Le sort de Théo blessé par un flic blanc continuera à être évoqué. Théo assassiné par un migrant noir sera bien vite oublié

Régionales 2021 – Pourquoi la Corse ne s’est pas abstenue? Entretien avec Paul-François Paoli

Corse élections

Avec un taux d’abstention record de 66,7%, le premier tour des élections régionales 2021 devient le scrutin le plus boudé sous la cinquième République. Une région se distingue: la Corse où le taux d’abstention a été bien plus bas (42,92%).

L’essayiste Paul-François Paoli y voit la manifestation de la passion politique des Corses qui, à travers leur vote, expriment la défense de leur insularité. La collectivité territoriale corse n’est pas perçue comme une entité administrative abstraite, mais comme une instance destinée à préserver leur identité.

Causeur. Pourquoi la mobilisation électorale a-t-elle été au rendez-vous sur l’île de Beauté ?

Paul-François Paoli. Il y a sans doute plusieurs raisons. La première est que les Corses aiment depuis toujours la politique. Ils aiment débattre et discuter politique notamment en famille. En Corse, la politique y est très personnalisée. On vote parfois plus pour un homme que pour un parti. C’est un petit pays où chacun se juge et se jauge. La réputation personnelle d’un candidat, sa compétence et son intégrité jouent aussi parfois plus que son idéologie politique. Au-delà de cette attitude traditionnelle, si les Corses se sont massivement déplacés, c’est qu’ils se sentent concernés par des élections qui traitent de questions locales très concrètes. En primant leurs listes nationalistes, ils ont rappelé qu’ils ne s’identifient pas aux élites “hors-sols” de Paris. La Corse est l’expression même du clivage entre Anywhere et Somewhere mis en évidence par l’anglais David Goodhart. Les Corses sont attachés aux hommes politiques pour qui ils votent et qu’ils connaissent parfois personnellement – ou du moins croient connaître !

Les Corses ont l’impression que la France est à la dérive: dérive migratoire, dérive des mœurs avec la vague de l’antispécisme, du féminisme radical ou de l’arrogance du lobby gay…

Si les Corses sont allés massivement voter dimanche (57%), n’est-ce pas surtout lié au statut particulier de la collectivité territoriale et aux pouvoirs élargis du président de l’exécutif, capable de peser plus sur le destin de l’île ?

Sûrement. S’il n’y a pas eu cette désaffection massive qui a marqué le premier tour sur le continent, c’est donc parce que le vote dans un sens ou dans un autre est censé avoir des conséquences concrètes dans la vie locale des Corses. Par ailleurs, la forte mobilisation en faveur de Gilles Simeoni n’est pas un hasard. Simeoni jouit d’une excellente réputation. Maîtrisant parfaitement l’art oratoire, c’est un tribun qui a du charisme. C’est très important en Corse où il faut savoir s’imposer par la parole. Enfin il est capable de rassembler des électeurs qui ne font pas partie de son camp politique grâce à son intégrité incontestable, une qualité précieuse sur une île où l’emprise de la mafia est importante, si l’on en croit les experts.

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Les sourds et la muette – Des Gilets jaunes en uniforme?

Macron militaires

Il flotte un petit air de Gilets jaunes dans les casernes.

On dira que le pouvoir l’a bien cherché. Après la publication de la première tribune, celle des généraux en retraite qui s’alarmaient du délitement de la France, la macronie s’est répandue en criailleries hors de propos, dénonçant factieux, putschistes et autres séditieux. Rejoignant en cela le chœur des vierges de gauche qui, entre deux assassinats de policiers, entendaient des bruits de bottes. Quant à la ministre des Armées, droite dans les siennes, elle a réagi en parfait petit chef, promettant sanctions et tracasseries à des vieux de la vieille qui, deuxième section ou pas, ont quitté l’armée d’active. Il aurait peut-être suffi d’un mot présidentiel, laissant entendre que, malgré tout, le message était passé et qu’on entendait en haut lieu les inquiétudes de ces fidèles serviteurs de l’État, pour désamorcer la suite.

À l’armée, le respect des anciens n’est pas seulement un slogan compassionnel destiné à montrer sa bonté. Le mépris et les sarcasmes déversés sur des hommes qui, quoi qu’on pense d’eux, ont accepté (par contrat) de risquer leur peau pour nous et pour pas un rond, semblent en avoir énervé plus d’un dans les popotes et mess. D’où la tribune numéro deux, signée par des militaires d’active placé sous le patronage du couplet des enfants de La Marseillaise – qui commence par « Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus » et se termine par « nous aurons le sublime orgueil de les venger ou de les suivre ». Les signataires font les deux à la fois pour leurs anciens, plantant au passage une sacrée épine dans le pied de l’exécutif.

Il est assez curieux de leur reprocher leur anonymat quand on se pâme devant le moindre « lanceur d’alerte » dénonçant les turpitudes de son entreprise, de son institution ou de son patron, qu’on s’émerveille devant metoo et sa cohorte de mains dans la culotte de ma sœur alléguées tout aussi anonymement et sans preuve. L’ami Geoffroy Lejeune, patron de Valeurs actuelles, garantit que les signataires initiaux sont effectivement des soldats d’active (et bien entendu je le crois, mais j’ignore quelle proportion des 163 137 signataires enregistrés lundi à 17 heures ils représentent). On voit mal comment ils parleraient ouvertement puisque cela leur est interdit, et cela vaut pour tous les fonctionnaires astreints à un devoir de réserve. Personne ne s’indigne parce que le Watergate a été déclenché et mené de bout en bout par un officier de renseignement. Gorge profonde a transgressé toutes les règles de son institution, sans doute parce qu’il pensait que l’intérêt supérieur du pays l’exigeait.

Cette tribune s’adresse personnellement au président de la République, aux ministres, parlementaires et officiers généraux. Le « délitement » a cédé la place à la « déchéance ». Et cette déchéance, écrivent-ils, « précède l’effondrement ». Il y est question des « camarades qui ont offert leur peau pour détruire l’islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol ». De leur expérience dans Sentinelle, ils tirent un portrait douloureux de notre pays : « Nous voyons la violence dans nos villes et villages. Nous voyons le communautarisme s’installer dans l’espace public, dans le débat public. Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme. » Aussi, ils en sont certains : « la guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement ». En réalité, personne ne peut savoir parfaitement qu’une guerre civile couve. J’ignore quant à moi si cette phrase relève de la lucidité du désespoir ou d’un pessimisme excessif. Que la France soit traversée par de multiples fractures, il faudrait avoir été en hibernation depuis dix ans pour l’ignorer. Sommes-nous pour autant proches de la guerre civile, j’ai du mal à le croire mais peut-être devrai-je reconnaître dans un futur proche que j’étais une somnambule. On laissera chacun se faire son idée, laquelle varie d’ailleurs au gré de l’actualité et de l’humeur.

En attendant, contrairement à mon cher William Goldnadel, et en dépit et de l’admiration que m’inspirent ceux qui choisissent le métier des armes, je ne signerai pas ce texte des deux mains, ni d’aucune d’ailleurs.

Inutile de jouer à se faire peur, il ne contient nul appel à la sédition. « Oui, si une guerre civile éclate, l’armée maintiendra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui demandera », peut-on encore y lire. Ce qui signifie qu’elle n’interviendra pas si on ne le lui demande pas.

Le problème n’est pas que le constat soit éventuellement exagéré mais qu’il traduise une opinion politique. Peu importe que celle-ci soit ou non pertinente (et en l’occurrence elle l’est au moins en partie), elle rompt avec une tradition démocratique bien établie : la neutralité politique de l’armée. Certes, de Gaulle fait de la politique, dès 1934 quand il publie Vers l’armée de métier, et surtout en 1940. D’abord, pas le moindre de Gaulle à l’horizon. Ensuite, en 1940, la légalité républicaine s’était effondrée. Nous n’en sommes pas là.

On peut penser tout le mal qu’on veut du président de la République et de ses lubies déconstructrices, mais il est élu, ce qui signifie que, comme dirait Mélenchon, sa personne est sacrée. Et il est le chef des armées. Le boulot des militaires, c’est de lui obéir, à moins que sa forfaiture ait été établie et/ou leur intervention requise dans les conditions prévues par la Constitution. En parlant de « fourberie », de « lâcheté » et de « perversion » à propos des autorités politiques et de leur propre hiérarchie, les signataires transgressent la règle première de leur institution, celle qui fait sa force : la discipline, le respect du chef. Tous les soldats veulent que l’État qu’ils servent soit fort et ils ont raison. Le risque est qu’en contestant frontalement ceux qui le dirigent, ils contribuent encore à son affaiblissement.

Reste à savoir si nos gouvernants sont capables de répondre autrement que par des sanctions, des invectives et des tout ça c’est rien que de la racaille d’extrême droite. Si leur seule réaction est de lancer une chasse aux sorcières pour démasquer les contrevenants, elle ne fera que mobiliser autour de leurs camarades de nombreux militaires qui, aujourd’hui, se tiennent à l’écart de cette agitation. Dans la foulée, les policiers, qui en ont gros sur la patate et on les comprend, pourraient eux aussi vouloir interpeller leurs chefs. Et puis, pourquoi pas les Préfets qui, eux aussi, sont aux premières loges pour assister à ce qui se passe, qu’on le nomme délitement, déchéance ou ensauvagement. Autrement dit, si le pouvoir répond par la répression et le raidissement idéologique, il pourrait bien encourager une nouvelle forme de protestation au sein même de l’appareil régalien de l’État. Tous ces fonctionnaires astreints au devoir de réserve ne peuvent pas se mettre en grève et ceux qui ont le droit de manifester comme les policiers savent que cela ne sert pas à grand-chose. En revanche, ils peuvent ouvrir leur gueule – et vu le raffut provoqué par deux tribunes, la méthode risque de faire des émules.

S’il ne veut pas se retrouver confronté à des Gilets jaunes en uniforme, le pouvoir doit jouer fin, désapprouver sans doute, quoiqu’avec modération, mais en montrant qu’il comprend l’angoisse de disparition que nous sommes beaucoup à éprouver. En attendant, ne nous y trompons pas : ce que nous devons craindre, ce n’est pas une intervention intempestive des militaires ou des policiers, c’est qu’arrive un jour où ils refuseront d’intervenir.

Elisabeth Lévy

Tribune reprise de Causeur

Quand Zemmour accuse l’État d’«anarcho-tyrannie»

Quand l’État dissout Génération identitaire sans toucher à d’autres associations qui représentent une plus grande menace pour l’ordre public, Eric Zemmour, pour décrire la situation, a recours à un concept de la droite américaine. Analyse.

Quand j’ai dialogué, pour mon livre, Suprémacistes. L’enquête mondiale chez les gourous de la droite identitaire (Plon, 2020), avec des intellectuels de l’internationale blanche, surtout de « alt right », j’avais été frappé par leur capacité à inventer des mots qui font mouche. De fait si on regarde le langage politique actuel il est divisé en trois. D’abord, la langue médiatico-étatique, replète de « proximité », « dialogue » et « partenariat », la bouillie verbale servie par les DRH devenus politiciens. Ensuite la langue de l’indignation morale-tendance, qui se résume à des explétifs au bord de la crise de nerfs, « fasciste ! nazi ! sale mec ! pédo ! raciste ! ». Enfin, celle qui est la plus intéressante, et la plus inventive, la langue des identitaires : « grand remplacement » qui a bien sûr le don de piquer au vif tout le monde : « woke », « ethnomasochisme » et, à la veille de Mardi-Gras, une expression claquante : « anarcho-tyrannie ».
Oreille de Sioux

Eric Zemmour l’a clamée sur le plateau de Face à l’Info dans une discussion sur la dissolution de Génération Identitaire: « Il y a un concept américain qui s’appelle l’anarcho-tyrannie… »

Eric Zemmour a l’oreille d’un Sioux sur le sentier de la guerre ; il l’avait entendu venir cette idée, et cette expression. De quoi s’agit-il ? J’en ai fait la mise au point plusieurs fois, y compris dans le numéro actuel de Causeur. Alors de quoi s’agit-il ? « Anarcho-tyrannie » est d’un essayiste américain de talent, Samuel T. Francis (1947-2005), auteur d’un livre décapant sur l’État moderne, Leviathan and its Enemies. L’expression date de 1992 mais connaît une véritable résurrection, trente ans après, grâce à la jeune génération de l’« alt right » américaine. Selon la définition de Francis : « Dans un État d’anarcho-tyrannie le gouvernement n’applique pas des lois qu’il devrait légitimement appliquer et, en même temps, il invente des lois qui n’ont pas de raison légitime d’exister. » Pourquoi ? Réponse de ce théoricien de la droite nationaliste américaine : « Une caractéristique de l’anarcho-tyrannie est cette tendance de l’État à criminaliser et à punir des citoyens innocents qui obéissent à la loi, et en même temps de se refuser à punir les délinquants ». Exemples : poursuites contre les « groupuscules » identitaires ; laxisme, sinon tolérance d’accointance, envers les différents SOS « réfugiés, migrants, etc ». Il renchérit : « L’autre caractéristique d’un État anarcho-tyrannique est son refus d’appliquer des lois existantes, et de passer toujours plus de lois qui sont sans effet sur la véritable criminalité, mais qui criminalisent encore plus les innocents, ou restreignent leurs libertés civiles ». Exemples : amendes pour ceci et cela, mais laissez-faire des dealers dans les « quartiers ».
Il n’est pas sûr que l’expression prenne en France

En d’autres termes, quand un État démocratique tolère l’illégalité de la part de certains groupes, les laissent brûler des voitures, attaquer des magasins, insulter avec haine des gens dans la rue, et en même temps réprime, en utilisant tout un arsenal fabriqué ad hoc, ceux qui n’enfreignent pas la loi ou qui élèvent en toute légalité la voix, l’État est alors anarchique d’un côté et tyrannique de l’autre. Pas mal vu.

Reste à savoir si l’expression, savourée par Eric Zemmour, va prendre en France. Notre culture politique est différente de celle des États-Unis. Notre langage politique est trop cadré, avec « anarchie » marqué extrême gauche, et « tyrannie » marqué extrême droite. Et pourtant l’idée est efficace, et proche de la réalité.

Philippe-Joseph Salazar

Tribune reprise de Causeur

Ils envahissent nos rues et nos vies – Masques : la peur sur ordonnance

Confiner, surveiller, punir, mater

Sur une période très courte, les Français ont accepté une restriction importante de leurs libertés.
Le 11 mai 2020 restera dans l’histoire comme une date nébuleuse ; celle d’un déconfinement qui déconfinera sans déconfiner, tout en déconfinant : comprenne qui pourra !

Seulement certains Français en bénéficieront, mais ni en tous lieux, ni en tout temps : point trop n’en faut. À cette occasion, le conseil scientifique viendra de nouveau en renfort du gouvernement. Avec force tableaux statistiques et cartes de France colorées de rouge et vert. Il légitimera ainsi une décision que les Français ont bien du mal à comprendre et a fortiori à accepter. Ce faisant, le savant continuera une fois de plus d’offrir au politique sa caution dans un exercice qui apparaît cependant de plus en plus périlleux car il engage également la responsabilité des experts(1).

Les Français en liberté conditionnelle

Le 11 mai 2020 restera dans l’histoire comme l’horizon improbable d’une liberté d’aller et venir à reconquérir. Ce que nombre de Français vivent comme une incarcération ne prendra en effet pas véritablement fin à cette date. En d’autres termes, leur levée d’écrou demeurera en grande partie limitée et indéterminée, toujours sujette à un droit de regard bureaucratique, plus tatillon que jamais. En bref, ils vont devoir apprendre à vivre sous contrôle et endurer ce que beaucoup d’entre eux vivent comme une punition.

Certes de prime abord, celle-ci ne se donne pas à voir comme telle. Bien au contraire, les pouvoirs publics la dénient. Selon ces derniers, la privation de quelques libertés fondamentales n’aurait été mise en place le 17 mars que pour le bien des citoyens, afin d’assurer leur sécurité sanitaire et pour nulle autre raison. C’est donc avec obéissance et dans la peur, que des millions d’administrés ont accepté d’être séparés les uns des autres, coupés du jour au lendemain de leur biotope social. De surcroît, c’est dans le silence qu’ils ont enduré et endurent encore d’incessantes injonctions paradoxales auxquelles ils doivent néanmoins se soumettre sous peine d’être sanctionnés. En effet, depuis le mois de janvier et jusqu’à ce jour, qu’il s’agisse de la fermeture des frontières, du port du masque, des tests de dépistage, des gestes barrières, des protocoles thérapeutiques, de la reprise du travail, du retour des enfants à l’école ou de la fréquentation des transports en commun, ils ont entendu tout et son contraire.

Les chiffres de Salomon visent à cacher le climat politique mortifère

Les innombrables revirements des responsables politiques, tout comme les violents conflits entre experts médicaux n’ont pas manqué. Une telle situation illisible et abracadabrantesque a par conséquent rendu impossible l’adoption d’une ligne de conduite qui fût rationnelle et efficace. Surtout, ce climat mortifère sur fond de mesures liberticides, a largement accentué l’angoisse d’une population infantilisée et maintenue perpétuellement dans l’incertitude. Pendant des semaines, tests, masques, gels, lits d’hôpitaux et respirateurs ont manqué et manquent d’ailleurs encore. Rien n’explique, à ce jour, une pareille impéritie qui exige des Français toujours plus de résilience sans leur offrir pour autant de véritable contrepartie. Mais la peur au ventre, les Français ont dû affronter, vaille que vaille, cette pénurie hors-norme. Or dans le même temps, le gouvernement a cru bon de les submerger chaque soir d’un déluge de données statistiques dispensées par le directeur général de la santé publique qui, tel un greffier, dressait le bilan comptable des pertes humaines de la nation.

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Coronavirus, Waterloo de la mondialisation?

L’épidémie et sa propagation mondiale rapide questionnent notre modèle et l’idéologie sans-frontiériste. À l’instar du Canadien Justin Trudeau, les dirigeants apôtres du mondialisme semblent largués. En France, l’extrême gauche se réjouit.

Retour des frontières, isolationnisme et suspension de certaines libertés : partout ou presque, le coronavirus aura produit un rapide et puissant retour du politique que peu d’observateurs auraient pu anticiper. La souveraineté est subitement revenue en force : l’État aurait finalement encore un rôle à jouer dans la régulation de la société.

Sa fonction ne serait pas seulement d’arbitrer l’entrechoquement des droits individuels, mais aussi de protéger des populations qui se retournent vers lui quand elles se sentent impuissantes.

Le coronavirus pourrait vraiment être le Waterloo de la mondialisation. Du moins d’une phase intensive, extrême de ce phénomène. Débutée en 1492, la mondialisation a quelque chose d’irréversible – les pays ne reviendront jamais à la pleine autarcie –, mais il n’est plus inconcevable qu’elle revienne un peu sur ses pas pour enfin trouver un point d’équilibre. Comment les Italiens peuvent-ils accepter qu’un virus né dans un obscur marché chinois puisse faire chez eux des centaines de morts, pays où l’on mange des pâtes et non des chauvesouris et des pangolins ? Plus jamais les peuples ne consentiront sans résistance à ce que des réalités aussi lointaines ne deviennent aussi proches.

Le cauchemar des “multiculturalistes”

Au Canada, le coronavirus fait voler en éclats les grands rêves de fraternité mondiale de l’élite multiculturaliste, à commencer par ceux du Premier ministre Justin Trudeau, dont le leadership se révèle inexistant. Refusant toujours de fermer les frontières nationales, le petit prince boréal est paralysé par son idéologie, incapable de sortir de son paradigme gnangnan. Finalement, le monde pourrait parfois représenter une menace, l’humanité ne serait pas toujours une belle et grande communauté avec laquelle échanger. Les peuples sont d’accord pour faire du commerce, mais pas pour subir les désastres causés par les pratiques insolites de masses exotiques. La mondialisation nous a fait croire que nous étions unis, mais cette union n’a en réalité jamais tellement dépassé le stade économique.

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Obertone réfléchit à des « solutions concrètes » pour que la guérilla ne devienne pas notre réalité

Entretien avec Laurent Obertone, auteur à succès de Guérilla, le temps des barbares chez Ring. Avant la publication du troisième et dernier volet de sa saga apocalyptique, l’auteur révèle qu’il travaille sur un livre plus politique.

Le 26 septembre dernier, Laurent Obertone sortait la suite de Guérilla, roman dystopique fatalement prenant qui offrait au lecteur un aperçu de l’effondrement de la France en trois jours. Une guerre civile déclenchée seulement par une énième descente de policiers dans une cité est-elle possible ? L’auteur arrivait à nous convaincre que la guérilla est là, tapie au creux de l’actualité, attendant patiemment une rixe de trop pour s’embraser.

Dans son tome 2, la France agonise, les survivants oscillent entre monstres et proies, alors que le pays en ruines se divise en une multitude de petits pouvoirs autonomes. Comment un pays à genou se relève-t-il ? Une renaissance de l’Etat est-elle possible ? Interview d’un auteur lucide, sorte de Cassandre moderne, précis et renseigné, mais loin d’être cru de tous.

Causeur. Dans la suite de Guerilla : le temps des barbares, vous présentez une France détruite où l’Etat disloqué laisse ses citoyens à la dérive. Vous évoquez à plusieurs reprises dans votre roman la notion de « très-bien-vivre-ensemble ». Serait-elle selon vous la cause majeure d’un effondrement ?

Laurent Obertone. Cette notion de « vivre ensemble » est une sorte de formule d’exorciste, qui apparaît pour conjurer l’effondrement du capital social. Face à une réalité de plus en plus pressante, cette croyance est devenue la valeur refuge de Big Brother, l’État et ses satellites médiatiques, universitaires, culturels, etc. En refusant d’admettre l’échec du multiculturalisme, Big Brother s’enferme dans son utopie, et semble préférer la mort de notre civilisation à celle de ses principes.

Vous assurez que votre travail se base sur les informations que vous avez acquises grâce à vos contacts aux services des renseignements français. L’actualité de ces dernières semaines montre que la colère citoyenne s’amplifie. Est-ce que nous pourrions éviter selon vous un destin aussi funeste que Guerilla pour la France ?

Ce destin tient à la toute-puissance de Big Brother, qui est une sorte de coup d’État démocratique permanent. Si les citoyens ne parviennent à se faire entendre, à reprendre en main leur destin, en réduisant ce monstre à leur service – sa raison d’être originelle –, le pire ne nous sera pas épargné. Or, pour l’instant, la colère citoyenne, qui est tout sauf pensée et structurée, semble surtout exiger encore plus de Big Brother. Hélas, la solution ne viendra pas d’un accroissement du problème.

Destructions, pillages, viols, tueries, il ne faut guère longtemps aux Français pour qu’ils ne se déshumanisent complètement, pour la plupart. Avez-vous choisi de cantonner l’intrigue dans un laps de temps très court pour maintenir la tension ou croyez-vous qu’il serait réellement possible qu’un pays comme la France puisse tomber en seulement trois jours ?

Avec cette temporalité réduite, j’ai voulu insister sur le fait que malgré sa solidité apparente, la structure étatique est très complexe et fragile, et que sa défaillance face au réel pourrait bien causer sa perte, à très court terme. Mais si cette perte est brutale, elle le sera tout autant pour des millions de Français, soudain privés de leur maître, totalement désarmés par lui, et confrontés à leur vertigineux état de dépendance.

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« Stop à l’islamophobie »: mon immense lassitude

Libération, toujours dans les bons coups, a relayé un appel de cinquante personnalités à manifester dans la capitale contre la « stigmatisation » des musulmans de France, le 10 novembre. Leur mot d’ordre? « Stop à l’islamophobie ». On note au passage que Jean-Luc Mélenchon clarifie sa ligne politique, en se rangeant du côté de ceux qui ont pu ricaner des morts de Charlie Hebdo. Une tribune d’Aurélien Marq.

Le 10 novembre se tiendra à Paris une manifestation intitulée « STOP à l’islamophobie », voulant agir « contre la stigmatisation des musulmans de France ». Elle est précédée d’une tribune qui rassemble LFI, EE-LV, le NPA, Génération.s, l’UNEF, des intersectionnels et des activistes de l’islam politique. A son annonce dans Libération, j’ai ressenti une grande lassitude. Encore… Que faudrait-il donc faire pour qu’ils comprennent ?

Islamophobie: un mot piégé

J’aimerais insister sur le fait que la critique, la peur ou même l’hostilité envers l’islam ne doit pas être confondue avec une quelconque stigmatisation des musulmans, de France ou d’ailleurs. Confondre des individus avec une de leurs croyances est un non-sens. Ce sont les islamistes et les indigénistes qui prétendent qu’une personne ne peut rien être d’autre qu’une émanation de sa religion ou de sa communauté, pas nous. Mais à quoi bon ?

J’aimerais retracer l’histoire de ce terme « d’islamophobie », mot-piège conçu et répandu par les islamistes dans le but explicite d’imposer via le droit international le retour du délit de blasphème, pour criminaliser toute critique de l’islam, à commencer par celle venant des apostats de l’islam et plus encore des musulmans humanistes. Mais à quoi bon ?

J’aimerais m’attrister de cette tribune qui acte le ralliement d’une grande partie de la gauche à l’islam politique. Jean-Luc Mélenchon, à la tête de ce qui était il y a peu encore le troisième parti de France, se retrouve du côté de ceux qui ont ri des morts de Charlie Hebdo. Mais à quoi bon ?

J’aimerais rappeler que le nombre des actes anti-musulmans en France ne cesse de baisser, heureusement. Seuls les chiffres du CCIF disent le contraire, mais ils comptabilisent comme hostiles à l’islam des fermetures de mosquées islamistes – preuve qu’à leurs yeux le « véritable islam » n’est pas l’islam humaniste, mais le fréro-salafisme. Mais à quoi bon ?

Guerre d’usure

J’aimerais évoquer le refus acharné de la plupart des représentants officiels de l’islam d’admettre la part de responsabilité de leur religion dans les attentats commis en son nom, pour imposer sa loi, et conformément à ses textes. Dire que ce refus entre pour une large part dans toute hostilité envers l’islam en général. Mais à quoi bon ?

J’aimerais parler des provocations presque quotidiennes de l’islam politique, véritable guerre d’usure. De cette militante qui ose déclarer « ils ont détruit ma vie » parce qu’on lui a demandé d’ôter son voile devant son fils, quelques jours après qu’un islamiste ait pris quatre vies, faisant des orphelins dont aucun n’a bénéficié du soutien médiatique qu’a eu cette femme. De cet activiste qui sous-entend qu’un département de France serait interdit à un ministre de la République, et qui affirme haut et fort que les musulmans « ne sont pas dans un projet d’assimilation » alors qu’il se dit ami du Président théoriquement « garant de l’intégrité du territoire ». De ceux qui trouvent « raciste » que l’on critique le sexisme qui consiste à refuser de serrer la main du sexe opposé. Mais à quoi bon ?

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PMA: tu neutraliseras ton père et ta mère!

Si la procréation humaine passe par la rencontre de l’homme et de la femme dans la sexualité, c’est une loi de la nature, ce n’est pas une discrimination.

S’il plait au politique de gaspiller l’argent public en utilisant les « ressources médicales », pour fabriquer des enfants pour des femmes non stériles, le citoyen de base n’y peut rien. S’il lui plait de généraliser la mauvaise foi, le dangereux règne de « l’égalité » dans une définition digne d’un enfant de quatre ans où « tous égaux » signifie « tous pareils », nul doute que tout cela plaise aux « jeunes » de tous âges. « Le dieu égalité, le diable discrimination », écrivait Philippe Muray.

L’argument sera bientôt brandi par les couples homosexuels masculins, et alors « vive la GPA » ! On louera éthiquement des utérus, y compris les femmes ménopausées (pourquoi pas nous ?), les femmes en difficultés financières (un enfant et l’allocation de parent isolé arrive), etc.

Le désir d’enfant stoppe la pensée

Tout ceci sera sûrement un grand progrès pour la civilisation. Au nom de « l’amélioration » de l’homme, autre vieux fantasme, d’aucuns jouent, sans en répondre, avec l’humanité… Si la procréation humaine passe par la rencontre de l’homme et de la femme dans la sexualité, c’est une loi de la nature, et non une discrimination. Rappeler cette évidence, est-ce être maladivement « naturaliste » ? Est-ce refuser toute « artificialisation » venue de la culture, à laquelle la science et la technique appartiennent ? Pas sûr. Mais c’est un des arguments-massues de ceux qui continuent de prétendre qu’il ne se passe rien, que l’émouvant spectacle de l’amour maternel associé au « progrès des sciences », et à une tolérance bienveillante enfin conquise suffit à résumer moins d’un demi-siècle qui aura vu la désexualisation de l’origine, l’attaque à la filiation et la disparition du droit de la filiation. Ces faits accomplis techno-scientifiques font le miel du marché, les offres suscitant les demandes dont elles prétendent se justifier.

Alors l’amour maternel, le désir d’enfant ? Il est irréfutable et c’est d’ailleurs ce qui rend la situation si difficile à penser, l’artificialisation de la reproduction humaine offrant un mélange inextricable de possibilités bienfaisantes et dangereuses.

L’élevage d’humains

Quel progrès des sciences ? La PMA, c’est le transfert chez l’homme et la femme de techniques qui ont fait leur preuve dans l’industrialisation de l’élevage. Assortie toutefois de quelques « avantages » : le diagnostic pré-implantatoire risquant de rendre la FIV plus sûre que l’engendrement dans la sexualité, cette offre engendre de nouvelles demandes, fort excitantes, qui n’ont pas échappé au marché.

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FCPE: la jouissance du dhimmi, par Yves Mamou

En terre d’islam, le « dhimmi » subit un statut discriminatoire. En Occident, le dhimmi est celui qui le réclame pour lui-même et pour les autres ! Une jouissance qui ne supporte pas d’être tournée en dérision. L’affaire de la FCPE en a apporté la preuve. Explications.

Il faut remercier Rodrigo Arenas, patron de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves). Son affiche de mère voilée souriante qui réclame le droit d’accompagner les sorties scolaires (« Et alors » demande-t-elle), enrichit notre vocabulaire politique. Grâce à lui nous pouvons rapatrier en Europe et particulièrement en France, le terme de dhimmi qui désigne le statut discriminatoire que les musulmans réservent aux non-musulmans en terre d’islam.

La dhimma est un code de soumission visible de l’infidèle – juif et chrétien – à l’islam et aux musulmans. La dhimma ne s’applique en principe qu’en terre d’islam. Les dhimmis doivent: ne pas porter d’arme, ne pas chevaucher un cheval, ne pas construire de nouveaux lieux de culte, ne pas élever la voix lors de cérémonies, ne pas ressembler aux musulmans dans leur accoutrement, ne pas construire une maison plus haute que celle du voisin musulman, ne pas étudier le Coran et leur témoignage dans un procès ne pèse rien face à la parole d’un musulman… etc.

La FCPE jouit en reniant ses principes!

Les sociétés occidentales qui accueillent de fortes minorités de musulmans, subissent, depuis une trentaine d’années, la pression de groupes islamistes qui réussissent à imposer dans tous les lieux où ils n’ont que faire – la rue, l’école, l’Université, les entreprises -, divers codes islamistes, le principal d’entre eux étant le code vestimentaire des musulmanes (voile islamique et ses variantes burqa, burqini).

Cette tentative d’imposer l’une des composantes de la charia dans des sociétés où l’islam n’est en principe qu’une religion parmi d’autres, n’aurait pas rencontré le succès que l’on sait, sans l’aide d’organisations non musulmanes. La FCPE et son affiche vantant le « droit » des femmes islamistes d’accompagner les sorties scolaires, est une pratique de dhimmi.

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