Tag Archives: combat de civilisation

Ploërmel Manifestation 1

Les Bretons dans la rue : à Ploërmel, une manifestation pour la croix

« Pour détruire un peuple, il faut détruire ses racines », disait Alexandre Soljenitsyne. Ce sont les mêmes mots qu’a employé l’organisateur du rassemblement de Ploërmel ce dimanche 26 novembre, en conclusion de son intervention.

Ploërmel Manifestation 2Plusieurs centaines de Bretons avaient répondu à l’appel de différents mouvements identitaires (Adsav, Le Parti de la France, Manif pour tous, Réagir etc.) ou politiques. D’où le nombre important de drapeaux bretons, qui dominaient les drapeaux tricolores. Mais on pouvait aussi reconnaître des drapeaux polonais, brandis sous le soleil breton de Ploërmel, au pied du monument édifié en mémoire du pape Jean-Paul II, vainqueur du communisme et champion de la civilisation chrétienne, et donc sous cette croix qui en symbolisait le pontificat.

Ce monument avait été remis en cause par les athées militants de la Libre-Pensée (sic !) dès l’inauguration, en 2006, de cette statue du pape, alors même qu’à l’époque il s’agissait d’une statue en pied de Jean-Paul II, sans la présence de la croix sur l’arche surplombant la statue.

Le Conseil d’Etat a donné six mois à la mairie pour que la croix « scandaleuse » soit retirée. C’est ce que Jean-Yves Le Gallou appelle très justement l’Etat de droit « liberticide et identicide », ceci au nom de la loi de 1905 qui interdit toute érection sur la voie publique d’emblèmes religieux.

« Stop à la christianophobie », « Chassez le christianisme et vous aurez l’islam » (un titre de Valeurs actuelles), « Montre ta croix » (un titre de Présent), « Non à la destruction de nos valeurs et de nos traditions », affichaient les manifestants sur leurs poitrines ou à bout de bras.

Offense à la Bretagne, attaque de notre identité, agression contre la mémoire

Les participants ont hué le délégué d’un parti se voulant patriotique qui a cru habile de terminer son intervention sur une ode à la laïcité, dans la ligne de l’allocution des autorités ecclésiastiques locales. Celles-ci font en effet savoir qu’elle ne souhaitent plus aujourd’hui partir en croisade et applaudissent à cette censure étatique.

Gilles Pennelle (président du groupe FN au conseil régional de Bretagne) a, pour sa part, dénoncé cette « offense à la Bretagne, cette attaque de notre identité, cette agression contre la mémoire » et mis en garde contre l’inquiétant précédent que pourrait constituer la suppression de cette croix alors que commence une « chasse hystérique à la recherche d’une symétrie avec l’islam » et que, dans l’église Saint-Armel locale, les paroissiens ont été invités à participer aux fêtes commerciales en cet après-midi dominical…

La dispersion s’est faite au chant du Bro gozh ma zadou et de La Marseillaise.

Claudine Dupont-Tingaud

Article paru dans Présent daté du 29 novembre 2017

buisson-patrick

Patrick Buisson : « Les Républicains comme le FN sont dans une triple impasse »

20/11/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Patrick Buisson a accordé un long entretien à l’hebdomadaire Valeurs actuelles. Nous en publions cet extrait.

Patrick BuissonV.A. : Pourquoi la droite et le Front national se montrent-ils aujourd’hui incapables de faire émerger une véritable opposition ?

Patrick Buisson : Parce que l’un et l’autre se dérobent au bon diagnostic. L’élection de 2017 aura mis à bas leurs vieux schémas. La droite et le FN ont fait la démonstration, chacun à leur tour, de leur incapacité à reconquérir ou à conquérir le pouvoir sur la base de leurs seules forces. Faute d’avoir su opérer la nécessaire clarification idéologique, la droite ne peut plus se prévaloir du bénéfice automatique de l’alternance. Elle a perdu l’élection imperdable et à moins qu’elle ne sache se réinventer, on ne voit pas pourquoi elle ne perdrait pas les élections qui viennent.

Le FN, de son côté, faute d’avoir su construire une offre politique crédible, est resté ce qu’il a toujours été : le meilleur allié du système, son assurance vie. Englués dans des logiques d’appareils, Les Républicains comme le FN sont aujourd’hui dans une triple impasse : idéologique, stratégique, sociologique. Mais, pour rien au monde, ils ne voudront l’admettre. Je crains que cela ne débouche sur des désillusions encore plus cruelles.

Les Républicains ont entamé un véritable chantier de refondation. Par quoi doivent-ils commencer ?

Par tordre le cou aux incantations rituelles autour du “rassemblement”, mot-valise qui la leste comme un impedimentum. Le rassemblement appartient à l’ordre des moyens, ce n’est pas une fin en soi. Or, voici des lustres que, pour la droite, le rassemblement n’a pas pour objet de défendre des idées ou de promouvoir un projet, mais de servir ce désir du pouvoir pour le pouvoir que manifestent tous ceux — et ils sont, aujourd’hui, légion — qu’habite l’idée d’un destin personnel…

C’est la création de l’UMP et son principe que vous remettez en cause ?

C’est là l’erreur originelle, la faute inaugurale que continuent de payer Les Républicains. À vouloir marier les contraires sous couvert de rassemblement, l’UMP n’a jamais produit autre chose que des ambiguïtés et de l’incohérence. La droite plurielle d’Alain Juppé c’est, quinze ans après, la droite plus rien. Il est logique qu’il veuille maintenant la faire définitivement s’évaporer dans le trou noir d’« un grand mouvement central ». […]

Le départ des Constructifs ne va-t-il pas dans le sens de la clarification que vous appelez de vos voeux ?

Si la refondation se fait au nom du rassemblement de toutes les sensibilités et donc au prix de la cohérence idéologique, il n’y a rien à en attendre.

Remettre à flot le radeau de la Méduse avec l’ancien équipage du Titanic ne saurait garantir une arrivée à bon port en 2022.

Quelle stratégie pour la droite ?

Elle découle du rapport de force électoral. Il y a un antagonisme irréductible entre l’électorat libéral des grandes villes et les classes populaires, les insiders et les outsiders. Ces deux électorats ne sont pas miscibles, car leurs intérêts sont inconciliables. En revanche, la tension idéologique et sociologique entre l’électorat conservateur et l’électorat populaire est bien moindre. Il y a une propension, chez certains dirigeants des Républicains, à s’abuser volontairement sur la nature de leur électorat pour ne pas avoir à faire la politique de leurs électeurs.

La base qui a plébiscité Fillon lors de la primaire n’est pas réformatrice mais conservatrice : c’est la France provinciale des villes moyennes, qui s’est déterminée non pas sur son programme économique mais sur la vision sociétale qu’elle lui prêtait. Si bien qu’exclure ou marginaliser Sens commun équivaudrait pour ce qui reste de la droite à s’autodissoudre. À cet égard, la démission contrainte de son président n’est pas de bon augure.

Parfois, Les Républicains font penser au catoblépas, cet animal mythique, tellement stupide qu’il se dévore lui-même.

Une synthèse est-elle possible entre cet électorat conservateur et l’électorat populaire ?

Non seulement elle est possible, mais c’est la seule configuration susceptible de rouvrir à la droite les portes du pouvoir. Sans ce désenclavement de la droite par l’adjonction du vote populaire, Les Républicains sont promis à un avenir groupusculaire et crépusculaire. C’est cette alliance qui a fait le succès du RPF, en 1947, le triomphe de l’UNR, en 1958, et la victoire de Sarkozy, en 2007.

La jonction entre la France conservatrice et la France périphérique peut s’opérer naturellement à travers la défense du patrimoine immatériel que constituent l’identité nationale, l’enracinement et la transmission, le localisme et les circuits courts, le coutumier et les moeurs. Bref, tout ce que menacent la finance mondialisée et l’islam radicalisé.

L’effet Macron peut-il être un handicap durable pour la droite ?

Je ne m’illusionne en rien sur le projet global du chef de l’État, mais j’ai trop vu à quel point la droite s’empressait, une fois au pouvoir, de trahir ses engagements pour penser que son discrédit n’est que passager.

La droite paie, aujourd’hui, le mépris dans lequel elle a toujours tenu la bataille des idées et le combat culturel. Pensez-vous qu’un ministre de droite aurait eu le courage d’agir comme le fait aujourd’hui le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, en contraignant par sa politique le président du Conseil supérieur des programmes à la démission ?

Lorsqu’elle est aux affaires, la droite n’a de cesse que de donner des gages au gauchisme culturel. Il suffit de se remémorer le bilan de Luc Chatel, le ministre de Sarkozy, Rue de Grenelle : suppression de l’enseignement de l’histoire en terminale scientifique et introduction de la théorie du genre dans les manuels scolaires.

Tant qu’il y aura des dirigeants chez Les Républicains pour s’inquiéter d’une « dérive de la droite à la polonaise », Emmanuel Macron pourra nourrir les plus grandes espérances pour 2022.

À vous entendre, la présidence de Macron n’aurait que des effets désastreux pour la droite…

Pas du tout. Le phénomène Macron, qui opère la réunification politique des libéraux des deux rives, est en passe de dissiper un long malentendu historique. Il se peut qu’il mette fin à la domination de l’orléanisme, c’est-à-dire du libéralisme, sur la droite française. Du passage du capitalisme entrepreneurial au capitalisme financier, on peut attendre une fracturation irréversible entre le conservatisme et le libéralisme, entre la droite originelle et la droite situationnelle, autrement dit un centre qui a été classé à droite sans jamais pour autant être ontologiquement de droite.

Le clivage entre progressistes et conservateurs que revendique Macron est une aubaine pour une droite qui saurait redevenir elle-même au moment où il apparaît de plus en plus que le progrès est une idée du XIXe siècle frappée d’obsolescence, une idée de jeune vieux. […] »

Jacques de Guillebon Incorrect Dissidence

Jacques de Guillebon : « Il faut déclencher une guerre nucléaire culturelle »

Jacques de Guillebon est le rédacteur en chef de L’Incorrect, mensuel de droite qui veut dynamiter le paysage médiatique français. Le 18 novembre prochain, il participera au 3e Forum de la Dissidence. Avant cet événement dédié à la refondation de la droite, il répond à trois questions pour la Fondation Polémia.

Polémia : Qu’est-ce que la droite pour vous ?

Jacques de Guillebon : Je vais me citer moi-même, ce qui est parfaitement mal élevé. Dans le premier numéro de L’Incorrect, j’ai essayé de dire en une formule ce que serait la gauche : « Tout ce qui prétend nous changer de monde sans notre accord ». De quoi l’on peut déduire que la droite serait l’inverse : ce qui respecte et le monde dans lequel nous vivons – en tant que donné, en tant qu’il nous précède – et notre liberté, qui évidemment procède du premier.

La droite est donc ce qui raisonne et agit à partir du réel, non pour s’y borner mais pour s’en élever. La droite sait ce qu’est l’homme, bon et mauvais du même mouvement, et cherche à le mener vers sa destinée supérieure sans se bercer d’idéologies.

La France et l’Europe semblent engluées dans une crise identitaire sans fin. Comment en sortir ?

Sans fin : manière de parler. Elle n’est point si longue à l’échelle de notre histoire, cinquante ans à peine. Nous en avons vu d’autres, depuis les Grandes invasions jusqu’aux Guerres de religion, en passant par la guerre de Cent ans. Nous nous en relèverons.

Ce qui est néanmoins angoissant, c’est la conjugaison des maux, celui de l’immigration qui nous grandremplace doublé de celui de la globalisation des moeurs qui nous empêche de mener la moindre politique d’assimilation parce que des Français eux-mêmes nous n’arrivons plus à faire des Français.

On en sortira de manière violente : je ne parle pas de guerre, mais d’imposition violente de notre mode de civilisation à tous les habitants d’ici. Violence symbolique, bien entendu, mais il faut être bien conscient qu’on ne peut négocier sur les moeurs. Et avoir des moeurs communes réclame d’enseigner une histoire commune, une langue commune, une métaphysique commune. Il faut déclencher une guerre nucléaire culturelle.

En quelques mots, quelle sera le teneur de votre intervention à ce 3e Forum de la Dissidence ?

J’évoquerai notre petite et humble expérience de guerre culturelle avec L’Incorrect. Comment nous reprenons ce qui est à nous et tentons de le diffuser.

Politique Identitaire Cattin

Jean-David Cattin : « Seule une politique identitaire peut assurer notre pérennité »

« Seule une politique identitaire peut assurer la sécurité, la prospérité mais aussi la pérennité de la civilisation et des nations européennes », affirme Jean-David Cattin, directeur national des Identitaires et membre de la campagne « Defend Europe ». Le 18 novembre prochain, il participera au 3e Forum de la Dissidence. Avant cet événement dédié à la refondation de la droite, il répond aux questions de la fondation Polémia.

Jean-David Cattin Politique identitairePolémia : Qu’est-ce que la droite pour vous ?

Jean-David Cattin : Les identitaires se réclament volontiers de droite identitaire. Aujourd’hui beaucoup sont ceux à en faire de même et cela ne peut être que réjouissant. Cette appellation ne doit cependant pas être qu’un produit d’appel électoral. Il faut qu’elle engage et aboutisse sur des mesures, comme la mise en place d’une politique de remigration. Les électeurs français se sont détournés de Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2012 car ils ont bien compris que l’identité pour lui n’était qu’un argument marketing et en aucun cas une préoccupation sincère.

Il y a aujourd’hui une forte envie de droite mais pas de n’importe quelle droite. Une droite qui ne cède pas au terrorisme intellectuel de la gauche, à la culpabilisation ; une droite d’action et de conviction. Et cela moins pour des raisons intellectuelles que des raisons existentielles.

Les Français soucieux de préserver leur mode de vie, leur identité et qui refusent la dépossession de leur terre savent bien que ce n’est pas à gauche qu’ils trouveront celui qui va les défendre. De Macron à Mélenchon, en passant par Hamon et les partis qu’ils représentent, l’identité est vue comme un archaïsme et un obstacle qu’il s’agit de dépasser voire de détruire.

Partout dans le monde, l’identité et la question civilisationnelle structurent la vie politique. Il est temps que la droite française s’en rende compte et soit à la hauteur de l’histoire.

La France et l’Europe semblent engluées dans une crise identitaire sans fin. Comment en sortir ?

Il n’y a plus de politique, la classe politique s’est contentée ces dernières années de gérer la mondialisation et les flux migratoires et parfois de les accélérer. Il n’y a pas de vision à long terme, on se laisse bercer par l’illusion de la fin de l’histoire. Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, nous a montré qu’avec un peu de volonté politique, il était possible de changer les choses. Presque seul contre l’avis des pays européens les plus puissants, il a mis en place une barrière pour stopper les flux de clandestins et a refusé les quotas de “migrants” que la Commission européenne voulait lui imposer.

Il s’agit aujourd’hui de convaincre que seule une politique identitaire peut assurer la sécurité, la prospérité mais aussi la pérennité de la civilisation et des nations européennes. Il faut refuser le fatalisme et finalement commencer à refaire de la politique.

En quelques mots, quelle sera la teneur de votre intervention à ce 3e Forum de la Dissidence ?

À travers l’évocation de la mission Defend Europe, j’aimerais faire prendre conscience qu’il est possible de faire quelque chose, que l’action politique peut influencer le réel. Beaucoup a été fait ces dernières années dans le combat des idées, il est temps aujourd’hui de traduire cela par l’engagement politique. Dans le combat électoral, comme dans l’engagement militant, le désespoir et le défaitisme ne sont pas de mise. Au contraire il existe aujourd’hui un boulevard pour ceux prêts à défendre leur peuple et leur civilisation.

Hervé de Lépinau

Pour une véritable reconstruction du Front national, par Hervé de Lépinau

07/07/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Hervé de Lépinau, ancien suppléant de Marion Maréchal-Le Pen à l’Assemblée nationale, est conseiller départemental de Vaucluse et conseiller municipal de Carpentras. Aux dernières élections législatives, il a échoué à conserver la circonscription de Marion Maréchal au FN. Sur sa page Facebook, il a apporté ce matin sa contribution au débat en cours sur la refondation du Front national. Nous la publions ci-dessous dans son intégralité.

Hervé de Lépinau

Hervé de Lépinau

« L’onde de choc Macron n’en finit pas de déstabiliser quarante ans de vie politique française : le Parti socialiste et Les Républicains ne sont plus qu’un vaste champ de ruines. Le Front national donne quant à lui l’illusion d’avoir résisté au séisme : sa présidente a été qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle et l’entrée de huit députés Front ou apparentés à l’Assemblée nationale se traduit en chiffres par une progression du nombre de parlementaires de 300% ! Mais ces constats spectaculaires ne peuvent contredire le fait que les fondations de l’édifice frontiste sont passablement fissurées. Et en politique comme en sismologie, gare aux répliques !

J’en veux pour preuve la déperdition de voix FN entre le 1er tour de l’élection présidentielle et le 1er tour des élections législatives, qui atteint, au niveau national, près de 60 % ! Du jamais vu.

Candidat à la succession de Marion Maréchal Le Pen sur la 3ème circonscription de Vaucluse, j’ai subi ce coup de rabot : 46 % des électeurs qui avaient voté Marine au 1er tour se sont abstenus le 11 juin dernier… Et cette circonscription fait partie de celles qui ont le mieux résisté (49,33 % au 2nd tour) pour être classée parmi les dix premières.

Le constat est implacable : le Front national obtient péniblement six députés et deux apparentés là où ses espérances étaient dix fois supérieures, sans qu’il soit nécessaire d’accabler cette fois le mode de scrutin. Le fameux socle frontiste a perdu plus de la moitié de ses électeurs, c’est un fait.

Le candidat que j’ai été doit faire montre d’humilité et rechercher les causes intrinsèques de son échec électoral. Il est certain que la hargne coutumière du système médiatique n’a pas facilité les choses, mais là encore l’accuser d’être seul à l’origine de la défaite serait une preuve de mauvaise foi. J’ai ma part de responsabilité et je l’assume. Mais celle-ci est marginale au regard du phénomène général qui a balayé 98,6 % des candidats soutenus par le Front.

Les instances du parti ont annoncé l’ouverture d’un grand chantier afin de tirer les enseignements de ces scrutins décevants dans le but de réformer le mouvement. La base appelle de ses vœux une mise à plat et certainement pas un entre soi au nettoyage cosmétique. La forme du séminaire est-elle la plus adaptée alors qu’un cadre réglementaire nécessaire à ce devoir d’inventaire existe déjà ?

En droit, et conformément à l’article 10 alinéa 5 des statuts du Front national, à jour au 11 avril 2011, c’est au Comité Central de se réunir, sur convocation de la présidente, pour se prononcer sur les grandes orientations du mouvement et émettre des avis sur les sujets soumis à sa réflexion. Et au Comité Central d’être convoqué au moins une fois par an. Or, cet organe démocratique interne ne s’est pas réuni depuis des années, alors qu’il doit constituer l’ossature de toute réforme.

Et si le Comité Central n’est pas considéré comme suffisamment représentatif, il existe aussi le Conseil National institué par l’article 22, lequel est composé des membres du Comité Central, des secrétaires départementaux et régionaux, des élus aux parlements français et européen, des Conseillers Régionaux et Départementaux, des maires des villes de plus de 10 000 habitants, des membres du conseil scientifique, son bureau ou son président. Le Conseil National se réunit sur convocation du Bureau Politique ou de sa présidente au moins une fois par an. Il donne son avis sur l’orientation général du mouvement. Cette instance n’a pas davantage siégé que la première…

Hervé de Lépinau Marion Maréchal

Hervé de Lépinau et Marion Maréchal-Le Pen

Il serait dans ces conditions légitime que Marine Le Pen convoque dans les meilleurs délais soit le Comité Central, soit le Conseil National, seules instances statutaires habilitées pour tirer les conséquences des échecs électoraux successifs et définir ce que sera la ligne politique pour l’avenir dans le cadre d’un véritable débat.

Quand certains font du chantage à la scission en cas de remise en cause de cette ligne monétariste et économiste dominante dans le programme présidentiel, d’autres pourront rappeler l’importance du combat civilisationnel et culturel. Quand le discours sur l’immigration est considéré comme anxiogène, il sera rappelé que nos électeurs nous attendaient sur ce sujet, alors que la sortie de l’euro a eu l’effet d’un véritable répulsif électoral.

Et ce courant, souverainiste attaché au principe de subsidiarité, conservateur et identitaire, entrepreneuriale sur le plan économique, trop longtemps laissé sous le boisseau, trouvera un espace d’expression salutaire pour porter cette contradiction indispensable à tout débat démocratique.

Le boulevard électoral était sur notre droite et les coups de volant n’ont eu de cesse de nous conduire vers la gauche pour finir dans une impasse. Le Front national doit-il rester dans le ni droite-ni gauche ou s’assumer comme un parti de droite populaire et attaché à l’esprit d’entreprise ? Ou rejoindre la gauche souverainiste mais intrinsèquement socialiste ? Autant de questions qui ne peuvent rester plus longtemps sans réponses, au risque de ne plus retrouver ces électeurs qui nous reprochent d’avoir trahi leur confiance.

Ce souci de clarification aura aussi le mérite de permettre à chacun de se repositionner sur l’échiquier politique en recalant sa boussole idéologique pour prendre ensuite les décisions qui s’imposent.

Nous vivons une crise de civilisation (j’en veux pour preuve l’offensive pro PMA-GPA pour les couples homosexuels) et l’abstention massive signifie qu’une majorité de Françaises et de Français ne nous considèrent pas capables de relever ce défi en l’état.

Il est donc urgent de réformer notre pensée pour proposer une ligne politique claire, sans quoi la quête du pouvoir pour le bien commun restera une chimère. Encore faut-il s’en donner les moyens : c’est tout l’enjeu d’une refondation.

Hervé de Lépinau

Texte repris de la page Facebook de Hervé de Lépinau

Frédéric Pichon

Les néo-chevènementistes jacobins excluent la notion de civilisation, par Frédéric Pichon

Frédéric Pichon 2

Frédéric Pichon

Le 22 juin dernier, l’eurodéputé FN Sophie Montel et proche de Florian Philippot a jeté un nouveau pavé dans la mare : le discours du Front national sur l’immigration serait anxiogène. Cette déclaration d’une des têtes de file du courant porté par Florian Philippot n’est pas anodine. Elle se veut une réponse aux reproches faits à la direction du Front national d’avoir trop axé sa campagne sur l’euro au détriment de l’immigration.

Or, c’est un fait, comme le faisait remarquer Nicolas Bay, que 71 % des électeurs ont voté pour le Front national en raison de sa position connue sur l’immigration, la question de l’euro venant loin derrière. Attribuer l’échec de Marine Le Pen à sa ligne sur l’immigration – pourtant regrettablement mise en veilleuse lors du débat face à Macron, alors que c’est précisément le discours sur l’euro qui est anxiogène – constitue un pitoyable contre-feu largement contredit par les faits.

Derrière ces déclarations, ce sont bien évidemment deux lignes qui s’affrontent : une ligne en réalité jacobino-chevènementiste et libertaire et une ligne conservatrice et identitaire.

Certes, une vision réconciliatrice devrait amener à concilier les deux courants. On ne saurait, cependant, les mettre sur le même plan.

En premier lieu parce qu’aussi bien parmi le peuple frontiste que parmi ses électeurs, le courant identitaire est largement majoritaire. Alors, accueillir une sensibilité chevènementiste de gauche, oui, mais à condition qu’elle ne soit pas hégémonique, ce qui est le cas : l’immense majorité des secrétaires départementaux récemment parachutés appartiennent à ce courant, bien qu’il soit minoritaire chez les militants.

En second lieu parce qu’elle pose un réel problème de fond. Il est évident que souveraineté et identité sont intimement liées. Les identitaires ne contestent pas la légitimité du discours souverainiste.

Ils font simplement observer que la souveraineté est un contenant, pas un contenu. La Corée du Nord ou le Venezuela sont des nations souveraines, ça n’en fait pas des nations enviables. Les souverainistes de gauche ne sont pas nécessairement identitaires et, la plupart du temps, y sont même résolument hostiles. Ainsi, un Chevènement récemment nommé à la tête de la Fondation pour l’islam de France ou encore le parti grec Syriza favorable à l’immigration démontrent que les prétendus souverainistes, pourtant largement cités en exemple par le clan Philippot-Montel, participent largement au Grand Remplacement et ne font rien de concret face au communautarisme musulman. Leur hostilité à l’euro n’en fait pas nécessairement des alliés.

La question est donc avant tout de savoir quel type de société ou, plus encore, de civilisation nous défendons. Or, la notion de civilisation est totalement exclue du discours des néo-chevènementistes jacobins, qui ne voient dans la nation qu’un cadre juridique et l’héritière des Lumières et de la Révolution. Ils lui dénient une dimension charnelle, historique et spirituelle.

Ils considèrent la famille comme une question parfaitement secondaire et les lois sociétales nihilistes comme secondaires. Leur vision de la laïcité les amène à mettre l’islam sur le même plan que le christianisme au nom de la neutralité de l’État.

En somme, ils veulent quitter l’Europe pour appliquer au niveau français les tares du rouleau compresseur jacobin et droit-de-l’hommiste, ce qui ne réglera pas le problème de fond du déclin de notre pays. Car Paris, aujourd’hui, œuvre autant que Bruxelles ou Berlin en faveur du multiculturalisme, de l’immigration de masse ou de la déculturation de notre jeunesse via l’Éducation nationale et les médias.

La déclaration de Sophie Montel a eu le mérite de jeter le masque. Leur souverainisme n’est que l’avatar du jacobinisme des Lumières, aux antipodes d’un patriotisme enraciné, combatif face au défi prioritaire qui menace la nation française dans sa substance même : le changement de peuple et de civilisation.

Frédéric Pichon

Tribune parue sur Boulevard Voltaire sous le titre
« Pour Sophie Montel, le discours du Front
sur l’immigration serait anxiogène »