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Front républicain

Le « front républicain » fait son grand retour à l’occasion des législatives

Cela faisait longtemps. Voilà quelques semaines maintenant qu’Emmanuel Macron est président de la République et les ténors des Républicains avaient presque réussi à faire oublier leur soutien au candidat d’En Marche ! contre le Front national au second tour pour se repositionner en opposition en vue des législatives. Mais la vieille cuisine politicienne a repris ses droits et le « ni-ni » que Patrick Buisson avait réussi à imposer par le biais de Nicolas Sarkozy est définitivement enterré, au moins du côté de la classe politique.

François Baroin, chef de file des Républicains, avait en effet affirmé ce lundi que « les désistements devront faire partie de l’entre-deux tours législatif » en cas de possible victoire du Front national. Comme si le clin d’œil ne suffisait pas, l’appel du pied a suivi : « Je souhaite d’ailleurs que la réciproque soit vraie du côté d’En Marche ! comme du côté du PS », a-t-il ajouté.

La réponse n’a pas tardé à arriver, dans la bouche du porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner :

« Partout où le candidat de La République en marche (LREM), en se maintenant [au second tour], ferait prendre le risque d’une élection du Front national, partout nous retirerons notre candidat, et partout où le maintien du candidat nous permettra d’empêcher cette élection, nous nous maintiendrons. »

Depuis le premier tour et l’échec cuisant de François Fillon, la question se posait aux Républicains : elle est devenue une véritable ligne de fracture. D’abord parce que certains électeurs ont déjà fait le pas depuis longtemps. Ensuite parce que tous les ténors du parti ne sont pas d’accord : Wauquiez est partisan d’un « ni-ni », tandis que l’on se précipite dans les bras du nouveau parti vainqueur du côté de Juppé ou de NKM. Rien d’étonnant tant les Républicains étaient devenus une auberge espagnole classée à droite sans que tous soient réellement de droite. Mais c’est l’aile gauche du parti qui tient aujourd’hui les rennes, à l’heure où tous les observateurs reconnaissent une « droitisation » de l’électorat, notamment sur les questions sociales ou culturelles.

Reste à savoir comment se comporteront les électeurs et ce qu’il restera – après les législatives – des partis traditionnels. Il se pourrait que les Républicains explosent et qu’une partie se précipite dans les bras de la majorité présidentielle – si elle est obtenue – tandis que de véritables divisions doctrinales pourraient devenir encombrantes au sein du Front national. L’occasion d’une clarification nécessaire à la reconstruction d’une droite capable d’alliances et de constance dans la défense de son identité ? Espérons-le.

Marie Pommeret

Article paru dans Présent daté du 1er juin 2017

Les électorats des partis de droite partagent un même désir de retour de l’autorité

17/03/2016 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Le CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences-Po) s’est penché sur le besoin d’autorité des Français, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2017. Les résultats sont pour le moins surprenants.

Qu’entendre exactement par ce besoin d’autorité ?
Celui-ci peut recouvrir plusieurs formes. Du renforcement du pouvoir exécutif à l’augmentation des moyens de la police et de la sévérité des juges, il semble investir tous les domaines de la vie des Français.
Il faut dire que les circonstances s’y prêtent, entre la faillite d’une Union européenne et d’un l’État français dans la lutte contre le terrorisme, contre l’immigration incontrôlée et contre le chômage. C’est ainsi que le CEVIPOF a pu constater une triple augmentation de la demande d’autorité régalienne, sécuritaire et identitaire.

Sur le plan politique, cela traduit-il la nostalgie de la monarchie gaullienne ?
On peut d’ores et déjà présumer que la campagne électorale sera centrée sur l’autorité. C’est par conséquent la droite, qui l’incarne traditionnellement, qui va devoir relever le défi et trancher la question libérale. D’autant qu’une campagne axée sur ces thèmes peut se révéler stratégiquement payante. En effet, le besoin d’autorité transcende les classes sociales. L’écart entre les catégories professionnelles supérieures et défavorisées est minime selon l’étude. Ainsi, « la demande d’autorité moyenne n’oppose pas les professions en fonction de leur rang social », même si la demande identitaire est plus forte pour les classes sociales les plus pauvres.

L’étude semble contredire l’effacement apparent du clivage droite-gauche
l’Étude montre un continuum entre les différents électorats de droite sur la question de l’autorité. Si le Front National est le parti avec les sympathisants qui réclament le plus d’autorité, l’électorat LR/UDI ou DLF en est très proche. La distinction est nette avec les électorats des divers partis de gauche. L’existence d’une différence de degré et non de nature entre les électeurs du Modem et du FN laisse la porte ouverte à de nombreuses reconfigurations électorales.