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Immigration: le débat promis ne viendra pas – En France, il est (toujours) interdit de parler de ce sujet

En plus d’annoncer aux gilets jaunes des mesures économiques en trompe-l’œil, le président Macron évoquait, le 10 décembre dernier, la tenue d’un débat sur l’immigration. Mais comme les fois précédentes, la causerie nationale sera probablement biaisée.

L’autre soir, tandis que le président de la République menait l’opération Enfumage d’hiver devant vingt millions de Français, il évoqua, parmi les cinq débats donnés à son bon peuple comme un os à ronger, la tenue d’un sur le thème de l’immigration. Trop concentrée, à juste titre, sur les offrandes économico-sociales du jeune premier d’Amiens, la presse ne creusa pas immédiatement ce point.

Au bon souvenir de Sarkozy

Une fois prouvée l’entourloupe de la hausse du SMIC et de la baisse de la CSG, des journalistes, les plus émotifs, les plus obsédés, s’attaquèrent à cette annonce parfaitement imprévisible. Il faut comprendre que nombre de journalistes, en leur qualité de gardiens d’une certaine idée de la démocratie, se sont difficilement remis de la création, en 2007, d’un ministère dédié à l’immigration. En ce temps-là, Nicolas Sarkozy, à la droite d’Hitler selon Le Nouvel Obs, venait d’être élu « sur la peur » de l’étranger. Le fidèle Hortefeux, avec ses airs d’assureur libertin de sous-préfecture, recevait ce maroquin de la honte. La presse de gauche, le monde universitaire, les chansonniers voyaient déjà des rafles et des trains filant vers la Pologne. L’heure était à la résistance.

Finalement, bien sûr, il n’y eut ni rafles ni trains. Ici comme ailleurs, Nicolas Sarkozy s’arrêtait au stade de l’annonce ou plutôt de son effet. Gouvernant par les « signes », la « séquence identité » était destinée aux électeurs du FN, qu’il voulait séduire en irritant les immigrationnistes. Très vite, la dureté affichée durant la campagne – « La France, tu l’aimes ou tu la quittes » – et juste après céda la place au sempiternel « comme avant ».

Loin de brider les flux migratoires, Hortefeux fit mine de les organiser, se payant au passage une chouette tournée en Afrique durant laquelle il signa des accords sans consistance avec plusieurs États. Ces images rassuraient peut-être le militant UMP convaincu que la vie est une négociation. Mais en vérité, le rythme des arrivées sur le territoire français ne diminua pas ; celui des reconduites aux frontières, non plus.

Les paroles, les paroles, les paroles…

En fait d’immigration choisie, il s’agissait bien davantage, comme avant, du choix de l’immigration, supposément indispensable au fonctionnement de notre pays et de toute façon techniquement et humainement impossible à juguler. Éric Besson, le Iago de la Drôme, devait reprendre le flambeau. Décevant dans le rôle de Goebbels, il déclarait notamment en janvier 2010 à La Courneuve : « La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France du métissage. » Cette profession de foi et la réalité de la politique migratoire du gouvernement Fillon auraient dû apaiser les immigrationnistes ; toujours insatisfaits, ces derniers continuaient de définir le quinquennat en cours comme un Reich de cinq ans. C’est le simple fait de vouloir, du moins en mots – et ça ne va jamais plus loin, et ça ne dépasse jamais le temps des campagnes électorales – contrôler les flux migratoires qui leur est insupportable ; ils ne consentiront à sourire que lorsque la planète entière habitera la France. Depuis cette époque, en tout cas, nul n’avait osé chatouiller le parti de l’Autre.

Depuis 1976, on n’a jamais demandé aux Français leur avis sur l’immigration

Ce ne sera pas aujourd’hui non plus. Quelques jours après l’annonce de ce débat qui nous aurait évidemment ramené « aux heures les plus sombres de notre histoire », Matignon l’a enterré. Énième couac au sein de l’exécutif, qui les a multipliés durant cette crise, manifestant un terrible amateurisme ? Pression des députés de la majorité redoutant de devoir broder sur un thème qui au mieux les indiffère, au pire les dégoûte ? Au fond, peu importe pourquoi. Qui a pu croire un seul instant, sinon les immigrationnistes cachés dans un maquis imaginaire, que le président de la République était prêt à affronter ce sujet pourtant capital ? Depuis 1976 et le regroupement familial, on n’a jamais demandé aux Français leur avis sur l’immigration. Comment Emmanuel Macron, champion libéral, pourrait-il rompre le silence imposé par ceux pour qui le monde doit être un flux permanent de biens et de personnes ? Comme Hollande avait, dans un moment d’égarement, songé à l’évidente déchéance de nationalité pour les islamistes binationaux enragés, son ancien ministre de l’Économie, sans doute pour sonder sa gauche, a laissé échapper cette idée de débat. Le jour-même, un vague secrétaire d’État avait signé au nom de la France le pacte de Marrakech. C’est encore mieux que de la duplicité : ces gens-là nous prennent vraiment pour des imbéciles.

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Emmanuel Macron propage la fiction selon laquelle “l’islam des Lumières” serait le “véritable islam” ou “l’islam de toujours”

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Elisabeth Lévy

Un Bistro Libertés qui pique avec la chipie Elisabeth Lévy

29/05/2017 – FRANCE (NOVOpress) : La polémiste et essayiste Elisabeth Lévy, fondatrice du magazine Causeur, était l’invité du Bistrot Libertés animé par Martial Bild, sur TV Libertés. Comme toujours avec celle qui « aime bien la bagarre », il n’y a pas eu de concession à la langue de bois. Une émission qui pétille, entre anecdotes et sujets de fond.

  • Et si Emmanuel Macron réussissait ?

On moquait sa candidature, il est devenu le huitième président de la République. On disait la France au bord du Frexit, elle se choisit un chef d’Etat ouvertement libéral et européen. On le disait léger et faible, il redonne crédit et rigueur à la fonction présidentielle et il dynamite les partis politiques institutionnels. Et si, contre toute attente, Emmanuel Macron réussissait ?

  • Quartier de la Chapelle à Paris : une « no-go-zone » interdite aux femmes ?

Dans les quartiers de la Chapelle et Pujol dans le XVIIIe arrondissement de Paris, les femmes sont une espèce en voie de disparition, victimes d’insultes et de harcèlement. Si certains dénoncent l’instauration d’une « no-go-zone » en plein cœur de la capitale, d’autres regrettent l’utilisation de prétextes féministes à des fins racistes. La Mairie de Paris assure qu’elle s’occupe de la situation. Quelle est la situation réelle vécue par les habitants de cet Est parisien ?

  • Donald Trump et la « bataille entre le Bien et le Mal ».

Lors de son discours sur l’Islam, prononcé le dimanche 21 mai à Ryad en Arabie saoudite, le président américain a évoqué une « bataille entre le Bien et le Mal » et a appelé les pays du monde à isoler la nation iranienne, jugée responsable du terrorisme.
Doit-on parler d’un changement total de ton de la part de Donald Trump ? Et peut-on évoquer un changement de politique des Etats-Unis dans cette partie sensible du monde ?

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Mais si, François Hollande a inversé une courbe: celle de la natalité

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elisabeth-levy

Elisabeth Lévy : “Youpi, la haine est finie!”

08/05/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Dans une tribune publiée sur le site Causeur, Elisabeth Lévy revient sur le résultat de l’élection présidentielle tout en dénonçant “les manigances qui ont plombé l’avant premier tour” et “l’entre-deux-tours [qui] aura pris les allures d’une quinzaine de la haine, et même de toutes les haines.”

Extraits :

Toutes les haines, bien sûr, n’ont pas joui du même statut. Dans les médias, et chez les people, la haine du Front national et de sa candidate ne se discutait pas, on l’encourageait comme un devoir civique. Forcément, puisque c’était « la haine contre la haine », excuse admirable et tordante (il faudra m’expliquer un jour pourquoi cette haine de la divergence au nom de l’amour de la différence ne fait pas hurler de rire tout le monde). On aura aussi découvert la haine de l’abstentionniste, traité d’irresponsable, de crétin ou de lepéniste passif. Sans oublier les admonestations de François Hollande, jusqu’au jour du vote où son appel cousu de fil blanc à voter Macron, en violation flagrante de la loi, a bien dû rapporter quelques voix à sa rivale.

Tous les commentateurs l’ont noté, les résultats du premier tour ont esquissé le tableau d’une France divisée, entre gagnants et perdants de la mondialisation, entre oubliés et chouchous de l’histoire – bref une France qui ressemble sacrément à celle de Christophe Guilluy, avec ses métropoles qui votent bien et sa périphérie qui vote mal.


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Elisabeth Lévy : «Les Français veulent qu’on leur parle de la France !»

10/04/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Elisabeth Lévy a répondu aux questionx de FigaroVox à l’occasion de la sortie du dernier numéro de Causeur consacré à l’élection présidentielle. Elle invite les candidats à répondre à la question : «Qu’est-ce qu’être Français ?».

Selon elle, il devient absolument urgent de définir ce qu’est être Français :

Il me semble que le besoin de se définir est inhérent aux collectivités humaines. Pour que vous acceptiez de payer ma retraite, et je compte bien sur vous!, il faut que nous ayons le sentiment d’être embarqués dans le même bateau. D’aucuns vous diront que le bateau c’est l’espèce humaine, mais toute l’existence concrète prouve que nous avons besoin d’autres appartenances. Cela dit, je vous concède que de l’existence concrète, de l’être-français au ras des paquerettes, il n’en est guère plus question. Comme disait Gombrowicz à propos de la littérature, dans un passage du Journal que Muray adorait, cette campagne «manque singulièrement de pantalons et de téléphones», mais aussi de paysages, de rues, de visages, de morts, de noms. Quand ils parlent de la France, même dans les colonnes de Causeur, les candidats ont du mal à quitter les sommets de l’abstraction et de la proclamation pour nous faire voir, entendre ou sentir notre pays et sa drôle d’humeur. Il nous faudrait un Chateaubriand. Et un Tocqueville. Quoi qu’il en soit, au moment où nous nous apprêtons à désigner celui ou celle qui sera pendant cinq ans le garant de l’unité nationale, faisons au moins semblant de croire que ça a de l’importance et que nous ne choisissons ni un chef de service ni l’adjoint de madame Merkel. Tout le monde se réjouit de ce que la question identitaire n’ait pas plombé la campagne: ainsi la proposition de Marine Le Pen d’interdire tout signe religieux dans l’espace public n’a-t-elle pas suscité l’ombre d’un débat. Au pays des Lumières, on élude les questions qui fâchent, et il faut en plus applaudir parce que les délicates narines de la gauche neu-neu auront été épargnées!

Six candidats ont été interrogés mais Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont préféré ne pas répondre :

Nous en avons interrogé six, mais Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ne nous ont pas répondu. Nous publions donc les réponses de Nicolas Dupont-Aignan, François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Et, sauf pour le premier, ce sont des entretiens réalisés par écrit ce qui interdit d’asticoter l’interlocuteur et de pointer ses contradictions, les lecteurs les pointeront. Bien sûr, chacun tente de rassurer le lecteur/électeur sur ses points faibles: le terranovisme pour Macron, la mondialisation pour Fillon et l’autoritarisme pour Le Pen. C’est de bonne guerre. Ce qui m’a frappée, ce ne sont pas les différences mais les convergences: tous parlent de la fierté d’être français, qu’il faut retrouver, de la langue française qu’il faut défendre, et même Emmanuel Macron, qui a répondu personnellement, ce dont je le remercie, «fait du Causeur» en proclamant que «la France n’est pas et ne sera jamais une nation multicuturelle». Fort bien mais alors pourquoi diable est-il allé, à Marseille, draguer les communautés? Alors ne mentons pas: on reste sur sa faim.


Causeur France

Fillon, Dupont-Aignan, Marine Le Pen et Macron parlent de la France dans Causeur

04/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « Parlez-nous de la France ! », titre le dernier numéro de Causeur, qui affiche en couverture les portraits des six principaux candidats à l’élection présidentielle. Quatre d’entre eux, François Fillon, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Emmanuel Macron ont répondu aux questions du magazine dirigé par Elisabeth Lévy sur les thèmes de l’identité, de la laïcité et de la nation. « Je ne suis pas un rêveur de la mondialisation heureuse », affirme François Fillon, tandis que Marine Le Pen clame : « Je ne serai pas le vice-chancelier d’Angela Merkel » ! Pour Nicolas Dupont-Aignan, « ceux qui n’acceptnt pas le pacte républicain ne sont pas les bienvenus ». La surprise vient du titre de l’entretien avec Emmanuel Macron, qui prétend penser que « la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle » !

A lire aussi, dans ce même numéro, les commentaires, par Alain Finkielkraut, de la diatribe de Christine Angot à l’encontre de Fillon, et un entretien avec François Bousquet, auteur de La Droite buissonnière, pour qui « la droite méprise le combat idéologique ».


Causeur #45 – Avril 2017 par causeur

Pour Causeur, Emmanuel Macron, c’est « Au secours, Hollande revient ! »

02/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Emmanuel Macron fait la une du nouveau numéro de Causeur, mais le n° 44 daté de mars 2017 du magazine dirigé par Elisabeth Lévy n’est pas franchement à sa gloire, contrairement à celles de quasiment toute la presse magazine. Pour Causeur, la perspective de l’élection de Macron à la présidence de la République, c’est « Au secours, Hollande revient ! » Extrait de la présentation de ce numéro par son rédacteur en chef, Daoud Boughezala.

Causeur Couv Macron« Je vous aurais ri au nez. Il y a trois mois, si vous vous étiez hasardé à pronostiquer l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée, cette (mauvaise) blague m’aurait fait hausser les sourcils.  Mais voilà, le Penelopegate étant passé par là, le pédalo Hamon peinant à dépasser sa voiture de croisière, voici l’ancien ministre de l’Economie intronisé nouveau favori des sondages, assuré de son élection s’il se retrouvait opposé à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Sur l’Algérie française, la Manif pour tous, le passé, le présent et l’avenir, le fils prodigue de Hollande n’est pas à une contradiction près.

Comme le relève malicieusement Elisabeth Lévy, de louvoiements en volte-face, le candidat En marche accorde “cinq minutes pour Jeanne d’Arc, cinq minutes pour Steve Jobs“. A force de vouloir “plaire aux pieds-noirs et aux descendants d’immigrés, aux bobos et aux cathos, il risque évidemment de décevoir tout le monde“.

Un peu à la manière de Hollande, le panache d’un télévangéliste thaumaturge en plus. Conciliant les contraires, Macron incarne le “candidat des milliardaires et des sous-prolétaires » dans la « pure logique de la mondialisation“ pour Jean-Luc Gréau. D’après notre ami économiste, “le candidat du système coupe le pays en deux : d’une part, la France bénéficiaire de la masse de nos aides sociales, mais exonérée de charges sociales ou fiscales, et, d’autre part, la France qui paie plein pot pour bénéficier de la même protection sociale“.

Quoi qu’en dise le chouchou des sondages, l’économie n’explique ni ne résout tout. Ainsi Alain Finkielkraut se désole-t-il de sa “vision économique du monde“ : “Quand il s‘y tient, il laisse échapper l’essentiel. Quand il en sort, il déraille. Et quand il veut se rattraper, il déraille encore“ […]

A Lyon, Luc Rosenzweig a néanmoins rencontré le noyau de l’appareil militant macronien constitué par le maire rhodanien Gérard Collomb, qui fournit un ancrage local à cet ancien conseillé du prince étranger au suffrage universel.

“Surtout si vous n’êtes pas d’accord“, dit notre slogan. Aussi notre camarade macronien lucide Hervé Algalarrondo soutient mordicus le champion de la grande coalition centriste, à une réserve près : EM “assure vouloir réconcilier les deux France, mais en oublie une et de taille : celle des ouvriers et des employés !“ […] »


Causeur #44 – Mars 2017 par causeur