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Macron, silencieux sur la laïcité attaquée, par Ivan Rioufol

La guerre des crèches aura-t-elle lieu ? Nombreux sont les élus qui semblent prêts, comme Robert Ménard à Béziers, à tenir tête à la justice administrative, quand celle-ci interdit une telle exposition dans un lieu public, au nom de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. La décision du Conseil d’Etat d’interdire la croix surplombant une statue de Jean-Paul II à Ploërmel a peut-être été la goutte d’eau de trop, auprès d’une opinion excédée par les reculades des pouvoirs publics. Il est vrai que le Conseil d’Etat se montre, en comparaison, particulièrement bienveillant devant les exigences de visibilité de l’islam politique. Celui-ci ne cesse de s’afficher davantage dans l’espace public, notamment à travers les voiles, les minarets ou les prières de rue.

Ce lundi matin, sur LCI, le député France insoumise Alexis Corbière a renvoyé dos-à-dos les prières de rue et les crèches dans les mairies, pour les refuser pareillement au nom de la laïcité. Il explique : “J’ai été enfant de chœur, et je demande à ma mère, qui habite le sud de la France, de faire une petite crèche de santons à la maison, pour que mes enfants voient ça (…) Pour autant une mairie doit être un lieu de la laïcité”. Mais ce relativisme compare ce qui n’a rien à voir. Les prières de rue sont des actes de revendications religieuses et politiques qui piétinent sciemment, en effet, la laïcité. L’hommage que rendent les crèches à un nouveau-né et à ses parents, pauvres et nomades, relève d’une tradition culturelle inscrite dans la civilisation française et occidentale. Pour beaucoup de Français, refuser les crèches revient à arracher ce qui leur reste de racines. Cette violence d’Etat peut devenir périlleuse.

La victoire nationaliste, enregistrée dimanche au premier tour de l’élection territoriale corse, fait comprendre, à ceux qui voudraient l’oublier, combien la mémoire d’un peuple demeure un puissant moteur politique. Si Gilles Siméoni, qui conduisait la liste nationaliste, a recueilli 45,36% des voix (avec 48 % d’abstentions), le candidat macronien n’a obtenu que 11,26% des suffrages, et 3, 28% pour un FN inutile. La lecture du vote ne peut se réduire au seul périmètre de l’île. Le scrutin illustre le réveil identitaire des nations et des peuples, partout observable en Europe. Or ce phénomène fait partie des impensés d’Emmanuel Macron. Notre Barack Obama, qui a rencontré l’ex-président américain samedi à Paris, persiste à croire en une modernité post-nationale qui enterrerait le vieux monde. Macron fait là une grave erreur. Hier, le JDD assurait d’ailleurs que le chef de l’Etat avait renoncé à se prononcer sur la laïcité, à l’occasion du jour anniversaire de la loi de 1905, le 9 décembre. Cette prudence laisse deviner les faiblesses du président face à un islam subversif qu’il n’ose rappeler à l’ordre.

Donald Trump, la bête noire des médias, n’a pas ses réserves. En inaugurant le sapin de Noël de la Maison Blanche, il a tenu à rompre avec le politiquement correct en vogue chez son prédécesseur. Au lieu du passe-partout “Joyeuses fêtes”, également en vogue en France depuis des années, Trump a souhaité sur Twitter un “Très Joyeux Noël !”. Macron défendra-t-il les crèches publiques, et la réhabilitation du Joyeux Noël ? Son silence parle pour lui…

Ivan Rioufol

Texte daté du 4 décembre et repris du blog d’Ivan Rioufol

Les crèches de Noël dans les mairies sont sous le feu des juges

08/12/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)

Le 9 novembre dernier, le Conseil d’Etat prenait une décision sur l’installation de crèches de Noël dans les bâtiments publics : dans l’enceinte des mairies, le Conseil d’Etat estime que les crèches sont prohibées par la loi de 1905 et le principe de laïcité, sauf « Si des circonstances particulières montrent que [leur] installation présente un caractère culturel, artistique ou festif ».

Mercredi 30 novembre dernier, le tribunal administratif de Lille a fait une exacte application de cette jurisprudence

Il était saisi par un élu communiste de la ville d’Hénin Beaumont, qui reprochait au maire Steeve Briois d’avoir installé une crèche de Noël dans l’hôtel de ville, l’an dernier. Sans surprise, le tribunal administratif a estimé qu’aucune circonstance particulière ne venait justifier l’installation d’une crèche de Noël dans le hall de l’hôtel de ville.

Steeve Briois a annoncé qu’il faisait appel de ce jugement…

Ce sera probablement en vain. Reste à savoir si, à l’avenir, le maire d’Hénin Beaumont renoncera à sa crèche de Noël. Cette année, la question ne se pose pas : le maire a préféré installer la crèche sur une place publique car le plan Vigipirate restreint l’accès à l’hôtel de ville.

Cela tombe bien car le Conseil d’Etat a décidé que, sur la voie publique, une crèche de Noël est en principe autorisée

Mais Bruno Bilde, adjoint au maire d’Hénin Beaumont, entend entrer en dissidence l’an prochain, lorsque le plan Vigipirate aura pris fin. Je le cite : « Sans Vigipirate nous referons la même configuration qu’en 2015, même si ça ne plaît pas à certains gauchistes ».

D’autres maires attachés aux traditions auront sans doute à faire face aux mêmes tracas judiciaires

Le jugement du tribunal administratif de Lille en annonce sans doute d’autres, pour Béziers, Beaucaire, Hayange et autres villes attachées aux traditions. Si ces maires patriotes ne cèdent pas et maintiennent leur crèche de Noël, ils accompliront là un acte de dissidence.

Le conseil d’Etat autorise les crèches de Noël dans les bâtiments publics

21/10/2016 – FRANCE (NOVOpress)
Le conseil d’Etat a finalement tranché : les crèches de Noël sont autorisées dans les bâtiments publics mais sous certaines conditions.

Une mairie pourra donc installer une crèche qu’à trois conditions: que cette exposition soit “temporaire”, qu’elle ne s’accompagne d’aucune manifestation de “prosélytisme religieux” et enfin qu’elle revête le “caractère d’une manifestation culturelle ou au moins festive”.

Robert Ménard, qui avait du engager un bras de fer avec le Préfet, à salué cette décision :

Béziers toujours à l’avant garde !