Covid-19 et masques : quand une polémique peut en masquer une autre

19/05/2020 – FRANCE (NOVOpress)
En France, le port du masque a fait l’objet de vifs débats durant la crise sanitaire.

En cause, le discours contradictoire du gouvernement, puis les nombreuses révélations qui ont mis à mal le pouvoir, déjà critiqué pour sa gestion de la crise.

Sputnik revient en 2 minutes sur la vague de polémiques autour des masques.


Bienvenue dans le monde d’après… Voltaire a dû se retourner dans sa tombe !

« Non, Raphaël, tu ne dois pas prendre la main d’Emma ! C’est impossible et dangereux », affirma l’institutrice. « Mais c’est mon amie, maîtresse », lui répondit le gamin, en souriant tristement. « À la récréation, tu devras rester à l’intérieur de ton carré. ». Emma sera tout près de toi, mais dans l’autre carré », ajouta la maîtresse.

« Est-ce que j’ai tous les papiers pour sortir ? » s’interrogeait André. Attestation de mon employeur, attestation de déplacement de plus de 100 km chez un proche vulnérable, justificatif de domicile, pièce d’identité en cours de validité, billet de train TER avec le code-barres de la réservation. « P…., j’allais sortir sans mon masque », s’écria-t-il intérieurement.

Il sentait le stress l’envahir alors qu’une très belle journée, pourtant, s’annonçait, ce 26 juin 2020. Il allait enfin revoir sa mère, âgée de 84 ans et isolée dans son EHPAD. Sa dernière visite remontait au 15 mars, le jour des élections municipales. Il y a déjà quatre mois. Une éternité. Deux jours plus tôt, un psychologue ou un psychiatre, il ne s’en souvenait pas, l’avait appelé pour lui décrire l’état mental de sa mère. Quel est ce drôle de pays où, après avoir ordonné et organisé la séquestration des Français à leur propre domicile durant deux mois, l’État nounou convoque des médecins pour réparer les âmes abîmées ? Sa mère avait surtout le cœur brisé par cette longue absence du fils aimé.

Dans le train, il n’oublierait pas de contacter le camping pour définitivement annuler ses vacances initialement prévues fin juillet. Il n’en avait plus envie. D’autant plus que les restaurants et le zoo de La Palmyre promis à son fils Raphaël étaient toujours fermés. La découverte d’un foyer d’une cinquantaine de nouveaux contaminés près de Royan avait déjà conduit le préfet à « reconfiner » tout le canton, y compris les plages, redevenues interdites. La décision préfectorale avait surtout achevé de convaincre André.

Contrôleur de gestion, donc cadre administratif. Donc condamné au télétravail. Ce n’est pas les deux conférences vidéo hebdomadaires qui compensaient l’absence de plus en plus pesante de la présence physique de ses collègues. Leurs blagues potaches, la machine à café du lundi. Et surtout, Annabelle, la chef comptable, embauchée en début d’année, dont il n’a plus croisé le regard depuis des semaines. Son premier geste matinal de télétravailleur, c’était de mettre en route le CD reproduisant les bruits d’ambiance de son open space aujourd’hui disparu. Déprimant.

Déprimant, aussi, de ne plus refaire le monde autour d’un café en terrasse, sur les bords de la Seine, avec ses potes du club de hand-ball. Sans parler du drone nous vociférant, l’autre soir vers 20 h 30, l’ordre de déguerpir des escaliers de l’église du Sacré-Cœur. Raphaël en avait été tétanisé.

Moi-même, je m’interrogeais depuis sur la docilité des citoyens à accepter toutes ces privations de liberté et tous ces contrôles policiers.

La politique sanitaire avait bon dos. On me prend la température lorsque je pénètre dans le hall d’entrée des bureaux de mon employeur. S’y ajoute, depuis hier 13 mai, la surveillance orwellienne de mes paroles, puisqu’une majorité à l’Assemblée s’est dégagée pour voter une loi foncièrement hostile à la liberté d’expression. Voltaire lui-même a dû se retourner dans sa tombe.

Bertrand Renault

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Les libertés individuelles sont-elles menacées par le Covid-19 ?

18/05/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Alors que l’Europe se déconfine, de nombreux pays misent sur l’utilisation de technologies de surveillance afin de contrôler la circulation du coronavirus.

Un traçage numérique qui pourrait toutefois bouleverser l’avenir du droit à la vie privée et des libertés individuelles, selon certains experts.


Marion Maréchal : “Face au drame social qui va submerger notre pays, la premier mesure efficace est d’établir la priorité nationale”

Covid-19. Sous l’eau qui dort, la lame de fond de la révolte ?

Pierre Lours, essayiste et romancier, auteur de La Révolte des silencieux, perçoit, sous l’apparente acceptation du confinement par les Français, des raisons de croire en leur volonté de restaurer la France.

On peut s’étonner de la docilité des Français face aux restrictions sans précédent de leurs libertés, les plaçant de facto en résidence surveillée sous la garde des forces de l’ordre, à coups d’amendes et de peines de prison en cas de récidive.

Nos concitoyens sont réputés allergiques aux contraintes mais « en même temps » ils semblent résignés au bon vouloir de gouvernants qui les enferment pour contenir le virus mais surtout leur légitime colère devant l’impuissance des autorités à anticiper une pandémie pourtant annoncée dans tous les plans prévisionnels civils ou militaires.

Obéissants, les Français !… Et, pourtant, furieux de voir que depuis dix ans l’État a ânonné la gestion d’un mauvais comptable qui, en « économisant » des masques, des lits de réanimation, des tests pour quelques centaines de millions, génère une perte de quelques centaines de milliards d’euros puisqu’il a été forcé d’adopter la solution moyenâgeuse à sa disposition, le confinement.

Et n’oublions surtout pas d’ajouter un tragique passif à ces mauvais gestionnaires prétentieux, quelques dizaines de milliers de morts et combien de drames futurs apportés par la crise économique qui va nous bousculer, si elle ne nous ruine pas.

Mais alors que font nos apparemment soumis et « en même temps » indomptables Français ? Ils grognent… et se confinent avec patience, écrasés par la masse des médias asservis et asservissants, médusés et apeurés par un virus qui leur rappelle qu’ils sont mortels.

Bouillon de culture

Ils laissent passer l’orage viral, se rendent provisoirement aux exigences des tristes réalités. Outre la peur de la mort et des sanctions, certains se persuadent, avec Napoléon, qu’un mauvais chef est préférable à pas de chef du tout pour affronter les épreuves, ou tout au moins limiter les dégâts en attendant une meilleure fortune faite de meilleures circonstances et d’un meilleur berger.

D’autres savent, comme Descartes, que, lorsqu’on est perdu dans une forêt, il faut choisir une direction et surtout ne pas en changer… on finit toujours par sortir du bois ! D’autres encore sentent que l’instinct grégaire permet de maintenir une cohésion élémentaire mais protectrice, comme le sait un troupeau de buffles face aux prédateurs. Peut-être sont-ils aussi victimes d’une sorte de syndrome de Stockholm qui pousse des victimes à « aimer » celui qui menace leur vie, pour gagner du temps, l’amadouer et l’attendrir, pour profiter un jour d’une inattention et lui fausser compagnie ?

Il faut dire aussi que les moyens de répression, de propagande et de manipulation sont nombreux et pesants. Ils sont d’autant plus efficaces que la peur est un moteur inégalé pour diriger une foule, certes constituée d’individus confinés chacun chez eux mais rassemblés par les liens des médias soufflant en permanence l’air qu’il faut chanter.

Mais il n’est pas de mensonges résistant éternellement à la vérité et aux exigences de la réalité et du temps. Les réseaux sociaux permettent (jusqu’à quand ?) une certaine liberté d’expression, des prises de conscience et des rassemblements intellectuels capables de mettre en échec l’information formatée des médias inféodés au pouvoir. Par exemple, une large majorité des Français sait que la politique du gouvernement est principalement tributaire de la pénurie de masques et n’est qu’une pitoyable mascarade dictée par des masques en rade ! Ils ont compris aussi que le futur déconfinement partiel est décrété pour sauver l’économie en prenant des risques sur la santé des Français compte tenu toujours des moyens insuffisants pour lutter contre la maladie.

In vivo, in vitro

Mais un pouvoir maniant l’artifice opportuniste du « en même temps » peut faire illusion et occuper le terrain quand les intérêts vitaux ne sont pas en lice. En cas de crise ou de guerre, il n’est pas crédible et perd sa légitimité. L’heure des marquis poudrés des cabinets et des états-majors est arrêtée. Un maître du temps est celui qui sait trancher vite et fort, choisir une stratégie imparfaite mais qui sauvera l’essentiel ; celui qui s’affranchira de ceux qui l’on fait roi ; celui qui désigne l’ennemi et ne tolère pas d’alliés approximatifs. Un chef doit avoir de bons réflexes, suivre son instinct, se passer des certitudes confortables et prudentes. Les manettes n’ont rien à faire dans les mains de bureaucrates gâtés hautement diplômés, occupant malheureusement des fonctions politiques de décision.

Un chef de guerre n’est pas un homme de cabinet. La comparaison du professeur Raoult avec les « scientocrates » qui le critiquent est éclairante. L’un est opérationnel, les autres sont des rouages d’états-majors. L’un donne dans l’urgence des soins attentifs et efficaces aux malades quand les autres envisagent prudemment une maladie dans un confortable cadre expérimental. L’un brave les interdits pour sauver des vies, les autres ont le petit doigt sur la couture du pantalon pour sauvegarder leur conformisme scientifique, leur tranquillité et leur carrière. Raoult est in vivo, les autres in vitro.

Aussi les Français attendent et espèrent qu’émergent de cette épreuve un nouvel état d’esprit et un nouvel élan. On peut comprendre leur prudence. Ils conduisent leur vie au milieu des craintes de la maladie, des inquiétudes économiques et des contraintes répressives exceptionnelles déployées par l’État, à l’instar de ce qu’il a déjà fait avec les Gilets jaunes. Mais il arrive immanquablement que « l’esclave » considère qu’il n’a plus rien à perdre à se défaire du maître inutile et nocif. La révolte des Gilets jaunes a été une avant-première de ce qui pourrait advenir si le système politique n’a pas l’intelligence et la lucidité de refonder les valeurs, les buts de notre société et la confiance.

L’affaiblissement des peurs, la lassitude de l’attente d’un jour meilleur, l’apparition d’une alternative crédible en la personne d’un chef déterminé, la fatigue des forces de l’ordre qui constatent dans leur vie de tous les jours le décalage entre les mesures politiques et la montée des colères, une lucidité accrue des citoyens, forgée dans l’épreuve, tous ces éléments se conjugueront pour accoucher d’une nouvelle dynamique qui renversera les pouvoirs établis, qui retournera les foules.

L’eau qui semble dormir cache une lame de fond. L’histoire enseigne qu’il ne suffit pas de donner du pain et des jeux pour assurer à long terme la pérennité d’un pouvoir. Quand apparaît une crise qui incube depuis des dizaines d’années, ce ne sont pas ceux qui en sont la cause qui peuvent guérir les conséquences.

Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes pour s’attirer des bénéfices et s’exonérer de ses responsabilités. Au mieux, il ne reste qu’à reconnaître son impuissance et ses fautes avant de s’éclipser théâtralement avec panache, cédant les rênes qu’on n’a pas su tenir et redonnant enfin la parole au peuple.

Pierre Lours

Texte repris du site Polémia

Slobodan Despot : “Nous assistons à un coup d’État technologique”

12/05/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Slobodan Despot, auteur de “Le Miel“, “Le Rayon bleu” (éditions Gallimard), créateur de l’”Antipresse“, était l’invité d’André Bercoff lundi 11 mai sur Sud Radio.

Dans le magazine électronique dominical, Antipress.net, Slobodan Despot débat avec le philosophe Bernard Duguet sur le “coup d’État technologique” qui se produit “partout“, depuis le début de cette crise du coronavirus.

Comme dans toute enquête policière, la première question que l’on se pose c’est “à qui profite le crime“. L’essayiste note “un phénomène qui se traduit par une toute sorte de choses inédites“. En premier lieu, le confinement généralisé un peu partout autour du globe. “C’est la première fois dans l’histoire de la maladie que l’on met en quarantaine des personnes saines“, s’étonne Slobodan Despot.

En Suisse, le confinement ne semblait pas se profiler au début de la crise. “Il y avait un plan pandémie, dont la dernière édition datait de 2018“, rapporte le fondateur d’Antipress.net. Un plan élaboré avec des militaires et des médecins qui prévoyait “une mise en quarantaine pour des personnes contaminées jusqu’à dix jours“, explique Slobodan Despot. Mais ce plan a rapidement été mis de côté pour faire “comme tout le monde : tout fermer“.

L’intelligence artificielle au pouvoir ?

Ce confinement généralisé s’est développé à partir du rapport de Neil Ferguson, qui prévoyait la mort de millions de malades du coronavirus. “Il n’est pas un médecin, c’est un physicien spécialisé dans les statistiques“, rappelle Slobodan Despot. “C’est quelqu’un qui ne travaille que sur des ordinateurs, des malades, il n’en a vu que sur Excel“, s’indigne-t-il. Un scientifique déjà responsable “de la destruction de six millions de bétails britanniques, pour rien“, rappelle l’auteur. “Il nous écrit l’avenir avec des ordinateurs“, ajoute-t-il.

Alors qui aurait pris le pouvoir ? “Il y a 60 ans que la communauté des ingénieurs, des informaticiens parlent de l’intelligence artificielle“, note Slobodan Despot. Depuis les années 1960, “on nous promet que d’ici deux ans on aura l’intelligence artificielle nécessaire pour prendre des décisions stratégiques à la place des décideurs“, rappelle l’auteur. Sont-ils désormais prêts ?

Pour réécouter cette émission : https://www.sudradio.fr/emission/bercoff-dans-tous-ses-etats-260/?season=2020

Les masques, enjeu de marché noir

C’est devenu un enjeu de taille pour la criminalité. Les vols des masques de protection anti-Covid-19, désormais essentiels à tout un chacun à l’heure du déconfinement, se sont multipliés dans l’Hexagone et se vendent au prix fort sur les marchés clandestins. Jeudi dernier, le maire communiste de Montreuil, une ville située en Seine-Saint-Denis (93) a déploré la disparition de centaines de milliers de masques dont une partie était destinée à ses administrés.

« C’est avec une immense colère que j’ai appris que le camion acheminant 500 000 masques en tissu, dont 50 000 étaient destinés aux habitants de Montreuil, a été victime d’un vol. Je condamne avec la plus grande fermeté cet acte criminel qui met en danger les habitants de Montreuil. » Sur son compte Twitter, Patrice Bessac, réélu dès le premier tour lors des dernières élections municipales, n’a pas caché son désespoir et sa colère. D’autant que le préjudice pour cette mairie communiste est de 112 000 euros. Parti du Portugal, le camion a été vidé de son contenu sur une aire d’autoroute en Espagne. Les circonstances de cette disparition ne sont pour l’heure pas déterminées mais témoignent de la situation actuelle à laquelle doivent faire face de nombreuses villes de France et de Navarre qui passent de grosses commandes de masques. Les criminels n’hésitent plus à « braquer » les camions transportant cette précieuse cargaison ou même à pénétrer dans les hôpitaux pour s’emparer du butin. Une fois sur le marché, ils sont revendus le double de leur prix à l’unité. L’affaire est juteuse d’autant que l’argent alimente aussi celui de la contrefaçon.

« La part la plus noire de l’âme humaine », regrette Xavier Bertrand, ancien ministre de la Santé, qui s’est plaint de la recrudescence du nombre de sites de vente illégaux sur Internet. La métropole n’est d’ailleurs pas la seule à être touchée par ce phénomène. En Guyane, récemment, c’est 40 000 masques qui ont été dérobés dans un local du centre spatial de Kourou. Faut-il prévoir des escortes policières ? Le gouvernement planche sur cette solution qui appelle à une coopération européenne incertaine. Pour l’heure, le ministère de l’Intérieur ne répond qu’avec le seul arsenal juridique qu’elle possède. Cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende. Si tant est que les voleurs soient retrouvés.

En attendant qu’une enquête sur le vol de ces 500 000 masques soit menée, Madame le maire de Bondy, Sylvine Thomassin, a interpellé le préfet. « Cette situation est la conséquence simple et triste de l’inaction de l’Etat sur ce sujet. Car si la distribution de masques était centralisée et faite par l’Etat, je parle de masques gratuits et réutilisables pour tous les Français, nous n’en serions pas là », a déclaré l’élue socialiste, faisant écho aux nombreuses irritations des maires de France se plaignant de l’incompétence du gouvernement sur le sujet.

Jean-Louis Leroy

Article paru dans Présent daté du 11 mai 2020

Entretien avec Ivan Rioufol : Après le politiquement correct, le sanitairement correct !

12/05/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Le journaliste-éditorialiste du Figaro, Ivan Rioufol, est devenu le défenseur courageux de la révolte des Gilets Jaunes et le « gaulois réfractaire » à la Macronie, ses pompes et ses œuvres.

Pour TVLibertés, l’auteur de « Macron, la grande mascarade » dénonce la bunkérisation de la pensée dans notre pays et affirme qu’au politiquement correct s’ajoute aujourd’hui le sanitairement correct. Le Parti de l’Ordre Sanitaire fait régner sa loi. Et malheur à ceux qui, comme le Professeur Raoult, osent exprimer des analyses divergentes.

Entretien sans langue de bois…


Pas plus de 100 km pour éviter les « brassages de population »… et si on reparlait des frontières ?

Au mois de décembre, on sort de sa boîte le confit de canard. Au mois de mai, on déverrouille le couvercle du confit de Français. Enfin, on l’entrouvre. Pas plus de 100 km, essentiellement pour aller au boulot. Mais n’est-ce pas là la vraie liberté, mes chéris ? Arbeit macht frei, comme disaient d’autres grands confineurs historiques de Français.

Youpi ! Le formidable progrès, et c’est à peu près le seul, est que nous n’aurons plus à produire, dans notre département ou dans un rayon de 100 km « à vol d’oiseau », notre auto-autorisation de sortie, document de confinement confinant surtout à l’absurde, fruit des amours monstrueuses du « trouple » Courteline, Ionesco et Devos.

Le précieux document reste cependant valable « au-delà », Édouard Philippe ayant précisé qu’il fallait absolument éviter les « brassages de population ». Une déclaration aux relents réactionnaires et même ségrégationnistes tout à fait contraire au vivre ensemble, poncif un peu moins à la mode, il est vrai, ces temps derniers, le mourir seul ayant pris le dessus. Rassurez-vous cependant, le politiquement correct est sauf, puisqu’il ne s’agit là que d’exclusion franco-française : interdiction est faite aux bouseux du Cantal de se mélanger aux ploucs du Berry. Chacun chez soi et les vaches – c’est-à-dire nous, ruminants nos inquiétudes – seront bien gardées.

Pour y contrevenir il faudra un « motif professionnel ou familial impérieux ». Aucune liste exhaustive, mais un contre-exemple, en revanche, a été cité jeudi par un Édouard Philippe ironique, comme si cela tombait sous le sens, ma brave dame. Rejoindre sa résidence secondaire n’est pas une bonne raison.

La propriété, c’est mal, vouloir s’y rendre – par exemple pour l’entretenir -, c’est encore pire. Ce gouvernement n’aime pas le patrimoine, et comme Stéphane Bern l’a fait remarquer, évoquant « un malentendu », celui-ci est d’ailleurs l’angle mort du plan de sauvetage de la culture récemment déroulé par Franck Riester. Celui-ci est plutôt axé, voyez-vous, sur le « fratrimoine » : les frérots, les potes, les copains de gauche du « spectacle vivant ».

Sans compter qu’en ces temps d’impopularité, réveiller l’image d’Épinal du bourgeois parisien rejoignant sa luxueuse villa à l’île de Ré en faisant peu de cas des gueux, là-bas, qu’il risque de contaminer permet d’encaisser les bénéfices faciles d’une lutte des classes mal éteinte. Tant pis pour la mauvaise foi, car évidemment, la résidence secondaire, c’est aussi et surtout le Français modeste, locataire de son logement principal tout aussi modeste que lui mais qu’il est pourtant bien incapable d’acquérir, eu égard à la pression immobilière des grandes métropoles où, bassin d’emploi oblige, il a bien dû faire sa vie. Celui-ci a donc gardé ou acheté une petite bicoque en province, ses racines et son refuge, dont il aime et doit, à chaque printemps, entretenir le toit et le jardin. Sauf cette année. Pour les retraités, c’est double peine : non seulement on les enjoint à rester terrés chez eux (certes, ils sont autorisés à sortir, mais c’est à leurs risques et périls et on leur promet gentiment mille morts s’ils s’y aventuraient) mais, en sus, ils n’ont pas le droit de se retirer, au calme, dans une région moins anxiogène où ils pourront enfin respirer, près de leurs géraniums et rosiers en fleur.

Dire que le 10 mars dernier, lorsque le jeune Sebastian Kurz a décidé de contrôler drastiquement les entrées sur le territoire autrichien, Emmanuel Macron a parlé de « mauvaise décision », le virus, selon lui (petit rire), ne connaissant pas les frontières. Mais le virus connaît les octrois ?

Heureusement, le jeune chancelier fédéral a la charité, aujourd’hui, de ne pas le narguer : dans un pays certes plus petit que le nôtre mais à densité comparable (et ayant eu, lui aussi, ses foyers infectieux, en particulier dans le Tyrol), il y a proportionnellement six fois moins de morts, le processus de déconfinement a démarré le 14 avril (pour un confinement entamé peu ou prou en même temps que nous), les bars et restaurants, derniers commerçants fermés, rouvriront le 15 mai. Les écoliers auront tous repris le 18, et le bac aura bel et bien lieu.

Lorsque l’heure sera venue, calmement mais avec détermination, de déballer tous les dossiers pour faire la vérité, penser, après la mascarade et le sketch des tests, à ne pas oublier la scandaleuse pantomime des frontières.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le COVID-19 révélateur du naufrage structurel de l’Afrique, par Bernard Lugan

L’Afrique qui sombre économiquement, socialement et politiquement accuse le Covid-19 d’être la cause de son naufrage alors qu’avec « seulement » 47581 cas et 1862 décès pour 1 milliard 400 millions d’habitants au 5 mai 2020 (OMS), elle était humainement épargnée.
Il importe d’être très clair : aucun des maux actuels de l’Afrique n’a été provoqué par le virus, leur origine se trouvant dans la crise structurelle qui secoue le continent depuis la décennie des indépendances. Le Covid-19 en est le révélateur et l’accélérateur, pas la cause. Mais la pandémie est utilisée comme prétexte par les dirigeants africains pour gommer leurs responsabilités ou même pour s’en exonérer.

Car enfin :

1) Le Covid-19 n’est pas responsable de la suicidaire démographie africaine.

Une démographie qui, avec 50 millions de naissances annuelles, annihile toute possibilité de « développement ».

2) Le Covid-19 n’est pas la cause de la pauvreté abyssale de l’Afrique.

En 2000, vingt ans donc avant le Covid-19, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) adoptés par 189 Etats, actèrent qu’aucun recul de la pauvreté africaine ne pouvait être envisagé sans un minimum de croissance annuelle de 7% soutenue durant plusieurs années. Or, année après année, il a manqué à l’Afrique entre 3 et 4% de croissance pour atteindre cet objectif. Résultat, loin de se combler, et en dépit des sommes colossales déversées par les pays « riches », la pauvreté africaine a continué à augmenter. Le Covid-19 n’y est pour rien.

3) Le Covid-19 n’est pas à l’origine de la non-diversification des économies africaines

Les variations du prix des matières premières sont cycliques. Leur actuelle baisse a débuté plusieurs années avant le Covid-19 et elle a des conséquences telluriques pour des pays comme l’Algérie ou le Nigeria qui en tirent jusqu’à 98% de leurs recettes. Mais une fois encore, nous ne sommes pas face à une nouveauté, l’Afrique ayant déjà plusieurs fois subi ce phénomène. Or, quand les cours connaissaient des cycles hauts, les pays africains dépensèrent sans compter. Aujourd’hui, confrontés à un cycle baissier, ils sont incapables de faire face à leurs échéances. Les voilà donc contraints de s’endetter pour simplement acheter la paix sociale et tenter d’éviter la révolution. Le Covid-19 n’est responsable, ni de leur manque d’anticipation, ni de leur imprévoyance.

4) Le Covid-19 n’a pas provoqué la faiblesse des IED (Investissements étrangers directs) en Afrique.

En mai 2018, deux ans avant le Covid-19, la BAD (Banque africaine de développement) soulignait que pour les seuls investissements dans les infrastructures essentielles, l’Afrique avait besoin annuellement de 170 milliards de dollars d’IED (Investissements étrangers directs). Or, au total de tous ses postes, elle n’en reçut cette année-là que 60 mds sur les 2000 milliards (mds) de dollars d’IED mondiaux (Banque mondiale). L’Afrique, dans l’ensemble de la globalité de ses 54 pays et de son 1,2 milliard d’habitants a donc reçu presque autant d’IED que Singapour (61,6 mds pour 6 millions d’habitants), et moins que l’Irlande (79,2 mds pour 5 millions d’habitants)… Le Covid-19 n’est évidemment pas responsable de ce désintérêt des investisseurs.

Quant aux questions relevant de l’ethno-politique, de la « mauvaise gouvernance » ou encore de la corruption, elles n’ont pas non plus été créées par le Covid-19.
Comme ses problèmes structurels sont et seront aggravés par les conséquences mondiales de la pandémie, l’Afrique va donc s’enfoncer encore davantage dans le néant. Les pays « riches » et en crise, vont alors généreusement voler à son secours au moyen d’aides d’urgence, d’annulations de dettes et de nouveaux budgets de « développement ». Ces cache-misère ne régleront rien. Pire, ils infantiliseront encore davantage les Africains tout en ne faisant que reculer le moment de l’inévitable collapsus. L’autopsie permettra alors de constater que les Diafoirus des ONG, les architectes du « développement », les tendeurs de sébiles et les bonnes âmes auront tué l’Afrique. Mais il sera trop tard…

Voilà pourquoi, et comme je l’explique dans mon livre Osons dire la vérité à l’Afrique, il est maintenant vital de changer de paradigme. Celui de la victimisation avec la rente victimaire (« le développement » en langage politiquement correct) qui est son corollaire, est à bout de souffle. De plus, il interdit de décrire la réalité au risque de se voir qualifié d’ « afro-pessimiste » et traité de « raciste ». Or, à mauvais diagnostic, mauvais traitement.

Et pourtant, le remède existe. Mais il passe par l’abandon des Nuées, le retour au réel, le rejet de l’universalisme et avant tout par l’acceptation de la notion de différence. Car, comme le disait le maréchal Lyautey, l’Afrique est « autre ». Et c’est parce qu’elle est « autre », que nos modèles élaborés au XVIIIe siècle dans les loges et les cabinets philosophiques lui sont aussi peu adaptés qu’un greffon de prune sur porte-greffe qui serait un palmier…

Bernard Lugan

Texte repris du site Blog de Bernard Lugan

Un non-confinement sous encadrement sanitaire serait plus efficace que le confinement contre le coronavirus

06/05/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
C’est ce que semble montrer une comparaison qui a été faite sur Dedefensa.org entre la Belgique et les Pays-Bas. Dès le 17 mars, la Belgique a adopté un confinement radical à la Française. Les Pays-Bas, quant à eux, ont appliqué un minimum de mesures sanitaires obligatoires. Les chiffres publiés par l’OMS permettent de comparer l’efficacité sanitaire des mesures adoptées.

La veille du confinement, le 16 mars, la mortalité en Belgique était plus faible qu’aux Pays-Bas, (0,43) contre (1,17). Cette différence a persisté pendant les 15 premiers jours du confinement. Après 43 jours de confinement, la prévalence de l’infection en Belgique dépasse de 82% celle des Pays-Bas, et le sur-risque de mortalité belge atteint 137%.

Ces chiffres plaident dans le sens du déconfinement et de la responsabilisation des individus qui sont capables de prendre les bonnes mesures sanitaires, au lieu de les infantiliser par une surveillance policière et un discours médiatique et politique de la peur.

En épidémiologie, la prévalence est une mesure de l’état de santé d’une population, dénombrant le nombre de cas de maladies, à un instant donné ou sur une période donnée. Pour une affection donnée, on calcule le taux de prévalence en rapportant ce nombre à la population considérée. Le sur-risque est un risque supplémentaire, par rapport à l’âge, à la condition physique.

Sébastien Chenu : « Non seulement ils sont incapables, mais ils sont lâches »

Aurore Bergé, députée LREM, vient de déclarer sur Twitter : « Nous proposerons une adaptation de la législation pour effectivement protéger les maires pénalement mais aussi toutes les personnes dépositaires d’une mission de service public dans le cadre des opérations de déconfinement. » Une façon de préparer le « monde d’après » ? Réaction du député Sébastien Chenu.

Visiblement, la majorité et le gouvernement préparent le monde du déconfinement. Ils vont a priori légiférer le fait d’exonérer pénalement toutes personnes dépositaires de l’autorité publique. Ils parlent des maires en premier lieu, mais surtout des ministres. On pense à tous les responsables de cette gestion de crise, notamment à Agnès Buzyn, Bruno Salomon et Olivier Veran. Que cela révèle-t-il ?

Ceux qui croient que le monde d’après avec les mêmes responsables politiques de la Macronie sera différent du monde d’avant se trompent. En réalité, les mêmes individus auront les mêmes faiblesses et auront la volonté d’échapper à leurs responsabilités. Non seulement ils sont incapables, mais ils sont lâches. Ils nous le démontrent avec cette proposition. Il convient de faire la part des choses.
Les maires sont obligés d’appliquer les décisions de l’État et ne sont pas pénalement responsables d’un certain nombre de ces décisions. Mais exonérer toute personne qui a une responsabilité publique, ministre, haut fonctionnaire, dirigeant d’un service public national, me semble évidemment être une manœuvre pour permettre à ces incapables d’échapper à la justice et à leur responsabilité. Quand je dis « ces incapables », on peut remonter à quelques années en arrière. La Macronie est une sorte de nouvel UMPS et les responsables remontent à plusieurs gouvernements en arrière.
Il faudra qu’ils viennent s’expliquer devant la justice et, le cas échéant, peut-être être sanctionnés.
Ils sont toujours capables de se retrouver entre eux pour se protéger les uns les autres.

Vous parlez du mandat précédent, on peut penser au cabinet de Marisol Touraine qui regroupait des Gabriel Attal, Bruno Salomon et Benjamin Griveaux. Finalement, derrière cette excuse de protéger des maires, on sent qu’il y a une volonté du gouvernement de se protéger lui-même.

On peut même remonter plus loin. Les gouvernements Sarkozy, Hollande et Macron sont peuplés des mêmes individus. C’est ce qu’on appelle le système. Ils changent de déguisement et d’apparence, mais ils poursuivent les mêmes politiques. Puisque ce système existe, ils cherchent aujourd’hui à se protéger. C’est toute la proposition que fait Aurore Bergé, elle-même une créature du système, qui est de produire une loi qui protège les acteurs de ce système, d’où qu’ils viennent.

Il est toutefois plus facile de critiquer l’action que d’agir soi-même. Le gouvernement n’a-t-il pas géré la crise du mieux qu’il le pouvait ? Serait-il injuste de l’attaquer, alors même que nous serions dans les mêmes difficultés si nous étions aux commandes ?

Le gouvernement a commis plusieurs fautes. La première, il a menti et continue de mentir aux Français. C’est probablement la pire chose que l’on puisse faire lorsqu’on a des responsabilités.
La deuxième chose, c’est que le gouvernement n’a rien anticipé parce que sa politique amène à ce type de résultat. À partir du moment où ils ont démantelé les services publics ou l’industrie française, ils se sont aperçus aujourd’hui qu’ils n’avaient pas les moyens de protéger les Français. Par conséquent, ils mentent aux Français, ils n’ont pas anticipé et la politique qu’ils mènent depuis des années fait d’irrémédiables dégâts. Il est possible de faire autrement. Et d’ailleurs, d’autres pays l’ont fait. L’Allemagne et Israël ont géré les choses différemment. Ils ont anticipé les choses et n’ont pas menti à leur population. Par conséquent, les résultats sont meilleurs.
Nos premières alertes datent du mois de janvier. Nous avions proposé une autre méthode et nous continuons de le faire.
Il y a quelques jours, je disais que j’étais très sceptique sur le nombre de tests qui pouvaient être réalisés dans notre pays, compte tenu de leur incapacité à avoir commandé des tests. On est en train de se rendre compte qu’Olivier Véran a encore menti aux Français. Il n’y aura pas 700.000 tests faits à la date qu’il avait annoncée.

Vous êtes député du Nord et vous êtes dans l’opposition. Voudriez-vous que les ministres concernés s’expliquent devant la justice ?

La justice fera son boulot le moment venu. Je pense que le gouvernement doit dire la vérité aux Français, doit s’expliquer devant la représentation nationale et doit faire l’objet de commissions d’enquête parlementaires. Nous pourrons jouer à ce moment-là notre rôle de parlementaires. Notre rôle n’est pas seulement de critiquer, mais c’est aussi de proposer. Chaque jour, nous continuons à faire des propositions. Nous en avons fait au sujet de l’école. Cette étape est un fiasco.
La justice suivra son cours, mais elle ne pourra le faire qu’à partir du moment où ce système macroniste n’aura pas pipé les dés en produisant une loi destinée à voir les acteurs de ce scandale et de ce fiasco lui échapper. Je pense que les Français ne lui pardonneront pas.

Le déconfinement qui commencera par l’école est au cœur de la polémique. La plupart des parents se refusent à remettre leurs enfants à l’école. Êtes-vous partisans d’une reprise de scolarité ou, au contraire, est-ce trop dangereux ?

Nous avons considéré que la rentrée devait attendre septembre et que la nécessité était l’accueil des enfants de professionnels. En ce qui concerne la capacité à faire revenir les enfants en maternelle, primaire ou collège, les risquent sanitaires étaient trop importants pour les enfants, les professionnels, les enseignants et les personnels techniques de l’Éducation nationale. Par conséquent, nous avons demandé que cette rentrée soit reportée. Là encore, je vois que le gouvernement a été inflexible alors que, sur le terrain, des centaines de maires refusent d’appliquer cette décision gouvernementale, simplement pour protéger les leurs.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Aéroport d’Alger : panique des « binationaux » coincés au bled…

On aura assisté, ces derniers jours, à des scènes qualifiées de « sidérantes » par le quotidien El Watan, à l’aéroport Houari-Boumédiène d’Alger. Au début de la pandémie, on avait vu, à l’aéroport d’Orly et sur le port de Marseille, des centaines d’Algériens et de binationaux franco-algériens, tenter de rejoindre le bled (supposé alors moins touché par le virus).

Depuis avril, mouvement inverse : des milliers de personnes essaient, dans une cohue et une promiscuité indescriptibles, de rejoindre l’hexagone supposé, malgré des ratés impressionnants, mieux encadré médicalement et sanitairement. On rappellera au passage que l’Algérie ne reconnaît pas la double nationalité : pour Alger, un Algérien, même doté d’un passeport français, reste un Algérien, point barre.

Depuis la fermeture de l’espace aérien pour cause de coronavirus, l’aéroport Houari-Boumédiène est fermé. Sauf pour des vols d’Air France dits « de rapatriement (sic) ». Le 15 avril dernier, Air France avait affrété un avion pour récupérer ce que, pour la circonstance, El Watan appelle des ressortissants français. Quelque 200 places disponibles. Et la promesse d’autres vols par la suite. Mais ils auront été des milliers à investir l’aérogare ce jour-là. Ce qui arrache ce cri du cœur à El Watan : « Le spectacle est humiliant pour ces citoyens et ces familles qui vivent le calvaire loin de leurs chez-soi. Sans compter le risque aggravé d’une contamination au virus corona dans la promiscuité imposée dans de telles circonstances. »

Le couvre-feu ayant été instauré à Alger de 15 heures à 7 heures du matin, des centaines de gens avaient passé, dans des conditions qu’on imagine, la nuit à l’aéroport pour avoir une chance de prendre l’avion du lendemain. Qui sont ces candidats au retour que El Watan nous donne comme des « ressortissants d’Air France », donc des « Français » si on comprend bien ? Des binationaux et des détenteurs de titres de séjour. Qui tiennent la France pour « responsable de leur calvaire » comme le dit avec colère l’un de ces binationaux : « Les autorités ont rapatrié les Français de souche en premier et nous, les binationaux, nous sommes le dernier de leurs soucis. Nous payons pourtant nos impôts en France ! ».

Ce qui arrache ce trémolo à El Watan : « Pour ces gens, leur vie est en France, ils y travaillent, ils y ont leur famille, leur maison ; et beaucoup rencontrent des complications dans leur emploi, comme Naïma B., une architecte venue enterrer son père le 15 mars et qui n’a pas pu rentrer suite à la suspension des vols d’Air France, et à qui son employeur a refusé le télétravail en la mettant de fait en congé. Ces drames se comptent par centaines et se racontent sur une page Facebook nommée Binationaux bloqués en Algérie et créée à l’occasion par des concernés. »

A noter que ces binationaux ayant par définition deux nationalités, ils ne sont pas en terre étrangère en Algérie… Certains qui, il y a peu de temps encore, portaient – en France – le maillot de l’équipe de foot algérienne et qui – en France – déployaient des drapeaux FLN, se découvrent soudain furieusement hexagonaux : « Il y a des personnes malades et privées de leurs médicaments introuvables en Algérie. »

Cela ne les empêche pas de s’en prendre à l’ambassade de France et à ses consulats et de poser cette question pour le moins hors-sol de la part de gens qui crient, à chaque occasion, que l’Algérie est leur vraie patrie : « Pourquoi la France nous abandonne ? » Côté ambassade, on invite « tous ceux qui n’ont pas une raison impérieuse de rentrer en France à éviter autant que possible les déplacements internationaux, même pour revenir sur le territoire national ». C’est un conseil judicieux. On pourrait peut-être le prolonger après la fin de la pandémie, non ?

Alain Sanders

Article paru dans Présent daté du 29 avril 2020

Pour Daech, le coronavirus est un « soldat de l’Islam »

29/04/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Depuis l’arrivée du coronavirus, Daech est passé au second plan de l’actualité.

Le groupe terroriste est-il aussi touché par la crise sanitaire du Covid-19 et si oui, comment?

Explications d’Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français et directeur adjoint du CF2R, au micro de Rachel Marsden.


Covid-19 : les dessous de la rage anti-Raoult, par Ivan Rioufol

Une autre épidémie gagne une partie du corps scientifique et médical : la rage anti-Raoult. Elle a déjà contaminé aussi quelques intellectuels lucides, à commencer par Alain Finkielkraut. Le professeur marseillais, spécialiste mondialement reconnu en infectiologie et microbiologie, est devenu un repoussoir “populiste” pour le nouveau Parti de l’Ordre Sanitaire et ses milices. Celles-ci, qui recrutent leurs sicaires sur les réseaux sociaux, sont prêtes à dresser les listes de ceux qui ne respectent pas le confinement ou qui affichent leur indiscipline face aux interdits du sanitairement correct. Nombreux sont les brocanteurs de morale qui, une fois de plus, révèlent leur vocation de petits flics. C’est ainsi également que Raoult vient d’être indirectement épinglé par le conseil national de l’Ordre des médecins.

Ce dernier a, le 23 avril, dénoncé les “protocoles de recherches cliniques illégaux“, en visant plus particulièrement le traitement à base de chloroquine proposé par le professeur contre le Covid-19. Dans le même temps l’Armée reconnaissait, après des preuves dévoilées sur l’internet, avoir commandé à la Chine, par précaution, des stocks de chloroquine. Cela fait trois mois que le professeur Didier Raoult propose une solution contre le Covid. Il se heurte à la loi des normes et à des querelles de chapelle. En 1985, avec l’apparition du sida, Laurent Fabius, premier ministre, avait refusé d’agréer le test américain Abbott dans l‘attente d‘un test Pasteur en cours de préparation. Six mois avaient été perdus. 200 personnes avaient été contaminées chaque mois. Va-t-on vers un autre scandale sanitaire ?

L’emprise de la politique dans le débat factuel sur l’efficacité de la chloroquine est absurde. Se laisse voir une Science qui s’impose comme une idéologie, avec ses certitudes, ses sectarismes, ses dissidents. Raoult ne pêche pas par modestie, c’est entendu. Mais faudrait-il qu’il s’excuse, devant ses procureurs, d’être ce qu’il est ? Voici un médecin qui soigne, dans l’urgence, des patients qui semblent majoritairement satisfaits. Dans un de ses derniers tweets, il citait le maréchal Foch “Les règlements, c’est bon pour l’exercice, mais au moment du danger, il faut autre chose”. C’est ce pragmatisme que revendique Raoult et qui lui donne raison. Pour mieux le comprendre, il faut lire un de ses inspirateurs, le philosophe autrichien Paul Feyerabend. Dans son livre (Contre la méthode, Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance, Seuil, 1975), Feyerabend écrit notamment : “Toutes les méthodologies ont leurs limites, et la seule “règle” qui survit, c’est “Tout est bon”“. Si Feyerabend constate la séparation entre l’Eglise et l’Etat, il regrette : “Il n’y a pas de séparation entre l’Etat et la Science“. Or, pour lui, seule cette séparation “peut être notre chance de vaincre la barbarie forcenée de l’âge technico-scientifique et d’accéder à l’humanité dont nous sommes capables (…)“.

Feyerabend conclut : “Libérons la société du pouvoir d’étranglement d’une science idéologiquement pétrifiée, exactement comme nos ancêtres nous ont libérés du pouvoir d’étranglement de la vraie-et-unique religion !“. L’épreuve de force lancée par le Parti de l’Ordre Sanitaire contre le professeur Raoult fera forcément une victime. La rage perdra.

Ivan Rioufol

Texte daté du 27 avril 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol