«Le professeur Raoult n’épargne personne» : que retenir de son audition à l’Assemblée nationale ?

25/06/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Didier Raoult, qui était ce mercredi 24 juin à Paris pour être entendu par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, a témoigné devant les parlementaires chargés de tirer les leçons de la pandémie de Covid-19.

Il est revenu en détails, longuement, sur chaque étape de l’épidémie, et s’est exprimé sur nombre de sujets comme l’utilisation de l’hydroxychloroquine, les tests, les matériels de protection, la réponse du ministère à cette crise, les laboratoires pharmaceutiques ou encore la polémique sur l’étude du Lancet.


Le racisme a chassé le Covid-19 comme ennemi n° 1 !

On peut s’étonner qu’un vaste mouvement de protestation rassemblant des foules ait lieu aux États-Unis alors que l’épidémie y sévit encore fortement. Un Afro-Américain court davantage le risque d’être tué par un membre de sa « communauté » que par un policier, mais l’image insupportable, ici celle d’un policier étranglant avec le genou sur le cou un homme noir interpellé, a, comme d’habitude, servi de détonateur à une onde de choc psychologique et planétaire.

Une vidéo, un slogan devenu un mouvement, « Black Lives Matter », des rassemblements, des défilés, parfois des émeutes avec violences, vols et incendies, le rite des policiers un genou à terre pour communier avec l’émotion collective : tout ceci, en dépit des risques sanitaires de l’épidémie, correspond à un trait typique de nos sociétés postmodernes où les emballements affectifs denses et courts dans le temps, relayés par les médias dans le monde entier, se propagent par mimétisme, chacun croyant devoir déposer sa fleur pour avoir l’âme en paix, dans un élan processionnaire, quasi religieux et quelque peu masochiste. Le racisme a chassé le Covid-19 comme ennemi n° 1. Il s’agit, bien sûr, du racisme blanc contre les Noirs, qui fait partie de ces motifs de « dénigrer », si j’ose dire, notre civilisation qui, décidément, ne vaudrait plus rien. Dans l’autre sens, ça ne compte pas, car c’est une juste revanche des opprimés contre les oppresseurs.

Faute d’être le pays des start-up, voici que notre pays copie l’Amérique. Il n’y a jamais eu d’esclavage en France métropolitaine, mais la présence d’immigrés africains venus librement y chercher un mieux-vivre, l’illusion de faire de tous ces passagers les membres admiratifs de la nation qui les accueille et la repentance coloniale injustifiée qu’entretient l’idéologie dominante y ont créé artificiellement une copie idéale de la communauté noire américaine, un tremplin idéologique de choix pour les revendications victimaires. Dans un pays où la distinction raciale n’existe pas, où le mot race a été mis à l’index de la République, voilà qu’il a débarqué comme le Coca-Cola™ et le jazz avec les libérateurs de 1944. Il y a, maintenant, un Collectif représentatif des associations noires, une Ligue de la défense noire africaine et une instrumentalisation de la victimisation raciale évidemment univoque, le Blanc étant raciste de naissance, les Africains subissant ce racisme depuis la nuit des temps à domicile et en France. « L’État français est un État totalitaire, terroriste, esclavagiste, colonialiste », délire un membre de la LDNA. Quant à Camélia Jordana, poing levé, elle a entonné en anglais une chanson des Black Panthers de 1968 « The Revolution has come… time to pick up the gun ». Quant à Christiane Taubira, tellement victime du racisme qu’ancienne indépendantiste guyanaise, elle s’était retrouvée ministre de la Justice, elle a enfoncé doublement le clou : « Quand Adama Traoré ou George Floyd meurent, c’est pareil : ce sont des hommes noirs qui meurent de leur rencontre avec des policiers. »

Les gendarmes qui ont interpellé Traoré n’ont tué personne. Un délinquant connu, porteur de cannabis et d’un argent liquide aussi abondant que douteux s’est soustrait à un contrôle légitime et est mort d’une faiblesse cardiaque. Rien à voir ni avec les États-Unis ni avec George Floyd ! Et pourtant, le « parallèle » court en boucle sur les médias et les réseaux sociaux et réunit 20.000 manifestants aux abords du nouveau Palais de Justice en dépit d’une interdiction justifiée par les règles de l’urgence sanitaire.

La réaction de Castaner est molle, côté manifestants : pas de plainte contre Camélia Jordana, qui appelle à prendre les armes contre la police, une répression des manifestations sans commune mesure avec celle qu’ont subie les gilets jaunes. Elle est plus vive, côté forces de l’ordre, dont le moindre mot, le moindre geste à connotation raciste ne sera plus toléré. Comme si la mobilisation des loubards de banlieues épaulés par les Black Blocs, les antifas et autres gauchistes avait une légitimité morale plus forte que la loi et l’ordre. Peur d’une révolte des cités ? Vieille complicité des « progressistes » avec la déconstruction de notre civilisation ? Calcul machiavélique en vue de faire monter le vote dit d’extrême droite afin d’assurer la réélection d’un Président inepte ?

Christian Vanneste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Sidération et soumission, effets secondaires du Covid-19

Le plus insupportable de l’épisode épidémique que nous venons de vivre ne tient pas aux mensonges du gouvernement. Les mensonges ne nous surprennent plus puisque la macronie elle-même, née d’un coup d’État médiatique et judiciaire en 2017, repose tout entière sur la duperie et la violence qui va toujours avec.
L’insupportable ne tient pas non plus au déversement médiatique continu de la propagande catastrophiste depuis bientôt trois mois. Nous savons depuis longtemps que les médias mainstream ne nous informent pas, mais nous manipulent.
Non, le plus insupportable tient au comportement soumis de nos concitoyens qui, durant cette période, ont tout accepté et tout abandonné. Parce qu’ils étaient morts de trouille.
Soyons sûrs que l’oligarchie, qui prépare activement le monde d’après, aura retenu la leçon.

La sidération nationale

En 1938, une émission radiophonique reprenant le thème du livre de H. G. Wells, La Guerre des Mondes[1], provoque un début de panique aux États-Unis car nombre d’auditeurs croient que les Martiens ont vraiment débarqué… parce que des journalistes l’affirment.

La peur de la « pandémie » véhiculée par tout le système institutionnel a repris cette logique de panique mais à la puissance mille : celle du pouvoir de sidération des médias audiovisuels modernes.

La peur panique provoque la plupart du temps la sidération : un affaiblissement du jugement rationnel, accompagné de stupeur. La peur peut aussi provoquer une réaction vitale positive – ce qu’on nomme l’énergie du désespoir – mais cela ne s’est pas produit chez nous. La peur n’a produit qu’une soumission abyssale à l’autorité.

Pour la première fois depuis la fin des grands totalitarismes du xxe siècle, l’épidémie de coronavirus a en effet conduit le gouvernement à placer en résidence surveillée l’ensemble de la population, sans que celle-ci ne se rebelle. Fâcheux précédent !

La trouille

Aux États-Unis, dans de nombreux États, la population a manifesté contre le confinement au nom de ses droits constitutionnels et de sa survie économique. En Allemagne, on a manifesté aussi contre le confinement. En Belgique, les soignants ont exprimé leur mécontentement contre le gouvernement. En France, rien, sinon une colossale trouille collective.

La sidération médiatique a réussi à tuer le sens commun, pour le plus grand profit du pouvoir.

Les Français ont ainsi été privés de masques de protection lorsque l’épidémie se développait : ils n’ont pourtant pas protesté, puisque, au contraire, ils ont applaudi les « soignants » qui soignaient… ce qui est quand même leur vocation. On a ainsi réussi à transformer la gabegie gouvernementale en célébration des soignants !

Et aujourd’hui que l’épidémie recule, on impose le port du masque ! Mais les Français se plient à cette nouvelle contrainte avec un égal entrain. On met même des masques aux enfants.

Les bonnes âmes cathodiques expliquent qu’il s’agirait d’un comportement civique, destiné à protéger les autres. Belle hypocrisie car il s’agit avant tout de protéger ceux qui ont le trouillomètre à zéro.

La France orwellienne

La docilité de la population aux injonctions contradictoires des experts en blouse blanche et des ministres a quelque chose d’orwellien. Comme sa docilité face à l’accumulation des mesures liberticides a aussi quelque chose d’effrayant.

Le gouvernement français a en effet imposé un nouvel état d’urgence (déjà prolongé !) et multiplié les mesures liberticides : interdiction des manifestations, obligation de justifier son déplacement ou son lieu de domicile, réduction des garanties de procédure judiciaire, nouvelle réduction du nombre de jurys populaires, application StopCovid, usage de drones de surveillance[2], loi de censure des réseaux sociaux, instauration d’une discrimination géographique entre Français. Pendant que l’Éducation nationale demande aux maîtres, dans une fiche pédagogique[3], de signaler les propos « manifestement inacceptables » tenus par les élèves vis-à-vis de la façon dont le gouvernement a géré l’épidémie.

Pendant que l’écologisme punitif repart de plus belle sous prétexte d’encourager l’usage du vélocipède. Et que la Commission européenne engage le processus d’adhésion de l’Albanie et préconise de nouvelles régularisations d’immigrants clandestins.

Soumission

Que le pouvoir politique substitue de plus en plus ouvertement le contrôle social, la techno-surveillance et la répression à l’exercice de la démocratie ne semble pas concerner nos concitoyens. Pas plus qu’ils ne semblent préoccupés par l’assombrissement continu de l’horizon économique de notre pays, du fait d’un confinement qui n’en finit pas et qu’ils plébiscitent.

Nos concitoyens vivent déjà sur une autre planète : la planète cathodique qui attend avec terreur, après le dérèglement climatique, la deuxième – et pourquoi pas la troisième – vague du coronavirus. Celle où il faudra toujours faire la queue devant les magasins – du moins ceux qui n’auront pas fermé – en respectant les gestes barrières et en se lavant rituellement les mains au gel hydroalcoolique, enfin disponible.

En 2020, la France roule à vélo, accepte sagement la place qu’on lui assigne sur la plage et regarde Michel Cymes à la télévision.

Emmanuel Macron a raison. La France ne manque pas de masques : les Français en portent désormais un en permanence devant leurs yeux.

Michel Geoffroy

Texte repris du site Polémia

[1] Publié en 1898…
[2] Dont le Conseil d’État vient de souligner l’absence de base légale.
[3] Aujourd’hui rectifiée devant les protestations syndicales.

Le gourdin sanitaire, pour masquer les mensonges d’Etat, par Ivan Rioufol

Partout, la courbe est la même : l’épidémie de Covid-19 est en phase descendante. La “deuxième vague”, prédite par certains, n’est actuellement pas observable. Aucune raison ne s’oppose plus à la levée des derniers interdits imposés par le gouvernement. Les jardins, les cafés, les restaurants, les théâtres, les cinémas doivent rouvrir. Les Français doivent pouvoir se rendre où ils veulent, en se délivrant de cette laisse des 100 km imposée comme une punition. Surtout, les citoyens doivent urgemment s’émanciper de l’emprise étatique qui les a déresponsabilisés, à force d’être traités comme des enfants incapables. Trois-quarts des salariés ont été pris en charge par l’Etat. On en serait presque à remercier à plat ventre le premier ministre de la grande bonté qu’il aurait à ouvrir la cage.

Or il est urgent de s’extraire de cette bulle émolliente et de cet Etat tentaculaire, afin de retrouver le goût du travail, du risque, de la vie. Car s’il est une leçon à tirer de cette crise qui s’achève, c’est de ne plus retomber dans ce confinement archaïque qui a ruiné la nation. L’endettement a déjà atteint 115% de la richesse nationale. Le Pouvoir, parce qu’il s’est défié de la société civile et de son intelligence collective, a brisé une dynamique. La Suède, qui a fait confiance aux gens en refusant le confinement, compte 4000 morts pour 10 millions d’habitants, c’est-à-dire 40 morts pour 100.000 habitants. La France, pays qui a confiné le plus longtemps et le plus sévèrement, compte, avec 28.500 décès, 42 morts pour 100.000 habitants…Oui, la Suède a fait mieux que la France.

Il est vrai que le traitement de la dette passionne moins que le traitement du virus proposé par le docteur Didier Raoult. Tel est l’effet du Parti de l’ordre sanitaire : il donne à l’Etat l’occasion de s’affirmer dans un autoritarisme brutal, afin de faire oublier ses mensonges. Bien des libertés ont été malmenées durant ces mois d’enfermements. Mais il en est une qui a été violée et qui apparaît avec la polémique entretenue par le ministre de la Santé, Olivier Véran, autour du professeur marseillais : la liberté de prescrire accordée aux médecins. L’hydroxychloroquine, médicament qui était en vente libre depuis des décennies jusqu’à la mi-janvier, est devenue un danger mortel ! Elle a été interdite ce mercredi par le ministère de la Santé.

En fait, depuis un décret du 25 mars, les médecins de ville ne pouvaient déjà plus le prescrire. Pourtant, parallèlement, comme l’a rappelé le sénateur Alain Houpert (LR) le 13 mai au Sénat, le gouvernement a “incité les médecins à prescrire du Rivotril injectable dans les Ephad, pour dissimuler la pénurie d’autres produits.” Houpert : “Tout médecin, et j’en suis, sait ce que cela signifie“. Le Rivotril est, en effet, un neuroleptique utilisé dans les soins palliatifs pour accélérer la fin de vie… Comme le soulignent ces médecins libéraux, rassemblés autour du slogan : “Laissons les médecins prescrire“, ces décrets les ont contraints à enfreindre leur serment d’Hippocrate, en les empêchant de porter assistance à leurs patients. C’est ce même gourdin administratif qui s’abat sur l’impertinent docteur Raoult, plébiscité par ses patients. C’est ainsi que des sentiments d’injustice s’installent dans la société civile…

Ivan Rioufol

Texte daté du 27 mai 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Covid-19 et masques : quand une polémique peut en masquer une autre

19/05/2020 – FRANCE (NOVOpress)
En France, le port du masque a fait l’objet de vifs débats durant la crise sanitaire.

En cause, le discours contradictoire du gouvernement, puis les nombreuses révélations qui ont mis à mal le pouvoir, déjà critiqué pour sa gestion de la crise.

Sputnik revient en 2 minutes sur la vague de polémiques autour des masques.


Bienvenue dans le monde d’après… Voltaire a dû se retourner dans sa tombe !

« Non, Raphaël, tu ne dois pas prendre la main d’Emma ! C’est impossible et dangereux », affirma l’institutrice. « Mais c’est mon amie, maîtresse », lui répondit le gamin, en souriant tristement. « À la récréation, tu devras rester à l’intérieur de ton carré. ». Emma sera tout près de toi, mais dans l’autre carré », ajouta la maîtresse.

« Est-ce que j’ai tous les papiers pour sortir ? » s’interrogeait André. Attestation de mon employeur, attestation de déplacement de plus de 100 km chez un proche vulnérable, justificatif de domicile, pièce d’identité en cours de validité, billet de train TER avec le code-barres de la réservation. « P…., j’allais sortir sans mon masque », s’écria-t-il intérieurement.

Il sentait le stress l’envahir alors qu’une très belle journée, pourtant, s’annonçait, ce 26 juin 2020. Il allait enfin revoir sa mère, âgée de 84 ans et isolée dans son EHPAD. Sa dernière visite remontait au 15 mars, le jour des élections municipales. Il y a déjà quatre mois. Une éternité. Deux jours plus tôt, un psychologue ou un psychiatre, il ne s’en souvenait pas, l’avait appelé pour lui décrire l’état mental de sa mère. Quel est ce drôle de pays où, après avoir ordonné et organisé la séquestration des Français à leur propre domicile durant deux mois, l’État nounou convoque des médecins pour réparer les âmes abîmées ? Sa mère avait surtout le cœur brisé par cette longue absence du fils aimé.

Dans le train, il n’oublierait pas de contacter le camping pour définitivement annuler ses vacances initialement prévues fin juillet. Il n’en avait plus envie. D’autant plus que les restaurants et le zoo de La Palmyre promis à son fils Raphaël étaient toujours fermés. La découverte d’un foyer d’une cinquantaine de nouveaux contaminés près de Royan avait déjà conduit le préfet à « reconfiner » tout le canton, y compris les plages, redevenues interdites. La décision préfectorale avait surtout achevé de convaincre André.

Contrôleur de gestion, donc cadre administratif. Donc condamné au télétravail. Ce n’est pas les deux conférences vidéo hebdomadaires qui compensaient l’absence de plus en plus pesante de la présence physique de ses collègues. Leurs blagues potaches, la machine à café du lundi. Et surtout, Annabelle, la chef comptable, embauchée en début d’année, dont il n’a plus croisé le regard depuis des semaines. Son premier geste matinal de télétravailleur, c’était de mettre en route le CD reproduisant les bruits d’ambiance de son open space aujourd’hui disparu. Déprimant.

Déprimant, aussi, de ne plus refaire le monde autour d’un café en terrasse, sur les bords de la Seine, avec ses potes du club de hand-ball. Sans parler du drone nous vociférant, l’autre soir vers 20 h 30, l’ordre de déguerpir des escaliers de l’église du Sacré-Cœur. Raphaël en avait été tétanisé.

Moi-même, je m’interrogeais depuis sur la docilité des citoyens à accepter toutes ces privations de liberté et tous ces contrôles policiers.

La politique sanitaire avait bon dos. On me prend la température lorsque je pénètre dans le hall d’entrée des bureaux de mon employeur. S’y ajoute, depuis hier 13 mai, la surveillance orwellienne de mes paroles, puisqu’une majorité à l’Assemblée s’est dégagée pour voter une loi foncièrement hostile à la liberté d’expression. Voltaire lui-même a dû se retourner dans sa tombe.

Bertrand Renault

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Les libertés individuelles sont-elles menacées par le Covid-19 ?

18/05/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Alors que l’Europe se déconfine, de nombreux pays misent sur l’utilisation de technologies de surveillance afin de contrôler la circulation du coronavirus.

Un traçage numérique qui pourrait toutefois bouleverser l’avenir du droit à la vie privée et des libertés individuelles, selon certains experts.


Marion Maréchal : “Face au drame social qui va submerger notre pays, la premier mesure efficace est d’établir la priorité nationale”

Covid-19. Sous l’eau qui dort, la lame de fond de la révolte ?

Pierre Lours, essayiste et romancier, auteur de La Révolte des silencieux, perçoit, sous l’apparente acceptation du confinement par les Français, des raisons de croire en leur volonté de restaurer la France.

On peut s’étonner de la docilité des Français face aux restrictions sans précédent de leurs libertés, les plaçant de facto en résidence surveillée sous la garde des forces de l’ordre, à coups d’amendes et de peines de prison en cas de récidive.

Nos concitoyens sont réputés allergiques aux contraintes mais « en même temps » ils semblent résignés au bon vouloir de gouvernants qui les enferment pour contenir le virus mais surtout leur légitime colère devant l’impuissance des autorités à anticiper une pandémie pourtant annoncée dans tous les plans prévisionnels civils ou militaires.

Obéissants, les Français !… Et, pourtant, furieux de voir que depuis dix ans l’État a ânonné la gestion d’un mauvais comptable qui, en « économisant » des masques, des lits de réanimation, des tests pour quelques centaines de millions, génère une perte de quelques centaines de milliards d’euros puisqu’il a été forcé d’adopter la solution moyenâgeuse à sa disposition, le confinement.

Et n’oublions surtout pas d’ajouter un tragique passif à ces mauvais gestionnaires prétentieux, quelques dizaines de milliers de morts et combien de drames futurs apportés par la crise économique qui va nous bousculer, si elle ne nous ruine pas.

Mais alors que font nos apparemment soumis et « en même temps » indomptables Français ? Ils grognent… et se confinent avec patience, écrasés par la masse des médias asservis et asservissants, médusés et apeurés par un virus qui leur rappelle qu’ils sont mortels.

Bouillon de culture

Ils laissent passer l’orage viral, se rendent provisoirement aux exigences des tristes réalités. Outre la peur de la mort et des sanctions, certains se persuadent, avec Napoléon, qu’un mauvais chef est préférable à pas de chef du tout pour affronter les épreuves, ou tout au moins limiter les dégâts en attendant une meilleure fortune faite de meilleures circonstances et d’un meilleur berger.

D’autres savent, comme Descartes, que, lorsqu’on est perdu dans une forêt, il faut choisir une direction et surtout ne pas en changer… on finit toujours par sortir du bois ! D’autres encore sentent que l’instinct grégaire permet de maintenir une cohésion élémentaire mais protectrice, comme le sait un troupeau de buffles face aux prédateurs. Peut-être sont-ils aussi victimes d’une sorte de syndrome de Stockholm qui pousse des victimes à « aimer » celui qui menace leur vie, pour gagner du temps, l’amadouer et l’attendrir, pour profiter un jour d’une inattention et lui fausser compagnie ?

Il faut dire aussi que les moyens de répression, de propagande et de manipulation sont nombreux et pesants. Ils sont d’autant plus efficaces que la peur est un moteur inégalé pour diriger une foule, certes constituée d’individus confinés chacun chez eux mais rassemblés par les liens des médias soufflant en permanence l’air qu’il faut chanter.

Mais il n’est pas de mensonges résistant éternellement à la vérité et aux exigences de la réalité et du temps. Les réseaux sociaux permettent (jusqu’à quand ?) une certaine liberté d’expression, des prises de conscience et des rassemblements intellectuels capables de mettre en échec l’information formatée des médias inféodés au pouvoir. Par exemple, une large majorité des Français sait que la politique du gouvernement est principalement tributaire de la pénurie de masques et n’est qu’une pitoyable mascarade dictée par des masques en rade ! Ils ont compris aussi que le futur déconfinement partiel est décrété pour sauver l’économie en prenant des risques sur la santé des Français compte tenu toujours des moyens insuffisants pour lutter contre la maladie.

In vivo, in vitro

Mais un pouvoir maniant l’artifice opportuniste du « en même temps » peut faire illusion et occuper le terrain quand les intérêts vitaux ne sont pas en lice. En cas de crise ou de guerre, il n’est pas crédible et perd sa légitimité. L’heure des marquis poudrés des cabinets et des états-majors est arrêtée. Un maître du temps est celui qui sait trancher vite et fort, choisir une stratégie imparfaite mais qui sauvera l’essentiel ; celui qui s’affranchira de ceux qui l’on fait roi ; celui qui désigne l’ennemi et ne tolère pas d’alliés approximatifs. Un chef doit avoir de bons réflexes, suivre son instinct, se passer des certitudes confortables et prudentes. Les manettes n’ont rien à faire dans les mains de bureaucrates gâtés hautement diplômés, occupant malheureusement des fonctions politiques de décision.

Un chef de guerre n’est pas un homme de cabinet. La comparaison du professeur Raoult avec les « scientocrates » qui le critiquent est éclairante. L’un est opérationnel, les autres sont des rouages d’états-majors. L’un donne dans l’urgence des soins attentifs et efficaces aux malades quand les autres envisagent prudemment une maladie dans un confortable cadre expérimental. L’un brave les interdits pour sauver des vies, les autres ont le petit doigt sur la couture du pantalon pour sauvegarder leur conformisme scientifique, leur tranquillité et leur carrière. Raoult est in vivo, les autres in vitro.

Aussi les Français attendent et espèrent qu’émergent de cette épreuve un nouvel état d’esprit et un nouvel élan. On peut comprendre leur prudence. Ils conduisent leur vie au milieu des craintes de la maladie, des inquiétudes économiques et des contraintes répressives exceptionnelles déployées par l’État, à l’instar de ce qu’il a déjà fait avec les Gilets jaunes. Mais il arrive immanquablement que « l’esclave » considère qu’il n’a plus rien à perdre à se défaire du maître inutile et nocif. La révolte des Gilets jaunes a été une avant-première de ce qui pourrait advenir si le système politique n’a pas l’intelligence et la lucidité de refonder les valeurs, les buts de notre société et la confiance.

L’affaiblissement des peurs, la lassitude de l’attente d’un jour meilleur, l’apparition d’une alternative crédible en la personne d’un chef déterminé, la fatigue des forces de l’ordre qui constatent dans leur vie de tous les jours le décalage entre les mesures politiques et la montée des colères, une lucidité accrue des citoyens, forgée dans l’épreuve, tous ces éléments se conjugueront pour accoucher d’une nouvelle dynamique qui renversera les pouvoirs établis, qui retournera les foules.

L’eau qui semble dormir cache une lame de fond. L’histoire enseigne qu’il ne suffit pas de donner du pain et des jeux pour assurer à long terme la pérennité d’un pouvoir. Quand apparaît une crise qui incube depuis des dizaines d’années, ce ne sont pas ceux qui en sont la cause qui peuvent guérir les conséquences.

Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes pour s’attirer des bénéfices et s’exonérer de ses responsabilités. Au mieux, il ne reste qu’à reconnaître son impuissance et ses fautes avant de s’éclipser théâtralement avec panache, cédant les rênes qu’on n’a pas su tenir et redonnant enfin la parole au peuple.

Pierre Lours

Texte repris du site Polémia

Slobodan Despot : “Nous assistons à un coup d’État technologique”

12/05/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Slobodan Despot, auteur de “Le Miel“, “Le Rayon bleu” (éditions Gallimard), créateur de l’”Antipresse“, était l’invité d’André Bercoff lundi 11 mai sur Sud Radio.

Dans le magazine électronique dominical, Antipress.net, Slobodan Despot débat avec le philosophe Bernard Duguet sur le “coup d’État technologique” qui se produit “partout“, depuis le début de cette crise du coronavirus.

Comme dans toute enquête policière, la première question que l’on se pose c’est “à qui profite le crime“. L’essayiste note “un phénomène qui se traduit par une toute sorte de choses inédites“. En premier lieu, le confinement généralisé un peu partout autour du globe. “C’est la première fois dans l’histoire de la maladie que l’on met en quarantaine des personnes saines“, s’étonne Slobodan Despot.

En Suisse, le confinement ne semblait pas se profiler au début de la crise. “Il y avait un plan pandémie, dont la dernière édition datait de 2018“, rapporte le fondateur d’Antipress.net. Un plan élaboré avec des militaires et des médecins qui prévoyait “une mise en quarantaine pour des personnes contaminées jusqu’à dix jours“, explique Slobodan Despot. Mais ce plan a rapidement été mis de côté pour faire “comme tout le monde : tout fermer“.

L’intelligence artificielle au pouvoir ?

Ce confinement généralisé s’est développé à partir du rapport de Neil Ferguson, qui prévoyait la mort de millions de malades du coronavirus. “Il n’est pas un médecin, c’est un physicien spécialisé dans les statistiques“, rappelle Slobodan Despot. “C’est quelqu’un qui ne travaille que sur des ordinateurs, des malades, il n’en a vu que sur Excel“, s’indigne-t-il. Un scientifique déjà responsable “de la destruction de six millions de bétails britanniques, pour rien“, rappelle l’auteur. “Il nous écrit l’avenir avec des ordinateurs“, ajoute-t-il.

Alors qui aurait pris le pouvoir ? “Il y a 60 ans que la communauté des ingénieurs, des informaticiens parlent de l’intelligence artificielle“, note Slobodan Despot. Depuis les années 1960, “on nous promet que d’ici deux ans on aura l’intelligence artificielle nécessaire pour prendre des décisions stratégiques à la place des décideurs“, rappelle l’auteur. Sont-ils désormais prêts ?

Pour réécouter cette émission : https://www.sudradio.fr/emission/bercoff-dans-tous-ses-etats-260/?season=2020

Les masques, enjeu de marché noir

C’est devenu un enjeu de taille pour la criminalité. Les vols des masques de protection anti-Covid-19, désormais essentiels à tout un chacun à l’heure du déconfinement, se sont multipliés dans l’Hexagone et se vendent au prix fort sur les marchés clandestins. Jeudi dernier, le maire communiste de Montreuil, une ville située en Seine-Saint-Denis (93) a déploré la disparition de centaines de milliers de masques dont une partie était destinée à ses administrés.

« C’est avec une immense colère que j’ai appris que le camion acheminant 500 000 masques en tissu, dont 50 000 étaient destinés aux habitants de Montreuil, a été victime d’un vol. Je condamne avec la plus grande fermeté cet acte criminel qui met en danger les habitants de Montreuil. » Sur son compte Twitter, Patrice Bessac, réélu dès le premier tour lors des dernières élections municipales, n’a pas caché son désespoir et sa colère. D’autant que le préjudice pour cette mairie communiste est de 112 000 euros. Parti du Portugal, le camion a été vidé de son contenu sur une aire d’autoroute en Espagne. Les circonstances de cette disparition ne sont pour l’heure pas déterminées mais témoignent de la situation actuelle à laquelle doivent faire face de nombreuses villes de France et de Navarre qui passent de grosses commandes de masques. Les criminels n’hésitent plus à « braquer » les camions transportant cette précieuse cargaison ou même à pénétrer dans les hôpitaux pour s’emparer du butin. Une fois sur le marché, ils sont revendus le double de leur prix à l’unité. L’affaire est juteuse d’autant que l’argent alimente aussi celui de la contrefaçon.

« La part la plus noire de l’âme humaine », regrette Xavier Bertrand, ancien ministre de la Santé, qui s’est plaint de la recrudescence du nombre de sites de vente illégaux sur Internet. La métropole n’est d’ailleurs pas la seule à être touchée par ce phénomène. En Guyane, récemment, c’est 40 000 masques qui ont été dérobés dans un local du centre spatial de Kourou. Faut-il prévoir des escortes policières ? Le gouvernement planche sur cette solution qui appelle à une coopération européenne incertaine. Pour l’heure, le ministère de l’Intérieur ne répond qu’avec le seul arsenal juridique qu’elle possède. Cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Si tant est que les voleurs soient retrouvés.

En attendant qu’une enquête sur le vol de ces 500 000 masques soit menée, Madame le maire de Bondy, Sylvine Thomassin, a interpellé le préfet. « Cette situation est la conséquence simple et triste de l’inaction de l’Etat sur ce sujet. Car si la distribution de masques était centralisée et faite par l’Etat, je parle de masques gratuits et réutilisables pour tous les Français, nous n’en serions pas là », a déclaré l’élue socialiste, faisant écho aux nombreuses irritations des maires de France se plaignant de l’incompétence du gouvernement sur le sujet.

Jean-Louis Leroy

Article paru dans Présent daté du 11 mai 2020

Entretien avec Ivan Rioufol : Après le politiquement correct, le sanitairement correct !

12/05/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Le journaliste-éditorialiste du Figaro, Ivan Rioufol, est devenu le défenseur courageux de la révolte des Gilets Jaunes et le « gaulois réfractaire » à la Macronie, ses pompes et ses œuvres.

Pour TVLibertés, l’auteur de « Macron, la grande mascarade » dénonce la bunkérisation de la pensée dans notre pays et affirme qu’au politiquement correct s’ajoute aujourd’hui le sanitairement correct. Le Parti de l’Ordre Sanitaire fait régner sa loi. Et malheur à ceux qui, comme le Professeur Raoult, osent exprimer des analyses divergentes.

Entretien sans langue de bois…


Pas plus de 100 km pour éviter les « brassages de population »… et si on reparlait des frontières ?

Au mois de décembre, on sort de sa boîte le confit de canard. Au mois de mai, on déverrouille le couvercle du confit de Français. Enfin, on l’entrouvre. Pas plus de 100 km, essentiellement pour aller au boulot. Mais n’est-ce pas là la vraie liberté, mes chéris ? Arbeit macht frei, comme disaient d’autres grands confineurs historiques de Français.

Youpi ! Le formidable progrès, et c’est à peu près le seul, est que nous n’aurons plus à produire, dans notre département ou dans un rayon de 100 km « à vol d’oiseau », notre auto-autorisation de sortie, document de confinement confinant surtout à l’absurde, fruit des amours monstrueuses du « trouple » Courteline, Ionesco et Devos.

Le précieux document reste cependant valable « au-delà », Édouard Philippe ayant précisé qu’il fallait absolument éviter les « brassages de population ». Une déclaration aux relents réactionnaires et même ségrégationnistes tout à fait contraire au vivre ensemble, poncif un peu moins à la mode, il est vrai, ces temps derniers, le mourir seul ayant pris le dessus. Rassurez-vous cependant, le politiquement correct est sauf, puisqu’il ne s’agit là que d’exclusion franco-française : interdiction est faite aux bouseux du Cantal de se mélanger aux ploucs du Berry. Chacun chez soi et les vaches – c’est-à-dire nous, ruminants nos inquiétudes – seront bien gardées.

Pour y contrevenir il faudra un « motif professionnel ou familial impérieux ». Aucune liste exhaustive, mais un contre-exemple, en revanche, a été cité jeudi par un Édouard Philippe ironique, comme si cela tombait sous le sens, ma brave dame. Rejoindre sa résidence secondaire n’est pas une bonne raison.

La propriété, c’est mal, vouloir s’y rendre – par exemple pour l’entretenir -, c’est encore pire. Ce gouvernement n’aime pas le patrimoine, et comme Stéphane Bern l’a fait remarquer, évoquant « un malentendu », celui-ci est d’ailleurs l’angle mort du plan de sauvetage de la culture récemment déroulé par Franck Riester. Celui-ci est plutôt axé, voyez-vous, sur le « fratrimoine » : les frérots, les potes, les copains de gauche du « spectacle vivant ».

Sans compter qu’en ces temps d’impopularité, réveiller l’image d’Épinal du bourgeois parisien rejoignant sa luxueuse villa à l’île de Ré en faisant peu de cas des gueux, là-bas, qu’il risque de contaminer permet d’encaisser les bénéfices faciles d’une lutte des classes mal éteinte. Tant pis pour la mauvaise foi, car évidemment, la résidence secondaire, c’est aussi et surtout le Français modeste, locataire de son logement principal tout aussi modeste que lui mais qu’il est pourtant bien incapable d’acquérir, eu égard à la pression immobilière des grandes métropoles où, bassin d’emploi oblige, il a bien dû faire sa vie. Celui-ci a donc gardé ou acheté une petite bicoque en province, ses racines et son refuge, dont il aime et doit, à chaque printemps, entretenir le toit et le jardin. Sauf cette année. Pour les retraités, c’est double peine : non seulement on les enjoint à rester terrés chez eux (certes, ils sont autorisés à sortir, mais c’est à leurs risques et périls et on leur promet gentiment mille morts s’ils s’y aventuraient) mais, en sus, ils n’ont pas le droit de se retirer, au calme, dans une région moins anxiogène où ils pourront enfin respirer, près de leurs géraniums et rosiers en fleur.

Dire que le 10 mars dernier, lorsque le jeune Sebastian Kurz a décidé de contrôler drastiquement les entrées sur le territoire autrichien, Emmanuel Macron a parlé de « mauvaise décision », le virus, selon lui (petit rire), ne connaissant pas les frontières. Mais le virus connaît les octrois ?

Heureusement, le jeune chancelier fédéral a la charité, aujourd’hui, de ne pas le narguer : dans un pays certes plus petit que le nôtre mais à densité comparable (et ayant eu, lui aussi, ses foyers infectieux, en particulier dans le Tyrol), il y a proportionnellement six fois moins de morts, le processus de déconfinement a démarré le 14 avril (pour un confinement entamé peu ou prou en même temps que nous), les bars et restaurants, derniers commerçants fermés, rouvriront le 15 mai. Les écoliers auront tous repris le 18, et le bac aura bel et bien lieu.

Lorsque l’heure sera venue, calmement mais avec détermination, de déballer tous les dossiers pour faire la vérité, penser, après la mascarade et le sketch des tests, à ne pas oublier la scandaleuse pantomime des frontières.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le COVID-19 révélateur du naufrage structurel de l’Afrique, par Bernard Lugan

L’Afrique qui sombre économiquement, socialement et politiquement accuse le Covid-19 d’être la cause de son naufrage alors qu’avec « seulement » 47581 cas et 1862 décès pour 1 milliard 400 millions d’habitants au 5 mai 2020 (OMS), elle était humainement épargnée.
Il importe d’être très clair : aucun des maux actuels de l’Afrique n’a été provoqué par le virus, leur origine se trouvant dans la crise structurelle qui secoue le continent depuis la décennie des indépendances. Le Covid-19 en est le révélateur et l’accélérateur, pas la cause. Mais la pandémie est utilisée comme prétexte par les dirigeants africains pour gommer leurs responsabilités ou même pour s’en exonérer.

Car enfin :

1) Le Covid-19 n’est pas responsable de la suicidaire démographie africaine.

Une démographie qui, avec 50 millions de naissances annuelles, annihile toute possibilité de « développement ».

2) Le Covid-19 n’est pas la cause de la pauvreté abyssale de l’Afrique.

En 2000, vingt ans donc avant le Covid-19, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) adoptés par 189 Etats, actèrent qu’aucun recul de la pauvreté africaine ne pouvait être envisagé sans un minimum de croissance annuelle de 7% soutenue durant plusieurs années. Or, année après année, il a manqué à l’Afrique entre 3 et 4% de croissance pour atteindre cet objectif. Résultat, loin de se combler, et en dépit des sommes colossales déversées par les pays « riches », la pauvreté africaine a continué à augmenter. Le Covid-19 n’y est pour rien.

3) Le Covid-19 n’est pas à l’origine de la non-diversification des économies africaines

Les variations du prix des matières premières sont cycliques. Leur actuelle baisse a débuté plusieurs années avant le Covid-19 et elle a des conséquences telluriques pour des pays comme l’Algérie ou le Nigeria qui en tirent jusqu’à 98% de leurs recettes. Mais une fois encore, nous ne sommes pas face à une nouveauté, l’Afrique ayant déjà plusieurs fois subi ce phénomène. Or, quand les cours connaissaient des cycles hauts, les pays africains dépensèrent sans compter. Aujourd’hui, confrontés à un cycle baissier, ils sont incapables de faire face à leurs échéances. Les voilà donc contraints de s’endetter pour simplement acheter la paix sociale et tenter d’éviter la révolution. Le Covid-19 n’est responsable, ni de leur manque d’anticipation, ni de leur imprévoyance.

4) Le Covid-19 n’a pas provoqué la faiblesse des IED (Investissements étrangers directs) en Afrique.

En mai 2018, deux ans avant le Covid-19, la BAD (Banque africaine de développement) soulignait que pour les seuls investissements dans les infrastructures essentielles, l’Afrique avait besoin annuellement de 170 milliards de dollars d’IED (Investissements étrangers directs). Or, au total de tous ses postes, elle n’en reçut cette année-là que 60 mds sur les 2000 milliards (mds) de dollars d’IED mondiaux (Banque mondiale). L’Afrique, dans l’ensemble de la globalité de ses 54 pays et de son 1,2 milliard d’habitants a donc reçu presque autant d’IED que Singapour (61,6 mds pour 6 millions d’habitants), et moins que l’Irlande (79,2 mds pour 5 millions d’habitants)… Le Covid-19 n’est évidemment pas responsable de ce désintérêt des investisseurs.

Quant aux questions relevant de l’ethno-politique, de la « mauvaise gouvernance » ou encore de la corruption, elles n’ont pas non plus été créées par le Covid-19.
Comme ses problèmes structurels sont et seront aggravés par les conséquences mondiales de la pandémie, l’Afrique va donc s’enfoncer encore davantage dans le néant. Les pays « riches » et en crise, vont alors généreusement voler à son secours au moyen d’aides d’urgence, d’annulations de dettes et de nouveaux budgets de « développement ». Ces cache-misère ne régleront rien. Pire, ils infantiliseront encore davantage les Africains tout en ne faisant que reculer le moment de l’inévitable collapsus. L’autopsie permettra alors de constater que les Diafoirus des ONG, les architectes du « développement », les tendeurs de sébiles et les bonnes âmes auront tué l’Afrique. Mais il sera trop tard…

Voilà pourquoi, et comme je l’explique dans mon livre Osons dire la vérité à l’Afrique, il est maintenant vital de changer de paradigme. Celui de la victimisation avec la rente victimaire (« le développement » en langage politiquement correct) qui est son corollaire, est à bout de souffle. De plus, il interdit de décrire la réalité au risque de se voir qualifié d’ « afro-pessimiste » et traité de « raciste ». Or, à mauvais diagnostic, mauvais traitement.

Et pourtant, le remède existe. Mais il passe par l’abandon des Nuées, le retour au réel, le rejet de l’universalisme et avant tout par l’acceptation de la notion de différence. Car, comme le disait le maréchal Lyautey, l’Afrique est « autre ». Et c’est parce qu’elle est « autre », que nos modèles élaborés au XVIIIe siècle dans les loges et les cabinets philosophiques lui sont aussi peu adaptés qu’un greffon de prune sur porte-greffe qui serait un palmier…

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

Un non-confinement sous encadrement sanitaire serait plus efficace que le confinement contre le coronavirus

06/05/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
C’est ce que semble montrer une comparaison qui a été faite sur Dedefensa.org entre la Belgique et les Pays-Bas. Dès le 17 mars, la Belgique a adopté un confinement radical à la Française. Les Pays-Bas, quant à eux, ont appliqué un minimum de mesures sanitaires obligatoires. Les chiffres publiés par l’OMS permettent de comparer l’efficacité sanitaire des mesures adoptées.

La veille du confinement, le 16 mars, la mortalité en Belgique était plus faible qu’aux Pays-Bas, (0,43) contre (1,17). Cette différence a persisté pendant les 15 premiers jours du confinement. Après 43 jours de confinement, la prévalence de l’infection en Belgique dépasse de 82% celle des Pays-Bas, et le sur-risque de mortalité belge atteint 137%.

Ces chiffres plaident dans le sens du déconfinement et de la responsabilisation des individus qui sont capables de prendre les bonnes mesures sanitaires, au lieu de les infantiliser par une surveillance policière et un discours médiatique et politique de la peur.

En épidémiologie, la prévalence est une mesure de l’état de santé d’une population, dénombrant le nombre de cas de maladies, à un instant donné ou sur une période donnée. Pour une affection donnée, on calcule le taux de prévalence en rapportant ce nombre à la population considérée. Le sur-risque est un risque supplémentaire, par rapport à l’âge, à la condition physique.

Sébastien Chenu : « Non seulement ils sont incapables, mais ils sont lâches »

Aurore Bergé, députée LREM, vient de déclarer sur Twitter : « Nous proposerons une adaptation de la législation pour effectivement protéger les maires pénalement mais aussi toutes les personnes dépositaires d’une mission de service public dans le cadre des opérations de déconfinement. » Une façon de préparer le « monde d’après » ? Réaction du député Sébastien Chenu.

Visiblement, la majorité et le gouvernement préparent le monde du déconfinement. Ils vont a priori légiférer le fait d’exonérer pénalement toutes personnes dépositaires de l’autorité publique. Ils parlent des maires en premier lieu, mais surtout des ministres. On pense à tous les responsables de cette gestion de crise, notamment à Agnès Buzyn, Bruno Salomon et Olivier Veran. Que cela révèle-t-il ?

Ceux qui croient que le monde d’après avec les mêmes responsables politiques de la Macronie sera différent du monde d’avant se trompent. En réalité, les mêmes individus auront les mêmes faiblesses et auront la volonté d’échapper à leurs responsabilités. Non seulement ils sont incapables, mais ils sont lâches. Ils nous le démontrent avec cette proposition. Il convient de faire la part des choses.
Les maires sont obligés d’appliquer les décisions de l’État et ne sont pas pénalement responsables d’un certain nombre de ces décisions. Mais exonérer toute personne qui a une responsabilité publique, ministre, haut fonctionnaire, dirigeant d’un service public national, me semble évidemment être une manœuvre pour permettre à ces incapables d’échapper à la justice et à leur responsabilité. Quand je dis « ces incapables », on peut remonter à quelques années en arrière. La Macronie est une sorte de nouvel UMPS et les responsables remontent à plusieurs gouvernements en arrière.
Il faudra qu’ils viennent s’expliquer devant la justice et, le cas échéant, peut-être être sanctionnés.
Ils sont toujours capables de se retrouver entre eux pour se protéger les uns les autres.

Vous parlez du mandat précédent, on peut penser au cabinet de Marisol Touraine qui regroupait des Gabriel Attal, Bruno Salomon et Benjamin Griveaux. Finalement, derrière cette excuse de protéger des maires, on sent qu’il y a une volonté du gouvernement de se protéger lui-même.

On peut même remonter plus loin. Les gouvernements Sarkozy, Hollande et Macron sont peuplés des mêmes individus. C’est ce qu’on appelle le système. Ils changent de déguisement et d’apparence, mais ils poursuivent les mêmes politiques. Puisque ce système existe, ils cherchent aujourd’hui à se protéger. C’est toute la proposition que fait Aurore Bergé, elle-même une créature du système, qui est de produire une loi qui protège les acteurs de ce système, d’où qu’ils viennent.

Il est toutefois plus facile de critiquer l’action que d’agir soi-même. Le gouvernement n’a-t-il pas géré la crise du mieux qu’il le pouvait ? Serait-il injuste de l’attaquer, alors même que nous serions dans les mêmes difficultés si nous étions aux commandes ?

Le gouvernement a commis plusieurs fautes. La première, il a menti et continue de mentir aux Français. C’est probablement la pire chose que l’on puisse faire lorsqu’on a des responsabilités.
La deuxième chose, c’est que le gouvernement n’a rien anticipé parce que sa politique amène à ce type de résultat. À partir du moment où ils ont démantelé les services publics ou l’industrie française, ils se sont aperçus aujourd’hui qu’ils n’avaient pas les moyens de protéger les Français. Par conséquent, ils mentent aux Français, ils n’ont pas anticipé et la politique qu’ils mènent depuis des années fait d’irrémédiables dégâts. Il est possible de faire autrement. Et d’ailleurs, d’autres pays l’ont fait. L’Allemagne et Israël ont géré les choses différemment. Ils ont anticipé les choses et n’ont pas menti à leur population. Par conséquent, les résultats sont meilleurs.
Nos premières alertes datent du mois de janvier. Nous avions proposé une autre méthode et nous continuons de le faire.
Il y a quelques jours, je disais que j’étais très sceptique sur le nombre de tests qui pouvaient être réalisés dans notre pays, compte tenu de leur incapacité à avoir commandé des tests. On est en train de se rendre compte qu’Olivier Véran a encore menti aux Français. Il n’y aura pas 700.000 tests faits à la date qu’il avait annoncée.

Vous êtes député du Nord et vous êtes dans l’opposition. Voudriez-vous que les ministres concernés s’expliquent devant la justice ?

La justice fera son boulot le moment venu. Je pense que le gouvernement doit dire la vérité aux Français, doit s’expliquer devant la représentation nationale et doit faire l’objet de commissions d’enquête parlementaires. Nous pourrons jouer à ce moment-là notre rôle de parlementaires. Notre rôle n’est pas seulement de critiquer, mais c’est aussi de proposer. Chaque jour, nous continuons à faire des propositions. Nous en avons fait au sujet de l’école. Cette étape est un fiasco.
La justice suivra son cours, mais elle ne pourra le faire qu’à partir du moment où ce système macroniste n’aura pas pipé les dés en produisant une loi destinée à voir les acteurs de ce scandale et de ce fiasco lui échapper. Je pense que les Français ne lui pardonneront pas.

Le déconfinement qui commencera par l’école est au cœur de la polémique. La plupart des parents se refusent à remettre leurs enfants à l’école. Êtes-vous partisans d’une reprise de scolarité ou, au contraire, est-ce trop dangereux ?

Nous avons considéré que la rentrée devait attendre septembre et que la nécessité était l’accueil des enfants de professionnels. En ce qui concerne la capacité à faire revenir les enfants en maternelle, primaire ou collège, les risquent sanitaires étaient trop importants pour les enfants, les professionnels, les enseignants et les personnels techniques de l’Éducation nationale. Par conséquent, nous avons demandé que cette rentrée soit reportée. Là encore, je vois que le gouvernement a été inflexible alors que, sur le terrain, des centaines de maires refusent d’appliquer cette décision gouvernementale, simplement pour protéger les leurs.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire