Le coronavirus, révélateur de la faillite à venir du mondialisme ?

Le dernier colloque de l’Iliade, le 6 avril 2019, était consacré au thème de la frontière. Lionel Rondouin y prononçait une allocution sur la protection des frontières économiques. Dans un passage, il évoquait la question de la sécurité des approvisionnements dans une économie mondialisée dépendante du commerce international. Il exposait en particulier les risques de rupture d’approvisionnement des marchés de consommation et les risques de chômage technique dans l’industrie en cas de catastrophe naturelle ou d’origine humaine.
Il prenait notamment comme exemple l’épidémie de SRAS de 2003, le Symptôme Respiratoire Aigu Sévère qui était apparu en Chine, et comment cette épidémie avait affecté à distance l’économie nord-américaine pendant plusieurs semaines.

L’épidémie de coronavirus qui s’est déclenchée en décembre dernier offre de nombreuses similitudes avec celle de SRAS, mais elle a pris une ampleur inconnue tant pour ce qui concerne les dommages humains que les conséquences économiques.
L’institut Iliade a interrogé Lionel Rondouin sur son analyse de la situation présente et les perspectives qu’il entrevoit.

Institut Iliade : Tout d’abord, et avant de parler de l’actualité, essayons de comprendre votre démarche. Comment et pourquoi vous êtes-vous intéressé à cette question du SRAS et aux perturbations que des catastrophes naturelles ou sanitaires peuvent causer à l’économie du monde ?

Lionel Rondouin : En réalité, je ne me suis pas intéressé au SRAS en 2003, c’est le SRAS qui est venu à moi…

J’ai séjourné plus d’un mois en déplacement professionnel à Toronto puis à New-York pendant l’épidémie. Il y avait des malades au Canada et sur la côte Ouest des Etats-Unis, au sein des communautés chinoises.

Le SRAS était en définitive moins grave que le coronavirus. Il était moins contagieux et — je vous le dis sans aucun cynisme, croyez-le bien — il était moins contagieux parce qu’il tuait plus vite. Mais ça, bien sûr, on ne peut le dire qu’avec le recul du temps.

Toujours est-il que tout le monde paniquait parce qu’il y avait des morts sur le sol nord-américain.

Et, surtout, j’ai constaté en lisant la presse quotidienne et en suivant les chaînes de télévision locales qu’une question revenait en boucle, l’approvisionnement en biens de consommation. En Amérique, on n’a plus d’industrie de jeans, de tee-shirts, de chemises, de baskets, on va se retrouver nus et pieds nus. Les grands centres de consommation populaires, les chaînes d’articles de décoration et d’équipement de la maison, vont se retrouver vides de marchandises,

Les porte-conteneurs chargés de marchandises restaient bloqués dans les ports de Chine. Les voyages professionnels étaient annulés entre les fournisseurs chinois et les donneurs d’ordre nord-américains. Cela a duré quelques semaines, puis on s’est rendu compte que le virus ne résistait pas à l’air libre plus de trois heures. On a fait partir les bateaux vers l’Amérique, en sachant que la marchandise n’était pas contagieuse arrivée à Vancouver ou Los Angeles. L’épidémie elle-même s’est éteinte en Chine et on est revenu à « business as usual ».

Et cela a suffi à attirer votre attention sur toute cette problématique…

Non. Il a fallu deux autres expériences professionnelles.

En 2011, je travaillais dans une société qui, entre autres, importait des marchandises du Japon. J’ai vécu à distance le tsunami et la catastrophe industrielle de Fukushima, et cela a retenti sur mes propres affaires en Europe. Au-delà des conséquences humaines, au-delà de l’anarchie totale et des conséquences sur l’économie locale, rupture des communications physiques et des télécommunications, mise à l’arrêt de toutes les centrales nucléaires, rupture de certains approvisionnements des clients étrangers, etc… je me suis interrogé sur la fragilité du système global de l’économie mondialisée.

Il faut bien voir que le Japon et le monde ont eu de la chance en 2011. Fukushima est située très au Nord de Tokyo. Les routes qui passent près de la centrale nucléaire desservent des régions qui n’ont pas d’importance stratégique pour l’industrie japonaise et ses clients. Si le tsunami s’était déclenché quelque part au Sud entre Tokyo et Osaka devant une autre centrale nucléaire de bord de mer, le Japon ne serait plus une grande puissance économique.

Et puis, autre expérience, j’ai travaillé dans l’industrie automobile chez un équipementier qui fournissait des pièces et des composants à tous les grands constructeurs de voitures et de camions, en Europe mais aussi au Japon. C’était dans les années 2000, l’époque de la grande délocalisation vers l’Europe de l’Est, la Turquie, l’Inde, la Chine. Et là, comme fournisseur, j’ai appris à connaître la logique contemporaine des achats industriels dans une économie globalisée, les circuits logistiques et leurs contraintes, leur efficacité et leur fragilité.

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I-Média – Coronavirus : intoxication médiatique ou véritable danger ?

06/02/2020 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
C’était LE sujet de la semaine pour l’ensemble des médias. L’épidémie de Coronavirus occupe l’espace médiatique de manière impressionnante. Les médias en font-ils trop ou pas assez ?

Pourquoi certains médias évoquent-ils un prétendu racisme des Français ? Nous tenterons de répondre à toutes ces questions.


Coronavirus : la frontière est plus que jamais nécessaire

« A ce stade, la situation est parfaitement sous contrôle. » Sibeth Ndiaye, sur les ondes de RFI le 28 janvier. Tout va bien donc, selon le porte-parole du gouvernement de la sixième puissance mondiale. « J’assume parfaitement de mentir pour protéger le président. » Sibeth Ndiaye, 2017. Tout compte fait, il va falloir s’informer ailleurs.

Le coronavirus a commencé son épopée à Wuhan, une ville chinoise de onze millions d’habitants. C’est ici que se produit quotidiennement le Huanan Seafood Wholesale Market, une sorte de marché gigantesque et parfaitement illégal où l’on peut se procurer de la viande animale rare : chameau, rat, serpent, chat… Et chauve-souris. C’est ce Chiroptera qui serait, selon les récentes recherches, responsable de la propagation du virus mortel. Le responsable, mais qui est le coupable ? Certainement le gouverneur de la région, lequel savait quels risques étaient pris par sa population et n’a pas eu la présence d’esprit de faire appliquer des normes sanitaires. Toujours est-il que le virus a muté, et est désormais transmissible par l’homme. Environ cinq mille cas sont déclarés à ce jour, dont une cinquantaine à l’étranger. En France, trois cas sont pris en charge à Paris et un à Rouen. Le monde retient son souffle.

La frontière est close

La Chine a pris des mesures médicales draconiennes pour enrayer l’épidémie. Distribution de masques, fabrication de médicaments, et… confinement. Cinquante-six millions d’habitants sont enfermés dans une zone dont ils n’ont pas le droit de sortir, soit presque la population de la France. Comment est-ce possible ? Les aéroports sont contrôlés par les forces de l’ordre, les axes de circulation routière bloqués, et des patrouilles cernent la zone.

Les pays étrangers sont autorisés à exfiltrer leurs ressortissants, moyennant des contrôles médicaux stricts. Par exemple, le Japon a fait sortir cent cinquante de ses citoyens. En France, le défilé du nouvel an chinois a été annulé, et le trafic en provenance de Chine est contrôlé. Voici les consignes officielles du Quai d’Orsay :

« Un accueil spécifique des voyageurs est mis en place aux aéroports de Charles De Gaulle et Saint-Denis de La Réunion pour les vols en provenance de Chine, Hong-Kong et Macao. Cet accueil est assuré par des personnels d’associations agréés de sécurité civile, en lien avec le service médical de l’aéroport renforcé de professionnels de santé médicaux et paramédicaux issus de la réserve sanitaire du ministère chargé de la santé. Des flyers en trois langues (français, anglais et mandarin) sont remis à tous les passagers pour leur indiquer la conduite à tenir en cas d’apparition de symptômes, de façon à assurer une détection rapide d’éventuels nouveaux cas de coronavirus sur le territoire. »

Autrement dit, la frontière est close. Mais personne ne s’en offusque, et la population accueille avec soulagement la nouvelle. Comment est-ce possible ? s’interrogent les lecteurs de Présent. Depuis des dizaines d’années, la résignation la plus totale est de mise chez les pouvoirs publics quand il s’agit de contrôler l’entrée sur le territoire de migrants venus du Sud. Comment se fait-il qu’en cas de virus, l’exécutif fasse preuve d’une détermination par ailleurs efficace ? L’affaire de ce virus prouve que la maîtrise des frontières est avant tout idéologique, et que les flux intarissables de clandestins ne sont en rien une fatalité. La France a la capacité de contrôler qui entre chez elle, preuve en est.

Benoît Busonier

Article paru dans Présent daté du 28 janvier 2020