Procès Dettinger, la république des deux poids deux mesures

Imperceptiblement, mais sûrement, le gouvernement Macron est en train de prendre une vilaine tournure. Le pouvoir macronien est en passe de devenir le plus répressif de toute la Ve République, aussi bien au niveau de la répression physique qu’au niveau pénal.

Déjà, en trois mois de troubles, 8 400 personnes ont été interpellées, 7 500 placées en garde à vue, 1 800 ont été condamnées, 1 300 sont passées en comparutions immédiates, et 316 ont été placées sous mandat de dépôt. Beau tableau de chasse. Certes, nous sommes dans un Etat de droit, aime-t-on à nous rappeler, mais les nombreux mutilés à vie ne sont pas une affabulation.

Dernier exemple de la répression judiciaire particulièrement sévère qui frappe ceux qui demandent à vivre décemment dans leur pays, et exemple également de la collusion entre politique et judiciaire, la peine d’un an de prison ferme infligée à l’ex-boxeur Christophe Dettinger, qui devra également verser 2 000 et 3 000 euros à ses « victimes » casquées et harnachées.

Selon sa déclaration : « On s’est fait gazer à bout portant. Quand je relève la tête, je vois des matraques, plusieurs gendarmes qui frappent des Gilets jaunes, bam-bam-bam. En face de moi, il y a une dame au sol, un gendarme lui met un coup de pied, il a la matraque levée, c’est là que c’est parti. Quand je vois une injustice, j’y vais, je peux pas faire autrement. » Une déclaration qu’il a ainsi complétée : « En voulant empêcher une injustice, j’en ai créé une autre. Quand je me revois frapper ce gendarme, j’ai honte. Je regrette tous mes gestes. » Des regrets que ne semble pas partager l’une de ses victimes : « La première personne à qui je mets des coups de matraque, déclara-t-elle au tribunal, c’est M. Dettinger. Avant, j’avais seulement fait usage de la gazeuse à main. »

Ce qui n’a pas plu à nos dirigeants dans cette affaire, c’est son aspect symbolique : un homme seul et non armé, qui a perdu patience, et qui prend le dessus sur des professionnels de la répression. Voilà qui est inacceptable.

Ce qui est acceptable en revanche, ou du moins légèrement condamnable, c’est l’attaque autrement plus grave perpétrée le 18 mai 2016 quai de Valmy contre deux policiers par des membres de l’extrême gauche. Leur véhicule avait été incendié alors qu’ils étaient à bord, on avait tenté de les empêcher d’en sortir, et on les avait attaqués à la barre de fer quand ils y parvinrent. Cette attaque préméditée avec intention de tuer avait été perpétrée en bande, une bande dont faisait partie Antonin Bernanos, arrière-petit-fils de l’écrivain. Le militant avait été condamné en septembre 2017 à cinq ans de prison, dont deux avec sursis ; libéré un an plus tard, il a participé à plusieurs manifestations des Gilets jaunes dans les rangs des antifas, et a été interpellé pour violences le 19 janvier dernier.

Xavier Darc

Article paru dans Présent daté du 15 février 2019

Christophe Dettinger, le boxeur gilet jaune, condamné à un an de prison

14/02/2019 – FRANCE (NOVOpress)
L’ex-boxeur Christophe Dettinger a été condamné mercredi à un an de prison ferme, aménageable en semi-liberté, et 18 mois de sursis avec mise à l’épreuve pour avoir violemment frappé deux gendarmes le 5 janvier lors de l’acte 8 des “gilets jaunes”.

Le tribunal l’a également condamné à une interdiction de séjour à Paris pendant six mois, et à indemniser ses victimes, respectivement à hauteur de 2.000 et 3.000 euros.

Au prévenu, le procureur assènera que comme dans les matches de boxe, “il y a des règles dans la vie“. “Cela faisait huit manifs qu’il n’y avait pas de règle“, a rétorqué le prévenu, avant d’ajouter, encore, qu’il regrette. “J’aurais dû juste pousser“.

M. Dettinger, malgré lui, est devenu un symbole, quand on voit les soutiens dont il a bénéficié sur les réseaux sociaux. J’appelle chacun à la responsabilité, sinon il va y avoir un drame… quelqu’un va mourir“, avait plaidé Thibault de Montbrial, un des avocats des gendarmes.

La défense, emmenée par Laurence Léger, Hugues Vigier et le vieux pénaliste Henri Leclerc, avait demandé une “peine juste“, et “pas exemplaire“, pour un homme “irréprochable pendant 37 ans“.


L’épouse du boxeur Christophe Dettinger témoigne : “Si mon mari a réagi comme ça, c’est qu’il a vu une femme matraquée au sol”

05/02/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Discrète depuis l’incarcération de son mari, Christophe Dettinger, le boxeur accusé d’avoir frappé deux gendarmes lors d’une manifestation des “gilets jaunes”, Karine Dettinger est revenue sur l’affaire, lundi 4 février, devant la caméra de France 3.

Si mon mari réagit comme cela, c’est qu’il a vu une injustice devant lui, une femme matraquée au sol“, explique-t-elle, après avoir précisé qu’elle ne cautionnait pas son geste. Karine Dettinger révèle également que son mari a voulu être gendarme, un élément versé au dossier par l’avocate du boxeur.

Il n’a pas tapé l’uniforme, il n’a rien contre la police. Il a voulu être gendarme réserviste” Karine Dettinger à France 3

Ce sont les propos d’Emmanuel Macron qui l’ont poussé à s’exprimer. “C’est humiliant, complètement humiliant. Mon mari a fait des études, il est responsable, il travaille, on paye nos impôts, on est Français, on est des citoyens honnêtes et on nous rabaisse“, déplore-t-elle.


Gilets jaunes : Christophe Dettinger placé en détention provisoire jusqu’à son procès le 13 février

10/01/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Christophe Dettinger a été écroué mercredi soir dans l’attente de son procès renvoyé au 13 février.

Jugé en comparution immédiate, cet ancien champion de France 2007 et 2008 des lourds-légers, a sollicité un délai pour préparer sa défense, qui est de droit. Conformément aux réquisitions du parquet, le tribunal correctionnel a délivré un mandat de dépôt à son encontre, visant à “empêcher la réitération des faits et une soustraction à la justice”, une décision accueillie par des cris de protestations dans la salle.


L’Affaire des Cagnottes, par Etienne Defay

Il aura fallu une volée de poings assénée sur un bouclier et sur un casque pour faire trembler les valeurs de la République. Il aura fallu un acte isolé lors de l’acte VIII pour susciter l’ire de Marianne.

Pour un bref rappel des évènements, une poignée de mobiles tentait de contenir quelques Gilets jaunes sur un pont parisien samedi dernier. Arrive Christophe Dettinger dit « Le gitan de l’Essonne », ancien champion de France de boxe. En une poignée de secondes, il force les gendarmes à se replier à coups d’arguments solidement assénés. Deux jours plus tard, le boxeur se rend au commissariat du IVe arrondissement de Paris non sans avoir posté préalablement une vidéo expliquant son geste.

Suite à cela, une cagnotte lancée sur le site Leetchi par des proches du boxeur a récolté plus de 100 000 euros en moins de 72 heures. Il n’en fallait pas plus pour susciter l’ire gouvernementale. Marlène Schiappa en tête qui a fustigé la tenue de cette cagnotte qui mettrait à mal pas moins que les valeurs de la République. A l’image des camions fous et des voitures tueuses, la cagnotte devient aujourd’hui contraire aux valeurs de la République. La secrétaire d’Etat à l’Egalité a ainsi demandé à ce que les donateurs de cette cagnotte soient identifiés… pour être sans doute punis. Quoiqu’il en soit, la cagnotte a été clôturée hier. Quand on sait que la fondatrice de Leetchi, Céline Lazorthes, est un soutien officiel de La République En Marche, on ne s’étonne plus de rien. Edouard Philippe voulait ficher les auteurs de violence en manif (un fichier qui existe déjà en passant), faudra-il ficher demain les donateurs de cagnottes ? A titre indicatif, celles ouvertes en soutien de Tarik Ramadan sont encore ouvertes…

Le criminologue Xavier Raufer rappelait hier sur Boulevard Voltaire que près de 19 millions de Français étaient fichés. Une bonne occasion de passer la barre des 20.

Comprenons-nous bien, il ne s’agit pas ici de défendre Christophe Dettinger, ni cautionner les violences dans les manifestations, il s’agit surtout d’attirer l’œil sur le deux poids deux mesures permanent qui est à l’œuvre dans ce pays. On se rappelle avec effarement de l’avalanche de critiques qui s’étaient abattues sur les forces de l’ordre au moment de l’affaire Théo, on se rappelle avec effarement la prise de position ouvertement pro-Théo d’Emmanuel Macron à l’époque des faits. On se rappelle avec effarement cette époque où nous étions bien peu nombreux à défendre les forces de l’ordre.

Forces de l’ordre bien protégées, puisque certains politiques à l’instar du président de la Région PACA, Renaud Muselier, ont ouvert en réaction une cagnotte pour les forces de l’ordre qui n’en demandaient pas temps. Ainsi, plutôt que de payer les millions d’heures supplémentaires en souffrance des policiers, on ouvre des cagnottes pour leur donner l’aumône.

Mais Christophe Dettinger n’est pas Théo Luhaka, aussi il ne mérite aucune compassion, à l’image des Gilets jaunes qui font l’objet d’un discours de fermeté jamais entendu concernant les banlieues de Seine-Saint-Denis ou d’ailleurs. Vous l’avez bien compris, le principal objectif n’est pas votre sécurité mais la viabilité d’un gouvernement aux abois dont le quinquennat est mort-né. « La République gouverne mal mais se défend bien », l’adage n’a jamais été autant d’actualité.

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 09 janvier 2019

Gilets jaunes : Les boxeurs au cœur des manifestations

08/01/2019 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Durant l’hebdomadaire rassemblement des Gilets jaunes à Paris, une séquence filmée a profondément marqué l’opinion publique et les médias français. On voit sur cette vidéo un homme au visage découvert, visiblement sûr de lui, boxer un gendarme totalement dépassé. Ancien champion de France de boxe, catégorie lourds-légers, il se présente comme un « citoyen normal », qui manifeste « pour le futur de [ses] enfants », et comme un « gilet jaune ».

L’événement a pris aujourd’hui une impressionnante ampleur.

En effet, les syndicats des forces de l’ordre se sont tous levés pour que l’homme, un certain Christophe Dettinger, ancien boxeur professionnel, soit activement recherché, arrêté et jugé pour ses actions. Celui-ci s’est finalement rendu à la police. Une cagnotte a été mise en place : En quelques heures, elle est grimpée à plus de 74.000 euros. Près de 3.000 personnes y ont déjà contribué. « Tous les week-ends cet homme a défendu pacifiquement ses idées, celles des Gilets jaunes », peut-on lire dans la description de la cagnotte.

Ce coup médiatique sert aussi à cacher un autre combat de boxe, toujours peu reluisant pour les forces de l’ordre.

Oui, samedi dernier à Toulon un autre boxeur a montré ses talents. C’était cette fois-ci un officier de police qui s’est permis de plaquer un homme au mur pour mieux le frapper au visage. On l’aurait vu ensuite se retourner violemment contre les Gilets jaunes sidérés qui filmaient la scène. Honoré par la Légion d’honneur il y a une semaine, l’officier avait déjà eu un avertissement pour avoir cassé la mâchoire d’un de ses collègues deux ans auparavant. Si le procureur de la ville a refusé de mener une enquête, prétextant que « la réaction du policier était proportionnelle à la situation », le préfet a finalement fait appel à l’IGPN, la police des polices, pour enquêter sur le débordement.

Les dons affluent pour soutenir Christophe Dettinger, «le boxeur des Gilets jaunes»

08/01/2019 – FRANCE (NOVOpress)
Samedi, le double champion de France des poids lourds-légers a été vu frappant des gendarmes mobiles lors de l’Acte VIII des Gilets jaunes à Paris.

Avant de se rendre aux autorités et d’être placé en garde-à-vue, le « Gitan de Massy » a enregistré un message pour expliquer son geste.

Christophe Dettinger admet avoir mal réagi, mais parle d’une réaction de défense face à une situation tendue.

En attendant, la cagnotte lancée pour soutenir Christophe Dettinger rencontre un énorme succès.