Frontières : on ferme ?

17/09/2015 – FRANCE (Présent 8442)

Intervenant mercredi devant l’Assemblée, le Premier ministre a déclaré que, face à la crise migratoire à laquelle est confrontée l’Europe, le gouvernement « n’hésitera pas » à rétablir, si nécessaire, un contrôle temporaire aux frontières. Une phrase insérée dans un discours censé rassurer les Français, au cours duquel Valls aura répété pas moins de sept fois le mot « fermeté »… Avant d’annoncer le déblocage de plusieurs centaines de millions d’euros supplémentaires en faveur de l’accueil des clandestins !

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Bien « conscient » qu’il existe chez nos compatriotes « un malaise, une inquiétude, un sentiment de désordre », Manuel Valls aura donc tenté de rassurer les Français en martelant mercredi « que le gouvernement maîtrise la situation » et en évoquant le possible rétablissement d’un contrôle à nos frontières. Un discours dont les médias soulignent aujourd’hui l’apparente « fermeté », mais qui n’aura en réalité trompé personne. Car, après avoir agité un instant le bâton, le Premier ministre devait s’empresser de sortir la carotte à clandestins : des fonds supplémentaires pour l’accueil.

Un gigantesque appel d’air

Ainsi, le gouvernement va-t-il débloquer au total pas moins de 279 millions d’euros supplémentaires « d’ici à la fin de 2016 au titre du premier accueil, de l’hébergement d’urgence, de l’aide forfaitaire aux communes », ainsi que pour renforcer les effectifs de l’Ofpra, de l’Ofii et de l’Éducation nationale.
Et ce n’est pas fini : pour 2017, ces crédits supplémentaires devraient atteindre 334 millions, soit un total dépassant les 600 millions d’euros d’ici la fin 2017. En même temps, une enveloppe de 250 millions d’euros des crédits dédiés « à l’hébergement d’urgence et à la veille sociale » sur les douze mois à venir sera débloquée, dont 130 millions « dès le mois prochain »

En clair, cela revient à expliquer aux Français que l’on fera ce qu’il faut pour limiter l’invasion de leur pays, tout en mettant en place des mesures qui ne feront qu’encourager davantage de clandestins à venir en France.
Une gigantesque escroquerie donc, pointée du doigt mercredi par Marion Maréchal-Le Pen, qui a rappelé sur Sud Radio que si le gouvernement français s’est engagé à accueillir 24 000 migrants, « ce sera bien plus en réalité. Ce sont des centaines de milliers de personnes qui pourraient être accueillies ». En effet, a-t-elle expliqué, « ces gens arrivent dans des proportions immenses parce qu’on leur explique qu’ils sont les bienvenus ». Et « nous payons la folie de l’espace Schengen (…). C’est bien gentil de dire que l’Allemagne va accueillir des centaines de milliers de réfugiés. Mais une fois qu’ils sont dans l’espace Schengen que l’Allemagne a traité les dossiers et les a régularisés, ils sont libres d’aller partout, y compris en France. C’est pour ça qu’il est indispensable de suspendre temporairement l’espace Schengen ».

Franck Delétraz

L’Allemagne jette Schengen aux oubliettes : la faute à Daesh ?

14/09/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Depuis l’annonce-surprise de la suspension sine die des accords de Schengen par l’Allemagne, les commentaires vont bon train – nous y reviendrons — Aucun en France n’a cependant relevé le rôle éventuel des terroristes de Daesh/État islamique dans cette décision.

Angela Merkel, chancelière allemande et proconsul autoproclamée de l’Europe, a décidé unilatéralement hier de suspendre les accords de Schengen et de rétablir des contrôles aux frontières.
Moins d’une semaine après avoir annoncé que l’Allemagne allait recevoir 800 000 « réfugiés », la nouvelle a sonné comme un coup de tonnerre dans le ciel calme des immigrationnistes – au premier rang desquels le gouvernement Français —, qui s’évertuaient à suivre le mouvement impulsé par la patronne de l’Europe.
La masse des « migrants » qui déferle sur l’Europe, la nécessité pour l’Allemagne « souffler » et de ne pas se laisser déborder par le nombre ont déjà été évoqués par les commentateurs.

C’est peut-être plus la qualité de nos chers « réfugiés » qui a fait peur à Maman Merkel.

Le groupe terroriste l’avait annoncé et encourage les « migrants » à rejoindre ses rangs, l’OTAN, les espagnols, les Anglais avaient confirmé le risque, on en vu une trace en France et maintenant, ça commence pour de bon : les militants et terroristes de Daesh dissimulés parmi les hordes de clandestins relèvent la tête et l’Allemagne se rend compte un peu tard qu’ouvrir les bras sans discernement à tout ce monde-là n’était peut-être pas une très bonne idée.
Les contrôles aux frontières sont peut-être une tentative de réponse à cette crise sécuritaire. Déjà que le nombre en lui-même constitue une agression majeure

À propos, notre « gouvernement » continue à se battre pour accueillir toujours plus de migrants…


Onfray sur la politique migratoire de Hollande : « bricolage et magouillage »

09/09/09/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Avec la crise migratoire, nous sommes en train de rencontrer l’histoire en face et pendant ce temps, François Hollande cherche à remonter dans les sondages à coups de « bricolage et magouillage », explique Michel Onfray. Le philosophe plaide aussi pour une grande politique arabe de la France, pour que notre pays ne soit plus un « caniche des États-Unis ».

D’accord ou pas avec ses prises de position, force est de reconnaître que cet homme de gauche qui n’hésite pas à tacler son camp, à reconnaître des mérites à ses adversaires, mérite qu’on l’écoute. Michel Onfray est honnête et vise souvent juste. Pour cause de publicité intempestive au lancement de l’extrait vidéo, retrouvez son intervention au micro de LCI en cliquant ici.
Outre les errances de Hollande, Michel Onfray pointe que la France, bouffie de « haine de soi » est en train de vivre « une espèce d’effondrement de l’histoire ». Revenant sur la question e la politique migratoire, il explique que

De toute façon, en France, c’est interdit de penser cette question-là… Il faudrait déjà commencer par penser cette question des immigrations. Quand on dit : oui, mais, regardez, on a accueilli les Polonais, les Espagnols, les Portugais… Oui, mais c’était dans un même espace qu’était l’espace judéo-chrétien !


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Migrants, réfugiés, clandestins, envahisseurs : la guerre des mots

Source : OJIM

Devant l’ampleur de la crise migratoire, devant les files de centaines de milliers de candidats à l’immigration quel vocable adopter ? L’analyse d’un éditorial de Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles de Libération, dans l’édition papier des 5 et 6 septembre cerne quelques enjeux d’un vocable qui dépasse les querelles sémantiques.

L’article semble ouvrir le débat. Mais le titre le referme de suite : « Ne dites plus migrant ». Il manque le point d’exclamation mais le mode impératif et performatif est de mise. Pour commencer Quatremer éreinte ses confrères français (il oublie Le Monde) qui « ont été les seuls en Europe à ne pas publier en une la photo d’Aylan ce petit garçon syrien noyé ». Ce manque de (bonne) conscience réside dans le mal français : « La crise humanitaire actuelle est traitée comme une aggravation… d’une vague migratoire, qui depuis des années vient s’échouer sur les côtes européennes … ». Le mot migrant renvoie lui-même à « immigrant » connoté négativement en France, « un cache-sexe sémantique qui permet de nier la spécificité du drame humain qui se joue à nos frontières ». Diable ! Quelles frontières ? Celles de l’Eldorado fantasmé européen ou celles de tous les conflits de tous les pays. Les frontières de l’Europe iraient jusqu’à l’Irak, la Syrie, voire l’Erythrée ou la Somalie ? Il est vrai que l’Union Européenne ne considère pas l’Europe comme un ensemble historique, géographique et culturel mais comme un agglomérat rassemblé par « les droits humains » et que les frontières morales ont l’avantage de pouvoir se passer plus facilement, première étape en attendant la suppression des frontières physiques si malvenues.

Allons plus loin dans l’article « Parler de migrants, c’est nier leurs souffrances, c’est interdire aux citoyens de penser le drame qui se joue, c’est anesthésier l’opinion publique… » . Les arguments compassionnels peuvent se retourner comme un gant : parler de « réfugiés » c’est interdire aux citoyens de penser les conséquences à court, long et moyen terme de ce premier mouvement massif de population, c’est anesthésier l’opinion publique sur la réalité des kosovars, albanais, indiens, sri-lankais, pakistanais qui ne viennent pas de zones de guerre. C’est privilégier l’émotion – le cadavre du petit garçon – pour nier toute réflexion sur les responsables véritables des noyades, c’est oublier le rôle de la France dans le chaos libyen, celui des États-Unis dans le chaos irakien, celui des islamistes dans le chaos syrien, celui de tous ceux qui encouragent les passeurs en souhaitant la fin de tout contrôle.

 

Le meilleur de l’éditorial est pour la fin : la reductio ad Lepenem. Employer le mot de « réfugié… c’est refuser cette lepénisation rampante des esprits ». Alors que les « “migrants” ne peuvent qu’être renvoyés vers la misère des camps de transit ou vers la mort ». Si vous parlez de migrant vous êtes coupable de la misère et de la mort de ceux qui veulent s’installer chez vous. Tous coupables sauf les Allemands qui en redemandent, mais pour combien de temps ?

Hollande s’en va en guerre… mais pas trop

07/09/09/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)
Pour sa sixième conférence de presse, François Hollande a tenté de revêtir le costume de chef de guerre qui, croit-il, fait tant de bien à sa popularité. Costume mal taillé, faits de demi-mesures contradictoires. Sur le front de la crise migratoire, en revanche, grande cohérence : on continue à encourager l’invasion. Tribune libre de Charles Dewotine.

Il joue son rôle de président, l’air grave, la cravate noire, le regard sombre, la syllabe bien détachée, ce qui permet de profiter de toutes ses fautes de Français… et de ses mensonges. Baisses d’impôts et croissance en hausse, il ne manque que la baisse du chômage pour que les bobards économiques soient au complet.

Mais sur ce terrain, l’occupant de l’Élysée sait qu’il n’a rien à attendre de bon, aussi dérive-t-il rapidement vers l’international, adoptant le mode belliqueux qui lui a valu ses quelques éphémères regains de popularité. Cette fois-ci, c’est en Syrie, Bachar el Assad et l’État islamique (« dache », prononce François et c’est vrai que c’est loin, la Syrie…) qui n’ont qu’à bien se tenir. Numéro d’équilibriste : comment expliquer que l’on va frapper ceux que l’on a armés contre le méchant Bachar el Assad ? Comment lutter contre ceux que tout le monde s’accorde à qualifier de mal absolu – l’État islamique — sans en découdre directement ? (les cercueils drapés de bleu-blanc-rouge à l’approche d’une campagne électorale, Hollande, il en veut pas.) En aidant ceux qui sont en première ligne contre Daesh… ah, non, ça, c’est Bachar el Assad et il est méchant.

Solution typique du grand mou : la France, elle est pas contre le régime d’Assad, le régime, il peut rester si Assad, il s’en va. D’ailleurs, la Russie, qui prône un soutien clair et massif à Assad contre l’État islamique, « est un allié du régime, mais n’est pas un soutien indéfectible à Bachar Al-Assad », on peut s’entendre… Et Daesh, on le bombarde, comme la France, elle aurait bien voulu bombarder la Syrie si les États-Unis, ils lui avaient donné la permission en 2012 (ah, mais là, c’était contre Assad qu’on voulait envoyer des avions…).

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Poutine : « les USA sont responsables de la crise migratoire en Europe »

07/09/09/2015 – MONDE (NOVOpress)
Vladimir Poutine pointe du doigt la responsabilité des Américains dans la définition d’une politique migratoire qui s’opère au « mépris des particularités historiques, religieuses, nationales et culturelles » de l’Europe, qui suit aveuglément cette ligne. On ne saurait mieux dire.

Crédit photo : Capture d’écran de l’intervention de Vladimir Poutine au Forum économique oriental, qui s’est tenue à Vladivostok du 3 au 5 septembre 2015, traduction et sous-titres : RT


La liberté de circulation au sein de l’espace Schengen de plus en plus contestée

L’adhésion de la Turquie à l’Union européenne soutenue par Angela Merkel

02/09/2015 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Il y a quelque chose de pourri au royaume de la libre circulation et des droits de l’homme. Après avoir montré son intransigeance sur la question grecque, Angela Merkel avance ses pions sur l’échiquier de la crise migratoire. Et de prévenir ses partenaires que

Si, on n’arrive pas à une répartition équitable, alors la question de Schengen se posera

L’Allemagne est en effet touchée de plein fouet par l’afflux d’immigrés clandestins

Plus de 800 000 demandes d’asile ont ainsi été déposées cette année. On comprend d’autant mieux la volonté de la chancelière d’imposer des quotas de clandestins aux pays membres de l’Union, quitte à menacer ces derniers : en évoquant sa stratégie en vue de la rencontre des ministres de l’Intérieur qui aura lieu le 14 septembre, elle déclare ainsi

Je ne veux pas sortir maintenant tous les instruments de torture. Nous voulons trouver une solution en bons camarades.

Autrement dit, l’Allemagne veut imposer à des pays moins attractifs, comme ceux d’Europe centrale, l’accueil des envahisseurs

Mais si la fin de Schengen est brandie comme une menace par le successeur de Bismarck, on peut penser que de nombreux pays y verront au contraire une opportunité : la Hongrie, par exemple, a récemment commencé à construire un mur de 175 km et envisage désormais de mobiliser l’armée contre les clandestins. Même si aucune demande officielle de sortie de Schengen n’a été formulée par Victor Orban, peu de doutes subsistent sur le fond de ses pensées, partagé par de nombreux pays européens. La Slovaquie a ainsi proposé de n’accueillir que les réfugiés chrétiens.