La crise de la dette fait trembler l’Amérique tranquille

La crise de la dette fait trembler l'Amérique tranquille

13/08/2011 – 14h15
PARIS (NOVOpress) — Aux États-Unis, le récent accord entre l’exécutif et le législatif sur un relèvement du plafond de la dette a généré un soulagement trompeur. Cette mesure ne concerne que la dette de l’État fédéral et la capacité du Trésor à rembourser les emprunteurs en faisant marcher la planche à billets n’a jamais été réellement en danger.

Dans un très bon article du Guardian, le journaliste Dominic Rushe dévoile l’amplitude de la crise qui menace les finances locales américaines. Il rappelle que les dettes des collectivités locales, villes, comtés ou États, n’est en rien concernée par cet accord. Or, la croissance a jusqu’à présent retardé les effets des engagements pris dans des temps meilleurs, notamment à l’égard des fonctionnaires. C’est seulement aujourd’hui que des villes frappées par la récession se trouvent confrontées non seulement à des emprunts à rembourser mais aussi à des retraites ou des soins médicaux à payer à leurs anciens employés.

Le journaliste oublie de mentionner que cette situation frappe notamment de plein fouet les villes touchées par la « white flight ». Des localités autrefois florissantes quand elles abritaient une majorité de Blancs, touchent le fond quand l’évolution démographique fait que les familles Euro-Américaines les abandonnent en masse.

Ce n’est pourtant pas le cas de la petite ville de Central Falls dans l’État de Rhode Island se nomme elle même « la ville à l’avenir radieux ». Mais son présent parait bien sinistre. La ville de 18 000 habitants est fière d’être la plus densément peuplée de tous les États-Unis. Mais désormais, elle pourra aussi se targuer d’être la première ville de l’État à se mettre en faillite. Et malheureusement d’autres risquent de suivre son exemple.

À travers tout le pays, des villes sont proches de la faillite alors que l’économie est menacée par une grave récession. Les municipalités criblées de dettes font face à des taux d’intérêt de plus en plus élevés après le rabaissement par l’agence Standard & Poor’s de la note de la dette américaine. Il y a ainsi plusieurs dizaines de villes à risque rien que dans le Rhode Island.

Le comté de Jefferson dans l’Alabama présente le plus grand risque de faillite d’une municipalité dans l’histoire des États-Unis. Cette collectivité doit 3,2 milliards de dollars, reliquat d’un emprunt utilisé pour financer un nouveau système d’égouts. Dans une partie de bras de fer avec ses créanciers, le comté a refusé le vendredi 12 août dernier un accord proposé par les banques. Si une solution n’est pas trouvée, le comté se retrouvera en faillite avec une dette totale de 4,1 milliards de dollars, soit plus de 6000 dollars par habitant, en comptant les nouveaux nés et les vieillards grabataires.

Ce cas n’est pas le seul. La capitale de l’État de Pennsylvanie, Harrisburg, est aussi considérée en faillite, avec 300 millions de dollars de dettes pour un nouvel incinérateur.

Ce qui fait de Central Falls un cas si préoccupant, c’est que la crise financière mondiale n’est pas la principale cause de cette faillite. Les problèmes ont commencé des années auparavant, lorsque la ville a créé un fond de pension pour les baby-boomers qu’elle voulait attirer en leur promettant bien plus de services qu’elle n’en pouvait offrir.

Eileen Norcross, un chercheur du centre Mercatus de l’université George Mason en Virginie pense que d’ici dix ans, des villes comme Los Angeles, New-York ou Chicago pourraient bien faire face aux mêmes problèmes. Ses calculs démontrent que les États-Unis sont déficitaires de trois milliards de milliards sur leur système de retraite. La faillite de Central Falls pourrait être, selon Norcross, le signe avant-coureur d’autres faillites à venir.

La ville a créé son propre système de retraite pour les agents de sécurité publique (policiers, pompiers etc…) dès 1972. Ce système permettait aux agents de prendre leur retraite après 20 ans de service, de recevoir une pension équivalent à 50% de leur dernier salaire annuel et de bénéficier d’une couverture sociale. Robert Flanders, le juge nommé pour redresser les comptes municipaux, déclare que la ville a 80 millions de dollars de dettes dues à son système de retraite et que celles-ci augmentent de 16,3 millions de dollars chaque année. Le déficit de cette année sera de 5,6 millions de dollars. La décision de la ville de faire faillite lui permet de renégocier ses contrats jusqu’à qu’un juge décide de qui obtiendra quoi. Mais les policiers et les pompiers à la retraite vont voir le montant de leur retraite divisé par deux.

La bibliothèque est fermée, les services publics tournent au ralenti et les routes sont pleines d’ornières. Dans les parkings les mauvaises herbes pullulent et les fontaines sont arrêtées. Central Falls n’a jamais été une ville très prospère même avant la faillite. Les pompiers étaient déjà les moins bien payés de l’état. De plus, l’année dernière, tous les enseignants du collège de la ville avaient été licenciés suite aux mauvais résultats obtenus par l’école.

Mark Grusky, l’avocat représentant les pompiers de la ville, dit qu’on a offert à ses clients de toucher à peine 20% de leur pension. “Mes clients ne peuvent pas se permettre cela. Leurs retraites n’étaient déjà pas bien élevées au départ” déclare-t-il. Les deux parties vont désormais s’expliquer devant un tribunal.

Erin Levingstone, habitante de Central Falls de 34 ans, explique que les gens sont partagés sur la question de la baisse drastique des retraites des pompiers et policiers : “De nos jours, si vous prenez votre retraite à 40 ans, cela signifie que vous aurez encore 40 autres années à vivre. Je comprends que ces gens estiment qu’ils devraient toucher ce pour quoi ils ont payé mais les choses sont différentes aujourd’hui”. Cette habitante travaille dans une entreprise locale de revêtement de sols et explique que son entreprise aussi a été durement touché par la crise économique. “J’ai un enfant de 16 ans qui cherche du travail et il n’en trouve pas car des gens de 30 ans courent après les mêmes emplois que lui” raconte-t-elle.

Avec une économie menaçant de sombrer encore plus dans la crise, les États-Unis devront se battre afin de s’en sortir. Beaucoup de grandes villes telles que Boston, New-York, Chicago et Los Angeles possèdent leur propre système de retraite et beaucoup d’entre eux sont malheureusement sous-financés, selon Mme Norcross. La ville de Los Angeles y consacre 5 à 10% de son budget et devra doubler les contributions retraite d’ici 2015 si elle ne veut pas suivre l’exemple de Central Falls, mais à une échelle autrement plus grande. “Les grandes villes ont jusqu’à l’horizon 2020 pour prévenir et éviter ce genre de problèmes” toujours selon Eileen Norcross.

Il y a eu 624 faillites municipales depuis la création de l’US Bankruptcy Code en 1937, dont cinq ont eu lieu l’année dernière, selon l’analyste James Spiotto, expert dans ce domaine au cabinet Chapman and Cutler. L’analyste Meredith Whitney qui avait annoncé la crise des crédits, a prédit une crise massive sur le marché des obligations municipales avec à la clé, des centaines de milliards de dollars de déficits. Tout ceci ne s’est pas encore produit et selon M. Spiotto tout semble indiquer que les choses ne différeront pas de ce qui a déjà pu se passer lors de précédentes périodes de crise financière.

“Le vrai défi pour les municipalités est la façon dont elles stimulent leur économie. Nous vivons une période pleine de défis et si vous n’y faîtes pas face, vous aurez de gros problèmes”. La faillite est une option de dernier recours pour une municipalité. Central Falls a essayé d’augmenter les taxes mais avec les difficultés financières de ses habitants, cela n’a pas suffit. Le gouverneur de l’état de Rhode Island, Lincoln Chafee a aussi suggéré de fusionner avec la ville voisine, plus grande, de Pawtucket. Mais le maire de celle-ci, Don Grebien, a âprement refusé cette suggestion. Avec un déficit de douze millions de dollars, celle-ci a ses propres difficultés et a été obligé de licencier des employés municipaux.

M. Flanders explique que la crise actuelle de l’économie américaine pèse sur la ville, mais que les vrais problèmes couvaient depuis bien plus longtemps. “Franchement, avec toutes les difficultés auxquelles nous devons faire face dans cette ville, il sera difficile d’attirer quiconque, même si l’économie va mieux. Les gens veulent de bonnes écoles, des hôpitaux et différents services publics. Nous ne sommes pas en mesure de leur fournir cela”.

Capitalisme : 3 milliards de bénéfices sur le dos de la crise !

Capitalisme : 3 milliards de bénéfices sur le dos de la crise !


12/08/11 – 19h00
PARIS (NOVOpress)
– La crise économique qui secoue les Etats et appauvrit les populations est paradoxalement l’occasion pour certains d’une spéculation de grande envergure permettant un enrichissement considérable.

Ainsi, en pariant sur un effondrement de la conjoncture mondiale, le fonds américain Bridgewater Associates aurait gagné plus de 3 milliards de dollars sur la seule semaine dernière.

Sans attachement national ni morale autre que celle du profit, certains « hedge fund » profitent de la crise, n’hésitant pas parfois à l’accentuer par stratégie financière.

C’est le Wall Street Journal qui a révélé l’étendue des bénéfices du fond Bridgewater mais celui-ci ne serait pas le seul à faire de considérables profits sur le dos de la crise.

Och-Ziff Capital Management, de son côté, a acheté pour 12 milliards de dollars d’options au cours du premier trimestre 2011, ces options voyant leur prix augmenter lorsque la volatilité s’accroît sur les marchés financiers. Et l’indice Vix, qui mesure cette volatilité, s’étant envolé depuis fin juin, passant de 16 à plus de 40, Och-Ziff capital a ainsi pu engranger plusieurs milliards de plus-value.

Suisse : un rapprochement du franc suisse et de l’euro ?

Suisse : un rapprochement du Franc Suisse et de l'Euro ?

11/08/2011 – 20h45
GENÈVE (NOVOpress) —  Les journalistes du Financial Times ont laissé tomber leur stylo, les eurosceptiques du Telegraph ont poussé des cris d’orfraie, seuls les rédacteurs du Wall Street Journal ont su garder leur calme en lisant sur leur écran les propos de plusieurs responsables de la Banque nationale suisse qui ont annoncé à plusieurs médias qu’ils étaient prêts à tout pour défendre la parité du franc suisse avec les devises de leurs principaux partenaires économiques.

Ces mots elliptiques n’allaient pas rester mystérieux très longtemps. La Suisse ne peut en effet survivre à un franc suisse poussé vers la stratosphère par des mouvements spéculatifs initiés à Londres ou New York. En toute logique, la Banque centrale helvétique a donc annoncé qu’elle envisageait un rapprochement avec l’euro afin de décourager la spéculation. La seule réserve est que ce cours administré n’encourage pas l’inflation interne.

À la différence des rumeurs minant le cours de la Société Générale, cette nouvelle venue de Suisse a le mérite d’être authentique et en quelques heures, le cours du franc suisse perdait près de 5% par rapport à la devise européenne.

Le franc est loin d’avoir perdu les 30 % de hausse par rapport à l’euro enregistrés depuis un an, mais cette modeste baisse constitue une bouffée d’oxygène pour les industriels et prestataires de service suisses qui voient leurs marchés extérieurs s’étioler au profit de concurrents Allemands, Français ou Italiens.

Cette hausse spéculative du franc suisse causait aussi des ravages dans de nombreux pays d’Europe centrale comme la Hongrie dont la monnaie est liée à l’euro et dont de nombreux particuliers avaient souscrit à des emprunts en Suisse.

Il est possible que ces propos des responsables de la Banque centrale suisse ne soient guère plus qu’un effet d’annonce tant les difficultés techniques et juridiques sont grandes à mettre en pratique ce cours administré entre le franc et l’euro. Toutefois, cette discussion présente l’avantage de montrer à tous qu’une économie, plus que la monnaie, sont les hommes et les femmes qui travaillent et doivent pouvoir vendre leurs produits sur le marché sans être les victimes de spéculateurs mus par des peurs irrationnelles.

[box class= »warning »]Crédit photo : La bourse de Londres. Auteur : Bruce Christensen / photo sous licence creative commons[/box]

Vous avez dit : « croissance… négative »

Vous avez dit : « croissance ... négative »

[box class= »info »]L’hyperclasse dominante est prise à son propre piège de contrôle de la pensée par les mots qu’elle a interdits.[/box]

Le site du Figaro titre ce matin, 11 août 2011 : « France : risque de croissance négative ».

Or dans sa toute dernière édition, le dictionnaire de l’Académie stipule :

CROISSANCE n. f. XIIe siècle. Dérivé du radical du participe présent de croître.
Le fait de croître, de grandir.
1. Développement d’un organisme jusqu’à maturité. La croissance des plantes.
2. Accroissement en étendue ou en importance ; développement.

Pour toute personne sensée, la « croissance négative » est un concept inintelligible. Un oxymore. Il reflète pourtant tout à fait explicitement la désastreuse incapacité des dirigeants occidentaux à analyser la crise actuelle, car ils n’ont plus les mots pour la décrire.

Le système repose en effet structurellement sur la croissance : croissance de la consommation bien-sûr, mais croissance de tout. La croissance est la clé de voûte de tout ce système car elle assure l’équilibre dans la fuite en avant sur laquelle il est fondé. La croissance permet notamment de créer la monnaie pour assurer les dépenses non financées. La croissance, nous dit-on, permettra de rembourser les dettes. Alors l’endettement n’est pas si grave puisqu’il sera effacé lorsque la croissance reviendra.

Mais voilà, la croissance se fait attendre. Pas grave, nous rassure-t-on, elle reviendra de toutes façons, alors les dettes ne sont pas un vrai problème. Mais la croissance ne revient toujours pas. Ah si ! elle est là, mais elle est … négative !

Cette expression date de 2008, et fut lancée par Christine Lagarde. A l’époque quelques rares journalistes avaient malgré tout été interpellés par cet oxymore, notamment Thomas Legrand dans son édito politique du lundi 6 octobre 2008 sur France Inter.

Cette invention géniale a valu à Christine Lagarde d’être promue au FMI car elle n’a pas particulièrement brillé par ses résultats en tant que ministre de l’économie.
Les certitudes ont la vie dure : la croissance reviendra, c’est sûr. Elle est juste négative en ce moment, mais c’est normal, c’est une crise cyclique. Ainsi trois ans après, Le Figaro persiste, et continue de se rassurer, et de rassurer ses lecteurs, avec la même chimère paradoxale.

Il y a quelque temps, il ne fallait pas affoler Billancourt. A présent il ne faut pas affoler les marchés et les consommateurs.

Georges Gourdin pour Novopress France

[Tribune libre] Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser

[Tribune libre] Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser

[box class= »info »] Ne craignons pas l’effondrement –tant attendu– du système, mais plutôt précipitons-le. [/box]

L’ensemble de la presse convenue panique devant un événement attendu depuis pourtant presque dix ans : la chute de l’empire américain

Le déclic, la goutte qui fit déborder le vase, fut la dégradation de la note de la dette publique des États-Unis par l’un des instituts américains qui se sont auto-attribués la capacité à apprécier les économies des États du monde.

[Tribune libre] Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser Ainsi ce n’est pas tant la situation des États-Unis qui se serait précipitamment dégradée, ce qui pèse c’est, comme le note bien La Croix, qu’un tabou est brisé. Il aura fallu presque dix ans pour que ce tabou tombe, dix ans depuis notamment l’ouvrage publié en 2003 par Emmanuel Todd : Après l’empire.

Ainsi depuis dix ans les esprits éclairés de plus en plus nombreux annoncent le déclin du modèle socio-économique né de l’après-guerre et reformulé en plusieurs étapes, notamment en 1968. Déjà en 1971 (cela fait tout de même 40 ans), le secrétaire américain au Trésor, John Connally déclarait avec arrogance : « The dollar is our currency and your problem », « Le dollar est notre devise et votre problème ». Et le plus fort est que cela a fonctionné ainsi. Aujourd’hui encore la presse — encore sous influence — s’émeut des « conséquences mondiales de la dégradation de la note américaine », comme si cela était encore une surprise.

Si l’économie américaine s’effondre, son modèle, son paradigme, pour parler comme les philosophes, s’effondre aussi. Toutes les personnes qui tirent profit de ce paradigme peuvent s’émouvoir, car leurs vérités, leurs positions acquises se désagrègent. Avec la fin de l’empire américain, prend fin également un modèle pétri de mondialisme, de cosmopolitisme, de matérialisme, d’hédonisme.

Les tenants du système et tous ses bénéficiaires, tentent, en vain, de préserver leurs acquis en effrayant par la peur du lendemain, car ils savent bien que la chute de l’empire amènera un monde nouveau qu’ils combattent de toutes leurs forces. Ce monde nouveau se construira sur le rejet des valeurs dominantes actuelles, à savoir sur le localisme au lieu du mondialisme, sur l’enracinement au lieu du cosmopolitisme, sur la convivialité au lieu du matérialisme, sur la sobriété au lieu de l’hédonisme.

Tout ce qui tend à prolonger encore le système, comme le fut la prise en charge par les États des dettes non solvables des banques privées (subprimes), n’est que pur gâchis. Plus le système est moribond, plus l’énergie requise pour sa survie est importante.

Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser Friedrich Nietzsche dans un style qui n’appartient qu’à lui nous l’annonçait déjà : « Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser. »

Georges Gourdin pour Novopress France

Les Etats-Unis n’ont plus leur «AAA»

06/08/2011 – 13h45
WASHINGTON (NOVOpress) –
Pour la première fois de leur histoire, les Etats-Unis n’ont plus leur AAA, la note la meilleure, pour la dette publique du pays. L’agence d’évaluation financière Standard and Poor’s (S&P) a en effet décidé vendredi soir de diminuer cette note à AA+, compte tenu des «risques politiques» du déficit budgétaire.

Cette annonce est faite alors que les places boursières sont toujours très nerveuses.

Le constructeur de la mosquée Arrahma de Nantes fait faillite

Le constructeur de la mosquée Arrahma de Nantes fait faillite


04/08/2011 – 18h00
NANTES (Breizh NOVOpress) – Taner Topdemir, patron d’Océane constructions, a dû déposer le bilan de sa société, victime d’une crise de croissance mal gérée. Bénéficiaire de nombreux contrats de sociétés publiques d’HLM, le groupe s’était aussi lancé dans la promotion immobilière.

Océane constructions, une entreprise de bâtiment d’Orvault qui emploie environ 200 personnes, vient d’être mise en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce. « Océane constructions a été victime d’une erreur de gestion très classique », commente un comptable nantais. « L’entreprise n’a pas su gérer son développement. Son chiffre d’affaires a fortement augmenté ces dernières années, mais le fonds de roulement n’a pas suivi. Une crise de trésorerie était inévitable. » Afin de geler les créances, la société avait été placée en procédure de sauvegarde voici quatre mois ; cela n’a pas suffi à la sauver.

Océane constructions s’était imposée en quelques années dans les milieux nantais du BTP. Créée en 2002, elle était dirigée par un jeune Turc, Taner Topdemir. Elle bénéficiait de nombreux contrats attribués par des constructeurs de HLM de Loire-Atlantique et des départements voisins comme Atlantique Habitations ou ESH Logis Ouest, dans le cadre programmes comme La Frégate à Donges, les Jardins d’Amaryllis aux Sorinières ou le Domaine des Pépinières à Angers.

Elle avait aussi été choisie pour le chantier de la mosquée Arrahma, construite à Nantes avec le soutien de la municipalité de Jean-Marc Ayrault (photo de la mosquée avec ses deux minarets, cliquer sur la photo pour la voir en entier).

Grèce : Le paradis s’appelle Bâle-Genève-Zurich

Grèce : Le paradis s’appelle Bâle-Genève-Zurich

Dès qu’il est question de la crise grecque, les médias évoquent volontiers tout ce qui ne va pas dans le pays de Périclès et de Thucydide. La liste est longue : gabegie, indolence, maquillage des comptes publics, effectifs pléthoriques sans l’administration… Pourtant, il existe une question que peu de journalistes abordent : la fuite des capitaux vers la Suisse.

L’homme qui connait le mieux le dossier, Georges Papaconstantinou, ministre des finances, chiffre entre 10 et 15 milliards d’euros par an le montant de la fraude fiscale à destination de la Suisse.

Depuis que le gouvernement grec semble vouloir lutter contre ladite fraude, le mouvement s’accélère. La perte de confiance dans les banques grecques favorise également cette fuite des capitaux. Dimitri Kouselas, secrétaire d’Etat au ministère grec des Finances, évalue à « 280 milliards d’euros, soit 120% du PIB grec » les fonds helléniques en Suisse. D’après lui, « depuis dix-huit mois, les comptes courants en Grèce ont perdu 38 milliards d’euros, transférés en majorité vers la Suisse ».

Du côté de la Banque nationale suisse, on minimise grandement ce mouvement. En 2009, les banques suisses recevaient 2,2 milliards de francs suisses de capitaux grecs (1,8 milliard d’euros). Sans prendre en compte les actions et les obligations.

La Suisse possède tous les atouts pour bénéficier de cet exode fiscal. Non seulement le secret bancaire pèse lourd dans la balance, mais encore la Confédération présente l’avantage de ne pas appartenir à l »’Union européenne, tout en étant proche d’Athènes.

Traditionnellement la Grèce faisait preuve de laxisme envers l’évasion fiscale. Payer des amendes ne faisait pas partie de la culture nationale : « dans le passé, le ratio des amendes fiscales qui ont été effectivement payées était inférieur à 10% », affirme Georges Papaconstantinou qui vient de renforcer les moyens et les effectifs chargés des contrôles fiscaux.

Il y a belle lurette que les grandes fortunes grecques ont choisi d’abriter leurs fonds à proximité du lac Léman. Les plus connues appartiennent au monde des armateurs (familles Onassis, Niarchos, Livaros).

Nécessité faisant loi, le gouvernement grec espère récupérer quelques sous. Aussi a-t-il entamé des négociations avec la Suisse pour taxer les fonds déposés par les Grecs dans la Confédération.

[Tribune libre] Bilan de dépôt

[Tribune libre] Bilan de dépôt

[box class= »info »]Tribune libre reprise du site amoyquechault.over-blog.com[/box]

Si la prégnance de la marchandise est si néfaste à l’homme, c’est sans doute en premier lieu parce que cette prolifération matérielle forme un voile entre lui et le réel, entre lui et sa condition, entre lui et ses possibilités. Un voile qui s’épaissit chaque jour un peu plus jusqu’à devenir un véritable mur infranchissable, derrière lequel on ne peut qu’étouffer et désespérer. L’amoncellement de marchandises nous coupe de tous les questionnements fondamentaux qui déterminent la spécificité humaine : Qui suis-je ? Que dois-je faire de ma vie ? Quel est le sens de mes jours ? Que puis-je réaliser dans ce monde ?

La marchandise réduit drastiquement le champ des préoccupations humaines par hypertrophie des fonctionnalités animales et anesthésie de la pensée. La marchandise, c’est le soma du « meilleur des mondes », le tranquillisant universel, l’analgésique absolu, la réponse mécanique et simpliste à toutes les interrogations complexes.

Pour la première fois dans l’histoire, l’accumulation crée le vide. Vide spirituel, vide affectif, vide culturel, vide relationnel…

Il suffit pour s’en convaincre d’observer ces humanoïdes errant névrotiquement dans les rues ou les allées des magasins, sans but mais toujours pressés, harnachés de gadgets lumineux et sifflants, sous perfusion électronique permanente, casques gigantesques vissés sur les oreilles, passant à chaque instant d’un écran à l’autre, de celui de leur Blackberry à celui de leur Ipod, de celui de leur Nintendo DS à ceux de ces nouveaux panneaux publicitaires à plasma qui cornaquent désormais les troupeaux salariés dans les couloirs du métro.

Le silence et le calme sont définitivement bannis de notre monde. Tout comme sont limités à l’extrême les possibilités de « nouer des relations » au cœur de ce colossal autisme collectif où chacun s’est précautionneusement emmitouflé dans sa camisole technologique personnelle. Sa musique, ses SMS, son Tetris, sa vidéo… tout un dispositif rigoureusement élaboré pour meubler le plus efficacement possible ses plongées dans l’espace public en évitant ces deux terrifiants écueils : la confrontation à l’altérité et le temps de vacuité, de latence, propice à la réflexion et au questionnement.

Lady Gaga ou Pavarotti hurlant inlassablement dans mes oreilles m’évitent pareillement d’entendre les injures adressées par un voyou à cette jeune fille ou cette vieille dame, tout comme ils m’empêchent de réfléchir à l’inanité de ma journée de travail, à ces longues heures passées à accomplir une tâche obscure à la finalité incertaine quand elle n’est pas carrément odieuse (vendre, faire du chiffre, diffuser une nouvelle inutilité, optimiser des coûts, rationaliser des organigrammes, analyser des bilans comptables, préparer un plan social, fixer des objectifs financiers, établir un powerpoint sur les performances managériales trimestrielles, remplir des formulaires, classer des dossiers, photocopier des rapports, programmer des réunions d’étape, organiser des brainstorming, relayer de l’info, gérer des flux, planifier des événements …).

C’est l’abject spectacle de cette humanité robotisée, ne frémissant plus, à l’instar de grenouilles de laboratoires, qu’à des stimuli électriques – en l’occurrence ceux des enseignes commerciales – qui justifie, hors de tout débat idéologique, l’impérieuse urgence « d’en finir avec la marchandise ».

Spectacle qui atteignit peut-être son paroxysme tératologique lors de l’ouverture de « l’Apple Store » de Paris, séquence d’une obscénité suffocante durant laquelle on pût observer sans masque, dans sa terrifiante crudité, le visage glaçant du post humain marchandisé. A cette occasion, des hommes trentenaires ou quarantenaires, que l’on imaginait fort bien cadres et pères de famille, s’adonnèrent à une séance d’hystérie collective où la démence mercantile frôlait la ferveur religieuse. Larmes aux yeux, mains tremblantes, voix gorgées d’émotion non feinte, les fidèles de la marque à la pomme avaient attendu plusieurs heures en face de la porte encore fermée de leur nouveau temple. A peine celle-ci s’est-elle entrouverte que se fut une ruée telle qu’on aurait pu croire observer quelque peuplade affamée se jetant sur les dernières denrées d’un magasin d’alimentation du tiers monde. Ce n’était d’ailleurs pas seulement pour acheter que se pressaient ce jour là ces milliers de fanatiques, mais surtout pour rendre un culte, un hommage à cette marchandise bienfaitrice, ces appareils rédempteurs, ces gadgets curatifs qui font le sel de leur existence, occupant aussi bien leurs esprits que leurs discussions, leurs ambitions et leurs projets.

Certains étaient venus là, fébriles et déférents, comme l’on se rend dans un musée ou une cathédrale, pour admirer et toucher du bout des doigts ces merveilles de la création, espérant un jour, par la grâce merveilleuse d’une augmentation ou d’un crédit Cetelem, être digne d’en posséder certaines. Ainsi, autour d’un Iphone nouvelle génération trônant au sommet d’une colonne immaculée et écrasée des lumières aveuglantes des projecteurs, des hommes et des femmes prétendument éduqués, civilisés, diplômés, « socialement intégrés », participaient, à moitié en transe, à une célébration mystico-thaumaturgique digne des plus caricaturales dérives sectaires.

L’acte d’achat viendrait plus tard, bien sûr, point culminant de l’anagogie, car le but final reste toujours le même, les boutiques « Apple » représentant un chiffre d’affaires de 6,6 ( 6?) milliards de dollars par an.

L’homme moderne ne cherche plus à acquérir ce dont il a besoin pour vivre, il a besoin d’acquérir pour se sentir encore un peu vivant. Comme le dit Gunther Anders dans L’obsolescence de l’homme : « Les temps où ceux qui n’avaient rien à avaler étaient considérés comme de « pauvres diables » sont depuis longtemps révolus. Aujourd’hui, au contraire, les « pauvres diables » sont ceux qui ne peuvent opposer aucune résistance au gavage terroriste, ceux qui, à chaque bouchée qu’ils avalent, doivent également avaler le fait qu’on leur dérobe un peu de leur liberté. Qui ne consomme pas librement consomme de la non-liberté. »

[box]Crédit photo : Eugene Mah (photo sous licence creative commons)[/box]

Poutine dénonce « le monopole du dollar » qui « parasite l’économie mondiale »

Poutine dénonce "le monopole du dollar" qui "parasite l'économie mondiale"

02/08/2011 – 10h30
MOSCOU (NOVOpress) —
Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, n’a pas mâché ses mots aujourd’hui en s’en prenant au système économique américain et à la gestion de la dette par le gouvernement des Etats-Unis.

Au cours de la visite d’un camp de jeunes aménagé près du lac Seliger, dans la région russe de Tver, il a déclaré que le pays de l’Oncle Sam « vivait au-dessus de ses moyens, rejetant « la responsabilité » de « ses problèmes sur l’économie mondiale ».

Surtout, Vladimir Poutine s’est attaqué violemment au système monétaire américain qui « parasite l’économie mondiale grâce au monopole du dollar ».

Les relations France-Russie sous la loupe d’un expert (2ème partie) [vidéo]

Les relations France-Russie sous la loupe d’un expert (2ème partie)

Xavier Moreau, co-fondateur et directeur d’un cabinet de conseil pour les entreprises françaises, entrevoit les différentes options des futures relations franco-russes et analyse la situation existante dans une interview accordée le 21/07/2011 à Flora Moussa, correspondante de la très importante agence russe d’information internationale RIA Novosti. La première partie est ici.

À propos de l’auteur, Xavier Moreau. Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Fondateur d’une société de conseil en sûreté des affaires, installé en Russie depuis 10 ans, travaillant également sur l’Ukraine, le Kazakhstan et la Serbie.

[box class= »info »] Source : Realpolitik.tv[/box]

Les Etats-Unis au bord de la faillite

Les Etats-Unis au bord de la faillite

[box] Les négociations entre les Démocrates et les Républicains sont sur le point d’échouer. Obama a demandé à son ministre des finances d’élaborer un plan B.[/box]

L’administration du président Barack Obama se prépare à un échec des négociations relatives à la politique budgétaire des Etats-Unis. Le ministère des finances a élaboré un plan au cas où aucun accord ne devait être trouvé entre les deux partis d’ici le 2 août, a déclaré le porte-parole d’Obama mercredi à Washington. C’est en tout cas la réponse qu’il a donnée à un journaliste qui lui posait la question de savoir quelles dépenses pouvaient encore être faites après cette date critique, et quelles dépenses seraient suspendues. Carney n’a pas été plus loin dans ses déclarations. Le ministère américain des finances a l’intention de faire connaître dans les prochains jours ce qu’il a l’intention de faire en cas d’échec des négociations sur la question de la dette.

Chaque jour compte

C’est désormais chaque jour qui compte aux Etats-Unis pour échapper à une cessation de paiement de l’Etat. Mais les Démocrates et les Républicains bluffent jusqu’au dernier moment dans le litige concernant le plafond de la dette, et aucun accord n’est encore en vue.

Et une mauvaise nouvelle de plus vient de tomber au beau milieu des négociations sur le plafond de la dette : la croissance économique américaine s’est à nouveau ralentie au début du second semestre selon une estimation de la Banque Fédérale américaine. Le marché du travail est également resté atone, alors que beaucoup de régions avaient recensé des nouveaux recrutements.

Des points importants

Le président Obama a peu de raisons de se réjouir ces derniers temps

En dépit de l’urgence de trouver un accord, les sujets de désaccord persistent. Voici les points importants du conflit sur la dette :

Quand sera-t-on à court d’argent ? Les Etats-Unis avaient dépassé dès la mi-mai la limite légale de 14.300 milliards de dollars. Depuis, on a réussi à louvoyer en recourant à des « mesures spéciales ». Si la limite d’endettement n’est pas relevée d’ici le 2 août, les Etats-Unis ne pourront plus régler toutes les factures. Les versements aux retraités ou aux soldats pourraient connaître des retards, des fonctionnaires pourraient être mis en congé sans solde.

Y a-t-il une date après laquelle rien ne va plus ? Les analystes partent du principe que le ministère américain des finances dispose encore d’un matelas de sécurité qui lui permet de régler ses factures jusqu’à la mi-août. Le 3 août, ce sont environ 23 milliards de dollars qui son dus aux retraités et aux handicapés. Le 15 août est considéré comme une date fatidique. Ce sont 41 milliards de dollars qui sont alors à payer, dont 30 milliards d’intérêts rémunérant les bons du trésor.

La note maximale AAA est en danger ? Si les Etats-Unis devaient ne plus être complètement en mesure de servir leur dette (intérêts et capital), c’en sera fini des meilleures notes des agences de notation. Les Etats-Unis devront payer des intérêts élevés pour l’endettement nouveau. De nombreux fonds de pension devront se débarrasser de leurs titres américains, du fait qu’ils n’ont le droit d’investir que dans des bons du trésor de la meilleure solvabilité.

Colère

L’incapacité des politiciens à trouver une solution rapide a suscité une violente colère du journaliste et activiste Internet Jeff Jarvis. « Hé, bande de connards à Washington. C’est notre pays, notre économie, notre argent », a-t-il éructé sur le service en ligne Twitter. Des dizaines de milliers d’internautes ont commencé à critiquer, sous le mot clé #fuckyouwashington, les Républicains qui refusent des nouveaux impôts pour les riches. Mais les Démocrates aussi se voient reprocher leur incapacité.

[box class= »info »] Source : Le journal quotidien autrichien Kurier.[/box]

Qui est derrière les agences de notation ?

Qui est derrière les agences de notation ? — crédit photo : Ben Garrett

29/07/2011 – 11h30
NEW YORK (NOVOpress) — Les agences de notation et leur rôle dans l’économie mondiale sont sur toutes les bouches. Certains considèrent que leurs évaluations sont objectives, tandis que d’autres y voient presque des organisations criminelles. Le président de la Banque nationale allemande Claus Raidl demande de recourir à la police pour briser leur influence, jugée démesurée.

Toujours AAA pour les États-Unis alors qu’ils sont presque insolvables

Standard & Poor’s, Moody’s, Fitch. Ces trois noms résonnent sur toutes les bouches après les spectaculaires et profondes décotes de la solvabilité de plusieurs États européens. Ces trois agences de notation américaines représentent à elles seules 95% du marché. Leur jugement exerce sur les marchés financiers un poids capable d’ébranler l’ensemble de la zone euro, soit une zone économique de 320 millions d’habitants. Mais s’agit-il en fait d’un levier des intérêts américains et de Wall Street ? On peut le soupçonner, d’autant que les États-Unis, alors qu’il sont en passe de devenir insolvables, jouissent d’un niveau de solvabilité extrêmement élevé. Des politiciens européens ont fait de cette troïka d’outre-Atlantique leur ennemi déclaré. Mais la vérité se trouve probablement, comme souvent, au milieu.

La Grèce a longtemps réussi à cacher l’ampleur réelle de ses problèmes financiers. Il y a environ un an, la lumière a été faite sur la gestion catastrophique de ses finances publiques. Les problèmes du pays ont attiré l’attention des Fitch et consorts, qui ont rapidement réagi en décotant la solvabilité des emprunts d’État. Depuis, l’euro n’est plus en repos. Une « vache sacrée » a même été sacrifiée récemment – l’Italie. Des politiciens de Bruxelles et nationaux ont reconnu le risque de se retrouver dans une situation délicate. Enfin, un coupable a été trouvé : ce n’est pas la pratique de distribuer à la population des cadeaux électoraux qu’il n’y avait pas lieu de financer, mais des analystes de la lointaine Amérique qui étaient responsables des misères de l’union monétaire européenne.

Ceux qui sont derrière

Warren Buffett - crédit photo : Ronald Lee Wattonville-Ames
Warren Buffett - crédit photo : Ronald Lee Wattonville-Ames

Un coup d’œil sur la structure des agences permet de douter de leur objectivité. Par exemple, le légendaire gourou de la bourse Warren Buffet détient, comme l’indique NEWS dans son numéro 28 de cette année, au travers de Berkshire-Hathaway, 12,5% des parts de Moody’s. Buffet a aussi une participation dans la banque d’investissement Goldman Sachs, dont la notoriété est égale à sa mauvaise réputation. Une constellation autonome, en somme.

Le problème est que les agences de notation sont payées par les banques pour évaluer leurs produits. Si l’analyste et le donneur d’ordre ont tous les deux le même propriétaire, cette relation est un terrain éminemment propice à une dangereuse absence de transparence et aux coteries. Qui mordrait la main qui le nourrit ? Standard & Poor’s appartient à la maison d’édition médias McGraw-Hill dont le principal actionnaire est la société d’investissement Capital World, laquelle détient aussi une participation dans Moody’s. Le Français Marc Ladreit de Lacharriere contrôle Fitch Ratings via sa maison-mère Fimalac. Il a présidé pendant des années la section française du groupe Bilderberg. Le comité de direction de Fimalac a des relations et des intersections étroites avec des groupes de sociétés agissant dans le monde entier comme Coca Cola et diverses grandes banques.

La solvabilité de la classe politique

Nos élus, dans leurs critiques à l’encontre des Moody’s et autres, n’ont sûrement pas tort, ou du moins pas totalement. Les interdépendances avec les grands acteurs du monde de la finance et de l’industrie s’opposent à leur objectivité. Dieu seul sait pourquoi les USA ont-il toujours le statut triple A… ou les propriétaires des agences. Mais l’accroissement régulier de l’endettement et la corruption des milieux gouvernementaux aboutiront tôt ou tard à un retour de bâton. Les gouvernements d’Europe ont traité à la légère l’attribution des critères de stabilité. Ce comportement négligent, fruit de spéculations à court terme, se traduit maintenant en un déclassement des évaluations. Faire des agences de cotation l’unique responsable des affres de la zone euro serait omettre la responsabilité de la classe politique, et surévaluer, peut-être, sa propre solvabilité.

La « diversité », future victime de la crise des finances publiques américaines ?

La « diversité », future victime de la crise des finances publiques américaines ?

27/07/2011 – 09h00
PARIS (NOVOpress) — Si l’Europe a fort à faire pour réduire ses déficits publics, les États-Unis sont confrontés à des défis budgétaires et économiques d’une toute autre ampleur. Un des aspects les plus étonnants de la crise financière, notamment ces dernières semaines, est le peu d’attention que les marchés ont accordé au bras de fer opposant le président Obama et le Congrès sur l’élévation du plafond de l’endettement public de l’État américain.

D’un côté, le refus obstiné de la nouvelle majorité républicaine à la chambre des représentants à accepter toute hausse des impôts ; de l’autre, l’incapacité des républicains en général à réduire les dépenses militaires et celle des démocrates à diminuer celles liées à la protection sociale, conduisent le pays dans le mur.

Il est une facette de la politique budgétaire rarement mise en lumière, celle de la promotion de la « diversité ». Dans un pays dans lequel cohabitent trois grands groupes, les Euro-Américains, les Afro-Américains et les Hispaniques, la paix sociale est achetée depuis cinquante ans au prix fort par la puissance publique par le biais d’emplois réservés dont les salaires sont payés par les contribuables.

Comme l’explique dans son blog l’universitaire Walter Russell Mead, un des penseurs libéraux américains les plus en vogue, le rapport de force budgétaire peut avoir des conséquences dévastatrices pour les groupes répondant le moins bien aux exigences d’une société industrielle évoluée.

L’obamania chantée depuis 2008 sur tous les tons par les grands médias américains, et qui commence seulement maintenant à se mettre en sourdine, a occulté la sévère dégradation de la situation des Noirs, ce qui aux États-Unis est désigné sous l’appellation politiquement correcte de « crise urbaine ».

Les chiffres de l’emploi offrent des indicateurs éclairants. Près de 16% des Noirs sont chômeurs, contre 8,7 % des Blancs. Plus révélateur encore, pour ceux qui veulent bien chercher à comprendre, les taux de chômage des Noirs les plus bas se trouvent dans les États où ils sont rares. A titre d’exemple, l’Alaska, 5,4% ou le Wyoming, 6,2 %. En revanche, dans les États industriels où les Noirs sont nombreux, le taux de chômage des Afro-Américains atteint des niveaux critiques : Wisconsin, 25% ou le Michigan, 23,9%.

Les ingrédients de cette crise sont bien connus. Une réduction importante des emplois peu qualifiés offerts aux jeunes Noirs et une concurrence accrue de la part des immigrants hispanophones auxquels les employeurs donnent la préférence. Ce dernier point est, paradoxalement, un des résultats du refus par l’élite politique noire, affiliée en grande majorité au Pari démocrate, de prendre des mesures contre l’immigration illégale.

Le facteur nouveau qui va changer la donne est la crise budgétaire dans laquelle sont plongés l’État fédéral, les États fédérés tout comme les collectivités locales. S’il est très peu probable que Washington se retrouve à court d’argent grâce à un accord de dernière minute entre la Maison blanche et la Chambre des représentants, tel n’est pas le cas pour les deux autres composantes de la puissance publique américaine.

Or l’emploi public est la clef de l’intégration des Noirs dans « l’American way of life ». Selon le ministère du Travail, 20 % des Noirs sont des fonctionnaires. Chiffre à comparer à 15 % pour les Blancs et seulement 11% pour les hispanophones.

Contrairement à l’Europe, les fonctionnaires des collectivités locales peuvent être licenciés et de nombreux États, comtés et villes ne s’en privent pas. De la Californie au Maine, des hommes et des femmes qui se croyaient à l’abri des contingences économiques se retrouvent dans la rue, en compétition avec les chômeurs en provenance du secteur privé pour décrocher les rares emplois disponibles.

Les perspectives sont tout aussi sombres pour les jeunes Noirs qui suivent des études dans les universités grâce aux mesures de discrimination positive qui leur offrent des places aux concours d’entrée au détriment de Blancs et d’Asiatiques mieux notés. Ces jeunes ne trouvent pour la plupart de débouchés que dans le secteur public. Faute de postes de fonctionnaires, ils risquent de connaître de longues périodes de chômage ou un sévère déclassement professionnel.

Heureusement, il existe quand même des raisons d’espérer pour les futures générations de Noirs américains. Le système symbiotique qui associait une classe d’employés publics financés par le clientélisme avec une population noire paupérisée touche à sa fin.

A Atlanta, les familles Noires se sont révoltées contre des fonctionnaires du système éducatif qui développaient des trésors d’imagination, non à pas à mieux éduquer les enfants qui leur étaient confiés, mais à fournir des statistiques truquées gonflant à l’hélium les résultats scolaires des enfants.

Le cas des enseignants d’Atlanta illustre de manière plus générale le conflit d’intérêt qui oppose les fonctionnaires de l’éducation publique aux usagers de cette même éducation. Les enseignants veulent davantage de moyens et davantage de nouveaux fonctionnaires. Les familles veulent une meilleure éducation pour les enfants. Des objectifs qui dans la réalité des faits ne se recoupent pas mais s’opposent.

Selon Walter Russell mea, les Noirs finissent par comprendre que la politique de la diversité, notamment la discrimination positive, ne sert que les intérêts d’une minorité. Les Noirs les plus éduqués, les plus riches ne pensent plus selon un antagonisme racial. Ainsi, Obama s’est fait élire non pas en tant que défenseur des intérêts des Noirs, mais en proposant des politiques destinées à l’ensemble de la population du pays.

Il n’en demeure pas moins, souligne Walter Russell Mead, que les Noirs les plus pauvres et les moins éduqués n’ont pas beaucoup de perspectives d’avenir à court terme. Ils ne satisfont pas aux exigences minimales requises par l’économie de marché et le secteur public n’a plus rien à leur offrir qu’un débouché dans le secteur pénitentiaire comme hôte forcé de l’État. Sur ce dernier point, les statistiques du ministère de la Justice apportent des précisions bien pessimistes. En 2010, les Noirs fournissaient 39,4% des détenus américains alors que les Noirs ne sont que 12,6% de la population. Il ne serait pas étonnant, conclut Walter Russell Mead, que des cycles d’émeutes raciales éclatent dans un avenir proche.

Les analyses de cet universitaire libéral sont également éclairantes pour l’Europe. Si le continent continue à accueillir des populations inadaptées aux besoins d’une société développée et culturellement éloignée des valeurs majoritaires de la population, il va se constituer une population marginalisée qui ne pourra trouver sa subsistance que dans les aides sociales, les emplois les moins rémunérés ou la criminalité.

Les élus des banlieues des grandes villes françaises commencent, non seulement à le comprendre, mais aussi à le dire. Seront-ils entendus ?

TF1 : des bénéfices en hausse de 60% au premier semestre

TF1 : des bénéfices en hausse de 60% au premier semestre

26/07/11 – 13h00
PARIS (NOVOpress)
– La « vente de temps de cerveau disponible pour la publicité » est une activité fortement rémunératrice.

En effet, le groupe de télévision français TF1 a publié mardi un bénéfice net en hausse de 60% à 118,6 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros. Ces chiffres concernent le premier semestre 2011.

Ce bénéfice net est supérieur aux prévisions des analystes dans un contexte économique instable.

Pour l’ensemble du groupe TF1, les recettes tirées de la publicité progressent de 4,7% à 905,2 millions d’euros. Le résultat opérationnel s’élève lui à 186,5 millions d’euros au premier semestre, ce qui permet au groupe d’améliorer son taux de marge opérationnelle, qui atteint 14,6% sur les six premiers mois de l’année, contre 8,1% sur la même période un an plus tôt.

États-unis : nouvel échec des négociations sur la dette

États-unis : Nouvel échec des négociations sur la dette

26/07/2011 – 12h00
WASHINGTON (NOVOpress) —
Les négociations menées dimanche afin de parvenir à un accord entre parlementaires Républicains et Démocrates sur le relèvement du plafond de la dette américaine, ont à nouveau échoué. Chacun est en effet resté campé sur ses positions, alors que l’échéance du 2 août – date butoir au-delà de laquelle les États-Unis risquent de se retrouver en défaut de paiement – se rapproche dangereusement. Cependant, Hillary Clinton s’est déclarée «confiante dans le fait que le Congrès fera ce qu’il faut, et arrivera à un accord sur le plafond de la dette ». En effet, excepté certains élus du Tea Party qui brilleraient par leur inconscience, tous mesurent l’extrême gravité que constituerait un défaut de paiement et les conséquences dramatiques que cela aurait sur l’économie américaine et mondiale. Ainsi, il y a fort à parier qu’une décision de rehausser ce plafond interviendra au dernier moment.

Car en définitif,  le véritable point de blocage réside davantage dans le plan d’austérité qui doit nécessairement accompagner cette décision afin de freiner l’emballement de la dette et ne pas se retrouver confronté indéfiniment à une situation similaire. L’occasion est en effet trop belle pour les républicains, qui détiennent la majorité des sièges à la chambre des représentants, de monnayer leurs voix contre des mesures drastiques de diminution des dépenses publiques, là où les démocrates prônent une solution davantage basée sur la hausse des impôts et notamment la suppression des niches fiscales. In fine, les vraies clefs du problème se situent bel et bien dans la réduction du train de vie de l’Amérique. D’ailleurs, la principale préoccupation des agences de notation, lorsqu’elles menacent de dégrader la note de la dette US, est bien de savoir si les autorités américaines sauront prendre à ce sujet des mesures efficaces à long terme.

Et à ce titre, certains chiffres permettent de prendre conscience de l’ampleur de la tâche. Ce plafond de la dette qui avait été instauré en 1917 dans un esprit de maîtrise budgétaire a été relevé 74 fois depuis. Cela rappelle en quelque sorte les critères de Maastricht qu’aucun pays n’a jamais respecté et surtout pas la France. Le Figaro nous apprend également que l’Amérique doit emprunter environ 42% de ce qu’elle dépense.  Le journal LesEchos précise quant à lui que la dette devrait encore gonfler en 2012 pour s’établir à 103% du PIB. A ce rythme, il n’est même pas certain que les 4000 milliards d’économies sur 10 ans réclamées par les économistes suffisent à enrayer le phénomène. On mesure mieux à la lumière de telles données combien cette crise est en réalité celle du modèle américain de l’insouciance budgétaire, engeance de son consumérisme effréné, celle de ce mode de vie dont l’opulence avait été rendue possible par les avantages hérités des guerres mondiales et notamment de la reconnaissance du dollar comme monnaie de réserve internationale. Sauf qu’à l’heure de leur déclin, les marchés réclament des comptes aux États-Unis.

Quand la mairie de Bordeaux se goberge

Quand la mairie de Bordeaux se goberge

Le budget 2011 de la mairie de Bordeaux pour les frais de réception est de 1,19 million d’euros. Soit un peu plus de 22000 euros par semaine. Les contribuables de Bordeaux doivent ainsi s’acquitter cette année de 5,05 euros par habitant, soit deux fois plus qu’à Lyon ou Nantes. Si le Palais Rohan a fait l’effort énorme de réduire ces frais de 144 865 euros par rapport à 2010 c’est sans doute moins dans un souci d’économie budgétaire que du fait de l’absence d’Alain Juppé pendant l’essentiel de la semaine à l’Hôtel de Ville. Les bordelais qui, dans leur immense majorité, n’ont pas accès aux petits fours, aux bons vins de Bordeaux, aux vins de Champagne et autres gâteries culinaires dispendieuses offertes toujours aux mêmes courtisans, mettront ces chiffres en rapport avec leur propre budget d’alimentation…

Nous incitons les milliers de bordelais titulaires du RSA qui doivent subvenir à leurs besoins fondamentaux avec moins de 15 euros par jour et tous ceux qui ont un creux à l’estomac à la fin du mois à se rendre dans leur mairie pour s’y restaurer !

Rappelons que si l’abus d’alcool, à la mairie comme ailleurs, est dangereux pour la santé, l’abus de taxes, de cotisations et d’impôts est proportionnellement néfaste pour le portefeuille des contribuables. C’est ça aussi la relativité !

P.S : Les viticulteurs-paysans du bordelais (l’appel d’offre pour 2011 portait sur 3O000 euros HT par proposition), les artisans-traiteurs, peuvent se tenir au courant des appels d’offres pour les réceptions de la mairie de Bordeaux auprès de : M. le conseiller Municipal Délégué pour les marchés publics, ou Mme Marie-Laure Paris, tél : 05 56 10 23 93, courriel : dam@mairie-bordeaux.fr

[box class= »info »] Source : Bloc Identitaire Aquitaine. [/box]

Espagne : « Défilé populaire des indignés », ils sont de retour

Espagne : "Défilé populaire des outragés", ils sont de retour

24/07/2011 – 23h00
MADRID (NOVOpress) — Le mouvement de protestation qui a de nouveau secoué l’Espagne ces dernières 48 heures a critiqué à la fois le Parti socialiste (PSOE) et l’opposition conservatrice (PP), les accusant de laisser saigner la population sur l’autel de la crise, tout en conservant intacts les salaires du grand patronat et des banquiers. Plus de transparence dans l’administration publique et une meilleure séparation des pouvoirs judiciaire et politique ont également été exigés.


Deux mois tout juste après les manifestations de la Puerta del Sol qui avaient retenu l’attention du monde, Madrid est de nouveau devenue le centre de rassemblements de masse contre le chômage et l’austérité. Plusieurs milliers d’Espagnols se sont ainsi réunis hier samedi sur la place centrale dans la capitale espagnole pour protester « contre les coupes dans la politique sociale, la corruption croissante dans la politique et le chômage endémique ». Le mouvement de protestation « Vraie démocratie maintenant! » avait déjà appelé mi-juin dans tout le pays à un « défilé populaire des indignés » et ils sont venus des quatre coins du pays dans la capitale espagnole.

Avec des larmes dans ses yeux, Andrea Portela et Miguel Gonzalez ont rejoint la Puerta del Sol. L’un est architecte, l’autre est homme d’affaires à Oviedo, au nord de l’Espagne. Ils sont épuisés, ils ont mal aux pieds. Avec 150 autres « indignés », ils ont pris la route du nord et marché plus de 500 km vers Madrid pour participer au « défilé populaire des indignés ». « Nous devons montrer aux politiciens que les protestations avant les élections en mai n’étaient que le début, et qu’ils ne peuvent pas faire simplement comme avant », explique Andrea sur leur participation au défilé.

Avec les fortes chaleurs de l’été, leur marche a été très pénible, explique Andrea, qui est sur la route depuis le 25 Juin. « Mais les ampoules et les difficultés valent la peine. Car si nous restons assis et n’ouvrons pas la bouche, rien ne va changer », a déclaré l’architecte de 29 ans qui, pendant plus de deux années, a enchaîné les CDD les uns après les autres, sans même la perspective d’un emploi fixe. « Beaucoup de choses doivent changer en Espagne, a également déclaré son compagnon de marche Miguel. » Bien qu’il n’appartienne pas à la grande armée des chômeurs, qui représentent déjà 21% de la population, l’évolution économique, politique et sociale dans laquelle l’Espagne s’est lancée l’a poussé à protester. « Ce n’est que récemment que les pensions ont été gelées, l’âge de la retraite porté de 65 à 67 ans, les licenciements rendus plus simples par la loi. Je crains pour un avenir sûr », dit l’Espagnol de 33 ans.

Andrea et Miguel ne sont nullement les seuls qui, pour cette raison, ont pris sur eux les rigueurs d’un long trajet. Environ 600 « indignés » se sont rassemblés après plusieurs semaines de marche de toutes les directions dans la capitale espagnole pour manifester en faveur de « nouveaux modes de participation démocratique et un changement social », a déclaré Maria Torano, un porte-parole du mouvement de protestation. D’autres milliers de manifestants sont venus en bus, en train ou en voiture de tout le pays jusqu’à Madrid, où dimanche soir prochain aura lieu une assemblée nationale des « indignés » ainsi qu’une nouvelle manifestation de masse où l’on attend un demi-million de participants.

« Nos manifestations ce week-end ont montré aux politiciens que notre mouvement grandit en force et que nous ne sommes plus disposés à nous laisser manipuler », a déclaré la journaliste Maria Torano, 29 ans. Pourtant, elle admet que les politiciens espagnols et, surtout, les socialistes au pouvoir, ne semblent pas avoir pris au sérieux le mouvement de protestation. « Jusqu’à présent, ils n’ont répondu qu’occasionnellement à certaines de nos revendications, plus par opportunisme politique et en vue de la campagne électorale, que par une approche holistique du mouvement de protestation et de ses exigences « , a déclaré Torano.

C’est ainsi que samedi 23 juillet au soir, des dizaines de milliers de manifestants ont scandé « Ils ne nous représentent pas » et ont demandé plus de droits de participation de la population par référendum, tout comme une réforme de la loi électorale laquelle favorise dans sa forme actuelle, comme en France avec un scrutin majoritaire, les deux principaux partis.