France confinée : gare à l’effet cocotte-minute !, par Ivan Rioufol

Le confinement de la colère française ne la fera pas disparaître. Il est certes facile de critiquer le gouvernement et d’aligner les “yaka” et les “faukon” dans ses charentaises. Je reconnais la difficulté pour un pouvoir d’avoir à gérer une épidémie jusqu’alors inconnue. Le peuple lui-même a aussi, forcément, sa part dans ce monde atteint par la médiocrité et la confusion intellectuelle. Il n’empêche : la macronie n’a pas son pareil pour accumuler les mensonges, les jactances et les fièvres despotiques. Quand le préfet de police de Paris, Didier Lallement, dérape vendredi en assurant (avant de s’en excuser) que les patients atteints du Covid-19 et en réanimation auraient dû respecter le confinement, sa posture martiale et casquettée relève d’une fanfaronnade de petit pion.

Quand, le même jour, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, touitte que le gouvernement réunit les plateformes numériques “pour lutter contre les fausses informations et les contenus haineux” et dit vouloir promouvoir “la bonne information“, elle confirme l’incapacité du pouvoir à mesurer ses propres fautes. Car c’est bien le gouvernement, et Sibeth Ndiaye en tête, qui ont abusé les gens en assurant, avant de se dédire, que les frontières nationales ne servaient à rien pour réduire l’épidémie, pas plus que les masques de protection ou les tests de dépistage. Comment prétendre porter une “information fiable” (Adrien Taquet, ministre LREM) après avoir trompé l’opinion à ce point ? Entendre Emmanuel Macron, le 31 mars, traiter d’ “irresponsables” ceux qui le critiquent laisse voir ce qu’est cette “macrocrature“, souvent dénoncée ici, qui déshonore la démocratie. Comment ne pas être gagné par l’indignation ?

La grande mascarade s’accroche aux basques de Macron. Plus que jamais, la remarque du moraliste colombien Nicolas Gomez Davila résume l’effondrement contemporain : “Toute époque finit en mascarade” (1). L’ironie du fiasco de la théâtrocratie macronienne tient à ses palinodies à propos de l’utilité… des masques. Si le sujet n’était tragique depuis que la ville italienne de Bergame a été la première touchée, il faudrait relire Verlaine (Les Fêtes galantes) : “Votre âme est un paysage choisi que vont charmant masques et bergamasques (…)“. Après avoir écouté le professeur Jérôme Salomon assurer à plusieurs reprises, dans ses glaçants points de presse quasi-quotidiens, que les masques ne servaient à rien pour les usagers de la rue, le voici qui déclare désormais : “Peut-être qu’un jour nous proposerons à tout le monde de porter une protection“.

Quand il sera trop tard ? Après avoir assuré que les tests n’étaient pas utiles pour tout le monde, le ministère de la Santé vient de permettre, pour ce lundi, à des laboratoires non hospitaliers (y compris vétérinaires) de les pratiquer enfin. Mais pourquoi cette perte de temps! Dans Le Figaro de ce lundi, trois grands noms de la médecine recommandent d’appliquer contre le Covid-19 la méthode du professeur marseillais Didier Raoult, qui se heurte encore à des obstacles administratifs et à des querelles de chapelle perpétuées par l’indécision des pouvoirs publics. Et tandis que la France sanitaire s’écroule, la terreur islamiste poursuit parallèlement son œuvre. Cette fois, c’est à Roman-sur-Isère qu’un réfugié soudanais hurlant : Allah Akbar ! a égorgé au couteau, samedi, Thierry et Julien. Gare à l’effet cocotte-minute de la France confinée !

(1) Réflexion qui a inspiré le titre de mon livre : Macron, la grande mascarade (L’Artilleur, 2017), réédité depuis sous le titre : Macron, de la grande mascarade… aux gilets jaunes (L’Artilleur, 2019)

Ivan Rioufol

Texte daté du 6 avril 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

La censure privée sur les réseaux sociaux franchit un nouveau cap !

07/04/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, enjoint l’Union à « rétablir la vérité » quant aux informations circulant sur la pandémie.

Elle préconise une coopération étroite avec les géants du net, appelés à censurer, par suppression ou déréférencement des contenus jugés préjudiciables. C’est ainsi qu’une publication du docteur Raoult a été qualifiée de « partiellement fausse » par Facebook, en se fondant sur une recommandation des Décodeurs du journal Le Monde.

Par ailleurs, une communication du maire de New-York, Rudolf Giuliani ainsi que celle de Jair Bolsonaro en faveur de la chloroquine ont été supprimées. L’on ne peut que s’interroger sur la légitimité des opérateurs du net à décider quelles sont les vraies et les fausses informations : celles des gouvernements parfois mêlés à des conflits d’intérêts ou celles émanant de la sphère privée.

Masques : l’information n’est pas confinée !, par Philippe Bilger

Sans doute l’angoisse que propage le coronavirus, les nombreux morts, le tour de force quotidien des personnels soignants, les services de réanimation qui poussent leurs limites, les interventions nombreuses du pouvoir – président de la République et Premier ministre -, la controverse sur les masques et l’interrogation sur l’utilité du confinement, créent-ils une atmosphère particulière qui depuis plusieurs semaines, en tout cas encore plus intensément depuis le 16 mars, conduit les médias à focaliser naturellement sur un seul sujet, à être plus suivis qu’à l’ordinaire et à passionner par des explications et des investigations dont le caractère technique aurait pu être rébarbatif.

Je songe surtout à la discussion qui ne cesse pas sur le manque de masques (avec le stock pléthorique abandonné en 2011 et en 2013), sur les responsabilités des uns et des autres, notamment pour la période du mois de janvier au mois de mars de cette année qui pour un esprit s’espérant honnête montrait les efforts du gouvernement et des services administratifs et médicaux compétents pour combler la pénurie. On n’avait plus de masques, on poussait les feux pour en fabriquer le plus possible.

Chaque jour l’information apportait une nouvelle pierre à cette incroyable polémique au point que mon billet du 2 avril au matin, duquel je n’avais pourtant rien à retirer, était peut-être trop optimiste à cause de ce que je pouvais lire dans l’après-midi de cette même journée.

Puisque Mediapart publiait une très longue enquête fondée à la fois sur une documentation officielle et des sources confidentielles, fouillée, impressionnante et accablante pour le pouvoir si on se réfère à son titre : “Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat”.

Durant ces semaines, l’information n’est non seulement pas confinée mais incroyablement rapide, vivace, déroutante, profonde. On sent que, plus nous sommes enfermés, parce qu’il le faut, entre nos quatre murs, plus elle se libère, explique, se contredit, est contrainte au pluralisme, est obligée d’écouter, s’abandonne à une modestie rare et se demande ce qui se passera quand le déconfinement assuré dans des conditions satisfaisantes, le pouvoir et l’opposition se retrouveront face à face et que le temps des comptes commencera.

Mediapart a accompli un travail remarquable même si on peut le juger impitoyablement à charge mais les pièces sont présentées et offertes. L’enquête nous fait entrer dans les coulisses étranges, erratiques, désordonnées et toutes d’amateurisme d’une action de trois mois qui nous semblait énergique, cohérente et efficace. Il y avait eu la faillite d’hier mais aujourd’hui on ne pouvait pas se permettre de douter d’une équipe politique et technique forcément performante.

Mais l’information a circulé, on ne pouvait pas la confiner.

Et je me pose une double question.

La première : même si les avis divergent sur le besoin de masques chirurgicaux à l’air libre, peut-on cependant considérer que les officiels chargés de la pédagogie sanitaire ont soutenu qu’ils ne servaient à rien, non par conviction ni savoir mais seulement parce que la France n’en disposait pas et qu’il convenait donc de nous démontrer que cette pénurie, dont le gouvernement actuel n’était pourtant pas coupable, n’était pas préjudiciable ?

La seconde : les masques, un mensonge d’Etat ? Ou plutôt le paroxysme d’une incurie française souvent observée mais gravissime dans une lutte contre un fléau inédit avec ses conséquences mortifères.

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Covid-19 – La mise sous cloche de la population ne fait pas l’unanimité

06/04/2020 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
La restriction de la liberté d’aller et venir semble de moins en moins bien supportée par nos compatriotes, d’autant que les interdictions se multiplient et se durcissent : celle de partir en vacances par exemple ou celle de pouvoir accéder à une location. Ainsi de nombreuses communes bretonnes ont interdit la location saisonnière à titre onéreux ou gratuit. Par ailleurs, les verbalisations atteignent un niveau record et mobilisent les forces de l’ordre au détriment des autres missions. La déferlante répressive rappelle à certains des mesures prises à l’encontre des Gilets Jaunes.

Et comment cela se traduit-il ?

Les représailles contre la police s’intensifient : une voiture de gendarmes a été brûlée à Beaugé dans le Maine-et-Loire, des tirs de mortier ont été lancés à Compiègne dans le quartier du Clos-des-Roses et à Pessac, un policier a été blessé suite à un contrôle qui a mal tourné. Les couvre-feux s’imposent un peu partout par crainte d’un embrasement des zones dites « de reconquête républicaine ». A Marseille, des consignes ont été données aux forces de l’ordre pour ménager certains quartiers connus pour abriter les trafics de stupéfiants.

Le confinement semble donc trouver ses limites ?

On fait souvent la comparaison avec Hong-Kong où la densité de population est la plus élevée au monde : 7000 habitants/km² et qui n’a pas opté pour le confinement. L’activité économique est restée intacte mais obligation est faite aux habitants de ne sortir qu’avec un masque. Au total : 600 cas détectés et très peu de décès. En France, l’Académie de médecine milite pour l’obligation du port du masque mais, faute de stocks suffisants, cet appel est resté vain. Il est pourtant appuyé par l’ancien directeur général de la santé, William Dab, qui a déclaré pour le Journal du Dimanche : « si toute la France s’était couverte le visage, on ne vivrait pas un tel drame ! »

Y a-t-il du nouveau dans les techniques de traitement ?

La polémique sur la chloroquine, dont la France est la championne, se poursuit. A l’initiative de Philippe Douste-Blazy, un manifeste supplie le Premier ministre de permettre aux médecins de ville de prescrire librement ce médicament, recommandé par le professeur Raoult, en association avec un antibiotique.

Crise sanitaire – La sidération, antichambre du flicage

Restez chez vous, demeurez confinés, écoutez religieusement Jérôme Salomon – qui, conseiller de Macron au moment de la campagne présidentielle, avait mis en garde ce dernier contre l’impréparation de notre pays en cas de crise sanitaire – asséner méthodiquement les chiffres de la progression du Covid-19 dans notre pays, et vous êtes chaque jour un peu plus gagnés par la peur, terrorisés et paniqués par cette accumulation d’images macabres et de propos alarmistes, alors que, voici deux mois à peine, ledit virus ne devait pas passer par nous, foi de Buzyn et consorts. Question bobardement, il faut dire, comme le rappelle Marine Le Pen, qu’ils sont champions toutes catégories.

La manipulation des esprits

L’émotion prend donc le pas sur la raison chez nos compatriotes terrés chez eux à l’idée qu’ils pourraient être frappés à leur tour. C’est le moment pour le pouvoir médiatique et politique de distiller alors savamment son venin et de nous mettre dans un état de sidération psychique en alignant des chiffres. Un décompte qui crée une ambiance anxiogène comme celle qui s’installa à Auschwitz-Birkenau au moment de l’épidémie de typhus. Pas de quoi réjouir le péquin moyen qui tire sur sa clope et sirote une bière en regardant la télé. Mais chaque année, la Grande Faucheuse rafle plus de dix mille personnes, mortes du virus grippal, sans la mise en place du moindre isolement et de la restriction des libertés fondamentales à laquelle nous sommes soumis depuis maintenant plus de quinze jours.

Des chiffres morbides

Cette avalanche de chiffres alarmistes trouve son origine dans les modèles prédictifs de contagions en cas d’épidémie mis au point par un épidémiologiste britannique, Neil Ferguson de l’Imperial College de Londres. Ce dernier qui a l’oreille des chefs d’Etat du monde entier, leur a vendu ses analyses qui prévoyaient la bagatelle de 500 000 morts en France et de plus de 2 millions aux Etats-Unis, faute d’un confinement de dix-huit mois. Il a tout simplement confondu le nombre de gens contaminés avec ceux qui sont testés positifs, et établi ses prévisions mathématiques sur la base des premiers chiffres venus de Chine. Parvenue sur le bureau de Macron pendant la première quinzaine de mars, son étude a été déterminante dans la décision présidentielle de mettre tout le monde sous cloche, à part bien sûr les récalcitrants des banlieues de l’islam. Et de satisfaire ainsi à « cette mondialisation qui nous rend littéralement malades et est devenue invisible et délétère pour nos santés physique, psychique et démocratique », comme le dit la philosophe Cynthia Fleury.

Corbeaux pas morts

Tout le monde se souvient du film de Clouzot Le Corbeau, tourné en 1943 et qui valut à son auteur de vivre de sales moments lorsque les communistes pratiquèrent la chasse à l’homme. Près de quatre-vingts ans plus tard, les choses n’ont guère changé quand on apprend le nombre de coups de fil reçus par les gendarmes et émanant de Français dénonçant des voisins qui mettraient trop le nez dehors et ne respecteraient donc pas les règles du cantonnement. On a même vu un Parisien, ayant choisi l’exode breton, moucharder son voisin paysan qui avait épandu du fumier dans son champ et qui a été tout surpris de recevoir une visite de la maréchaussée. Tétanisés par la peur de la contamination, de courageux anonymes enjoignent à leurs voisins, soignants ou pompiers, de décaniller vite afin de ne pas mettre la vie d’autrui en danger. Mais cela ne les empêche pas, le soir, de jouer les bisounours en applaudissant ces mêmes soignants et en tapant sur des casseroles. Attention toutefois : ces bons citoyens ne se rendent pas coupables de délation, comme naguère les correspondants de la Kommandantur, mais de dénonciation. Nuance !

Violences tous azimuts

On ne sera pas surpris d’apprendre que les violences conjugales ont augmenté de plus de 36 % en même pas deux semaines, ce qui a conduit l’ineffable Castaner à donner aux pharmaciens débordés une activité supplémentaire puisque les victimes de conjoints péteurs de plombs peuvent se confier à l’apothicaire qui contacte les flics. Les enfants ne sont pas épargnés non plus, comme ce gamin de six ans mort dans le « 9-3 » après avoir été tabassé par son père. A Toulouse, deux chiens devenus très agressifs ont été froidement abattus par leur maître alors qu’il n’arrivait pas à les séparer, isolés à trois sur un minuscule balcon. A Nîmes, dans une banlieue sous contrôle de l’islam, une mère de famille frappe des policiers venus interpeller son fils qui violait allégrement les mesures en vigueur depuis le 17 mars dernier.

De nouvelles façons de vivre

Nos compatriotes étant limités dans leurs déplacements, les commandes passées sur Internet via le système du « drive » font fureur. Vous récupérez votre commande dans un espace sécurisé après avoir payé en monnaie virtuelle. Dans les grandes surfaces, vérifiez la date de péremption de vos produits sinon vous risquez vous voir refiler un pack de bouteilles de lait périmées depuis plus d’une semaine, comme cela est récemment arrivé à des amis du Vexin français. Les caissières s’abritent derrière une protection en plexiglas, ce qui leur permet de se protéger mais aussi d’éviter les coups assénés par des clients mal embouchés. On va assister sous peu au retour de l’hygiaphone et de la demoiselle des Postes qui, calfeutrée derrière sa vitre, vous tendait les timbres après avoir ouvert son guichet.

Le flicage global est au rendez-vous depuis que, grâce aux données mobiles fournies par Orange, on a pu déterminer que 17 % des Parisiens avaient pris la poudre d’escampette (parfois pour aller voter dans leur région d’origine, comme les y incitait le gouvernement !) à la mi-mars. Le patron d’Orange Stéphane Richard a justifié leur exploitation qui doit servir au traçage des malades, sur le modèle de l’Allemagne et de la Corée du Sud. Flicage également dans la ville de Sanary où il est interdit de sortir à plus de dix mètres de chez soi et d’acheter une seule baguette de pain. Le tout sous peine d’amende.

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Eric Zemmour : «Les médias poussent l’État à durcir le confinement, à supprimer les libertés»

02/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Eric Zemmour est particulièrement frappé de voir avec quelle facilité les Français se sont soumis aux mesures de confinement, et surtout le rôle que jouent les médias, qualifiés pour l’occasion de “pousse -au-crime” contre les libertés.

Un entretien proposé par Figaro Live.


Quand la peur a pris le pouvoir, par Jean-Gilles Malliarakis

Les dirigeants politiques parisiens semblent avoir pris le parti de s’aligner, dans la crise actuelle, sur ce qu’ils présentent pour l’expertise médicale. On doit d’abord comprendre la peur panique qui commande cette attitude.

Tous craignent de se trouver débarqués comme le fut le malheureux professeur Mattéi, victime expiatoire au lendemain de la canicule d’août 2003, séquence pendant laquelle “Mattei était en vacances, son directeur de cabinet était en vacances, le directeur général de la Santé était en vacances“. Dans une telle circonstance “c’est le directeur adjoint de la Santé qui avait donné [la] réponse dont on sait qu’elle coûta son siège de ministre à Jean-François Mattei.” À savoir que “la Direction générale de la Santé l’avait rassuré, en lui disant que tout ça, c’étaient des bêtises”[1]

Jupiter a-t-il donc décidé de faire basculer le lieu du pouvoir des élus vers les experts ?

Un tel raccourci scandalise les intéressés eux-mêmes.

L’idéologie en effet ne perd pas ses droits.

Le successeur, au ministère de la Santé, de l’inodore et inconsistante Buzyn, marionnette de Big Pharma, représente en effet une couleur plus précise.

Celle-ci caractérise la Macronie et son prétendu nouveau monde. Olivier Véran, à la fois neurologue et homme politique, fut, en 2015, élu aux régionales sur la liste socialiste de l’Isère. On le retrouve en 2017, comme beaucoup de chevaux provenant de la même écurie, député macronien de Grenoble. En 2019, c’est sa compagne Coralie Dubost qui fit office de rapporteur de la loi dite bioéthique, tendant à permettre la fameuse PMA pour toutes.

Or, c’est en catastrophe, le 7 mars, que ce personnage au verbe un peu plus péremptoire que celui de pas mal de ses collègues a dressé la liste des 10 membres du comité d’experts qu’on appelle désormais conseil scientifique.

Il semble bien s’être exclusivement concerté avec Jean-François Delfraissy. Cet immunologue avait été bombardé en 2016, sous Hollande et Marisol Touraine, président du comité national d’éthique. Le nouveau ministre allait le nommer officiellement à la tête de la nouvelle instance le 11 mars. À noter que toutes les autres institutions qui régissaient jusqu’ici la santé, la médecine, les hôpitaux publics, la pharmacie, l’assurance maladie, etc. ont été priées de s’éclipser.

C’est cependant à la demande du chef nominal de l’État, que le spécialiste mondialement reconnu qu’est le professeur Raoult fut appelé en tant que 11e membre. Pièce rapportée, surnuméraire au sein de cet aréopage, ce cousin de province ne pouvait qu’incommoder la consanguinité parisienne. Au bout de deux heures, il fut amené à claquer la porte, recraché hors de l’entre-soi, tel un caillou dans l’omelette.

Peut-être ont-ils raison, ces experts : totalement incompétent dans leur domaine, votre chroniqueur se gardera bien de prendre position sous cet angle de questionnement.

Fallait-il cependant leur déléguer les pleins pouvoirs quant aux prises de décision ?

Jean-François Delfraissy lui-même s’est chargé de la réponse :”nous ne sommes,dit-il, que des experts, et nous n’avons pas de responsabilités politiques“.[2]

Son point de vue n’est donc équilibré par la concomitance d’aucune instance de nature à éclairer les autres aspects de la situation, en dehors de l’immunologie.

Or, on doit observer que Jupiter, de son propre aveu, s’est cru obligé de calquer ses propres oukases, point par point, sur les avis médicaux et assimilés.

Sous l’emprise de la peur il n’a pas su, pas voulu paraître tenir compte des autres paramètres, ceux qu’un véritable politique doit pourtant savoir faire entrer en ligne de compte.

La mission prétendument de simple conseil de ce comité explique pourtant l’absence, en son sein, du moindre économiste, du plus insignifiant des juristes… Pas d’urgentiste, pas de pneumologue non plus… Certes il peut se targuer de la présence d’un spécialiste de la modélisation. Certes, depuis le XVIIe siècle, depuis Leibniz, on pose la mathématique comme langage propre à décrire les réalités physiques. Et, depuis le XIXe siècle, on a trop pris l’habitude de transposer cette hypothèse aux sciences sociales. La modélisation mathématique ne fait que traduire en équations les hypothèses qu’on lui a transmises, erreurs comprises. Sa présentation peut éclaircir les questions : elle ne résout aucun choix de fond.

Cette erreur dans la distribution des rôles caractérise, depuis des décennies ce que nous appelions, il y a un demi-siècle la technocratie. Ce terme péjoratif a perdu de sa vogue. Mais le phénomène qu’il désigne s’est considérablement aggravé, par la faute des politiques et la sottise des médias.

Que les courtisans se rassurent en effet : rien ne sera perdu pour les progrès de l’étatisme. L’État promet jour après jour de régler les problèmes d’intendance, il n’y parvient pas. Il appelle à faire la guerre, sans savoir faire livrer les armes et les munitions à ceux qui combattent. Incapable de répondre concrètement à la crise, encore moins de la prévoir, le pouvoir tentaculaire de la haute administration saura pourtant s’arroger le droit d’agrandir encore.

La peur incite nos dirigeants à se défausser de leurs responsabilités, mais non de leurs prébendes.

[1] cf. Le livre du Professeur Didier Raoult “Épidémies vrais dangers et fausses alertes”, page 18, qui vient de paraître ed. Michel Lafon.
[2]cf. Le Pointn° 2483 daté du 26 mars.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Didier Raoult, l’électron libre qui dérange la Macronie et les sachants

Sommité mondiale de l’infectiologie, le professeur Didier Raoult crée la polémique avec son traitement contre le coronavirus à base de chloroquine, un médicament vieux de 70 ans. Génie injustement méprisé par ses pairs ou docteur Maboul inconséquent ? Portrait.

Son nom est désormais sur toutes les bouches. Dans un pays confiné, où un nanovirus sème la peur derrière les persiennes bordant les rues désertes, comme les microbes hantaient nos nuits d’enfant après un épisode de « Il était une fois la vie », le professeur Raoult fait figure de grand druide et son traitement contre le Covid-19, de potion magique. L’Institut hôpital universitaire (IHU) de Marseille qu’il dirige, a tout d’un village de résistants gaulois, qui s’arment de bon sens scientifique et de pragmatisme pour repousser l’ennemi viral.

« Moi, comme n’importe quel docteur, à partir du moment où l’on a montré qu’un traitement était efficace, je trouve immoral de ne pas l’administrer ! » s’indigne Didier Raoult dans les colonnes du Parisien, brandissant tour à tour son serment d’Hippocrate et les résultats probants de son traitement sur des malades du coronavirus. Qu’importe si la taille de l’échantillon – seulement 24 personnes – permet légitimement de s’interroger sur le caractère miraculeux du remède, son succès est tel qu’une queue de plusieurs centaines de mètres de patients masqués et gantés devant l’IHU de Marseille se pressent à la marmite de son dépistage gratuit avant de se voir inoculer, pour les plus fébriles, sa potion à base de d’hydroxychloroquine (antipaludéen) et d’azithromycine (antibiotique).

Une offre médicale, là encore à rebours de la doxa gouvernementale estimant inutile un dépistage massif de la population – changeant plutôt de braquet au gré des pénuries constatées – malgré les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le succès de cette pratique en Asie… Quant le système de santé français parvient péniblement à tester 8000 personnes par jour, Raoult et ses équipes s’enorgueillissent d’en réaliser plus de 1000.

Un CV en béton

Mais ce que pense Paris, ça lui en cogne une sans faire bouger l’autre. Sa réputation n’est plus à faire. L’infectiologue est une sommité mondiale de la virologie. Un des chercheurs les plus publiés dans les revues scientifiques prestigieuses. Son institut de recherche à Marseille, l’un des plus renommés dans les maladies infectieuses tropicales. Couronné du Grand prix de l’Inserm en 2010 pour l’ensemble de sa carrière, le professeur Raoult a même donné son nom à deux bactéries, les « Raoultella » et les « Rickettsia raoulti ».

Alors qu’Olivier Véran, le ministre de la Santé, annonce en début de semaine que son protocole va faire l’objet d’un essai clinique à l’échelle européenne, il s’ « en fiche » totalement, balaie-t-il dans le Parisien. Comme il qualifie « d’improvisation » le confinement, pratique des siècles passés où l’on n’avait pas d’autre méthode que la quarantaine pour venir à bout de la peste et du choléra… Cette désinvolture, marque de fabrique du « génie fonceur » que ses pairs lui reconnaissent, a le don d’irriter les chercheurs parisiens pour qui la prudence et la patience dans le domaine médical sont des vertus fondamentales.

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COVID-19 : l’Etat fait la manche !

Imaginez une nation qui demanderait à ses citoyens un don d’argent permettant de faire fonctionner les services publics. Imaginez un pays qui demanderait à ses habitants une contribution financière en échange du bon fonctionnement de ses missions régaliennes. Vous me direz très certainement que cela existe déjà et que cela s’appelle les impôts. Certes. Mais que diriez-vous si cette demande de dons venait se juxtaposer à nos impôts ? Que diriez-vous si en plus des 47 % de charges et d’impôts que l’Etat prélève, on vous demandait gracieusement un effort supplémentaire ?

Vous ne rêvez pas, il ne s’agit pas d’un poisson d’avril en retard, c’est réellement ce que Gérald Darmanin vient d’annoncer benoîtement. Un appel aux dons pour soutenir les entreprises.

En pleine crise sanitaire, alors que le confinement réveille le spectre de la faillite pour les entreprises françaises, le gouvernement en appelle à la générosité des entreprises et des particuliers. Ce n’est donc pas Gérald Darmanin qui s’installe à leur chevet mais nous. Outre un report de charges de presque quatre milliards d’euros correspondant à la demande de 507 000 entreprises, ce qui représente un manque à gagner pour l’Etat de très exactement 5,2 milliards d’euros. Le gouvernement aurait également reçu une demande de reports d’impôts de la part des entreprises, demande satisfaite dans 84 % des cas pour un montant de 2 milliards d’euros.

Ce report de charges fiscales et sociales vient donc s’ajouter au dispositif de chômage partiel mis en place afin d’aider les entreprises à surmonter cette crise.

Cette quête vient s’ajouter à celles plus pressantes lancées par les hôpitaux publics afin de faire face à l’épidémie de COVID-19. La sixième puissance mondiale est donc à genoux et ne tient son rang que grâce à l’épargne des Français. De vos livrets A, vos épargnes retraite et vos assurances vie dépend donc la bonne santé financière de la nation.

Peu importe l’abrogation de l’ISF ayant fait chuter les dons, peu importe les dividendes records versés par les entreprises cette année à leurs actionnaires, peu importe la gabegie des dépenses publiques, non seulement on vous retire les services publics, non seulement les missions régaliennes de l’Etat ne sont plus assumées, non seulement on vous demande de mettre la main à la poche en sauvant l’hôpital (que vous financiez déjà par vos impôts), mais en plus il faudrait donner pour sauver les entreprises.

Et si vous ne donnez pas, que se passera-t-il ? On viendra tout simplement ponctionner vos économies !

Oui, oui ils en ont le droit… Prenons une parabole : Un voleur rentre chez vous et vous dérobe tous vos biens. En vous volant il se blesse car la maison était mal rangée. Au tribunal, le juge vous condamne à lui laisser la moitié de vos biens et à le dédommager pour sa blessure. Vous sortez du tribunal et ce même voleur tend la main et vous demande une aumône que vous lui donnez. Une scène sympathique en perspective…

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 1er avril 2020

La France, malade de ne plus rien produire, par Ivan Rioufol

Les faits sont là, insultants. La France, 6e puissance mondiale, ne produit plus rien de ce qui pourrait la sortir de son confinement sanitaire : ni masques, ni tests, ni respirateurs, ni rien. Pas même du doliprane. La nation, qui s’enorgueillissait de son coûteux système de Santé, est semblable à un pays du tiers-monde dans ses pénuries d’outils essentiels. La voici en effet contrainte, terrassée par le Covid-19, d’appeler à l’aide des pays qui, légitimement, servent en priorité leurs propres intérêts. Le gouvernement s’achemine, faute de solutions alternatives rapides, vers l’imposition d’une quarantaine effective, comme aux pires moments des grandes épidémies de jadis. Le confinement de quinze jours a déjà prolongé de deux semaines, ce week-end, par le premier ministre. Cet immobilisme forcé s’annonce économiquement et socialement explosif. Ce lundi, les premiers masques ont été livrés par la Chine. Mais il en faudrait au moins un milliard pour que la population en bénéficie. Or la France ne peut en fabriquer que 6 à 8 millions par semaine.
Les seuls besoins hospitaliers en demandent 40 millions par semaine. Les tests de dépistage manquent pareillement, faute notamment d’industries françaises de biologie moléculaire. Quand l’Allemagne arrive à proposer dès à présent 500.000 tests par semaine, la France en aligne dix fois moins. Les respirateurs sont semblablement devenus des équipements rares, fabriqués ailleurs pour l’essentiel. Quant à l’usine proche de Lyon qui fabrique de la chloroquine, ce remède contre le virus, elle a été placée en redressement judiciaire. Le naufrage français est impressionnant.

Quand le ministre de la Santé, Olivier Véran, assure dans le JDD : “Il n’y a eu aucun retard (…) L’anticipation a été absolue dès le premier jour“, il abime une parole officielle qu’il avait réussi à crédibiliser en usant de sobriété. La défense d’Edouard Philippe n’est pas plus convaincante quand il déclare, samedi : “Je ne laisserai personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement“. Le premier ministre a assurément pris la bonne décision. Reste que c’est son gouvernement qui avait préalablement autorisé le premier tour des municipales. J’ai moi-même défendu ce choix à l’époque, au vu des éléments qui étaient rapportés.

A posteriori, l’erreur est patente. Toutefois la question est de savoir quel était alors le véritable degré d’information du pouvoir. A en croire depuis Agnès Buzyn, ancien ministre de la Santé, Emmanuel Macron avait été prévenu, le 11 janvier, de la catastrophe (Le Monde, 18 mars). Pourquoi l’Etat ne s’est-il affolé qu’au dernier moment ? Dans le Figaro Magazine, le patron des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, Philippe Juvin, pointe la responsabilité des conseillers, qu’il accuse de “trahison”. Le professeur Didier Raoult, promoteur de la chloroquine, est proche de cette longueur d’onde quand il accuse d’incompétence, dans Le Monde de ce week-end, le Conseil scientifique mis en place par le gouvernement. Les politiques sont-ils à la hauteur ? La question, en tout cas, s’impose.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 mars 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Jean-Paul Gourévitch : « La propagation de l’épidémie en Afrique sera problématique pour l’Europe »

Jean-Paul Gourévitch, auteur du livre Le Grand Remplacement, réalité ou intox, revient sur l’influence du Covid-19 sur les flux migratoires, et en particulier sur les conséquences de l’épidémie en Afrique.
Un entretien paru sur Boulevard Voltaire.

Les flux migratoires sont-ils augmentés ou diminués ?

On peut distinguer deux cas. À court terme, la plupart des pays asiatiques, africains et même européens ont fermé leurs frontières. L’Union européenne a fermé ses frontières extérieures et certains pays ont fermé leurs frontières intérieures. Les avions n’étant plus au sol et les bateaux bloqués au port, les flux migratoires sont par conséquent automatiquement en baisse.
À moyen terme, lorsque la pandémie sera peut-être jugulée, les migrations risquent de reprendre avec d’autant plus de force qu’elles ont longtemps été contrecarrées. Je ne parle pas simplement des migrations familiales, politiques, médicales et étudiantes, mais aussi des migrations économiques et sociales. Ce n’est pas la situation sanitaire qui crée le désir de migrer ou de ne pas migrer, mais la détresse économique et le rêve sociétal. On peut s’attendre à ce que de nouvelles vagues migratoires arrivent vers l’Union européenne. Comme à son habitude, elle n’a rien anticipé…

La fermeture des frontières a-t-elle une influence sur cette baisse des vagues migratoires ?

La réponse est oui, pour l’instant. Actuellement, l’Afrique paraît moins atteinte que les autres continents. Au 24 mars 2020, sur 414.000 infections recensées, le pays d’Afrique le plus touché était l’Afrique du Sud, avec 550 cas. Après, il y a l’Égypte, le Maghreb, le Burkina Faso, le Sénégal et la Côte d’Ivoire. C’est la même chose pour les décès. Ces chiffres sont transmis par le gouvernement. Dans des pays où l’état civil est défaillant, les chiffres ne sont pas fiables.
Je pense, notamment, à la Somalie. Le pouvoir essaie de masquer la vérité, par exemple au Mali. En République centrafricaine, la collecte des données est impossible. Comment peut-on croire que le Mali, ce pays en guerre, n’a pas de contaminés et de morts ?
La situation ne va pas s’améliorer. Les pays africains n’ont pas suffisamment de matériels équipés, de protection et de médecins formés pour les besoins. L’Organisation mondiale de la santé a déclaré qu’elle craignait que l’Afrique ne puisse pas affronter la pandémie.

L’explosion des cas en Afrique est-elle inquiétante, d’un point de vue gestionnaire de crise migratoire ?

Le mot explosion est peut-être un peu forcé. Néanmoins, la propagation de l’épidémie est arrivée plus tard en Afrique. Maintenant, elle est en train de rattraper son retard. Cela va poser un problème à l’Europe. S’il n’y a pas de dépistage et de contrôle à l’entrée des pays européens lorsque l’immigration irrégulière en provenance du continent africain va reprendre, les pays européens prennent le risque d’être confrontés à une nouvelle vague d’épidémie.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Covid-19 : la résistance de la France d’en bas, par Ivan Rioufol

Ils sont nombreux, les petits, les obscurs et les sans-grades, qui luttent à main nue contre le coronavirus. Ils font partie, avec le corps hospitalier et médical, de ces braves qui maintiennent la France debout. Ce sont ces oubliés et ces modestes qui gèrent les magasins d’alimentation, transportent les marchandises, nettoient les villes, assurent la sécurité, font respecter la loi. Si ceux-ci venaient à réclamer leur “droit de retrait”, pour protéger leur vie, l’Etat ne tiendrait plus qu’à un fil. Les Français applaudissent avec raison, chaque soir à 20 heures, les médecins et leurs équipes. Mais qui songe vraiment aux caissières, aux éboueurs, aux facteurs, aux policiers et à tous ces anonymes qui n’ont pas rejoint les “planqués”?

Je m’empresse de préciser que je suis moi-même de ces confinés qui résistent en pantoufle, même si je n’ai pas quitté Paris et si je poursuis ma collaboration à CNews en me rendant trois fois par semaine dans les studios de la chaîne. Reste que la France d’en haut, qui s’éventait hier devant ces ploucs de Gilets jaunes en moquant leur patriotisme suspect, est à son tour devenue invisible et silencieuse. L’exode de nombreux citadins vers la France périphérique est venu rehausser encore davantage le courage de cette classe moyenne qui continue à aller travailler chaque matin, le plus souvent sans aucune protection. Le président de la République, qui a déclaré le pays “en guerre” contre le Covid-19, aura à récompenser ces combattants de l’ombre.

Dans l’urgence, il s’agit de protéger une armée en haillons. Il lui faut, comme pour les hôpitaux, des masques, des gants, des tests. Des primes doivent être distribuées. Pourquoi ne pas affecter la somme des contraventions au confinement à ces soldats sans armes ? Les grandes entreprises doivent avoir la décence de renoncer à leurs dividendes. Si rien n’est fait pour eux, ceux qui réclament un confinement total au moins jusqu’à la fin avril auront raison : la vie n’a pas de prix. Mais quel sera alors le solde économique, social, humain ? La gestion de cette crise sanitaire (1100 morts à ce jour en France) doit prendre garde à ne pas aggraver le mal en jetant des familles dans la misère et en poussant des entreprises à la faillite.

L’absurde serait atteint si l’Etat devait être amené à débourser des milliards d’euros en plans de relance et en aides, pour n’avoir su investir à temps dans des protections élémentaires. Lundi, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a appelé ceux “qui n’ont pas d’activité” à rejoindre “dans les champs” les agriculteurs en manque de main d’oeuvre pour des ramassages saisonniers. 80.000 postes sont à pourvoir. Cet appel peut s’entendre, même s’il contredit le : “Restez chez vous” du gouvernement. Il faut au moins nourrir la France. Emmanuel Macron a raison de ne pas fermer la porte au pragmatisme et au cas par cas. Encore faudrait-il qu’il n’utilise pas les volontaires comme de la chaire à canon.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 mars 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Marine Le Pen sur les masques et tests -“On a menti aux Français en disant que ça ne sert à rien !”

26/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Marine Le Pen était l’invité de Patrick Roger et Cécile de Ménibus dans le Grand Matin Sud Radio du 25 mars 2020.

La présidente du Rassemblement national estime que “la politique du gouvernement de réserver les tests aux cas graves et hospitalisés ne semble pas la bonne pratique“. Selon Marine Le Pen, “la première des choses pour arrêter une épidémie est la connaissance des cas susceptibles de contaminer les autres pour qu’ils puissent eux-mêmes se confiner“.

Dès le départ, chacun savait que 15 jours de confinement seraient insuffisants“, regrette la députée du Pas-de-Calais. “C’est la stratégie de la torture chinoise : toutes les 48 heures on annonce une nouvelle chose“, s’indigne-t-elle. “Pourquoi ne pas avoir annoncé 45 jours directement ?“. Car pour Marine Le Pen, “si par chance on régule l’épidémie et qu’on peut faire sortir les Français avant la fin des 45 jours, tout le monde aurait été ravi“.

Pour la présidente du RN, “la parole du gouvernement a entamé la confiance que les Français leur portent, ils ont compris que quand on leur disait que les tests et les masques ne servaient à rien, en réalité c’est que nous en manquions“. Elle pointe du doigt “la cacophonie qui découle d’une erreur initiale : ne pas avoir mis en place dès janvier une cellule de crise et avoir minimiser la crise dès le départ“. Marine Le Pen rappelle que dans un premier temps, “le gouvernement a porté la parole qu’il s’agissait d’une grippe“. Alors, selon elle, “les Français n’ont pas compris ce changement de pied quand ils ont adopté les mesures de confinement. Beaucoup de Français sont aujourd’hui en colère et je peux les comprendre“.


Confinement – Ces Parisiens chez les ploucs…

Les bobos des villes se sont carapatés chez les ploucs des champs. Une satire signée Isabelle Marchandier.

Ils ont eu une journée top chrono pour fuir Paris et les grandes villes avant que l’épée de Damoclès du confinement ne les oblige à rester confinés chez eux. On les a vu prendre d’assaut les gares, les aéroports, les loueurs de voitures et faire la queue aux stations-services. Une sorte d’exode qui n’était pas sans rappeler celui de Juin 40.

La grande évasion

Les bobos des villes se sont carapatés chez les ploucs des champs. Ils ont trouvé refuge chez ceux dont ils méprisaient le mode de vie anti-écolo. Mais quelle ne fut pas leur galère pour quitter la capitale. Voyons concrètement ce qui s’est passé pour l’un d’entre eux. Prenons l’archétype de ce col blanc, écolo dans l’âme, filant à toute allure chaque matin sur sa trottinette électrique pour se rendre à la station F, le Q.G de la Tech made in France et des élites mondialisées. Mais voilà, ne connaissant pas les frontières, le virus made in China s’est exporté en Europe. Faisant fi des classes sociales et des tranches d’âges, il touche tout le monde. Devant l’ampleur de la crise sanitaire et l’impréparation des pouvoirs publics à la gérer, le citoyen de la start-up nation applique les injonctions du management agile : il s’adapte… et se barre.

Mais la grande évasion ne va pas sans sacrifice. Car pour assurer sa fuite et sa survie, il a dû renier ses convictions écologistes, pourtant bien mûres et récemment nourries par le prêchi-prêcha de sa nouvelle idole, Greta Thunberg. Imaginez la tempête Greta se déchaînant sous son crane lorsqu’il du se résoudre à louer une voiture, lui qui avait l’habitude de se déplacer en covoiturage.

Polluer ou être infecté, il faut choisir

Tant pis : face aux nouvelles normes de sécurité à adopter et à la distanciation sociale à respecter, Dame Nature passe en second. Il se dit qu’il boira de l’eau de pluie en guise de pénitence. Après tout, nous sommes en guerre. Mais au moment de louer la voiture, notre bobo tombe de nouveau des nues. La seule voiture encore disponible roule au diesel. Polluer ou être infecté, il faut choisir. Devant ce dilemme, notre start-uper se décide pour la première option. Une fois son diesel loué, direction sa maison de campagne située dans les terres en Touraine. Enfin arrivé dans le petit village tourangeau, il se gare pour aller faire les courses. Mais voilà qu’une inquiétude le gagne : où va-t-il se ravitailler en graines de chia, de pavot, de lin ou de courges, lui qui en saupoudre tous ses plats ? Comment tenir sans ses steaks de soja, son pain sans gluten et son lait d’amande ?

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Professeur Didier Raoult, le profil du héros?, par Maxime Tandonnet

Dépourvu de toute connaissance scientifique – hélas – il est hors de question pour moi de prétendre porter le moindre jugement sur la question de l’efficacité de la chloroquine face au covid 19.

L’objectif de ces quelques lignes n’est pas de me prononcer sur un sujet médical qui m’échappe mais d’observer, de constater un phénomène de nature psycho-sociologique: le soudain succès du professeur Didier Raoult dans l’opinion, et d’essayer de le comprendre.

Dans les période de chaos et de tragédie, où tout un peuple est en perdition, la quête d’un héros est le réflexe le plus naturel qui soit. Le sentiment dominant dans le pays est celui d’un gigantesque fiasco historique de la puissance publique: scandales de la disparition des masques et l’impossibilité d’offrir à tout malade un dépistage, de la défaillance des capacités de soin, des vertigineux et dramatiques revirements de la communication politique (entre le 11 et le 16 mars). A la crise de confiance s’ajoute le traumatisme d’une nation tenaillée entre la menace mortelle du virus et la conscience de l’effondrement économique en cours.

Dans ce contexte anxiogène et chaotique intervient un phénomène de société, autour de la personnalité du professeur Raoult, dont le succès est révélateur de l’état de l’opinion. Les sources d’une image, d’une reconnaissance dans l’opinion :

    l’expérience avérée d’un homme de 68 ans/ contre l’élitisme arrogant et immature qui étouffe le pays;
    le visage (le look) du non conformiste et du grand original contre une technostructure clonée et interchangeable;
    la parole du scientifique et la compétence plutôt que la communication politique ;
    le rebelle et la force de caractère qui n’a pas peur d’enfreindre les consignes et d’invoquer sa liberté de prescription ;
    l’homme de conviction sûr de ses idées qui ne recule pas devant le matraquage du dénigrement;
    le solitaire contre la meute bien-pensante à ses trousses;
    le sage qui ne cherche pas à provoquer la peur ni la panique, mais au contraire à apaiser l’opinion en exposant les faits avec sang-froid ;
    le désintéressé qui n’attend rien de personne et surtout pas une élection;
    le généreux qui met à disposition son institution à Marseille pour offrir un test et des soins – à l’encontre de la mesquinerie et l’injustice ambiante;
    le discours d’espérance plutôt que d’expiation et de pénitence collective;
    l’audacieux, le visionnaire qui prend la responsabilité de proposer un remède nouveau (chloroquine) – de tenter enfin quelque chose – contre les conservatismes obtus.

Il représente ainsi le parfait contraire de tout ce qu’incarne la classe dirigeante actuelle… Gardons nous des charognards qui tenteront de le récupérer à des fins idéologiques ou partisanes. En attendant, les ralliements les plus sérieux se multiplient (pr Juvin, dr Pelloux, aux USA, en Chine…).

Dans le paysage tellement misérable de notre pauvre pays, qu’on le veuille ou non, son anticonformisme, sur le forme comme sur le fond, est déjà en soi une lueur d’espérance. Puissent les faits lui donner raison…

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Covid-19 : Marseille défie l’Etat jacobin, par Ivan Rioufol

C’est une histoire de fou. Une histoire française. Voici un éminent spécialiste, Didier Raoult, expert mondial en maladies infectieuses et tropicales, obligé de se battre pour se faire entendre des autorités de son pays. En revanche, les travaux de ce grand chercheur, qui exerce à Marseille, ont déjà réussi à convaincre Donald Trump de l’efficacité de la chloroquine (antipaludéen) dans le traitement du coronavirus Covid-19. “Nous allons pouvoir rendre ce médicament disponible quasi-immédiatement“, a déclaré le président américain vendredi. Pour sa part, le ministre français de la Santé, Olivier Véran, a assuré dimanche vouloir le tester davantage.

La France se donne encore quinze jours. Cette prudence a ses raisons. Mais il y a urgence. Les poids du jacobinisme, de la technocratie et du conformisme, ajoutés à des querelles de chapelles incompréhensibles, sont à nouveau en train de nous faire perdre un temps précieux. Après avoir été en retard sur la fermeture des frontières et les confinements, les productions de masques, de tests et de respirateurs, la France risque de l’être aussi dans l’usage du Plaquenil. Il est déjà devenu un produit rare en pharmacie. Or, comme l’assure le professeur Raoult, qui l’a expérimenté avec succès sur ses patients, le Plaquenil est “le traitement le moins cher et le plus simple“.

Il fait partie de la stratégie thérapeutique de la Chine et de la Corée du sud, qui ont réussi à maîtriser la pandémie. Alors qu’il était vendu librement en pharmacie depuis des lustres, ce produit courant a été de surcroit classé le 13 novembre dernier parmi les “substances vénéneuses” – c’est-à-dire nécessitant une ordonnance médicale – par un décret du ministre de la Santé, Agnès Buzin, alors que l’épidémie se propageait. Dans cette affaire, Kafka n’est pas loin.

En réalité, le professeur Raoult paye-là son anticonformisme, son provincialisme et sans doute des règlements de compte plus personnels. Paris lui réserve la même morgue que pour les premiers Gilets jaunes déboulant de la France oubliée. Ceux-ci étaient vus comme des ploucs. Lui est considéré comme un rigolo par l’establishment médical. L’ancien directeur de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) l’avait notamment pris dans le nez, dit-on : il s’agissait d’Yves Lévy, mari d’Agnès Buzyn. Il est également reproché à Raoult d’être opposé au confinement généralisé et de critiquer la surmédiatisation du virus “sur des bases non scientifiques”.

Ses doutes sur le réchauffement climatique, émis en 2013, n’ont pas arrangé son image auprès des faiseurs d’opinion. Récemment, Le Monde a, un temps, qualifié de “fake news” partielles sa promotion, le 25 février, de la chloroquine comme remède efficace. Les médias nationaux gardent leur “distanciation sociale” face à ce savant excentrique à l’allure de barde breton ou de prophète. “Ce n’est pas parce qu’on n’habite pas à l’intérieur du périphérique parisien qu’on ne fait pas de la science“, répond Raoult à ses détracteurs, ce lundi au Parisien. Pour lui, “ce pays est devenu Versailles au XVIIIe siècle“. Les Marseillais, en tout cas, ont déjà plébiscité la forte tête, soutenue par les réseaux sociaux. Dimanche, lui et son équipe ont décidé de se passer des préliminaires officiels.

Ils écrivent : “Nous pensons qu’il n’est pas moral que cette association ( hydroxychloroquine et azithromycine) ne soit pas inclue (sic) systématiquement dans les essais thérapeutiques“. Bref, Raoult a décidé de se passer du feu vert de l’Etat. A la guerre comme à la guerre !

Ivan Rioufol

Texte daté du 23 mars 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol