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Guillaume Faye :”La France supra-ethnique est une utopie !”

08/06/2018 – FRANCE (NOVOpress)
Ancien théoricien de la nouvelle droite, Guillaume Faye poursuit son combat des idées. Partant d’un constat très pessimiste, il considère que le nombre d’étrangers sur le sol français ne permet plus de proposer une politique d’intégration ou d’assimilation.

Volontiers provocateur et dérangeant, il n’hésite pas à aller à contre-courant des opinions. La preuve : son point de vue sur le sacrifice du colonel Beltrame.


Le Colonel Beltrame assassiné par le terrorisme islamiste ? On exagère !, par Philippe Bilger

Mélina Boughedir, dont la défense tellement prévisible et usée jusqu’à la corde ne pouvait pas convaincre, a été condamnée à la perpétuité par la justice irakienne pour son association avec Daech. Comme d’habitude, ses avocats s’indignent et relèvent appel de cette décision. Comme d’habitude, les mêmes voix critiques à l’égard de la rigueur nécessaire de notre justice ordinaire s’émeuvent de la sévérité sanctionnant l’implication dans le terrorisme islamiste. Comme d’habitude, on feint de confondre les crimes et les délits, une triste et déplorable banalité de notre pays, avec le caractère atypique des monstruosités terroristes.

Et on oublie tout et on n’apprend rien.

Nous ne sommes pas éloignés de Montfermeil malgré les apparences.

Qu’on me permette une comparaison avec la Recherche de Marcel Proust. Elle n’a rien d’offensant. Le duc de Guermantes se réjouit de partir pour une soirée prometteuse quand on lui annonce à plusieurs reprises que son cousin est au plus mal et que cela empire. Le duc rejette ces annonces avec désinvolture pour que son désir de fête ne soit pas gâché. Enfin on lui fait part de la mort de son cousin. Et le duc : “Il est mort ! Mais non ! On exagère, on exagère !”.

A Montfermeil, il me semble que les trois élus Front de gauche qui ont considéré comme une provocation le fait d’indiquer que le Colonel Beltrame avait été “victime du terrorisme islamiste” en donnant son nom à un parvis, sont tombés dans le ridicule et l’indécence proustiens (RT France).

Le maire Xavier Lemoine n’a pas attendu les crimes du terrorisme islamiste pour alerter lucidement sur les potentialités dangereuses dans certaines cités de la coexistence entre des musulmans de plus en plus en autarciques et des habitants de plus en plus inquiets. Il a répondu qu’il s’agissait d’une “réalité factuelle” ce qui est une évidence puisque le Colonel Beltrame a bien été assassiné dans le Super U de Trèbes, le 23 mars 2018, par un tueur islamiste.

Il paraît que Robert Ménard avait déjà rendu hommage à Béziers au Colonel Beltrame en mentionnant la culpabilité du terrorisme islamiste. Pour le Front de gauche, cela aurait suffi pour discréditer le libellé de Montfermeil ! C’est absurde. Un jour Robert Ménard dira qu’il peut faire beau en été et on dira qu’il neige !

Il est pitoyable après tant de crimes commis par le terrorisme islamiste depuis les massacres Merah jusqu’aux plus récents qui ont endeuillé la France, de continuer à discuter ainsi du sexe des anges en développant ce sempiternel argument sur le risque d’amalgame. Alors que c’est le contraire qui se produira si on ne se réfugie pas dans l’hypocrisie.

C’est en nommant précisément le terrorisme islamiste – forcément visible, monstrueusement ostensible : il a fait mourir au nom d’un islam sanglant et haineux – qu’on parviendra à sauvegarder la concorde avec la majorité de musulmans français qui, s’ils ne protestent pas assez, ne sont pas complices de ces horreurs. Cibler clairement le mal, c’est sauver le bien.

Ces trois élus du Front de gauche, dans une France qui déjoue des attentats mais a peur d’être frappée à nouveau, s’abandonnent par idéologie et complaisance à une irresponsabilité délétère.

Je n’ose imaginer le sombre contentement qui aurait été le leur si on avait dû apposer pour une tuerie une plaque incriminant le FN, les Identitaires ou, pourquoi pas ?, le fascisme. Ils n’auraient pas eu l’ombre d’une réticence.

Que fallait-il graver à Montfermeil ? Le Colonel Beltrame assassiné ? Le Colonel Beltrame victime ? Le Colonel Beltrame tué par mégarde ? Le Colonel Beltrame exécuté à cause d’une déviation de l’islam ? Le Colonel Beltrame qui a eu tort d’agir comme un héros ? Le Colonel Beltrame qui n’a pas su dialoguer ?

Tout cela est infiniment saumâtre et nauséabond.

Quand on proclame que le Colonel Beltrame a été victime du terrorisme islamiste, on n’exagère pas.
La République énonce une tragique vérité.

Philippe Bilger

Texte repris du site Philippebilger.com

Le colonel Beltrame martyr du « vivre ensemble » ?, par Guy Rouvrais

« Un président ne devrait pas dire ça… » C’est le titre de l’ouvrage où François Hollande se livre sans retenue ni pudeur à deux journalistes. C’est aussi ce qu’on entend, en ce moment, à propos de son successeur cette fois, depuis qu’a été diffusé sur France 3 un documentaire dans lequel le chef de l’Etat évoque la première année de son mandat.

Dans ce film complaisant – son auteur, Bertrand Delais, est un proche de Macron récemment nommé à la tête de la Chaîne parlementaire – , le Président a déclaré : « Le colonel Beltrame est mort parce que la France, ce sont des idées, des valeurs, quelque chose d’une guerre qui le dépasse. Les gens qui pensent que la France, c’est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus » et où l’« on invoque la tragédie dès qu’il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que le summum de la lutte c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays » laquelle est « une histoire d’absolu, c’est un amour de la liberté au-delà de tout, c’est une volonté de l’égalité réelle. »

Ce rapprochement était inattendu et il provoque, çà et là, une certaine indignation, non pas à cause du colonel Beltrame, mais en ce que le chef de l’Etat considèrerait comme négligeable que l’on fût à 50 euros près, à savoir les 5 euros mensuels dont l’APL a été amputée après réforme. Ce n’est pourtant pas une découverte de constater que le Président, énarque, inspecteur des Finances, banquier d’affaires, évolue depuis longtemps dans un univers où il ne fréquente guère les plus modestes. Il a révélé à la Haute autorité pour la transparence qu’avant d’intégrer l’Elysée comme secrétaire général adjoint, il gagnait chez Rothschild un million d’euros par an. Alors pensez, 50 euros ! Peut-il songer un seul instant qu’il peut y avoir pour une mère de famille seule un héroïsme du quotidien à gérer à l’euro près un budget qui ne suffit jamais pour élever ses enfants ? Elles sont légion.

Toutefois, il faut aller au-delà de cette condescendance et s’arrêter aussi sur la France pour laquelle le colonel serait mort. Les valeurs de notre pays auxquelles l’officier aurait donné sa vie, consisteraient donc en la « liberté au-delà de tout » et « l’égalité réelle », Emmanuel Macron a oublié la fraternité pour que la devise républicaine soit complète…Ce serait donc un martyr du « vivre ensemble » ayant offert sa vie pour l’idéal républicain. Ainsi se réécrit l’histoire. Alexis Corbière, de la France insoumise, a répondu, indigné, au Président mais loin de le contredire sur le fond, il va dans le même sens en assurant, lui, que « La France, c’est une France sociale et républicaine » qui aurait donc inspiré Arnaud Beltrame à lui sacrifier sa vie. L’un et l’autre, le chef de l’Etat et son contradicteur, gomment la dimension chrétienne de son acte héroïque. Ce n’est pas l’amour de la République ou l’exaltation du « vivre ensemble » qui peut pousser un homme comme lui à faire don de sa propre existence. Pour ce croyant fervent, c’est la parole du Christ, celui qui a dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Ni Macron, ni Corbière ne veulent se souvenir que « l’histoire de notre pays » est une histoire chrétienne dont le colonel Beltrame est un des beaux fruits.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 8 mai 2018

Le colonel Beltrame ne s’est pas sacrifié pour l’APL !, par Philippe Bilger

Ce titre est un raccourci discutable et opère un téléscopage incongru. On dira que c’est l’un des rares privilèges des blogs qui sont par ailleurs pompés allègrement par les médias classiques.

J’ai vu en replay, sur France 3, le documentaire “La fin de l’innocence”, consacré à la première année du président de la République.

Il y a de l’hagiographie, il y a la banalité de beaucoup de commentaires avec rarement une pépite à retenir, par exemple celle d’Alain Duhamel : “la seule manière de lutter contre l’égalitarisme est de favoriser l’équité”.

Il y a surtout l’extrême intelligence d’Emmanuel Macron qui dans sa relation avec quelqu’un qui ne lui veut pas de mal – c’est un euphémisme – multiplie les profondeurs politiques et les bonheurs d’expression. Ce constat n’interdirait pas d’être en désaccord quant au fond avec lui mais ne fait que confirmer son originalité : il est un intellectuel opératoire et il dirige la France pour tenter de complaire – même si être aimé n’est pas son objectif – à ce peuple tout imprégné “d’aristocratie égalitaire”, et qui aspire à tout et son contraire.

Le président fait aussi le désespoir des journalistes. En effet il est bien plus passionnant d’entendre son commentaire sur ses propos et ses actions que de supporter des évidences que tout citoyen intéressé par la chose publique pourrait formuler.

Aucun exemple ne me semble meilleur pour illustrer l’incompréhension au moins immédiate que suscite certaines de ses fulgurances à la fois stimulantes et intrépides, voire dangereuses : quand notamment, dans un extrait à écouter attentivement, il relie l’héroïsme du colonel Beltrame au combat qu’il juge médiocre de “ceux qui pensent que le summum de la lutte c’est les 50 euros d’APL” (Morandini Blog).

Au premier degré cette connexion a suscité une indignation dont le caractère n’a pas dérogé aux procès habituels intentés au président : il est le président des très riches, arrogance et mépris de classe, indifférence à l’égard des modestes… Force est de reconnaître que, pour peu qu’on ait des préjugés et des partialités enkystés, cette interprétation vient vite à l’esprit et empêche qu’on s’interroge sur le sens profond du lien qu’il établit entre le sacrifice du colonel et la revendication sociale, en l’occurrence minime mais de nature à peser sur des budgets à un euro près (Le Monde).

Si on consent à dépasser l’approche basique, celle dans laquelle tombe par exemple Alexis Corbière si friand des dénonciations réflexe, on a le droit d’approuver la teneur de cette parole présidentielle qui nous contraint à mettre en cause lucidement le “relativisme absolu” de nos espaces politique, syndical, culturel et médiatique. Cette propension à ne savoir rien hiérarchiser et à appréhender avec la même tonalité et une intensité équivalente le conjoncturel d’une polémique locative d’un côté et, de l’autre, l’honneur et le courage d’un comportement admiré par la France entière. Tout est trop souvent mêlé, du grotesque au sublime, de sorte que le premier semble parfois magnifié et le second banalisé.

Ce serait sous-estimer Emmanuel Macron que de le croire capable et coupable d’une dérision aussi choquante si on ne s’attache qu’au second terme du raisonnement sans lui prêter la capacité, avec le premier terme, d’introduire finesse, cohérence et, selon moi justesse, remettant les idées et les comparaisons en perspective.

Il fallait seulement oser et ce président de la République ose tout, et pas seulement par le verbe. Si on élimine François Hollande, on est passé, de Nicolas Sarkozy à lui-même, d’outrances parfois incontrôlées à des provocations maîtrisées parce que destinées à enfoncer des coins dans le mur du politiquement et socialement correct.

Le sacrifice du Colonel Beltrame, tel que le définit le président, nous enseigne une vision épique et héroïque de la France, plus authentique que toutes les chicayas partisanes.

Le principe qu’il me plaît de dégager des paradoxes “macroniens” est qu’ils exigent d’être appréhendés, pour être véritablement compris et perdre leur parfum de scandale, par des esprits délaissant leur surface pour s’aventurer dans leurs profondeurs. Discutables quelquefois, étonnantes souvent, à rebrousse-poil aussi.

Mais jamais bêtes.

Philippe Bilger

Texte repris du site Philippebilger.com