Cette étrange commission « anti-complotisme », par Maxime Tandonnet

9ème cérémonie des Bobards d’Or, le 12 mars à Paris

Le pouvoir politique vient d’installer une commission dite anti complotiste intitulée « les Lumières à l’ère numérique ». Elle est chargée de débusquer les fausses informations circulant sur Internet et de faire des propositions au gouvernement pour lutter contre le « complotisme ». Elle est composée de 13 « scientifiques » dont son président, le sociologue M. Bronner. [Parmi ses membres, j’en connais deux : un vétéran du journalisme omniprésent sur les médias et caricature du parfait lèche-bottes; et un historien dont je me souviens surtout qu’en 2017, il comparait très sérieusement le nouveau chef de l’Etat à Napoléon Bonaparte].

La démarche relève de l’idéologie du mépris, qui est la caractéristique du régime actuel: un étrange aréopage de beaux esprits désignés par le pouvoir est ainsi mandatés pour débusquer les errements de la vile multitude ou la populace numérique. On est en plein dans la sublimation de la prétendue élite – autoproclamée – contre la masse supposée obscurantiste. L’enjeu est d’instaurer une vérité officielle, unique, scientifique et de pourfendre tout ce qui s’y oppose au prétexte de lutter contre le « complotisme ». Or, cette approche est des plus douteuses. Au début de 2020, la parole officielle et ses caniches se déchaînaient contre les rumeurs attribuant à un laboratoire scientifique l’origine de l’épidémie de covid 19, considérées à l’époque comme la quintessence du complotisme. Or, il s’avère que la thèse dite alors complotiste est aujourd’hui considérée comme tout à fait plausible par les scientifiques eux-mêmes. A quelle littérature nous fait penser donc la nouvelle commission anti-complotiste?

« Le ministère de la vérité – Miniver en Novlangue – frappait par sa différence avec les objets environnants […] De son poste d’observation, Winston pouvait encore déchiffrer sur la façade l’inscription des trois slogans du parti:

LA GUERRE C’EST LA PAIX
LA LIBERTE C’EST L’ESCLAVAGE
L’IGNORANCE, C’EST LA FORCE

Le ministère de la vérité comprenait, disait-on, trois mille pièces au niveau du sol [Il] s’occupait des divertissements, de l’information, de l’éducation et des beaux-arts. »

Georges Orwell, 1984

Ce qui se passe en ce moment à six mois des élections générales, dans le plus complet abrutissement général, est proprement ahurissant.

Maxime Tandonnet

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

“Désinformation et complotisme” – Que va faire Gérald Bronner dans cette galère ?, par Philippe Bilger

Gérald Bronner

J’ai toujours beaucoup apprécié le sociologue Gérald Bronner (GB), parlant de ses livres ou proposant ses analyses toujours fines et pertinentes sur la société française.

Sa mesure, son intelligence, la profondeur de ses aperçus et la qualité de sa vision démocratique garantissaient à chaque fois, pour le lecteur ou l’auditeur, une réflexion stimulante et impartiale.

Aussi je n’ai pas compris – j’écarte d’emblée tout narcissisme de sa part – pourquoi il a accepté de “conduire une mission sur la diffusion des théories complotistes et la propagation de la haine sur Internet”. Je ne sais si la composition de la commission a relevé de sa responsabilité mais il semble déjà que l’un des membres, Guy Vallancien, pose un problème sérieux même si par ailleurs d’autres personnalités estimables ont été choisies (Libération).

Comment GB a-t-il pu ne pas manifester un sentiment de défiance à l’égard de cette initiative venue de l’Elysée ? En vertu de cette donnée élémentaire qu’à l’approche d’une échéance capitale pour le pouvoir, celui-ci ne pouvait pas avoir une démarche innocente dans un domaine concernant la liberté d’expression au sens large. Accepter cette mission revenait peu ou prou à mettre la main dans un engrenage dont GB n’était plus le maître puisque son inspiration émanait du chef de l’Etat. Il n’était même pas nécessaire de soupçonner le pire pour se garder d’intervenir sur une matière qui, en aucun cas, n’avait à tolérer l’immixtion du pouvoir, mû par une apparente bonne volonté.

Cette volonté prétendant lutter contre les “fake news” est perverse par nature. Elle paraît oublier que la liberté d’expression, en parfait esprit républicain, non seulement n’est pas contradictoire avec les dérives qu’elle peut entraîner mais qu’il y a là une rançon qui démontre qu’en amont il y a eu la source d’une liberté. Chercher préventivement, avant la seule intervention légitime qui serait judiciaire, à épurer, à discriminer, à filtrer pour chasser le faux en ne conservant que le vrai, est une démarche qui n’a plus rien de démocratique. Par l’entremise de cette commission, l’Etat veut pouvoir poser sa grosse patte sur une effervescence et un débridement qui ne devraient pas le regarder.

Il est regrettable que GB n’ait pas perçu, derrière cet apparent honneur et la superficialité des motifs invoqués, la manoeuvre politique dont le seul but est de démontrer que, puisque ce pouvoir rejette les fake news, il est forcément dépositaire de la vérité et de l’honnêteté. Ce qui est infiniment discutable.

Depuis des semaines, LREM, des ministres, des conseillers cherchent à faire entrer dans la tête des citoyens qu’Emmanuel Macron est l’incarnation de la raison et de l’équilibre et qu’au fond la cause est entendue. Il faut bien mesurer cette arrogance qui à quelques mois de l’échéance de 2022, avec un président officieusement en campagne depuis des semaines, se permet de surcroît d’installer une commission avec une visée exclusivement partisane.

Je suis frappé de constater à quel point ce président qui n’est pas différent de ses prédécesseurs sur le plan du comportement public, a tout de même, en plus, le culot de ne rien dissimuler, d’afficher avec une sorte de réalisme cynique que tous les chemins sont bons pour revenir à l’Elysée.

Quel tintamarre politique et médiatique aurait suivi une telle initiative impulsée par Nicolas Sarkozy ! On aurait quasiment crié au dictateur.

Emmanuel Macron se permet tout parce qu’on lui passe tout.

Et ses affidés, inspirés par l’exemple, traitent Eric Zemmour de virus, ravalant l’humain au rang de microbe.

Plus j’y songe, plus l’implication de GB dans cette mauvaise affaire me navre.

Qu’est-il donc aller faire dans cette galère ?

Philippe Bilger

Tribune reprise de Philippebilger.com

Une commission contre fake news et complotisme – Ministère de la Vérité

complotisme fake news

Plus les élections approchent et plus Emmanuel Macron s’agite, débordant soudain d’idées et d’initiatives. Dernière en date : la création d’une commission chargée de lutter contre les deux hydres du populisme que seraient les « fake news » et le « complotisme », deux termes suffisamment vagues et nébuleux pour pouvoir englober à peu près tout et n’importe quoi, à commencer, bien sûr, par toute pensée et expression dissidentes et non conformes.

Cette commission, officiellement censée « réfléchir aux impacts de la révolution numérique sur notre société et notre démocratie », sera composée de 14 experts – sociologues, historiens, politologues, professeurs, journalistes – et présidée par le sociologue Gérald Bronner, auteur du livre Apocalypse cognitive sorti au début de l’année.

La chasse aux vilaines « fake news » et aux méchants « complotistes » n’est pas nouvelle mais jusqu’à présent elle était effectuée par des entités associatives ou des entreprises privées. On pensera ici aux divers organes de presse, du type Le Monde ou Libération, qui s’étaient arrogé le droit d’accorder les bons et les mauvais points en matière d’information (à travers leurs articles de prétendu « décodage » ou de « vérification »), ce qui ne manquait pas de sel pour des médias maintes fois pris en flagrant délit de mensonge ou de manipulation (les Bobards d’or sont là chaque année pour le rappeler).

Mais aujourd’hui un nouveau cap est franchi, c’est désormais l’Etat qui prend les choses en main pour imposer ce qui ressemble fort à une « vérité officielle » devenant par nature incontestable.

Pourtant, s’il est indéniable que le développement des réseaux sociaux a favorisé la propagation d’un certain nombre de fausses nouvelles, de mensonges et de ragots (qui ont existé et circulé de tout temps…), la hargne des autorités contre ce qu’elles appellent les « fake news » et le « complotisme » ressemble surtout à une volonté de restreindre encore un peu plus la liberté d’expression et de criminaliser toute pensée hétérodoxe. Car sur quelle base « objective » attribue-t-on ces qualificatifs infamants et disqualifiant à tel ou tel ? Et quelle est la légitimité de ceux qui prétendent faire le tri dans l’information et son interprétation afin que les imbéciles que nous sommes ne risquent pas de faire de « mauvais choix » ? Dans les deux cas la réponse est : aucune.

Rappelons d’ailleurs que, à peine quelques mois avant que Brahim A., Tunisien arrivé en France via Lampedusa et les filières de migration, ne commette un abominable massacre à Nice, le fait d’affirmer que de potentiels terroristes pouvaient se trouver parmi les cohortes de migrants arrivant sur notre sol était doctement qualifié de « fake news » et dénoncé comme un « fantasme d’extrême droite ». On voit donc bien ici qu’il ne s’agit nullement d’un enjeu de vérité, mais bien d’une stratégie de contrôle de l’information et de formatage des esprits.

Dans toutes les dystopies, littéraires ou cinématographiques, imaginant un futur totalitaire, les citoyens n’ont plus besoin de penser, l’Etat le fait pour eux. Nous y sommes.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 4 octobre 2021

Les 5 avantages du complotisme

complotisme

En cet été 2021, la quiétude estivale a laissé la place à la furie de la tyrannie sanitaire. D’où l’intérêt de redécouvrir ce texte publié voici quelques mois sur Polémia.

Le « complotisme » est régulièrement et violemment attaqué par le monde politico-médiatique. Si certains « complotismes » ont évidemment parfois quelques excès délirants, il n’en reste pas moins que nos « élites » sont si promptes à étiqueter ainsi toute personne s’interrogeant sur le bien-fondé de leur politique qu’il nous semble intéressant de partager ce texte de Guillaume de Rouville.

1/ Avantage Méthodologique

Tandis que l’anti-complotiste se contente la plupart du temps d’énoncer la thèse (officielle s’entend), le complotiste est contraint de travailler, d’approfondir à la fois la thèse et l’antithèse. Ainsi, le complotiste a une connaissance fine de la version officielle et des arguments de la version opposée. Cela le contraint à chercher et à ausculter plus profondément les faits, à les présenter dans un ordre cohérent et à les soumettre à un examen critique poussé.

Tandis que l’anti-complotiste n’a qu’à répéter la thèse officielle sans avoir besoin de la justifier, le complotiste est obligé de chercher des preuves solides à l’appui de ses propos et finit par acquérir une connaissance bien plus large que celle de l’anti-complotiste qui a borné son champ d’investigation parce qu’il lui suffit de citer une source « prestigieuse » pour gagner la bataille du pouvoir médiatique et la considération de ses pairs.

Que ce soit, par exemple, pour le 11 Septembre ou le réchauffement climatique anthropique, seuls les complotistes appliquent le principe du contradictoire, principe fondamental à la fois pour les journalistes, les historiens et les juges qui devraient examiner méthodiquement et en profondeur les thèses en présence avant de se prononcer sur le fond de l’affaire dont ils s’occupent. L’anti-complotiste ne voit pas l’absurdité de sa position qui consiste à penser que la version officielle est toujours la bonne (comme la raison du plus fort). Ce qui revient à interdire toute alternative, toute contradiction, toute possibilité de remettre en cause la version des faits une fois qu’elle a été estampillée par le sceau officiel et crachée sur les ondes des médias dominants.

L’anti-complotiste confine ainsi le réel dans une forme figée pour les siècles des siècles. Il se comporte comme le gardien d’une prison où les faits récalcitrants sont tenus en joug et passés à tabac, loin du regard des foules, tant que leur volonté d’indépendance et de franchise n’a pas été brisée. Il rééduque et torture les faits qui ne suivent pas ses mots d’ordre ou son catéchisme et ne les relâche dans l’arène publique qu’une fois qu’ils ont perdu leur prétention à dire leur part de vérité. Le complotiste libère les faits cadenassés qui retrouvent tout leur sens caché et leur autonomie, il les rend à l’air libre où se meuvent à leur aise la vérité et le réel.

Le complotiste n’ayant pas droit aux arguments d’autorité (par exemple, l’invocation d’un prétendu « consensus scientifique » des experts sur le réchauffement climatique anthropique) et étant soumis au feu permanent des critiques, il lui faut devenir un orfèvre dans son domaine pour pouvoir contrer un adversaire qui se contente de répéter un message univoque et balaie d’un revers de mains dédaigneux les arguments qu’on lui adresse.

Enfin, le complotiste cherche à donner du sens à ce qui, apparemment, n’en a pas toujours. Il ne se contente pas de laisser l’inexplicable inexpliqué. Si trois immeubles s’effondrent sur eux-mêmes alors que seulement deux ont été percutés par des avions, le complotiste essaie de comprendre ce phénomène étrange en convoquant des causes humaines et physiques qui sont dans l’ordre naturel des choses. Là où l’anti-complotiste, à court d’idée et d’arguments, finira pas se contenter de hausser les épaules, le complotiste, ira chercher des causes humaines (des volontés) si les causes physiques (mécanique des corps et mécanique des fluides) ne sont pas suffisantes.

De son côté, l’anti-complotiste, n’hésitera pas à réinventer les lois de la physique, juste pour l’occasion, afin de s’interdire de penser au-delà de la thèse officielle. Car, s’il devait s’aventurer sur le terrain glissant d’une hypothèse alternative, cela pourrait le conduire à devoir désigner un coupable inattendu, à découvrir un acte humain, voire une entente entre plusieurs personnes conscientes de leurs actes. Ainsi, pour expliquer l’absence de débris d’avion sur le Pentagone ou sur le site de Pennsylvanie en septembre 2001, l’anti-complotiste invoquera la possibilité que les avions se soient gazéifiés (thèse défendue par le très « prestigieux » journal Le Monde), ajoutant de la sorte quelques règles nouvelles aux lois de la thermodynamique. Il ne lui viendrait jamais à l’esprit qu’un mensonge volontaire se cache peut-être derrière l’inexplicable. Dans le même ordre d’idée il en vient à voir, dans les guerres menées par les démocraties occidentales, des événements naturels que ne guident aucune pensée maléfique ni volonté humaine.

Pour résumer les avantages méthodologiques de son approche, on peut dire que le complotiste travaille plus que l’anti-complotiste, connaît mieux son sujet et les arguments des parties en présence, ne se repose pas sur des arguments d’autorité pour avancer ses idées et accumule les éléments de preuve pour justifier ses propos et donner du sens aux événements et aux faits qui se déroulent devant lui.

Ce sont là des raisons qui expliquent que les anti-complotistes ne répondent presque jamais positivement aux offres de dialogue que leur font les complotistes : ils savent, en effet, qu’ils finiront généralement déboités par les arguments de leurs contradicteurs. Pour justifier un tel refus, ils rangent volontiers leurs adversaires sous l’appellation générique et bien commode du « camp de la haine », mettant ainsi entre eux et les complotistes une sorte de cordon sanitaire émotionnel qu’il serait difficile et dangereux pour tout un chacun de rompre impunément. Cette technique de la rhétorique de disqualification utilisée à l’encontre du complotiste, à la quelle vient généralement s’ajouter des menaces et des injures, est le signe que, sur le terrain de la méthode, le complotiste vient bousculer son adversaire dans ses derniers retranchements, lorsque celui-ci est au bord de son propre gouffre intellectuel.

2/ Avantage Psychologique

Le complotiste n’a ni d’apriori ni de tabou. L’impensable est pour lui toujours pensable. Si le complotiste navigue ainsi volontiers, par méthode et par prudence, dans l’air du soupçon et ne prête sa confiance à quiconque, il traite tout le monde à la même enseigne, les puissants comme les faibles ; il les écoute avec le même degré d’attention, sans chercher à plaire ou à déplaire à leurs susceptibilités respectives. Il veut comprendre et non pas justifier.

De son côté, l’anti-complotiste est enfermé dans le dogme de l’infaillibilité démocratique, ce qui lui interdit automatiquement tout un champ des possibles. Il est psychologiquement incapable d’imaginer que nos dirigeants démocrates puissent faire le mal intentionnellement. C’est bien cet apriori qui, aux yeux des complotistes, rend les anti-complotistes aveugles à la compréhension d’une part importante de notre monde. Et pour le dire plus clairement, les anti-complotistes sont dans l’incapacité de comprendre la nature et les ressorts du pouvoir (nous y reviendrons). Ils ne voient pas que le pouvoir, ontologiquement, est une physique de la contrainte et une métaphysique de la domination.

L’anti-complotiste est tellement engoncé dans cette opinion, qui est pour lui une sorte d’article de foi, qu’il ne pourra jamais concevoir que nos dirigeants puissent, par exemple, en toute connaissance de cause : (i) empêcher l’utilisation d’un remède peu couteux et efficace contre un virus, cousin de celui de la grippe, afin de favoriser une solution imaginaire et hypothétique (le vaccin) lors d’une pandémie annoncée et voulue, pandémie qui n’est pas tant le résultat d’une incompétence généralisée de nos commis en charge des affaires de l’État, que d’un chaos organisé par ces derniers comme un jeu de rôle mondialiste planétaire ; (ii) s’allier avec des mouvances terroristes islamistes pour faire tomber des régimes laïques en Lybie et en Syrie en ayant recours à des actes de terrorisme à grande échelle et en organisant le massacre et le gazage de populations entières tout en accusant le camp adverse d’en être responsable. De telles conclusions, iraient au-delà de ses forces psychologiques et l’amèneraient, sans doute, au bord de la crise de nerf et de l’hystérie.

Ainsi, pour l’anti-complotiste, la démocratie occidentale ne peut commettre de crime puisqu’elle ne peut avoir de mauvaises intentions : elle ne tue que par dommages collatéraux, jamais volontairement. Par conséquent, on ne peut lui imputer des crimes de masse, seulement des erreurs circonstancielles et contextuelles qui ont eu de tragiques conséquences humaines inattendues. La culpabilité de la démocratie occidentale ne dépasse jamais celle de l’élève qui aurait pu mieux faire.

Les anti-complotistes ne voient et n’admettent de complots que chez les terroristes musulmans ou les Russes, les Iraniens ou les Chinois, quand cela arrange leurs affaires et conforte leurs représentations du monde binaire (« eux » contre « nous »). Là, en général, aucune preuve tangible n’est exigée, il suffit à l’accusation de désigner les coupables pour emporter la conviction de la foule conformiste des bourgeois cultivés qui ne craignent rien tant que d’émettre des hypothèses et, encore plus, d’avancer des théories qui sortiraient de la vulgate publiée régulièrement dans les gazettes officielles (Le Monde, The Guardian ou le New York Times).

Pour lire la suite, c’est ici !

Mélenchon, ou le complotisme décomplexé, par Ivan Rioufol

Le complotisme existe : il est à l’extrême gauche. Dimanche, sur France Inter, Jean-Luc Mélenchon a déclaré : « Vous verrez que lors de la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Cela a été Merah en 2012 ; cela a été l’attentat de dernière semaine sur les Champs Elysées. Avant, on avait eu papy Voise dont personne n’a jamais entendu parler après. Tout ça, c’est écrit d’avance. Nous aurons le petit personnage sorti du chapeau. Nous aurons l’événement gravissime qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les musulmans et d’inventer une guerre civile. Voilà, c’est bateau tout ça ! ».

Mohamed Merah est ce terroriste islamiste qui, en mars 2012, avait tué sept personnes dont des militaires et trois enfants juifs assassinés dans l’école Ozar Hatorah à Toulouse. Aucun des journalistes présents lors de cette sortie du leader de la France insoumise n’a jugé bon de le questionner sur son déni du djihad, mené par Merah au nom d’Al-Qaïda, ni sur la dimension antisémite de l’attentat. Ce refus de l’extrême gauche de reconnaître la responsabilité des fanatiques de l’islam dans les crimes qu’ils commettent au nom d’Allah est une forme de complicité. En choisissant de victimiser les musulmans plutôt de dénoncer des meurtres commis en leur nom, Mélenchon dévoile sa soumission à une idéologie conquérante, violente, totalitaire. II est le traître, évoqué dans mon dernier essai (Les Traîtres).

Ce complotisme chimiquement pur sera-t-il décortiqué par les médias moutonniers ? Peu probable : ils ne voient de manigances et de conspirations que chez ceux qui refusent les discours obligés du Système. Pour la meute à carte de presse (à carte de paresse, devrais-je écrire), le bon complotiste ne peut être que de droite ou d’extrême droite. L’Express de cette semaine consacre sa une à Philippe de Villiers, qualifié de « Meilleur complotiste de France ».

L’Express reproche notamment à l’essayiste à succès, créateur du Puy du Fou, de prévenir du risque d’un monde numérisé et totalitaire, tel qu’il en voit l’élaboration dans le livre de Klaus Schwab : « Covid-19 : La Grande réinitialisation ». Mais c’est bien le fondateur du sommet mondialiste de Davos qui écrit (page 278) : « Nous devons sans tarder mettre en route la Grande réinitialisation (…) La pandémie nous donne cette chance : elle représente une fenêtre d’opportunité rare mais étroite pour réfléchir, réimaginer et réinitialiser notre monde ».

En réalité, les accusations en complotisme sont généralement faites pour étouffer des opinions divergentes et imposer les oeillières. Les prétendus lanceurs d’alerte ne voient rien de l’inquiétante dérive de la gauche radicale, toute entière mobilisée dans un rapprochement avec l’islam, quitte à s’aveugler de ses folies guerrières. Mélenchon s’est déshonoré, mais les médias aussi.

Ivan Rioufol

Texte daté du 7 juin 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Fake news, complotisme… Pour François-Bernard Huyghe « Vous êtes bête ou méchant si vous ne pensez pas comme les élites»

06/02/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Comment expliquer le succès des Gilets jaunes? Comme Emmanuel Macron l’a induit, sont-ils victimes de désinformation et de Fake news, venues de l’étranger?

Que signifient réellement ces accusations? François-Bernard Huyghe, spécialiste de la communication à l’IRIS et auteur de «Dans la tête des Gilets jaunes» répond à Sputnik.


La Macronie, entre complotisme et censure, par Ivan Rioufol

Emmanuel Macron ne se résout pas à écouter la colère populaire. D’autant qu’elle se focalise de plus en plus sur sa propre personne. “C’est une crise qui vient de loin“, a coutume d’expliquer le chef de l’Etat, comme pour s’exonérer de sa responsabilité. Il veut aussi croire que la grogne est manipulée par les réseaux sociaux, qui eux-mêmes seraient instrumentalisés par des mains étrangères invisibles. Le complotisme a gagné le chef de l’Etat quand ce dernier, jeudi face à quelques journalistes, laisse comprendre qu’il voit une instrumentalisation de la Russie de Poutine et de ses chaînes françaises derrière la frange la plus radicalisée des Gilets jaunes. Le 8 janvier, Marlène Schiappa s’était également interrogée : “Qui finance les casseurs ? Des puissances étrangères ? La question n’est pas incongrue, eu égard aux positions de responsables italiens.” La secrétaire d’Etat avait demandé, en vain, la divulgation de l’identité des donneurs de la cagnotte ouverte en soutien au boxeur Christophe Dellinger, qui s’était acharné sur un policier à terre.

En réalité, le pouvoir laisse voir un affolement qui lui fait lancer des soupçons à la volée. La Macronie aux abois ne jure plus que contre les “fake news” et les “infox”, sans se rendre compte qu’elle-même alimente la machine à fantasmes et à désinformations. Qui a parlé, à propos des Gilets jaunes, de “foule haineuse” ou de “peste brune” sinon le président et son entourage ? : des termes injurieux affiliés aux propagandes manichéennes des régimes autoritaires. L’anti-macronisme ne se réduit évidemment pas à ces caricatures. L’enferment du pouvoir, en dépit du grand débat, n’aboutira qu’à radicaliser davantage ceux qui réclament leur place dans un système politique et social actuellement asphyxié.

Le complotisme d’Etat pourrait à la rigueur faire sourire s’il ne s’accompagnait d’une volonté gouvernementale de reprendre en main une information qui lui échappe. Il y a près d‘un an, la ministre de la Culture d’alors, Françoise Nyssen, avait confié aux chaines publiques une mission de “décryptage des fausses nouvelles” en leur assignant comme objectif de “changer les mentalités sur le terrain”. Depuis, la loi anti fake-news est venue également alourdir les menaces sur la liberté d’expression en confiant à un juge le soin de dire si une information est vraie ou non. Récemment, le nouveau ministre de la Communication, Franck Riester, a annoncé le renforcement des pouvoirs du Conseil supérieur de l’audiovisuel, le gendarme de la pensée sur les radios et les télévisions.

Est envisagée également la création d’une “instance de déontologie” de la presse. Et jeudi, Macron lui-même a évoqué l’idée d’installer l’Etat au cœur même de la fabrique de l’information, comme seule sans doute la Corée du nord ose encore le faire. Il a déclaré, en effet : “Le bien public, c’est l’information (…) Il faut s’assurer qu’elle est neutre, financer des structures qui assurent la neutralité. Que pour cette part-là, la vérification de l’information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes (…)“. Oui, le président envisage de faire prendre en charge par l’Etat certains journalistes à qui il serait demandé d’assurer une information propre, officielle, labellisée, certifiée conforme. Une information sous surveillance de la censure…

Ivan Rioufol

Texte daté du 4 février 2019 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Emmanuel Macron est-il sous influence de la CIA ?

Emmanuel Macron

16/03/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Un article publié en mars sur le blogue Network Point Zero et abondamment repris par la suite met en perspective plusieurs éléments sur l’ascension d’Emmanuel Macron et pose la question : Emmanuel Macron a-t‑il été ciblé par la CIA ?

Tout part d’une révélation de Wikileaks, le mois dernier. Julian Assange a révélé qu’en 2012, la CIA avait demandé à la NSA de suivre de près la campagne présidentielle française. Le futur ministre de l’Economie apparaît dans un courriel de Hillary Clinton en 2012. Alors banquier, il est déjà qualifié de futur haut fonctionnaire au ministère de l’Economie, ce qui pourrait signifier ministre.

Comment un simple banquier d’affaires français alors inconnu peut‑il intéresser le secrétaire d’Etat américain ? Peut-être parce qu’il n’était pas si inconnu. Le parcours d’Emmanuel Macron depuis sa sortie de l’ENA est émaillé de rencontres avec des représentants de la super classe mondiale, relais de l’influence américaine. Ainsi, en 2004, est-il repéré par Jean‑Pierre Jouyet alors à la tête de l’Inspection des finances. Proche à la fois de Nicolas Sarkozy, de François Fillon et de François Hollande, Jean-Pierre Jouyet est aujourd’hui secrétaire général de la présidence de République. Or à l’époque, Jouyet est aussi le président du conseil de surveillance de l’Institut Aspen France – il en est devenu le président d’honneur –, qui, comme il le dit joliment, « privilégie les débats à huis clos » entre grands de ce monde partageant les mêmes « valeurs humanistes ».

Or l‘Institut Aspen est une émanation de la NED, la National Endowment for Democracy (Fondation nationale pour la démocratie), qui est un vecteur d’influence des Etats‑Unis dans le monde. Parrainée par les Démocrates, les Républicains et les principales multinationales, elle pratique, en fait une véritable ingérence dans les affaires politiques nationales en faisant la promotion systématique des alliances droite‑gauche contre les populismes. La NED finance plusieurs organismes dans le monde, dont l’Aspen, dont la branche française avait mis au point une stratégie d’éducation des cadres de droite et de gauche après la victoire du non au référendum de 2005.

Macron serait‑il l’un de ces cadres ? Plusieurs éléments vont dans ce sens. Jouyet pousse d’abord Macron pour intégrer la commission Attali pour la « libération de la croissance française », où socialistes et libéraux communient dans un européisme assumé. Macron y rencontre Serge Weinberg, de la Trilatérale, et François Henrot, membre du conseil d’administration de la French‑American Foundation, qui le recrute à la banque Rothschild en 2008. Quatre ans plus tard, c’est sous l’impulsion de Jouyet que Macron devient secrétaire général de l’Elysée, puis ministre de l’Economie et des finances.

Outre ce beau faisceau d’indices concordants, on peut constater que le programme économique d’Emmanuel Macron reprend les principales orientations de la NED. Ainsi, son emploi récurrent du mot progressisme, son ambition de dépasser la droite et la gauche contre les populismes, et, surtout, sa proposition de création d’un ministère européen du Budget sont directement inspirés des propositions de la commission Attali en matière de gouvernance mondiale. Mais peut-être tout cela n’est-il que coïncidences.