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Renaud par Gabriel Robin

Choisis ton camp : plutôt bobo ou beauf ?, par Gabriel Robin

Gabriel RobinCe doit être de saison. Avant chaque élection, des pipoles se mettent en tête de lancer un appel contre le Front national. La garantie, pour un artiste moyen sorti des radars, de s’acheter une conscience politique à peu de frais tout en squattant quelques plateaux télé et colonnes de journaux subventionnés. On constatera que la liste des signataires évolue peu d’année en année.

On y retrouve les sempiternels acteurs proches du Parti socialiste et autres chanteurs engagés… Pour le cru 2017 figurent, notamment, Renaud, IAM, Karin Viard, Zabou Breitman, Valérie Donzelli, La Grande Sophie ou ces rossignols de la misère sociale que sont les frères Dardenne. Ces derniers préfèrent filmer l’électorat du FN, dans des œuvres souvent complaisantes, que saisir ses motivations. Comprenne qui pourra.

En creux se dessine une France segmentée entre deux gros blocs sociologiques. Pas de place pour la nuance, camarade. Tu dois choisir ton camp : plutôt bobo ou beauf ? Car c’est ainsi que la France se vit en cette campagne présidentielle, tiraillée entre deux idéaux d’hommes.

D’un côté, les fameux bobos, habitants des métropoles, jeunes, urbains, dynamiques, ouverts et gardiens du village planétaire. De l’autre, les beaufs, repliés sur eux-mêmes, fermés, peu enclins à la mobilité intellectuelle ou physique et gardiens du temple du mauvais goût franchouillard. Entre les deux : un no man’s land. Du moins, médiatiquement. Eh oui, il existe encore quelques originaux qui résistent à la réduction socio-culturelle des années 2010, insensibles aux clichés et aux dénominations grotesques qui voudraient les cantonner dans des caricatures aussi vides de sens qu’inopérantes.

Mais voilà, pas un jour ne passe sans que Monsieur Tout-le-Monde ne soit rappelé à l’ordre par les matons de Panurge ! Est-il possible d’apprécier le cinéma de Bertrand Bonello en votant Marine Le Pen sans avoir mauvaise conscience ? Dans l’autre sens : un électeur de Benoît Hamon saura-t-il trouver la force de rire en regardant la prestation de Franck de Lapersonne dans Le Crocodile du Botswanga ? Oui. Et mieux : il faut souhaiter que cela continue ainsi.

Pour des artistes aussi transgressifs que Renaud, qui sort le même disque depuis trente ans, il ne fait aucun doute que le Front national entend s’attaquer à « l’art contemporain », lequel ne représente d’ailleurs pas un style mais une époque : la nôtre. Il est vrai que certains Français, souvent de droite un peu bon teint, ont des difficultés à appréhender les expressions de la modernité. La belle affaire : il en a toujours été ainsi, depuis que l’Occident est l’Occident. Le Front national n’y changera rien et ne s’attaquera pas aux créateurs. Peut-être même que son arrivée les poussera à se dépasser… En effet, les pays qui ronronnent ne pensent plus et ne produisent plus grand-chose d’intéressant.

Gabriel Robin
secrétaire général du Collectif Culture, Libertés et Création

Tribune reprise de Boulevard Voltaire et initialement titrée
« 100 picoles écrivent au Front national : bobo contre beaufs »

Macron

Emmanuel Macron veut criminaliser l’Histoire de France, par Gabriel Robin

Emmanuel Macron chercherait-il une issue de secours en cas de défaite à la prochaine élection présidentielle ? En déplacement en Algérie, le candidat du mouvement En Marche ! s’est lancé dans une opération de racolage électoral aussi inconsistante que lamentable, qui pourrait le conduire plus facilement à la présidence algérienne qu’à la présidence française. À propos de l’épisode de la colonisation de l’Algérie par la France, il a ainsi déclaré :

« J’ai toujours condamné la colonisation comme un acte de barbarie. La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime contre l’humanité. »

Plus à une contradiction près, l’homme qui revendique un positionnement « mi-moite mi-gauche » sur l’échiquier politique, a sciemment oublié qu’il avait tenu des propos moins tranchés en novembre dernier, dans un entretien accordé au journal Le Point. L’héritier autoproclamé de Jeanne d’Arc estimait, alors, que la colonisation de l’Algérie avait apporté un peu plus que des éléments de barbarie, offrant aux Algériens « l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes ». L’hologramme de François Hollande n’a pas la hauteur de vue pour diriger la France. Il vient de le prouver.

Je ne me lancerai pas dans un examen historique précis de la période coloniale, débat que je laisse aux universitaires qui étudient cette matière, mais il est, à l’évidence, scandaleux qu’un candidat à l’élection présidentielle puisse se permettre de professer des jugements anachroniques sur sa propre nation depuis un pays étranger. Criminaliser l’Histoire est le propre des régimes totalitaires.

Le petit Emmanuel Macron se rend-il compte du poids de la responsabilité qu’il fait peser sur les Français en agissant de la sorte ? Historiquement, la colonisation de l’Algérie résultait de la conjonction de plusieurs éléments : la prise de conscience du déclin relatif de l’ère musulmane, notamment de l’Empire ottoman, qui occupait alors ce qu’on appelle aujourd’hui l’Algérie, consécutive à la campagne d’Égypte ; la volonté d’en finir avec les barbaresques et la piraterie dans le bassin méditerranéen ; et, enfin, plus crucial, l’écart technologique qui s’était creusé entre les deux rives, concomitamment au développement des idéaux universalistes, chrétiens et issus des Lumières, dont se réclame Emmanuel Macron. C’est une constante historique : dès qu’un bloc civilisationnel prend une avance considérable, il est tenté de conquérir ses voisins. Cela vaut pour toutes les époques et pour toutes les civilisations.

Contrairement à ce qui est communément avancé, la colonisation n’a pas enrichi la France. En 1959, l’Algérie consommait 20 % du budget de l’État français. À l’identique des autres colonies, l’Algérie a coûté beaucoup d’argent aux contribuables français. Dans le même temps, sa population s’accroissait de manière exponentielle, conséquence de l’apparition de la médecine moderne qui réduisit considérablement la mortalité infantile… Je passe les détails, mais bien des mythes seraient déconstruits si on se donnait la peine d’examiner objectivement les faits plutôt que de croire sur parole les mensonges des serpents à sornettes médiatiques.

Maintenant, une petite devinette : pourquoi tant d’Algériens ont-ils cherché à s’installer dans une nation criminelle après avoir obtenu leur indépendance ? Un phénomène qu’Emmanuel Macron entend favoriser en garantissant, une fois au pouvoir, une plus grande « mobilité entre la France et l’Algérie ». Ses déclarations encourageront les Algériens à réclamer toujours plus de repentance de la part de la France et des Français.

Gabriel Robin

Source : Boulevard Voltaire – « Emmanuel Macron veut criminaliser l’Histoire de France »


Emmanuel Macron : “La colonisation est un crime… par lepointabonnes