Tag Archives: Chine

Briquets : la Chine contre Redon

Briquets : la Chine contre Redon

26/11/2012 – 16h00
REDON (NOVOpress Breizh) –
A Redon, on connait bien l’entreprise Bic. Cette petite ville bretonne abrite en effet une usine spécialisée dans la fabrication des briquets, deuxième activité (28% du chiffre d’affaires) du groupe, derrière l’écriture (stylos billes, surligneurs…). Une usine dont l’avenir est aujourd’hui entre les mains de Bruxelles.

L’usine redonnaise emploie 350 personnes et fabrique trois millions de briquets par jour, soit la moitié des  briquets Bic vendus dans le monde. Le site breton constitue  une pièce stratégique de l’activité briquets puisqu’on y a développé des machines-outils ultramodernes propres à la maison ; les techniciens bretons sont même responsables de tous les outils Bic  pour les Etats-Unis, le Brésil et l’Espagne.

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Chine : le XVIIIème Congrès du PCC, et après ?

Le 8 novembre dernier, les neuf membres du Comité permanent du bureau politique du PCC ont été renouvelés. Le point sur la situation en Chine dans les jours qui suivront cette échéance politique tant attendue, par Emmanuel Lincot. Enregistrement réalisé le 25 octobre 2012.

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Arrestations massives dans le milieu mafieux chinois en Espagne

Arrestations massives dans le milieu mafieux chinois en Espagne

Image ci-dessus : Cobo Calleja, zone d’implantation de commerces gérés par la mafia chinoise en Espagne. Crédit photo : DR

17/10/2012 — 14h00
MADRID (NOVOpress via le bulletin de Réinformation) — Hier, la police espagnole a procédé à une grande opération d’arrestations à Madrid et à Barcelone contre près de soixante membres de la mafia chinoise. Dans la banlieue de la capitale, une petite ville constituait un lieu d’implantation de commerces chinois vivants de trafics illégaux, de contrefaçons et de la prostitution en provenance de Chine. Cette zone, appelée Cobo Calleja, regroupe des centaines d’entreprises et plusieurs milliers d’emplois gérés par la mafia chinoise qui brassait ainsi plusieurs centaines de millions d’euros chaque année.

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Tensions croissantes en mer de Chine : revoir “La politique étrangère de la Chine”

Renforcement du dispositif de l’OCS, initiatives militaro-diplomatiques chinoises adressées aux États-Unis : enjeux et perspectives.

Realpolitik.tv avait, en juin 2012, diffusé l’intervention du politiste, sémiologue et sinologue Emmanuel Lincot, par ailleurs directeur de la Chaire des Études Chinoises Contemporaines à l’Institut Catholique de Paris, sur le thème de “La politique étrangère de la Chine”. À l’heure où les tensions vont croissant entre la Chine et le Japon en mer de Chine, il nous a semblé pertinent de voir ou revoir cette brillante analyse de géopolitique.

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Les tensions montent en Extrême-Orient

Les tensions montent en Extrême-Orient

18/09/2012 — 18h45
TOKYO (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) —
Des activistes japonais et chinois se sont mutuellement provoqués aux abords des îles désertes contestées appelées Shenkaku, par les Japonais, et Diaoyu, par les Chinois (cliquer sur la carte en Une pour la voir en enlier).
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Panneaux photovoltaïques: la Chine accusée de « dumping »

Panneaux photovoltaïques: la Chine accusée de « dumping »

11/02/12 – 20h00
BRUXELLES (NOVOpress) 
– Nouvelle exemple des joies de la mondialisation et du grand marché « libre et ouvert » : les équipementiers européens se sont vu dépouillés en quelques années de près de 80 pour cent du marché de l’Union Européenne par des entreprises chinoises aujourd’hui accusées d’avoir pratiqué du « dumping » tarifaire.
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Bilan des JO paralympiques : une claque pour la France

Bilan des JO paralympiques : une claque pour la France

11/09/2012 – 12h00
LONDRES (NOVOpress) –
  La flamme paralympique s’est éteinte dimanche soir à Londres, point final d’un été sous le signe du sport de haut niveau, entamé avec les Jeux olympiques. Quatre-vingt mille personnes se sont massées dans les tribunes pour voir le spectacle, en présence des 4 200 athlètes ayant participé aux Jeux. 2,7 millions de billets ont été vendus pour l’événement, soit 900 000 de plus qu’à Pékin quatre ans plus tôt
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Nouvelles cultures, nouvelles configurations sociales en Chine

De nouvelles configurations dans le rapport entre la Chine et la société civile sont à l’œuvre. Débat entre Emmanuel Lincot et Emmanuel Meneut.

À propos d’Emmanuel Lincot :
Directeur de la Chaire des Études Chinoises Contemporaines (Institut Catholique de Paris). Politiste, sémiologue et sinologue de formation, il s’intéresse aux enjeux contemporains de la Chine tant dans les domaines politiques que culturels. Enrichi par une longue expérience de terrain en Asie, il mène une activité de conseil auprès de multinationales et des services de l’État.

Source : Realpolitik.tv.

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Rome : Casapound manifeste pour le charbon italien et l’autonomie européenne [vidéo]

31/08/12 – 15h15
ROME (NOVOpress)
– C’est symboliquement devant le siège de la représentation de la Commission européenne en Italie, à Rome, que ce sont rassemblés aujourd’hui les militants du mouvement Casapound, renversant quelques sacs de charbon devant l’entrée du bâtiment.
La centaine de militants a alors déployé une grande banderole, sur laquelle on pouvait lire “Défendre le charbon italien, Autosuffisance européenne“, afin d’exprimer leur solidarité avec les mineurs italiens qui manifestent pour leur droit au travail. L’action visait également à dénoncer la politique de l’UE, qui interdit les aides d’État au secteur minier italien alors qu’elle autorise les subventions à la production de charbon allemand et confère des millions de subventions au secteur financier.
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La Bourgogne n'est pas à vendre

La Bourgogne n’est pas à vendre

27/08/2012 — 10h00
DIJON (NOVOPress) —
C’est peu dire que l’achat du château de Gevrey-Chambertin par un investisseur chinois n’est pas du goût des Bourguignons. En tout cas, samedi, une quinzaine d’Identitaires se sont déplacés pour une distribution de tracts. Et ce pour interpeller “riverains et touristes”, “afin de ne pas voir disparaître une part croissante de notre patrimoine historique aux mains de riches investisseurs étrangers”. De plus, “les militants ont également rappelé que le droit de préemption permet notamment à une municipalité d’acquérir prioritairement un bien foncier ou immobilier sur le point d’être vendu.”

En effet, l’investisseur chinois a pu obtenir le château contre huit millions d’euros. Contre une offre de cinq millions d’euros faite par le syndicat viticole de Gevrey-Chambertin. D’où la crainte d’une “envolée attendue de la valeur des terres, ainsi que des droits de succession, risquant à terme de compromettre la transmission du patrimoine entre les générations de viticulteurs, comme l’installation de jeunes exploitants.”

Pour finir, les Identitaires bourguignons ont indiqué placer leur action dans le sillage de celles menées à Paris et à Cannes contre l’achat de notre patrimoine par le Qatar.

JO : Le tennis de table, c’est du ping-pong made in China !

JO : Le tennis de table, c’est du ping-pong made in China !

Y’a pas que  la petite balle qui est jaune !  

Dans le foot, on se plaint, à juste raison, qu’il y ait trop d’étrangers naturalisés qui rejettent les jeunes joueurs français sur le banc des remplaçants. Las, le mal est plus profond qu’une sonde dans un ballon rond. Aux Jeux olympiques, on a découvert, hallucinés, qu’en tennis de table, les Chinoises naturalisées se mettent à la table des Françaises, des Allemandes, des Hollandaises, des Autrichiennes…
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[lu sur le Net] “Relocaliser de Chine en France prend tout son sens”

[Lu sur le net] “Relocaliser de Chine en France prend tout son sens”

04/08/2012 — 11h00
BEIJING (via Libération) — Au vu du succès considérable de son entreprise en Chine, rien ne semblait prédestiner Jean-Charles Viancin à s’orienter vers une « relocalisation » en France. Couvert de dettes après l’échec de sa PME en France, il s’installe voilà trois ans en Chine, à Dongguan, dans la province du Guangdong, où il épouse une Chinoise. Avec le soutien d’un investisseur français, le jeune entrepreneur de 28 ans y prend la tête de Super Silicone, une usine de fabrication de moules de pâtisserie. Grâce au silicone qui n’attache pas à la cuisson, le Français fait fortune. Son entreprise de 300 ouvriers a enregistré en 2011 un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros, qu’il espère voir encore grandir cette année, grâce aux 70% de parts de marché qu’il possède désormais en France et au Japon.

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Quels enjeux pour le développement durable en Chine ?

Quelles perspectives après le sommet de Rio ?

Comment la Chine s’engage-t-elle vers des projets de coopération de très grand envergure avec son étranger proche comme la Russie ou le Kazakhstan dans le domaine du développement durable. Débat entre Emmanuel Meneut et Emmanuel Lincot. Enregistré le 6 juillet 2012.

À propos de l’auteur

Emmanuel LincotEmmanuel Lincot

Directeur de la Chaire des Études Chinoises Contemporaines (Institut Catholique de Paris). Politiste, sémiologue et sinologue de formation, il s’intéresse aux enjeux contemporains de la Chine tant dans les domaines politiques que culturels. Enrichi par une longue expérience de terrain en Asie, il mène une activité de conseil auprès de multinationales et des services de l’État.

Source : Realpolitik.tv. Photo en Une : éoliennes en Chine. Crédit photo : Fanghong (cc)

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Toujours du granit chinois à Nantes

Toujours du granit chinois à Nantes

23/07/2012 – 14h00
NANTES (NOVOpress Breizh) –
La ville du Premier ministre continue à acheter des pavés chinois. Mais les ministres qui font le déplacement affectent de n’en rien savoir.

Cinq ministres ont visité Nantes en moins d’un mois, toutes des femmes : Cécile Duflot, ministre de l’Égalité des territoires, Fleur Pellerin, ministre de l’Économie numérique, Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Aurélie Filippetti ministre de la Culture, Sylvia Pinel, ministre du Commerce et de l’Artisanat. Elles se sont répandues en éloges sur la gestion de la ville.

Elles ont bien sûr pu remarquer les nombreux travaux en cours dans la ville comme chaque été. Pas une n’a cependant eu l’audace de s’étonner de l’origine du pavage en cours de pose rue Franklin : comme l’an dernier place Royale, ce sont des dalles de granit jaune fournies par le carrier chinois Xiamen San Xiang Da.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, aurait sûrement plus de mal à ignorer ces achats peu exemplaires. Mais il a évité jusqu’à présent de se mettre dans cette situation gênante.

Crédit photo : DR

La politique étrangère de la Chine - Par Emmanuel Lincot

La politique étrangère de la Chine – Par Emmanuel Lincot

Renforcement du dispositif de l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai), initiatives militaro-diplomatiques chinoises adressées aux États-Unis : enjeux et perspectives. Enregistrement du 07/06/2012.

[box] * NDLR. A certaines heures, l’hébergeur de cette vidéo (Dailymotion) ne délivre qu’un flux très lent. [/box]

 

À propos de l’auteur

Emmanuel LincotEmmanuel Lincot

Directeur de la Chaire des Études Chinoises Contemporaines (Institut Catholique de Paris). Politiste, sémiologue et sinologue de formation, il s’intéresse aux enjeux contemporains de la Chine tant dans les domaines politiques que culturels. Enrichi par une longue expérience de terrain en Asie, il mène une activité de conseil auprès de multinationales et des services de l’État.

[box class=”info”] Source : Realpolitik.tv. [/box]

Les délocalisations en Chine ne seraient plus si intéressantes

Les délocalisations en Chine ne seraient plus si intéressantes

04/07/2012 — 14h00
LONDRES (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) — Civitas, groupe de réflexion britannique, a effectué une intéressante étude sur les délocalisations vers la Chine. Intitulée « Vers la fin du Made in China », l’étude pointe une relocalisation d’industries vers la Grande‑Bretagne. En effet, les produits chinois ont vu leurs prix grimper du fait de l’augmentation des salaires, des problèmes de qualité, du manque d’ouvriers qualifiés en Chine, et des coûts des transports, s’étant envolés ces dernières années à cause de l’augmentation du prix du pétrole. L’étude pointe en outre la faible productivité de la Chine, ainsi que le vol de technologies, rendant les entreprises occidentales de plus en plus méfiantes.

Cette étude confirme le non‑sens du mondialisme sauvage, le principe de base de l’industrie étant, comme le montre l’étude : « proximité, qualité, stabilité ».

Cannibalisme et communisme dans la Chine des années 60

Cannibalisme et communisme dans la Chine des années 60

07/06/2012 – 10h00
PARIS (NOVOpress) — L’affaire, ces derniers jours, du cannibale de Miami ne peut se réduire à une potacherie geek sur le début de l’apocalypse zombie. Si ce fait divers a suscité un buzz aussi important c’est parce que le cannibalisme, dans une société civilisée, est tabou. Seuls quelques psychopathes tueurs en série s’y adonnent : Jeffrey Dahmer « le cannibale de Milwaukie » ou Andréi Chikatilo « le monstre de Rostov » par exemple (plus d’infos sur la question).

Pourtant il existe un pays dans lequel le cannibalisme fut il y a moins de cinquante ans non seulement « autorisé », mais encouragé par l’appareil d’État : il s’agit de la Chine des années 60. La plupart des cas de cannibalisme recensés le furent pendant la période de la Révolution culturelle, non pas à cause des famines poussant la population à la dernière extrémité, mais bien dans le but idéologique de « manger le bourgeois ».

La Révolution culturelle commence en 1966. Son but : éradiquer les traditions culturelles chinoises. Il faut « détruire les vieilles idées, la vieille culture, les vieilles coutumes et les vieilles habitudes des classes exploiteuses » (maréchal Lin Biao).

Cannibalisme et communisme dans la Chine des années 60Le 8 août 1966 le Parti communiste chinois adopte une résolution en 16 points pour détailler le projet : «  La grande révolution culturelle prolétarienne vise à liquider l’idéologie bourgeoise, à implanter l’idéologie prolétarienne, à transformer l’homme dans ce qu’il a de plus profond, à réaliser sa révolution idéologique, à extirper les racines du révisionnisme, à consolider et à développer le système socialiste. Nous devons abattre les responsables du Parti engagés dans la voie capitaliste. Nous devons abattre les sommités académiques réactionnaires de la bourgeoisie et tous les “monarchistes” bourgeois. Nous devons nous opposer à tous les actes de répression contre la révolution. Nous devons liquider tous les génies malfaisants. Nous devons extirper énergiquement la pensée, la culture, les mœurs et coutumes anciennes de toutes les classes exploiteuses. Nous devons réformer toutes les parties de la superstructure qui ne correspondent pas à la base économique du socialisme. Nous devons purger la terre de toute la vermine et balayer tous les obstacles ! » (communisme-bolchevisme.net, page 26)

Résultat : confiscations de logements, destruction du patrimoine culturel et des édifices religieux, exécutions en masse et déportation dans des camps de travail des « contre-révolutionnaires », rééducation des « intellectuels » (pas au sens français contemporain mais au sens de toute personne qui travaille dans un domaine intellectuel – cela inclut donc les instituteurs ou les petits employés un peu éduqués) par le travail manuel. Bien que la Révolution culturelle soit la période la moins meurtrière de la Chine maoïste, elle se solda tout de même en deux ans (1966-1968) par un bilan de un million de morts.

« A côté des horreurs quasi astronomiques de la réforme agraire et du Grand Bond en avant, les quelques un million de morts (…) pourraient presque sembler modestes. Si, plus que tout autre épisode de l’histoire contemporaine de la Chine, elle frappa le monde entier et reste dans les mémoires, ce fut par le radicalisme extrême de son discours et de quelques-uns de ses actes » (Livre noir du communisme) Nous allons le voir.

« La lutte que nous menons contre eux ne peut donc être, elle aussi, qu’une lutte à mort, nos rapports avec eux ne sont en aucune façon des rapports d’égalité, c’est l’oppression d’une classe par une autre, c’est-à-dire la dictature du prolétariat sur la bourgeoisie ; dans ces rapports, il ne saurait y avoir place pour autre chose, ni égalité, ni coexistence pacifique entre classes exploitées et classes exploiteuses, ni rien de ce qui se nomme humanité, justice ou vertu. » (circulaire du parti communiste chinois, 16 mai 1966)

Cette lutte à mort  « sans humanité, justice ou vertu » va justifier des campagnes de cannibalisme de masse dans les provinces chinoises.

L’écrivain Zheng Yi va raconter dans son ouvrage « Stèles rouges : du totalitarisme au cannibalisme » (éd. Bleu de Chine 1999) l’enquête qu’il a menée à ce sujet dans la province de Guangzi. Il recensera environ 10.000 cas sur cette seule région.

Morceaux choisis (si l’on peut dire…)

Cannibalisme et communisme dans la Chine des années 60Après avoir obligé leur professeur à une séance de pidou (autocritique) musclée et l’avoir battu à mort : « Quelques élèves les escortaient fusils en main, le gros de la troupe suivait au loin… …Fu Bingkun (élève de deuxième année du second cycle) jeta un couteau de cuisine à côté du corps en disant : “Espions, coupez dans la chair ! Mangeons-en cette nuit ! …N’abîmez pas l’intestin en découpant ! Si vous le faites, je vous précipite avec dans le fleuve ! Je veux seulement le cœur et le foie.” Nous, les quatre membres de la “clique noire”, nous nous agenouillâmes sur le sol et quelqu’un me fourra d’abord le couteau dans la main. Je tenais le couteau. Ma main n’arrêtait pas de trembler. Il n’y avait rien à faire : je n’arrivais pas à passera l’action ; je ne pouvais pas commencer à trancher. Tout en m’insultant, les élèves donnèrent le couteau à Tan Chineng. A la lumière d’une lampe de poche, celui-ci se mit à l’œuvre, serrant les dents. (S’il ne s’était pas exécuté, les élèves nous auraient sans doute vraiment liquidés, nous aussi ! Ils avaient l’air prêts à en découdre). Après le cœur et le foie, ce fut au tour de la chair des cuisses d’être découpée. Certains en remplissaient des sacs en plastique, d’autres repartaient, des morceaux de viande dégoulinante de sang accrochés aux longs canons de leurs fusils. Par la suite, l’enquête établit qu’ils avaient procédé à la cuisson en trois lieux différents :

– dans la grande cuisine, on avait crié à Zhang Gongyou (une femme) d’ouvrir la porte. Une fois cuite, soixante-dix à quatre-vingt élèves mangèrent de la viande humaine ;

– dans le dortoir du responsable adjoint du comité révolutionnaire, Huang Yuanlou, où l’on utilisa des marmites pour la cuisson. Lui-même n’y goûta pas, mais quatre élèves en mangèrent ;

– sous l’auvent de la galerie, devant les salles des classes 31 et 32.

La chair une fois complètement enlevée, le squelette de Wu Shufang fut alors jeté dans le fleuve… Au moment du “règlement des problèmes laissés par la Révolution culturelle”, le responsable adjoint du comité révolutionnaire à l’école secondaire de Wuxuan fut exclu du Parti pour cannibalisme, mais il affirma encore avec assurance : “Cette chair humaine, c’était de la chair de propriétaire foncier ! C’était de la chair d’espion qu’on a mangée !”

Au fil de l’ouvrage, Zheng Yi recense un grand nombre de témoignages, tous plus atroces les uns que les autres.

Si le responsable du Parti cité précédemment fut exclu du PCC, ce fut non pas en raison de ses actes de cannibalisme (l’enquête montre que ces crimes étaient tolérés à l’époque) mais parce que à partir de 1968, les différentes factions des gardes rouges opérèrent entre elles des règlements de compte.

Zheng Yi

Zheng Yi, pseudonyme de Zheng Guangzhao, est un écrivain chinois né en 1947

Au moment où le livre fut publié en Chine en 1986 (son auteur dut s’exiler suite à son implication dans le mouvement de 1989), beaucoup de responsables de l’époque étaient encore en poste. Zheng Yi parle de véritables « campagnes » de cannibalisme dans la ville de Wuxuan. Les gens sont découpés alors qu’ils sont encore vivants. On assiste à des « repas communautaires cannibales » : « Le 10 juillet 1968, dans la région de Sanli, devant l’entrée du canton de Shangjiang, se tint une grande séance de pidou, au cours de laquelle furent tués à coups de bâton Liao Tianlong, Liao Jinfu, Zhong Zhenquan et Zhong Shaoting. La chair des quatre corps fut découpée puis transportée jusqu’aux cuisines de la brigade, où on la fît cuire dans deux grandes marmites. Vingt à trente personnes en mangèrent. Au vu et au su de tous, on avait donc osé faire cuire de la chair humaine aux sièges même des gouvernements de niveau cantonal et régional, puis organiser sur place un repas communautaire ».

Sans détailler plus avant le catalogue des horreurs (les lecteurs intéressés peuvent se rapporter soit à l’ouvrage, soit aux larges extraits disponibles sur internet), l’auteur s’interroge sur la barbarie  intrinsèque du totalitarisme communisme. « En principe, après avoir commis un crime, on est en proie au remord. Comment se fait-il que de la terre de Wuxuan seule la haine pousse ? Pourquoi cette haine implacable ? Pourquoi une haine si profonde qu’elle ne s’éteigne même pas après avoir mis à mort et dévoré des hommes ? »

A méditer à l’heure où l’extrême gauche française d’Alain Badiou à Jean-Luc Mélenchon, n’a toujours pas fait son autocritique sur les crimes abjects du maoïsme…

Spoutnik, pour Novopress