Tag Archives: château de Versailles

Un exceptionnel fonds d’archives sur l’architecture du château de Versailles enfin numérisé !

14/12/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Lancé en 2013, le projet Verspera pour la numérisation et la modélisation des plans de Versailles sous l’Ancien Régime vient d’aboutir à la mise en ligne d’une nouvelle banque d’images qui documente l’architecture française des XVIIe et XVIIIe siècles.

Numériser pour mieux conserver, tel est le nouvel adage des responsables de fonds de documents graphiques. Archives de guerre, fonds photographiques, collections de dessins ou d’estampes…, l’extrême fragilité de ce type de corpus rend leur exposition plus que délicate et leur mise à disposition du public quasiment impossible. Heureusement les technologies numériques permettent à présent d’exploiter tout le potentiel scientifique et artistique de ces documents sans porter atteinte à leur conservation.

Du 22 décembre au 31 mars, le site de Paris des Archives nationales proposera au public de découvrir le projet Verspera au travers un film retraçant la genèse de la campagne de numérisation mais également via la présentation de la reconstitution de la petite Galerie Mignard, aujourd’hui disparu.

L’antisémitisme, une œuvre d’art ?

10/10/09/2015 – CULTURE (Présent 8437)

Une fois de plus, un « artiste » a décidé d’exploiter le cadre du château de Versailles pour exposer son œuvre, avec la bénédiction du conservateur et du ministre de la Culture, disposant de ce bien commun historique et artistique comme s’il était le leur.
Livrant son travail aux regards depuis le 9 juin, Anish Kapoor, l’« artiste », n’a pas pour objectif de mettre en valeur l’imposante et magnifique création d’André Le Nôtre, Louis Le Vau, Jules Hardouin-Mansart et Charles Le Brun, mais de la souiller. Ce n’est pas nous qui le disons, c’est lui : il a intitulé son œuvre « Dirty Corner » que l’on peut traduire par « le coin sale, crasseux, malpropre ». C’est là que se situe une immonde sculpture, une sorte de vulve géante et béante délicatement intitulée « le vagin de la reine ».

8437-Une

Évidemment, une telle provocation visant ce joyau architectural, mais plus encore la reine de France a suscité protestations, dégoût et colère. Cette dernière s’est manifestée par des graffitis et dégradations une première fois au début, puis une seconde, il y a quelques jours, laquelle s’est accompagnée d’inscriptions antisémites : « le 2e viol de la nation française par l’activiste juif déviant », « SS sacrifice sanglant ». Manuel Valls a fait part de son « écœurement devant cette alliance de l’infâme et de la réaction », l’infâme étant seulement les textes, le répugnant « vagin de la reine » n’étant pas pour lui une infamie.
Généralement, ce genre d’écrits est promptement effacé. Mais, cette fois, ce ne sera pas le cas, car Anish Kapoor lui-même s’y oppose. Il a déclaré avec emphase : « Désormais, ces mots infamants font partie de mon œuvre, la dépassent, la stigmatisent au nom de nos principes universels. “Dirty Corner” restera donc ainsi. »

Le problème est que son « œuvre » avec slogans antisémites intégrés est présentée aux visiteurs, or, les articles 24, 32 et 33 de la loi du 29 juillet 1881 interdisent et punissent tout propos public de haine, injure, diffamation, incitation à la haine et discrimination. Dieudonné, un artiste aussi, l’a appris à ses dépens. On n’a pas reconnu dans ses sketches une dimension artistique absolutoire qui l’aurait dispensé de poursuites. C’est pourtant ce qui est accordé à l’insulteur de la reine, car ni le Mrap, ni la LICRA n’ont demandé que soient effacés ces textes. À ce sujet, Nicolas Hervieu, juriste au Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux, a déclaré à Libération : « Je vois mal un juge dénier à Kapoor son droit à décider de l’avenir de son œuvre. Il s’agit d’une réappropriation artistique : par sa démarche, l’artiste change la signification et la portée de ces propos. »

Par la grâce de « l’artiste » et de sa parole magique, les injures antisémites deviennent donc anti antisémites. Les visiteurs du château de Versailles devront donc comprendre qu’elles sont, malgré une apparence trompeuse, le fer de lance de la lutte contre l’antisémitisme. Pour leur éviter de tomber dans un abîme de perplexité, nous leur conseillons de s’épargner cette épreuve en allant directement à la Galerie des Glaces.

Guy Rouvrais