La vidéo d’Éric Zemmour désormais inaccessible aux mineurs sur YouTube

Quand une lanceuse d’alerte se transforme en censeur, le cas Frances Haugen

Frances Haugen

Frances Haugen ? Une ancienne employée de Facebook – devenu “Meta” – qui se retourne contre son employeur ; non pas parce que celui-ci détricote savamment la liberté d’expression, mais parce qu’il ne censure pas assez bien.

Frances Hagen n’est pas Assange

Assange est pourchassé, emprisonné, menacé d’extradition aux États-Unis où il risque plus de 100 années de prison ; Hagen est reçue par le Congrès américain, à Berlin, à Londres, à Bruxelles, au Parlement français. Si les deux ont fait fuiter des milliers de documents, d’un côté c’est une vie brisée et de l’autre un statut de diva.

Frances Hagen veut un renforcement de la censure

L’ancienne « chef de produit dans la division intégrité civique » (sic) de Facebook (de juin 2019 à mai 2021) dénonce – et elle a raison – l’usage addictif du réseau social conduisant paradoxalement à une désocialisation et parfois à des comportements asociaux. Rien de nouveau sous le soleil. Elle démontre que l’entreprise tient un double langage vis-à-vis des investisseurs, s’engageant à des réformes sans vouloir les mener à bien. Là aussi, qui s’étonnera ?

Plus étonnant (ou moins étonnant, qui sait) est son discours récurrent contre les « messages de haine », appelant à plus de « régulation » (comprenez censure) des contrevenants, complotistes, véreux, extrémistes etc. Cette attitude est bien dans la ligne libérale libertaire américaine importée en Europe : la liberté oui, mais pour ceux qui pensent comme moi, et la mise sous le boisseau pour les autres. Des censures de Facebook à celles de Google, les exemples sont trop nombreux, et ce n’est pas Hagen qui agira contre cette tendance.

Triple censure, des réseaux sociaux, de Bruxelles, de Paris

In fine, Frances Hagen conforte un double mouvement : une censure interne aux réseaux sociaux plus une censure étatique comme celle que veut mettre en place en France la commission Bronner ou le nouveau dispositif Viginum contre les « infox venues de l’étanger », lire Russie. Ou encore le DSA de Bruxelles, Digital service act qui veut « mettre à disposition des usagersdes instruments juridiques efficaces pour lutter contre les discours de haine et leurs auteurs… ». In fine, Frances Hagen mord la main qui l’a nourrie pour bénéficier d’un statut totalement immérité de lanceuse d’alerte, contrairement à Assange ou Snowden qui ont pris des risques à leurs dépens.

Texte repris du site OJIM

Faire taire Renaud Camus : mode d’emploi

Sale climat ! L’intolérance de l’extrême gauche entache la démocratie. Or personne ne s’effraie du sectarisme et de la violence qui s’installent dans le débat. Si les médias ne rechignent pas à mettre en scène les peurs des experts du Grand réchauffement – thème de la Cop 26 qui se tient depuis dimanche à Glasgow (Ecosse) – ils se gardent d’avaliser les peurs populaires du Grand remplacement : un phénomène qui effraie pourtant 67% des Français. Sur ce thème, j’ai tenu à inviter, dimanche soir, Renaud Camus, dans mon émission Les points sur les i, sur CNews. L’homme de Lettres (170 livres) est en effet à l’origine de cette expression. Il était normal, selon moi, de lui donner une parole que le panurgisme médiatique lui refuse. Or, depuis hier soir, le mécanisme de l’injure et de la diabolisation a été relancé par cette même extrême gauche liberticide. Elle veut faire taire quiconque aborde le sujet de l’immigration de peuplement et de l’importation de la civilisation islamique.

Samedi, à Nantes, c’est Eric Zemmour qui a été la cible de semblables islamo-gauchistes : drapeaux palestiniens brandis, quelques centaines d’ « antifas » ont tenté de perturber un meeting du presque candidat, aux cris de « Zemmour à mort ! » « A mort les flics ! », « A mort les fachos ! ». Un portrait de l’ex-journaliste l’a représenté avec une cible sur le front : un appel au meurtre. Ainsi font les nouveaux fascistes, qui se réclament néanmoins des « valeurs démocratiques » !

Dimanche soir, le porte-parole jeunesse de la France insoumise, David Guiraud, a ouvert l’inquisition contre Camus, suivi par la militante Laurence De Cock et d’autres moralisateurs habitués des plateaux de télévision. Ceux-ci se sont empressés de faire connaître leur « honte », en demandant au CSA de sanctionner. Cependant, plutôt que d’argumenter sur le fond – l’existence ou non d’un grand remplacement – les censeurs préfèrent attiser un procès stalinien en pédophilie contre cet ancien militant de la cause homosexuelle.

Camus n’a, certes, jamais rien caché de sa vie sexuelle qu’il a transformée en objet de littérature. Mais c’est parce qu’il a tout dit de ses rapports avec les adultes que cette accusation en pédophilie n’était portée que par Henri de Lesquen : ce militant d’extrême droite était justement poursuivi par Camus pour diffamation, vendredi, devant le tribunal correctionnel de Paris. Guiraud, qui n’a jamais rien dit des aveux passés de Daniel Cohn-Bendit dans ses jeux sexuels avec les enfants, a cru trouver une preuve de la turpitude de Camus dans un extrait de phrase qu’il a livrée sur Tweeter. Ce même Guiraud, le 24 septembre sur CNews, s’était ridiculisé en soutenant que « l’immense majorité des musulmans » étaient adeptes du mutazilisme, doctrine rationaliste disparue depuis des siècles. Il avait été rappelé à l’ordre par un islamiste, Qays al-Hanbali, devant qui il s’était platement excusé de son erreur… Faudrait-il craindre les dénonciations de ces faussaires ?

Ivan Rioufol

Texte daté du 2 novembre 2021 et repris du blog d’Ivan Rioufol

Reporters sans frontières contre les fake news et pour la censure

RSF censure

Créer un « Giec » anti-fake news… C’est la nouvelle lubie de l’ONG Reporters sans frontières et d’un petit groupe d’États. L’association fondée en 1985 à l’initiative de Robert Ménard, Emilien Jubineau, Jacques Molénat et Rémy Loury s’éloigne ainsi de plus en plus de son objet historique : défendre la liberté de la presse et les journalistes pour finalement devenir le porte-flingue d’une vision peu pluraliste de l’information.

Une structure pour « informer » sur l’information

En prenant modèle sur le Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, RSF entend publier des rapports et des recommandations aux États sur les questions ayant trait à la liberté d’opinion et d’expression. Le but est de sensibiliser les États dans la lutte contre la diffusion de fausses informations (fake news) et de « nourrir la réflexion des élus du monde entier » avec, à la clef, un sommet tous les deux ans. Pour mettre en musique ces agapes internationales, un organisme international de veille pour lutter contre l’information pourrait voir le jour. Son objectif sera double : faire vivre l’ONG en lui donnant une caisse de résonance tous les deux ans et tenter d’influencer les « élus du monde entier » dans la manière d’appréhender l’information. Qu’on se rassure, le monde entier se résume pour le moment à quelques dizaines d’États, 43 en tout (les États-Unis, la Chine et la Russie ayant refusé).

Un sommet new yorkais sur l’information et la démocratie.

Le 24 septembre 2021, RSF participait ainsi au Sommet ministériel pour l’information et la démocratie lors duquel le ministre des Affaires étrangère français Jean-Yves le Drian et l’ONG ont réuni, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, les États membres du Partenariat pour l’information et la démocratie.

Lors de cette rencontre, les parties prenantes, étatiques et « organisations indépendantes de la société civile » ont fait un constat conjoint de « manipulations de l’information partout dans le monde ». Un constat étoffé d’une critique des réseaux sociaux, réseaux qui portent certes régulièrement le débat au niveau du caniveau mais qui constituent surtout un lieu de liberté d’expression qui dérange certaines élites médiatiques et politiques établies. Les travaux présentés par la diplomatie française sont d’ailleurs assez inquiétants car il est question notamment de « régulation des contenus » pour lutter contre « fléau des infodémies ». RSF s’inscrit parfaitement dans cette démarche puisque l’ONG avait fondé en mars 2020 « l’observatoire 19 » traitant du Covid-19 et de l’information avec un prisme souvent très antichinois.

Coup médiatique pour ONG à la dérive

Très remuante dans la nouvelle croisade des démocraties occidentales contre la désinformation, RSF tente de se redonner un vernis institutionnel alors que l’association a souvent été mise sous le feu des projecteurs pour des sujets étrangers à ses statuts. Ainsi l’actuel secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, serait à l’origine selon le Canard Enchaîné d’un management brutal et ayant entraîné des départs et licenciements mais aussi un mal-être chez les salariés. Pour une association qui fait de la dénonciation des chefs d’États considérés comme dictateurs son cheval de bataille, de tels comportements peuvent étonner. L’association a d’ailleurs eu du mal à s’affirmer depuis le début du quinquennat Macron et son long silence face à la loi sécurité globale et son article 24 (sur la diffusion « malveillante » d’image de forces de police) lui a valu de sérieuses remontrances.

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Telegram, Apple, Google et la censure

Telegram

Cet article est une traduction du dernier communiqué de Pavel Durov, le fondateur de la populaire application Telegram, dont l’OJIM a déjà parlé à plusieurs reprises. Pavel Durov s’y explique sur le nécessaire ajustement de Telegram vis-à-vis des législations nationales (le cas de la Russie est développé ci-dessous), les contraintes des distributeurs d’applications et la politique de Telegram vis-à-vis de la censure. L

La liberté d’expression et ses limites

Telegram garantit à ses utilisateurs plus de liberté d’expression que n’importe quelle autre application mobile grand public. À l’inverse de ses nombreux concurrents, Telegram ne peut pas être forcé par des actionnaires, des fournisseurs ou des annonceurs à une censure injustifiée.

Toutefois, Telegram n’existe pas isolément et dépend d’autres entreprises pour fonctionner : des banques tout d’abord, et des éditeurs et distributeurs logiciels Apple et Google. Ces derniers sont particulièrement importants, car Telegram — comme toutes les applications mobiles — doit se conformer aux règles définies par Apple et Google afin de rester accessible dans leur catalogue pour les utilisateurs sur iOS et Android.

Depuis cette année, Google et Apple ont commencé à exiger des applications comme Telegram qu’elles se conforment à la législation des pays où elles sont distribuées. Dans la mesure où certaines lois nationales sont incompatibles avec le respect de droits de l’homme (comme par exemple ce qui touche à la surveillance de masse), nous n’avons jamais subi de pressions de la part de Apple et Google parce qu’ils les ignorent eux-mêmes. Certaines autres lois, toutefois, principalement liées au contenu accessible au public, sont considérées comme légitimes par Apple et Google : nous devons donc emboîter le pas à chaque fois qu’ils les appliquent dans leurs écosystèmes.

Respect des lois locales, l’exemple russe

Nous en avons eu un exemple la semaine dernière, lorsque Apple et Google ont interdit une application de vote sur le territoire de la Fédération de Russie. L’application en question proposait des conseils de vote, incitant la plupart de ses utilisateurs à voter pour le Parti communiste lors des élections parlementaires russes le week-end dernier. Cette application de vote était également présente sur Telegram en tant que « bot », et malgré des milliers de rapports et de demandes de suppression, nous l’avions laissée disponible. Dès le début des élections, cependant, Google et Apple ont supprimé l’application de leurs catalogues, expliquant qu’elle enfreignait les lois locales interdisant toute ingérence dans les élections — et qu’il incombait aux développeurs de respecter ces lois. Dans les 24 heures, Telegram a été contraint de suivre les politiques des plateformes et de suspendre temporairement le bot.

Certaines personnes nous ont demandé si nous aurions pu éviter cela. Ils attendent à juste titre que nous refusions toute demande de censure. Comme le savent ceux qui connaissent notre histoire, Telegram est la première application à résister et, si nécessaire, à se battre avec un gouvernement. Nous l’avons fait à plusieurs reprises dans de nombreux pays autoritaires, de Hong Kong à la Biélorussie. Nous avons résisté avec succès aux tentatives de blocage de notre service pendant des années. Mais le week-end dernier n’était pas le bon moment pour déclencher une guerre – pour deux raisons.

Un équilibre instable

Premièrement, sans le soutien d’Apple et Google, tout combat avec un régulateur local est perdu d’avance. Une fois qu’Apple et Google suppriment Telegram de leur catalogue d’applications en raison du non-respect de lois nationales (ce qu’ils menacent maintenant de faire dans de tels cas), Telegram perd la possibilité de contourner les interdictions locales, car les utilisateurs du pays concerné ne peuvent plus installer l’application ou l’une de ses mises à jour. Notre site Web qui héberge Telegram Web et l’application Telegram autonome pour Android serait bloqué par les télécommunications locales en quelques minutes. Même les utilisateurs existants perdraient l’accès à Telegram une fois qu’Apple et Google désactiveraient les notifications pour l’application (qui sont utilisées non seulement pour envoyer des messages aux utilisateurs, mais également pour distribuer des adresses IP non bloquées et éviter la censure).

Deuxièmement, cette demande particulière des autorités russes n’était manifestement pas inconstitutionnelle, car elles se référaient à une loi qui encadre la campagne dès l’ouverture d’un scrutin. De telles lois existent dans de nombreux pays et leur homologue russe a été introduite il y a longtemps. Si nous avions reçu une demande similaire de n’importe quel pays européen, nous y aurions répondu favorablement. Au contraire, si la Russie ou tout autre pays avait exigé quelque chose qui constitue une violation flagrante des droits de l’homme, nous préférerions faire face à une interdiction pure et simple de Telegram dans ce pays plutôt que de compromettre nos valeurs.

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Peter Boghossian: le mouvement woke empêche les gens de penser… voire de travailler

Peter Boghossian woke

La récente démission de Peter Boghossian, professeur de philosophie à l’Université de Portland, située dans l’Oregon, à la suite du harcèlement commis par des activistes et militants d’extrême gauche à son encontre, n’est qu’un arrêt banal rendu par le tribunal wokien. Récit.

Dans une déconcertante lettre de démission relatée par le Times, M. Boghossian constate que l’Université dans laquelle il travaillait depuis une décennie n’est plus un lieu d’enseignement ouvert et tolérant, mais une véritable «usine de justice sociale».

Au gré des journées d’enseignement, relatent le professeur et certains de ses confrères, des sacs de déjection étaient déposés devant la porte de son bureau, et des croix gammées juxtaposées à son prénom dans les cabinets. Sa personne a également été la cible d’agissements hostiles. Regards menaçants dans les couloirs… interruptions de cours magistraux… Et, suprême degré de l’ignominie, crachats vers lui dirigés ! Mais pourquoi un tel état de fait, et de défaite de la concorde universitaire ? Cela s’explique notamment parce que Boghossian était l’auteur d’études volontairement ubuesques parues dans des revues scientifiques en 2018, dans le but de mettre en exergue les abus de certaines disciplines académiques. Aussi, peut-on lire, parce qu’il aurait osé questionner la pertinence de l’instauration de «safe spaces», ou d’une notion foisonnante telle que celle de l’«appropriation culturelle». C’en est assez pour devenir un démon, aux yeux de certains anges ne connaissant ni pêché ni pardon. En résultent des conditions de travail humainement lamentables, causées par la couardise de certains collègues délateurs espérant s’octroyer une immunité professorale, et la horde agglutinée de wokes voulant tout raturer, même l’enseignement. L’intolérance idéologique muée en harcèlement moral l’a conduit vers la démission, ne pouvant plus oeuvrer librement, ce qu’il s’astreint à expliquer dans sa lettre intégralement publiée le 8 septembre.

Evergreen: la contagion woke s’étend

Assurément, la liberté académique, pourtant érigée par la Cour Suprême des Etats-Unis comme un principe fondamental corrélé à la liberté d’expression, est bel et bien mise à rude épreuve, que ce soit à Portland ou à Evergreen.

Qu’est-ce que cela reflète sur le wokisme, si l’on s’éloigne de ce cas précis ?

D’abord, qu’il est bel et bien un mouvement d’éveil. Mais un mouvement d’éveil des absurdités de l’esprit individualiste, incapable de résoudre ses antinomies entre convictions «humanistes» et éducation décousue et irréfléchie fournie par le numérique. Ensuite, qu’il est le réceptacle des tares de l’individu moderne ; qui refoule autorité et verticalité, et n’importe quel ordre, fût-il moral, social, ou culturel. Enfin, que les chantres de la «gauche progressiste», croyant savoir manier le langage et la doctrine juridique des droits de l’Homme, sont les premiers à les bafouer.

Une redoutable censure

Ils brandissent dans leurs mains des pancartes revendiquant leurs droits à la liberté d’expression, d’association, de conscience, mais de leurs bouches jaillit un torrent destructeur qui sape ces mêmes prétentions. Écrire, parler et imprimer ne devrait être toléré que si le discours en question sied à ces redoutables censeurs, juges et procureurs.

Est-il bien étonnant que l’Université, jadis si prestigieuse, soit prise en otage par les zélateurs de ce fatras idéologique ? Nous répondrons que c’est absolument logique. L’Université transmet un savoir, et par définition, toute connaissance dépasse, par sa longévité et sa préexistence, l’élève qui la découvre. Cependant, le «wokisme» n’entend composer qu’avec ce qui est néo-compatible, autrement dit en adéquation presque mathématique avec la matrice de ses convictions : la maladroite réforme des idées révolutionnaires et marxistes.

On comprend alors que la figure du professeur, élevé par l’accumulation de savoirs et de réflexion, accrédité par son diplôme d’excellence, enseignant depuis sa chaire l’héritage des Anciens, suscite l’aversion des plus immodérés.

De la jeunesse mondialisée aurait pu surgir un élan proprement humaniste et acceptant les règles de la démocratie moderne, représentative et participative, jouant le jeu du sain pluralisme requis par toute société où chacun n’est pas un loup pour l’autre. Mais voilà, l’œcuménisme censément caractéristique du monde universitaire, le bouillonnement créateur et la liberté d’enseignement ne peuvent plus voguer sur l’océan de la connaissance, car les pirates éveillés, illuminés par leur pénombre, voient dans toute trace du passé un ennemi dangereux, qu’on ne peut combattre qu’en lui sabrant la langue. «Le peuple souverain étant partout, quand il devient tyran, le tyran est partout». Chateaubriand, Mémoires d’Outre-tombe.

Esteban Maillot

Tribune reprise de Causeur

Zemmour : le faire taire pour préserver le désordre ?, par Christian Vanneste

zemmour censure

On peut aimer ou non ce que dit Éric Zemmour. On peut le trouver courageux, voire génial, lorsqu’il s’évade allègrement du « politiquement correct » et exprime enfin ce que de nombreux Français souhaitent entendre. On peut admirer ses connaissances historiques et littéraires. Mais on peut aussi le trouver plus léger sur certains sujets, approximatif sur les chiffres. On peut, enfin, détester sa pensée. En revanche, le fait que tout soit mis en œuvre pour le faire taire est un signal inquiétant pour notre pays, le signe d’une dérive qui éloigne la France de la démocratie et, plus encore, de l’esprit français qui a précédé la démocratie.

Depuis bien longtemps, la liberté d’expression, le cheval de bataille de Voltaire, est assassinée, en France. Au XVIIIe siècle, c’était le combat de la liberté contre un certain ordre. Cette fois, on tue la liberté pour préserver le désordre, pour assurer le triomphe de notre décadence. Et les victimes de cette « terreur » intellectuelle et morale sont, paradoxalement, les conservateurs, ceux qui, comme la majorité des Français, souhaitent que la France demeure la France, sauvegarde sa culture et la transmette, assimile les étrangers qui viennent en France parce qu’ils l’aiment et désirent devenir français. Éric Zemmour est devenu le héros et le martyr de ce processus qui fait honte à notre pays.

L’extension regrettable des limites apportées à l’expression par les additions à la loi sur la liberté de la presse, ou par d’autres textes, dits « mémoriels », comme la loi Taubira sur l’esclavage, a permis d’enfermer le débat politique dans le risque pénal. La possibilité, pour des associations militantes, de jouer les commissaires politiques, de poursuivre les dissidents devant les tribunaux et d’obtenir leur condamnation grâce à la complaisance, voire à la connivence, de magistrats marqués idéologiquement ou soucieux d’obéir par carriérisme a totalement déséquilibré l’échange des opinions. Les pires stupidités sur l’islam, religion d’amour et de paix, sur le racisme systémique français ou sur les « genres » comme vérités des sexes ont permis à l’ignorance d’interdire la réflexion en accusant celle-ci de « phobie », islamophobie, homophobie, etc., c’est-à-dire de maladie mentale. L’URSS ne faisait pas autre chose à l’encontre de ses dissidents. Dieu merci, pour une fois, la CEDH veille puisque sa jurisprudence a établi que le débat démocratique pouvait justifier de dire des choses désagréables dès lors qu’il ne s’agit ni d’injures ni de diffamations. Néanmoins, les procès font mauvais effet, la pression s’accentue sur les médias, les annonceurs qui les nourrissent sont menacés et se montrent lâches. Les possibilités, pour un dissident, de s’exprimer peuvent aussi être réduites par la loi du marché.

Éric Zemmour a résisté aux vagues inquisitoriales. Il a survécu à des salves judiciaires et il a même joué du boomerang. Assenant certaines vérités à la limite de la provocation, il a gagné la bataille de la couverture médiatique : ses formules volontairement généralisatrices étaient des constats de faits réels dont le grossissement se voulait pédagogique. Elles ont fait mouche, et lorsque CNews lui a offert le remarquable plateau de « Face à l’info », animé par l’excellente Christine Kelly, il a fait un tabac. C’était une leçon pour Ruquier et France 2, d’« On n’est pas couché » ou pour Yves Calvi sur RTL. Récemment, Zemmour avait gagné un procès en appel. Mais c’est alors que le CSA, une autorité administrative fort peu indépendante, est venue porter l’estocade : Zemmour, qui n’est pour l’instant ni élu ni candidat, fait de la politique et il faut décompter son temps de parole. Le coup a atteint sa cible : CNews doit renoncer à Zemmour ! Comme si les Salamé, les Ruquier, les Duhamel, les Domenach, les Calvi, les Aphatie, les Fogiel, etc., ne faisaient pas de la politique, une politique qui explique ce qu’ils disent et pourquoi ils sont là.

On peut être d’accord ou non avec Zemmour, on peut souhaiter ou non qu’il soit candidat à la présidence de la République : on n’a pas le droit de le faire taire !

Christian Vanneste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Une « fachosphère de gauche » ? Michel Onfray dénonce le règne des nouveaux censeurs [vidéo]

Michel Onfray

15/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Fille des Lumières et du débat rationnel, la France serait aujourd’hui sous la coupe de nouveaux censeurs. Un pouvoir intellectuel qui ferait régner sa loi par l’omerta, la chasse aux sorcières ou la diffamation des pensées dissidentes. C’est du moins la thèse défendue par Michel Onfray, pour qui une certaine gauche n’a pas rompu avec ses penchants pour les autodafés.

Le philosophe est l’invité de Sputnik qui lui donne la parole pour évoquer son dernier ouvrage, Autodafés–L’art de détruire les livres (Éd. Les Presses de la cité).


Twitter désinforme en luttant contre la désinformation

L’été est une saison propice aux transformations ou annonces discrètes, souvent négatives, de l’augmentation du gaz aux nouvelles limitations de vitesse en ville jusqu’au nouvel outil de censure de Twitter, déjà bien armé dans le domaine.

Une solide expérience de censeur

Twitter s’était déjà illustré lors des élections américaines début 2020, en organisant une communauté de soi-disant fact-checkers, journalistes, tous libéraux libertaires de CNN au New York Times, au Washington Post et alia, pour « signaler les infox des politiciens américains ». En réalité pour favoriser à tout prix la candidature Biden en cachant entre autres les frasques politiques et économiques de Biden Junior.

Nous avons publié nombre de papiers sur le sujet, voir en particulier notre article de janvier 2021 sur le fondateur de Twitter Jack Dorsey. En janvier 2021 précisément Twitter présentait le projet Birdwatch (l’oiseau – le bleu, celui de Twitter – surveille), qui permettait à un utilisateur d’adjoindre au tweet d’un tiers une annotation incitant à la méfiance. Le système a été amplifié au printemps de la même année pour les tweets liés au Covid19.

Coucou, le 17 août Twitter s’adresse à ses utilisateurs

C’est la trêve estivale, la mi-août et c’est en deux tweets discrets que Twitter annonce sa nouvelle fonctionnalité qui permet de signaler un tweet comme trompeur. Le système avait été déjà utilisé pour l’élection américaine de 2020 avec le commentaire systématique « les élections américaines n’ont jamais été entachées de fraude » pour les observateurs inquiets des manipulations possibles sur les 71 millions de bulletins de vote par correspondance. Il est maintenant élargi aux catégories santé, politique et autre. Chacun et chacune pourra signaler un « mauvais tweet », les dénonciateurs sont à la fête.

Le persoptique

La nouvelle fonctionnalité sera testée aux États-Unis, Corée du Sud et Australie « avant de passer à l’échelle mondiale à d’autres zones ». Bentham avait inventé le panoptique, une prison où un seul gardien pouvait en un coup d’œil surveiller des centaines de détenus. Twitter fait mieux, il invente (osons un néologisme) le persoptique où chacun surveille chacun. Les Chinois vont adorer, les Européens peut-être moins mais ils le subiront. Bienvenue dans la société de surveillance mondiale et merci l’oiseau pour cette nouvelle cage, peinte en bleu peut-être ?

Texte repris du site Valeurs Actuelles

Le CSA en plein délire totalitaire contre Éric Zemmour

C’est officiel depuis ce 13 septembre au matin, Éric Zemmour ne participera plus à l’émission Face à l’info dont il était la figure de proue pendant deux années. Après avoir connu un succès d’audience et d’estime considérable, il est privé de cette émission par une décision incroyablement liberticide du CSA qui a décidé de tout faire pour l’empêcher de s’exprimer publiquement d’ici sa probable annonce de candidature. Retour sur cette décision alarmante avec Pierre Boisguilbert.

Ils n’ont pas trouvé le vaccin anti-Zemmour. Le taux de transmission du virus des vérités est très important. La contamination est en croissance exponentielle. Cette drôle d’épidémie produit de plus de nombreux anticorps, mais contre le discours officiel. C’est pourquoi le système menacé dans sa doxa n’a qu’une solution, il faut confiner le soldat Zemmour. Ils pensaient que la justice s’en chargerait. Mais, pour le moment les résultats ne sont pas à la hauteur. Le pouvoir a donc eu recours à un « machin » médiatique, le Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA). On doutait de son indépendance, on est maintenant convaincu de sa soumission.

Le CSA aux ordres

Le CSA demande aux médias de décompter les interventions de Zemmour de son temps de parole de la campagne présidentielle. Une forfaiture qui est une imbécillité, qui s’est déjà retournée contre ses auteurs et leurs inspirateurs. Zemmour est un éditorialiste et un polémiste ; l’empêcher de s’exprimer, c’est l’empêcher de travailler. Si demain il est candidat, ce serait une autre affaire mais pour le moment ce n’est pas le cas et sont donc appliquées à un non-candidat les règles réservées aux candidats. On attend avec impatience une décision décomptant du temps de Macron les éditoriaux en sa faveur dans les médias : rien qu’avec BFM TV, il n’aurait plus droit avant le vote à la parole !

Le CSA est critiqué, prudemment par Christine Kelly, ancien membre du Conseil mais, animatrice des chroniques zemmouriennes, elle passe certainement une mauvaise période. Le Conseil a aussi été étrillé par Françoise Laborde, ancien membre également du « machin », dans une démonstration aussi implacable que courageuse. On sait qu’elle est à l’opposé des idées du chroniqueur ce qui rend son réquisitoire encore plus convaincant : « Quelle honte ! Depuis quand le CSA censure les journalistes ? Ce CSA qui n’a jamais fait preuve du moindre courage, se discrédite définitivement… C’est une dérive très grave. ‘Je ne partage pas vos idées mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer.’ »

Hugo ou Lamartine ?

L’audience d’Éric Zemmour est forte et son discours porte. Il est limité cependant à ceux qui veulent l’écouter sur CNews. Or, le CSA lui donne une visibilité nationale et fait son jeu. Ce serait suspect si on ne connaissait pas la puissance la haine idéologique des bien-pensants autoproclamés à l’égard de ceux qui ne pensent pas comme eux et surtout qui le disent. La force de Zemmour tient en une formule : « Il dit tout haut ce que Marine Le Pen n’ose même plus penser tout bas. ». Il faut donc limiter au maximum sa liberté d’expression. Car si le virus de la France Française se propage et que Zemmour passe dans les sondages les 10 %, cela pourrait tout changer. Il peut vouloir aussi se présenter uniquement pour témoigner et porter ses idées au plus haut niveau du débat politique français, la présidentielle. S’il le fait, il manifestera un courage moral très rare, car rien ne lui sera épargné.

La justice n’a pas dit son dernier mot, on traquera ses homards et ses costumes, le financement de ses soutiens, des relations sexuelles fantasmées ou inventées. Il prendra le risque de tout perdre son statut médiatique mais aussi sa vie privée, sa famille souffrira. Un suicide, lui disent certains de ses amis. Les suicides sont souvent glorieux mais presque toujours inutiles. Que reste-t-il au Japon de celui de Mishima et, en France, de celui plus récent de Dominique Venner ? Il aurait été plus utile en continuant son combat intellectuel, même désespéré. Faut-il être Hugo ou Lamartine ?

Seul Zemmour pourra apporter sa réponse et son choix, quel qu’il soit, sera honorable.

Pierre Boisguilbert

Tribune reprise de Polémia

Covid et pass sanitaire – Laurent Mucchielli – “Il n’y a pas de consensus scientifique unique, c’est une escroquerie” [vidéo]

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07/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Une tribune de plus de 1000 chercheurs, universitaires, soignants, juristes, artistes et enseignants se pose une question majeure : en ces temps d’état d’urgence sanitaire, a-t-on encore le droit d’exercer son esprit critique en France ? André Bercoff reçoit Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherche au CNRS, signataire de cette tribune publiée sur le site Quartier Général.

Dans cette tribune, les signataires dénoncent ainsi la censure inédite opérée autant par les médias que par les GAFAS au sujet de tout ce qui contredit le discours officiel sur le Covid. Chasse aux sorcières, règlements de compte, rien n’est épargné aux personnes qui contestent le bien-fondé du pass sanitaire, et réclament simplement plus de transparence concernant le processus vaccinal, ainsi qu’un débat contradictoire sur la stratégie sanitaire nationale.


Censuré sur Instagram – Éric Zemmour : « Certains doivent se dire qu’il est urgent de me faire taire »

zemmour

Alors que son compte Instagram a été fermé ce jeudi matin pour des raisons encore inconnues, mais que l’on peut sans peine prédire, le journaliste et essayiste s’exprime en exclusivité pour L’Incorrect sur la censure dont il fait l’objet.

Votre compte Instagram a été fermé ce matin : pensez-vous que la doxa est désormais prête à tout pour censurer ?

La censure dont je viens de faire l’objet de la part d’Instagram – réseau, je le rappelle, détenu par Facebook – montre que les GAFAM ne veulent plus voir une seule tête dépasser. Non contents d’échapper à la plupart des régulations du fait de leur taille gigantesque, les GAFAM cherchent donc à réguler eux-mêmes chaque débat national en censurant ceux qui leur déplaisent. Personne ne doit pouvoir contester l’idéologie inclusive et multiculturelle en vigueur en Californie. Ils sont en train de transformer internet en un campus américain géant !

On assiste à l’alliance, qui peut faire sourire, entre les géants américains de la Tech, toujours plus ivres de leur pouvoir, et des activistes d’extrême gauche qui, ne supportant plus d’entendre des opinions qui les dérangent, les dénoncent en meute sur les réseaux sociaux avec leurs raids de signalements. Ce n’est plus « le vice appuyé sur le bras du crime » de Chateaubriand, c’est la délation rageuse appuyée sur les monopoles privés ! D’ailleurs, l’extrême gauche n’est pas la seule en cause : les gouvernements français et européens encouragent aussi ces entreprises à se faire police de la pensée.

En réalité, les GAFAM ne supportent pas les frontières car leur zone de jeu est mondiale et que cela leur permet d’échapper à toute régulation efficace. Ils sont donc engagés dans une lutte féroce contre tous ceux qui défendent l’identité des peuples et des nations. Ce n’est donc pas une surprise qu’ils s’en prennent d’abord à moi en France.

En réalité, ce type de réaction témoigne d’une panique totale de la part du politiquement correct. La doxa et le conformisme se radicalisent à mesure qu’ils perdent pied dans l’opinion publique. Ayant perdu la bataille des idées, ils voient dans la censure leur ultime recours.

Peut-on comparer cette censure à celle qui a frappé Donald Trump sur Twitter ?

Trump avait montré la redoutable efficacité des réseaux sociaux pour dynamiter la doxa médiatique. Il devait être puni. Les GAFAM ont appris de leur laxisme. Ils ont vu la possibilité démocratique qu’ils avaient offerte et ils ne veulent plus voir se reproduire ce qu’ils ont considéré comme un hold up populiste.

Pour Donald Trump, les GAFAM, à commencer par Twitter, ont feint de disposer d’un prétexte, avec le discours de l’ancien Président américain juste avant les incidents au Capitole. Officiellement, ils prétendaient lutter contre la violence politique. Bien entendu, il n’en était rien et leur entreprise était déjà clairement idéologique.

Désormais, les GAFAM ne semblent plus s’encombrer de prétextes. Ils censurent et puis c’est tout. Bien entendu, ils ne tapent pas au hasard : si je suis ciblé aujourd’hui, c’est bien parce que j’incarne l’opposition résolue au politiquement correct et à la déconstruction de l’identité de ma patrie, la France. Pour susciter de telles réactions démesurées, certains doivent se dire qu’il est urgent de me faire taire.

Comment comptez-vous réagir ?

D’abord, il faut protester et alerter l’opinion pour qu’elle fasse pression sur eux et je remercie tous les responsables politiques, quel que soit leur positionnement sur le spectre politique, qui se sont insurgés contre cette censure. Je remercie également les très nombreux témoignages de soutien que j’ai reçus depuis ce matin et tous ceux qui ont signé la pétition pour la liberté d’expression sur jesoutienszemmour.fr

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Jean Messiha : « Les GAFAM, c’est un outil, mais aussi une idéologie »

Jean Messiha

Tandis que son compte Twitter est suspendu, Jean Messiha dénonce cette logique de harcèlement et de censure de plus en plus pesante. Il appelle à une nouvelle jurisprudence concernant les réseaux sociaux. « Seule la loi permet d’interdire à quelqu’un de dire ou pas quelque chose. »

Pourquoi votre compte Twitter a-t-il été suspendu ?

J’ai reçu un certain nombre de messages contradictoires de Twitter dans lesquels ils me reprochent de diffuser soi-disant des fausses informations sur le Covid. Puis ils mentionnent un tweet où je dénonce le comportement criminel de certains migrants. Donc je n’ai pas très bien compris. J’ai fait appel de cette décision, pour l’instant elle n’a pas été examinée. J’ai déjà eu maille à partir avec l’oiseau bleu à plusieurs reprises. Mon compte avait toujours été rétabli. La dernière fois j’ai été suspendu pour neuf jours et face au tollé provoqué et au fait que ce n’était pas justifié, mon compte a été rétabli en moins de 48 heures. J’espère que cette censure n’en est pas une. Elle résulte de la mobilisation de certains comptes malveillants qui font sauter le mien pour un oui ou pour un non.

Comment expliquez-vous la censure que l’on remarque sur les réseaux sociaux ?

Derrière cette censure, il y a l’idéologie des patrons qui gèrent les plates-formes, ce sont les mêmes qui gèrent les GAFAM dont Twitter fait partie. Les GAFAM sont à la fois un outil et une idéologie gaucho-progressiste. Par conséquent, à travers ce prisme idéologique, une censure s’exerce à l’endroit de toutes les voies qui peuvent écorner cette vision gaucho-progressiste du monde sur de nombreux sujets, à commencer par celui de l’immigration. Lorsque j’ai eu maille à partir avec Twitter, c’était toujours sur le sujet d’immigration. Je n’ai jamais incité à la haine, je prends mille et une précautions pour ne pas faire d’amalgame et ne pas stigmatiser une catégorie. Je parle toujours de certaines immigrations, je dis toujours « des migrants » et non pas « les migrants » car ils ne sont pas tous comme ça. Mais Le simple fait de critiquer de quelque façon que ce soit, certaines immigrations ou certains migrants, ils vous censurent, comme s’il n’était plus possible de parler d’immigration sauf pour en dire du bien. Je ne suis pas d’accord avec cela et je continuerai à dire les choses telles qu’elles sont : il y a de bonnes immigration et de mauvaises immigrations. Quand certains migrants s’illustrent par des actes héroïques, je le souligne, mais lorsque vous en avez qui se livrent à des crimes, à des délits ou à des agressions sur notre territoire, il n’y a aucune raison de le taire. Ce n’est pas qu’une succession de faits divers, c’est un phénomène.

Pensez-vous que des plates-formes secondaires comme Signal ou Telegram par exemple puissent garantir une meilleure liberté d’expression sur Internet ?

À ce jour ma page Facebook est sur le point d’être dépubliée, mon compte TikTok est également censuré, je ne sais pas pourquoi car je n’ai rien publié de condamnable, et même le compte de l’institut Apollon sur lequel nous publions des choses factuelles subit lui aussi une censure. Ce n’est pas du hasard, cela relève d’une logique de harcèlement de ceux qui pensent mal ou qui pensent contre le système. Il y a une censure à l’œuvre.

Ces réseaux sociaux sont devenus un outil politique, public. Il faut faire en sorte que les réseaux sociaux ne soient plus de l’ordre de la gestion privée car ils permettent une expression publique. Leur gestion doit relever de la loi. Seule la loi et la justice peuvent interdire à quelqu’un de dire ou pas quelque chose. Il n’appartient pas aux plates-formes privées de vous censurer.

Sur les plates-formes alternatives, le ton y est plus libre mais c’est un peu un entre-soi où l’on retrouve tous ceux qui ne peuvent s’exprimer librement sur les autres réseaux sociaux. Or un réseau social est aussi un outil de communication qui permet « d’évangéliser » des publics éloignés des positions politiques qui sont les nôtres. Avoir un réseau où tous les bords politiques sont représentés favorise une certaine émulation intellectuelle et une qualité du dialogue qui doit rester pluraliste, dans le respect de toutes les convictions politiques des uns et des autres, dans le cadre défini par la loi.

Mais les grands réseaux sociaux sont des entreprises privées…

Oui, mais à partir du moment où on admet l’idée que la communication politique et la santé démocratique dépendent aussi de la vitalité et de la pluralité des réseaux sociaux, on voit bien que ces entreprises sont exorbitantes du droit commun.

On ne peut pas traiter les entreprises Facebook et Twitter, sur lesquelles s’expriment des milliards de personnes au niveau mondial, comme le vendeur de yaourts du coin qui lui aussi est une entreprise. Cela va au-delà de la notion d’entreprise. Ce sont des réseaux qui structurent la démocratie, la liberté d’opinion et d’expression. À partir de là, c’est exorbitant du droit commun, la législation doit donc s’appliquer à ces réseaux sociaux et à terme il faut les transformer en biens publics. Leur contenu doit relever de la loi. Les suites juridiques qui vont être réservées à cette censure – comme le fait le président Trump contre Twitter et Facebook – vont peut-être accoucher d’une jurisprudence qui modifiera l’environnement et le cadre législatif dans lequel ces réseaux sociaux exercent leur activité.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

La justice française ordonne à Twitter de détailler ses moyens de lutte contre la “haine en ligne”

Twitter

La justice française a ordonné mardi à Twitter de communiquer, dans un délai de deux mois, des documents détaillant ses moyens de lutte contre la “haine en ligne”. Un pas de plus vers la censure de la parole dissidente ?

SOS Racisme, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et SOS Homophobie, entre autres, avaient assigné le réseau social devant le tribunal de Paris en mai 2020 en estimant que l’entreprise manquait de façon “ancienne et persistante” à ses obligations de modération.

Les parties se sont engagées dans une médiation qui a échoué et amené le dossier devant le tribunal le 26 mai.

A l’audience, les six associations avaient demandé en référé (procédure en urgence) qu’une expertise soit ordonnée afin de dissiper “l’épais mystère”, selon elles, qui entoure la modération des contenus haineux sur Twitter et d’engager, par la suite, des poursuites contre le réseau social.

Dans sa décision mardi, le tribunal a écarté l’expertise mais ordonné à Twitter international la communication de “tout document administratif, contractuel, technique ou commercial relatif aux moyens matériels et humains mis en œuvre” pour “lutter contre la diffusion des infractions d’apologie de crimes contre l’humanité, d’incitation à la haine raciale, à la haine à l’égard de personnes à raison de leur sexe”.

La société devra aussi, ajoute le tribunal, détailler “le nombre, la localisation, la nationalité, la langue des personnes affectées au traitement des signalements provenant des utilisateurs de la plateforme française”, “le nombre de signalements”, “les critères et le nombre des retraits subséquents” ainsi que “le nombre d’informations transmises aux autorités publiques compétentes, en particulier au parquet”.

Ces communications portent sur la période allant de l’assignation en justice, le 18 mai 2020, à la date de la décision mardi.

Le réseau social, qui a la possibilité de faire appel, a dit étudier cette décision.

Twitter s’est pleinement engagé tout au long de la procédure et a travaillé de concert avec les associations pour tenter de trouver un accord, notamment dans le cadre de la médiation“, a assuré un porte-parole à l’AFP.

Notre priorité absolue est d’assurer la sécurité des personnes utilisant notre plateforme“, a-t-il ajouté, en précisant que l’entreprise s’était engagée “à construire un internet plus sûr, à lutter contre la haine en ligne et à améliorer la sérénité de la conversation publique“.

Texte repris du site Sud Radio

Ils intimident, ils censurent, ils appellent au boycott… Ceux qui veulent nous faire taire