Erdogan caricaturé par “Charlie Hebdo”: la Turquie promet une réponse “judiciaire et diplomatique”

Robert Ménard : « Il faut dénoncer avec vigueur les islamistes, aucun accommodement n’est possible »

Robert Ménard a fait afficher des caricatures de Mahomet de Charlie Hebdo dans sa ville de Béziers, en hommage à l’enseignant Samuel Paty, décapité par un islamiste tchétchène, le 17 octobre, à Conflans-Sainte-Honorine.

Il explique les raisons de cette initiative.

Depuis mercredi, les Biterrois peuvent voir dans la ville de Béziers, des affiches de Charlie Hebdo en hommage à Samuel Paty, ce professeur d’histoire Géographie assassiné par un terroriste tchétchène. Pourquoi avoir rendu hommage à Samuel Paty de cette façon ?

Il a été décapité après avoir montré ces caricatures-là dans ses classes. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, ces caricatures de Mahomet sont devenues une sorte d’étendard de la liberté.
Quoi qu’on en pense, le fait de les afficher veut dire « je suis pour la liberté d’expression dans un pays voltairien».
Avoir fait le choix à Béziers de publier ces caricatures de Mahomet et de les mettre dans les rues de la ville est une façon de rendre hommage à ce professeur qui a formidablement fait son métier. C’est aussi une façon de dire « voilà ce qu’un certain nombre de gens ne veulent pas voir ». Le blasphème n’est pas quelque chose qui existe en France. Et on ne veut pas en entendre parler. C’est pour cette raison que l’on a choisi de publier ces caricatures dans les rues de notre ville.

Concomitamment à l’exposition de ces caricatures, la mosquée de Béziers a été menacée des pires représailles par un internaute sur les réseaux sociaux. N’avez-vous pas peur de montrer ces caricatures ?

Je ne crois pas. Je suis persuadé du contraire. Dénoncer les islamistes. Dénoncer l’islam politique c’est prendre la défense des musulmans qui ne veulent pas entendre parler de ces extrémistes, de ces fous de Dieu, de ces intégristes, de ces ayatollahs. Si on veut renforcer les modérés parmi les musulmans, il faut dénoncer avec encore plus de vigueur et encore plus de rigueur les islamistes. Certaines personnes ne le comprennent pas. Croire que l’on peut trouver des espèces d’accommodement plus ou moins raisonnable avec les islamistes, c’est se mettre le doigt dans l’œil et les deux doigts dans les yeux. C’est perdre la bataille engagée. On a besoin de protéger ceux qui parmi les musulmans ont la vraie volonté de devenir des Français à part entière et pas seulement des Français de papier.

Comment avez-vous accueilli la réponse de l’hebdomadaire Charlie Hebdo « c’est dur d’être aimé par Robert Ménard » en rappelant que cela fait des décennies que Charlie Hebdo combat les idées que vous représenteriez ?

Un peu attristé. Je pensais que Charlie Hebdo était capable de défendre les opinions et la liberté de dire des gens ne pensent pas comme eux. Malheureusement, ils sont comme tout le reste de la gauche. Au fond, il y a un sectarisme qui peut être plus fort que n’importe quel principe.
Cela fait des années que je défends la liberté de la presse. Aujourd’hui et hier à la tête de Reporters sans Frontières, je continuerai à le faire. Comme le dit Élisabeth Levy dans un superbe papier ce matin « on est Charlie et Charlie a oublié d’être Charlie ».

Vous les défendrez malgré eux ?

Bien sûr. On aime ce qu’ils représentent même s’ils ne nous aiment pas. Je ne suis pas sûr qu’ils sortent très glorieusement de ce genre de propos.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Attentat islamiste en France – Le jour même de sa condamnation, l’actualité Eric Zemmour

28/09/2020 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Le journaliste politique Eric Zemmour a été condamné le vendredi 25 septembre dernier à 10.000 € d’amende, au remboursement des frais de justice engagés par diverses associations militantes, et à la publication, à ses frais, d’encarts proclamant sa condamnation dans divers médias : une sorte de mea culpa public sous la contrainte.

Qu’est-ce que l’on reproche à Eric Zemmour, cette fois-ci ?

On lui reproche des propos tenus le 28 septembre 2019 à la Convention de la Droite, organisée par le Cercle Audace et les magazines L’Incorrect et Valeurs Actuelles. Voici la phrase incriminée : « Les femmes voilées et les hommes en djellaba sont une propagande, une islamisation de la rue, comme les uniformes d’une armée d’occupation qui rappellent aux vaincus leur soumission. »

L’ironie de cette condamnation, c’est qu’elle a eu lieu en pleine actualité de violence islamique sur le territoire français

Alors que se déroule le procès des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, un autre attentat a été commis vendredi, jour de la condamnation d’Eric Zemmour, devant les anciens bureaux du journal satirique. Quatre personnes ont été blessées, dont deux journalistes de l’agence Premières Lignes, qui produit l’émission Cash Investigation.

Pour Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, « manifestement, c’est un acte de terrorisme islamiste ». Le principal suspect est un Pakistanais entré dans le pays en 2018 en raison de sa prétendue minorité. Alors qu’il est âgé officiellement de 18 ans, les photographies montrent un homme d’une quarantaine d’années.

Le mot de la fin revient à Aurélien Taché, adepte du « en même temps » jusqu’à la contradiction :

Il faut plus que jamais défendre fermement la liberté d’expression. Mais il va également falloir que nous soyons fermes quand les polémistes comme Eric Zemmour et l’extrême droite détournent cette liberté pour appeler à la haine.

Menaces de mort contre Zineb El Rhazoui – Le scandaleux silence des médias et de l’État, par Franck Deletraz

Faudra-t-il attendre tranquillement qu’un djihadiste ou autre fou d’Allah s’en prenne physiquement à Zineb El Rhazoui pour que l’Etat se décide enfin à sévir, et que les grands médias cessent de fermer lamentablement les yeux sur le harcèlement dont cette courageuse journaliste fait l’objet ? Prise pour cible depuis des années par l’« islamophère » et ses complices, qui ne lui pardonnent pas ses déclarations récurrentes contre l’islamisation galopante de notre pays, l’ancienne collaboratrice de Charlie Hebdo a vu redoubler ces dernières semaines les appels au meurtre contre sa personne, au point de devoir lancer un appel au secours déchirant sur Twitter !

« J’ai envie de la décapiter »

Son « crime » ? Avoir osé évoquer le 14 septembre dernier sur LCI la polémique autour d’Imane Boune, et déclaré, à propos de cette étudiante voilée présentée de façon gratifiante par BFM TV, qu’elle était, après « enquête sur [son] environnement idéologique », « une militante islamiste, extrêmement prosélyte et radicale ». Des propos qui auront suffi à enflammer immédiatement la foule considérable des islamistes qui hantent les réseaux sociaux et valent à Zineb El Rhazoui un déferlement incessant de menaces de mort depuis des semaines. Parmi les innombrables « amabilités » citées par la courageuse journaliste, on retiendra celles-ci, particulièrement révélatrices de la barbarie que le gouvernement a laissé s’installer et prospérer en France : « Je vais la brûler cette connasse », « Poussez-la sous un train », « Qu’on lui coupe la tête à cette salope », ou encore « J’ai envie de la décapiter à coups de hache »…

« Nous ne laisserons rien passer. Jamais »

Face à un tel déferlement de haine et d’appels au meurtre, nous aurions été en droit d’attendre du gouvernement et des grands médias qu’ils s’indignent comme ils savent si bien le faire lorsqu’il est question de « propos racistes » ou d’« extrême droite ». Et même, de la part de l’Etat, qu’il interpelle les internautes concernés et les punisse. Or, dans le cas de Zineb El Rhazoui, rien. Silence complet de la grosse presse. Absence totale de réaction du gouvernement ! La seule réponse apportée à ce jour à ce flot incessant de haine est l’annonce de poursuites, faite par Thibault de Montbrial, l’avocat de la journaliste, qui a promis : « Nous allons nous occuper de ces jeunes gens : les plaintes pour menaces de mort envers Zineb El Rhazoui seront déposées contre eux dans les prochains jours. » Avant d’ajouter : « Nous ne laisserons rien passer. Jamais. » Reste quand même, pour la journaliste, ce goût particulièrement amère que ressentent tous ceux (et ils sont nombreux) que la République a honteusement trahis. Ainsi, confiait Zineb El Rhazoui, « alors que je n’ai jamais reçu autant de menaces de mort aussi explicites en si peu de temps, c’est la tristesse et l’écœurement qui l’emportent sur la colère ou même la peur ». Car, ajoutait-elle, « ce qui m’arrive, c’est ce qui, hélas, arrive au pays. Pauvre France ! » Et la journaliste d’avertir alors : « A tous ceux qui me soutiennent, réagissez si vous ne voulez pas que vos messages de soutien se transforment en messages de deuil. Je tiens les dirigeants de ce pays pour responsables de ce qui m’arrive ou m’arrivera. »

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 17 septembre 2020

“Plutôt Charlie ou Kouachi ?” : Plenel, Mélenchon et Ramadan épinglés en une de Charlie Hebdo

La Une du prochain numéro de Charlie Hebdo moque avec malice l’ambiguïté de Jean-Luc Mélenchon, d’Edwy Plenel et de Tariq Ramadan vis-à-vis de l’islamisme radical.

Ce mercredi 16 septembre sort le nouveau numéro du magazine Charlie Hebdo. L’occasion pour le journal satirique d’annoncer la couleur dès aujourd’hui en révélant mardi 15 septembre sa nouvelle une. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les dessinateurs ne déméritent pas contre l’islamisme radical et les figures médiatiques qui encouragent sa propagation, à l’instar du leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, du co-fondateur de Mediapart Edwy Plenel et de la star déchue des plateaux télés prosélytes, Tariq Ramadan. On découvre leurs caricatures alignées, toujours en lien avec l’actualité.

« Plutôt Charlie ou Kouachi ? »

Ce numéro de Charlie Hebdo mettra à l’honneur les survivants de l’attaque du journal satirique par les frères Kouachi. On peut lire sur la couverture « procès des attentats de janvier 2015 : ‘Charlie’ témoigne », ou encore « caricatures de Mahomet : la parole aux musulmans non offensés ». Ce numéro symbolique n’oublie pas d’égratigner les figures médiatiques bienpensantes et blanches qui, à force de vouloir être complaisantes envers les musulmans, ne savent pas filtrer les lubies des islamistes radicalisés dangereux pour la République… et surtout, pour la liberté d’expression, comme l’ont montré les frères Kouachi. Ainsi, le journal satirique dénonce avec intelligente la dangereuse ambiguïté de Mélenchon et Plenel, qui oscille entre liberté d’expression tout en ne voulant pas offenser les musulmans. A la fois mi-Charlie et mi-Kouachi, on les voit se faire tester à la façon PCR du Covid-19 pour déterminer de quel côté de la balance ils penchent. Ils sont accompagnés par un autre patient, Tariq Ramadan : bien qu’il soit tombé en disgrâce, il reste un exemple incontournable d’une ambiguïté qui a su endormir Plenel et Mélenchon, qui l’ont soutenu lors de son âge d’or grâce à son radicalisme religieux enrobé dans un verbiage pseudo-savant attrayant pour l’Occident. Alors, comme le titre Charlie Hebdo en une : « On attend les résultats » !

Article paru dans Valeyrs Actuelles daté du 15 septembre 2020

Attentat de “Charlie Hebdo” : tout ça pour ça

Alors que le procès des attentats islamistes de janvier 2015, ouvert le 2 septembre dernier devant la cour d’assises spéciale de Paris, est entré lundi dans sa deuxième semaine, force est de constater que les journaux de 20 heures des grandes chaînes de télévision se montrent particulièrement discrets quant au déroulement de ses débats. Une discrétion qui s’explique bien sûr d’abord par leur volonté systématique de cacher à nos compatriotes le vrai visage de l’islam et la gravité de la menace islamiste en France. Mais aussi, et peut-être surtout dans le cas présent, par les propos « incorrects » qu’ont pu tenir ces derniers jours certains survivants et témoins de la tuerie de Charlie Hebdo.

« Ceux qui ferment les yeux devant l’islamisme »

C’est ainsi que, parmi tous ceux qui se sont succédé à la barre au cours de la semaine dernière, quelques-uns, refusant de se contenter de faire le récit de l’horrible carnage du 7 janvier 2015, ont profité de leur passage devant la cour pour dénoncer aussi la collusion existant aujourd’hui en France entre l’islamo-terrorisme et « une certaine gauche ». Au nombre de ceux-ci, la dessinatrice Corinne Rey, dite Coco, qui, après avoir raconté comment les frères Kouachi l’avaient contrainte sous la menace des armes à les conduire dans les locaux du journal, où elle avait alors assisté à la tuerie, a déclaré mardi dernier que « les seuls coupables, ce sont les Kouachi et leurs complices, ceux qui les ont aidés et même, dans la société, ceux qui ferment les yeux devant l’islamisme, ceux qui baissent leur froc devant une idéologie ». Une allusion à peine voilée à la fois à cette gauche bien-pensante, toujours prompte à dénoncer la prétendue « islamophobie », mais aussi à cette autre gauche, extrême, qui a choisi de pactiser avec l’islamisme. Un constat fait aussi par le journaliste Fabrice Nicolino, blessé aux jambes et à l’abdomen lors de l’attaque du 7 janvier 2015, qui s’en est pris à « une certaine intelligentsia » qu’il a accusée – à juste titre – d’avoir « préparé le terrain aux attentats ». Dénonçant ainsi « l’aveuglement » et la « pure stupidité » de « ceux qui ont refusé de voir l’évidence » de la progression de l’idéologie islamiste dans notre société, Nicolino a alors ajouté que « les attentats ont poussé sur ce substrat » auquel ont participé ceux qui entretenaient « ce petit bruit que Charlie était un journal raciste ».

« Trahison » et « lâchetés » des gens de gauche

Mais c’est surtout Marie-Catherine Bret, la première gérante de Charlie Hebdo, partie civile dans ce procès, qui devait se montrer la plus précise lors de son intervention, en n’hésitant pas à dénoncer ouvertement la « trahison » et les « lâchetés » de ces « gens de gauche » – dont certains étaient des amis de Charb ! – qui ont participé à la « honteuse marche contre l’islamophobie » en novembre 2019. A commencer, a-t-elle précisé, par « Mélenchon, qui avait pourtant pris la parole à la cérémonie » d’hommage au dessinateur assassiné en 2015. Evoquant par ailleurs les nombreuses difficultés qu’elle a rencontrées lorsqu’elle a voulu monter un spectacle à partir du livre posthume de Charb, Lettre ouverte aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes, Bret a alors raconté comment une université lilloise l’avait déprogrammé, comment, ailleurs, « un adjoint à la culture » s’était opposé à sa diffusion, et comment, à Paris, le syndicat étudiant d’extrême gauche Solidaires avait demandé que la lecture, programmée dans un amphithéâtre, soit annulée… Une collusion d’autant plus scandaleuse, a précisé l’ancienne gérante de Charlie Hebdo, que « les menaces n’ont jamais cessé » et qu’« en permanence, nous recevons des messages qui disent : “Il faut que soit terminé le travail des frères Kouachi”… ». Rappelons d’ailleurs que, à la suite de la réédition la semaine dernière de ses caricatures de Mahomet, l’hebdomadaire satirique a fait l’objet vendredi de nouvelles menaces de la part des islamo-terroristes d’Al-Qaïda. En effet, ont averti ces derniers dans une de leur publication célébrant les attentats du 11 septembre 2001, le raid meurtrier contre Charlie Hebdo « n’était pas un incident ponctuel ». Avant de menacer : « Si votre liberté d’expression ne respecte aucune limite, préparez-vous à vous confronter à la liberté de nos actions ».

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 14 septembre 2020

Charlie Hebdo : une majorité de Français approuve la publication des caricatures

Les dessins ont finalement été republiés par le journal satirique, mardi 1er septembre, alors que s’ouvre, mercredi, le procès des attentats de janvier 2015.

Quatorze ans après la publication initiale, Charlie Hebdo a récidivé, mardi 1er septembre, publiant en ligne, puis en kiosques, mercredi, les caricatures du prophète Mahomet qui ont valu à la rédaction d’être ciblée par les islamistes. Le journal était finalement décimé, le 7 janvier 2015, lorsque les frères Kouachi pénétraient dans ses locaux pour y assassiner onze personnes. Or, selon un sondage Ifop publié par Charlie Hebdo, 59% des sondés jugent que les journaux ont eu raison de publier, en 2006, ces dessins polémiques. Des travaux réalisés alors que s’ouvre, mercredi, le procès des attentats de janvier 2015.

« Provocation inutile » pour une majorité de musulmans

Cette proportion représente 21 points de plus que le résultat d’un autre sondage, celui-ci réalisé en 2006 pour La Croix. François Kraus, directeur du pôle politique de l’Ifop, rappelle que « nombre de voix s’étaient élevées – y compris au plus haut niveau de l’État comme Dominique de Villepin – pour critiquer le choix éditorial de Charlie Hebdo ». Or, depuis, « l’impact des attentats a sans doute contribué à faire évoluer l’opinion sur le sujet », juge le spécialiste.

Dans le même temps, 29% des personnes interrogées se disent aujourd’hui indignées que les journaux aient, à l’époque, publié ces caricatures. En 2006, 36% des sondés se disaient indignés. L’enquête de l’Ifop se penche aussi sur l’opinion des Français musulmans : 69% jugent que la publication des dessins polémiques, en 2006, était « une provocation inutile ». Les deux tiers des Français de confession musulmane trouvent par ailleurs justifié un procès pour blasphème.

Article paru sur le site de Valeurs Actuelles

Ils commémorent ceux qu’ils assassinent quotidiennement, par Etienne Defay

Cinq ans. Un quinquennat s’est passé depuis l’assassinat de Charb, Cabu, Honoré, Tignous, Wolinski, Maris, Cayat, Ourrad, Brinsolaro, Renaud, Boissot et Merabet.

L’équipe de Charlie Hebdo a payé au prix fort son esprit et sa liberté. Lorsque le réel a frappé à sa porte, grimé sous les traits des frères Kouachi, Charlie Hebdo était en pleine conférence de rédaction. Des journalistes et des invités assis autour d’une table à discuter des horreurs qu’ils pourraient publier. Pour évoquer les difficultés financières aussi d’un hebdo moribond dont l’humour héritier de mai 68 ne se vendait plus. Les raisons de cette perte de vitesse sont évidemment multiples : ils ne faisaient plus rire grand monde ? Certainement. La trouille avait paralysé notre société ? Sûrement.

A vrai dire, une partie des lecteurs de Présent et certains d’entre nous n’ont pas spécialement pleuré la mort de ceux qui représentaient la Trinité dans des positions tellement ordurières et blasphématoires que les décrire salirait les doigts. Combien de Unes nous ont choqués ? Combien de procès aurions-nous intentés ? Combien de malédictions leur avons-nous secrètement envoyées ? Beaucoup. Mais ceux qui ont fait irruption dans leurs locaux avaient une autre idée en tête. Tuer. Massacrer. Au nom d’Allah. Le massacre de Charlie Hebdo, préambule de celui qui frappera les rues de Paris dix mois plus tard faisait basculer la France dans l’état d’urgence. « Notre modèle est en danger. Vive la liberté d’expression » clamaient-ils à corps et à cri. « Je suis Charlie » criaient-ils. « Il faut que vive l’esprit Charlie » assuraient les autres.

L’esprit Charlie. Qu’est-ce donc ? La liberté d’opinion et d’expression. Le droit de choquer, d’interpeller, d’échanger. Le droit d’être potache. Vulgaire. Imbécile. Méchant.

Hélas, cinq ans après, la liberté d’expression agonise et sa mise au cercueil est l’œuvre des fossoyeurs qui nous gouvernent. Loi anti-fake news, loi Avia, militants Sleeping Giants… La presse d’information alternative est mise à genoux par ceux-là mêmes qui manifestaient un crayon à la main en 2015 et rappelaient leur attachement à ce pourquoi Cabu et les siens sont morts. Vive Charlie crient-ils en faisant fermer un site web. Vive Charlie crient-ils en harcelant les annonceurs de Boulevard Voltaire et Valeurs actuelles. Vive Charlie crient-ils en supprimant les subventions de Présent. Vive Charlie crient-ils en poussant des cris d’orfraie contre telle Une de Charlie Hebdo.

Vive Charlie crient-ils en l’assassinant un peu plus chaque jour. Vive Charlie crient-ils en prolongeant la lutte des frères Kouachi.

A vrai dire, Riss, nouveau patron de l’hebdo car survivant du massacre, ne s’y trompe pas. Il voit et ressent le double discours de ceux qui ont marché avec lui et dont le soutien vaut moins que la fiente de pigeon qui s’est écrasée sur l’épaule de Hollande lorsqu’il est venu les saluer comme une ultime diarrhée de Charb. Il ne s’y est pas trompé dans l’édito de cette semaine : « La gauche anglo-saxonne a inventé le politiquement correct pour faire oublier son renoncement à lutter contre les injustices sociales. La lutte des classes, trop marxiste à ses yeux, a été remplacée par la lutte des genres, des races, des minorités, des sous-minorités et des micro-minorités (…) La gauche qui se croit progressiste est alors devenue obsédée par les races, les couleurs de peau, les cheveux lisses ou crépus. Qui l’eût cru ? » En effet qui l’eût cru Riss ?

Etienne Defay

Article paru dans Présent daté du 8 janvier 2020

Cinq ans après Charlie Hebdo, quelle évolution de la menace terroriste ?

08/01/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Anthony Bem, avocat, et Béatrice Brugère, membre du syndicat FO Magistrat et ancienne juge antiterroriste, échangent au sujet de la menace terroriste en France, cinq ans après l’attentat contre Charlie Hebdo.


Depuis Charlie Hebdo, cinq ans de reculades, par Ivan Rioufol

Manif Charlie

Les Cassandre ont changé de camp. A la veille de 1914, les sonneurs de tocsin mettaient en garde avec raison contre la montée du bellicisme et les “phraseurs de guerre” dénoncés par Stefan Zweig (1). Aujourd’hui, ils alertent en vain contre la généralisation de la complaisance et de la lâcheté face à la montée du totalitarisme islamiste et de ses méthodes terroristes. Cinq ans après la tuerie à Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, il faut bien constater que la culture djihadiste a fait des émules en France et ailleurs. Le sursaut d’indignation du peuple français, rassemblé à Paris pour une manifestation monstre le 11 janvier 2015, n’a pas suffi à réveiller l’esprit de résistance des dirigeants et des médias face à l’islamo-fascisme et à ses collaborateurs. Le 10 novembre 2019, la gauche perdue a manifesté avec des musulmans fanatiques qui ont incité la foule à hurler “Allah Akbar !” à quelques encablures de Charlie Hebdo et du Bataclan, ces scènes affreuses de la barbarie importée. Or cette infecte trahison n’a guère suscitée de remous chez ceux qui font habituellement profession de distribuer des bons points et de dire la morale. Aujourd’hui, le premier réflexe des autorités confrontées à un islamiste qui tue au nom du Coran, est de le présenter comme un “déséquilibré”, potentiellement irresponsable de ses actes.

Samedi, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Paris et à Marseille pour protester contre la décision de la cour d’appel de Paris qui a déclaré pénalement irresponsable l’assassin de Sarah Halimi, Kobili Traoré, au prétexte que le tueur avait consommé du cannabis. Traoré avait défenestré la victime en lui reprochant d’être juive et en proférant des “Allah Akbar !”.

L’”esprit Charlie”, cet élan contre un obscurantisme, n’a pas survécu au massacre d’une rédaction qui avait été désignée comme islamophobe par les censeurs et leurs sicaires. “C’est la publication des caricatures de Mahomet en 2006 qui fut à l’origine de cet attentat”, rappelle Riss, un des rares survivants de la tragédie (2). Le soir même de l’attentat, une capitulation des esprits m’était déjà apparue à l’occasion d’un débat sur RTL dans l’émission On refait le monde. J’y avais repris un argument de mon blog du jour (lire ici) invitant les musulmans à se désolidariser de ceux qui tuent en leur nom. Or l’activiste Rokhaya Diallo, soutenue par les autres intervenants, avait voulu voir dans mon propos une stigmatisation des musulmans et s’était même mise à pleurer. A ce moment de tension, je n’avais pas eu la présence d’esprit de lui rappeler un texte glacial du 5 novembre 2011 que la militante avait cosigné avec Houria Bouteldja, égérie anti-Souchiens, après l’incendie criminel des locaux de Charlie. “Il n’y a pas lieu de d’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo (…)”, soutenaient notamment les jeunes femmes.

Elles accusaient la rédaction, qui allait être décimée quatre ans plus tard, de participer à une “vision raciste du monde”. Depuis, cette dialectique victimaire des islamistes, qui se comparent aux juifs persécutés sous Vichy tout en laissant voir leur judéophobie, a pris le pas sur la mesure du danger islamiste. Quand Donald Trump décide d’éliminer, vendredi en Irak, le terroriste iranien Qassem Soleimani, les capitulards s’empressent d’accabler le président américain et de se lamenter sur les mauvaises manières faites aux tyrans iraniens. A Troie, c’est Cassandre qui avait raison.

(1) Le monde d’hier, souvenirs d’un Européen, Livre de poche
(2) Une minute quarnate-neuf secondes, Actes Sud

Ivan Rioufol

Texte daté du 6 janvier 2020 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Charlie Hebdo. Cinq ans après les attentats de janvier 2015, un procès très attendu

07/01/2020 – FRANCE (NOVOpress)
«Charlie», «Montrouge», «l’Hyper Casher». Il y a cinq ans, ces attaques perpétrées en trois jours marquaient le point de non-retour, le début d’une longue série noire marquée au fer rouge par la mouvance djihadiste en France.

Le 7 janvier 2015, à 11h33, les frères Kouachi font irruption dans les locaux de Charlie Hebdo. Ils abattent douze personnes, en blessent quatre autres. Parmi les victimes, de grandes figures de la presse libre et irrévérencieuse comme Cabu et Charb. Les fères Kouachi seront à leur tour abattus deux jours plus tard.

Le 8 janvier, c’est Amedy Coulibaly qui entame sa funeste odyssée. Les trois hommes se sont concertés. Il tue une policière à Montrouge. Le lendemain, il attaque l’épicerie juive et tue quatre otages avant d’être abattu par la police.

Lui se réclame de l’Etat islamique, les frères Kouachi d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique.

Si ces attentats ont unis comme jamais les Français dans un même rejet de la censure par la peur, leurs commanditaires ne seront sans doute jamais traduits en justice. Le procès qui s’ouvrira en mai prochain sera celui des seconds couteaux ; quatorze complices présumés dont trois restés introuvables.


Les terroristes islamistes, des loups solitaires ? « Abattez le troupeau ! » clame Riss

Charlie Hebdo Riss islamistes

04/10/2017 – FRANCE (NOVOpress) : A la une de Charlie Hebdo, ce matin, un dessin de Riss, son directeur, rescapé du massacre commis par les frères Kouachi le 7 janvier 2015 au cours duquel il a été blessé. En 2012, lorsque Mohamed Merah avait accompli son équipée meurtrière (sept morts dont quatre enfants juifs), on avait parlé d’un « loup solitaire » et cette thèse court toujours puisque, au procès Merah qui se tient actuellement (celui de son frère Abdelkader), un policier, qui était à l’époque sous-directeur de  la lutte antiterroriste, a déclaré à la barre : « Mohamed Merah a choisi ses cibles seul, défini son mode opératoire seul, il a agi en loup solitaire, je m’en tiens aux faits. » Ce qui a suscité le courroux des avocats des parties civiles :

« Mais vous vous rendez compte qu’avec ce que vous nous dites, on va vers l’acquittement probable des deux accusés ?

et celui de l’avocat général :

« Je suis choquée, monsieur le directeur, vous nous avez dit énormément de choses, mais il y a un fait que vous avez juste oublié, c’est Al Qaïda ! Mohamed Merah, c’est pas un loup solitaire, c’est Al Qaïda, il l’a lui-même revendiqué ! »

En effet, le terroriste islamiste agissait pour Al Qaida comme aujourd’hui ses successeurs agissent pour l’Etat islamique. Le dessin de Riss vient à point nommé pour le rappeler. Et indiquer le mode d’emploi.

Charlie Hebdo Riss islamistes

Une apologie de meurtriers pour vendre des voitures : Nissan l’a fait !

Nissan Bonnie and Clyde

Prospective : nous sommes dans les années 2080, une publicité vante les mérites d’une nouvelle voiture. Dans la scène finale, Chérif et Saïd Kouachi se congratulent d’avoir une nouvelle fois échappé aux forces de l’ordre après leurs exploits chez Charlie Hebdo. Comme c’est sympa de rouler libres comme l’air après avoir massacré des humoristes et des policiers…

Non, on ne cauchemarde pas. Cette publicité existe. C’est celle vantant la nouvelle Nissan Micra.

Bonnie et Clyde, célèbres criminels des années 1930 aux USA, à l’origine d’une vingtaine de meurtres, y sont présentés comme des jeunes gens, beaux, insouciants, vivant leurs désirs sans limite grâce à cette Nissan.

Comme le commente un publiphile: « C‘est sur cette image que surfe Nissan avec cette publicité qui donne des envies d’évasion sur fond de folie douce […]. » La ligne de base de cette pub est : « Nouvelle Nissan Micra complice de toutes vos audaces ». N’y a-t-il pas apologie de crimes ? Les juristes de Nissan ont dû répondre.

Bravo alors à l’agence TBWA G1, à Control Films, à Joachim Back, à Newton Thomas Sigel, à Theo Gosselin et à tous ceux dont on n’a pas trouvé mention. Vous êtes vraiment en phase avec votre temps !

A quand une pub avec Marc Dutroux pour vendre des jouets, avec Landru, des poêles, avec Mohamed Lahouaiej, des camions, etc. ?

On a plein d’idées. Que les publicitaires en panne n’hésitent pas à nous solliciter !

Frédéric Villaret

Texte repris du site de la fondation Polémia
(
titre initial : « Des meurtriers pour vendre des Nissan ! »)


Attentats de Londres et de Paris : comment les médias vous ont menti

Attentat Londres Terroriste

09/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Attentats islamistes à Londres, attentats islamistes à Paris : à chaque fois, c’est la même manipulation par l’image, la même manipulation par la novlangue. A chaque fois, les médias mentent pour taire le caractère islamique des attentats. Les journaux ont trouvé le responsable : un camion tueur. La chaîne américaine CNN est, quant à elle, responsable d’une manipulation par l’image. Elle a filmé, en plans serrés, une manifestation d’une dizaine de musulmans venue rendre hommage aux victimes de l’attentat. Une véritable mise en scène qui laisse penser à une foule dense et compacte. C’est ce que démontre Jean-Yves Le Gallou dans cette nouvelle édition de décryptage des médias, I-Média, sur TV Libertés.

Egalement au sommaire de cette 155e émission d’I-Média :

Le Zapping d’I-Média
Propagande homosexualiste imposée dans la ville de Madrid. A l’occasion de la « Marche mondiale des fiertés », la mairie a installé 72 feux piétons gays et lesbiens. Au lieu de représenter un bonhomme asexué, les feux s’affichent avec des couples homosexuels décrits par la presse comme « amoureux ».

Antisémitisme musulman : Arte censure un documentaire
Arte innove et franchit non pas le Rhin mais le Rubicon. La chaine franco-allemande a censuré un documentaire au motif que le reportage mettait en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane.

Les tweets de la semaine
Un bobard de plus pour RFI ! Pour illustrer un article sur des migrants syriens bloqués à la frontière marocaine, le journal utilise une photo montrant des migrants… africains.
L’hebdomadaire L’Express fait son coming-out et affiche son amour inconditionnel pour le nouveau président. La couverture du 7 juin est girly, du love paillette prépubère. Macron est consacré comme « sauveur de la planète ». On nage en pleine macronmania.

Portrait Piquant : Anne-Sophie Lapix, qui s’y frotte s’y pix.
C’est au tour de l’animatrice Anne-Sophie Lapix d’être visée par cette chronique de Nicolas Faure : comment la future présentatrice du 20 heures de France 2 – c’est elle qui succédera à David Pujadas après l’été – est devenue l’icône de la gauche bobo.

Alerte aux « revenants », ces djihadistes qui sont de retour en France !

Les Revenants djihadistes

Les Revenants djihadistes28/10/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Ils étaient partis faire le jihad, ils sont de retour en France ! Tel est le sujet du livre-événement de David Thomson qui paraît le 1er décembre aux éditions du Seuil, en collaboration avec le site Les Jours, et est intitulé Les Revenants. « Depuis 2012, des centaines de Français sont partis rejoindre des groupes jihadistes. Plus de 500 sont toujours sur place, près de 150 ont déjà été tués, mais 250 ont choisi de rentrer » et, comme l’écrit l’éditeur, tous ont des profils différents :

« Certains sont revenus dégoûtés de la violence du champ de bataille syrien, voire des attentats qui ont endeuillé la France, et cherchent à se faire oublier, dans une liberté très surveillée. D’autres reviennent gravement blessés ou psychologiquement détruits. D’autres encore sont en prison, où leur regroupement pose de nouveaux problèmes qui semblent aujourd’hui insolubles. Certains, enfin, sont de retour pour continuer le jihad sur notre sol. »

Journaliste à Radio France Internationale (RFI). David Thomson a couvert « les révolutions arabes » et leurs transitions politiques en tant que correspondant régional en Tunisie et en Libye de 2011 à 2013. Depuis 2011, il s’est spécialisé sur les mouvements jihadistes en Tunisie et en France. « Il a publié Les Français jihadistes aux éditions Les Arènes en mars 2014, ouvrage basé sur des entretiens directs avec les jihadistes eux-mêmes, qui retrace le parcours d’une vingtaine de jeunes Français ayant décidé de partir combattre ou de s’installer en Syrie. Pour cette enquête, Les Revenants, il décide de raconter le retour au pays de Français partis faire le jihad. »

Thé de la fraternité par les musulmans de France

11/01/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Ce week-end, c’était, l’opération « thé de la fraternité » dans certaines mosquées de France. Suite aux attentats de Paris, les musulmans de France ont voulu ouvrir leurs portes pour « apaiser les tensions » et montrer leur volonté de dialoguer. En particulier, la salle de prière d’Ajaccio qui avait subi la colère des Ajacciens suite à des agressions commises sur des pompiers a reçu quelques personnes pour discuter autour d’un thé et de petits gâteaux marocains. Bernard Cazeneuve, lui, s’est rendu à la mosquée de Saint-Ouen-l’Aumône pour participer à cette initiative. Le président socialiste, quant à lui, est allé prendre le thé à la grande mosquée de Paris.


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La guerre civile ethnique est-elle évitable ? Probablement pas – par Guillaume Faye

La guerre civile est à nos portes. Et si Guillaume Faye avait raison ?

09/01/2016 – FRANCE (NOVOpress avec Guillaume Faye)

La guerre civile ethnique, comme un serpenteau de vipère qui brise la coquille de son œuf, n’en est qu’à ses très modestes débuts. « Nous sommes en guerre » aiment à rabâcher certains politiciens et journalistes. Ils entendent par là, après les attentats de janvier et de novembre : en guerre contre Daesh et contre une poignée d’islamistes fanatiques. Non, c’est bien plus grave ; il s’agit, sur le territoire français, d’un affrontement ethnique qui commence entre populations extra-européennes sous la bannière de l’islam et la nation française. (1) Les « attentats » et tentatives déjouées ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La responsabilité de cette guerre civile ethnique dont les flammèches sont allumées incombera à une classe politique et intello-médiatique et à un appareil d’État qui, de manière criminelle, ont laissé depuis quarante ans se déverser une immigration invasive de peuplement inassimilable. Qui sème le vent récolte la tempête.

Événements d’Ajaccio : laboratoire du futur

Événement très symbolique et défi provocateur : quelques jours après la victoire aux élections régionales des nationalistes et indépendantistes en Corse, de jeunes Maghrébins passent pour la première fois à l’action violente. Ils allument des incendies dans une « cité » aux portes d’Ajaccio et y attirent les pompiers dans un guet-apens, les agressent et en blessent gravement plusieurs. Ils les traitent de « sales Corses ! » (Les médias nationaux ont censuré ce dernier point). Le lendemain, des centaines de manifestants corses investissent la cité, criant des slogans comme « Arabi, fora ! » (Arabes, dehors), dévastent un restaurant hallal et commencent à saccager une salle de prière musulmane dont ils brûlent plusieurs Corans, en guise de représailles. Jusqu’à présent, les « autochtones » faisaient le dos rond, se calfeutraient chez eux ou déménageaient. Ce scénario action/réaction, agression/représailles, critère sociologique d’un déclencheur de guerre civile, est le premier du genre en France et il fera date.

Tout d’abord, c’est la première fois que les « jeunes » des cités de Corse tendent un guet-apens aux pompiers – symboles, comme la police, des autorités françaises détestées – pratique pourtant courante sur le continent où 1 600 pompiers (!) ont été agressés en 2015. C’est aussi la première fois en France qu’on assiste à des représailles des populations de souche exaspérées, tant par le comportement des jeunes musulmans que par le laxisme d’un État qui ne les protège pas.

Et c’est là le marqueur de toute guerre civile : quand une partie de la population, se sentant abandonnée par l’État, s’y substitue, récuse son monopole de la force publique, se fait justice elle-même et assure sa défense, le désordre de la bellum civile est initialisé. En sociologie politique, le signal très concret du passage de l’émeute classique à la guerre civile est le fait que l’affrontement n’a plus lieu entre une population émeutière A et les forces de l’ordre, mais entre une population A et une population B, « par-dessus » les forces de l’ordre. L’État est désapproprié de sa fonction de pacification.

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