Ils avaient tout faux sur Cesare Battisti !, par Philippe Bilger

L’aveuglement a sa hiérarchie.

De la monstruosité et du tragique historiques jusqu’aux délires de la banalité quotidienne.

De la complaisance honteuse jusqu’à la multitude des Zola au petit pied qui encombrent notre espace politique, judiciaire et médiatique.

Je rejoins totalement ceux qui expliquent la mansuétude durable dont continuent à bénéficier le communisme et ses crimes par le fait qu’ils n’ont pas eu leur procès de Nuremberg qui, à l’exception de quelques négationnistes entêtés et compulsifs, a su mettre le nazisme au ban de l’humanité. Il aurait fallu que l’horreur, sous son double visage apparemment contradictoire mais si ressemblante par sa perversion totalitaire, soit traitée de la même manière mais ç’aurait été beaucoup demander : oublier le prétendu avenir radieux pour condamner les ignominies qui s’abritaient derrière lui.

A ce titre comment ne pas s’étonner de la révérence à laquelle ont droit encore d’anciens communistes à peine repentis qui n’ont à leur actif que de s’être lourdement, fièrement trompés ?

L’aveuglement, en effet, a sa hiérarchie.

Je n’ai pas pu m’empêcher de remercier en mon for intérieur Cesare Battisti parce qu’il avait enfin cessé de fuir dans tous les sens du mot. Les pays comme ses responsabilités.

En Italie qui paraît-il n’était pas une démocratie et ne lui assurerait pas un procès équitable, il a admis avoir commis tous les crimes qui lui étaient imputés depuis tant d’années, les uns comme auteur, les autres comme complice. Il s’est excusé. Des assassinats que, pour concéder cependant à la nostalgie révolutionnaire, il a inscrits dans une guerre “juste” à l’époque. Il n’est pas à proprement parler un “repenti” puisqu’il n’a “donné” personne d’autre que lui-même en quelque sorte (Mediapart).

Mais je n’ai entendu personne se repentir véritablement d’un aveuglement, d’un soutien et d’une solidarité, qui ont trop longtemps bénéficié d’une aura médiatique et politique parce qu’ils émanaient évidemment de personnalités qui ne pouvaient pas s’égarer, par exemple Bernard-Henri Lévy, Fred Vargas !

Je suis persuadé qu’on n’entendra jamais de leur bouche l’aveu de leur grave erreur parce que ce serait trop leur demander que les contraindre à revenir sur un passé indécent et des convictions qu’ils n’appuyaient que sur la certitude d’être tellement indiscutables que la vérité était quasiment leur propriété privée.

Avec quelle arrogance ceux que j’ai cités, soutenus par des politiques d’habitude plus avisés, ont pris parti pour un assassin dont le comportement de lâcheté constante aurait dû les alerter mais ils étaient trop pris par leur rôle de justiciers universels pour se remettre en question !

D’ailleurs pourquoi auraient-ils éprouvé le plus infime regret puisque hier comme aujourd’hui on les tient quitte de tout et que demain ils seront fêtés et encensés, eux, leurs livres et leurs propos les plus anodins, comme si rien ne s’était passé, comme s’ils ne s’étaient pas lourdement trompés au sujet d’un homme absurdement sublimé et d’un pays caricaturé de manière indigne ? Pourquoi battre sa coulpe quand non seulement rien ne vous y oblige mais qu’au contraire la France semble reconnaissante à l’égard de tous ceux qui ont validé le pire avec une constance qui n’a d’égale que leur amnésie ? Pourquoi suivre l’aveu de sa culpabilité par Cesare Battisti avec celui de la leur puisque, toujours et par principe, ils seront perçus comme innocents ?

Ils ne viendront pas exprimer leur regret sur les plateaux de télévision alors que ce serait leur honneur et que beaucoup leur serait pardonné. Que Cesare Battisti les ait ridiculisés n’enlèverait rien à leur courage de tout dire !

Faut-il rappeler par ailleurs ces visites intempestives, démagogiques et imprudentes de hauts responsables (François Hollande par exemple) à des victimes pour le moins équivoques, pour rester aimable, et en soutien à des causes douteuses !

J’ai envie d’une note moins morose. De rendre hommage – ce n’est pas mon habitude – à des journalistes qui ont su ouvrir, eux, les portes de la vérité et tenir bon ! Guillaume Perrault et Karl Laske notamment.

Les donneurs de leçons judiciaires et humanistes avaient tout faux sur Cesare Battisti ! Cela n’évitera pas de leur part, j’en suis sûr, des rechutes.

Philippe Bilger

Texte repris du site Philippebilger.com

Quand BHL défendait l’assassin Cesare Battisti

Le 6 décembre 2009, BHL se prenant pour le Voltaire de l’affaire Calas ou pour le Zola vis-à-vis du capitaine Dreyfus, écrivait une « Lettre ouverte au président Lula sur le cas Cesare Battisti », lettre publiée dans La Folha de S.Paulo, Le Point et distribuée par le New York Times Syndicate. D’abord longtemps protégé par la Mitterrandie, Battisti avait trouvé refuge au Brésil, où il allait demeurer dix ans en toute impunité, avant que le nouveau président Bolsonaro ne décide de son extradition pendant que l’ancien (Lula) était installé en prison. Voici des extraits de cette lettre :

« Monsieur le Président de la République,

Je sais que le débat autour du cas de Cesare Battisti, ancien apôtre (sic) de la “lutte armée”, accusé d’actes de terrorisme dans l’Italie des années 70, fait rage dans votre pays […] Si je m’adresse néanmoins à vous, c’est parce qu’il n’est […] pas établi que Cesare Battisti soit ce terroriste que dépeint la presse et dont les crimes, s’il les avait commis, ne mériteraient aucune indulgence […] Cesare Battisti, que je suis spécialement venu rencontrer, il y a deux ans, dans sa prison de Brasilia (au nom de qui ?), nie, et a toujours nié, les crimes en question ; nombreux sont les juristes (lesquels ?) qui, après examen du dossier et au vu des mensonges très nombreux, et avérés, dont le repenti Mutti avait coutume d’émailler ses “confessions”, estiment plausible, je dis bien plausible, son innocence ; en sorte que vous courez aujourd’hui le risque de voir un homme dont le seul crime serait, dans cette hypothèse, d’avoir adhéré, dans sa jeunesse, aux funestes théories de la violence révolutionnaire finir ses jours en prison […] Battisti est, comme disait un célèbre écrivain français, “un individu sans importance collective” (BHL cite Céline…). Ne reposent sur ses épaules aucun de ces grands intérêts géostratégiques qui déclenchent, d’habitude, les mobilisations. Et je ne vous cache pas que cette solitude, cette éminente faiblesse contribuent à faire de lui, en Europe, l’objet d’une campagne de presse aussi féroce que disproportionnée (sic) ».

Pas un mot sur le malheur des proches des victimes et le mépris dans lequel ils seront tenus pendant quarante ans.

Cesare Battisti, capturé à la mi-janvier 2019 en Bolivie après trente-sept ans de cavale, est enfin extradé vers le pays de ses crimes le 14 janvier.

Samedi 23 mars, le procureur Nobili, de l’unité antiterroriste de Milan, s’est rendu à la prison d’Oristano (Sardaigne) pour entendre l’ancien militant d’extrême gauche.

Pendant neuf heures d’interrogatoire en deux jours, le magistrat a recueilli les aveux circonstanciés de l’ancien militant des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), qui a reconnu les faits qui lui avaient valu sa condamnation : quatre assassinats, dont deux en tant qu’acteur direct, deux autres en tant que complice, un bijoutier, trois attaques ayant pour objet de mutiler le bas du corps, et de nombreux vols à main armée.

La gauche française en avait fait son héros. Et l’image de la France s’est très dégradée chez nos voisins italiens.

Matteo Salvini a salué la nouvelle de ces aveux, espérant « que les pseudo-intellectuels de gauche qui ont couvert et défendu ce personnage sordide présenteront bientôt leurs excuses ». Il a aussi fait allusion aux actuelles démarches italiennes en vue d’obtenir l’extradition de France d’une quinzaine d’anciens militants d’extrême gauche : « Nous travaillons pour ramener en Italie plusieurs terroristes, plusieurs assassins qui sont actuellement en vacances. »

Henri Temple

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Fin de cavale pour Cesare Battisti et bras d’honneur à ses soutiens intellectuels

26/03/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Cesare Battisti a finalement mis bas les masques. Après 37 ans de cavale, il a été arrêté mi-janvier en Bolivie et extradé dans la foulée en Italie où il doit purger la perpétuité.

Il a été interrogé en fin de semaine dernière par un magistrat et un membre de la division antiterroriste de la Digos (Division des enquêtes générales et des opérations spéciales de la police de l’Etat). L’ancien leader des Pac, les prolétaires armés pour le communisme, a alors reconnu avoir participé à deux assassinats et en avoir commandité deux autres. C’est un coup de tonnerre venant de celui qui avait toujours nié son implication dans ces meurtres, et une vraie claque pour ses soutiens de toujours, les habituels intellectuels de gauche, notamment français.

Il adressera d’ailleurs un bras d’honneur remarqué aux Bernard-Henri Lévy, Philippe Sollers et autres Fred Vargas en déclarant « je n’ai jamais été victime d’une injustice, je me suis moqué de tous ceux qui m’ont aidé, je n’ai même pas eu besoin de mentir à certains d’entre eux ».

Il a donc avoué son implication dans les meurtres dont il est accusé et a demandé pardon aux familles.

Cesare Battisti : l’insupportable hypocrisie de la gauche

Affaire Cassez : halte à la diplomatie émotionnelle ! – Par Aymeric Chauprade

Affaire Cassez : halte à la diplomatie émotionnelle ! - Par Aymeric Chauprade

Texte du géopoliticien Aymeric Chauprade publié à l’origine le 15 février 2011 sur Realpolitik.tv.

Le président de la République et sa ministre des Affaires étrangères [NDLR, Michèle Alliot-Marie, ministre pendant la présidence de Nicolas Sarkozy] ont choisi de sacrifier à la relation entre la France et l’un des pays les plus importants d’Amérique Latine, le Mexique, officiellement au nom de « l’innocence d’une Française », en réalité au nom d’une pitoyable stratégie de communication émotionnelle à usage purement intérieur.

L’instrumentalisation du sentiment s’est désormais complètement substituée, dans tous les domaines (sécurité, justice, économie…), à la vraie politique, laquelle consisterait à traiter en profondeur la racine des problèmes. Nos gouvernants ne savent plus que larmoyer, devant des micros, tout en s’agrippant aux caméras des familles de victimes.

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Mariage homosexuel : le député Marc Le Fur dans le collimateur d’une ligue de vertu

Mariage homosexuel : le député Marc Le Fur dans le collimateur d’une ligue de vertu

Pierre Tartakowsky. Pour le président de la LDH, s’opposer au projet de mariage homosexuel serait attenter à « l’Etat de droit ». Crédit photo : Hegor via Wikipédia (cc).

12/12/2012 – 19h30
LOUDEAC (NOVOpress Breizh) –
Il ne fait pas bon s’opposer au projet de loi légalisant le mariage homosexuel. Pour l’avoir fait, Marc Le Fur, député des Côtes-d’Armor (UMP) et vice-président de l’Assemblée nationale, a été  vivement pris à partie par la Ligue des droits de l’homme (LDH). Cette ligue de vertu voudrait en effet interdire tout débat sur le sujet dans l’enceinte du Parlement. Une nouvelle avancée dans le domaine de la police de la pensée, de la part d’une association qui n’a pas hésité à protéger Cesare Battisti, un terroriste d’extrême gauche condamné pour assassinats en Italie.

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Quand François Hollande se mobilisait pour Cesare Battisti

Quand François Hollande se mobilisait pour Cesare Battisti

En février 2004, alors qu’il était emprisonné à la Santé dans l’attente de son extradition vers l’Italie (qui n’interviendra jamais), Cesare Battisti avait pu bénéficier du soutien sans failles de l’intelligentsia parisienne de gauche, et notamment du patron du parti socialiste de l’époque, François Hollande qui avait pris fait et cause pour le fugitif.

Le Premier secrétaire du PS souhaitait ainsi “marquer sa désapprobation (et) affirmer qu’il est inadmissible que la France revienne sur la parole donnée par François Mitterrand, puis par Lionel Jospin, aux Italiens exilés en France, et que Raffarin et Perben obéissent ainsi immédiatement aux pressions de Berlusconi”.

En couvrant les crimes des activistes italiens des années 1970 et en leur offrant refuge, la gauche française, sous la houlette de François Mitterrand, avait pris fait et cause pour les terroristes des Brigades Rouges et leurs descendants plus ou moins directs. Cesare Battisti a été jugé par contumace pour le meurtre de quatre personnes et une série de braquages et condamné à la prison à vie. […]

Bertrand Janicaud

[box class=”info”] Source et suite sur Atlantico. [/box]

*** Dans le programme de François Hollande pour la présidentielle 2012, figure au point 60 : « Je serai très vigilant dans l’action contre le terrorisme. » !

Crédit photo : Jackolan1, via Wikipédia, licence CC.