En France, des blindés contre les défenseurs de la liberté… par Ivan Rioufol

Ivan Rioufol

Samedi soir, à Paris, des véhicules blindés ont pris place sur les Champs Elysées afin d’assurer l’ordre sécuritaire. « Ils ne passeront pas », avait décrété en substance le préfet de police Lallement, parlant des manifestants du Convoi de la liberté qui entendaient se regrouper dans la capitale ce week-end, avant de rejoindre Bruxelles ou Strasbourg ce lundi. Or cette invraisemblable dramatisation guerrière, impensable dans les cités « sensibles », n’indigne apparemment personne. Ce lundi, aucun média ne dénonce cette mise en scène digne d’un état de siège. Ce n’est plus contre un virus que le chef de l’Etat est en guerre, mais contre une partie de son peuple, coupable de contester le passe vaccinal et de réclamer le respect des libertés. La passivité des prétendus républicains, qui s’accommodent des dérives autoritaristes et liberticides du pouvoir hygiéniste, ajoute à la régression démocratique de ce régime. Toutefois, vingt sénateurs LR s’alarment heureusement de cette situation. Dans Le Figaro de ce jour ils écrivent, contestant l’utilité du passe dont ils réclament la levée immédiate : « Il ne s’agit plus de la gestion sanitaire de la crise, mais d’une stratégie politique. Après avoir mis les Français en liberté surveillée, le gouvernement voudrait être celui qui les libère, à quelques semaines du premier tour (…) Il est urgent de redonner la liberté aux Français avant que le pays ne replonge à nouveau dans le désordre (…) Les Français, dans leur immense majorité, ne supportent plus toutes ces privations de liberté (…). Le gouvernement doit arrêter d’ « emmerder les Français » avec des mesures politiciennes dissimulées derrière des prétextes sanitaires »

J’étais, samedi, parmi les manifestants contre le passe, qui se retrouvent chaque semaine depuis la mi-juillet avec le mot « Liberté ! » comme slogan. J’ai rencontré, plus tard sur les Champs Elysées noyés par les lacrymogènes, quelques uns des participants au Convoi, éparpillés par les forces de l’ordre. J’y ai retrouvé le même profil des premiers Gilets jaunes débarquant sur les Champs le 17 novembre 2018 : des Français venus des quatre coins du pays, en voitures ou en caravanes (pour y coucher également), avec l’idée floue de faire quelques chose pour protester contre leur condition ; des gens sympathiques, sans leaders ni mots d’ordre, qui se fédèrent sur les réseaux sociaux et improvisent le plus souvent des stratégies empiriques vouées généralement à l’échec. Issus de la classe moyenne, ils ne protestent pas seulement contre le passe, mais aussi contre la hausse des carburants, la baisse du pouvoir d’achat, et plus généralement le mépris dans lequel ils sont tenus par ceux d’en-haut. Le ministre Clément Beaune a qualifié le Convoi de la liberté de « convoi de la honte et de l’égoïsme ». Une animatrice de France Inter, Sophie Aram, a parlé de « convoi des teubés » (bêtes, en verlan) en précisant : « Je vois des cons mais je ne vois pas la liberté ». Envoyer des blindés et des injures contre cette France modeste et brave est le meilleur moyen de souffler sur les braises. Eschyle : « La violence engendre la violence ».

Ivan Rioufol

Texte daté du 15 février 2022 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Pouvoir blindé – Le Convoi de la liberté réprimé avec violence

Convoi de la liberté

Alors qu’au Canada les routiers bloquent Ottawa depuis quinze jours avec une réponse mesurée des autorités, en France la répression s’est immédiatement abattue sur le Convoi de la liberté. Les blindés contre les petites gens !

Contrôles routiers et verbalisations à la chaîne, interpellations et placements en garde à vue en masse, jets de gaz lacrymogène et coups de matraque en avalanche, mise en fourrière de nombreux véhicules, et même… policier braquant son arme de service vers un conducteur pacifique : obéissant scrupuleusement aux consignes de « très grande fermeté » données la veille par Castex, Darmanin et leur exécuteur des basses œuvres, le préfet de police de Paris Didier Lallement, les forces de l’ordre ont fait preuve samedi d’une incroyable violence pour interdire aux milliers de Français participant au Convoi de la liberté de manifester pacifiquement dans Paris. Un véritable déchaînement qui, cependant, n’a pas empêché plusieurs centaines d’entre eux de faire entendre leur voix sur les Champs-Elysées !

On a beau savoir que Macron et son gouvernement, qui ferment systématiquement les yeux sur les rassemblements interdits des voyous d’ultragauche et autres groupuscules indigénistes, ne laissent en revanche rien passer aux Français souhaitant manifester pacifiquement leur ras-le-bol, le triste spectacle auquel nous avons assisté samedi restera malgré tout dans nos mémoires comme un jour d’infamie (un de plus…) en raison de l’ampleur de la répression ordonnée par l’Etat. Rappelons que, avant même l’arrivée du Convoi de la liberté aux abords de la capitale, le gouvernement avait donné le ton de cette journée : en plus de ses menaces répétées, il avait en effet annoncé le déploiement de quelque 7 500 policiers et gendarmes, appuyés par des VAB antiémeutes de la gendarmerie, des canons à eau, des camions grues, ou encore des tractopelles ! Un dispositif totalement grotesque quand on sait que ce convoi était essentiellement constitué de Français venus manifester en famille, et donc pacifiquement, contre la dictature sanitaire, la confiscation de nos libertés, l’effondrement de notre pouvoir d’achat, l’envolée des prix de l’énergie, ou bien encore l’insupportable mépris que ne cesse d’afficher la Macronie à l’égard de nos compatriotes.

Quoi qu’il en soit, très tôt dans la matinée de samedi, la répression commençait lamentablement à s’abattre sur ces « petites gens » venus de toutes les régions de France pour exprimer, certes leur colère, mais plus encore leur mal-être et leur désespoir. Plusieurs convois rassemblant des centaines de véhicules étaient ainsi interceptés aux portes de Paris, leurs participants systématiquement verbalisés (135 euros…) et sommés de faire immédiatement demi-tour. Des barrages qui, cependant, n’ont toutefois pas empêché plusieurs centaines d’entre eux d’atteindre, au son des klaxons, aux cris de « Liberté », et drapeaux français au vent, les Champs-Elysées, où, soulignons-le, ils ont été vivement applaudis par de très nombreux passants… Une « percée » qui a bien sûr immédiatement entraîné l’intervention des forces de l’ordre, avec pour mission très claire de les disperser manu militari. C’est ainsi que, en plus des tirs massifs de gaz lacrymogène, des coups de matraque distribués à tout va, des véhicules envoyés à la fourrière ou carrément endommagés, on a pu voir un policier descendre de sa voiture sérigraphiée, arme de service à la main, poursuivre une auto dont les occupants arboraient des drapeaux tricolores, et braquer son pistolet sur le conducteur ! Abondamment diffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo de cette scène ahurissante a d’ailleurs donné lieu dimanche à l’ouverture d’une enquête administrative interne.

Par ailleurs, dans une autre vidéo postée sur les réseaux sociaux, qui donne elle aussi une idée de la violence de la répression déployée samedi par l’Etat contre de braves Français, on pouvait encore voir un membre des forces de l’ordre frapper avec sa matraque, violemment et à plusieurs reprises, un manifestant à la tête. Mais, selon les éléments dont nous disposons, il semble que, dans ce cas, les autorités n’aient pas jugé nécessaire d’ouvrir une enquête administrative…

Bref, au terme de cette sinistre journée, on comptait près d’une centaine de manifestants interpellés (dont l’ancien Gilet jaune Jérôme Rodrigues), pas moins de 81 personnes placées en garde à vue, et plus de 500 verbalisations ! Et ce n’est pas fini : dans la nuit de samedi à dimanche, les forces de l’ordre continuaient à traquer les derniers manifestants dans le quartier des Champs-Elysées et dans le bois de Boulogne pour les verbaliser…

En route vers Bruxelles

Reste que, si féroce que soit la répression mise en œuvre par la Macronie, les Français participant au Convoi de la liberté n’entendent pas se laisser intimider. Après leur passage à Paris, où ils ont malgré tout réussi à atteindre leur objectif de manifester sur les Champs-Elysées, ils ont pris, comme prévu, la route pour Bruxelles. Et, à l’heure où nous écrivions ces lignes, plusieurs centaines de véhicules arborant des drapeaux français, réunis dans la proche banlieue de Lille, se préparaient à franchir la frontière, avec pour objectif cette fois de mettre le siège devant la capitale de cette Union européenne qui, après nous avoir ruinés et imposé un grand remplacement, rêve de nous réduire en esclavage.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 14 février 2022

« Convoi de la liberté : « C’est le convoi de la honte et de l’égoïsme », affirme Clément Beaune

« Convoi de la liberté » : la résistance tient la route

Convoi de la liberté

Après Ottawa toujours occupée, les camionneurs ont bloqué Québec ce week-end pour signifier aux autorités leur ras-le-bol de la dictature sanitaire. Le mouvement fait des émules en Europe où les routiers se donnent rendez-vous à Bruxelles le 14 février pour une Saint-Valentin… des amoureux de la liberté.

Les grands médias avaient annoncé une manifestation de quelques centaines d’excités, qui aurait menacé l’ouverture du Carnaval d’hiver. Ce fut tout le contraire, des milliers de Québécois ont défilé dans les rues de la capitale, drapeau en main, sourire aux lèvres, dans une ambiance festive et joyeuse, pendant que résonnaient les klaxons des centaines de véhicules qui avaient convergé vers Québec.

La police s’était dite prête et la rue devant le Parlement était obstruée par des camions de la ville. Les routiers bloquèrent quant à eux la rue René-Lévesque et les convois de voitures sillonnèrent les rues avoisinantes en agitant des drapeaux québécois et canadiens au bout de bâtons de hockey. Sur ce dernier point, c’était une vision particulièrement étrange que ces milliers de drapeaux canadiens dans la capitale québécoise, quelque chose d’inédit. Le message : le Canada d’un océan à l’autre s’oppose aux mesures sanitaires.

Impossible de savoir combien ils étaient : non seulement aucune réelle organisation n’encadrait la contestation, mais ces gens ne sont pas des « pros de la manif » : tous déambulaient dans les rues, bloquant certaines artères par leur nombre, mais dans l’improvisation la plus joyeuse. Certains quittaient les flots humains pour entrer dans une boutique ou pour prendre une commande à emporter au restaurant.

Ce manque d’encadrement aurait facilement pu mener à des débordements dans d’autres contextes, mais, ici, cette foule majoritairement composée du « Québec des régions », le Québec périphérique, était festive, à l’inverse du portrait qu’en avaient dressé les grands médias dont plusieurs durent rectifier le tir et parler de cette manifestation visiblement familiale.

Dimanche, ils étaient encore des centaines à continuer le joyeux tintamarre.

A Toronto, la mobilisation fut semblable, avec un très médiatique convoi de tracteurs dont les images firent le tour du pays. A Ottawa, malgré des barrages érigés autour de la ville pour bloquer l’afflux de nouveaux camions, des milliers de manifestants de l’extérieur rejoignirent les routiers du centre-ville.

Cette mobilisation monstre a soulevé l’enthousiasme partout dans le pays, mais une ombre vint obscurcir la fin de semaine, une ombre de taille. A la suite des pressions des politiciens, la plate-forme GoFundMe a décidé d’annuler la collecte de dix millions de dollars et de rembourser les donateurs qui en feront la demande. Les fonds qui n’auront pas été remboursés seront versés à une cause du choix des administrateurs. On a invoqué le fait que la manifestation ne serait plus une manifestation, mais une occupation illégale. La plate-forme voudrait donc prendre ses distances avec elle, un scrupule qu’elle n’avait pas lorsque les mouvements Black Lives Matter mettaient le feu à certaines villes américaines en 2020.

Cette façon de procéder est un véritable détournement de fonds, un abus de confiance qui serait réprimé par la justice si cette dernière était neutre. Mais ce braquage étant sanctifié par les politiciens, aucun juge ne sanctionnera la plate-forme.

Remi Tremblay

Article paru dans Présent daté du 7 février 2022