La nourriture bon marché, c’est pour les vaccinés !

courses centres commerciaux

La nourriture bon marché, c’est pour les vaccinés, les autres iront chez Fauchon. Ou chez McDo. Pas besoin de passe sanitaire pour s’empiffrer. Ils avaient juré qu’ils ne le feraient pas, et pourtant ils l’ont fait : à compter de ce lundi matin, il faut montrer patte blanche pour aller faire ses courses.

Détail en passant : il fallait aussi dégainer son passe sanitaire, hier, le 15 août, jour de l’Assomption, pour aller se baigner au Mourillon, à Toulon. La maréchaussée veillait dès l’aurore à l’entrée des plages. À 8 heures du matin, quand l’eau est délicieuse et le sable désert. C’était, paraît-il, en prévision du meeting aérien de l’après-midi et du feu d’artifice qui embraserait la rade de Toulon, le soir venu. On a donc pu assister à cette chose merveilleuse : les bons QR codes derrière les barrières côté mer, et les mauvais élèves agglutinés derrière les barrières côté ville.

Ce matin, donc, on en remet une dose : plus question d’aller faire ses courses à Carrefour Mayol ou Action sans le précieux sésame. Plus de 125 centres commerciaux à travers la France se voient appliquer la mesure. En fait, tous se trouvent dans la moitié sud du pays et en région parisienne ; mais si les grands magasins du Printemps, les Galeries Lafayette, le BHV ou les très luxueux Samaritaine et Bon Marché ne sont pas vraiment des commerces de première nécessité, il en va autrement des enseignes de la grande distribution. Je parle de celles chez qui se fournissent les « basses » classes sociales, celles – un exemple – qui sont surreprésentées en Seine-Saint-Denis, département de la couronne parisienne où l’on est le moins vacciné, nous disent les autorités autoritaires.

Pourtant, ces mêmes autorités autoritaires ont plutôt coutume de les ménager. Ainsi, il ne me semble pas que la police municipale soit, ici, très assidue pour contrôler les terrasses des bistrots en haut du cours Lafayette, tout comme elle évitait de s’approcher des arbres à palabre en période de confinement. Le Bab El Oued local est exempté des tracasseries communes : les hommes continuent d’y vivre comme là-bas tandis que leurs épouses voilées font la queue au supermarché. Enfin, maintenant, ça va être compliqué car il faut le passe pour entrer à Carrefour Mayol. Passe qui n’est pas vraiment entré dans leurs mœurs…

Adieu, donc, la nourriture bon marché, dorénavant réservée aux vaccinés. De vous à moi, je m’étonne que cette mesure coercitive ne fasse pas hurler nos élus de gauche, par ailleurs si prompts à dénoncer la vague antisémite qui remonterait, paraît-il, les manifestations anti-passe. Voilà une pancarte imbécile – dont il faudra d’ailleurs démontrer qu’elle est bien ce qu’on prétend qu’elle est – fort utile pour à la fois discréditer le mouvement anti-passe sanitaire et occulter les incohérences et conséquences néfastes des mesures en application.

Car il est évident, et la chose commence à se dire avec insistance par des médecins pourtant bien dociles : cette mesure n’est en rien « sanitaire » puisqu’elle laisse circuler sans protection ni détection des gens vaccinés mais aussi potentiellement contagieux que ceux qui ne le sont pas…

Marie Delarue

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Centres commerciaux : l’esbroufe de Macron et la réponse identitaire, par Clément Martin (Les Identitaires)

Emmanuel Macron a annoncé retenir l’une des propositions (sur les 149) de la Convention citoyenne sur le climat : la mise en œuvre d’un moratoire sur les zones commerciales en périphérie des villes ainsi que la sanctuarisation des espaces agricoles naturels et forestiers.

Quelle est la situation en France ? Paradoxale. En effet, notre pays combine le socialisme le plus insupportable et une multitude de passe-droits octroyés aux puissances commerciales et financières. La France est le pays du fiscalisme, des règlements tatillons et des interventions incessantes de la bureaucratie : racket au nom de la sécurité routière, flambée des impôts sur le tabac, droits de succession et taxe foncière aberrants qui découragent la propriété…

Ce poids de l’administration n’entrave pas, bien au contraire, le développement des multinationales dans notre pays : la France est le pays d’Europe où l’on compte le plus grand nombre de centres commerciaux par mètre carré. Le concept du centre commercial a été importé en France par un Hongrois, naturalisé français dans les années soixante, après de fructueux séjours aux États-Unis. Depuis, les zones commerciales enregistrent une croissance folle grâce à la complicité de l’État. Depuis 1996, les promoteurs n’ont plus l’obligation de présenter un certificat attestant que leur projet est compatible avec le plan local d’urbanisme, c’est-à-dire que Paris a tout simplement tiré une balle dans le dos des collectivités locales. Depuis, ces dernières ne s’en plaignent pas, encourageant partout où c’est possible l’apparition des galeries marchandes. Dès lors, les centres commerciaux peuvent être construits en zone inondable.

Depuis 2008, sous Sarkozy, les centres commerciaux n’ont aucune obligation de s’étendre sur un nombre limité de mètres carrés en relation avec la population de la commune. La loi de « modernisation » de l’économie a aussi fait sauter l’obligation de comparer les emplois créés par les centres commerciaux et ceux détruits en centre-ville ; de plus, les commerçants ne siègent plus dans les commissions d’autorisation des zones commerciales, celles-ci étant désormais peuplées d’hommes politiques tout à fait complaisants. En 2014, on a retiré aux associations environnementales la légitimité pour agir en justice contre les autorisations de centres commerciaux : elles ne peuvent plus lancer de procédure de recours. Enfin, en 2016, le contrôle des surfaces illicites a été supprimé.

Autant dire que la France est devenue le paradis des bétonneurs et des grandes enseignes. Celles-ci étouffent leurs fournisseurs – les supermarchés réalisent des marges indécentes sur le dos des producteurs –, ouvrent de plus en plus leurs portes le dimanche, au détriment de la vie de famille des gérants et des employés, et font disparaître les petits commerces, et avec eux les centres-villes et la vie de quartier. Bref, c’est l’identité même de nos communes qui est menacée : autrefois habités par des artisans, des employés, des commerçants et d’autres travailleurs français, les centres-villes sont maintenant partagés entre bourgeois de gauche sans enfants et immigrés hostiles.

Les Français de souche de la classe moyenne modeste et élargie sont priés d’aller s’exiler ailleurs. Depuis deux ans, l’association En toute franchise, créée par un couple de petits commerçants, bataille auprès du gouvernement sans parvenir à gagner son attention. Rien ne permet de croire qu’Emmanuel Macron, seulement motivé par la mode écologique et le désir de ne pas perdre l’électorat bobo, soit capable d’enrayer le grignotage de notre pays par Leclerc, Carrefour et Cultura. Seule une audacieuse politique économique, cohérente et globale, peut redresser la barre. Celle-ci devrait à la fois défendre la petite propriété et stimuler la créativité en abolissant les impôts injustes, et d’autre part, tenir bon devant les groupes de pression affiliés aux multinationales.

L’État, au nom d’une politique économique identitaire (d’aucuns diraient : « l’État stratège »), doit clairement établir des priorités en encourageant certaines activités économiques conformes au bien commun et décourager les « gros » de vouloir l’être encore plus sur le dos des « petits ». Le romancier catholique G.K. Chesterton écrivait : « Le problème dans une société capitaliste, c’est qu’il n’y a pas assez de capitalistes », autrement dit « de propriétaires ». Et par « société capitaliste », il faut entendre « société où l’État se couche devant les monopoles commerciaux ». Par le distributisme, Chesterton défendait un modèle de société où l’accès à la propriété individuelle et familiale est favorisé afin de faire émerger un peuple de propriétaires enracinés. Ceux-ci seraient ensuite capables d’exercer leurs droits civiques de manière éclairée, dans la mesure où ils ne dépendent ni de l’Etat-nounou, ni du salariat. À rebours du socialisme et du mondialisme, le localisme identitaire est la seule alternative.

Clément Martin

Texte repris du site de : Les Identitaires