La musique et le combat identitaire – Un hors-série de « Présent »

musique combat identitaire

Le quotidien Présent a récemment sorti un hors-série de qualité sur la relation entre la musique et le combat identitaire. Johan Hardoy revient – pour Polémia – sur cette publication passionnante.

Les réflexions proposées dans ce hors-série portent sur les rapports entre l’art musical et les valeurs de notre civilisation. Elles s’inscrivent également dans une dimension métapolitique, comme l’indique le titre de l’éditorial, « La musique, arme culturelle », illustré par le légendaire Joueur de flûte de Hamelin.
Les contributeurs de ce numéro abordent ces questions sous divers angles qui peuvent être classés en grands thèmes généraux.

La musique sacrée

La production savante a commencé dans la Grèce antique avant d’être reprise par l’Église. Le chant grégorien, né durant le haut Moyen Âge, a constitué dès lors le plus riche répertoire religieux de toute l’histoire. Accessible à des auditeurs de cultures musicales et religieuses très différentes, ce chant de l’humanité a été modelé lentement par les chrétiens qui lui ont donné une marque propre en transfigurant le vieux fonds religieux. La litanie synagogale, les modes de la musique grecque, les vieux chants celtes et gaulois sont entrés dans le sanctuaire, adaptés aux paroles des Saintes Écritures. Cependant, la vocation du grégorien resterait méconnue si celui-ci n’était réservé qu’à des communautés monastiques ou à des choristes spécialisés.

À la fin du xixe siècle, un établissement privé, la Schola Cantorum, a cherché à lui donner un nouvel essor en participant à la création d’une musique religieuse moderne. Le compositeur Vincent d’Indy a participé activement à cette véritable aventure.

A contrario, il n’existe pas de « musique infernale », car il n’en est fait aucune mention dans les visions de l’enfer rapportées par les mystiques, même si des livres de prêtres catholiques ont mis en évidence, dans les chansons de rock, des messages subliminaux, voire des références satanistes, conjugués à l’utilisation de rythmes calculés pour produire un effet sur l’organisme et de lumières stroboscopiques visant à affaisser les barrières du jugement moral.

(…)

Rock & rap

Au xxe siècle, les techniques de diffusion de la musique ont bouleversé le rapport à l’univers sonore, en favorisant l’influence des pays anglo-saxons et en altérant la transmission des répertoires qui constituaient l’identité des peuples. De nouveaux styles musicaux ont favorisé un clivage entre les générations, d’autant que les enregistrements contribuent à une écoute plus individualisée et véhiculent des modes de comportement en rupture avec les usages traditionnels.

À partir des années 1980, en réaction à l’idéologie de la « gauche alternative », des groupes de rock britanniques ont défendu l’identité nationale ou même exprimé des idées très radicales, avant de faire des émules sur le continent européen.

En 2019, la scène musicale internationale la plus extrême s’est réunie en Ukraine sous l’égide de mouvements politiques opposés à la Russie dans le contexte de la guerre du Donbass.

En France, quelques jeunes musiciens ont cherché à constituer un « rock identitaire français » (RIF), à orientation délibérément militante, qui a connu un certain succès malgré de nombreuses oppositions de toutes sortes. L’ancien président du Bloc identitaire était ainsi le bassiste de Fraction Hexagone. Le groupe In Memoriam s’est quant à lui rendu en Serbie, en pleine guerre du Kosovo, pour se produire sur un pont de Belgrade et se poser ainsi en bouclier humain pour empêcher les bombardements de l’OTAN. En 2019, le groupe féminin Les Brigandes a fait l’objet d’une convocation à l’Assemblée nationale pour une audition devant la commission parlementaire sur les « groupuscules d’extrême droite ».

Notons que tous ces groupes ne peuvent évidemment avoir accès aux médias mainstream, ni compter sur le soutien généreux des MJC des quartiers populaires, à la différence d’un pays comme la Hongrie, où l’on apprend ces jours-ci que le gouvernement a décidé de soutenir financièrement le rock et la pop hongrois afin de promouvoir la culture nationale et d’en faire un « ciment d’identité ».

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Hors-Série de Présent – Musique, combat identitaire

Musique, combat identitaire

22/03/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Jacques Chailley disait que « la chanson est le plus fidèle reflet de l’âme d’un siècle ». Dans ce sens, ce que l’on écoute et que l’on nous fait entendre revêt une importance particulière. Ce Hors-série de Présent veut donc montrer que la musique est un enjeu culturel. La civilisation européenne est la seule à avoir conçu l’écriture musicale. Sans écriture pas d’orchestre ni de bibliothèque des compositeurs passés, expliquant ainsi le pouvoir de séduction de leurs œuvres sur la planète entière.

Dans ce numéro spécial proposé par la revue Présent, musiciens, artistes, historiens, enseignants, journalistes, politiques, mettent en lumière un conflit se déroulant à nos oreilles, mais rarement analysé.

Pour commander ce numéro : https://present.fr/produit/hors-serie-musique-combat-identitaire/

Pierre Cassen : « Je vois un sursaut identitaire dans nombre de pays européens »

Pierre Cassen

Pierre Cassen est le co-président de Riposte Laïque, média dont il est également le rédacteur en chef. Il a milité au Parti communiste français, à la Ligue communiste révolutionnaire, à la Confédération générale du travail et à l’Union des familles laïques. Dédiant sa vie au combat contre l’islam, il est régulièrement poursuivi devant les tribunaux par des associations musulmanes ou antiracistes. Le 18 novembre prochain, il participera au 3e Forum de la Dissidence. Avant cet événement dédié à la refondation de la droite, il répond aux questions de la Fondation Polémia.

Polémia : Qu’avez-vous de commun avec la droite ?

Pierre Cassen : Historiquement, rien, au contraire. Syndicaliste CGT, j’en arrivais même à considérer que la pire des gauches serait toujours mieux pour les salariés que la meilleure des droites ! Ma vision du monde a longtemps été binaire, avec la droite qui défendait les nantis et la gauche qui était du côté des opprimés. Je pense qu’aujourd’hui, ce débat est clos, la présence de Macron, banquier mondialiste qui se dit de gauche, à l’Élysée et de Philippe, venu de chez Rocard et passé aux Républicains, montre que tout cela, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

Par contre, aujourd’hui, je suis conscient que le péril mortel, pour la France, c’est cette prétendue gauche qui a abandonné la nation et les travailleurs, et que tout patriote doit combattre ces fossoyeurs du pays, y compris en votant parfois à droite, pour éviter le pire.

La France et l’Europe semblent engluées dans une crise identitaire sans fin. Comment en sortir ?

Je vois plutôt un sursaut identitaire dans nombre de pays européens, plutôt qu’une crise identitaire.

Une lutte à mort est engagée, entre ceux qui veulent faire disparaître notre culture et notre civilisation, et ceux qui ne veulent pas mourir.

Tatjana Festerling, lors d’un message envoyé à l’occasion des 10 ans de Riposte Laïque, évoquait les « protégés » qui envoyaient à la mort les « non protégés », en leur imposant la présence de barbares sur notre territoire. Les patriotes identitaires sont le pot de terre contre le pot de fer, ils ont contre eux, dans toute l’Europe occidentale, l’appareil d’État, les politiques, les journalistes, les juges, les artistes, les universitaires, bref, tous ceux qui vivent bien sur la Bête, et ne subissent pas les conséquences de leurs discours. Mais les pays de l’Est font mieux que résister, et constituent aujourd’hui le socle de la Résistance européenne au multiculturalisme et au mondialisme.

En quelques mots, quelle sera le teneur de votre intervention à ce 3e Forum de la Dissidence ?

J’interviendrais sur la dissidence au discours dominant sur l’islam. Je montrerai, en plusieurs exemples, le contenu des grossiers mensonges d’État qui sont véhiculés, et donnerait quelques noms de propagandistes de l’islam, déguisés en laïques. Par ailleurs, je montrerai en 15 ans les progrès que nous avons provoqués dans l’opinion, les impostures que nous avons révélées, et la nécessité de poursuivre ce combat, même si le prix à payer est très élevé, au sens propre comme au sens figuré.

Entretien repris du site de Polémia

Vincent Martigny : « Le combat identitaire ne fait que commencer »

Combat identitaire 2

Le 1 Marine Le Pen03/05/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Maître de conférences en science politique à l’Ecole polytechnique et chercheur associé au Cevipof, Vincent Martigny est un homme de gauche qui s’intéresse tout particulièrement au nationalisme et aux débats sur l’identité et co-anime, avec Thomas Wieder du journal Le Monde, L’Atelier du pouvoir sur France Culture. Sous le titre « Ces essayistes qui font monter Marine Le Pen », il signe cette semaine dans Le 1 un article engagé consacré à l’influence des thèses défendues par Patrick Buisson, Eric Zemmour et Philippe de Villiers. En voici la conclusion :

« Quels que soient les résultats du second tour le 7 mai prochain, les trois essayistes [Eric Zemmour, Philippe de Villiers et Patrick Buisson, Ndlr] continueront de semer les graines de leur influence dans les rangs de la droite classique (notamment autour de Laurent Wauquiez), chez les catholiques conservateurs, dans la jeune génération des militants de la droite identitaire (à l’image des journalistes Eugénie Bastié et Geoffroy Lejeune) ou auprès de Marion Maréchal-Le Pen, qu’ils couvent d’attentions. »

L’auteur de Dire La France – Culture(s) et identités nationales ajoute :

« Quand Marine Le Pen oriente ses messages politiques de deuxième tour autour de l’opposition entre patriotes et mondialistes, on mesure l’influence des trois essayistes dans la pensée de la dirigeante frontiste, et au-delà. Dans ce contexte, et tandis que le clivage “France ouverte“ contre “France fermée“ semble appeler à structurer durablement la réorientation de la vie politique française, tout porte à croire que le combat identitaire ne fait que commencer. »