Julien Sanchez, maire de Beaucaire, et les staliniens (Présent n° 8128)

Julien Sanchez, maire de Beaucaire, et les staliniens (Présent n° 8128)

Julien Sanchez, maire de Beaucaire, et les staliniens (Présent n° 8128)« Et ce sont eux qui sont chargés d’éduquer nos enfants » !

Ils ne serrent pas la main des « fachos ». Ils ne s’assoient pas à côté des « nazis ». Voilà à peu près le niveau de « débat » qu’ont opposé les profs cégétistes (à majorité féminine) du lycée professionnel Paul-Langevin de Beaucaire (Gard) au maire (FN) et à ses adjoints lors du conseil d’administration du lycée, le premier depuis l’élection de Julien Sanchez (photo). Il a répondu à Présent.

« Lorsque nous sommes entrés », déclare Julien Sanchez, « les enseignants ont immédiatement fixé leurs chaussures pour ne pas croiser notre regard ». Ambiance.

Puis ils ont refusé de serrer la main que leur tendait Stéphane Vidal, adjoint au maire, celle du maire et conseiller régional Julien Sanchez, et celle de Chantal Sarrailh, adjointe au maire.

« Et ce sont eux qui sont chargés d’éduquer nos enfants, en leur apprenant notamment à dire bonjour…» commente ironiquement Julien Sanchez.

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[Mémoire ouvrière] La CGT et la crise syndicale de 1909/1914

[Mémoire ouvrière] La CGT et la crise syndicale de 1909/1914

09/06/2014 -PARIS (NOVOpress)
C’est à partir de 1909 que la CGT, et le syndicalisme dans son ensemble, va connaître une grave crise d’incertitude et de transformation. Les échecs répétés des deux grandes grèves générales de 1906 et 1908 signent la fin du romantisme révolutionnaire et des tenants de « l’action directe ». Après Guérard et Pelloutier, les anarcho-syndicalistes Victor Griffuelhes et Emile Pouget se révèlent tragiquement incapables de faire coïncider la grève générale (devant conduire à la révolution) et l’action syndicale quotidienne. La grève de Draveil-Vigneux en mai/août 1908 subit une répression brutale qui conduit à la mort de 6 militants et fait plusieurs centaines de blessés. Les principaux dirigeants de la CGT sont arrêtés.

Le secrétaire général Griffuelhes, objet d’attaques violentes, démissionne le 2 février 1909. Nommé en mars, Louis Niel lui succède mais pour peu de temps. Son attitude lors de la grève des postiers en mars/mai 1909 lui coûte sa place. Les syndicalistes révolutionnaires lui préfèrent Léon Jouhaux qui est intronisé le 2 juillet 1909 sur proposition de Griffuelhes.

A cette époque, Jouhaux apparaît encore comme le représentant de la tendance syndicaliste libertaire, « hostile à tout compromis avec l’Etat et le patronat ». Mais la CGT reste tiraillée entre syndicalistes révolutionnaires – partisans de l’autonomie ouvrière – et réformistes.

De leur côté, Alphonse Merrheim, secrétaire de la fédération des métaux, et Pierre Monatte, du syndicat des correcteurs, reprennent à leur compte les idées de Pelloutier (décédé en 1901) et axent leurs efforts sur la culture personnelle et la formation des syndicalistes. « Tous, nous croyons qu’un mouvement est d’autant plus puissant qu’il compte davantage de militants informés, connaissant bien leur milieu et les conditions de leur industrie, au courant des mouvements révolutionnaires étrangers, sachant quelles formes revêt et de quelles forces dispose l’organisation patronale », peut-on lire dans La Vie ouvrière.

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Procès du comité d’entreprise d’EDF-GDF : entre emplois fictifs et financement du Parti communiste

Procès du comité d’entreprise d'EDF-GDF : entre emplois fictifs et financement du Parti communiste

07/06/2014 -PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)
Alors qu’une procédure a été lancée, il y a 10 ans maintenant, ce n’est que cette semaine que s’est ouvert le procès autour du détournement de fonds du comité d’entreprise d’EDF.

Avec un budget annuel de 400 millions d’euros, le comité d’entreprise de la société semi-publique EDF, dénommé « Caisse centrale des activités sociales » (CCAS), est l’un des plus importants de France. La Cour des comptes avait alerté sur les pratiques dispendieuses de l’organisme. Les fonds de la structure auraient été utilisés pour financer des prestations de service au profit du Parti communiste français, ainsi que des emplois fictifs mis à disposition de la CGT et du même PCF. On relèvera notamment le financement de la traditionnelle fête de l’Huma entre 1997 et 2005 pour un coût avoisinant 1,2 million d’euros.

Qui trouve-t-on parmi les prévenus ?

Seize entités sont impliquées dans cette affaire, notamment la CGT, la société du journal L’Humanité, et la sénatrice communiste Brigitte Gonthier-Maurin. Cette dernière est soupçonnée d’avoir bénéficié d’un emploi à la CCAS alors qu’elle exerçait son activité au Parti communiste. Ce qu’elle nie, reconnaissant cependant « ne pas avoir beaucoup mis les pieds à la CCAS car j’étais sur le terrain, au parlement, à l’Unesco, dans des colloques, le but étant d’avoir toujours un coup d’avance ».

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[Mémoire ouvrière] La motion Griffuelhes, dite Charte d’Amiens – Par Pierre Taburet

[Mémoire ouvrière] La motion Griffuelhes, dite Charte d'Amiens - Par Pierre Taburet

26/05/2014 – PARIS (NOVOpress)
Novopress consacre une série de publications à la mémoire ouvrière et aux luttes sociales comme éléments structurants de notre identité. Voir les précédents articles ici et ici.


Si la création de la CGT en 1895 obéit à un besoin d’unité et de regroupement, sa véritable orientation ne va clairement être définie qu’en octobre 1906 lors de l’adoption de la motion présentée lors du 15e congrès national corporatif  réuni à Amiens. Notons que le terme « charte » n’apparaîtra véritablement qu’après la première guerre mondiale, les congressistes lui préférant celui de motion ou d’ordre du jour. C’est Hubert Lagardelle qui le premier parlera en 1912 de charte constitutive du syndicalisme.

Au matin du 8 octobre 1906, plus de 300 délégués se trouvent réunis dans le préau de la salle des écoles  de Noyon, ornée pour l’occasion de seulement quelques drapeaux rouges (en Une image de la plaque apposée à l’entrée de l’école). Dès les premiers jours de débats, les discussions sont vives « et les passions ardentes qui animent les congressistes et dont chacun guette, pour ainsi dire, l’explosion, à chaque détour de la discussion, éclatent alors ». « Première escarmouche dont il ne faut pas trop s’émouvoir ! » écrit  non sans humour l’Humanité dans son édition du 9 octobre.

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[Mémoire ouvrière] Les débuts de la CGT 1895/1908 – par Pierre Taburet

[Mémoire ouvrière] Les débuts de la CGT 1895/1908 - par Pierre Taburet

20/05/2014 – PARIS (NOVOpress)
L’écrasement de la Commune de Paris à la fin mai 1871 puis la répression engagée par le gouvernement Thiers aurait pu sonné la fin du mouvement ouvrier à peine naissant. Durant la Semaine sanglante, les soldats de Versailles fusillent sans jugement des centaines de communeux, parmi lesquels Eugène Varlin et Paul-Emile Duval. Vingt-six conseils de guerre fonctionnent à plein régime et prononcent condamnations à mort, condamnations aux travaux forcés et déportations. Un ouvrage paru récemment annonce le chiffre de 10000 morts durant la Commune de Paris(1). Malgré cela, dès 1872, les prémices d’un réveil du mouvement ouvrier se font sentir. On voit apparaître ici ou là des chambres syndicales qui regroupent bientôt pas moins de 20000 militants. En 1881, ces chambres sont au nombre de 500 dont 150 recensée à Paris. Le premier congrès ouvrier s’ouvre en 1876.

Plusieurs facteurs expliquent ce foisonnement. Après la crise de 1873, le libéralisme économique se développe sur un rythme effréné. La production industrielle s’accroît, les banques étalent leur domination sur un capital qui se resserre et se concentre. Le développement de l’empire colonial stimule les grandes sociétés commerciales qui s’ouvrent à de nouveaux débouchés. Cet accroissement du capital engendre une augmentation du nombre des ouvriers. En 1870 on en dénombrait 5 millions. En 1911, il sont presque 8 millions à se regrouper au sein de grandes entreprises nationales. L’usine, avec sa vie de caserne et ses salaires misérables, devient pour le travailleur, « le bagne » honnis. Désunis, peu organisés, les ouvriers ne croient qu’en l’action spontanée pour revendiquer leurs droits. Beaucoup sont influencés par les lectures de Proudhon, les idées anarchistes et l’anarcho-syndicalisme.

Lors du congrès ouvrier de Marseille d’octobre 1879, est crée la Fédération du Parti des Travailleurs socialistes de France, regroupant toutes les chambres syndicales avec un comité directeur à Paris. Dans les mois suivant, des chambres s’unissent en fédérations nationales. Des grèves surgissent spontanément dans le secteur du textile et chez les mineurs. La loi du 21 mars 1884 vient légaliser la reconnaissance des syndicats. Elle entérine surtout un état de fait, imposé par les actions multiples des travailleurs. Au congrès ouvrier de Lyon de 1886, les guesdistes, partisans d’actions révolutionnaires et s’opposant aux réformistes, mettent sur pied la Fédération nationale des syndicats et groupes corporatifs de France et des colonies, « armées ouvrières marchant à la conquête de leurs droits » « pour écraser l’ennemi commun, le capitalisme ». Cette organisation perdurera jusqu’en 1898.

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[Mémoire ouvrière] Les émeutes de Draveil (1908) par Pierre Taburet

[Mémoire ouvrière] Les émeutes de Draveil (1908) par Pierre Taburet

15/05/2014 – DRAVEIL (NOVOpress)
A compter de cet article, Novopress va consacrer une série de publications à la mémoire ouvrière et aux luttes sociales comme éléments structurants de notre identité.


On a du mal à s’imaginer aujourd’hui que la « Belle Epoque » fut une période d’intenses manifestations ouvrières et d’émeutes sanglantes. De bien étrange manière, cette mémoire ouvrière à presque totalement disparue hormis au sein de petits groupes restreints. Pourtant, entre 1902 et 1913, il y aura en moyenne 1.254 grèves par an, intéressant tous les secteurs de l’industrie : métallurgie, mines, chaussures, textile, dockers et surtout bâtiment. Le nombre de syndiqués explose entre 1902 et 1912 : la CGT compte environ 700.000 adhérents pour 120.000 dix ans plus tôt. Lors des manifestations du 1er mai 1906, pas moins de 100.000 grévistes occupent le pavé parisien. Il se crée alors « une véritable armée de la révolution » (Georges Valois).

La confédération ouvrière dirige toutes ces luttes et son aura auprès des travailleurs est chaque jour grandissante. La raison de son succès tient sans doute au fait qu’à ce moment de son existence, la CGT est toute acquise au syndicalisme révolutionnaire (concept apparu en 1903/1904) qui refuse toute compromission avec les organisations socialistes. Une grande majorité de ces cadres sont des anarchistes d’origine : Emile Pouget, Georges Yvetot, Paul Delesalle ou encore Léon Jouhaux viennent du courant libertaire. Par ailleurs, la CGT organise la solidarité lors des grèves en créant des soupes populaires et en lançant des souscriptions. La résistance prend forme ainsi autour d’elle.

Il ne faut pas minorer non plus l’influence auprès des ouvriers d’autres « acteurs » anarchistes comme Gustave Hervé et son journal La Guerre Sociale qui représente au sein de la SFIO la branche insurrectionnaliste. Les journaux La Voix du Peuple (organe officiel de la confédération dont le secrétaire de rédaction est Emile Pouget) et Le Père Peinard (feuille anarchiste à laquelle collabore Pouget) ont également beaucoup de succès parmi les masses laborieuses.

Toutes ces tendances ont en commun l’idée que la grève générale est le moyen d’action principal pour parvenir à une émancipation totale des travailleurs. En cela, les syndicalistes révolutionnaires s’opposent aux socialistes réformistes de la SFIO qui s’engagent peu à peu vers le chemin électoral et démocratique, ce que refuse catégoriquement la CGT. Commence alors à apparaître une certaine « séparation du prolétariat et du Parti socialiste » (Action Française).

Les émeutes de Draveil de 1908 sont symptomatiques des luttes engagées à cette époque. D’autres suivront, comme la révolte des boutonniers de Méru l’année suivante. Mais Draveil eut un retentissement à nul autre pareil. C’est une époque de feu et de sang, où certains manifestants n’hésitent plus à s’armer face au déchaînement des troupes de répression envoyées par le « briseur de grève » Clémenceau.

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Insécurité dans les transports en commun nantais : la CGT “appelle au calme”

Insécurité dans les transports en commun nantais : la CGT "appelle au calme"

A Nantes, bientôt un véhicule blindé derrière chaque bus ? Crédit photo : manuel via Wikimedia (cc)

30/05/2013 – 14h40
NANTES (NOVOpress Breizh) –
Dans un communiqué publié samedi dernier, le syndicat CGT de la Semitan dénonce une fois de plus l’insécurité grandissante qui règne dans les transports en commun de l’agglomération nantaise. Comme à l’accoutumée, la CGT dénonce des faits, mais se garde bien d’en analyser les causes.

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“Mur des cons” : comme pour le Noctilien c’est celui qui révèle qui morfle ; “grâce” à la CGT

“Mur des cons” : comme pour le Noctilien c’est celui qui révèle qui morfle ; “grâce” à la CGT

01/05/2013 – 08h30
PARIS
(NOVOpress) – Il s’est avéré que la vidéo du désormais célèbre “mur des cons” du Syndicat de la magistrature avait été filmée par le journaliste de France 3, Clément Weill-Reynal. Ceci à été annoncé par la dénonciation du Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT) qui a “demandé à la rédaction de France 3 de prendre des sanctions à l’encontre de Clément Weill-Raynal”.

Suite à cette délation France 3 a ouvert une procédure disciplinaire à l’encontre du journaliste.

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Plus haut niveau historique du chômage en France

Plus haut niveau historique du chômage en France

27/04/2013 – 10h30
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) –
Selon les chiffres du gouvernement français publiés ce jeudi, le nombre de chômeurs en catégorie A, c’est-à-dire n’ayant eu aucune activité au mois de mars s’établit à 3.224.000. Le précédent « record » en la matière, 3.195.000 de janvier 1997, est donc battu. En incluant les demandeurs d’emploi ayant eu une activité réduite, le nombre d’inscrits à Pôle emploi en métropole atteint 4.740.000 (soit une hausse de 34.400 en mars), un autre record. Cette flambée entérine un 23e mois de hausse consécutive.

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Scène de Far-West à Nantes : la CGT dénonce une attaque de tramway opérée par des « jeunes »

Scène de Far-West à Nantes : la CGT dénonce une attaque de tramway opérée par des « jeunes »

03/03/2013 – 15h00
NANTES (NOVOpress Breizh) –
L’émotion est grande parmi le personnel des transports en commun de Nantes. Le 23 février dernier, en fin de journée, un tramway a été attaqué par une bande de « jeunes » à Bellevue, un quartier dit « sensible » de l’agglomération nantaise. Une première dans la région. C’est le syndicat CGT de la Semitan (Société d’économie mixte des transports de l’agglomération nantaise) qui a révélé cette affaire jusqu’ici, selon Ouest-France, « soigneusement passée sous silence ».

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Saint-Nazaire : manifestation contre le recours à une main d’œuvre étrangère

Saint-Nazaire : manifestation contre le recours à une main d’œuvre étrangère

15/02/2012 – 16h00
SAINT-NAZAIRE (NOVOpress Breizh) –
Près de deux mille personnes ont manifesté hier matin à Saint-Nazaire pour la défense de l’emploi  dans  les entreprises sous-traitantes des chantiers navals, concurrencées par le recours à une main d’œuvre étrangère à bas-coût salarial. Quand les méfaits du système mondial sont dénoncés par des syndicats acquis au mondialisme.

Si les chiffres des manifestants diffèrent – 1.100 selon la police et 2.000 selon les syndicats –, celui des emplois menacés chez les sous-traitants de la navale est incontestable : 254 salariés risquent en effet de perdre leur emploi à SMCO et SMCN (tuyauteries) et aux chantiers Baudet (aménagement intérieur de bateaux).

Dans un communiqué, l’intersyndicale CGT, CFDT, FO, CFTC FSU et CFTC de Saint-Nazaire a violemment dénoncé  « la direction de STX France qui pratique largement cette politique de sous-traitance. » Selon elle «  les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ 30% des salariés de la sous-traitance viennent de pays à bas-coûts salariaux pour travailler sur les chantiers navals français ».

Bien que personne ne songe à les mettre en cause, certains responsables syndicaux ont pris la précaution d’appeler à ne pas stigmatiser les travailleurs étrangers. « Ne tombons pas dans la facilité en les accusant de tous les maux. Ne tombons pas dans ces messages de divisions et de haine prônés par le FN et utilisés depuis toujours par les serviteurs du grand capital », explique doctement Fabrice David, de la CGT, qui connait bien sa leçon et ne craint pas, à l’approche de l’échéance présidentielle, la caricature. Acquises à l’idéologie mondialiste, les organisations syndicales apparaissent en réalité quelque peu désarmées devant  ce type de conflit remettant en cause un système mondial qui, en fonction de ses besoins, délocalise ou importe de la main d’œuvre étrangère à bon marché.

Quant aux « serviteurs du grand capital », ils persistent et signent : « Nous privilégions toujours le recours à nos co-réalisateurs locaux, mais il faut absolument que nous soyons moins chers pour décrocher des commandes », explique la direction de la société sud- coréenne STX, propriétaire des chantiers navals. Qui préfère donc s’adresser à des sous-traitants polonais pour des raisons de «disponibilité » (sic). « On ne peut pas donner du travail à tous » précise-t-elle encore mezzo voce. Tant pis pour les autochtones.

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