué assurant que la mère de Marguerite Cazeneuve n’avait pas été impliquée dans les discussions relatives à l’autorisation de la mise à disposition de ce médicament. Quant à Matignon, les équipes de Castex ont aussitôt ouvert le parapluie en réfutant tout conflit d’intérêts de la part de leur collaboratrice qui, en juillet dernier, aurait « proactivement déclaré les activités de sa mère et un déport de tous les sujets ayant trait aux traitements pharmaceutiques ». C’est la ligne de défense même qu’avait adoptée le couple Lévy-Buzyn avant l’expatriation de ce dernier vers la place du Palais-Royal.

Au début du mois de mars dernier, la conseillère santé de Castex trouvait refuge à la CNAM où elle retrouvait son mentor Thomas Fatome, mais aussi le prestataire McKinsey qui pilote la rénovation de la politique de gestion du risque de l’Assurance maladie. Pour l’anecdote, le cabinet américain vient de s’engager à rembourser 573 millions de dollars pour clore les procédures engagées par 49 Etats américains qui l’accusent d’avoir contribué à la crise des opioïdes en conseillant des laboratoires afin qu’ils accélèrent leurs techniques de vente.

Un héros d’Aragon au secours des migrants

« Le Komintern m’avait envoyé détruire la social-démocratie. Je ne pensais pas réussir aussi vite et bien. » C’est par ces mots qu’Aurélien Rousseau, directeur de l’ARS d’Ile-de-France accueillait ses amis et collègues de travail, lors de son pot de départ en 2017 et alors qu’il était directeur de cabinet adjoint auprès de Bernard Cazeneuve et conseiller social. Agrégé d’histoire, ancien élève de l’ENA, Rousseau est un pur produit du communisme, qui doit son prénom au héros d’Aragon et a été élevé par une famille huguenote de culture marxiste. Il fait ses premières armes auprès du communiste Pierre Mansat à la mairie de Paris et, après sa réussite au concours de l’ENA, rejoint le Conseil d’Etat où il planche sur les libertés publiques, travaille avec Delanoë, puis rejoint Manuel Valls Place Beauvau. On connaît la suite. Un passage à la Monnaie de Paris et le voilà en mars 2018 appelé par Buzyn à conduire une mission de pilotage sur l’enjeu des ressources humaines à l’hôpital, mission qui a visiblement foiré mais qui lui permet, quelques mois plus tard, de se retrouver à la tête de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France et de gérer, avec le succès que l’on sait, le mouvement de grève dans les services d’urgence. Dans un récent entretien à L’Humanité, il affirme « protéger les personnes vulnérables et en particulier les migrants » et « lutter contre les inégalités sociales de santé », et passe la brosse à reluire s’agissant d’Olivier Véran. Il oublie simplement de reconnaître que la crise de l’hôpital est d’abord et avant tout une conséquence de l’invasion migratoire qui nous submerge. Mais il ne peut décemment pas mettre en cause l’existence même des ARS, portées sur les fonts baptismaux par Bachelot et Castex et qui sont un véritable obstacle à une politique sanitaire d’envergure dans notre pays, tant leur lourdeur administrative est contraignante.

Mais, en bon communiste revendiqué, il est un adepte du centralisme démocratique.

Francoise Monestier

Article paru dans Présent daté du 22 avril 2021

Département du Tarn, université de Nice : le ramadan impose ses horaires, Darmanin se couche mais ça ne passe pas !

Ramadan

Mon village à l’heure du ramadan. Mon pays, mon département, mon université à l’heure du ramadan. Mon eau à l’heure du ramadan.
On pourrait, on pourra multiplier à l’infini ces titres de romans du futur. Rien que cette semaine, la première du mois sacré, ce fut un véritable festival « ramadanesque ».

Pour le présent, mon département à l’heure du ramadan, c’est le Tarn. Un bien beau pays, celui du Gaillac et de la cathédrale d’Albi. Jeudi, la Toile s’enflammait en apprenant, via un journal local, que consigne avait été donnée aux forces de l’ordre de faire preuve de tolérance pour les musulmans enfreignant les horaires du couvre-feu, entre 19 et 22 heures et avant 6 heures du matin. Les raisons : prière du matin et aumône du soir… Devant le tollé suscité – et, évidemment, c’est encore cette incorrigible fachosphère qui a crié le plus fort, entraînant avec elle le maire LR de Lavaur Bernard Carayon -, la préfète à l’origine du message a été obligée de manger son chapeau.

Évidemment, comme toujours dans ces affaires, Le Parisien s’est empressé de « fact-checker », jetant le doute sur la réalité de l’information. Et tous les procédés stylistiques ont été mobilisés : phrase interrogative du titre (« Couvre-feu et ramadan : la préfecture du Tarn a-t-elle accordé une tolérance pour les musulmans ? »), chapô au conditionnel : « Selon un hebdomadaire local, les commissariats et gendarmeries du département auraient reçu la consigne de ne pas verbaliser les musulmans circulant pendant le couvre-feu durant le ramadan. » Du grand professionnalisme.

Sauf que la lecture de l’article confirme que l’information et le mail adressé aux forces de l’ordre sont bien réels : « Il y aurait écrit [encore un beau conditionnel dont vous apprenez, deux lignes plus bas, qu’il n’est pas justifié], dans des parties [du mail] qu’a choisi de diffuser l’hebdomadaire, “le créneau nocturne correspond à la rupture du jeûne et il est potentiellement susceptible de générer des rassemblements sur la voie publique ou aux abords des mosquées”. Un envoi d’un mail aux gendarmes que nous sommes en mesure de confirmer », avoue Le Parisien.

Donc, la préfète du Tarn, après avoir envoyé son directeur de cabinet s’embrouiller dans des justifications concernant les associations caritatives, n’a eu d’autre choix que de rétropédaler en arguant que ses consignes avaient été « mal comprises ». Ce qui n’est pas très élégant vis-à-vis de ces mêmes forces de l’ordre. Il faudrait aussi qu’elle y réfléchisse.

Mais il n’y a pas que dans les préfectures de France que l’on se couche devant les exigences du ramadan. À l’université aussi où, c’est bien connu, l’islamo-gauchisme n’existe pas, pas plus que les pressions communautaristes. En tout cas, vendredi, c’est l’université de Nice qui était contrainte d’annoncer qu’elle allait sanctionner un professeur accusé par l’UNI d’avoir décalé un examen pour respecter le ramadan de certains de ses étudiants. Son mail a été publié sur les réseaux sociaux : « Suite à plusieurs demandes, je décale le QCM de 20 h à 22 h 30, notamment pour accommoder la rupture du jeûne du ramadan. C’est l’ultime modification, car cela commence à devenir pénible. »

Ces deux affaires sont révélatrices, à trois niveaux. Sonores, pourrait-on dire. Et l’échelle du bruit y est l’inverse de leur chronologie. Le fait le plus bruyant, c’est bien sûr celui de la dénonciation, par les forces de l’ordre ici, par les étudiants là-bas, qui – c’est nouveau et c’est heureux – trouvent désormais des voix pour faire résonner leur exaspération (réseaux sociaux, syndicats, presse alternative). Ensuite, il y a le niveau bas bruit des autorités qui ont cédé, accepté, souvent par habitude, complaisance, sans voir même peut-être en quoi et jusqu’où c’était problématique, puis sont obligées de se rétracter. Enfin – mais c’est de là que tout part – il y a les mystérieuses « demandes », exigences de certaines associations, certains étudiants, dont nous ne savons en l’occurrence pas grand-chose, si ce n’est qu’il y a bien eu demandes.

Justement, l’on a appris que le Conseil français du culte musulman (CFCM) a bien demandé une dérogation à Gérald Darmanin, qui l’a royalement accordée. Communiqué du CFCM : « Il est toléré de se rendre au lieu de culte le plus proche de son domicile pour accomplir la prière du matin [donc avant 6 heures, NDLR]. Cette dérogation est accordée par le ministre de l’Intérieur à la demande du CFCM […] Le CFCM recommande aux imams de retarder cette prière dans la mesure du possible pour permettre un usage utile et limité de la dérogation. »

La morale de l’histoire : ne plus rien laisser passer et… faire du bruit !

Frédéric Sirgant

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

La liberté crucifiée dans l’indifférence, par Maxime Tandonnet

covid-19

Rien n’est plus fascinant que l’indifférence générale qui accompagne l’assassinat de la liberté. Certes, la routine est toujours la complice du despotisme. Les Français subissent depuis un an des contraintes monstrueuses qu’aucune guerre ni aucune occupation n’avaient justifiées: interdiction de se déplacer à plus de 10 km, couvre-feu systématique à 19H, interdiction de se rendre dans les bars et les restaurants ou d’acheter des vêtements, bannissement de la circulation interdépartementale et des voyages.

Ces mesures indéfiniment prolongées touchent au paroxysme de l’absurdité bureaucratique. Quoi, le virus se propagerait après 19H et non avant? On serait davantage contagieux au-delà de 10 km? Les vêtements, un bien non essentiel? L’objectif des dirigeants est d’imposer une pénitence au pays pour donner l’illusion de leur volontarisme face à l’épidémie. Gouverner, c’est accabler et asservir. Cette stratégie de communication est au prix de l’abolition de la liberté, c’est-à-dire d’un brutal changement de civilisation. Jamais, contrairement à un mensonge répandu, les autres Nations occidentales ne se sont engagées dans la voie d’une extinction aussi totale et aussi durable de la liberté. Croire que celle-ci reviendra d’elle-même à la fin de la crise sanitaire est illusoire. Un abominable précédent a été ouvert. Demain, la moindre crise sanitaire (ou d’un autre genre) justifiera de futurs barreaux et contraintes. La peur est le carburant de cette manœuvre.

Il faut l’agiter en permanence pour asservir le grand troupeau docile. « Hommage aux 100 000 morts du covid-19 » nous disent-ils, tétanisés par la perspective de devoir un jour rendre des comptes. Et les millions de Poilus de 14-18 ou combattants et Fusillés de 40-45 qui ont donné leur vie pour cette liberté qu’ils détricotent jour après jour? Mais le pire de tout, c’est l’indifférence générale ou formidable aveuglement par lesquels l’anéantissement de la liberté se produit sans obstacle. Comment en arrive-t-on à un peuple aussi résigné, aussi servile? Par quel épouvantable scandale le monde politique, en dehors d’une infime poignée d’exceptions (Mme Martine Wonner ou M. David Lisnard), se montre totalement silencieux face à cette tragédie liberticide? Les autres, tous les autres, s’enferment dans le silence de la lâcheté et du conformisme.

Et pourquoi l’invraisemblable mutisme de la plupart des intellectuels Français, si prompts à verser dans l’indignation à tout propos? (Sauf une poignée de personnalités à l’image d’André Comte-Sponville). Encore plus terrible que n’importe quelle tyrannie: la soumission.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Restos clandestins – La police mobilisée

Restos clandestins

En France des « groupes hostiles » peuvent caillasser les forces de l’ordre (comme à Lyon le 5 avril), leur tirer dessus des mortiers d’artifice (comme au Petit-Quevilly le 6, comme aux Mureaux le 10), sans qu’on n’appréhende guère plus qu’un « jeune », éventuellement mis en garde à vue, ce qui ne l’empêchera pas de recommencer. Organiser des dîners clandestins est beaucoup plus risqué. Pierre-Jean Chalençon, le chef cuisinier Christophe Leroy et son épouse ont ainsi passé leur journée de vendredi en garde à vue, interrogés par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne ! Les jours précédents, leurs domiciles avaient été perquisitionnés, on a bien dû trouver un coupe-papier orné d’une tête de Napoléon ou un couteau d’office ?

En cause, ces fameux dîners qui défrayent la chronique depuis une semaine (voir Présent du 8 avril), où l’on consomme du caviar et du champagne sans masque. Après audition de Chalençon et Leroy, le parquet respire : « A ce stade des investigations, aucun élément ne permet de mettre au jour la participation d’un membre du gouvernement aux repas qui font l’objet de cette enquête », à savoir ceux du Palais Vivienne (Paris IIe). Mais plusieurs personnalités ont reconnu s’être mis les pieds sous la table dans le clandé de Christophe Leroy (Paris VIIIe), Brice Hortefeux et Alain Duhamel par exemple, pour un « déjeuner de travail » le 30 mars.

Il n’y a pas que des repas people ou select qui se déroulent alors que les restaurants sont fermés en raison de l’épidémie. Vendredi, à Saint-Ouen, 62 personnes ont été verbalisées dans un restaurant clandestin et le gérant interpellé. Dans la nuit de vendredi à samedi, la police est intervenue dans le XIXe arrondissement dans un autre restaurant clandestin : 110 personnes verbalisées, l’organisateur et le gérant placés en garde à vue pour « mise en danger de la vie d’autrui et travail dissimulé ».

L’ampleur des forces de police déployées pour traquer des gens qui s’attablent est tellement représentative de la dictature sanitaire que les Français ne sont pas dupes. Il y a clandestins et clandestins. Si Génération identitaire avait protesté contre les dîners illicites dans Paris, et non contre les migrants illégaux aux frontières, elle n’aurait pas été dissoute.

Et en matière de contrôle, les paradoxes ne manquent pas. Un parmi d’autres : la France maintient ses vols en provenance du Brésil alors que s’y développe un virulent variant qu’on aurait tout intérêt à ne pas importer en Europe. Ce n’est pas pour rien que le Portugal a suspendu les vols venant du Brésil, que la Grande-Bretagne a placé le pays sur liste rouge. La réponse du ministère des Affaires étrangères ? Les déplacements « ne sont pas formellement interdits, restent strictement déconseillés ». On se fie au test PCR négatif que les voyageurs doivent présenter et aux sept jours de quarantaine qu’ils s’engagent sur l’honneur à respecter. Quand on sait qu’il existe un véritable business permettant d’acheter un faux test négatif et que personne ne respecte aucune quarantaine (sinon pourquoi voyager ?), on se dit que le ministère des Affaires étrangères est bien naïf. Fermer les restaurants, oui, mais les frontières, nos idéologues du transfrontiérisme ne s’y résolvent toujours pas.

Guy Denaere

Article paru dans Présent daté du 12 avril 2021

Alain de Benoist : « Le meilleur moyen de faire accepter des restrictions des libertés est de les justifier par la nécessité de garantir la santé ou la sécurité »

Philosophie : Alain de Benoist à propos du libéralisme

Alain de Benoist vient d’accorder un entretien à Breizh-info.com. Il évoque la crise sanitaire et analyse la réaction des Français face aux restrictions des libertés mises en place par le gouvernement.

Voici quelques extraits :

Breizh-info.com : Fermeture des écoles, limitation des déplacements, brimades, la folie sanitaire continue en France. En tant qu’observateur avisé de la vie publique dans notre pays, n’êtes-vous pas fasciné par la passivité des citoyens face à des autorités qui, pourtant, font quotidiennement preuve d’incompétence (ou de malhonnêteté) ?

Alain de Benoist : En mars 2020, à l’époque du premier confinement, j’avais écrit qu’on pourrait y voir un test de soumission grandeur nature. La passivité dont vous parlez confirme à première vue mon propos, ce qui ne veut pas dire d’ailleurs qu’elle durera éternellement. Mais quelle est la cause profonde de cette soumission, qui n’est qu’une variante de la vieille thématique de l’esclave amoureux de ses chaînes (la « servitude volontaire » de La Boétie) ? On sait depuis longtemps que le meilleur moyen de faire accepter des restrictions des libertés est de les justifier par la nécessité de garantir la santé ou la sécurité (ou encore par la « menace terroriste »). Mais il me semble qu’il faut aller plus loin.

A la source de cette passivité, je vois d’abord un sentiment d’impuissance. Les citoyens savent très bien qu’on leur impose des règles dont beaucoup sont absurdes, voire grotesques. Ils savent très bien que les pouvoirs publics ont géré cette crise sanitaire d’une façon lamentable. Ils voient bien qu’après avoir cafouillé sur les masques et sur les médicaments, on cafouille sur les vaccins. Ils voient bien que l’Europe a fait la preuve de son inexistence en s’avérant incapable de mettre au point une politique commune, et que notre système de santé est incapable de s’adapter à l’épidémie parce qu’on l’a traité depuis des années comme une entreprise privée, soumise aux règles du zéro stocks et des flux tendus. Ils voient bien également qu’en voulant sauver des vies individuelles par le « distanciel » et le télétravail, on est en train de disloquer le corps social. Ils se sentent exilés (sous le fascisme italien, on appelait confinati ceux qu’on exilait dans des îles lointaines !). Mais ils se sentent surtout impuissants, parce qu’ils sont confrontés tous les jours à des informations totalement contradictoires (auxquelles s’ajoutent encore les affirmations des virologues de comptoir et des épidémiologistes autoproclamés, pour ne rien dire des délires complotistes).

La question que tout le monde se pose et qui rend fou, c’est : qui doit-on croire ? Aux débuts de la pandémie, Macron disait qu’il fallait suivre les avis du « Conseil scientifique », c’est-à-dire considérer leurs recommandations comme des ordres (il semble en être revenu depuis). On a vu alors le mythe de l’expertocratie fondée sur « la science » exploser en direct, puisqu’on a rapidement découvert que « ceux qui savent » ne sont pas d’accord entre eux. Du coup, les gens n’y comprennent plus rien. Tous leurs repères ont disparu. Ils en ont assez, mais ils ne savent pas quoi faire. C’est la raison pour laquelle ils se résignent, jugeant de la situation sous l’horizon de la fatalité. Cela n’aura peut-être qu’un temps, mais pour l’instant on en est là.

Breizh-info.com : N’est-ce pas la peur, finalement, qui pousse les individus, les uns à côté des autres, à ne pas, à ne plus réagir ? Il semblerait que l’homme occidental ait désormais peur de tout (de mourir, d’agir, de vivre…). Est-ce le signe de quelque chose de potentiellement grave civilisationnellement parlant ?

Alain de Benoist : Il est sûr que dans la société des individus, l’opinion dominante est qu’il n’existe rien de pire que la mort (d’autant plus que pour la majorité de nos contemporains il n’y a rien après). Cette opinion est caractéristique de toutes les époques décadentes, alors qu’à d’autres époques on estime que la servitude ou le déshonneur sont pires que la mort et que certaines causes méritent que l’on donne sa vie pour elles. Parallèlement, la vie est prise comme un absolu sans particularités, ce que les Grecs appelaient zoè, la « vie nue », la simple existence biologique, par opposition à la bios, le mode de vie, la vie pleinement vécue. De nos jours, on se préoccupe beaucoup de l’allongement de l’espérance de vie, c’est-à-dire de sa simple durée, plus rarement de son contenu. Comme le dit l’excellent Byung-Chul Han, « la quête de la vie bonne a cédé la place à l’hystérie de la survie ». Ceux qui veulent le plus survivre sont aussi ceux qui n’ont jamais vécu. Voilà pour l’aspect « civilisationnel ».

Pour lire la suite, c’est ici !

Vacciner n’est pas libérer ?

vaccination

L’expression « tricher n’est pas jouer » s’entendait beaucoup autrefois dans les cours de récréation. Au sujet de la pandémie, le gouvernement triche souvent avec la vérité, les chiffres, la communication, changeant les règles d’un jeu qui, de toutes les façons, n’est pas clair tant les règles en sont incompréhensibles. « Tricher n’est pas jouer » ? « Vacciner, n’est pas libérer » non plus, semble-t-il.

Saisi par un octogénaire vivant dans l’un des premiers départements concernés par les mesures de restriction maintenant étendues à tout le pays, le Conseil d’Etat a débouté sa demande. Que voulait-il ? Etre libre de se déplacer car il a reçu ses deux doses de vaccin. Problème réglé ? Non. Malgré les multiples affirmations des divers membres du gouvernement, être vacciné contre le coronavirus ne permet pas de se déplacer en France. Dans son ordonnance rendue le vendredi 2 avril, la plus haute juridiction administrative française indique que « les personnes vaccinées peuvent demeurer porteuses du virus et ainsi contribuer à la diffusion de l’épidémie ». La même ordonnance précise que le vaccin contre le Covid-19 « n’élimine pas complètement » le risque de contamination et que cette « atteinte à la liberté individuelle […] ne peut en l’état, au regard des objectifs poursuivis, être regardée comme disproportionnée en tant qu’elle s’applique aux personnes vaccinées ». Olivier Véran a confirmé le rejet de la requête. Etre vacciné ne rend donc pas plus libre.

La France est ainsi devenue le territoire d’Ubu roi. Les personnes vaccinées sont considérées comme ne l’étant pas puisque, à l’opposé de ce que répètent les mantras gouvernementaux, elles ne bénéficient pas d’une amélioration de leur situation quotidienne personnelle. Il n’y aurait pas encore assez de vaccinés, malgré la campagne de propagande d’un exécutif qui affirme le contraire tous les jours. Beaucoup pensaient que, une fois vaccinés, une fois franchi le cap de la peur de vaccins dont on ignore beaucoup sinon que les effets secondaires sont nombreux et dangereux, ils pourraient se déplacer librement sous réserve de bien appliquer les gestes barrières. Que nenni ! Vaccinés mais (faussement) confinés, comme tout le monde ! Une question vient évidemment à l’esprit : si cela ne permet pas la liberté de déplacement, autrement dit si cela ne protège ni ceux qui sont vaccinés ni les autres, à quoi bon aller se faire vacciner ? Une autre question : pourquoi annoncer une vaccination prochaine des enseignants s’ils ne peuvent pas aller enseigner ? Un nouveau mensonge pourrait bien se profiler : le vaccin ne conduira pas forcément à la sortie de la crise sanitaire.

Ce que le gouvernement confirme par défaut, selon l’avocat de l’octogénaire, en motivant son refus par le fait que les vaccins « ne fonctionnent pas à 100 % » et qu’il y a « une incertitude sur ces vaccins ». Ce sont les mots de deux mémoires communiqués par le ministère de la Santé. La vaccination à grande échelle démarrerait-elle avec des vaccins qui ne fonctionnent pas vraiment ?

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 6 avril 2021

La grand-messe des hypocrites, par Etienne Defay

église Saint-Eugène Sainte-Cécile

Ils les tenaient enfin ! Un article du Parisien publié lundi nous apprend que durant la messe de samedi en l’église Saint-Eugène Sainte-Cécile, les distanciations sociales et le port du masque n’ont pas été respectés. Le curé de la paroisse a été dénoncé par le frère d’un catéchumène qui a alerté la presse et l’opinion.

Comme les évangéliques de Mulhouse devenus les boucs émissaires de l’épidémie de COVID, les paroissiens de Saint-Eugène, curé en tête, sont donc devenus les nouveaux adversaires de l’hygiénisme ambiant. Peu importe que les lieux de culte n’aient jamais été des clusters, peu importe au fond que les catholiques aient été privés de culte pendant des mois par la République, il fallait un coupable et il a été trouvé. Mais l’aubaine n’a pas seulement été pour l’opinion. On a évidemment vu l’émission « Quotidien » railler la cérémonie du jeudi Saint, particulièrement le lavement des pieds, mais le plus rude coup n’est pas venu de ces amuseurs publics. Le coup le plus violent a été porté par les coreligionnaires des paroissiens de Saint-Eugène, trop heureux de se payer des « tradis ».

Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction de Famille chrétienne, l’avocat et blogueur Erwan Le Morhedec, le journaliste de La Croix Laurent de Boissieu, tous ont rivalisé d’ingéniosité pour trouver la meilleure épithète : irresponsables, tradis, complotistes… Un déchaînement qui ironiquement vient de ceux qui passent le plus clair de leur temps à donner des leçons de charité.

En réalité, les paroissiens de Saint-Eugène ont été visés par un article orienté par des images de la célébration soigneusement sélectionnées. On ne montrera jamais les milliers d’heures de messes célébrées à Saint-Eugène et retransmises en vidéo où les règles sanitaires ont été respectées. Non, on s’attardera sur les quelques minutes de célébration où apparemment les règles ont été transgressées sur la foi d’un seul témoignage à charge d’une personne de l’assistance.

Coup dur pour le malheureux curé de l’église située dans le IXe arrondissement de Paris dont le diocèse s’est désolidarisé, enfonçant un peu plus le prêtre. Choqué par la tenue de cette cérémonie dans ces conditions, le diocèse a déclaré : « De toute évidence, lors de cette messe, aucune consigne sanitaire n’a été respectée. »

Une évidence qui ne l’est pas tant que ça. Selon nos informations, l’évêché a communiqué sans même prendre la peine d’entendre la version du prêtre ni même l’appeler préalablement.

« Nous nous désolidarisons totalement de ce type de comportement. Nous allons aviser les personnes responsables de cette messe et allons, en interne, donner des suites », ajoute le diocèse de Paris. Un diocèse qui ne s’était pas privé de condamner les fidèles qui manifestaient pour la messe mais qui se donne visiblement beaucoup de mal pour donner des gages à des pouvoirs publics qui n’ont jamais fait grand cas de la liberté de culte. Si la paroisse a indubitablement manqué de prudence, les réactions que cela a suscitées sont bien plus graves que le non-port d’un masque.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 7 avril 2021

La France n’est pas atteinte que du virus…, par Philippe Bilger

virus delation

Si on veut bien regarder derrière les polémiques grotesques, les fausses informations, les mensonges et l’humour prétendu, derrière certains comportements, derrière des vigilances citoyennes, derrière tout ce qui, jour après jour, vient assombrir, indigner, tourner en dérision, flatter, provoquer, jeter du sel médiatique sur des plaies à vif, le tableau et l’état de la France ne sont pas brillants.

Quelle déliquescence, quel délitement !

Avec quelle rage vengeresse, quelle immédiateté furieuse, quelle pulsion révolutionnaire on se jette contre la France du haut dès l’instant où on nous a offert l’opportunité, vraie ou fantasmée, de soutenir la France du bas ! L’envie, la jalousie, l’aigreur sont portées à leur comble et, avant même de s’interroger, de questionner ou de douter, on s’abandonne avec délice à ce que l’esprit partisan libère de pire !

Au sujet de cette ineptie hypertrophiée médiatiquement de ministres se gobergeant dans des restaurants clandestins et au lieu de mettre d’abord en suspens son jugement, j’entends encore une représentante de LFI dénoncer, sur-le-champ, les privilèges, l’irresponsabilité, l’injustice, les discriminations, le pouvoir coupable et plaindre le peuple brimé !

Il n’est pourtant pas fatal, même quand on a des convictions fortes, de présumer tout de suite le pire et de ne pas accepter une retenue, une attente sauf à considérer que le refus de la précipitation serait en lui-même réactionnaire.

Combien de Français, par ailleurs, se sentent une âme de justiciers au petit pied en photographiant leurs compatriotes qui ne respecteraient pas les règles et honteusement dérogeraient aux précautions sanitaires même les plus extrêmes, que cette inquisition concerne les fidèles d’une église et/ou les adeptes du divertissement et du loisir indifférents aux recommandations des autorités soit par un anarchisme basique soit par négligence ou incompréhension !

On peut qualifier ces citoyens, jeunes ou moins jeunes, d’irresponsables mais il est troublant de constater à quel point l’épidémie et sa gestion au petit malheur la chance ont instillé un poison multiforme dans les veines de notre pays.

En poussant au paroxysme des tendances qui existaient déjà dans la tranquillité des temps ordinaires ou en faisant surgir, chez beaucoup, des appétences de dénonciation, des stigmatisations qui il y a longtemps, sur un registre historique, auraient eu de tragiques et d’odieux effets.

Cette France qu’on nous avait promise unie, rassemblée en 2017 n’a jamais été plus éclatée, plus fracturée. Non seulement à cause du communautarisme qu’on pourfend trop par le verbe pour le réduire pratiquement mais en raison de cette invasion au quotidien, face à un péril qu’on parvient trop difficilement à maîtriser, de tentations démagogiques auxquelles on ne résiste plus : l’autre est un ennemi, les politiques sont au-dessus des lois, je suis seul à respecter le règlement, je dois épier mon voisin, les envies sont légitimes puisqu’en haut il n’y a que de la turpitude et de l’injustice et que le bas doit être sanctifié au nom de la République, et ainsi de suite… L’humain se vide, se déverse, juge, condamne, trie, guillotine au figuré.

La France est la proie d’une fièvre qu’aucun vaccin ne fera baisser.

J’ai peur de l’avenir. Ce ne sont pas seulement les détresses économiques et sociales dont nous aurons à payer le prix longtemps mais les blessures profondes et dangereuses d’une nation qui s’est essaimée en mille rancoeurs, frustrations, malaises et revendications. On aspire à de l’impossible parce qu’on nous a désillusionné sur le possible.

La future campagne présidentielle imposera le choix d’un médecin présidentiel de haute volée.

Avant d’agiter et de bouleverser, il faudra recoudre et guérir.

Philippe Bilger

Tribune reprise de Philippebilger.com

Poison d’avril – La France sous cloche pour la troisième fois

poison avril confinement

Fermeture des établissements scolaires, extension à l’ensemble de la métropole des mesures liberticides déjà en vigueur dans 19 départements, contrôles et sanctions renforcés… Les responsables de la macronie et les grands médias à la remorque du pouvoir ont beau jouer sur les mots en nous répétant aujourd’hui qu’Emmanuel Macron, « soucieux d’épargner notre économie et de ménager nos compatriotes » excédés, a « choisi une voie intermédiaire entre confinement et simple couvre-feu », les mesures censées lutter contre la propagation du Covid, qu’il a annoncées mercredi soir, n’en reviennent pas moins à une nouvelle mise sous cloche de notre pays pour plusieurs semaines. Avec toutes les conséquences dramatiques que cela va entraîner.

En situation d’échec dans tous les domaines

Une fois de plus, l’exécutif a parié, et il a perdu sur toute la ligne. Ainsi, après nous avoir vanté sa stratégie des reconfinements territoriaux, il a fini par annoncer l’extension à l’ensemble de la métropole, dès samedi soir et pour quatre semaines, des restrictions déjà en place dans 19 départements français. Autrement dit, à compter de ce samedi, et partout en France, les commerces jugés « non essentiels » seront à nouveau fermés. En plus du maintien du couvre-feu de 19 heures à 6 heures, il sera interdit de se déplacer à plus de 10 km de chez soi, sauf dans certaines conditions permettant d’aller jusqu’à 30 km de son domicile. Cas dans lequel, l’attestation dérogatoire de sortie sera obligatoire. Autre échec magistral pour Macron et son gouvernement : la fermeture des écoles. Alors qu’ils se vantaient depuis des mois d’avoir réussi à maintenir ouverts les établissements scolaires, ils ont dû en effet se résigner à annoncer leur fermeture dès ce vendredi soir, et pour trois semaines. Une mesure qui, a précisé Macron, s’accompagnera de la mise en place de cours à distance à partir de la semaine prochaine. Quant à la rentrée, qui « aura lieu pour tous le 26 avril », a expliqué le président, elle se fera d’abord « en présentiel pour les écoles maternelles et primaires » et « à distance pour les collèges et les lycées ». Puis, le 3 mai, « les collégiens et lycéens pourront à leur tour retrouver les cours en présentiel avec des jauges adaptées ».

Les conséquences d’un « Waterloo vaccinal »

Enfin, autre point sur lequel l’exécutif avait tout misé et a lamentablement échoué : la campagne de vaccination que Macron, mercredi soir, a une fois de plus promis d’« accélérer », et même d’étendre « à partir du 15 mai » aux « Français âgés entre 50 et 60 ans ». Mais pour cela, encore faudrait-il que les grands laboratoires pharmaceutiques qui ne cessent depuis des mois de rouler dans la farine l’UE, et la France par la même occasion, respectent enfin leurs calendriers de livraison. Ce qui est encore très loin d’être acquis… Bref, comme l’a très justement indiqué mercredi soir Marine Le Pen, en commentant sur Twitter les dernières annonces du président, ces nouvelles mesures « résultent notamment d’un Waterloo vaccinal dont il n’assume pas la responsabilité ». Or, a-t-elle ajouté, « ce sont, hélas, les Français qui paient les conséquences de ces retards, de cet orgueil, de ces incohérences, avec un impact lourd sur leur vie quotidienne ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 1er avril 2021

Me Fabrice Di Vizio : « J’attends d’Emmanuel Macron qu’il nous explique que ce n’est pas une petite mafia médicale qui vient décider des politiques de santé publique de ce pays ! »

Fabrice Di Vizio

01/04/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Boulevard Voltaire a donné la parole au médiatique avocat Fabrice Di Vizio.

Il nous livre son analyse sur la situation sanitaire : pressions des médecins, poids des laboratoires pharmaceutiques et marges de manœuvre de l’exécutif.


Élections, reculer pour mieux museler – Mais comment font nos voisins européens ?

élections covid

Déjà repoussées à l’automne dernier du mois de mars à celui de juin, les élections départementales et régionales, qui doivent normalement se tenir les 13 et 20 juin prochains, vont-elles être à nouveau reportées pour cause de COVID-19 ? Si le Conseil scientifique, tout en insistant lourdement sur le « très grand risque » qu’il y aurait à maintenir ces scrutins, a officiellement refusé lundi de se prononcer sur le sujet, le chef de l’Etat a quant à lui déclaré attendre que le gouvernement lui remette ce jeudi son rapport puis d’avoir consulté les différentes formations politiques du pays avant de trancher définitivement sur cette question. Un « suspense », et surtout un possible nouveau report des élections, qui n’en finissent plus d’agacer l’opposition de droite comme de gauche, qui souligne à juste titre que plusieurs de nos voisins européens ont, eux, maintenu leurs consultations, et insistent avec raison sur le fait que l’actuelle pandémie ne peut indéfiniment « geler » la vie démocratique de notre pays.

La légitime colère de l’opposition

C’est le cas notamment de dix présidents de région, de droite comme de gauche, dont le président LR de l’Association des Régions de France, Renaud Muselier, qui, le 21 mars dernier, ont exprimé dans une tribune publiée par la presse leur opposition à un nouveau report, en précisant que « nous ne pouvons pas suspendre la démocratie à un retour à la normale alors même que tout le monde s’accorde à penser qu’il faudra s’habituer pour longtemps à vivre dans un nouveau contexte sanitaire ». Ou encore de Julie Bayou, responsable d’EELV, qui a expliqué mardi qu’« aucun des treize pays européens concernés par une élection n’a reporté ». Une affirmation cependant inexacte puisque, le 11 mars dernier, le gouvernement italien a officiellement annoncé le report à l’automne 2021 d’une série d’élections locales, dont celle des maires de grandes villes, initialement prévues en juin, en raison de l’aggravation de la situation sanitaire chez nos amis transalpins. Même chose en Grande-Bretagne, où le gouvernement de Boris Johnson a décidé le 12 mars de reporter d’un an les élections locales qui devaient se tenir dans une partie des municipalités du pays, et notamment à Londres, le 7 mai prochain.

La crise sanitaire pour prétexte

Toutefois, respecter le calendrier électoral, et donc la démocratie, en pleine période d’épidémie sans provoquer une catastrophe sanitaire est parfaitement possible, comme nous l’ont récemment montré plusieurs de nos voisins européens. A commencer par l’Allemagne, où les élections régionales dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat se sont déroulées comme convenu mi-mars, et où le gouvernement n’envisage pas à cette heure de reporter les élections législatives prévues dans six mois. Pareil pour l’Espagne qui, bien que très touchée par l’épidémie de COVID, a quand même maintenu mi-février l’élection du parlement de Catalogne. On pourra encore citer l’exemple du Portugal qui, bien qu’étant à l’époque en plein confinement général et particulièrement strict, a malgré tout maintenu fin janvier son élection présidentielle. Autrement dit, plus qu’une affaire de sécurité sanitaire, le respect ou non par le gouvernement du calendrier démocratique est d’abord et avant tout une affaire politique. Mais l’on comprendra aisément que certains, comme notre gouvernement, n’hésitent pas à prétexter de la crise pour éviter d’essuyer une nouvelle déroute électorale…

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 31 mars 2021

[Vidéo] Florian Philippot : “C’est un effondrement de nos libertés”

Florian Philippot

31/03/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Florian Philippot, président des Patriotes, conseiller régional Grand-Est et auteur de deux pamphlets : “Covid-19, l’oligarchie démasquée” et “Covid-19, la grande bascule“, était l’invité d’André Bercoff, mardi 30 mars, sur Sud Radio.

Depuis plusieurs mois, Florian Philippot est à la tête de la contestation contre les mesures sanitaires déployées contre la propagation du Covid-19. Sur les plateaux de télévision ou dans la rue, il alerte sur la disparition progressive des libertés fondamentales.

Si durant les premiers mois de la crise sanitaire, Florian Philippot pointe des “injonctions contradictoires“, comme le soir où le président de la République se rend “ostensiblement” au théâtre avec Brigitte Macron, “quelques jours avant d’annoncer que nous devons tous rester chez nous“, se souvient le président des Patriotes. Si au début cela apparaît comme “incompréhensible“, “plus on avance dans cette crise, plus on se rend compte qu’ils ne font pas tant d’erreurs que ça“.

Pour le conseiller régional, les réponses du gouvernement sont “cohérentes”. “Cela fait un an que des personnalités éminentes du monde médical, de la santé, disent qu’il y a des traitements qui existent“, rappelle-t-il, déplorant qu’ils soient constamment rejetés, en particulier ceux qui ne sont pas chers. “Cela fait un an qu’on nous fait culpabiliser sur la saturation des lits à l’hôpital“, ajoute Florian Philippot qui souligne que 8.000 lits ont été fermés entre mars 2020 et mars 2021. “Ce n’est pas une erreur, ils savent très bien ce qu’ils font“, regrette l’élu.

Pour Florian Philippot, “nous avons tout perdu“, en matière de liberté, et notamment sur la liberté d’expression, “de plus en plus attaquée depuis 20-30 ans par des lois, des lobbys, des GAFAM…“. Le président-fondateur des Patriotes alertent sur “la suppression de nos libertés les plus fondamentales“, citant plusieurs exemples : “on ne peut plus circuler comme on veut, on ne peut plus travailler, voyager, se réunir ou se rassembler“. “C’est un effondrement de nos libertés, et ceux qui se disent c’est temporaire, ça fait un an qu’on entend que la dernière semaine est décisive“, prévient-t-il.


Macron et l’arrogance malheureuse, par Maxime Tandonnet

Macron

« Je peux vous affirmer que je n’ai aucun mea culpa à faire, aucun remords, aucun constat d’échec ». L’arrogance et l’autosatisfaction s’imposent aujourd’hui comme des piliers de la méthode de gouvernement. Il faut les voir au quotidien les uns et les autres, pérorant sur les chaînes de télévision. Ils sont toujours droit dans leurs bottes, fiers comme Artaban, sans le moindre scrupule ni le moindre doute. Or, les faits ne sont pas en leur faveur: gigantesques déficits publics, effondrement économique, anéantissement de la société de liberté, impuissance chronique face à la maladie, la souffrance et la mort. Parmi tous les revirements, les contradictions flagrantes et les échecs patents, certains resteront à jamais incompréhensibles.

Pourquoi, malgré la valse des milliards, n’avoir pas réussi à ouvrir une place en réanimation supplémentaire? Cependant, il faut bien admettre que diriger un pays en de telles circonstances est quelque chose d’épouvantable. Qui voudrait de leur place en ce moment? Ils tentent de donner l’illusion de piloter un bateau ivre, balloté entre des vents contraires. L’opinion, attisée par la démence fanatique d’une poignée de « médecins de plateau », exige des mesures de fermeté. Mais elle ne supporte plus les atteintes à la vie quotidienne et les contraintes. De fait, l’arrogance, la morgue, l’autosatisfaction sont les signes d’une profonde faiblesse, d’un délitement intérieur.

Ils sont paumés, ne savent plus où ils en sont. La façade obtuse du contentement est le masque de la désintégration. Plus ils fanfaronnent au dehors, plus ils tremblent au dedans.

Mieux vaudrait l’attitude de Mme Merkel qui demande pardon aux Allemands. Si eux ne le font pas, ce n’est pas tant par manque d’humilité que par manque de lucidité. Ils ne savent plus ou ils en sont.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Ils préconisent le masque à vie ! Et pourquoi pas, aussi, la mise sous cloche ?

covid port du masque

Grande et belle trouvaille sur le front de la recherche : après des semaines d’études approfondies qui pourraient peut-être leur valoir le Nobel de médecine (qui sait ?), les « scientifiques » du Boston Medical Center (BMC) ont découvert que le port obligatoire du masque, la distanciation physique et la fermeture des écoles ont fait chuter d’environ 80 % « les cas de grippe et d’autres infections respiratoires virales courantes par rapport à des périodes similaires les années passées ».

Ô merveille de la science : comme le rapporte La Provence, il apparaît que « les mesures mises en œuvre pour empêcher la propagation de la Covid-19 peuvent avoir eu un impact sur l’incidence d’autres maladies respiratoires virales courantes », explique Manish Sagar, spécialiste des maladies infectieuses et chercheur au BMC.

On ne connaît pas le budget alloué à cette recherche fondamentale, mais le résultat est proprement stupéfiant. Dans le même ordre d’idées, je suggère qu’on mette encore quelques équipes de chercheurs au boulot pour calculer l’effet de l’abattage des arbres en bord de route sur l’accidentologie (ah, ça existe déjà ?), celui de l’immigration sur le niveau scolaire (ah, c’est interdit ? Pardon), celui de la cancel culture comme étalon de la bêtise ambiante, etc. Les sujets ne manquent pas et madame Michut peut répondre aussi bien et pour moins cher que les chercheurs payés pour défoncer des portes ouvertes.

Ainsi, les scientifiques ayant noté qu’il y avait plus d’infections à virus respiratoire sur la première période de 2020, celle précédant la mise en œuvre de mesures sanitaires, l’éminent Manish Sagar conclut : « Les résultats de notre étude peuvent être particulièrement utiles pour développer des stratégies de prévention dans des contextes où les infections respiratoires sont très nocives, comme les lieux de rassemblement ou pour les personnes âgées et immunodéprimées. »

Ce genre d’étude est si stupide d’évidence qu’on ne peut y voir qu’une raison : abêtir les gens, les infantiliser encore davantage et masquer la réalité par de pseudo-révélations dignes d’un élève de CE2.

Car va-t-on enfin se décider à le dire ? Cette maladie, ou plus exactement le fait qu’elle en soit une, n’est que le fruit de nos folies. C’est le résultat de nos modes de vie, de la pollution urbaine, la malbouffe, la surconsommation de médicaments et leurs conséquences : maladies auto-immunes, surpoids généralisé, obésité, diabète, manque d’exercice physique, augmentation exponentielle des allergies, etc. Nous ne savons plus ce que c’est que « vivre en santé ». Il faut maintenant, pour chaque acte de la vie, une prise en charge médicale ; on entre dans les têtes la nécessité des « dépistages » tous azimuts qui contribuent à la psychose générale, imposant l’idée que la maladie est la norme. Paradoxalement, on refuse dans le même temps la mort, prolongeant des vies pour le seul fait de les prolonger parce que la mort, pour la médecine, est un échec.

Hors les zones ultra fréquentées, le port du masque est une hérésie et vouloir nous l’imposer durablement ne ferait qu’aggraver les risques sanitaires. Plutôt que de porter des masques à vie, il faut développer notre système immunitaire mis à mal par toutes les saloperies que nous avalons et respirons ; en finir, aussi, avec les délires d’asepsie totale quand on voit non seulement exploser le nombre des allergiques mais qu’on ne trouve rien de plus efficace pour soigner les enfants que de les envoyer dans les fermes au contact des animaux !

Marie Delarue

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Covid-19 : autopsie d’un désastre français, par Michel Geoffroy

Depuis une année, nous vivons au rythme d’une épidémie qui, si l’on en croit les experts cathodiques, n’en finit pas. On ne parle d’ailleurs plus que de cela dans les médias. Et voici donc un nouveau confinement, non, pardon, il s’agit de « freiner le virus sans nous enfermer », nous dit le président de la République. Nous ne sommes pas enfermés mais on n’a pas de droit de quitter les zones en question, nuance.
Cette pandémie a surtout révélé ce que notre prétendue société de l’information tenait bien caché. Elle a démontré que le roi occidental était nu, comme dans le conte d’Andersen, et surtout le roi français.
Une analyse proposée par Michel Geoffroy.

Le déclassement de l’Occident

D’abord, 2020 révèle le déclassement mondial de l’Occident, qui globalement se sort plus mal de l’épidémie que l’Asie pourtant nettement plus peuplée.
Le géopoliticien sud-coréen Chung Min Lee relève ainsi que « les États-Unis étaient censés être les mieux préparés au monde pour faire face à une pandémie. Les pays européens comme l’Allemagne et la France pensaient avoir le meilleur système de santé de la planète. Mais la crise sanitaire a dévoilé qu’ils n’étaient pas si avancés que ça […] Désormais, l’Occident n’est plus le modèle incontesté aux yeux du reste du monde. Il s’agit du changement le plus important dans l’histoire mondiale depuis 500 ans[1] ».

Les Occidentaux continuent de donner des leçons à la terre entière, comme au xixe siècle, mais ils suscitent de plus en plus la moquerie et le mépris de la part des autres civilisations.
Comme lorsque notre président de la République donne des leçons de démocratie à la Russie et au Venezuela, tout en… réprimant violemment les Gilets jaunes, en organisant la censure des opposants dans les médias et en reportant les élections.
Comme l’avait démontré Samuel Huntington dès les années 1990, « l’âge de la domination occidentale est fini[2] ».
L’incapacité occidentale à se dépêtrer d’une épidémie qui à l’échelle du monde ne tue que 0,033 % de la population (donc moins que le sida, par exemple), le confirme.

Le déclin français

L’épidémie révèle aussi l’abyssal déclassement français depuis la fin du xxe siècle. Un déclassement bien sûr tabou pour nos médias de grand chemin et pour la classe politicienne institutionnelle, qui en porte l’entière responsabilité. Haro sur le « déclinisme » !

Le (ou la, car le genre de l’épidémie, voilà bien sûr ce qui importe chez nous !) Covid-19 constitue un révélateur équivalent à la défaite de 1940, sauf que l’épidémie a fait très nettement moins de morts. À cette époque, la France croyait avoir la meilleure armée du monde ; comme, en 2020, on nous serinait que nous avions le meilleur système de santé.
Mais qu’a-t-on découvert en 2020 ? Pas de stocks stratégiques, pas de masques, pas de capacités de dépistage, pas suffisamment de lits de réanimation[3], une incroyable dépendance internationale. La crise a confirmé l’adage « quand tout sera privé, on sera privé de tout ».

Mais, en revanche, nous avons disposé d’une pléthore de bureaucrates et d’experts médiatiques en tous genres, non pour empêcher la propagation du virus, mais pour manier des mots savants devant les caméras et sidérer l’opinion avec force graphiques et statistiques.
Sans parler des comités Théodule qui se réunissent en permanence autour de nos gouvernants. Nous étions sauvés : les décisions se prenaient en… « conseil de défense » !

Bienvenue dans le meilleur système de santé du monde

L’épidémie a montré que, sur le plan médical, la France devient un pays du tiers-monde : des déserts médicaux partout, des délais énormes pour obtenir un rendez-vous chez le moindre « spécialiste », des lits hôpitaux en nombre insuffisant et qu’il faut donc faire « tourner » au plus vite (tant pis pour les convalescents), une hygiène déplorable dans nombre d’hôpitaux, des ruptures d’approvisionnement en médicaments, une fraude massive aux systèmes sociaux.

Pour lire la suite, c’est ici !

L’idée claire, ennemie du « En même temps » macronien

La confusion mentale du gouvernement est l’enfant du « En même temps » d’Emmanuel Macron. La « pensée complexe » du président est à la source du désordre intellectuel observable au sommet de l’Etat. L’indécision née de la pratique du « cul entre deux chaises » est aggravée par la propension de la bureaucratie à produire des normes à la chaîne. Cette alliance de l’irrationalité présidentielle et d’une haute fonction publique hors sol a pondu, samedi matin, des « attestations », stupides pour des gens sensés.

L’initiative a été, certes, rapidement suspendue. Mais l’épisode vient rappeler l’urgence d’une réforme de l’Etat technocratique, et la nécessité pour les dirigeants de comprendre la vie des Français. Si un arbre se juge à ses fruits, la Macronie n’a produit, durant ces douze mois d’épidémie de Covid, que des interdits de plus en plus intrusifs et des règlements plus kafkaiens les uns que les autres. Le sommet a été atteint avec ce dernier concept de « l’enfermement extérieur », une « troisième voie » présentée jeudi par Jean Castex comme l’innovation française du moment. A ce point d’absurdité, même les mots manquent : le « confinement » new-look, développé par le premier ministre, est un terme qui a été jugé inapproprié par Macron dès le lendemain: « Je crois que le mot confinement n’est pas adapté à la stratégie présentée », a-t-il dit La coquecigrue ne sera donc pas nommée…

Les « élites » ont un tel mépris du peuple ordinaire qu’elles se méfient des solutions trop accessibles. Pourquoi faire simple quand un fonctionnaire surdiplômé peut faire compliqué, en décrétant quinze motifs de sorties avec attestations et astérisques renvoyant en bas de pages ? Louis XIV avait compris ce qui reste aujourd’hui une énigme pour ceux d’en haut : « La fonction de roi consiste principalement à laisser agir le bon sens, qui agit tout naturellement et sans peine ». Macron laisse comprendre ces derniers temps qu’il s’agacerait des lourdeurs administratives et du poids des « enfermistes », symbolisés par Olivier Véran, le ténébreux ministre de la Santé. Il n’empêche : Véran est toujours à son poste, en dépit des contre-vérités qu’il a pu dire depuis un an. Quant au cafouillage ubuesque du gouvernement, il est aussi le produit de l’entourage présidentiel. « Soyez fiers d’être des amateurs ! », avait lancé Macron, il y a un an, aux députés LREM. Le manque de professionnalisme semble être une faille plus générale. Certes, le chef de l’Etat s’est heureusement opposé, le 29 janvier, à ceux qui réclamaient un confinement drastique pour tous. Mais en prenant, cette fois, ce chemin de traverse incongru, il confond compromis et irrésolution. L’idée claire lui serait-elle devenue inatteignable ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 22 mars 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol