Covid-19 : la résistance de la France d’en bas, par Ivan Rioufol

Ils sont nombreux, les petits, les obscurs et les sans-grades, qui luttent à main nue contre le coronavirus. Ils font partie, avec le corps hospitalier et médical, de ces braves qui maintiennent la France debout. Ce sont ces oubliés et ces modestes qui gèrent les magasins d’alimentation, transportent les marchandises, nettoient les villes, assurent la sécurité, font respecter la loi. Si ceux-ci venaient à réclamer leur « droit de retrait », pour protéger leur vie, l’Etat ne tiendrait plus qu’à un fil. Les Français applaudissent avec raison, chaque soir à 20 heures, les médecins et leurs équipes. Mais qui songe vraiment aux caissières, aux éboueurs, aux facteurs, aux policiers et à tous ces anonymes qui n’ont pas rejoint les « planqués »?

Je m’empresse de préciser que je suis moi-même de ces confinés qui résistent en pantoufle, même si je n’ai pas quitté Paris et si je poursuis ma collaboration à CNews en me rendant trois fois par semaine dans les studios de la chaîne. Reste que la France d’en haut, qui s’éventait hier devant ces ploucs de Gilets jaunes en moquant leur patriotisme suspect, est à son tour devenue invisible et silencieuse. L’exode de nombreux citadins vers la France périphérique est venu rehausser encore davantage le courage de cette classe moyenne qui continue à aller travailler chaque matin, le plus souvent sans aucune protection. Le président de la République, qui a déclaré le pays « en guerre » contre le Covid-19, aura à récompenser ces combattants de l’ombre.

Dans l’urgence, il s’agit de protéger une armée en haillons. Il lui faut, comme pour les hôpitaux, des masques, des gants, des tests. Des primes doivent être distribuées. Pourquoi ne pas affecter la somme des contraventions au confinement à ces soldats sans armes ? Les grandes entreprises doivent avoir la décence de renoncer à leurs dividendes. Si rien n’est fait pour eux, ceux qui réclament un confinement total au moins jusqu’à la fin avril auront raison : la vie n’a pas de prix. Mais quel sera alors le solde économique, social, humain ? La gestion de cette crise sanitaire (1100 morts à ce jour en France) doit prendre garde à ne pas aggraver le mal en jetant des familles dans la misère et en poussant des entreprises à la faillite.

L’absurde serait atteint si l’Etat devait être amené à débourser des milliards d’euros en plans de relance et en aides, pour n’avoir su investir à temps dans des protections élémentaires. Lundi, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a appelé ceux « qui n’ont pas d’activité » à rejoindre « dans les champs » les agriculteurs en manque de main d’oeuvre pour des ramassages saisonniers. 80.000 postes sont à pourvoir. Cet appel peut s’entendre, même s’il contredit le : « Restez chez vous » du gouvernement. Il faut au moins nourrir la France. Emmanuel Macron a raison de ne pas fermer la porte au pragmatisme et au cas par cas. Encore faudrait-il qu’il n’utilise pas les volontaires comme de la chaire à canon.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 mars 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Coronavirus et zones de non-droit : une maladie de Blancs, par Paul Vermeulen

Le confinement décrété mardi 17 mars 2020 a été rendu d’autant difficile à mettre en œuvre que les atermoiements de l’exécutif, tant du président de la République que du gouvernement, n’ont guère aidé. Il se serait organisé plus facilement si les consignes avaient été claires. Cependant, un facteur en particulier vient rendre encore plus compliquée la mise en œuvre efficace du confinement, c’est-à-dire la survie de nombre de nos concitoyens, dont celle de nos soignants : le comportement d’une partie importante des populations ethniquement non françaises et non européennes dans des quartiers qui se sont habitués, avec l’aide de la majorité des pouvoirs politiques en place depuis Mitterrand, à vivre en dehors de la République et de l’Etat français.

De multiples exemples ont été rapportés au cours de la première semaine de confinement, avec des individus impossibles à confiner et à verbaliser, finalement arrêtés et emprisonnés. Trop rarement. La situation est bien pire : elle ne concerne pas seulement des individus.

Ne t’en fais pas, ta cité va pas craquer

Ainsi, selon Le Canard enchaîné daté du 25 mars 2020, la cellule interministérielle de crise a averti le gouvernement le 22 mars, peu après que Sibeth Ndiaye se soit inquiétée d’une recrudescence du racisme, que « nous avons un problème avec les cités ». Ainsi, la réalité dénoncée depuis de nombreuses années par les « lépreux », pour reprendre une terminologie de Macron, apparaît au grand jour : des pans entiers du territoire français, n’étant plus français justement, ont fait sécession avec l’Etat. L’impossibilité de faire respecter le confinement dans les cités est remontée des préfets et des syndicats de policiers, au point que le ministère de l’Intérieur semble préférer relâcher la pression dans les quartiers ethniques plutôt que de perdre du temps à expliquer les lois françaises à des populations pour qui elles n’existent pas.

Pire, toujours selon le journal satirique, le 18 mars, Laurent Nuñez aurait déclaré : « Ce n’est pas une priorité que de faire respecter dans les quartiers les fermetures de commerce et de faire cesser les rassemblements. » Une telle phrase montre surtout l’incapacité de l’Etat à faire respecter la loi. La vie économique des cités se poursuit, des images circulant sur les réseaux sociaux montrant des dealers livrant à domicile, avec gants et masques. C’est aussi le cas à La Chapelle dans le 18e arrondissement. Le Point rapportait ainsi, mardi 24 mars, que dans cet arrondissement l’ambiance était celle d’un pays en voie de développement : trafics en tous genres, comme d’habitude, dans un quartier ethnique sans lien avec ce que devrait être la France. Dans ce genre de lieux, nombreux, la police ne parvient à confiner personne, s’entendant même répondre des « j’en ai rien à foutre de ton confinement » ou des « le coronavirus, c’est une maladie de Blancs ». Il n’est dès lors pas étonnant qu’une policière contractuelle de 23 ans reçoive un pavé dans la tête mardi 24 mars à Beauvais. La vie des « Blancs », quelle importance ?

Paul Vermeulen

Article paru dans Présent daté du 26 mars 2020

« Sales blancs » : une femme crache sur des policiers en affirmant qu’elle a le coronavirus

Lundi 23 mars, une jeune femme de 24 ans s’est rebellée lors d’un contrôle effectué à Longjumeau dans l’Essonne. Ne possédant pas l’attestation de déplacement obligatoire pour sortir de chez soi en période de confinement, elle a insulté les policiers et a craché au visage de l’un d’eux, rapporte Le Parisien. Mardi 24 mars au soir, elle a été jugée en comparution immédiate et condamnée à sept mois de prison ferme et 350 euros d’amende. Connue des services de police, elle possède un lourd casier judiciaire.

Alors qu’elle est contrôlée à Longjumeau par des policiers municipaux, l’opération dégénère. Sans doute frustrée de se voir infliger une amende pour non-respect des règles de confinement, la jeune femme commence à insulter les agents, les traitant de « sales blancs » et de « fils de p*** ». Elle finit par leur lancer : « J’espère que vous allez tous crever du Covid », avant de tenter de s’enfuir.

Des policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de Longjumeau arrivent alors en renfort et tentent de menotter la rebelle, mais elle parvient une nouvelle fois à se libérer. Finalement rattrapée, elle griffe un des agents et crache sur un autre en disant : « J’ai le coronavirus, vous allez tous crever ».

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Le difficile confinement des « quartiers » : analyse médiatique

Depuis mardi 17 mars 2020, les déplacements sont strictement réglementés en France. En tout et pour tout, 5 motifs de déplacement sont tolérés. Le décret les instituant écarte toute autre possibilité, ainsi que toute possibilité de regroupement. Si dès le 17 mars, la contravention pour non-respect de ces dispositions était majorée, il en faudra plus pour intimider une partie de la population.
Nous revenons sur le traitement médiatique de la violation délibérée et assumée de ces règles, qui, conjuguée à la persistance d’une délinquance de droit commun, aboutit à mettre en danger de nombreuses personnes, dans un point de situation arrêté le 21 mars.

Les faits divers

Les articles consacrés au non-respect du confinement et à la délinquance pendant la première semaine de restriction de la circulation sont nombreux. Ils démentent les propos angéliques de la porte-parole du gouvernement sur les ondes de RMC le 20 mars. Nous y revenons plus loin. Les articles peuvent être classés en plusieurs catégories : les faits divers, les analyses sur la délinquance, les analyses consacrées à la politique pénale et au fonctionnement de la justice.

Les articles que nous citons vont du plus ponctuel et local à une échelle plus importante, jusqu’à constituer un véritable phénomène de société.

Les faits divers locaux

Parmi les événements ponctuels, on peut citer sur les réseaux sociaux la diffusion le 18 mars une vidéo prise à Grigny où visiblement, « personne ne respecte l’ordre de confinement ». Le site Actu 17, qui recense de nombreux faits divers, publie le 19 mars la photo de dealers à Melun qui défient le confinement pour faire leur publicité, équipés d’un matériel de protection (masques, combinaisons) si souvent absent pour le personnel soignant. « Ils sont mieux équipés que les policiers », déplore l’un d’entre eux.

À Nantes, la vente de drogue va bon train Place du commerce, nous informe Breizh-Info le 19 mars. Les dealers sont bien « à leur poste, bien agglutinés » selon le site d’information breton. Le 19 mars, c’est la Préfecture de police de Paris qui sur son compte Twitter nous informe que « des incendies volontaires nécessitant l’intervention de pompiers et de la police sont déclenchés » à Aulnay sous-bois. « Les auteurs irresponsables empêchent les secours d’intervenir et lancent des projectiles sur les policiers ».

Le journal suisse Le Temps consacre un article à l’impossible confinement dans la ville de Saint-Denis (93). Des policiers interrogés indiquent qu’ils verbalisent avec parcimonie, pour ne pas faire de vagues. Des épiceries servent de points de vente de masques dérobés à des hôpitaux, « la revente illicite de stupéfiants continue aussi ». Business as usual. Alors que sur le site internet du Parisien, une publicité remercie les « héros discrets », on apprend le 19 mars que « des véhicules des agents de l’hôpital de Poissy ont été fracturés pour voler leur macaron » afin de l’utiliser pour déjouer les contrôles de police.

À Trappes, les incidents se multiplient, constate Le Parisien le 19 mars. Des individus lancent des projectiles contre les forces de l’ordre, trois policiers sont blessés lors d’un contrôle d’attestation. Les jeunes contrôlés considèrent selon un policier qu’« ils sont au-dessus de ça ».

À Royan, une personne présentant des symptômes du coronavirus crache sur un policier d’après France 3. Un phénomène qui n’est pas isolé selon un syndicaliste policier qui s’exprime sur le site Boulevard Voltaire.

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Marine Le Pen sur les masques et tests -« On a menti aux Français en disant que ça ne sert à rien ! »

26/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Marine Le Pen était l’invité de Patrick Roger et Cécile de Ménibus dans le Grand Matin Sud Radio du 25 mars 2020.

La présidente du Rassemblement national estime que « la politique du gouvernement de réserver les tests aux cas graves et hospitalisés ne semble pas la bonne pratique« . Selon Marine Le Pen, « la première des choses pour arrêter une épidémie est la connaissance des cas susceptibles de contaminer les autres pour qu’ils puissent eux-mêmes se confiner« .

« Dès le départ, chacun savait que 15 jours de confinement seraient insuffisants« , regrette la députée du Pas-de-Calais. « C’est la stratégie de la torture chinoise : toutes les 48 heures on annonce une nouvelle chose« , s’indigne-t-elle. « Pourquoi ne pas avoir annoncé 45 jours directement ?« . Car pour Marine Le Pen, « si par chance on régule l’épidémie et qu’on peut faire sortir les Français avant la fin des 45 jours, tout le monde aurait été ravi« .

Pour la présidente du RN, « la parole du gouvernement a entamé la confiance que les Français leur portent, ils ont compris que quand on leur disait que les tests et les masques ne servaient à rien, en réalité c’est que nous en manquions« . Elle pointe du doigt « la cacophonie qui découle d’une erreur initiale : ne pas avoir mis en place dès janvier une cellule de crise et avoir minimiser la crise dès le départ« . Marine Le Pen rappelle que dans un premier temps, « le gouvernement a porté la parole qu’il s’agissait d’une grippe« . Alors, selon elle, « les Français n’ont pas compris ce changement de pied quand ils ont adopté les mesures de confinement. Beaucoup de Français sont aujourd’hui en colère et je peux les comprendre« .


Belloubet achète la paix dans les prisons

Voilà ce qu’on appelle une magistrale volte-face. Alors qu’elle affirmait encore le 17 mars dans 20 Minutes qu’elle n’était « pas du tout dans l’optique » de permettre la libération des détenus les « moins dangereux » afin de limiter les risques de propagation du coronavirus dans les prisons françaises, Nicole Belloubet, visiblement impressionnée par la multiplication des mutineries et par l’extrême violence de certaines d’entre elles, a opéré lundi un virage à 180° en autorisant la remise en liberté de… 5 000 détenus !

Les prisons à feu et bientôt à sang

Limoges, Draguignan, Lille-Sequedin, Marseille, Roanne, Aix-Luynes, Varennes-le-Grand, Meaux, Nantes, Carcassonne, Moulin, Fleury-Merogis… Au cours du seul week-end dernier, ce ne sont pas moins d’une quinzaine d’établissements pénitentiaires français qui ont été secoués par de violents incidents et des mutineries nécessitant l’intervention des forces de l’ordre et des équipes régionales d’intervention et de sécurité. Parmi les plus spectaculaires, on citera la mutinerie survenue dimanche soir au centre de détention d’Uzerche (Corrèze), où quelque 200 détenus déchaînés, après avoir refusé de réintégrer leurs cellules, ont réussi à prendre le contrôle de deux bâtiments, et, pour une quarantaine d’entre eux, à monter sur les toits. Une mutinerie particulièrement violente, qui s’est accompagnée de très nombreux départs de feu et du saccage de 250 cellules. Ce qui a d’ailleurs contraint l’administration pénitentiaire, après la difficile reprise en main de l’établissement par les gendarmes mobiles et les ERIS, à opérer toute la nuit des extractions de détenus vers d’autres prisons de la région Aquitaine. Présent sur les lieux lors ces événements, Dimitry Frère, de l’Ufap-Unsa Justice, devait même évoquer « des scènes de guerre »… Autre site qui aura vu dimanche un impressionnant déchaînement de violence : la prison de Maubeuge, où près d’une centaines de mutins, qui s’étaient visiblement mis d’accord via des réseaux sociaux de type Snapchat, ont arraché les grillages qui séparaient les chemins de promenade et les chemins de ronde, brisé les vitres des bâtiments auxquelles ils ont accès, et jeté des objets enflammés dans les trappes d’exfiltration d’air avec la volonté de mettre le feu aux bâtiments. Enfin, on notera qu’à Longuenesse, dans le Pas-de-Calais, s’ils n’ont par réussi à incendier les bâtiments, les détenus insurgés ont bombardé de projectiles les surveillants dont aucun, heureusement, n’a été blessé.

Le cadeau de Belloubet aux détenus

Officiellement responsables de ces violences et de ces tensions qui règnent depuis maintenant plusieurs jours (voir Présent du 19 mars) dans une grande partie des 188 établissements pénitentiaires français, la crainte des détenus d’être contaminés, et surtout l’annonce, le 17 mars, de la suspension des parloirs, décidée précisément pour éviter les contaminations. Afin de calmer les esprits, Nicole Belloubet s’était pourtant empressée d’annoncer jeudi dernier la mise en place de plusieurs mesures pour compenser cette suppression provisoire, dont la possibilité pour chaque détenu de bénéficier d’un crédit de 40 euros par mois lui permettant de téléphoner deux heures par semaine avec sa famille contre une durée de parloir hebdomadaire de 45 minutes. Mais aussi la gratuité de la télévision durant toute la période du confinement, ou encore la possibilité pour les détenus les plus démunis de bénéficier d’une aide majorée de 40 euros par mois leur permettant notamment de cantiner. Autant de mesures qui, cependant, n’auront pas suffi à calmer les esprits. C’est que, comme l’expliquait Thierry Not, secrétaire adjoint régional du syndicat Ufap-Unsa, « la crainte du coronavirus et la suppression des parloirs ont joué, mais il y a aussi une forme de challenge entre détenus et établissements visant à tout casser ». Par ailleurs, confiaient certains surveillants, la suspension des parloirs, dans nombre de prisons françaises, cela signifie aussi la fin de divers trafics, et notamment de stupéfiants…

Parallèlement, les prisons françaises étant surpeuplées, le ministre de la Justice, dans le cadre du confinement, avait aussi annoncé avoir « demandé aux juridictions de différer la mise à exécution des courtes peines d’emprisonnement », mesure qui, selon elle, a réduit ces derniers jours à « une trentaine d’entrées en prison quotidiennes contre plus de 200 habituellement ». En revanche, interrogée par les journalistes de 20 Minutes au sujet de la proposition de Martine Herzog-Evans, présidente de la Confédération francophone de la probation, de libérer les détenus les moins dangereux pour éviter le risque sanitaire, Belloubet avait alors répondu tout net : « nous ne sommes pas du tout dans cette optique-là ! » Or, moins d’une semaine après, coup de théâtre : prenant la loi sur l’état d’urgence sanitaire pour prétexte, le ministre annonçait vendredi sur France TV Info « travailler d’une part sur les détenus malades, qui ont d’autres maladies que le coronavirus, et d’autre part sur les personnes à qui il reste moins d’un mois de détention à faire », ajoutant que « nous pouvons procéder là à leur retrait des établissements ». Officialisée lundi lors d’une réunion en visioconférence réunissant Belloubet et les responsables des syndicats pénitentiaires, cette décision devrait permettre à quelque 5 000 détenus en fin de peine d’être remis en liberté dans les prochains jours ! Et cela, sans aucun aménagement de type « bracelet électronique » puisque, a précisé l’administration, les techniciens ne travaillent pas pendant le confinement… Ô, bien sûr, à la chancellerie, on relativise cette libération massive, en expliquant que cette mesure ne concernera que les personnes condamnées « pour des délits mineurs », ou encore que ce chiffre de 5 000 n’est pas encore certain. Mais la pilule a tout de même du mal à passer auprès des syndicats de surveillants, qui réclament en vain depuis des semaines du matériel de protection afin de pouvoir continuer de mener à bien leur mission.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 25 mars 2020

“Gouverner c’est prévoir”, Marion Maréchal torpille le gouvernement

Covid-19 : Marseille défie l’Etat jacobin, par Ivan Rioufol

C’est une histoire de fou. Une histoire française. Voici un éminent spécialiste, Didier Raoult, expert mondial en maladies infectieuses et tropicales, obligé de se battre pour se faire entendre des autorités de son pays. En revanche, les travaux de ce grand chercheur, qui exerce à Marseille, ont déjà réussi à convaincre Donald Trump de l’efficacité de la chloroquine (antipaludéen) dans le traitement du coronavirus Covid-19. « Nous allons pouvoir rendre ce médicament disponible quasi-immédiatement« , a déclaré le président américain vendredi. Pour sa part, le ministre français de la Santé, Olivier Véran, a assuré dimanche vouloir le tester davantage.

La France se donne encore quinze jours. Cette prudence a ses raisons. Mais il y a urgence. Les poids du jacobinisme, de la technocratie et du conformisme, ajoutés à des querelles de chapelles incompréhensibles, sont à nouveau en train de nous faire perdre un temps précieux. Après avoir été en retard sur la fermeture des frontières et les confinements, les productions de masques, de tests et de respirateurs, la France risque de l’être aussi dans l’usage du Plaquenil. Il est déjà devenu un produit rare en pharmacie. Or, comme l’assure le professeur Raoult, qui l’a expérimenté avec succès sur ses patients, le Plaquenil est « le traitement le moins cher et le plus simple« .

Il fait partie de la stratégie thérapeutique de la Chine et de la Corée du sud, qui ont réussi à maîtriser la pandémie. Alors qu’il était vendu librement en pharmacie depuis des lustres, ce produit courant a été de surcroit classé le 13 novembre dernier parmi les « substances vénéneuses » – c’est-à-dire nécessitant une ordonnance médicale – par un décret du ministre de la Santé, Agnès Buzin, alors que l’épidémie se propageait. Dans cette affaire, Kafka n’est pas loin.

En réalité, le professeur Raoult paye-là son anticonformisme, son provincialisme et sans doute des règlements de compte plus personnels. Paris lui réserve la même morgue que pour les premiers Gilets jaunes déboulant de la France oubliée. Ceux-ci étaient vus comme des ploucs. Lui est considéré comme un rigolo par l’establishment médical. L’ancien directeur de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) l’avait notamment pris dans le nez, dit-on : il s’agissait d’Yves Lévy, mari d’Agnès Buzyn. Il est également reproché à Raoult d’être opposé au confinement généralisé et de critiquer la surmédiatisation du virus « sur des bases non scientifiques ».

Ses doutes sur le réchauffement climatique, émis en 2013, n’ont pas arrangé son image auprès des faiseurs d’opinion. Récemment, Le Monde a, un temps, qualifié de « fake news » partielles sa promotion, le 25 février, de la chloroquine comme remède efficace. Les médias nationaux gardent leur « distanciation sociale » face à ce savant excentrique à l’allure de barde breton ou de prophète. « Ce n’est pas parce qu’on n’habite pas à l’intérieur du périphérique parisien qu’on ne fait pas de la science« , répond Raoult à ses détracteurs, ce lundi au Parisien. Pour lui, « ce pays est devenu Versailles au XVIIIe siècle« . Les Marseillais, en tout cas, ont déjà plébiscité la forte tête, soutenue par les réseaux sociaux. Dimanche, lui et son équipe ont décidé de se passer des préliminaires officiels.

Ils écrivent : « Nous pensons qu’il n’est pas moral que cette association ( hydroxychloroquine et azithromycine) ne soit pas inclue (sic) systématiquement dans les essais thérapeutiques« . Bref, Raoult a décidé de se passer du feu vert de l’Etat. A la guerre comme à la guerre !

Ivan Rioufol

Texte daté du 23 mars 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

« Nous avons perdu trop de temps »: «fake news» et chloroquine, à qui la faute?

Pourquoi le ponte Didier Raoult a-t-il eu tant de mal à faire accepter l’idée d’un test à grande échelle de l’hydroxychloroquine contre le coronavirus? Non seulement le spécialiste s’est jusque-là heurté à un scepticisme systématique, mais il ressort aussi qu’il a longtemps été en conflit avec Yves Lévy, époux d’Agnès Buzyn.

«Il ne faut plus tarder mais agir», martèle-t-il. Ce lundi 23 mars, une très longue file d’attente s’est formée devant l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée de Marseille (IHU). Les patients potentiels, dont certains sont décrits comme fébriles, masqués et gantés, peuvent y être testés et bénéficier du traitement par hydroxychloroquine associée à un antibiotique.

Pourquoi cette molécule a-t-elle eu tant de mal à émerger et à être reconnue comme piste très prometteuse contre le coronavirus?
Les réseaux sociaux, puis certains médias, se sont mis à creuser la question. Résultat: il semble bien que cet antipaludéen (également utilisé contre la maladie du lupus) bon marché, utilisé depuis des décennies, et facile à produire ait été victime d’un tir de barrage à la fois médiatique et politique, et peut-être même d’inimitiés.

Pourtant considéré comme un infectiologue et virologue de tout premier plan dans le monde, le professeur français Didier Raoult a été dans un premier temps accusé de propager de fausses informations. C’est un article à charge des Décodeurs, service et rubrique de «vérification» de l’information, selon les termes du journal Le Monde, qui a mis un premier coup d’arrêt le 26 février en fournissant un argument d’autorité aux détracteurs de la chloroquine.

Quand les Décodeurs du Monde se mêlent de virologie

Les journalistes avaient entrepris de décortiquer une vidéo publiée par Didier Raoult sur YouTube intitulée «Covid-19, fin de partie». Les Décodeurs avaient alors rendu leur sentence (une de leurs prérogatives): «Cette publication contient des informations à la fois vraies et fausses, ou simplement incomplètes. Dans certains cas, les informations sont trompeuses». Et Le Monde d’y apposer son tampon: «Conclusion: partiellement faux.»

Dans la vidéo, rebaptisée depuis et tournée à la forme interrogative «Coronavirus, vers une sortie de crise?», Didier Raoult remercie ses confrères virologues chinois d’avoir mené des tests à sa demande.

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Coronavirus et confinement – Une situation intenable pour les forces de l’ordre, par Franck Deletraz

Pendant combien de temps pourront-elles encore tenir ? Agressées chaque jour dans les zones de non-France par des bandes ethniques qui se fichent éperdument des mesures de confinement, envoyées au contact de la population sans matériel de protection, et fortement désorganisées par les cas de contamination qui se multiplient dans leurs rangs, nos forces de l’ordre sont aujourd’hui au bord de l’explosion.

Il n’y a guère que les grands médias pour « s’étonner » aujourd’hui du « manque de civisme » qui règne dans les zones de non-France. Comment pouvait-on en effet imaginer un seul instant que ces quartiers, abandonnés à l’immigration et à la criminalité depuis si longtemps, pourraient respecter le confinement imposé par le gouvernement ? En véritables enclaves étrangères, hostiles à tout ce qui peut représenter de près ou de loin l’Etat français, ils ont même trouvé là une occasion supplémentaire de manifester leur haine et leur violence contre ses agents, qu’ils soient policiers ou pompiers.

C’est ainsi que, depuis plusieurs jours, les guets-apens et autres violences ciblant les forces de l’ordre ne cessent de se multiplier en France. A Clichy-sous-Bois (93) où, appelés à intervenir dans la nuit de samedi à dimanche pour des feux de véhicules, pompiers et policiers ont été bombardés « de boules de pétanques ». A Aulnay-sous-Bois (93) où, le 18 mars, les bandes ethniques du quartier des 3000 ont lancé pavés et barres de fer sur des policiers et pompiers appelés pour des incendies volontaires de conteneurs. A Trappes (78), des policiers qui avaient osé contrôler des « jeunes » qui ne respectaient pas le confinement, ont immédiatement fait l’objet d’un caillassage en règle et se sont vus contraints de faire usage de leur LBD pour se dégager. Plus tôt dans la journée, ils avaient déjà interpellé deux frères bien connus de leurs services, qui venaient de frapper des policiers et même de cracher au visage d’un fonctionnaire qui les verbalisait pour non-respect des règles de confinement. Une arrestation qui aura fait trois blessés parmi les policiers…

Autant d’incidents que l’on retrouve dans les quartiers ethniques de Mantes-la-Jolie, La Verrière, Sartrouville, Massy, ou encore Savigny-sur-Orge, mais qui ne se limitent pas, hélas, à la seule Ile-de-France. C’est ainsi qu’à Nice, vendredi soir, les voyous ethniques du quartier des Moulins ont attiré les forces de l’ordre et les pompiers dans un véritable guet-apens. Enfin, on rappellera que, dès mardi dernier, des policiers de la BAC venus mettre fin à un barbecue géant organisé par une cinquantaine de « jeunes » d’une cité d’Elbeuf (Seine-Maritime) avaient été accueillis par des tirs de mortier.

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Élisabeth Lévy dénonce les mensonges des médecins et du pouvoir sur le Covid-19

24/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Dans « Le regard d’Élisabeth Lévy » (Sud Radio) du 23 mars 2020, la journaliste déclare notamment :

La Chloroquine, qui était en vente quasi-libre jusque-là et qui a été requalifiée en substance vénéneuse depuis que le possibilité de son efficacité contre le coronavirus a été évoquée. Comprenne qui pourra…


Il faudra demander des comptes : il est hors de question que le pouvoir se défausse !, par Philippe Bilger

Il y a un consensus total sur le fait qu’il faudra faire les comptes. À cause de toutes les maladresses, imprudences, pénuries, imprévoyances, misères et surcharges politiques, économiques et sociales, de l’état angoissant de l’univers hospitalier et des tragiques carences que la montée du fléau révèle, du délitement des services publics.

En n’oubliant pas les méfaits de la mondialisation et l’exigence de la souveraineté.

La formidable énergie, l’incroyable dévouement de professionnels, dans la santé comme ailleurs – je songe aux policiers et aux gendarmes occupés à verbaliser parce que des irresponsables, à l’île de Ré ou ailleurs, ne veulent rien comprendre ni respecter -, constituent un arbre qui cache la forêt.

Tout le monde s’accorde : il faudra faire les comptes.

La seule controverse porte sur le moment.

Certains, par exemple la talentueuse Élisabeth Lévy, considèrent que même en pleine crise du coronavirus, on a le droit de questionner, de critiquer, voire de dénoncer, qu’on n’est pas tenu, par une sorte de décence, à la moindre obligation de réserve. Qu’on n’a pas à se priver de citoyennes récriminations, quitte à affaiblir un mouvement qui doit être tout entier concentré sur le combat capital à mener.

D’autres, dont je suis, estiment au contraire qu’il est plus sage d’attendre la fin de ce qui menace et tue beaucoup trop pour qu’on se laisse détourner aujourd’hui par des révoltes périphériques. Mais demain, il faudra faire les comptes, à tous points de vue et pour tous.

Nous sommes confrontés à une tragédie sanitaire inouïe mais conjoncturelle qui impose que l’ensemble des énergies soient bandées dans le même sens. Obéissance des citoyens et respect de ceux qui nous conseillent et nous sauvent.

Quand le fléau sera éradiqué, le temps sera venu des responsabilités à établir. En effet, tout ce qu’on déplore aujourd’hui permet de vérifier rétrospectivement la validité des revendications d’hier, notamment de la part du personnel soignant. On ne peut plus douter qu’il avait raison quand il mettait en cause l’absence de politique d’Agnès Buzyn et prévenait de la difficulté de gérer le quotidien et, bien davantage, des catastrophes qui se réaliseraient face à un pire inopiné.

Tout a été dit avant de ce qui est décrié à juste titre après. En amont, le désastre était déjà plus que virtuel. En aval, toutes les infrastructures et les services ont explosé.

Il faudra faire les comptes. Pas maintenant, au cœur de la tempête, mais la tranquillité revenue.

Alors, il sera hors de question que le pouvoir se défausse. La note sera à payer.

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Guillaume Bigot : « C’est seulement dans les quartiers qu’on refuse le confinement »

23/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Sur CNews, le politologue Guillaume Bigot rappelle que le confinement n’est pas respecté dans ces quartiers considérés comme des territoires perdus de la République…



L’effondrement d’un monde, par Charlotte d’Ornellas

Les frontières se ferment, les nations devancent l’Union européenne, la souveraineté est louée, les services publics sont encensés, la libre circulation des personnes est contestée, la famille plébiscitée… Le coronavirus impose une remise en cause.

«Hormis un conflit planétaire majeur, que nous jugeons improbable, une pandémie serait l’autre évènement de grande échelle qui, selon nous, pourrait stopper ce processus». En 2005, l’expert en politique internationale Alexandre Adler signait un livre à partir d’un rapport de la CIA. Un paragraphe intitulé « Qu’est-ce qui pourrait faire dérailler la mondialisation ? » donnait cette réponse. Nous y sommes. Quinze ans plus tard, Emmanuel Macron donne raison à la prévision alors que frappe le coronavirus : « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie au fond, à d’autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle. » Finie la mondialisation heureuse, place à l’éloge de la souveraineté et du protectionnisme ! La remise en cause est brutale.

L’UE elle-même a fini par succomber au “repli”

Mais l’aveuglement idéologique est tenace : impossible de parler de frontières sans provoquer des ricanements particulièrement condescendants. Jusqu’au chef de l’État tenté par un bon mot très sophistique : « Ce virus n’a pas de passeport. » Et pourtant, les frontières ont commencé à se fermer un peu partout dans le monde, jusqu’au cœur de l’Europe, pour une raison simple évoquée par le directeur général de la santé, Jérôme Salomon : « Le virus ne circule pas en France, ce sont les hommes et les femmes qui le font circuler. » Et eux ont un passeport.

L’Union européenne elle-même a fini par succomber au “repli” en proposant la fermeture de l’espace Schengen. Mais la proposition était bien tardive, et le rêve européen s’est à nouveau étiolé au fil de la crise, se transformant une fois de plus en cacophonie. Chaque pays a pris les décisions qui s’imposaient à son échelle, indépendamment de ses voisins. Certains ont fermé leurs frontières, pris des mesures de confinement plus ou moins rapides et fermes, tandis que l’Italie se voyait obligée de faire appel à la Chine pour obtenir une aide sanitaire que l’Europe semblait incapable de lui fournir. Notons que la France faisait partie des pays qui ont refusé l’exportation du matériel médical nécessaire ailleurs : même la préférence nationale se refaisait une santé dans l’urgence !

La résistance active a déjà ses héros

Quelques jours plus tard, un autre tabou sautait. Il aurait été malin de stopper les porteurs de virus dès les premiers jours, mais rien ne se prévoit mieux que le passé… Résultat, c’est la libre circulation des personnes qui fut sacrifiée sur l’autel de la réalité sanitaire. Confinement pour tous.

Bars, restaurants et commerces avaient quelques heures pour fermer leurs portes. Puis vint l’heure des hommes : chacun était prié de rester chez soi. Et le chef de l’État poussa, par ses annonces, les Français dans les bras du cœur nucléaire de la nation : la famille. Cette famille maltraitée par idéologie, par économies et par individualisme apparaît, depuis lors, comme ce qu’elle aurait dû rester : une sécurisante stabilité. L’exode fut cette fois-ci urbain, et chacun se précipita auprès des siens.

Et s’il est de bon ton de vilipender l’inconscience du pays, c’est oublier trop vite ces internes qui viennent en renfort, ces infirmiers et médecins qui vont à domicile, ces familles qui s’entraident, ces élèves policiers et militaires qui répondent à la mobilisation, ces gardes d’enfants qui s’organisent… La résistance active a déjà ses héros.

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Coronavirus. « J’accuse ! » – Jean-Yves Le Gallou sur la responsabilité des médias

23/03/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Dans le dernier I-Média, Jean-Yves Le Gallou n’a pas manqué de pointer du doigt la responsabilité des médias subventionnés dans la crise sanitaire à laquelle la France est confrontée. Voici le texte de cette harangue bien méritée.


J’accuse les médias de grand chemin d’avoir contribué à la crise du Coronavirus !

J’accuse les médias de complaisance. Ils se sont bornés à relayer la communication gouvernementale sans le moindre esprit critique.

J’accuse les médias de servilité. Ils n’ont pas osé pointer les fautes de l’équipe gouvernementale : retour mal organisé des Français de Wuhan, absence de tout contrôle sanitaire aux frontières, pénurie de gel hydro-alcoolique, pénurie de masques, pénurie de tests de dépistage, conseils imbéciles de Macron recommandant aux Français de sortir…

J’accuse les médias de paresse. Ils n’ont pas cherché à informer sur l’évolution de la maladie. Ni à enquêter sur les mesures prises en Asie : à Hong-Kong, à Singapour, à Formose, en Corée, au Japon.

J’accuse les médias de partialité, de sectarisme et d’aveuglement idéologique. Ils ont tenté de faire taire et de diaboliser les hommes et femmes politiques – comme Nadine Morano, Nicolas Dupont-Aignan ou Marine Le Pen – qui ont, en temps utile, proposé de fermer les frontières, comme les pays asiatiques l’ont fait.

J’accuse les médias de bobards. J’accuse Michel Cymes, Jean-Michel Apathie, Christophe Barbier, Alain Duhamel, Laurent Delahousse, Anne-Sohie Lapix, Gérard Leclerc, Caroline Roux, Patrick Cohen et tant d’autres d’avoir raconté des sornettes aux Français !

Voilà ce qui va être démontré au cours de cette émission spéciale d’I-Média.


Confinement – l’UNEF dénonce « une crise sanitaire qui renforce la reproduction omniprésente de schémas racistes dans notre société »