Coronavirus. Des partis-pris idéologiques qui engendrent un déni permanent de réalité

En plein milieu de la crise sanitaire, Emmanuel Macron change une fois de plus son équipe de communication. Comme si seule la communication importait ! Alors que le poids donné aux « experts » et à un prétendu « conseil scientifique » souligne en contrepoint la faillite de la décision politique… Or c’est au politique d’effectuer des choix, il n’a pas à laisser à d’autres le soin de le faire à sa place.

Dans le texte qui suit, Xavier Guilhou, ancien responsable de la DGSE dans les années 1980, engagé dans la montée en puissance des opérations spéciales (COS) dans les années 1990, spécialiste reconnu de la prévention des risques, de la gestion des crises et de l’aide à la décision stratégique dresse un bilan sévère de la gestion de la crise par les autorités françaises.

Dans l’entretien qu’il a accordé à Bruno Racouchot, directeur de Comes communication Xavier Guilhou déclare déclare notamment:

[…] Quand on utilise le mot “guerre” vers les populations avec à côté le terme d’“urgence sanitaire” pour le corps médical, l’écart est tel qu’il génère immédiatement du doute, de l’inquiétude voire de la contestation dans le mode de pilotage de la crise. D’autant que la résonance des autres postures au niveau international interpelle sur la véritable nature de la crise. Quand d’autres pays voisins passent en mode “état d’urgence” ou “état d’exception”, personne ne comprend que dans un monde théoriquement globalisé, il y ait autant de différences sémantiques et juridiques…

Tout ceci contribue à fractaliser les modes de représentation et à douter des choix retenus par les exécutifs, voire à s’imaginer que nous sommes victimes de complots… La rumeur devenant plus virale que le virus lui-même… Les mots choisis, les postures retenues, la façon d’expliciter les priorités sont déterminants. A partir du moment où, pour appliquer le principe de précaution, vous donnez le pouvoir dès le départ aux médecins sur ce type d’évènements, qui n’est pas que technique, vous perdez immédiatement en crédibilité sur le plan stratégique. Puis, lorsque vous le reprenez, toujours en vous protégeant derrière de multiples comités Théodule, pour le passer au monde sécuritaire et militaire, sans pour autant prendre les décisions qui s’imposent, vous perdez toute légitimité sur le plan stratégique. Le risque, c’est petit à petit de glisser dans un pilotage dégradé où vous ne ferez plus que du commentaire de chiffres et où vous ne pourrez que constater l’écroulement de vos dispositifs de survivance. C’est un peu mai 1940 ! Sur une pandémie comme le Covid-19 qui est mondiale, et qui est de l’ordre non pas d’une crise classique mais d’une grande catastrophe planétaire, il faut tout de suite et en peu de mots incarner et injecter du sens. […]

Je suis stupéfait par l’incapacité collective des circuits de décision – notamment étatiques – à remettre en cause un tant soit peu la complexité de l’ensemble de leur planification, avant tout pour des motifs d’ordre idéologique. Marc Giroud, qui fut l’un des fondateurs du Samu et de la médecine d’urgence en France, disait volontiers que, quand survient une crise majeure, la première victime, c’est le plan. En effet, pour ne pas se laisser submerger par les événements, il faut être capable, à très grande vitesse, de reprendre des bribes de tout ce que l’on a mis au point comme modèle d’organisation, puis de repartir d’une page blanche et de reconstruire le plan en urgence, adapté à la nature du problème à traiter. Or, aujourd’hui, on est dans une situation diamétralement inverse. Que va-t-il se passer lorsque les digues cèderont une à une, hôpitaux débordés, sécurité dépassée…? Bref, on essaie de contenir mais sans faire montre de notre capacité à s’adapter. Avec à la clé un dangereux effet domino qui risque fort de survenir, que l’on tente tant bien que mal de contenir. Une telle posture interdit mentalement la prise en compte des réalités et par conséquent, rend impossible un réel pilotage de crise. Tout cela pour ne pas avoir su s’extraire de la complexité et en revenir enfin à des choses simples. Notre mental est bloqué par nos partis-pris idéologiques, lesquels engendrent un déni permanent de réalité.

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Coronavirus en France : «Il faut sortir de cette bureaucratie qui nous ralentit depuis le début»

alexandre-devecchio

08/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Alexandre Devecchio livre son analyse sur la stratégie de confinement mise en place dans certains pays européens, et sur la situation française.

Commentant le déplacement d’Emmanuel Macron à Pantin, il estime notamment que cette opération de communication, qui a généré un attroupement, risque de se retourner contre lui à cause du signal de légèreté qu’elle renvoie.


Attestation de sortie numérique – Encore un revirement du gouvernement

Elle est un peu à l’image de la manière dont notre gouvernement gère la crise du coronavirus depuis ses débuts : d’abord autorisée puis jugée non valable, l’attestation de sortie numérique est finalement légale depuis lundi matin. Retour sur ce nouveau revirement de l’exécutif, qui s’explique sans doute davantage par son incapacité à doter les forces de l’ordre de masques et de protections que par une réelle volonté d’assouplir le dispositif.

Une gestion au jour le jour

C’était le 16 mars dernier. Apportant quelques précisions pratiques après l’annonce par le président de la mise en place du confinement dans notre pays, Castaner indiquait que les personnes autorisées à sortir devraient être en mesure de présenter l’attestation de sortie dérogatoire imprimée ou, pour celles ne disposant pas d’imprimante, une version manuscrite sur papier libre, ou de présenter le fameux justificatif sur téléphone. Or, deux jours plus tard, le gouvernement faisait marche arrière : prétextant un risque de collecte de données personnelles par des sites frauduleux, le ministère de l’Intérieur n’autorisait finalement que les attestations imprimées et celles rédigées sur papier libre. Cependant, après trois semaines de confinement, nouveau revirement : l’attestation numérique redevient valable…

Une valse-hésitation qui n’est pas sans rappeler celle que nous avons connue avec les masques, dont le gouvernement, après nous avoir d’abord répété qu’ils étaient inutiles, envisage maintenant de rendre leur port obligatoire ! Un projet qu’il aura bien du mal à concrétiser, quand on sait qu’il est déjà incapable de fournir des masques aux personnels soignants et autres forces de l’ordre chargées de contrôler lesdites attestations. Sans doute faut-il voir d’ailleurs dans cette soudaine mise à la disposition des Français d’une attestation numérique la volonté du gouvernement d’apaiser la colère qui agite depuis des semaines les forces de l’ordre, plus que le désir d’apporter, comme l’a affirmé Castaner, « un peu de souplesse » au dispositif.

Une réponse à la colère des policiers

Quoi qu’il en soit, cette attestation numérique présente effectivement un certain nombre d’avantages. Outre le fait qu’elle évite de multiplier les impressions pour les gens amenés à sortir souvent, elle permet aux policiers de respecter les mesures barrières lors des contrôles et d’éviter la manipulation de documents éventuellement contaminés. Pour vous la procurer, il vous suffit de vous rendre sur le site du ministère de l’Intérieur, de cliquer sur « générer » une attestation, et de renseigner le formulaire qui vous est soumis. Après quoi, vous cliquez sur le bouton « Générer mon attestation », et un fichier PDF est alors automatiquement enregistré dans votre téléphone. En cas de contrôle par les policiers, il vous suffira de présenter votre smartphone avec l’attestation téléchargée.

Celle-ci disposant d’un QR Code, les policiers scanneront ce symbole carré avec un appareil équipé de l’application CovidReader, et auront alors accès aux informations contenues dans votre attestation directement sur leur terminal. Un dispositif certes pratique, mais qui suscite aussi l’inquiétude d’un certain nombre de nos compatriotes, qui craignent d’être ainsi surveillés. Cependant, à en croire les spécialistes du numérique, il n’y aurait pas de risque de fichage de vos données personnelles ou de vos déplacements. Ce qui constitue un défaut d’ailleurs pour l’association Gendarmes & Citoyens, qui, dans un communiqué publié dimanche, a regretté, non sans raison, que cette application ne croise pas les informations avec celles d’autres fichiers, et notamment avec celles contenues dans le fichier des personnes recherchées.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 7 avril 2020

Pistage des citoyens par les technologies numériques : l’analyse d’Eric Sadin

07/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Eric Sadin, philosophe, spécialiste du numérique, était l’invité de RT France pour évoquer le pistage des citoyens.

Il analyse ainsi les possibles implications de la mise en place d’un traçage numérique des Français dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.


Masques : l’information n’est pas confinée !, par Philippe Bilger

Sans doute l’angoisse que propage le coronavirus, les nombreux morts, le tour de force quotidien des personnels soignants, les services de réanimation qui poussent leurs limites, les interventions nombreuses du pouvoir – président de la République et Premier ministre -, la controverse sur les masques et l’interrogation sur l’utilité du confinement, créent-ils une atmosphère particulière qui depuis plusieurs semaines, en tout cas encore plus intensément depuis le 16 mars, conduit les médias à focaliser naturellement sur un seul sujet, à être plus suivis qu’à l’ordinaire et à passionner par des explications et des investigations dont le caractère technique aurait pu être rébarbatif.

Je songe surtout à la discussion qui ne cesse pas sur le manque de masques (avec le stock pléthorique abandonné en 2011 et en 2013), sur les responsabilités des uns et des autres, notamment pour la période du mois de janvier au mois de mars de cette année qui pour un esprit s’espérant honnête montrait les efforts du gouvernement et des services administratifs et médicaux compétents pour combler la pénurie. On n’avait plus de masques, on poussait les feux pour en fabriquer le plus possible.

Chaque jour l’information apportait une nouvelle pierre à cette incroyable polémique au point que mon billet du 2 avril au matin, duquel je n’avais pourtant rien à retirer, était peut-être trop optimiste à cause de ce que je pouvais lire dans l’après-midi de cette même journée.

Puisque Mediapart publiait une très longue enquête fondée à la fois sur une documentation officielle et des sources confidentielles, fouillée, impressionnante et accablante pour le pouvoir si on se réfère à son titre : “Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat”.

Durant ces semaines, l’information n’est non seulement pas confinée mais incroyablement rapide, vivace, déroutante, profonde. On sent que, plus nous sommes enfermés, parce qu’il le faut, entre nos quatre murs, plus elle se libère, explique, se contredit, est contrainte au pluralisme, est obligée d’écouter, s’abandonne à une modestie rare et se demande ce qui se passera quand le déconfinement assuré dans des conditions satisfaisantes, le pouvoir et l’opposition se retrouveront face à face et que le temps des comptes commencera.

Mediapart a accompli un travail remarquable même si on peut le juger impitoyablement à charge mais les pièces sont présentées et offertes. L’enquête nous fait entrer dans les coulisses étranges, erratiques, désordonnées et toutes d’amateurisme d’une action de trois mois qui nous semblait énergique, cohérente et efficace. Il y avait eu la faillite d’hier mais aujourd’hui on ne pouvait pas se permettre de douter d’une équipe politique et technique forcément performante.

Mais l’information a circulé, on ne pouvait pas la confiner.

Et je me pose une double question.

La première : même si les avis divergent sur le besoin de masques chirurgicaux à l’air libre, peut-on cependant considérer que les officiels chargés de la pédagogie sanitaire ont soutenu qu’ils ne servaient à rien, non par conviction ni savoir mais seulement parce que la France n’en disposait pas et qu’il convenait donc de nous démontrer que cette pénurie, dont le gouvernement actuel n’était pourtant pas coupable, n’était pas préjudiciable ?

La seconde : les masques, un mensonge d’Etat ? Ou plutôt le paroxysme d’une incurie française souvent observée mais gravissime dans une lutte contre un fléau inédit avec ses conséquences mortifères.

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Le coronavirus, révélateur de la faillite de la classe dirigeante française

Afin de lutter contre la pandémie du coronavirus, le gouvernement a imposé aux Français une réclusion à domicile. On aurait pu s’attendre à ce que l’urgence sanitaire et la période de confinement agissent comme un buvard sur les taches de la société française. Bien au contraire, la quarantaine agit comme un révélateur de nombreuses faillites que connaît notre pays, des faillites auxquelles les classes dirigeantes qui se sont succédé au pouvoir en France depuis plusieurs décennies ont méthodiquement contribué.

Pendant que l’on soigne en urgence des milliers de Français, le confinement imposé à la population n’apporte pas la paix civile et la tranquillité. Bien au contraire, les faillites que révèlent la pandémie du coronavirus et le confinement sont nombreuses. Sans prétendre à l’exhaustivité, il nous a paru important d’en relever quelques-unes. Elles concernent plusieurs prérogatives majeures du gouvernement et illustrent un aveuglement idéologique certain.

La faillite des frontières

En plein développement de l’épidémie en Chine, le ministre français de la Santé raillait l’idée d’arrêter le virus aux frontières (1). Le président Macron a été l’un des derniers chefs d’État européens à annoncer la « fermeture » des frontières du pays. Il est vrai qu’imposer en même temps une réclusion des Français à leurs domiciles et, « en même temps », laisser des étrangers, légaux et illégaux, arriver dans le pays de façon incontrôlée, aurait été contradictoire.

Comme nous le soulignions récemment, la fermeture des frontières françaises est toute relative. Selon plusieurs témoignages, les contrôles aux frontières sont parfois totalement absents (2). Il est vrai que, à la suite de l’instauration de la libre circulation en Europe il y a 25 ans, les effectifs des douaniers français ont été considérablement réduits.

Alors que l’on confine les Français à leurs domiciles, les arrivées d’étrangers, peut-être contaminés, continuent, ruinant l’effort de la collectivité. Alors que le « stock » des Français est placé en coupe réglée à demeure et menacé de contraventions de plus en plus coûteuses, les flux qui continuent d’arriver rendent possible la circulation internationale du virus. Mais ce gouvernement n’est plus à une contradiction près, comme d’autres exemples en témoignent.

La faillite de la politique de la ville

Selon un faisceau d’indices concordants, un traitement différencié s’applique aux « quartiers » (3). Des consignes seraient données pour ne pas faire de vagues lors des contrôles qui y sont organisés. Les articles consacrés au non-respect du confinement dans les banlieues sont nombreux (4). Le « discernement » demandé aux forces de police semble se traduire par une répression accrue dans les territoires où le confinement est paradoxalement le plus respecté.

Le trafic de drogue continue alors qu’une partie de la population ne semble pas concernée par les consignes sanitaires vis-à-vis de ce qui serait une « maladie de Blancs » (5). La partition et la sécession de nombreux quartiers du reste de la France apparaissent de façon encore plus éclatante pendant la période de confinement. Pire, le non-respect du confinement dans certaines banlieues met en péril l’effort collectif de la société française. En Seine-Saint-Denis comme ailleurs, les restrictions de circulation sont souvent ouvertement bravées alors que les capacités hospitalières dans le département sont arrivées à saturation lors du dernier week-end du mois de mars (6). Ce qui amène un médecin à y demander l’intervention de l’armée (7).

Le désœuvrement de près d’un million de jeunes, qui ne sont ni occupés par un emploi, ni en stage, ni en formation, a créé un potentiel énorme d’agitation sociale et d’émeutes, à l’image de celles que notre pays a connues en 2005 et dont le gouvernement fait tout pour éviter la répétition (8). Plutôt que de faire exploser la cocotte-minute, le gouvernement lâche la pression dans les banlieues, au détriment de tous les Français. Alors que des sauvageons sont parfois les auteurs de la mise en danger de la vie d’autrui, des habitants des quartiers en sont les premières victimes.

La faillite de l’immigration

La déliquescence des banlieues n’a pas empêché notre gouvernement de mener depuis plusieurs années une politique d’immigration totalement débridée. Il ne s’en cache pas : l’immigration est une de ses priorités (9). Le budget dédié à l’asile, l’immigration et l’intégration est ainsi en progression constante. Le nombre de places dans les centres d’hébergement des migrants a considérablement augmenté ces dernières années, passant de 34 000 en 2009 à 98 400 en 2019, une augmentation qui s’accélère avec le gouvernement Philippe (10).

Les clandestins viennent emboliser le système de santé, comme en témoigne l’augmentation du budget de l’aide médicale d’État, qui va atteindre le milliard d’euros, un montant qui ne correspondrait qu’à une partie du coût des soins prodigués aux clandestins (11).

Le gouvernement Philippe n’a en rien remis en cause les droits de tirage illimités à l’immigration, en n’imposant ni plafond ni restriction numérique au droit d’asile, au regroupement familial et à l’aide sociale à l’enfance. Conséquence logique : les budgets qui leur sont dédiés explosent littéralement, la France apparaissant comme un pays de cocagne de l’immigration légale et clandestine.

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Les premières leçons de l’épidémie de Coronavirus, par Jean-Yves Le Gallou

Jean-Yves Le Gallou revient sur les premières leçons à tirer de la crise sanitaire du Coronavirus.

1/ L’institut Iliade devait tenir le 25 avril son VIIe colloque sur le thème : « La nature comme socle ». Par un singulier rappel à l’ordre de la nature, le Coronavirus 19 a conduit à reporter cette manifestation au 19 septembre prochain. Que nous dit le coronavirus ? Que la nature n’est ni bonne, ni méchante, qu’elle est, qu’elle est indifférente.
Répétons-le : le coronavirus n’est ni bon, ni méchant, il est indifférent. Le virus s’est propagé en profitant des faiblesses offertes par la mondialisation : entassement dans les villes, multiplication des échanges et des communications, goût du lucre, éloignement des centres de production et de communication. En même temps, dans le silence des villes et des forêts imposé par le confinement, la nature sauvage reprend ses droits. Malgré les utopies progressistes, la compétition des espèces n’a jamais cessé.

2/ « L’histoire est le lieu de l’inattendu » : jamais la leçon de Dominique Venner ne s’est montrée aussi profonde. L’imprévu ici ce n’est pas le coup de feu tuant un archiduc mais une épidémie mondiale remettant en cause l’ensemble du système économique. Comme la Grande peste marqua la fin du Moyen Âge et les mauvaises récoltes de 1788 préparèrent la Révolution. Sans doute le libre-échangisme mondial se montrera résilient mais tout porte à penser que la thèse de la « mondialisation heureuse » aura du mal à se remettre de l’épidémie.

3/ D’autant que le retour des frontières – thème du VIe colloque de l’Institut Iliade — s’impose comme une réponse à la fois sanitaire, économique, sociétale, politique. Au moment même le refus idéologique des frontières entre peuples et nations débouche sur le rétablissement de frontières intérieures et le confinement à domicile.

4/ « Est souverain celui qui décide des circonstances exceptionnelles » : l’analyse de Carl Schmitt prend ici tout son sens. Ouvrir ou fermer des frontières, confiner ou non la population, faire appliquer partout ou non ces mesures, mobiliser des moyens privés et publics, réquisitionner ou non des produits, sont des décisions politiques. Et seulement politiques. S’abriter derrière des « experts » (souvent bien défaillants d’ailleurs) ou un pseudo conseil scientifique présente un côté dérisoire. Avec la Ve République en France le souverain c’est le président de la République. Qu’il soit bon ou mauvais c’est une autre affaire. Qu’il ait un jour ou l’autre des comptes à rendre, c’est entendu, mais aujourd’hui c’est à lui décider. Pourtant un autre système se profile : la théocratie judiciaire. Saisi par des collectifs de médecins, le Conseil d’État s’est jugé compétent pour statuer sur la nécessité de renforcer ou non le confinement des Français. Certes il s’est gardé de trancher trop nettement mais c’est une avancée de plus vers le gouvernement des juges.

5/ « Politique d’abord » : si le Conseil d’État s‘est retenu d’aller trop loin, c’est qu’il a pris conscience des difficultés d’envahir le champ de la décision politique : car en prendre une exige de s’assurer d’abord de son opportunité mais aussi de sa proportionnalité, de sa pertinence (coût/ avantages), de son acceptabilité et tout simplement de sa faisabilité. Dans la trilogie de la séparation des pouvoirs, le pouvoir judiciaire juge a posteriori, le pouvoir législatif organise a priori, l’exécutif agit dans le présent et pour le futur. C’est le rôle du politique.

6/ Le retour du réel et du risque : le confinement a opéré brutalement un classement entre les tâches essentielles et celles qui le sont moins. Les tâches essentielles : les missions de service public (santé, sécurité, électricité, eau, transports, enlèvement des ordures ménagères) et l’approvisionnement (agriculture, agro-alimentaire, livraisons). Les activités qui le sont moins ? Remplir des tableaux Excel ou préparer un Power Point ! L’épidémie a mis aussi en avant les métiers les plus exposés : soignants mais aussi caissier(e)s. Les plus exposés mais pas toujours les plus considérés, et souvent les plus mal payés. Tel qu’il s’est exprimé jusqu’au 15 mars, le corps médical n’a pas vu venir la crise, mais il est aujourd’hui sur la ligne de front, exposé à la contagion, et son prestige remonte.

7/ La faillite de l’État : aux mains d’experts déconnectés (pour mémoire le Directeur général de la santé est professeur de médecine et infectiologue) l’État a perdu la main. Il n’offre plus sa protection aux citoyens, ce qui est sa première fonction. D’où le retour à la subsidiarité : des soignants fabriquent eux-mêmes leurs masques avec du tissu. D’autres soignants décident de traiter des patients atteints du Covid 19 avec la méthode du professeur Raoult alors que celle-ci n’est pas homologuée, voire déconseillée. Des maires décrètent un couvre-feu.

8/ Le survivalisme n’est pas idiot : les Français découvrent qu’il faut se méfier de l’État et s’organiser de façon autonome. La crise a montré les défaillances du gouvernement : manque de gels hydro-alcooliques, manque de masques, annonces mal préparées, décisions tardives, perte de contrôle d’une partie du territoire. Dès l’annonce du confinement les vieux réflexes d’autoprotection ont repris droit de cité : constitution de stocks alimentaires et pharmaceutiques, exode depuis les villes. La crainte d’autres événements – pillages, émeutes — dans les banlieues ne peut conduire qu’à prendre d’autres précautions : la détention d’armes notamment.

9/ Les banlieues de l’immigration font sécession : alors que dans leur immense majorité les Français ont accepté les mesures très contraignantes de fermeture des écoles, arrêt des entreprises et confinement, la loi commune est particulièrement mal appliquée dans les quartiers à majorités afro musulmanes. Pour une raison simple : beaucoup d’habitants ne se sentent pas concernés par le destin commun des Français et n’ont pas le sentiment d’appartenir au même peuple.

10/ La micro cellule familiale a repris la place centrale dans la vie des Français et des Européens.

11/ L’État, les communes, les entreprises, découvrent qu’ils devront se passer à l’avenir de leurs fournisseurs chinois, ou à tout le moins limiter leur dépendance à l’égard de toute zone de production hors Union européenne.

12/ L’Union européenne est restée hors-jeu en ne fermant pas suffisamment tôt ses frontières extérieures par pure idéologie sans-frontièriste. Et en étant parfaitement inutile par la suite : ses 43 000 bureaucrates n’étant d’aucune utilité ni pour soigner, ni pour produire les biens de première nécessité.

Jean-Yves Le Gallou

Texte repris du site Polémia

Coronavirus: « Potentiellement, on pourrait s’orienter vers une société de contrôle permanent »

01/04/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Traitements controversés, confinement et atteintes aux libertés… Le coronavirus implique plusieurs dilemmes éthiques.

Emmanuel Goffi, expert en éthique, revient sur ces questions difficiles dans le Désordre mondial – sur Sputnik France – avec Rachel Marsden.


Quand L’Obs découvre que l’Islam peut être dangereux pour la santé

Ainsi que l’OJIM le montrait le 27 mars 2020 avec l’exemple du Point, les sujets et surtout la manière de les traiter changent un peu dans les médias convenus. Un nouvel exemple avec un article de L’Obs paru ce même 27 mars, qui s’appuie en grande partie sur une dépêche de l’AFP.

Le titre : « Au Pakistan, forte affluence dans les mosquées pour la prière du vendredi malgré le coronavirus ». Un titre et un centre d’intérêt qui ne se seraient pas trouvés dans l’hebdomadaire il y a peu

Les mots de l’article

L’Obs reconnaît, sans accuser le monde développé d’en être responsable, une fois n’est pas coutume, qu’un pays tel que le Pakistan, musulman, doté de la bombe atomique, n’est pas en mesure de mettre en place un système de santé acceptable pour ses 200 millions d’habitants. Pourtant, l’Arabie saoudite « a interrompu les pèlerinages et fermé les mosquées » et « en Égypte, une fatwa a permis l’interdiction des prières publiques ». Le Pakistan ne suit donc pas le mouvement. Pourquoi ? L’Obs écrit un argument, en forme d’interview, qu’il n’eut jamais mentionné il y a peu :

« Nous ne croyons pas au coronavirus, nous croyons en Allah. Quoi qu’il arrive, cela vient d’Allah, a déclaré l’un d’eux Altaf Khan, alors que d’autres portant des masques affluaient pour la prière du vendredi à Islamabad. »

En temps normal, L’Obs écrirait contre tout autre magazine mettant en avant des propos de cette sorte.

 Pourtant, à cette date, le Pakistan recensait officiellement près de 1300 personnes infectées.

« “L’ignorance de la classe religieuse réactionnaire” est responsable de la propagation du nouveau coronavirus, a tweeté jeudi soir le ministre des Sciences Fawad Chaudhry. »

Dans L’Obs, l’islam devient obscurantiste, au Pakistan mais aussi en Indonésie où « beaucoup de gens ont ignoré les appels à prier chez eux ». Quant à l’Afghanistan ?

« Les mosquées étaient bondées à Kaboul, a constaté l’AFP. “Allah protégera les musulmans des désastres causés par le coronavirus”, a déclaré un imam dans une mosquée comble du centre de la capitale afghane. »

Évidemment, cette charge inhabituelle contre l’Islam demandait un peu d’équilibre, si bien que L’Obs en profite pour accuser Bolsonaro et Trump d’appeler à remplir les églises. C’est une façon d’atténuer cette information :

« Au Pakistan, la majorité des premiers malades étaient des pèlerins revenant d’Iran, où les autorités ont refusé pendant des semaines de fermer les lieux saints du chiisme, favorisant la contamination de dizaines de milliers de personnes.
Le Pakistan a lui-même autorisé un rassemblement massif de tablighis, un mouvement de missionnaires musulmans, début mars, finalement stoppé après quatre jours. Là encore, des cas de covid-19 ont été recensé parmi les 250.000 participants. »

Que l’Islam joue un rôle dangereux dans la propagation du coronavirus et que L’Obs, dans la foulée de l’AFP, en parle sur un ton digne de médias moins convenus il y a peu ne manque pas d’intérêt. Camarade encore un effort !

Article repris du site OJIM

La France, malade de ne plus rien produire, par Ivan Rioufol

Les faits sont là, insultants. La France, 6e puissance mondiale, ne produit plus rien de ce qui pourrait la sortir de son confinement sanitaire : ni masques, ni tests, ni respirateurs, ni rien. Pas même du doliprane. La nation, qui s’enorgueillissait de son coûteux système de Santé, est semblable à un pays du tiers-monde dans ses pénuries d’outils essentiels. La voici en effet contrainte, terrassée par le Covid-19, d’appeler à l’aide des pays qui, légitimement, servent en priorité leurs propres intérêts. Le gouvernement s’achemine, faute de solutions alternatives rapides, vers l’imposition d’une quarantaine effective, comme aux pires moments des grandes épidémies de jadis. Le confinement de quinze jours a déjà prolongé de deux semaines, ce week-end, par le premier ministre. Cet immobilisme forcé s’annonce économiquement et socialement explosif. Ce lundi, les premiers masques ont été livrés par la Chine. Mais il en faudrait au moins un milliard pour que la population en bénéficie. Or la France ne peut en fabriquer que 6 à 8 millions par semaine.
Les seuls besoins hospitaliers en demandent 40 millions par semaine. Les tests de dépistage manquent pareillement, faute notamment d’industries françaises de biologie moléculaire. Quand l’Allemagne arrive à proposer dès à présent 500.000 tests par semaine, la France en aligne dix fois moins. Les respirateurs sont semblablement devenus des équipements rares, fabriqués ailleurs pour l’essentiel. Quant à l’usine proche de Lyon qui fabrique de la chloroquine, ce remède contre le virus, elle a été placée en redressement judiciaire. Le naufrage français est impressionnant.

Quand le ministre de la Santé, Olivier Véran, assure dans le JDD : “Il n’y a eu aucun retard (…) L’anticipation a été absolue dès le premier jour“, il abime une parole officielle qu’il avait réussi à crédibiliser en usant de sobriété. La défense d’Edouard Philippe n’est pas plus convaincante quand il déclare, samedi : “Je ne laisserai personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement“. Le premier ministre a assurément pris la bonne décision. Reste que c’est son gouvernement qui avait préalablement autorisé le premier tour des municipales. J’ai moi-même défendu ce choix à l’époque, au vu des éléments qui étaient rapportés.

A posteriori, l’erreur est patente. Toutefois la question est de savoir quel était alors le véritable degré d’information du pouvoir. A en croire depuis Agnès Buzyn, ancien ministre de la Santé, Emmanuel Macron avait été prévenu, le 11 janvier, de la catastrophe (Le Monde, 18 mars). Pourquoi l’Etat ne s’est-il affolé qu’au dernier moment ? Dans le Figaro Magazine, le patron des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, Philippe Juvin, pointe la responsabilité des conseillers, qu’il accuse de “trahison”. Le professeur Didier Raoult, promoteur de la chloroquine, est proche de cette longueur d’onde quand il accuse d’incompétence, dans Le Monde de ce week-end, le Conseil scientifique mis en place par le gouvernement. Les politiques sont-ils à la hauteur ? La question, en tout cas, s’impose.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 mars 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Fermeture des frontières – François Lenglet donne 100% raison à Marine Le Pen sur le Coronavirus

31/03/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Sur LCI, le journaliste François Lenglet donne 100% raison à Marine Le Pen sur le Coronavirus.

Alors que la présidente du Rassemblement National réclamait d’urgence la fermeture des frontières, le gouvernement a tardé à agir car cela remettait en cause son idéologie mondialiste.

François Lenglet manifeste ainsi son agacement :

Pourquoi la frontière serait-elle bonne autour d’un foyer familial et mauvaise dans un pays ? Alors là, ça m’échappe…
Par définition, on nous dit que le virus se moque des frontières. Pardon, le virus, il ne traverse pas à pied. Il traverse sur des gens. Si vous bloquez les gens, le virus ne passe pas.


L’histoire n’en a pas fini avec nous, par Jean-David Cattin (Les Identitaires)

La crise sanitaire engendrée par le Coronavirus frappe une Europe qui pensait être sortie de l’histoire. Face à une situation grave, l’état d’impréparation de nos élites politiques saute aux yeux. Comme si le pire n’était plus possible. Comme si la vie des sociétés européennes n’était plus qu’un long fleuve tranquille.

Plus de stocks, que du flux tendu. Délocalisation, même pour les entreprises stratégiques. Insuffisance de moyens hospitaliers, policiers, militaires. Si gouverner c’est prévoir, nous pouvons considérer que nous ne sommes plus gouvernés. Aucune vision à long terme, que de la gestion comptable. Et à ce jeu-là, nos élites nationales n’ont rien à envier à celles de Bruxelles. Le problème n’est pas institutionnel mais bien idéologique.

Tout sauf le courage

L’idéologie dominante considère que tout est préférable à l’usage de la frontière, de la force ou de la contrainte même symbolique. Tout cela ressemble plus à de la lâcheté qu’à de la bienveillance. De quoi d’autre s’agit-il lorsque l’on refuse d’appliquer rigoureusement le confinement en banlieue ? Pour se persuader que ce n’est pas le courage qui manque pour se défendre, on prétend que les problèmes n’existent pas.

Rien ne doit troubler la société de consommation, rien ne doit remettre en cause l’individualisme ambiant. Tout semble préférable à un retour à un peu de hiérarchie et d’esprit de communauté. Le déni du début de la pandémie rappelle celui relatif à l’invasion migratoire.

La crise sanitaire fait suite à celle, migratoire, sans précédent qui s’est déroulée à la frontière gréco-turque. Un début de solidarité européenne s’y est fait jour. Des moyens policiers ont été envoyés sur la ligne de front. Pour que la Turquie cède, quelques escouades de gardes-frontières ont suffi. Comme quoi, avec un peu de courage et de volonté politique, on pourrait résoudre beaucoup de nos problèmes.

Face à la crise, l’Europe au pied du mur

Bien sûr, la peur du populisme a certainement plus motivé Berlin et Paris que l’invasion migratoire elle-même. Bien sûr, ce sont encore les pays d’Europe centrale qui ont fait l’essentiel du travail. Mais que de chemin parcouru depuis 2015 et l’irruption en Europe de plus d’un million de migrants !

Après des années d’insouciance volontaire, l’Europe comprend petit à petit que l’histoire n’en a pas fini avec elle. L’acceptation du constat n’appelle pas nécessairement les bonnes réponses. Au moins, il ne sera plus possible de se bercer d’illusions.

Jean-David Cattin

Texte repris du site de : Les Identitaires

Jean-Paul Gourévitch : « La propagation de l’épidémie en Afrique sera problématique pour l’Europe »

Jean-Paul Gourévitch, auteur du livre Le Grand Remplacement, réalité ou intox, revient sur l’influence du Covid-19 sur les flux migratoires, et en particulier sur les conséquences de l’épidémie en Afrique.
Un entretien paru sur Boulevard Voltaire.

Les flux migratoires sont-ils augmentés ou diminués ?

On peut distinguer deux cas. À court terme, la plupart des pays asiatiques, africains et même européens ont fermé leurs frontières. L’Union européenne a fermé ses frontières extérieures et certains pays ont fermé leurs frontières intérieures. Les avions n’étant plus au sol et les bateaux bloqués au port, les flux migratoires sont par conséquent automatiquement en baisse.
À moyen terme, lorsque la pandémie sera peut-être jugulée, les migrations risquent de reprendre avec d’autant plus de force qu’elles ont longtemps été contrecarrées. Je ne parle pas simplement des migrations familiales, politiques, médicales et étudiantes, mais aussi des migrations économiques et sociales. Ce n’est pas la situation sanitaire qui crée le désir de migrer ou de ne pas migrer, mais la détresse économique et le rêve sociétal. On peut s’attendre à ce que de nouvelles vagues migratoires arrivent vers l’Union européenne. Comme à son habitude, elle n’a rien anticipé…

La fermeture des frontières a-t-elle une influence sur cette baisse des vagues migratoires ?

La réponse est oui, pour l’instant. Actuellement, l’Afrique paraît moins atteinte que les autres continents. Au 24 mars 2020, sur 414.000 infections recensées, le pays d’Afrique le plus touché était l’Afrique du Sud, avec 550 cas. Après, il y a l’Égypte, le Maghreb, le Burkina Faso, le Sénégal et la Côte d’Ivoire. C’est la même chose pour les décès. Ces chiffres sont transmis par le gouvernement. Dans des pays où l’état civil est défaillant, les chiffres ne sont pas fiables.
Je pense, notamment, à la Somalie. Le pouvoir essaie de masquer la vérité, par exemple au Mali. En République centrafricaine, la collecte des données est impossible. Comment peut-on croire que le Mali, ce pays en guerre, n’a pas de contaminés et de morts ?
La situation ne va pas s’améliorer. Les pays africains n’ont pas suffisamment de matériels équipés, de protection et de médecins formés pour les besoins. L’Organisation mondiale de la santé a déclaré qu’elle craignait que l’Afrique ne puisse pas affronter la pandémie.

L’explosion des cas en Afrique est-elle inquiétante, d’un point de vue gestionnaire de crise migratoire ?

Le mot explosion est peut-être un peu forcé. Néanmoins, la propagation de l’épidémie est arrivée plus tard en Afrique. Maintenant, elle est en train de rattraper son retard. Cela va poser un problème à l’Europe. S’il n’y a pas de dépistage et de contrôle à l’entrée des pays européens lorsque l’immigration irrégulière en provenance du continent africain va reprendre, les pays européens prennent le risque d’être confrontés à une nouvelle vague d’épidémie.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

« Français, vos papiers ! » Le flicage plutôt que le dépistage

Le ministre de l’Intérieur en avait sans doute rêvé : voilà les Français assignés à résidence pour une durée indéterminée. Et les rassemblements interdits. Finis les Gilets jaunes ! Oubliée la claque reçue par le parti présidentiel lors du premier tour des municipales ! Puisque de toute façon le second tour n’est pas pour demain.
Avec le coronavirus, on a enfin muselé ces Gaulois jamais contents. Ah, Dieu, que la pandémie est jolie !
Une tribune de Michel Geoffroy.

Les Français, coupables de l’épidémie

Faute de masques, de dispositifs de dépistage, de respirateurs, et compte tenu de la saturation de notre système hospitalier, le gouvernement ne pouvait que prendre la voie du confinement durable des Français.

Même si cela surprend les Chinois et suscite les critiques du corps médical. Mais le conseil scientifique, qui semble désormais diriger la France, en a, paraît-il, décidé ainsi. Dont acte.

Ah ! Ces cochons de Français rebelles au confinement, aux gestes barrière et à la distanciation sociale, on va les mâter !

Les médias et les ministres ne cessent de les diaboliser : bientôt la pandémie sera de leur faute. Pas celle de la mondialisation débridée, du sans-frontiérisme, de la réduction des emplois et des dépenses publiques au nom du pacte de stabilité européen et de la bureaucratie.

Non, c’est la faute aux Français qui ne se confinent jamais assez bien !

Curieusement, on nous parle moins de ce qui se passe dans les banlieues ou les quartiers de l’immigration, manifestement à des années-lumière du confinement national. Il ne faut pas les stigmatiser, comme dirait Sibeth Ndiaye. De même, on glisse sur les bobos qui ont quitté les villes pour se réfugier à la campagne, emportant nonchalamment le virus avec eux.

Non, ce qui importe, ce sont, encore et toujours, ces maudits Français souchiens.

Avec le coronavirus, on va plus loin

Hier, les « forces de l’ordre » tapaient sans état d’âme sur les Gilets jaunes et plaçaient les manifestants préventivement en garde à vue.

Mais, avec le coronavirus, on peut aller encore plus loin dans le flicage des Français.

La police, la gendarmerie et bientôt les polices municipales s’empressent de verbaliser ces Français qui mettent la vie d’autrui « en danger » en sortant bêtement leur chien ou en achetant leur baguette de pain.

Le gouvernement a déjà rétabli les Ausweis : pour sortir il faut désormais exhiber le bon papier lors des contrôles. Sinon, Achtung ! On menace les Français d’amendes alourdies, voire de prison, au moment où le ministre de la Justice souhaite relaxer 5 000 détenus en fin de peine pour… lutter contre l’épidémie dans les maisons d’arrêt. Comprenne qui pourra.

Peut-être demain rétablira-t-on les tickets de rationnement, comme au bon vieux temps, pour empêcher les autochtones de faire trop souvent leurs courses ? Le préfet de l’Aisne ne voulait-il pas interdire la vente d’alcool comme au temps de la prohibition ?

Certains maires mettent déjà en place un couvre-feu avec l’accord des préfets, donc de l’État (mais pas en Seine-Saint-Denis, ce ne serait pas approprié, nous dit-on). D’autres rêvent de géolocalisation qui permettrait de mieux pister les malades et surtout les Français récalcitrants.

Où va-t-on s’arrêter ?

L’état d’urgence était-il urgent ?

Emmanuel Macron a déjà fait entrer en 2017 les dispositions de l’état d’urgence contre le terrorisme dans le droit commun, ce qui signifie qu’il a réduit à due concurrence les libertés des Français. Mais cela ne suffisait pas, manifestement.

Nous voilà donc maintenant sous le régime de l’état d’urgence sanitaire, qui autorise de nouvelles restrictions aux libertés et au droit de propriété, pour une durée de deux mois. Au-delà il faudra une loi pour le proroger, mais, comme LREM a encore la majorité des suffrages à l’Assemblée nationale, cela ne constitue pas vraiment une garantie !

En outre, l’état d’urgence sanitaire concerne tous les Français sans restriction, alors que les mesures antiterroristes ne touchaient qu’un nombre limité de personnes.

Mais cette urgence était-elle nécessaire ? Pour fabriquer des masques ? Pour construire des hôpitaux ? Ou pour continuer de déconstruire le droit social ?

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Pourquoi le coronavirus est-il moins mortel en Allemagne ?

Les chiffres sont frappants : vendredi matin, il y avait déjà 47 278 cas de Covid-19 confirmés en Allemagne depuis le début de l’épidémie (dont 41 324 personnes actuellement malades) contre 29 155 en France (dont 22 155 malades). Pourtant, l’Allemagne n’avait encore eu que 281 décès liés au coronavirus contre déjà 1 696 en France. Cette anomalie par rapport aux autres pays européens intrigue. On a voulu expliquer la forte mortalité en Italie, puis en Espagne, par le fait que ces pays ont une population particulièrement âgée. Pourtant, quand l’Italie et l’Espagne avaient le même nombre de cas confirmés que la France aujourd’hui, dont la population est plus jeune, le nombre de morts y était similaire. Par ailleurs la population allemande est en moyenne quasiment aussi âgée que la population italienne ou espagnole. Mais il est vrai que la moyenne d’âge des gens diagnostiqués positifs au coronavirus est beaucoup moins élevée en Allemagne, et que les contacts intergénérationnels y sont probablement moins fréquents que dans les pays méditerranéens.

Pourquoi une moyenne d’âge plus jeune des personnes diagnostiquées Covid-19 en Allemagne ? C’est au moins en partie parce que, depuis le début de l’épidémie, l’Allemagne réalise beaucoup plus de tests afin de détecter les porteurs asymptomatiques du coronavirus SARS-CoV-2 et les isoler du reste de la population. Rappelons en effet que ce taux de mortalité de 10 % en Italie, de plus de 7 % en Espagne et de près de 6 % en France est un pourcentage de décès par rapport au nombre de cas diagnostiqués et non par rapport au total des personnes ayant eu ce virus, avec ou sans symptômes.

Les tests de dépistage

S’exprimant jeudi à l’occasion du lancement d’un nouveau réseau de recherche sur cette maladie dont l’objectif est de mettre en commun l’expertise accumulée par les CHU et les scientifiques, le virologue Christian Drosten, de l’institut de virologie de l’hôpital universitaire de la Charité de Berlin, a confirmé cette thèse : « Si l’Allemagne a si peu de décès par rapport au nombre de personnes contaminées, cela peut s’expliquer par le fait que nous réalisons un nombre extrêmement élevé de tests de dépistage en laboratoire. » Ceci grâce à un réseau serré de laboratoires répartis dans tout le pays. Jusqu’à récemment, le nombre de tests réalisés chaque semaine était d’environ 160 000, ce qui était déjà nettement plus qu’en Corée du Sud, souvent donnée en exemple. Ces derniers jours, le rythme est passé à environ 200 000 tests par semaine. En France, où les autorités n’ont pas préparé le pays à temps, seuls les personnels soignants et les personnes hospitalisées bénéficient de ces tests, pour environ 5 000 tests par jour, ce qui fait que les porteurs asymptomatiques ou présentant une forme bénigne du Covid-19 continuent de propager l’épidémie autour d’elles et qu’on ignore complètement le nombre réel des porteurs du virus.

Cela ne veut pas dire que la population âgée ne va pas se trouver bientôt plus massivement au contact du coronavirus en Allemagne malgré les mesures de distanciation sociale (adoptées tardivement, comme en France), mais là aussi l’Allemagne est mieux préparée que des pays comme la France, l’Italie ou l’Espagne. Il y a en effet dans les hôpitaux allemands 28 000 lits de soins intensifs (contre 7 000 en France) et environ 25 000 lits de réanimation équipés d’un respirateur artificiel (contre 5 000 en France), et cela aura forcément un impact sur la mortalité des seniors pendant la pandémie.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 27 mars 2020

Ces mosquées qui profitent du confinement pour faire l’appel à la prière

Philippe de Villiers : “Le nouveau monde est en train de mourir du coronavirus”

Depuis son Aventin vendéen, où il se trouve confiné comme le reste du pays, Philippe de Villiers analyse la signification profonde de la crise du coronavirus. Pour le fondateur du Puy du Fou, cette épreuve sonne le glas du mythe de la “mondialisation heureuse” et du nouveau monde, et le retour du “carré magique de la survie”, frontière-souveraineté-localisme-famille.

Lors de la campagne des élections européennes de 1994, vous évoquiez avec Jimmy Goldsmith la nécessité de la “démondialisation” et critiquiez le libre-échangisme mondial. L’actualité, avec la pandémie du coronavirus, vous donne-t-elle raison ?

Hélas ! Je me souviens que dans nos réunions publiques, Jimmy et moi avions cette formule qui faisait rire les salles : « Quand toutes les barrières sanitaires seront tombées et qu’il y aura une grippe à New Delhi, elle arrivera dans le Berry ». C’était un rire d’incrédulité : « ils exagèrent… » En fait, Jimmy avait tout vu, tout dit, tout écrit dans son livre « Le Piège », écrit en 1993, non seulement sur le plan sanitaire mais aussi sur le plan de l’économie et de la sécurité. Je racontais tous les soirs, devant nos assemblées de curieux, la même histoire métaphorique sur la « jurisprudence du Titanic » : « Le Titanic a coulé à cause d’une seule lame de glace qui a percé la coque. Parce que la carène du navire n’avait prévu qu’un caisson seulement. Lorsque nous avons créé le Vendée-Globe, nous avons imposé sept compartiments étanches dans la coque de chaque bateau. Si l’un des sept se remplit d’eau, il en reste six… Les compartiments étanches empêchent le bateau de couler. Eh bien, chers amis, la jurisprudence du Titanic, c’est que les nations sont les compartiments étanches de la mondialisation. »

La réaction des élites et des médias était la même : « On ne peut pas s’opposer à la mondialisation. Elle est dans le sens de l’histoire. »

Quelle est la signification profonde de l’épreuve que nous traversons ?

Le confinement obligatoire sonne le glas de la fameuse « mondialisation heureuse ». La défaite intellectuelle des mondialistes est à la mesure du drame du coronavirus. Il signale, pour ceux qui ont un peu de lucidité, la fin du « Nouveau Monde » et le retour en force de « l’Ancien Monde ». Après la chute du mur de Berlin, on nous a expliqué que nous allions entrer dans un nouveau monde qui viendrait inaugurer une nouvelle ère, post-moderne, post-nationale, post-morale, une ère de paix définitive. Ce nouveau monde serait deux fois novateur : d’abord il nous débarrasserait des souverainetés et des États, puisqu’il serait ahistorique et apolitique. Ce serait la fin définitive des guerres, de l’histoire, des idées, des religions et l’avènement du marché comme seul régulateur des pulsions humaines et tensions du monde. Les citoyens allaient se muer en consommateurs sur un marché planétaire de masse. Excitant, non ? Et puis – deuxième novation – le nouveau monde organiserait enfin le primat ricardien de l’économie sur la politique, portant ainsi l’idée pacifique d’une réallocation des ressources au niveau du « Village Global » et d’un monde d’ouverture multiculturel. On pensait que les grandes organisations supranationales suffiraient à la supervision de ce nouveau monde où tiendraient dans la Main invisible du libéralisme les bonheurs et prospérités. À partir de ce moment-là, le vocabulaire changea : on ne parlait plus de gouvernement mais de gouvernance, de loi mais de régulation, de frontière mais d’espace, de peuple mais de société civile.

Aujourd’hui, nous comprenons que cette vision idéologique est en train de mourir du coronavirus. En effet, quand revient le malheur, quand rôde la guerre – par exemple à la frontière gréco-turque – ou la mort – avec la pandémie -, les zombies des organisations internationales n’ont plus rien à dire – et d’ailleurs on ne les consulte plus. C’est le grand retour au carré magique de la survie.

Le premier point du carré, c’est la frontière, c’est à dire la protection, ce pour quoi les États ont été inventés. Le deuxième, c’est la souveraineté, c’est à dire la liberté des peuples pour prendre des décisions rapides et ajustées. Le troisième coin du carré, c’est le local, donc le contrôle au plus proche des intérêts vitaux. Le quatrième point, c’est la famille, puisque, quand on décide de confiner un pays, la « République de la PMA » ne confie pas les enfants des écoles aux fonds de pension mais aux pépés et mémés.

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Covid-19 : la résistance de la France d’en bas, par Ivan Rioufol

Ils sont nombreux, les petits, les obscurs et les sans-grades, qui luttent à main nue contre le coronavirus. Ils font partie, avec le corps hospitalier et médical, de ces braves qui maintiennent la France debout. Ce sont ces oubliés et ces modestes qui gèrent les magasins d’alimentation, transportent les marchandises, nettoient les villes, assurent la sécurité, font respecter la loi. Si ceux-ci venaient à réclamer leur “droit de retrait”, pour protéger leur vie, l’Etat ne tiendrait plus qu’à un fil. Les Français applaudissent avec raison, chaque soir à 20 heures, les médecins et leurs équipes. Mais qui songe vraiment aux caissières, aux éboueurs, aux facteurs, aux policiers et à tous ces anonymes qui n’ont pas rejoint les “planqués”?

Je m’empresse de préciser que je suis moi-même de ces confinés qui résistent en pantoufle, même si je n’ai pas quitté Paris et si je poursuis ma collaboration à CNews en me rendant trois fois par semaine dans les studios de la chaîne. Reste que la France d’en haut, qui s’éventait hier devant ces ploucs de Gilets jaunes en moquant leur patriotisme suspect, est à son tour devenue invisible et silencieuse. L’exode de nombreux citadins vers la France périphérique est venu rehausser encore davantage le courage de cette classe moyenne qui continue à aller travailler chaque matin, le plus souvent sans aucune protection. Le président de la République, qui a déclaré le pays “en guerre” contre le Covid-19, aura à récompenser ces combattants de l’ombre.

Dans l’urgence, il s’agit de protéger une armée en haillons. Il lui faut, comme pour les hôpitaux, des masques, des gants, des tests. Des primes doivent être distribuées. Pourquoi ne pas affecter la somme des contraventions au confinement à ces soldats sans armes ? Les grandes entreprises doivent avoir la décence de renoncer à leurs dividendes. Si rien n’est fait pour eux, ceux qui réclament un confinement total au moins jusqu’à la fin avril auront raison : la vie n’a pas de prix. Mais quel sera alors le solde économique, social, humain ? La gestion de cette crise sanitaire (1100 morts à ce jour en France) doit prendre garde à ne pas aggraver le mal en jetant des familles dans la misère et en poussant des entreprises à la faillite.

L’absurde serait atteint si l’Etat devait être amené à débourser des milliards d’euros en plans de relance et en aides, pour n’avoir su investir à temps dans des protections élémentaires. Lundi, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a appelé ceux “qui n’ont pas d’activité” à rejoindre “dans les champs” les agriculteurs en manque de main d’oeuvre pour des ramassages saisonniers. 80.000 postes sont à pourvoir. Cet appel peut s’entendre, même s’il contredit le : “Restez chez vous” du gouvernement. Il faut au moins nourrir la France. Emmanuel Macron a raison de ne pas fermer la porte au pragmatisme et au cas par cas. Encore faudrait-il qu’il n’utilise pas les volontaires comme de la chaire à canon.

Ivan Rioufol

Texte daté du 26 mars 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol