Cynisme covidesque, par Maxime Tandonnet

COVID-19

L’épidémie de covid régresse partout dans le monde, le nombre des contaminations baisse fortement et celui des morts enregistrés s’effondre. Cette évolution globale paraît naturelle et non liée à des mesures spécifiques puisqu’elle touche tout le monde y compris, sinon plus, les Etats qui ont fait le choix de respecter les libertés publiques (Suède, US etc.) Les innombrables prophètes de malheur experts, épidémiologistes, infectiologues, urgentistes et autres ministres et politiciens de toutes sortes qui jubilaient avant-hier en nous annonçant à grands cris un déchaînement de l’apocalypse au début de l’année en sont pour leur frais. En France nous avons vécu le grand-Guignol du débat confinement/non confinement et sa mise en scène médiatisée. En janvier, la plupart des responsables politiques nationaux, de l’extrême gauche à l’extrême droite, se sont ridiculisés en réclamant plus de contraintes.

Aujourd’hui, ces démagogues retournent bruyamment leur veste. Mais pourtant, le régime liberticide poursuit ses ravages. Confinement? Non confinement? Question de communication et de sémantique. De fait, un couvre-feu impitoyable se prolonge indéfiniment, obligeant les magasins à fermer et interdisant uniformément la circulation à partir de 18h00, annihilant toute liberté d’aller et venir dans la soirée. Ce couvre-feu n’est rien d’autre qu’une mesure totalitaire, digne des systèmes les plus épouvantables de l’histoire, une mesure désormais banalisée, validée et acceptée. L’habitude et l’accoutumance ne sont-elles les pires complices du despotisme? L’obligation de porter le masque en extérieur (y compris dans les rues vides) est une pure aberration, une insulte au bon sens commun.

La prohibition systématique et indéfiniment prolongée (sans exceptions ni aménagements) de la vie culturelle, des restaurants et des bars, le bannissement des remontées mécaniques en montagne reviennent à ruiner cyniquement l’existence de millions de personnes parfois jusqu’au suicide. Pourquoi? Toutes ces mesures sont non seulement excessives ou inutiles, mais dangereuses au regard du risque de contagion. Il faut voir le troupeau paniqué à 17h50 se pressant devant les magasins ou dans la rue pour regagner la maison. L’objectif de cette destruction de la société de liberté? Il est bêtement et lamentablement électoraliste ou sondagier: jouer sur la peur collective et répandre l’illusion de l’action et de la fermeté.

Il y a comme une extrême jubilation du pouvoir politique à mener à la baguette le grand troupeau de la majorité silencieuse apeurée. Faute de maîtriser la violence sauvage, les trafics criminels dans les cités, les bandes de voyous, les barbares et les fanatiques, une belle démonstration d’autorité sur ceux qui ont l’habitude de se soumettre est toujours bonne à prendre. L’asservissement covidesque? Ils y ont pris un goût malsain, comme un goût de domination et de puissance qui se lit sur leur visage. Ils feront tout pour le garder aussi longtemps que possible.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

La jeunesse n’a pas à payer pour le Covid

covid-19

Les médecins doivent cesser de faire de la politique ; les politiques doivent s’extraire de la “biopolitique”, qui fait de la Santé et de l’amélioration génétique l’essentiel de leurs préoccupations. La nouvelle pensée unique ne jure que par le confinement et le couvre feu contre le Covid. Cet automatisme est en train de créer des tragédies supplémentaires. La jeunesse oubliée en est la cible. Hier soir, à Lyon, une étudiante suicidaire a été sauvée in extrémis par ses camarades. Samedi, un étudiant en droit de l’université Jean Moulin Lyon 3 s’est défenestré. Il est grièvement blessé.

Ce mercredi, sur RTL, le président de cette université, Eric Carpano, a déclaré : “L’heure est grave (…) La jeunesse ne doit pas être l’angle mort de nos politiques publiques“. En l’occurrence, c’est elle qui est sommée de se sacrifier pour sauver ses aînés. Or, ceux qui vantent la solidarité entre les générations le font à sens unique, sans un regard pour les plus jeunes. Dans Le Monde de mardi, sept médecins de l’association PandemiA ont défendu la perspective d’un troisième “confinement strict et précoce“, tout en admettant que le procédé était “de plus en plus mal vécu par la population“. Il serait temps que la politique reprenne le pouvoir, en cessant de considérer, comme dans le Knock de Jules Romains, que “tout homme bien portant est un malade qui s’ignore”.

La logique du tout sanitaire obscurcit la raison et ramollit l’esprit. “Il faut protéger les vivants“, avait lancé Edouard Philippe en mai 2020, dans un dessein un brin mégalo. Protéger les vivants pour en faire des ombres craintives, à quoi bon ? Emmanuel Macron avait déclaré à son tour : “Il n’y a rien au-dessus de la vie“. Mais pourquoi évacuer si vite la dimension spirituelle de l’existence ? Vivre pour vivre n’a aucun de sens, sinon pour un être animalisé, vidé d’idéal.

Quand le ministre de la Santé, Olivier Véran, renchérit à son tour : “La priorité est pour la santé“, il confirme l’absence d’imagination d’une politique incapable de s’affirmer autrement qu’en entretenant artificiellement la peur de la maladie. L’urgence est donc d’en finir avec cette obsession hygiéniste qui, au prétexte de “sauver des vies“, va en mettre bien d’autres en péril. On sait que ce virus n’est guère mortel : il ne tue que 0,1% de la population. De surcroit, les morts du Covid sont en majorité des personnes très âgées ou très vulnérables. La logique voudrait donc que ce soit vers elles, et seulement elles, qu’aillent les attentions, les précautions, les soins, les vaccins. La jeunesse, privée de tout, n’a pas à être punie : elle n’est coupable de rien. Faudrait-t-il qu’elle se révolte pour se faire entendre ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 13 janvier 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Faudra-t-il choisir : mourir du Covid ou mourir de faim ?

« Combien de gens faut-il affamer pour désengorger les hôpitaux ? »

Bonne question, la seule qui vaille aujourd’hui, titre d’une tribune publiée dans Le Point, le 2 novembre dernier, jour des Morts…

C’est le Secours populaire qui décrivait, au début de ce mois, « une précarité jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale », expliquant que, pendant les deux mois du confinement de mars, environ 1,3 million de personnes avaient sollicité son assistance – dont 45 % jusque-là inconnues de l’association – contre « un peu plus de 3 millions sur l’ensemble de l’année 2019 ».

C’est, aujourd’hui, le Secours catholique qui publie son rapport annuel et partage cette même analyse : ce n’est pas le Covid-19 qui fabrique des pauvres à la pelle, ce sont les mesures sanitaires prises pour ralentir l’épidémie. Sa présidente Véronique Fayet en est persuadée : « La France franchira la barre des dix millions de pauvres en 2020. »

Plus affinées que les données de l’INSEE « dont la statistique publique peine à rendre compte », écrit pudiquement Le Parisien en détaillant le rapport, le Secours catholique déclare avoir aidé, l’an passé, 1,4 million de personnes, parmi lesquelles les personnes étrangères représentaient « près d’un adulte sur deux (49 %) ». À la différence du Secours populaire – historiquement « à gauche » puisque étant une émanation du Parti communiste d’autrefois –, le Secours catholique évoque indirectement la question de l’immigration. Ainsi, « 57 % des adultes rencontrés, soit 12 points de plus qu’en 2015 (alors que 92 % sont en âge de travailler) » sont inactives. Parmi celles-ci, « les personnes n’ayant pas le droit de travailler représentent 23 % des adultes rencontrés ».

On le devine sans peine, « le chômage de longue durée continue à être très prégnant ». Reste qu’on aimerait savoir, là aussi, quelle est la proportion d’étrangers parmi les chômeurs de longue durée. On ne fait que le supputer, sachant que, s’agissant des personnes « accompagnées » par le Secours catholique, « la part de celles et ceux qui sont au chômage depuis plus d’un an a fortement augmenté depuis le début de la décennie. En 2019, cette situation concerne 46 % des chômeurs indemnisés et 63 % des chômeurs non indemnisés. »

Quand on considère les ressources des familles aidées, les chiffres sont plus effrayants encore : ainsi, « le niveau de vie médian de l’ensemble des ménages rencontrés au Secours catholique » atteint « 537 euros, un chiffre très en dessous du seuil d’extrême pauvreté (40 % du revenu médian), estimé à 716 euros en 2019 ». Parmi eux, « 23 % des ménages ne percevaient même aucune ressource, c’est 8 points de plus qu’en 2010 », dit le rapport.

On peut reprendre, aujourd’hui, la conclusion de la tribune citée plus haut : « La stratégie gouvernementale rend invisibles les vies abrégées par la récession de l’économie. Tous les scénarios tueront. » Et cela bien plus sûrement que le Covid-19.

Hélas, je crains que la solution prônée par le Secours catholique ne nous sorte pas de l’impasse, à savoir « la mise en place d’un plancher social qui protège tout le monde des accidents de la vie, que l’on soit jeune dès 18 ans ou une personne âgée à la retraite ». Concrètement, « la création d’un revenu minimum garanti pour tous, y compris les moins de 25 ans qui n’ont pas droit aujourd’hui au RSA, équivalant à 50 % du revenu médian en France, soit 890 euros par mois et par personne ».

Notre redistribution sociale, comme disent les économistes, est la plus élevée au monde. Il n’y a pas un pays où l’on « assiste » comme on le fait en France. Et pour quel résultat ? Dix millions de pauvres !

Il serait peut-être temps de s’interroger sur l’efficacité de la méthode.

Marie Delarue

Texte repris du site Boulevard Voltaire