Épidémie d’abstention aux élections municipales

16/03/2020 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
En pleine épidémie de coronavirus, le premier tour des municipales, marqué par une abstention record de 54,5 %, soit presque 18 points de plus qu’en 2014, s’est déroulé dans un climat étrange. Il semble néanmoins pour l’instant difficile d’évaluer l’impact qualitatif du virus sur les résultats de ce premier tour. L’annonce des premiers résultats dans les grandes villes est marquée par une percée importante du partie Europe Écologie, Les Verts. Le parti écologiste est parvenu en tête des suffrages à Lyon, Bordeaux ou encore à Strasbourg et deuxième à Lille, confirmant une tendance à la hausse de la question écologique, dans les classes moyennes supérieures. Le parti présidentiel obtient des scores très mitigés, ratant sûrement son implantation locale. Le Parti socialiste et les Républicains conservent les meilleurs scores dans leurs mairies sortantes respectives, à Paris, Lille, Rennes pour le PS (parti socialiste) et Marseille, Toulouse, Nice, pour les Républicains..

Malgré le coronavirus, le second tour aura-t-il bien lieu ?

Indépendamment des scores de leurs partis respectifs, de nombreuses personnalités politiques toutes tendances confondues ont appelé à un report du second tour. Le Premier ministre a annoncé réunir les fameux experts scientifiques d’ici samedi afin de décider de la tenue ou non du second tour. Pourtant la loi est formelle et le report d’un second tour entraînerait automatiquement les résultats du premier. Aux vues de la situation tout semble néanmoins envisageable.

Peut-on se poser la question de la légitimité de ces élections ?

Avec un taux d’abstention historiquement haut, des campagnes électorales perturbées, la question n’est pas anodine. La municipalité est pourtant le noyau de la vie politique pour de nombreux citoyens français. Il y a un an, alors en pleine crise des Gilets jaunes, ce fut vers les maires que s’était tourné le président Emmanuel Macron, pour tenter de calmer le mouvement populaire.

Le nécessaire retour aux frontières, par Ivan Rioufol

Fron-tière : un mot que le progressiste a du mal à épeler et à prononcer. Pour les convertis à la nouvelle religion des droits de l’homme et aux sociétés ouvertes, rien ne doit plus distinguer ni séparer les nations et les peuples. L’utopie est en vogue dans la macronie, ce produit de l’air du temps. Il y a deux semaines, parlant de l’épidémie du coronavirus, le ministre de la Santé, Olivier Véran, déclarait : « On ne fermera pas les frontières car ça n’aurait pas de sens« . Propos repris dans la foulée par la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye : « Les frontières physiques n’ont pas de sens pour un virus ». Pas de sens : une expression répétée dès lors par la moutonnerie médiatique, s’évertuant à ne pas voir non plus le lien entre la mondialisation et la contamination du Covid-19 comme une traînée de poudre. Mais qu’observe-t-on ces jours-ci, sinon le recours aux frontières, aux confinements, aux quarantaines ? Après Israël, qui a fermé ses entrées immédiates aux arrivants des pays à risque (dont la France), l’Italie a décidé ce week-end de faire vivre le nord du pays – de Milan à Venise – dans une sorte de camp retranché jusqu’au 3 avril.

Pour sa part, la Chine assure avoir maîtrisé le virus après avoir cloîtré 56 millions d’habitants. Comment l’Etat français peut-il soutenir, sinon par un a priori idéologique qui rend sot, qu’un virus transmissible par le contact humain se joue des frontières physiques ? Sans doute ne sont-elles pas suffisantes. Mais la France et l’Italie, les deux pays d’Europe les plus affectés, paient aussi le prix d’aveuglements politiques sur le rôle protecteur que peuvent avoir les nations soucieuses de maîtriser leurs portes.

En réalité la frontière n’a pas fini de s’imposer comme une nécessité à ceux qui pensaient en avoir fini avec ce concept ringard défendu par des arriérés. Le coronavirus est la mauvaise conscience des mondialistes. Ceux-ci sont condamnés à déplorer, ce lundi, l’effondrement des marchés boursiers, de Hong Kong à Londres. En France, l’impact sur l’économie devrait être de plusieurs dixièmes de points de PIB, selon le ministre du Budget, Bruno Le Maire. Et la menace parallèle que fait courir la Turquie d’Erdogan sur l’Europe et ses nations oblige encore davantage à réhabiliter en urgence ces indésirables limites territoriales. Elles s’avèrent plus que jamais indispensables. A l’invasion du virus chinois s’ajoute en effet la tentation du sultan islamiste de conquérir l’Europe vénusienne, en s’abritant derrière des réfugiés moyen-orientaux et notamment des femmes et des enfants.

Le président turc est attendu ce lundi à Bruxelles. Mais il est à craindre que l’Union européenne herbivore ne rende à nouveau les armes devant la Turquie carnivore. Erdogan, qui se bat pour la consolidation de ses propres frontières, connait la fragilité de celles de l’UE. Il a mesuré la culpabilité postchrétienne de ses dirigeants. Dimanche, il a appelé la Grèce à « ouvrir ses portes » aux migrants : « Hé, la Grèce ! Je te lance un appel…Ouvre tes portes également et libère-toi de ce fardeau. Laisse-les aller dans d’autres pays européens ». Qui bottera le cul de la brute ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 9 mars 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Coronavirus – Le virus de la mondialisation

« Il ne faut pas évoquer les frontières, parce que le virus n’en fait aucun cas ». Voilà en substance ce que racontent les gouvernements européens. Jusqu’au moment où le réel arrive jusqu’à eux, et que les premiers des leurs sont infectés. Quatre députés français, un sénateur et le ministre de la Culture Franck Riester sont positifs au coronavirus. La Lombardie, poumon économique de l’Italie, est mise en quarantaine (voir page 3). Les frontières seraient inutiles mais les zones de quarantaine le seraient ? La pilule commence à être un peu douloureuse pour les peuples.

La conséquence des mises en place de zones de quarantaine un peu partout sur la planète permet de faire à très grande échelle une expérience anthropologique des plus intéressantes : l’observation des comportements face à la pression. Les premières vidéos clandestinement mises sur Internet depuis la Chine permettent de voir une population disciplinée à l’extrême, très docile aux commandements administratifs. Les hôpitaux de campagne sont en ordre, et les supermarchés sont sécurisés par un déploiement policier. Des volontaires encadrés par l’armée surveillent et contrôlent l’accès aux points de passage des zones confinées. Au-delà de la mentalité légaliste de ce peuple, la dictature communiste n’est pas un régime qui incite au désordre, la police étant au service d’un exécutif impitoyable pour lequel l’ordre public est tout.

A contrario, en Italie, l’annonce du confinement de la Lombardie a donné lieu à des scènes navrantes. Le gouvernement est en partie responsable : ses atermoiements et l’imprécision de sa communication ont donné le sentiment qu’il ne maîtrisait pas la situation. Dès lors, lorsque la Lombardie a été proclamée en quarantaine, des milliers de personnes se sont précipitées dans les trains et sur les routes pour fuir. D’autre part, des émeutes ont immédiatement éclaté dans au moins vingt-sept prisons, en particulier à Naples et Pavie. Dans les Pouilles, à Foggia, une cinquantaine de détenus se sont évadés. Une grosse trentaine ont d’ores et déjà été interpellés par les forces de l’ordre.

En France, les comportements varient considérablement d’un kilomètre à l’autre. Dans le quinzième arrondissement de Paris, les rayons pâtes et riz sont très faiblement touchés, seul quelques rares produits étant en rupture de stock, comme les plus grands conditionnements de pâtes les moins chères. Les consommateurs sont calmes, et responsables, et si d’aucuns font des provisions, ce n’est pas au détriment de tout le monde via des chats inconsidérés. Mais non loin de Paris, à Mantes-la-Jolie, endroit connu pour sa très grande proportion de population immigrée très récemment française ou qui ne l’est pas encore, les rayons de denrées non périssables ont été pillés. Cédant à l’appel de la panique, la population a créé des mouvements de foule avec des conséquences tristement idiotes qui en sont le corollaire. A noter que les pâtes sans gluten sont souvent demeurées sur place, la panique ne faisant pas perdre l’intégralité du bon sens.

La crainte de la faim crée des clients faciles pour ceux qui n’ont honte de rien. Sur Internet, les produits alimentaires livrés par Amazon ont connu une hausse spectaculaire des prix, illustrée par une boîte de conserve de maquereaux dont le prix est monté à plusieurs dizaines d’euros. Autre motif de spéculation, le papier toilette est en rupture de stock dans plusieurs endroits, et des vidéos de bagarre entre clients pour quelques rouleaux ont été observées, notamment en Australie. Les magasins disposant d’un service de « drive », c’est-à-dire d’achats faits sur Internet et récupérables à un guichet, voient leur activité exploser : jusqu’à 90 % de vente sur les pâtes et le riz en France. Plusieurs gouvernements ont décrété des restrictions : pas plus de quatre rouleaux de papier toilette en Australie, idem pour le gel hydroalcoolique, les conserves, le sucre, etc. Une expérience tragique mais intéressante à analyser, et dont il ne faudra pas se priver de tirer des enseignements pour sécuriser notre futur.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 10 mars 2020

Coronavirus: entre précaution et lâcheté, par Maxime Tandonnet

Où s’arrête le principe de précaution? Où commence la lâcheté? Il est question d’individus en région parisienne qui ne prennent plus les transports en commun, métro et bus, ou ne se rendent plus dans les magasins ou les marchés, les réunions ou les spectacles. Les petits masques blancs fleurissent dans la rue. Entre amis, il n’est même plus question de se serrer la main. Des scènes hallucinantes de racisme envers des personnes d’origine asiatique, dans le métro, m’ont été rapportées de source sûre (même si je n’y ai pas assisté).

Les voyages à destination de pays, guère plus touchés que la France, s’effondrent. Et puis, une floraison d’absurdités: le semi-marathon est interdit mais les matchs de football – sacré ballon rond – autorisés. Il faut dire que les enjeux financiers ne sont pas les mêmes… Quand on annule le salon du livre, quand on ferme les musées et quand on interdit l’accès à des écoles, la peur l’emporte sur la littérature, la culture et science. Il serait même question dans certaines conversations, d’envisager un report des élections municipales. Des juristes estiment qu’il n’y aurait là rien de choquant.

Combien de millions de morts, de deuils et de souffrances indicibles, lors des guerres mondiales, pour défendre la démocratie et le droit de vote? La phobie d’un virus, aussi contagieux et dangereux soit-il, serait-elle donc assez forte pour faire reculer le suffrage universel? Et après, dans cette même logique, demain, toute épidémie de grippe – qui fait de nombreux morts aussi – justifiera-t-elle de suspendre la culture, la démocratie, la vie quotidienne?

Il n’existe pas de liberté sans risque. Celui-ci est réel et comparable à celui d’une grave épidémie de grippe dans ses formes les plus dangereuses. Cependant, le principe de précaution ne justifie pas tout. Quand il dégénère en lâcheté, individuelle et collective, c’est la liberté qui est menacée.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

Un virus et l’économie est au bord du gouffre ?, par Paul Vermeulen

Un dégât collatéral de l’épidémie du coronavirus, évaluée ce jour à environ 80 000 personnes infectées dans le monde, est son impact sur les marchés financiers. C’est un révélateur d’une économie fragile fonctionnant sur l’émotion. Si l’économie actuelle, c’est-à-dire la mondialisation, est menacée par le premier virus venu, dont on ne sait finalement que peu de choses, il convient en effet de s’inquiéter. Faut-il voir une corrélation entre l’épicentre chinois du virus, la Chine étant devenue de même un épicentre, sinon le principal épicentre de l’économie mondialisée ? L’avenir le dira. Si un des facteurs d’émotion est la vitesse de propagation, le Covid-19 touchant des pays comme la Corée du Sud, l’Italie, l’Espagne, le Japon, l’Iran ou les Etats-Unis, mais aussi le continent africain, l’autre est d’apprendre qu’il peut être transmis par des personnes ne présentant aucun symptôme.

L’émotionnel accroît le danger potentiel de l’épidémie

Dans cette situation où l’on sent que les individus mondialisés sont gavés depuis des années de séries, films et propos catastrophistes de type collapsologie ou d’appels à ce qu’un virus réduise une surpopulation mondiale qui, contre toutes les évidences démographiques sérieuses, serait responsable de tous les maux de la planète, le monde est émotionnellement au bord d’une panique qui a d’ailleurs commencé en Italie, où des supermarchés sont pris d’assaut. Le plus inquiétant est cependant que la panique émotionnelle gagne actuellement les marchés financiers. Le fait est que les bourses plongent et que plane sur les consciences le souvenir de la crise de 2008. Le Fonds monétaire international (FMI) a averti que la crise « pourrait mettre en péril la reprise » mondiale et a abaissé de 0,4 point sa prévision de croissance pour la Chine en 2020, à 5,6 %. Ce n’est qu’un début, d’après nombre d’économistes de plateaux de télévision. Les Bourses mondiales ont alors cédé à la panique face à l’accélération de l’épidémie : les places de Paris, Francfort, Londres, Madrid et Zurich chutaient de plus de 3 % lundi matin 24 février, tandis que celle de New York baissait mardi de près de 2 %, sa plus forte baisse depuis deux ans, comme la bourse australienne.

Celle de Milan, de plus de 4 %. En Asie, les Bourses chinoises ont terminé la séance de lundi en ordre dispersé, Hong Kong et Shanghai finissant dans le rouge tandis que la Bourse de Shenzhen a clôturé de peu dans le vert. Au Japon, la chute est de 3,3 %. De même, les cours du pétrole viennent de plonger de 4 %. Or, la Chine est le premier consommateur mondial de brut. L’or, valeur refuge, a atteint un nouveau sommet en sept ans, culminant à 1 689,31 dollars, une première depuis fin janvier 2013. Nous ne connaissons pas encore clairement les risques du Covid-19, peut-être gravissimes, mais nous savons déjà combien une récession économique née de l’irrationalité peut être néfaste. De quoi être inquiets, pour le coup, la montée de l’irrationnel n’étant jamais une bonne nouvelle.

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 26 février 2020

Le coronavirus, ou la mondialisation infernale, par Ivan Rioufol

Le coronavirus affole les mondialistes béats. Ceux-ci rêvaient de construire le paradis sur terre dans l’abolition des frontières, des nations et des peuples. C’était oublier que le paradis, dans sa racine littérale, désigne un jardin clos de murs. C’est bien l‘enfer qui, tout au contraire, se dévoile à travers cette épidémie qui dépasse le symbole. Partie de Chine, elle s’étend avec une rapidité inquiétante. Même l’Italie est désormais touchée. Le pays a dû ce week-end imposer des mesures de quarantaine dans une dizaine de communes du nord de la péninsule. Le Carnaval de Venise a été annulé dimanche. Bien d’autres nations sont atteintes, comme la Corée du Sud, l’Irak ou l’Iran. L’Arménie, la Turquie, la Jordanie, le Pakistan, l’Afghanistan ont fermé les frontières ou restreint les échanges avec ce dernier pays. Une panique est en train de s’installer, qui fait trembler les marchés boursiers.
Ce lundi matin, les bourses de Milan, Paris et Francfort étaient en chute de plus de 3%. La directrice du Fonds monétaire international (FMI) a averti que la crise « pourrait mettre en péril la reprise » mondiale. Le FMI a abaissé de 0,4 point sa prévision de croissance pour la Chine en 2020. Si l’on n’a jamais vu le battement d’une aile de papillon déclencher un ouragan de l’autre côté de la planète, un microbe est bel et bien en train de réveiller, chez les peuples vulnérables, le rejet du mondialisme et de son mélangisme universaliste. Ce poison-là peut tuer.

Derrière la crise sanitaire s’esquisse un débat politique sur la souveraineté des nations et la maîtrise des frontières. L’idéologie de la diversité – le diversitisme – se révèle être un obstacle pour répondre à ce défi planétaire. Résister à l’épidémie nécessite en effet de se libérer des interdits moraux, posés par la pensée dominante occidentale, sur le rejet de l’Autre, la discrimination, le repliement, etc. L’impératif antiraciste, qui prône le brassage des cultures et des peuples, ne peut s’opposer au besoin d’exclusion pour cause de survie. Dès à présent se pose la question, en Europe, du rétablissement interne des frontières. Ce lundi, la Commission européenne rappelle que le recours aux contrôles doit répondre à des conditions strictes.

Elle explique : « Le code Schengen sur les frontières autorise le rétablissement temporaire des contrôles, mais toute décision devrait être prise dans certaines conditions« . En l’occurrence, une telle décision doit être « basée sur une évaluation des risques crédibles et des preuves scientifiques« , être « proportionnée » et « prise en coordination avec les autres« . Reste que la Commission européenne, qui a construit sa politique sur l’accueil et l’ouverture, n’est pas la mieux placée pour donner son avis sur ce que les nations doivent faire pour se mettre à l’abri d’une menace. Les mondialistes ont causé trop de dégâts pour faire encore la leçon.

Ivan Rioufol

Texte daté du 24 février 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Le coronavirus, révélateur de la faillite à venir du mondialisme ?

Le dernier colloque de l’Iliade, le 6 avril 2019, était consacré au thème de la frontière. Lionel Rondouin y prononçait une allocution sur la protection des frontières économiques. Dans un passage, il évoquait la question de la sécurité des approvisionnements dans une économie mondialisée dépendante du commerce international. Il exposait en particulier les risques de rupture d’approvisionnement des marchés de consommation et les risques de chômage technique dans l’industrie en cas de catastrophe naturelle ou d’origine humaine.
Il prenait notamment comme exemple l’épidémie de SRAS de 2003, le Symptôme Respiratoire Aigu Sévère qui était apparu en Chine, et comment cette épidémie avait affecté à distance l’économie nord-américaine pendant plusieurs semaines.

L’épidémie de coronavirus qui s’est déclenchée en décembre dernier offre de nombreuses similitudes avec celle de SRAS, mais elle a pris une ampleur inconnue tant pour ce qui concerne les dommages humains que les conséquences économiques.
L’institut Iliade a interrogé Lionel Rondouin sur son analyse de la situation présente et les perspectives qu’il entrevoit.

Institut Iliade : Tout d’abord, et avant de parler de l’actualité, essayons de comprendre votre démarche. Comment et pourquoi vous êtes-vous intéressé à cette question du SRAS et aux perturbations que des catastrophes naturelles ou sanitaires peuvent causer à l’économie du monde ?

Lionel Rondouin : En réalité, je ne me suis pas intéressé au SRAS en 2003, c’est le SRAS qui est venu à moi…

J’ai séjourné plus d’un mois en déplacement professionnel à Toronto puis à New-York pendant l’épidémie. Il y avait des malades au Canada et sur la côte Ouest des Etats-Unis, au sein des communautés chinoises.

Le SRAS était en définitive moins grave que le coronavirus. Il était moins contagieux et — je vous le dis sans aucun cynisme, croyez-le bien — il était moins contagieux parce qu’il tuait plus vite. Mais ça, bien sûr, on ne peut le dire qu’avec le recul du temps.

Toujours est-il que tout le monde paniquait parce qu’il y avait des morts sur le sol nord-américain.

Et, surtout, j’ai constaté en lisant la presse quotidienne et en suivant les chaînes de télévision locales qu’une question revenait en boucle, l’approvisionnement en biens de consommation. En Amérique, on n’a plus d’industrie de jeans, de tee-shirts, de chemises, de baskets, on va se retrouver nus et pieds nus. Les grands centres de consommation populaires, les chaînes d’articles de décoration et d’équipement de la maison, vont se retrouver vides de marchandises,

Les porte-conteneurs chargés de marchandises restaient bloqués dans les ports de Chine. Les voyages professionnels étaient annulés entre les fournisseurs chinois et les donneurs d’ordre nord-américains. Cela a duré quelques semaines, puis on s’est rendu compte que le virus ne résistait pas à l’air libre plus de trois heures. On a fait partir les bateaux vers l’Amérique, en sachant que la marchandise n’était pas contagieuse arrivée à Vancouver ou Los Angeles. L’épidémie elle-même s’est éteinte en Chine et on est revenu à « business as usual ».

Et cela a suffi à attirer votre attention sur toute cette problématique…

Non. Il a fallu deux autres expériences professionnelles.

En 2011, je travaillais dans une société qui, entre autres, importait des marchandises du Japon. J’ai vécu à distance le tsunami et la catastrophe industrielle de Fukushima, et cela a retenti sur mes propres affaires en Europe. Au-delà des conséquences humaines, au-delà de l’anarchie totale et des conséquences sur l’économie locale, rupture des communications physiques et des télécommunications, mise à l’arrêt de toutes les centrales nucléaires, rupture de certains approvisionnements des clients étrangers, etc… je me suis interrogé sur la fragilité du système global de l’économie mondialisée.

Il faut bien voir que le Japon et le monde ont eu de la chance en 2011. Fukushima est située très au Nord de Tokyo. Les routes qui passent près de la centrale nucléaire desservent des régions qui n’ont pas d’importance stratégique pour l’industrie japonaise et ses clients. Si le tsunami s’était déclenché quelque part au Sud entre Tokyo et Osaka devant une autre centrale nucléaire de bord de mer, le Japon ne serait plus une grande puissance économique.

Et puis, autre expérience, j’ai travaillé dans l’industrie automobile chez un équipementier qui fournissait des pièces et des composants à tous les grands constructeurs de voitures et de camions, en Europe mais aussi au Japon. C’était dans les années 2000, l’époque de la grande délocalisation vers l’Europe de l’Est, la Turquie, l’Inde, la Chine. Et là, comme fournisseur, j’ai appris à connaître la logique contemporaine des achats industriels dans une économie globalisée, les circuits logistiques et leurs contraintes, leur efficacité et leur fragilité.

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I-Média – Coronavirus : intoxication médiatique ou véritable danger ?

06/02/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
C’était LE sujet de la semaine pour l’ensemble des médias. L’épidémie de Coronavirus occupe l’espace médiatique de manière impressionnante. Les médias en font-ils trop ou pas assez ?

Pourquoi certains médias évoquent-ils un prétendu racisme des Français ? Nous tenterons de répondre à toutes ces questions.


Coronavirus : la frontière est plus que jamais nécessaire

« A ce stade, la situation est parfaitement sous contrôle. » Sibeth Ndiaye, sur les ondes de RFI le 28 janvier. Tout va bien donc, selon le porte-parole du gouvernement de la sixième puissance mondiale. « J’assume parfaitement de mentir pour protéger le président. » Sibeth Ndiaye, 2017. Tout compte fait, il va falloir s’informer ailleurs.

Le coronavirus a commencé son épopée à Wuhan, une ville chinoise de onze millions d’habitants. C’est ici que se produit quotidiennement le Huanan Seafood Wholesale Market, une sorte de marché gigantesque et parfaitement illégal où l’on peut se procurer de la viande animale rare : chameau, rat, serpent, chat… Et chauve-souris. C’est ce Chiroptera qui serait, selon les récentes recherches, responsable de la propagation du virus mortel. Le responsable, mais qui est le coupable ? Certainement le gouverneur de la région, lequel savait quels risques étaient pris par sa population et n’a pas eu la présence d’esprit de faire appliquer des normes sanitaires. Toujours est-il que le virus a muté, et est désormais transmissible par l’homme. Environ cinq mille cas sont déclarés à ce jour, dont une cinquantaine à l’étranger. En France, trois cas sont pris en charge à Paris et un à Rouen. Le monde retient son souffle.

La frontière est close

La Chine a pris des mesures médicales draconiennes pour enrayer l’épidémie. Distribution de masques, fabrication de médicaments, et… confinement. Cinquante-six millions d’habitants sont enfermés dans une zone dont ils n’ont pas le droit de sortir, soit presque la population de la France. Comment est-ce possible ? Les aéroports sont contrôlés par les forces de l’ordre, les axes de circulation routière bloqués, et des patrouilles cernent la zone.

Les pays étrangers sont autorisés à exfiltrer leurs ressortissants, moyennant des contrôles médicaux stricts. Par exemple, le Japon a fait sortir cent cinquante de ses citoyens. En France, le défilé du nouvel an chinois a été annulé, et le trafic en provenance de Chine est contrôlé. Voici les consignes officielles du Quai d’Orsay :

« Un accueil spécifique des voyageurs est mis en place aux aéroports de Charles De Gaulle et Saint-Denis de La Réunion pour les vols en provenance de Chine, Hong-Kong et Macao. Cet accueil est assuré par des personnels d’associations agréés de sécurité civile, en lien avec le service médical de l’aéroport renforcé de professionnels de santé médicaux et paramédicaux issus de la réserve sanitaire du ministère chargé de la santé. Des flyers en trois langues (français, anglais et mandarin) sont remis à tous les passagers pour leur indiquer la conduite à tenir en cas d’apparition de symptômes, de façon à assurer une détection rapide d’éventuels nouveaux cas de coronavirus sur le territoire. »

Autrement dit, la frontière est close. Mais personne ne s’en offusque, et la population accueille avec soulagement la nouvelle. Comment est-ce possible ? s’interrogent les lecteurs de Présent. Depuis des dizaines d’années, la résignation la plus totale est de mise chez les pouvoirs publics quand il s’agit de contrôler l’entrée sur le territoire de migrants venus du Sud. Comment se fait-il qu’en cas de virus, l’exécutif fasse preuve d’une détermination par ailleurs efficace ? L’affaire de ce virus prouve que la maîtrise des frontières est avant tout idéologique, et que les flux intarissables de clandestins ne sont en rien une fatalité. La France a la capacité de contrôler qui entre chez elle, preuve en est.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 28 janvier 2020