Pourquoi il est essentiel d’expulser le prédicateur islamiste Hassan Iquioussen

Hassan Iquioussen

La sphère islamiste et les réseaux sociaux retentissent depuis jeudi des cris d’orfraie des alliés des Frères musulmans, qui s’indignent que la France puisse expulser le prédicateur Hassan Iquioussen, présenté comme un « Français de fait », amoureux de la République. Le tout au détriment de la réalité du discours tenu par cet imam du Nord.
Une tribune signée Céline Pina.

Pour le grand public, l’homme n’est guère connu. Il est pourtant l’un des prédicateurs les plus en vue de « Musulmans de France ». Cette association, qui appartient à la mouvance des Frères musulmans, n’est autre que la fameuse UOIF. Elle a été rebaptisée ainsi par souci marketing et politique : le nouveau nom permet d’assimiler tout musulman aux islamistes, et d’espérer faire oublier son rôle dans la diffusion de l’idéologie frériste et du discours victimaire sur la soi-disant persécution des musulmans en France.

« Musulmans de France » a pour guide spirituel Yousouf Al Qaradawi, dont le discours n’a rien à envier à l’idéologie nazie. Les Frères musulmans ont d’ailleurs été les alliés de ces derniers durant la Seconde Guerre mondiale. L’homme est ouvertement antisémite, raciste, sexiste, il ne considère pas que tous les hommes sont égaux. Partisan du jihad, il justifie le terrorisme et prône la haine et le meurtre, il appelle à l’éradication des homosexuels et justifie la violence envers les femmes. Pour Qaradawi, l’Europe est une terre à conquérir au nom de l’islam, et ses disciples partagent ses représentations et sa vision du monde.

Quand Anne-Lise Dufour (PS) sent le vent tourner…

Hassan Iquioussen ne fait pas exception. Pour s’en rendre compte, il suffit d’écouter ses prêches. Sachant que ceux en français sont édulcorés, ils n’en restent pas moins gratinés ! Ainsi l’homme est profondément antisémite. Pour lui, les Juifs se sont alliés à Hitler provoquant la Shoah pour permettre l’édification d’Israël. Oh, il ne nie pas la Shoah, il explique qu’elle a été voulue par les Juifs pour servir leurs intérêts territoriaux en Palestine ! On ne saurait aller plus loin dans l’abjection. Il reprend par ailleurs tous les clichés de la haine des Juifs qu’il décrit comme avares et usuriers. Passage du Coran à l’appui, il déclare « les Juifs n’ont cessé depuis ce temps de comploter contre l’islam et les musulmans ». Il a longtemps aimé s’afficher avec Alain Soral, tient des propos négationnistes, notamment concernant le génocide arménien. Il fait de l’Occident une civilisation islamophobe et défend l’idéologie islamiste. Pour lui les attentats sont de « faux problèmes » qui permettraient d’éviter de parler des problèmes de la société occidentale. Bien sûr, il fait passer la charia avant les lois de la République, refuse l’égalité aux femmes, magnifie l’idée du martyr. Il en appelait également à mettre « douze balles dans la tête aux apostats de l’islam ». Ce florilège est loin d’être exhaustif. Il a même expliqué dans une vidéo comment obtenir des créneaux réservés aux musulmanes dans les piscines. La méthode passe par l’imposition du burkini et a été reprise par l’association « Alliance citoyenne » à Grenoble.

L’homme n’est pas un marginal au sein de la communauté musulmane. Il a su s’enrichir et a longtemps bénéficié de protections politiques. Lui et son fils ont été très soutenus par la maire PS de Denain, Anne-Lise Dufour. Le fils a même été un des piliers de la mairie et de la stratégie électorale de la maire. Celle-ci ne les a même pas éloignés lorsque les affaires du père comme du fils ont fait l’objet d’enquêtes, récemment relancées, notamment pour recel et détournement de fonds publics. En effet les islamistes sont rarement détachés des biens matériels et considèrent qu’escroquer les « kouffars » (les nons-musulmans) n’est pas illégitime. Après avoir largement contribué à asseoir leur respectabilité et leur influence, la maire a pris ses distances quand elle a senti le vent tourner, sans toutefois couper absolument les liens, clientélisme électoral oblige. Elle est d’ailleurs très silencieuse, à la fois sur la dimension islamiste et sur le rapport particulier à l’honnêteté qu’entretient la famille Iquioussen.

Hassan Iquioussen est un homme puissant et respecté dans le milieu frériste, lequel ne cesse de croître en influence. La stratégie des islamistes, version Frères musulmans, est d’investir le milieu politique, associatif et culturel pour peser sur les représentations et réislamiser la population arabo-musulmane en marquant dans tous les domaines la différence avec la civilisation et la civilité européenne. Force est de constater que cette façon de faire est payante et se mesure aujourd’hui dans les revendications identitaires que portent de plus en plus de musulmans, notamment les plus jeunes. Leur travail de radicalisation politique et religieux, relayé par le discours d’une gauche qui reprend la lecture victimaire et l’accusation incessante « d’islamophobie » de l’islam politique, porte de plus en plus ses fruits. De nombreuses études et sondages, qu’ils soient faits par la Fondapol ou l’institut Montaigne témoignent de l’emprise de plus en plus profonde de ce type de discours. Aujourd’hui ils ne touchent pas qu’une portion marginale des personnes d’origine arabo-musulmane. La cible des islamistes est prioritairement la jeunesse : l’enquête sur les lycéens d’Anne Muxel ou différents sondages IFOP, notamment ceux commandés par Charlie Hebdo et la Fondation Jean Jaurès montrent que le travail réalisé auprès des moins de 25 ans a été particulièrement efficace. Ils étaient 74% en 2020 à faire passer la charia avant les lois de la République. Ce résultat ne s’explique que par un travail d’ensemencement des esprits, lequel porte aujourd’hui de tristes fruits en termes de violence et de séparatisme.

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La souris Mickey est devenue complètement folle – Woke » Disney et Pap Ndiaye, main dans la main?

Disney

Disney ne se contente plus de proposer de nouvelles productions woke. Le géant du divertissement pour les petits entend redessiner ses anciens personnages pour les rendre compatibles avec les nouvelles idéologies progressistes… En France, quand ils ne seront pas devant leur écran à regarder les dessins animés de la firme, nos enfants devraient être de plus en plus soumis à ces doctrines à l’Éducation nationale, où Pap Ndiaye, professeur de culture américaine, a été confirmé.

Il y a quelques semaines, les dirigeants de Disney ont soutenu que la compagnie devait être beaucoup plus ouverte aux idées « progressistes » ou « woke » selon le terme anglais de ce mouvement gauchisant. Mickey a-t-il des oreilles trop grandes ? Le roi Lion est-il trop mâle ? Dumbo, l’éléphant est-il trop gros ? Les aristochats trop caricaturaux ? Quant à Blanche Neige, n’est-elle pas trop blanche ? Qu’à cela ne tienne. Il faut changer et il ne suffit pas de mettre en route des films qui reflètent et célèbrent nos mœurs sexuelles modernes. Il faut corriger d’urgence tous ces personnages qui ne reflètent plus notre époque.

Fini de vous amuser les enfants, il faut passer aux choses sérieuses. Un film Disney se doit maintenant de vous éduquer. Et ne gambadez plus dans Disneyworld juste pour le plaisir et l’émerveillement : la vie n’est pas comme ça, il faut que vous l’appreniez. On ne plaisante pas avec les clichés, ils pourraient vous mordre et vous laisser des cicatrices pour la vie. Ne vous laissez plus embobiner par les princes, les princesses, les chevaliers courageux, les héros invincibles, ils avaient tout faux. « Peter Pansexual », ou la « chevalière sans crainte », voilà ceux que vous rencontrerez dans la vraie vie, qui est beaucoup plus juste et moralement correcte que la vie rêvée. Et les parents auxquels ça ne plaît pas, tant pis pour eux.

Blanquer grand-remplacé!

Dans la vie réelle, nous avons aussi, maintenant, Pap Ndiaye, qui est chargé de l’Éducation nationale. Il n’a pas fait ses études chez Disney. Si Mickey est devenu un peu dingue, le nouveau ministre est-il plus raisonnable ? Emmanuel Macron, lors de son discours de victoire à la présidentielle, a affirmé que s’ouvrait un nouveau mandat pour “un nouveau peuple”. Un mandat pour un changement radical. Un mandat qui commence, ceux qui ont des enfants l’auront évidemment remarqué, par le remplacement de Jean-Michel Blanquer par un homme que personne ou presque ne connaissait. Blanquer, assez conservateur, a essayé pendant cinq ans de combattre l’enseignement de gauche, faisant assez bravement face à des revendications nombreuses. Pap Ndiaye, c’est l’opposé : un socialiste engagé qui envisage ouvertement de satisfaire toutes les demandes des fonctionnaires de l’Éducation nationale – ou quasiment toutes, semble-t-il. À commencer par l’augmentation des salaires, probablement la plus justifiée. Mais il y en a d’autres, beaucoup plus dans le style du Mickey nouveau, qui ne laissent pas d’inquiéter…

Pourquoi Macron l’a-t-il nommé ? Il y a deux ans à peine, notre chef suprême fustigeait « certaines théories des sciences sociales entièrement importées des États-Unis ». Qu’il fasse maintenant une volte-face complète sur quelque chose d’aussi fondamental que ce qui est enseigné à nos enfants, prouve que le président de la France n’a pas de principes très solidement amarrés et qu’il agit surtout en fonction des intérêts politiques : dans ce cas, il s’agit de séduire la gauche progressiste.

Nommer cet ancien professeur d’université et fils de professeur de lycée est incontestablement un signe fort. Un feu vert accordé aux grosses dépenses, à la complicité avec les syndicats d’enseignants et à une éducation revue et corrigée des enfants. Plus encore : historien franco-sénégalais et, plus récemment, directeur du Musée national d’histoire de l’immigration, Ndiaye est pro-BLM, pro-transgenre, pro-woke, pro-Disney, il est pro-tous les nouvelles formes de progressisme. D’ailleurs, il ne s’en cache pas. Dans sa récente lettre aux enseignants, il a révélé cinq priorités, dont la première est la lutte contre les inégalités sociales. Ndiaye déclare qu’il est de sa responsabilité de “prendre en charge le drame de l’injustice” alimenté par le système scolaire.

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La députée Panot ou la misère intellectuelle, par Philippe Bilger

Mathilde Panot

Ils devraient tous avoir honte. Mathilde Panot, la présidente du groupe parlementaire LFI, a tweeté : “Il y a 80 ans, les collaborationnistes du régime de Vichy ont organisé la rafle du Vél d’Hiv. Ne pas oublier ces crimes, aujourd’hui plus que jamais, avec un président de la République qui rend honneur à Pétain et 89 députés RN”. Je pense que presque tous les députés ont eu conscience de l’absurdité et de l’indignité de cette relation entre la rafle du Vél d’Hiv, Emmanuel Macron (et son “honneur” prétendu à Pétain) et les 89 députés RN. Ils savent en effet que le président de la République a rappelé que Philippe Pétain n’avait pas été seulement le personnage honteux du régime de Vichy mais aussi “le grand soldat” de Verdun, ce qui est une évidence. On a encore le droit de ne pas mettre l’ensemble d’une destinée historique dans le même sac !

Je ne doute pas que derrière les affrontements de façade, le consensus existe sur la perversion historique, politique et intellectuelle de ce tweet que Mathilde Panot s’est entêtée tristement à justifier. Alors pourquoi s’est-elle laissée aller, en un jour de recueillement et de mémoire, à cette outrance choquante ? Parce que LFI aurait pour dessein de pousser au paroxysme le climat démocratique et d’organiser délibérément une frénésie parlementaire ? C’est le point de vue qui a été développé, notamment par François Kalfon et Jean-Loup Bonnamy, dans L’heure des pros, animée par Eliot Deval le 18 juillet sur CNews.

Solidarité gênante

Au risque d’apparaître naïf, j’ai émis une contradiction et me suis davantage attaché à l’inexpérience et à la personnalité de Mathilde Panot. Sans une once de mépris, je relève qu’on lui a confié une charge parlementaire très importante et qu’à l’évidence elle ne semble pas à la hauteur de cette mission. On ne peut pas considérer que l’extrémisme du verbe et le manichéisme délétère de la pensée constituent une force dans le rôle qui lui a été attribué. Je n’ai pas envie de supposer que d’une certaine manière, alors que tant d’autres auraient été plus adaptés à cette responsabilité, on l’a abandonnée en rase campagne parlementaire. On est assuré certes, et Jean-Luc Mélenchon le premier, que Mathilde Panot ne fera d’ombre à personne. Malgré son énergie indiscutable et le soutien que LFI et, avec quelques exceptions, la Nupes lui ont apporté, je crains qu’à l’avenir se coagulent la partialité partisane et sa maladresse personnelle.

Pourquoi ai-je écrit que tous devaient avoir honte ? Était-il fatal que des personnalités reconnues de LFI, par exemple Alexis Corbière qui a été professeur d’Histoire pourtant, Manuel Bompard et Clémence Guetté, connaissant la vérité historique, se placent mécaniquement derrière Mathilde Panot et n’aient pas l’objectivité nécessaire pour dénier ce que leur présidente de groupe avait osé affirmer ? Est-il normal qu’une Clémentine Autain que j’ai appréciée en dehors du contexte politique se soit tue et n’ait pas rectifié ? Faut-il que la solidarité aille jusqu’à assumer l’inacceptable ? Était-il inévitable qu’Olivier Faure, à nouveau – comme pour le “la police tue” de Jean-Luc Mélenchon – murmure une si faible contradiction ? Il a seulement regretté que les mots de Mathilde Panot aient été prononcés ce jour-là… tout en pourfendant vigoureusement la macronie !

Lâcheté collective

Si on continue sur ce registre dégradant d’une sorte de guerre civile instillant son poison sectaire et approximatif dans l’espace démocratique, l’urbanité républicaine, qui n’interdisait pas l’affrontement vigoureux sur le fond mais concentrait l’attention sur lui, ne sera plus qu’une nostalgie. Je sais bien que cette lâcheté collective qui conduit chacun dans son camp à valider le pire, résulte de l’étau dans lequel un Olivier Faure par exemple s’est placé lui-même : soutenir l’insoutenable pour ménager son futur politique.

Je devine qu’on va m’opposer que les choses étant ce qu’elles sont, il faut arrêter de rêver et être réaliste. Pourtant, je déteste profondément cette posture qui consiste, sans réfléchir, à dénoncer par principe ou à applaudir par réflexe. LFI, cela signifierait-il “la France inconditionnelle” pour Eric Coquerel comme pour Mathilde Panot ?

En tout cas, cette dernière ne devrait pas être la seule à être stigmatisée. Les autres, complices par soutien malvenu, aussi !

Tribune reprise de Causeur

Le magazine Têtu dénonce un gouvernement composé de personnes “haineuses”, par Louise Hersent

Caroline Cayeux

Ce 11 juillet, le magazine Têtu proclamait sa vertu et lançait une grande pétition « pour un gouvernement sans LGBTQIAphobies ».

Extrémiste de la pondération, templier du moindre mal, le président de la République a contre toute attente nommé Caroline Cayeux ministre chargée des Collectivités territoriales et Christophe Béchu au ministère de l’Écologie et de la transition écologique. Par ailleurs, Gérald Darmanin a obtenu le portefeuille des Outre-mer.

Tristement célèbres des partisans du Bien, ces trois réfractaires au Mariage pour tous figurent donc désormais dans le collimateur de la bonne-conscience têtue du magazine éponyme.

Entre autres cadavres déterrés, celui-ci rappelle dans l’exorde larmoyant de sa pétition le crime de lèse-lobbying de Caroline Cayeux. Lorsqu’elle était sénatrice en 2012, elle disait au sujet du Mariage pour tous qu’il était « une ouverture de droit irrespectueuse de la nature et insensée ». Le magazine s’exempte de toute contestation argumentée, et ces propos de Madame Cayeux suffisent apparemment à en faire un « porte-voix du mouvement de la haine et du rejet ». Le Mariage pour tous serait en péril. « Comment croire que ce gouvernement (…) garantira la liberté de genre quand (il) comporte trois LGBTQIAphobes notoires ? ». S’ensuit alors la liste des signataires refusant « la participation de personnes haineuses LGBTQIAPhobes au gouvernement »…

La “liberté de genre”, nouveau combat de Têtu

En substance, nous avons une revendication : « la liberté de genre », et une accusation tenant lieu d’argumentation contre les trois ministres de l’Apocalypse, « porte-voix du mouvement de la haine et du rejet ».

Interrogeons la revendication. Liberté, j’écris ton nom (sur tout ce que l’on voudra) clamait Eluard à qui Paul Valéry répondait « Liberté, c’est un de ces détestables mots qui ont plus de valeur que de sens ; qui chantent plus qu’ils ne parlent, qui demandent plus qu’ils ne répondent ». Liberté, un de ces mots qui sonnent creux autant qu’ils résonnent trop. En réalité, la « liberté de genre » que revendique Têtu est une licence, le droit de faire ce que l’on veut du moment que cela n’empiète pas sur celui d’autrui. Définition libérale de la liberté née au XVIème siècle après le traumatisme des guerres de religion : elle succède à la liberté des « anciens », disait Constant, c’est-à-dire à la faculté politique de déterminer ensemble le Bien commun, une identité de valeurs fédératrices. Or au XVIème siècle, la Réforme protestante et l’éclatement des valeurs, le dissensus idéologique au sein d’un même État ont brisé la paix de l’équation « Une religion, un État ».

Ce trauma initial est l’acte de naissance du libéralisme moderne : depuis, les valeurs sont l’objet de l’arbitraire individuel. À moins d’une nouvelle guerre civile nous avertissent les libéraux, il n’est plus question de prétendre privilégier certaines valeurs sous l’égide d’un Bien Commun dont nous déterminerions ensemble la teneur concrète, et autour de laquelle nous édifierions une identité nationale. La liberté libérale devient alors le porte-étendard de l’empire du moindre mal, et de l’abandon progressif de toute axiologie. Dans ce bain cotonneux de l’indifférence généralisée, tout se vaut du moment que rien ne prétend s’imposer. Pour l’inconscient de la bien-pensance médiatique, oser affirmer comme le fait Madame Cayeux que le Mariage pour tous est « une ouverture de droit irrespectueuse de la nature » serait comme dans le monde des goûts et des couleurs mettre Raphaël au-dessus de Jeff Koons.

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Avec LFI, amenez le pop corn, le parti fournit le feuilleton!, par Céline Pina

autain bouhafs

Après l’affaire Eric Coquerel, le cas de Taha Bouhafs refait surface et embarrasse le parti. Taha Bouhafs accuse son parti d’avoir manqué à une « procédure juste et équitable » à son endroit, et charge Clémentine Autain, dont le rôle dans le retrait de sa candidature aux législatives semble décidément bien trouble.

En publiant une lettre sur les réseaux sociaux racontant comment le parti l’avait évincé sans procédure contradictoire ni même la possibilité de se défendre, Taha Bouhafs a démontré à quel point la comédie de la LFI mettant en avant sa capacité à résoudre des faits de harcèlement sexuel grâce à une instance interne ad hoc, était au mieux un mensonge pour enfants, au pire un étouffoir de vérité au service des intérêts partisans ou de certains de ses dirigeants.

Les pieds dans le plat

C’est toute la stratégie de défense de LFI concernant les affaires de harcèlement sexuel qui est mise à mal. Taha Bouhafs n’a en effet pas digéré d’être évincé sans autre forme de procès de sa candidature à la députation, quand Eric Coquerel est défendu par l’ensemble de ses petits camarades… Il met donc les pieds dans le plat et dénonce la parodie de justice qu’est la fameuse cellule de lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS). Mais laissez-moi vous raconter cet énième épisode que l’on pourrait baptiser : le retour de boomerang.

Le personnage principal est bien connu, il fait partie des victimes autoproclamées d’un discours qui met en avant l’existence d’un racisme structurel en France et fait de toute personne non-blanche, un persécuté de l’histoire, comme de tout blanc, un bourreau par culture. Il s’est fait connaitre par son absence de toute vergogne, se disant journaliste et propageant des fake news, par sa violence et son agressivité sur les réseaux sociaux et pour avoir été condamné pour propos racistes à l’égard d’une policière. Il avait traité Linda Kebbab d’arabe de service en 2020. Pour autant, ce qu’il raconte sur la façon dont LFI utilise une procédure interne pour soustraire des faits à la justice et protéger ou mettre de côté une personne incriminée pour de tels faits montre bien l’hypocrisie et l’absence de toute éthique ou simple déontologie du parti.

Un héros de la cause islamo-gauchiste victime de la trahison de ses pairs…

La lettre débute par une manipulation habile. Certes, elle contient l’habituel discours de victimisation cher à la France insoumise, mais cette fois-ci retourné contre le parti. Taha Bouhafs met donc d’abord en avant ses points de persécution puisque seule la victimisation légitime la parole : il est jeune, maghrébin, issu des quartiers populaires, victime d’attaques racistes, et sans capital social ni financier pour se défendre. Mais un statut de victime n’est pas suffisant. Pour renforcer le sentiment d’injustice, rien de mieux que la figure du héros trahi. Taha Bouhafs va donc se camper en bouc émissaire. Il devient l’homme du sacrifice, celui qui est trahi alors que, par responsabilité à l’égard des électeurs de la France Insoumise, il a sacrifié ses intérêts sur l’autel du bien collectif : « J’ai estimé que mes intérêts, mes droits, aussi légitimes soient-ils, passaient après l’urgence et la détresse des millions de gens qui subissent injustement les politiques anti-sociales, liberticides et réactionnaires du gouvernement ». Sortez les mouchoirs ! Taha Bouhafs aurait attiré sur sa personne les foudres des ennemis du peuple et aurait fait office de courageux paratonnerre. « Tous les ennemis de la gauche anti-capitaliste et anti-racistes s’étaient ligués contre moi. » Il s’est donc sacrifié pour la cause, mais voilà que le parti, loin de le reconnaitre, l’abandonne.

Bien sûr, de la réalité des accusations portées contre lui, nous ne saurons rien. Il se présente comme innocent ou inconscient de ses actes. La lettre de Taha Bouhafs a ici une double fonction : dénoncer le fonctionnement plus qu’opaque de la cellule de lutte VSS d’une part, et mettre en avant de façon subliminale le deux poids deux mesures entre lui et Eric Coquerel d’autre part. Le timing choisi par le militant est habile, car, pour sauver une architecture bien maladroite de mensonges, le parti va devoir faire des concessions vis-à-vis de lui.

L’effrayant parti-pris de Clémentine Autain

En attendant, le courrier témoigne cliniquement, à travers la façon dont les leaders LFI ont géré l’affaire, du fonctionnement d’une machine qui a tenté de transformer un scandale interne en argument à la gloire du parti, et de son efficacité à traiter les questions de harcèlement sexuel. Taha Bouhafs démontre que tout cela n’est qu’une façade. D’ailleurs, nul n’a pris la peine chez LFI de définir un cadre au mode de fonctionnement de cette cellule qui se réduit à une grande lessiveuse. Dans cette machine, les questions de la réalité des faits, d’un regard équilibré ou juste d’une procédure contradictoire sont éliminées. Il n’y aura de fait ni enquête, ni confrontation, ni même communication des accusations. Taha Bouhafs raconte que quand il rencontre Clémentine Autain le 9 mai pour qu’il retire sa candidature, la messe est déjà dite : « Si tu refuses, c’est nous qui serons obligés de communiquer contre toi, ce n’est pas dans ton intérêt ». Quand Taha Bouhafs réclame d’être entendu par la cellule, demande à pouvoir se défendre, il lui est répondu : « Nous ne sommes pas des juges. Pendant 1000 ans les femmes n’ont pas été entendues, tu payes peut-être aussi pour les autres, mais c’est comme cela, c’est un parti-pris politique. » C’est une justification que n’aurait pas renié l’auteur des procès de Moscou, où la parodie de justice était le faux nez de la purge clanique.

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Même les lieux profanes ne sont plus sacrés… Qui avilit l’Assemblée nationale?, par Philippe Bilger

assemblée nationale

Temple de la démocratie, notre institution parlementaire se voit aujourd’hui discréditée. Les députés Nupes, de par les tenues qu’ils arborent et les gestes de défiance qu’ils lancent, incarnent ce délitement…

Pour les lieux sacrés, il y a longtemps que j’ai perdu toute espérance. Les synagogues, les églises, les cimetières juifs, musulmans et chrétiens ne sont plus à l’abri de rien. Vols, dégradations, saccages et profanations se multiplient à l’envi au point que des caméras vidéo sont installées pour surveiller et protéger certains édifices religieux. Il s’agit, pour moi, de la marque d’une fin de civilisation, d’une société déréglée.

Le RN met l’Assemblée nationale à l’honneur

Puisque cette cause est perdue, on aurait pu au moins s’attendre à la sanctuarisation des hauts lieux de notre démocratie, d’abord l’Assemblée nationale. J’admets, en considérant ce qui vient de s’y dérouler ces derniers jours, que ma naïveté est sans borne. En imaginant que la vulgarité, la grossièreté, le sectarisme et le manque de savoir-vivre auraient forcément des limites et qu’ils ne gangrèneraient pas le Palais Bourbon, je me suis tristement trompé.

Par quelle perversion en est-on venu à souhaiter que l’Assemblée nationale ressemble à l’école d’aujourd’hui ? Qu’elle ne soit plus protégée des influences délétères extérieures mais qu’elle accueille au contraire en son sein le pire des conflits politiques et sociaux ? leur expression outrancière et vindicative, la haine comme argument et le refus de la politesse comme engagement ?

Convient-il vraiment de se moquer des députés du RN qui, inspirés par Marine Le Pen, tiennent à présenter d’eux-mêmes une apparence qui non seulement leur fasse honneur mais surtout à la République dont ils seront durant quelques années les représentants, aussi légitimes que ceux des groupes antagonistes ? Faut-il traiter avec condescendance cette volonté d’avoir une tenue qui, dans la forme, ne conduirait pas à la banalisation de l’Assemblée nationale mais, au fil des jours, si elle était généralisée, changerait peu à peu l’opinion du pays sur cet aréopage de 577 personnalités observées, scrutées, admirées ou vouées aux gémonies, c’est selon?

L’antirépublicanisme banalisé

Était-il nécessaire que Danièle Obono et Louis Boyard, ne prenant pas conscience du caractère emblématique de cet univers et des devoirs qui auraient dû en résulter pour eux, au nom d’un sectarisme maintenu avec arrogance et contentement de soi, ne serrassent pas la main de Julien Odoul ou de Philippe Ballard ? avec des justifications absolument pas convaincantes de la part du second malappris que son jeune âge n’excuse pas ? Quant à la première, elle ne saurait invoquer, pour se justifier, d’avoir été la victime d’attaques injustes et scandaleuses alors qu’elle-même n’était pas non plus dans la douceur et la mesure.

Le combat politique, même le plus rude, n’exclut pas cette urbanité minimale qui n’est pas hypocrisie mais perception d’une solidarité basique à partir de retrouvailles dans un monde qui, n’éradiquant pas les conflits et les antagonismes, leur donne un tour que la délibération collective devrait au moins pacifier dans l’expression. L’autre, pour être un adversaire politique, n’est pas forcément un humain à mépriser.

Cette dégradation de l’Assemblée nationale, paradoxalement, va noyer les authentiques contradictions sur le fond, les problématiques et les solutions profondément antagonistes, dans une sorte de fureur superficielle plaçant au premier plan les disputes spectaculaires de façade au détriment de ce qu’une courtoisie républicaine apporterait à des échanges vigoureux et extrêmes sur le destin de la France, sa survie, sa sécurité et son rôle international.

Je ne serai jamais de ceux qui prendront acte d’une faillite en l’estimant inéluctable. Si on continue cette offensive contre l’esprit de l’Assemblée nationale, avec une nouvelle présidente dont on peut craindre qu’elle soit mal armée face à la configuration agitée qui s’annonce, on aggravera la défiance, voire la dérision politiques, le discrédit démocratique et le sentiment que rien ne sert à rien et que tout est fichu. Alors que cette esquisse de proportionnelle pouvait laisser espérer que les orages de la France trouveraient leur exutoire à l’Assemblée nationale, faudra-t-il craindre à rebours que cette dernière soit au contraire dévastée par les orages du pays ?

Que même les hauts lieux profanes ne soient plus sacrés est un mauvais sort pour notre nation.

Tribune reprise de Causeur

Entretien – Régis Le Sommier : Le poids des morts, le choc des photos

Régis Le Sommier

Grand reporter et ancien directeur adjoint de Paris Match, Régis Le Sommier publie La Vérité du terrain. Le récit des nombreux conflits qu’il a couverts révèle aussi les changements d’une profession dominée aujourd’hui par l’émotion, la caricature et le manque d’analyse. Propos recueillis par Alexis Brunet.

Pourquoi avoir dédié votre livre au reportage de guerre ?

Si je n’ai pas couvert que des guerres, j’y ai passé beaucoup de temps pour Paris Match. En 2003, je ne pouvais plus continuer à écrire des textes sur l’Irak, à aller voir des blessés, des parents en peine sans assister par moi-même au choc des civilisations. Cette phrase de Samuel Huntington s’est vérifiée dans les faits et la guerre en Irak en a été la preuve. J’ai vu à quel point ça s’est mal passé pour les Américains quand ils ont envahi le monde arabo-musulman. Les autres guerres qui s’ensuivent, et dont je traite, sont des soubresauts de ce péché originel qu’est la guerre en Irak. Comme l’a dit le diplomate libanais Ghassan Salamé, c’est lors de la guerre en Irak que les Américains inaugurent la dérégulation de la force. En décidant d’envahir un pays sous des prétextes mensongers, avec des intentions déguisées, les États-Unis ont ouvert la boîte de Pandore. À partir du moment où la puissance censée être la plus morale se comporte comme un État voyou, il est logique que les autres agissent selon leurs intérêts. Ce qui a notamment ouvert la voie à l’invasion de l’Ukraine par la Russie aujourd’hui.

Vous évoquez la guerre lancée par la Russie le 24 février dernier. Mais quid du conflit de 2014 dans le Donbass ? Nous l’avons vite oublié… A-t-il été négligé par les médias ?

Après la guerre de 2014, les médias étaient focalisés sur la guerre en Syrie. J’étais alors directeur adjoint de Paris Match. Une reporter avait couvert la guerre au Donbass. Quand elle m’a dit qu’il faudrait y retourner, je dois confesser que je n’y croyais pas trop. Moi-même, j’ai découvert le chiffre de 13 000 morts récemment. Ensuite, le conflit en Ukraine a continué et la crispation de la Russie vis-à-vis de l’OTAN aussi. Or, cette question des relations entre la Russie et l’OTAN a été négligée, non seulement par les journalistes, mais aussi par les dirigeants.

Depuis vos débuts, le journalisme a profondément changé. Vous semblez inquiet pour l’avenir de la profession…

Tout à fait ! La couverture de l’Ukraine est obscurcie par ce que j’appelle le brouillard de la guerre. C’est vrai dans toutes les guerres mais là, il est particulièrement épais. Prenez, par exemple, la présence des canons Caesar français en Ukraine. Pendant la bataille de Mossoul, les canons Caesar de 155 millimètres étaient épaulés dans l’ajustement des tirs par des membres des forces spéciales françaises. Je les avais personnellement rencontrés. Puisque ces canons ont été livrés à l’Ukraine ou vont l’être, cela signifie-t-il qu’il y a des soldats français sur le terrain en Ukraine actuellement, ou bien les artilleurs ukrainiens ont-ils été formés à leur usage ? Pourquoi les Irakiens n’avaient-ils pas reçu à l’époque cette formation ? Étaient-ils plus idiots que les Ukrainiens ? Ces questions ne sont pas anodines, pourtant personne n’ose les poser.

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Mahé de La Bourdonnais, dernière victime du wokisme ultramarin

Mahé de La Bourdonnais

En pleine période électorale, l’information est passée inaperçue dans les médias de la métropole. Révélée le 11 juin par Parallèle Sud, un média indépendant, Ericka Bareigts, actuelle maire socialiste de Saint-Denis, a confirmé son intention de « déménager » la statue monumentale de Mahé de La Bourdonnais.

Installée dans le quartier touristique du Barachois où elle trône depuis le Second empire, elle a été plusieurs fois la victime de diverses dégradations, notamment lors des manifestations du Black Lives Matter. Pour l’ancienne ministre de la République, cette figure de l’histoire réunionnaise est le symbole de l’esclavage et n’a simplement plus sa place sur l’île multiculturelle de la Réunion.

Bertrand François, comte de La Bourdonnais, est un Breton des Côtes d’Armor, né en 1699 au sein d’une famille d’armateurs. C’est très naturellement qu’il va s’engager au service de la Compagnie française des Indes orientales en 1724 et s’illustrer lors de la prise de Mahé, sur la côte de Malabar l’année suivante. Un fait de gloire qui lui permet d’adjoindre le nom de cette ville indienne à son patronyme afin de rappeler à tous son exploit. Ambitieux, il crée sa propre compagnie et devient très rapidement riche, menant grand train. Un luxe qui arrive aux oreilles de Louis XV en 1733. Le roi de France décide de le nommer pour le compte de la Compagnie des Indes, gouverneur des îles Mascareignes. Une entité territoriale et stratégique pour la monarchie, située dans l’Océan indien, regroupant les comptoirs de la Grande île (Madagascar), l’île Bourbon (Réunion) et l’île de France (Maurice) où il s’installe. Très rapidement, Mahé de La Bourdonnais se révèle un administrateur de génie, développant la culture de la canne à sucre sur l’ensemble du territoire, encourageant celle du manioc car résistante aux rats et aux sauterelles, structurant et modernisant Bourbon comme l’île de France.

Le décolonialisme à l’assaut de l’ile ?

Port-Louis devient la capitale d’une colonie dont la richesse naissante plonge ses racines dans la sueur des esclavages. Les Mascareignes n’échappent au commerce triangulaire qui bat son plein, où on achète à prix d’or des Africains razziés dans les villages par des roitelets locaux. Certains points de l’Afrique de l’Ouest deviennent vite une véritable plaque tournante de ce vaste trafic humain. Un détail qui n’a pas échappé à l’ancienne députée et ministre de l’Outre-mer du président François Hollande (2016-2017). Si elle a invoqué le « déplacement » de la statue érigée en 1856, en raison d’un aménagement du square « pour en faire une vraie place publique », « la facette noire du personnage, un des maîtres de l’esclavagisme », ne « convient pas aux valeurs d’humanisme et d’égalité que nous défendons aujourd’hui » affirme Ericka Bareigts. Des propos repris par Le Quotidien, un important journal de la Réunion, qui en a fait sa principale manchette.

Doté d’un fort caractère, Mahé de La Bourdonnais s’est taillé une réputation de pourfendeur de marrons, ces esclaves en fuite, qui le poursuit encore aujourd’hui comme le confirme l’historien local Dureau Reydellet, fondateur du Cercle royaliste de Bourbon, dans une biographie qu’il a consacré au gouverneur.

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Vous souvenez-vous d’Alban Gervaise? – Silence coupable…, par Céline Pina

Alban Gervaise

Le médecin militaire assassiné devant ses enfants à Marseille a été inhumé le 8 juin 2022. Sans hommage national et sans une ligne dans un journal comme Le Monde. Pendant que le monde politico-médiatique est occupé à parler du programme économique de LFI ou des “violences policières”, la France s’habitue au jihadisme d’atmosphère, s’indigne Céline Pina.

Si cela ne vous dit rien et que vous n’êtes pas journaliste, ne culpabilisez pas, c’est normal. Sa mort dramatique a été occultée. Il ne fallait pas déranger la campagne législative et la fausse sécurité que l’on essaie de vendre aux Français en leur faisant croire que le terrorisme de proximité a disparu.

Hélas, il n’en est rien. À Marseille, ce médecin militaire de 41 ans a été égorgé devant ses deux enfants de trois et sept ans qu’il venait chercher à l’école.

Mais pardon, déjà dans ce bref exposé des faits je commets un impair : dans la novlangue médiatique on ne dit plus « égorgé », c’est trop connoté, on dit que des « coups de couteau lui ont été portés à la gorge », sinon cela fait trop penser à un crime d’islamiste. Or dans le microcosme parisien, si vous laissez penser cela, cela signifie que vous montrez du doigt la communauté musulmane et donc que vous êtes probablement raciste. Il est vrai qui si cette façon de tuer est liée à certaines cultures, pour autant aucune origine ne prédispose au meurtre. Ce luxe de précaution relève donc de l’hypocrisie ou de la condescendance.

Pudeurs journalistiques

Utiliser le terme « égorgé » commence donc déjà à faire de vous un personnage peu fréquentable. Pour éviter les amalgames il devient alors très important de censurer le réel et de ne surtout pas s’en tenir aux faits. Et pour donner des gages il est de bon ton d’expliquer aussi que l’on censure pour de bonnes raisons : la communauté musulmane se sentant persécutée, il serait dangereux pour la cohésion nationale de continuer à parler des égorgements de proximité qui n’ont jamais cessé.

Alors que le vote communautaire des musulmans est massif et que tous les politiques envient cette manne qui voit 70% de cette communauté voter en masse pour Jean-Luc Mélenchon sur la base d’un discours victimaire et anti-police, personne ne veut regarder certains faits en face. En effet, lorsqu’une appartenance communautaire devient aussi déterminante dans les votes, elle parle des résultats d’un travail politique et identitaire effectué sur une population par des idéologues. Dans le cas des Français de confession musulmane, deux forces travaillent dans le même sens. Les islamistes et l’extrême-gauche. Ce n’est pas un scoop mais il est bon de taire ces choses-là. D’abord parce que cela gêne le racolage communautaire sur fond de discours mettant en cause les Français pour peu qu’ils aient la peau blanche en les accusant de racisme systémique. Un discours qui est vu comme faisant en partie la fortune de LFI et que guigne le parti du président tout juste renouvelé.

Ensuite parce que personne ne sait comment inverser la vapeur qui voit l’influence des représentations islamistes et gauchistes en mode décolonial gagner de plus en plus de terrain dans les banlieues. Celles-ci sont devenues le haut lieu de la réislamisation par les salafistes et les frères musulmans des Français de confession musulmane. Les votes massifs que cela génère effraient et attisent la convoitise de politiques qui ne comprennent pas que cette influence pourrait être combattue à condition qu’ils arrêtent de lécher les bottes de leaders communautaires pour porter haut nos idéaux civilisationnels. Faute d’en être capable, ils choisissent le déni du réel. C’est ainsi que la mort d’Alban Gervaise est reléguée au rang de faits-divers.

Un énième «déséquilibré» ?

Pourtant les faits mettent très mal à l’aise quand on sait que le motif terroriste n’a pas été retenu. L’égorgeur se nomme Mohammed. Âge de 24 ans, il aurait crié « Allah Akbar » en se jetant sur sa victime. Ce petit dealer aurait confié aux policiers avoir agi « au nom d’Allah » et tenait des propos confus après avoir commis son meurtre.

Un énième « déséquilibré » peut-être ? Pourtant l’homme n’a pas été hospitalisé en psychiatrie. Il n’est donc pour la justice ni fou ni terroriste. Or ce qui fait dire à la justice qu’il n’est pas terroriste est que la perquisition de son logement n’aurait pas révélé d’éléments suffisamment probants. Egorger un homme au nom d’Allah est donc selon la justice une attitude qui ne parle pas de la propagande islamiste qui infecte de plus en plus de cerveaux et a provoqué plus de 250 morts dans notre pays.

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Mélenchon fait ch*** Michel Sardou!

Sardou

La star de la chanson Michel Sardou quittera la France si Jean-Luc Mélenchon devient Premier ministre.

« Attention, je me tire ! » Dans un grand entretien à Paris Match, Michel Sardou révèle qu’il envisage de quitter le pays, si Jean-Luc Mélenchon devient Premier ministre. Dans le même temps, Michel Sardou dit aussi que si cela se produit, il fera un grand-duché en Normandie, protégé par des barrières… Bref, c’est une boutade.

Mélenchon Premier ministre ? Un accident

Mélenchon, exceptionnellement, n’a pas éructé mais a écrit un tweet fort affectueux: « Je veux vous convaincre de rester en France quand nous aurons gagné. Beaucoup de Français vous aiment et le pays a besoin de votre affection aussi. » En revanche, ce qui est vrai, c’est que Michel Sardou ne croit plus à la politique : « Mitterrand avait le charisme, Rocard a donné de l’espoir, Chirac était sympathique, mais Mélenchon promet n’importe quoi. Macron ce qu’il dit, il ne le fait pas. Son en même temps me fait chier. Bref, s’il y a une chanson à faire avec la politique c’est « je n’y crois plus ». Pour faire bonne mesure, il ajoute que ce siècle, pardon, est à chier : avec les réseaux sociaux, metoo ou l’écriture inclusive.

Ce pays est bouffé par les normes et la bureaucratie, selon lui. C’est comme si tous ces règlements avaient été inventés pour aller à l’encontre du bonheur des gens.

Le privilège

N’est-ce pas là la complainte d’un privilégié ? Le vrai privilège, c’est de pouvoir le dire. Comme Sardou, des millions de gens pensent que c’était mieux avant. Mais s’ils le disent, ils sont traités de réacs ou de ploucs. Et s’ils n’aiment pas leur époque, pour parler un peu comme Sardou, c’est parce que ce sont de vieux cons.
Plus sérieusement, la réalité, c’est que beaucoup de Français sont désespérés par l’état de leur pays. Les événements récents du Stade de France sont emblématiques de ce délitement dont parlait déjà la tribune des généraux. Ce désespoir est aggravé par le sentiment d’impuissance. On ne sait plus quoi faire, on ne sait pas comment changer les choses. On ne croit plus à la politique, et on regarde avec envie les Britanniques qui à travers la Reine célèbrent ce qui les rassemble.

La France, un corps mort pour des cormorans?

Sans doute Michel Sardou ne devrait peut-être pas dire, même pour blaguer, qu’il envisage de partir, car des millions de Français qui partagent son désenchantement ne peuvent pas caresser cette échappatoire de leur côté. Mais, il peut au moins être leur porte-parole.

Et puis, comme le disait l’intellectuel italien Antonio Gramsci, il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté. Autrement dit, quand une partie des élites pratique le déni de réel, la lucidité est la première forme de résistance… Alors, merci monsieur Sardou !

Cette chronique d’Elisabeth Lévy a initialement été diffusée sur Sud Radio.

Tribune reprise de Causeur

Scandale de l’Opéra de Paris: la gauche décomplexée – Recalée en entretien d’embauche à cause de ses opinions de droite

Opéra de Paris

Elisabeth Lévy revient sur la mésaventure d’Adélaïde, 23 ans, ancienne stagiaire du journal Valeurs actuelles qui postulait pour un emploi à l’Opéra de Paris…

La jeune femme raconte sa mésaventure sur le site de Valeurs actuelles. Sans invectives, et sans citer son interlocutrice.

Bien sûr, nous n’avons que sa version, mais j’ai parlé à Adélaïde et tendance à la croire. Elle est titulaire d’un master 2 de sciences politiques et communication à la Sorbonne et postule en réalité à l’AROP, l’Association pour le rayonnement de l’Opéra – les amis de l’Opéra en quelque sorte- qui s’occupe du mécénat, regroupe 4500 personnes ou entreprises mécènes et est logée au Palais Garnier. Passionnée de ballet et d’opéra, Adélaïde envoie donc son CV à cette AROP, et se voit proposer un entretien. Elle a potassé, elle connaît la politique de l’opéra, notamment en matière de diversité et de mixité sociale. Elle se rend sur place enthousiaste, elle adore ce monde.

Je trouve surprenant que vous postuliez dans le milieu culturel avec votre CV

Dans un premier temps, elle semble faire bonne impression : « Vous connaissez bien les enjeux de l’AROP » lui dit la personne qui la reçoit. Et puis au bout d’un moment, c’est la douche froide : « Je trouve surprenant que vous postuliez dans le milieu culturel avec votre CV. »

Pourquoi lui dit-on ça ? Dans son CV, on peut lire qu’Adélaïde a travaillé pour la presse d’opinion, à Valeurs Actuelles et à Boulevard Voltaire. « La presse d’extrême droite » lui dit son interlocutrice. Les convictions d’Adélaïde (ou du moins celles que l’employée de l’AROP lui prête) ne sont pas celles du directeur de l’Opéra, s’entend-elle dire.

Adélaïde rappelle qu’après cinq ans à la Sorbonne, elle a beaucoup d’amis de gauche. Réponse : dans l’équipe, des gens issus de l’immigration auraient du mal à travailler avec vous ! Et puis, travailler en équipe, c’est aller manger avec les gens… Apparemment, cette dame n’a jamais déjeuné avec une personne de droite ! Pour finir, on balance à la figure d’Adélaïde que le racisme est un délit, pas une opinion.

En dehors de l’évidente sottise de cette dame, voilà ce que m’inspire cette anecdote

Tout d’abord, c’est plus qu’une anecdote, en réalité. Cette affaire est emblématique du sectarisme et de la bonne conscience décomplexée de la gauche. Cette dame travaillant à l’Opéra Garnier ne se cache pas, elle ne fait pas semblant : elle ne lui parle pas de sa compétence ou de son profil qui ne conviendrait pas, mais lui parle d’un délit d’opinion. Une seule opinion est acceptable. “Nous les gens de culture, on est de gauche”. Tu parles, c’est un monde soviétique !

On notera par ailleurs que cette dame adore la diversité sauf en matière d’idées.

Et dans l’entretien tel qu’il nous est raconté, le seul propos raciste vient en réalité d’elle : à l’entendre, les gens issus de l’immigration sont supposés réagir de telle ou telle façon. Elle sait comment ils pensent, ils n’ont plus de libre arbitre.

Là où il y a un vrai scandale, ou du moins ce qui accroit considérablement le scandale de cette affaire, c’est que l’opéra est un établissement public payé par nos impôts. C’est même l’institution culturelle qui nous coûte le plus cher. L’opéra, cela nous coûte un bras ! Ces gens ne refusent pas notre argent me semble-t-il, argent pourtant sali par nos idées nauséabondes. Ni celui des mécènes et des spectateurs qui ne sont pas tous mélenchonistes, loin de là. Voilà comment les cultureux voient les Français de droite : des cochons de payants !

Bravo à Adélaïde. Son avocat Me Gentillet demande une sanction pour la discrimineuse et un nouvel entretien. Il y en a marre de se la fermer : rappelons à cette péronnelle que la discrimination pour opinion, c’est aussi un délit.

Tribune reprise de Causeur

Avant de donner un avenir à nos enfants, donner des enfants à notre avenir, par Jean-Frédéric Poisson

Jean-Frédéric Poisson

Le 5 mai dernier, un texte en projet de la Cour suprême des Etats-Unis (désormais majoritairement conservatrice) visant à renverser l’arrêt Roe vs Wade a été diffusé par Politico [1]. Cet arrêt, voté en 1973, établit une protection fédérale constitutionnelle au « droit à l’avortement », et fait depuis jurisprudence. Cette interprétation de la Constitution américaine est la seule base juridique fédérale sur l’avortement : le Congrès n’a jamais réussi à voter de loi régulant ou bannissant l’accès à l’avortement. Si le projet est mené à bout, on reviendra alors à la situation de 1973 où chaque Etat légiférait indépendamment sur ce sujet. Environ la moitié des Etats américains pourrait alors restreindre considérablement l’accès à l’avortement.

Sans s’immiscer dans une situation qui ne concerne pas notre pays, nous pouvons simplement remarquer que le débat autour de l’avortement est toujours présent de l’autre côté de l’Atlantique. Alors qu’en France, celui-ci ne porte que sur l’extension de l’avortement, et non pas sur l’acte en soi : dès que l’on questionne la valeur de cet acte, des hordes d’ayatollahs pour qui la liberté d’expression n’est plus qu’un vain mot s’attaquent violemment à celui qui a osé émettre une interrogation.

Au-delà de la question centrale du respect de la vie depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, l’avortement est un sujet de société qui a des conséquences importantes sur la vie du pays. Ainsi en France l’indice de fécondité est passé en-dessous du seuil de remplacement depuis 1975. Il y a eu en 2020 un avortement pour un peu plus de trois naissances. Cette faible natalité complique la question déjà assez complexe du financement des retraites, à laquelle aucun des gouvernements qui se sont succédés n’a trouvé de solution. La démographie est aussi un élément incontournable pour avoir un poids international et garder notre rang de puissance économique.

Certains, pour qui la seule fin de la société est la prospérité économique, voient dans l’immigration de masse la solution à cette faible natalité. Mais en plus de traiter l’être humain comme une simple variable, l’immigration de masse est destructrice pour les pays d’accueil comme pour les pays d’origine. Devant l’échec de l’intégration et de l’assimilation, cette « solution » ne peut plus être sérieusement considérée : être Français ne consiste pas à payer ses impôts, c’est avant tout être légataire d’un héritage qui s’impose à nous et que nous nous devons de respecter et transmettre. D’autant plus que l’immigration est utilisée par des ennemis de la France pour mener à bien la troisième vague d’expansion musulmane après celle des VIIe et VIIIe siècles et celle de l’Empire ottoman. Si la déclaration de Boumediene « le ventre de nos femmes nous donnera la victoire » n’est pas attestée, elle résume bien celle d’Erdogan à la diaspora turque le 17 mars 2017 : « J’en appelle à mes frères et sœurs en Europe. Ne faites pas trois, mais cinq enfants, car vous êtes l’avenir de l’Europe » [2].

Favoriser la natalité des Français est donc vital. Cela passe bien sûr par des avantages financiers importants pour les familles et liés au nombre d’enfants, mais aussi par une revalorisation du mariage, fondement de la famille. De plus, il faut faire de la baisse des plus de 200 000 avortements annuels un objectif de santé publique. L’avis des Français sur cette question semble assez tranché. Selon un sondage Ifop de 2020 [3], 73% pensent que « la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’Interruption Volontaire de Grossesse », et 84% sont favorables à « réintroduire dans le livret officiel d’informations remis aux femmes enceintes qui consultent en vue d’une IVG le détail des aides aux femmes enceintes et aux jeunes mères », comme cela était fait jusqu’en 2001.

Mais ces mesures de support à la natalité, si elles sont nécessaires, ne seront pas suffisantes. Le modèle capitaliste, consumériste et individualiste qui règne aujourd’hui, conduit à voir l’enfant comme un objet de désir d’abord vu sous un angle budgétaire : simple produit parmi d’autres, au coût relativement élevé. Il faut absolument reconsidérer l’enfant comme le fruit naturel de l’amour humain et comme un acteur indispensable de la chaîne de transmission entre les générations passées et les générations futures.

La réduction du nombre d’avortements comporte ainsi un double enjeu : enjeu démographique pour pouvoir continuer à exister, mais aussi enjeu de civilisation, car c’est à la façon dont les plus faibles et les plus fragiles sont traités qu’on reconnaît le degré d’humanité d’un peuple. Même les révolutionnaires sanguinaires de la Terreur qui guillotinaient à tout va, lorsqu’ils avaient un doute sur une possible grossesse, annulaient la condamnation de la mère pour ne pas tuer la vie naissante. C’est dire à quel point nous sommes tombés.

[1] « Supreme Court has voted to overturn abortion rights, draft opinion shows», Politico, le 05/08/2022
[2] «Three children not enough, have five: Erdoğan to Turks in EU», Hürriyet, le 17/03/2017
[3] « Les Français et l’IVG », sondage Ifop du 07/10/2020

Tribune reprise de Causeur

L’autoroute de la servitude – Vous avez dit libéraux ?

Klaus Schwab

En 1944, Friedrich Hayek publiait La Route de la servitude et avançait que l’interventionnisme des élites politiques et des « sachants » finissait toujours par écraser les libertés. Alors que nous sortons d’une autre guerre, sanitaire cette fois, il faut se replonger dans ses réflexions.

Sauf si j’ai raté quelque chose, je ne crois pas que la guerre contre le Covid ait été annoncée comme étant terminée. Et entretemps, la guerre entre la Russie et l’Ukraine a été déclarée, à laquelle les dirigeants européens tentent de faire croire que nos pays ne participent pas malgré les sanctions de plus en plus lourdes et nombreuses infligées à la Russie et malgré les livraisons d’armes massives effectuées au profit du pays bleu et jaune. Or, c’est dans un contexte de guerre qu’a été publié La Route de la servitude, livre politique de Friedrich Hayek sorti en 1944 et présenté par lui comme un ouvrage qu’il était de son devoir d’écrire dans un moment où la guerre justement empêchait ses collègues économistes de réfléchir et de guider l’opinion publique sur les choix d’organisation de la société à venir lorsque la paix serait revenue. Un livre de combat donc, en partie circonstanciel, mais surtout un ouvrage court qui posait des bases de réflexion solides et fixait des principes fondamentaux que son auteur ne ferait que détailler, expliciter et améliorer par la suite.

Une inquiétante mainmise

Si le libéral convaincu que je croyais encore être il y a quinze ans s’était alors délecté de cette lecture, le socialiste-conservateur-libéral[1] que je suis devenu depuis le lirait certainement avec un œil un peu plus critique aujourd’hui. Ma mémoire conserve néanmoins quelques idées-clés qui me paraissent toujours aussi pertinentes et utiles dans la période que nous traversons, marquée par une poussée du fédéralisme européen, de l’autoritarisme sanitaire et du contrôle social. Parmi elles, on trouve une critique en règle des experts, notamment économiques (que Hayek range sous le vocable de « planistes »), qui auraient vocation à déposséder le personnel politique de leur pouvoir, au motif que la vie de la société serait pour ainsi dire une matière scientifique que seuls des spécialistes peuvent discuter et traiter. Derrière les attaques répétées contre le socialisme auxquelles se livre l’auteur, c’est aux « sachants » qui veulent tout régir de manière scientifique qu’il s’en prend : saint-simoniens, marxistes ou continuateurs d’Auguste Comte sont ses cibles de choix, dont on trouve de lointains successeurs 80 ans plus tard dans un monde occidental dont on souligne à l’envi la complexité pour abandonner sa gestion aux seuls experts.

Le phénomène n’est pas nouveau en Europe, mais à la faveur du Covid et de la guerre en Ukraine, il s’est aggravé dans des proportions inquiétantes qui laissent craindre qu’on ne puisse revenir en arrière. Ce que révèlent le coup d’État discret opéré par Ursula von der Leyen et ses confrères d’une part, et l’omniprésence même plus cachée des consultants et des experts sur à peu près tous les sujets d’autre part, c’est une nouvelle tentative de mainmise sur le pouvoir par une élite intellectuelle et économique qui estime être la seule à savoir ce qui est bon pour la société. La pluralité des théories économiques comme scientifiques devrait nous avertir que la vérité est bien difficile, voire impossible, à déterminer, et nous inciter par conséquent à la plus grande prudence et au maintien du débat ; au lieu de cela, une alliance de certains économistes et certains scientifiques avec la majorité du monde médiatique, politique et judiciaire, vise à faire croire à l’unanimité d’une communauté de ceux qui savent et au caractère indéniable, incontestable, des propositions qu’elle avance pour répondre aux crises et pour gérer la société.

Est-ce que 1984 restera une dystopie ?

Ce qui rend ce constat fait par Hayek en 1944 et par d’autres avant et après lui absolument glaçant, c’est l’état actuel de la technologie. Pour horribles et monstrueux que les totalitarismes du xxème siècle aient été, ils avaient contre eux un manque de sophistication technique qui autorisait quelques failles, quelques interstices : samizdats, marché noir et potagers clandestins étaient encore possibles. Pour les contemporains du nazisme et du stalinisme, le cauchemar était une surveillance absolue contre laquelle rien n’était possible : c’est bien la raison pour laquelle 1984 d’Orwell, outre sa critique assez limpide du régime soviétique, a toujours été considéré comme une dystopie, c’est-à-dire un monde imaginaire et non souhaitable. Est-ce toujours le cas ? Dans un monde où les objets connectés nous espionnent, où les smartphones nous écoutent et où le fichage pour ses opinions politiques ou syndicales est permis, il semble bien que Big Brother soit désormais en place, dans l’indifférence générale, avec la complicité passive de tout un chacun même, et ne soit plus vu comme un mauvais rêve mais une réalité avec laquelle il faut s’accommoder.

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Nupes: peut-on faire lit commun et chambre à part? – La drôle d’union de la gauche

bouhafs melenchon

Là où à droite l’union avec l’extrême-droite est un tabou, l’union de l’ensemble des forces à la gauche de l’échiquier politique, y compris avec les extrêmes, fait l’objet d’une véritable mystique.

Au point que l’on peut avoir l’impression que l’affichage de l’union suffit à contenter l’électeur, sans qu’il soit nécessaire que le chemin soit très clair, voire même en l’absence de projet commun. Pire, affublé du manteau de l’« union de la gauche », même l’accord le plus boiteux est présenté comme l’annonce d’une victoire qui ne saurait être empêchée que par un système injuste et dévoyé. C’est ainsi que Jean-Luc Mélenchon présente la NUPES, Nouvelle Union Populaire, Ecologique et Sociale comme le troisième tour de la présidentielle, celui censé doter la France d’un gouvernement effectif, et fait semblant d’être candidat au poste de Premier ministre, afin que même les législatives soient une ode à sa personne. Or, non seulement les institutions ne sont pas conçues dans ce but, mais le leader de LFI croit tellement peu à cette histoire qu’il ne fait même pas semblant d’avoir adossé cette soi-disant union de la gauche sur un quelconque programme commun.

Intérêts bien compris…

Le problème c’est que cet accord d’appareil, bouclé à la va-vite, sur les seules bases de l’intérêt bien compris de sortants qui ne veulent pas perdre leur place, fait l’impasse sur tant de sujets de dissensions qu’il n’a pas fallu bien longtemps pour que ressorte, autour de candidatures symboliques, la poussière qui avait été mise sous le tapis. La candidature de Taha Bouhafs est devenue le révélateur gênant de la véritable nature de LFI et a mis les différents partis de gauche devant la vraie nature des leurs noces. Adrien Quatennens a beau jeu de parler des centaines de circonscriptions où les accords paraissent stables, pour essayer de faire passer le scandale autour de la candidature de Taha Bouhafs pour un épiphénomène. Elle est, au contraire, révélatrice des fractures réelles qui font de la NUPES une simple machine électorale et non un espoir politique.

Taha Bouhafs est archétypal de la dérive islamogauchiste du parti de Jean-Luc Mélenchon, proche des islamistes du CCIF et de Barakacity, c’est un identitaire qui considère que l’appartenance raciale prime sur tout et doit déterminer les comportements. C’est ainsi qu’il avait traité la policière Linda Kebbab, d’ « arabe de service », car pour lui, servir l’Etat français c’est être littéralement traître à sa race, apporter sa caution à la « persécution des musulmans ». Taha Bouhafs, c’est aussi celui qui avait provoqué l’expulsion d’Henri Pena-Ruiz de LFI. Le philosophe, spécialiste de la laïcité, avait eu le malheur de rappeler, lors des universités d’été du mouvement, en 2019, qu’en France on avait le droit et la liberté de critiquer les religions. Il a été victime d’une véritable campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux et au sein du parti. Campagne orchestrée notamment par Taha Bouhafs. Car l’ancien candidat qui se victimise aujourd’hui est connu pour son agressivité sur les réseaux et les logiques de meute qu’il sait si bien orchestrer. Ce sont ces faits qui ont amené Fabien Roussel à s’interroger sur l’opportunité de présenter un tel personnage à la députation. “Je ne comprends pas que LFI puisse présenter sous ses couleurs quelqu’un qui a été condamné en première instance pour injure raciale”. Il n’était pas le seul à s’étonner et l’affaire Bouhafs a poursuivi tous les représentants de la LFI depuis que la candidature a été annoncée. D’Alexis Corbière à Adrien Quatennens, on ne compte plus les grands moments de solitude médiatique et les circonvolutions de langage déployées pour défendre l’indéfendable. Taha Bouhafs serait ainsi victime de calomnies ou de la haine de l’extrême-droite. Il serait harcelé parce que jeune, d’origine maghrébine et sans diplôme. Hélas, il n’est victime que de son comportement, et ce qui lui est reproché ce sont des faits, des actes, des écrits. Il est même comique d’entendre tous les leaders LFI interrogés expliquer qu’il n’a jamais été condamné pour « injure raciale » mais pour « injure publique » en oubliant que le vrai intitulé de la condamnation est « injure publique à raison de l’origine », ce qui est difficile à distinguer d’attaques racistes. La position était dure à tenir même pour des spécialistes de la malhonnêteté intellectuelle et Taha Bouhafs a été débranché pour éviter que l’on discute plus de l’islamogauchisme de la LFI que du retour de l’union de la gauche.

Mélenchon tient les banlieues communautarisées, et ne veut plus les lâcher

Sauf que la clientèle des quartiers, sensible au discours sur la « persécution des musulmans » sur lequel prospère en partie la boutique LFI, ne doit pas manquer à Jean-Luc Mélenchon s’il veut faire de ces législatives une démonstration de force. La solution est donc de lâcher Taha Bouhafs, pour préserver la mystique de l’union de la gauche et de faire porter le chapeau au PCF. Cela évite de cristalliser l’opinion sur un candidat qui illustre parfaitement la dérive racialiste et les proximités avec les islamistes de LFI d’un côté, tout en entonnant le grand air de la victimisation et de la persécution d’un jeune militant musulman sur les réseaux. Et voilà Taha Bouhafs élevé au rang de voix de « ceux qui ne sont rien », dans le même temps que le retrait de sa candidature devrait rapidement calmer le jeu et permettre de réinstaller la campagne autour de la thématique de l’élection du Premier ministre. Le problème est qu’une partie des militants LFI ne se caractérisant ni par leur sens de la modération ni par leur adhésion à la discipline de parti, Fabien Roussel et le PCF subissent de telles attaques sur les réseaux sociaux que l’on se demande si la NUPES, à peine née, tiendra jusqu’aux élections.

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Un sentiment de grand remplacement, par Georges Dumas

islam musulmans

Le jour de l’Aïd el-Fitr, dans les rues d’Aubervilliers, on réalise que les diverses communautés et ce multiculturalisme qui nous est tant loué par les politiques se fondent en réalité dans l’oumma.

Lorsque, aux alentours de huit heures ce matin, j’ai été tiré de mon sommeil par une voix aussi insistante que lointaine qui à l’évidence ne provenait pas de l’intérieur de mon appartement, il ne m’a fallu qu’une dizaine de secondes pour l’identifier comme étant celle d’un muezzin (1) et en déduire aussitôt qu’aujourd’hui devait être le jour de l’Aïd el-Fitr.
Preuve qu’en faisant un petit effort, on peut très vite et très bien s’assimiler à la culture qui nous entoure !

Multiculturalisme ?

Une demi-heure plus tard, j’avais une confirmation visuelle de ma déduction sonore, dont j’ai oublié de dire qu’elle avait été facilitée par le bruit des klaxons : en effet, le jour des fêtes musulmanes, la circulation est rendue moins fluide par l’afflux massif des fidèles – qui n’ont pas assez des trottoirs pour circuler. En sortant de ma petite résidence, c’est donc à une joyeuse cacophonie et à un festival de couleurs que j’ai été confronté. Couleurs de vêtements comme couleurs de peau. Car ici, à Aubervilliers, c’est l’oumma qu’il est donné de voir, loin de tout sectarisme national. Et l’oumma, on dira ce qu’on voudra, c’est quand même impressionnant quand on pense aux conflits meurtriers qui déchirent le monde musulman ailleurs sur la planète : un rapide contrôle au faciès dans les rues de ma commune limitrophe de Paris indique que le continent africain est représenté dans toutes ses latitudes, pas seulement celles du Maghreb, que le sous-continent indien n’est pas en reste, et certainement d’autres points du globe plus orientaux encore ; or, tout ce petit monde cohabite paisiblement et s’agglomère lors des grandes fêtes religieuses, comme si les tensions communautaires n’existaient pas.

Les qamis étaient très nombreux chez les hommes, les abayas et hijabs constituaient la norme pour les femmes. Les enfants étaient pour la plupart eux aussi endimanchés. Enfin, pas endimanchés bien sûr, je voulais dire : vêtus de manière traditionnelle. C’est certainement cette unité vestimentaire qui est la plus frappante lorsqu’on regarde ces foules bigarrées en fête. Le reste du temps, dans les rues d’Aubervilliers, devant les écoles, sur les terrains de sport, on voit des gens de toutes origines dont, sauf pour les femmes voilées, on ne se pose pas forcément la question de la religion. En étant distrait, on pourrait imaginer une apposition de groupes humains différents, un espace multiculturel où aucune communauté ne domine, comme si la diversité était synonyme de neutralisation. Certes, il y a bien les queues le vendredi devant les mosquées, souvent de fortune, pour indiquer la présence d’une communauté de foi qui rassemble tous ces gens d’origine différente, mais à part ce phénomène relativement discret, on serait en peine de deviner une unité quelconque dans la population qui occupe l’espace, et ce d’autant moins que les asiatiques sont nombreux et élargissent la diversité démographique visible. Ce matin, comme tous les matins de grande fête musulmane, c’était un sentiment de submersion qui l’emportait, car, tant par le nombre de personnes rassemblées que par l’effort vestimentaire consenti, il y avait l’effet de masse, de groupe, de foule qui jouait à plein.

Participation massive

Outre la dimension sensorielle, physique qui donne sa substance à ce sentiment de submersion (j’entends par là qu’il ne s’agit pas d’une abstraction, d’une intellectualisation, mais bien d’une expérience concrète, perçue directement par les yeux et les oreilles : je n’ai pas rêvé ces centaines de personnes rassemblées, je ne les ai pas fantasmées), c’est le contraste avec ses propres références culturelles qui nourrit l’impression d’un changement radical et d’une profonde remise en cause des valeurs de notre pays. Derrière le grand mot de laïcité, dont la définition n’a rien d’univoque, se cachait, pour le baptisé devenu agnostique que je suis, l’idée essentielle que la conviction religieuse était une chose à la fois personnelle, discrète et accessoire. Pour le dire autrement, la religion avait perdu le rôle de colonne vertébrale des comportements de tout un chacun, même si cela ne l’empêchait pas de nourrir la sensibilité et la manière d’agir de ceux de nos concitoyens qui étaient encore pratiquants ou du moins qui avaient la foi. Mon expérience personnelle me faisait confirmer les diagnostics de déchristianisation ou de sortie de religion que j’ai pu lire par la suite sous la plume de Marcel Gauchet ou de Guillaume Cuchet. En précisant cependant que, de par le fait que notre pays avait 1500 ans d’histoire chrétienne derrière lui, la sécularisation n’était que la poursuite sans clergé d’une morale et d’une vision du monde globalement inchangées : pour reprendre Nietzsche, le monde avait perdu Dieu mais ne s’en était pas vraiment aperçu, d’où la persistance de traditions et d’usages sur un mode désacralisé. Le paysage architectural, littéraire et artistique entretenait un paysage mental familier, ancré dans un imaginaire judéo-chrétien dévitalisé sur le plan de la foi mais toujours opérant sur celui des valeurs et des représentations collectives. Bref, à moins d’aller soi-même à la messe, on ignorait qui se rendait à l’église le dimanche et tout le monde s’en fichait, car ce n’est pas ce qui réglait la civilité entre les gens. Quant aux processions religieuses lors des grandes fêtes chrétiennes, elles étaient devenues pour l’essentiel un élément de folklore qui tenait plus de l’identité régionale ou locale que de la foi qui édicte le comportement en société.

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La triste cohorte des maîtres à voter – On n’a plus le front républicain en gros mais on l’a au détail !, par Philippe Bilger

BHL

Sportifs, syndicats, universitaires partisans, pétitionnaires convulsifs…
Une tribune de Philippe Bilger publiée le 15 avril 2022.

Les citoyens sont devenus grands. Ils savent que le 24 avril ils auront le choix entre Emmanuel Macron, Marine Le Pen, le vote blanc (pas encore reconnu) et l’abstention. Pour ma part mon parti est pris et même si j’attends avec impatience le débat du 20 avril entre les deux candidats, il ne changera pas ma décision. Ce n’est pas que je me désintéresse de tout ce qui s’est engagé depuis le soir du premier tour et suscite une campagne rude, acrimonieuse, sans concession, parfois violente. Le président candidat prend son adversaire au sérieux et, ne se plaçant plus en surplomb, montre qu’il est capable de quitter le “respect” qu’il éprouvait paraît-il, pour une argumentation et des contestations plus que vigoureuses. Marine Le Pen, quant à elle, use de son registre habituel, pour l’essentiel contre les élites dont Emmanuel Macron serait à tous points de vue une parfaite incarnation ; elle se présente comme la défenseur du peuple.

Le règne de l’injonction

Pour qui est un lecteur et un téléspectateur compulsif en matière de politique, la matière ne manque pas et par exemple il a pu enrichir sa réflexion avec le très long et brillant entretien donné par Emmanuel Macron au Point sans, il est vrai, qu’il ait été poussé dans ses retranchements. De sorte qu’il a pu, dans le genre qu’il affectionne, mêler intelligence, intuition, finesse, analyses et une propension à être moins à l’aise avec l’action et l’opératoire. Pour Emmanuel Macron, ces derniers sont des sacrifices délestant la surabondance et la complexité du réel.

Je cherche à signifier par toutes ces observations que les problématiques, les failles, les approximations ou les doutes liés aux programmes des candidats sont largement connus et que le citoyen peut aisément se dispenser de tous ceux qui, pour le RN, lui donnent des leçons de morale en lui enjoignant de ne pas s’égarer comme s’il était simple d’esprit et donc à guider par l’esprit et la main. C’est ce que je nomme la triste cohorte des maîtres à voter qui, sur tous les registres, confondent une authentique démocratie avec le règne de l’injonction.

Demain, des dizaines de syndicats vont manifester contre l’extrême droite. Un tocsin qui à force d’être sonné sera sans doute moins pris au tragique et qui offrira ce paradoxe de s’opposer, par une voie guère républicaine, à un parti décrié comme non républicain. On aurait pu espérer un progrès de l’équité démocratique depuis 2017, quelle que soit l’aversion politique pour le camp exclusivement ciblé : il faut déchanter.

Salmigondis macronien

Le 24 avril je serai dans l’isoloir mais puis-je dire, sans offenser qui que ce soit s’étant posé en mentor républicain, que Bertrand Delanoë, Lionel Jospin, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Fabien Roussel et Valérie Pécresse n’auront pas la moindre influence sur mon for intérieur et ma décision. Pas davantage que la proposition de Jean-Luc Mélenchon certes plus ouverte, martelée quatre fois avec ironie, refusant que la moindre voix se porte sur Marine Le Pen. Aussi peu que Nicolas Sarkozy nous vantant les lumières d’un avenir avec Emmanuel Macron mais occultant soigneusement les ombres troubles de cette négociation menée de longue date et qui, prétendant sauver LR, veut le fondre dans un salmigondis macronien, une sorte d’Agir à la passivité éclatante et à l’influence nulle. Tout cela pour des députés sélectionnés et quelques ministres ! Aussi peu que François Hollande, détestant Emmanuel Macron et méprisé par ce dernier le moquant de concert avec Nicolas Sarkozy. Pas davantage que cette tribune de sportifs parmi lesquels le formidable demi de mêlée Antoine Dupont qui devrait à mon humble avis se méfier de la mêlée partisane même si à tout prendre je le préfère aux pétitionnaires compulsifs et aux politiciens opportunistes et transfuges.

Bien moins encore que les diktats de BHL ou la campagne de notre quotidien de “référence”, Le Monde, qui au mépris de toute équité démocratique a abandonné, s’agissant de Marine Le Pen, les exigences de l’information (la dénonciation immédiate l’altère et la biaise) au profit d’une prise à partie constante d’autant plus choquante que pour l’adversaire la complaisance est de mise. Ce n’est pas non plus la violation absolue de son obligation de réserve par une présidente d’université à Nantes, dictant leur futur vote à ses collègues, qui va me rassurer et m’inciter à m’entourer de conseils.

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De la démocratie et autres fariboles, par Jean-Paul Brighelli

poutine

Violemment attaqué par certains commentateurs sur ce qui leur apparaissait comme une prise de distance vis-à-vis de l’Ukraine et une condamnation molle de la Russie, Jean-Paul Brighelli élargit le débat : sommes-nous bien aptes à juger de régimes qui n’ont rien à voir avec le nôtre — si tant est que nous soyons nous-mêmes en démocratie ?

En toutes choses il faut remonter à l’origine : la démocratie a été instaurée par de minuscules États grecs vers le Ve siècle av. JC. Elle supposait une participation générale des citoyens, ce qui excluait les femmes, les métèques (qui étaient nés hors les limites de la cité, qu’ils soient Grecs ou non) et les esclaves. Soit les 9/10ème de la Cité.

Et encore, en limitant ainsi la représentativité, les démocraties n’étaient pas à l’abri de populistes — on disait alors « démagogues » — ou de dérives mortelles. Voir ce qu’en dit Aristophane dans les Cavaliers ou dans l’Assemblée des femmes.

Les citoyens athéniens, dans une économie servile, étaient des oisifs qui pouvaient consacrer à la politique l’intégralité de leur temps. Et pourtant, ils n’étaient guère plus éclairés que nos contemporains Si, Démosthène n’avait pas été là…

La démocratie athénienne est par ailleurs une démocratie directe : chacun voit ce que vote son voisin, puisque cela se fait en public. Et n’importe quel citoyen peut demander le bannissement de tel ou tel homme politique qui lui déplaît. Un processus si instable qu’au premier affrontement avec Sparte, qui était un système royal bicéphale, la démocratie athénienne a volé en éclats.

Montesquieu préfère les républiques aristocratiques, où quelques individus éclairés guident la plèbe. Démocratie et oligarchie sont à ses yeux deux perversions majeures de l’idée républicaine.

Notre génie national…

C’est pourtant sur ce modèle démocratique que s’est constituée la Ière République, en 1792 : les révolutionnaires étaient imbibés de références antiques, à l’époque. Le vote à main levée, en particulier, permet d’identifier les opinions de chacun — et éventuellement de les sanctionner, selon le tarif unique de la guillotine.

Le modèle n’a pas survécu à l’arrivée de Bonaparte — tout comme la IIème République n’a pas survécu au coup d’État de Napoléon III.

C’est que la France est tout ce que vous voulez, sauf un pays démocratique. Elle est éminemment royaliste, et la Constitution de la Vème République n’est qu’une adaptation, par un disciple de Maurras, des principes royalistes à un régime présidentiel. On prête d’ailleurs à Macron, s’il est réélu, le désir d’imposer une réforme constitutionnelle pour renforcer cet aspect présidentiel — conformément au génie national.

J’attribue une bonne part de la désaffection vis-à-vis du processus électoral au sentiment de nos concitoyens qui jugent insuffisante la royauté potentielle des candidats. Les couvertures des magazines, en 2017, présentant Macron en Napoléon IV ont bien tenté de pallier ces béances, mais elles ont persisté. Et aucun des candidats de dimanche n’est à la hauteur des aspirations à la monarchie. Je n’en veux pour preuve que la façon quelque peu dérisoire dont chacun se réclame de De Gaulle, dernier souverain incontesté : rappelez-vous les pages que chaque semaine le Canard enchaîné lui consacrait sous le titre « la Cour », présentant le président de la République en perruque louis-quatorzième. Nous vivons dans la fiction féconde de « l’homme providentiel ».

Les pays slaves veulent des tsars

Chaque pays a des tendances profondes qu’il faut connaître avant de décider à sa place. L’importation de démocraties dans les pays de l’Est ou dans les pays arabes était une très mauvaise idée — et il n’en subsiste que des parodies, que ce soit en Russie ou en Chine, avec un président à vie, en Ukraine avec des coups dÉtatt successifs, ou avec des « hommes forts » dans les pays moyen-orientaux qui se sont offerts un « printemps arabe » pour mieux mettre en place des leaders indéboulonnables. Sans compter ceux qui attendent la venue du Mahdi… Daesh n’a dû son succès local qu’à la croyance selon laquelle les divers « califes » qui l’ont dirigé, Abou Omar al-Baghdadi ou Abou Bakr al-Baghdadi, étaient des envoyés de Dieu.

Ceux qui n’admettent pas ce poids de l’Histoire et de la tradition sont tout simplement acculturés.Éliminerr par exemple Saddam Hussein ou Khadafi était une erreur très dommageable, les « raïs », comme on dit, étaient des gages de stabilité. En Irak le pouvoir chiite a rapidement offert une solution de remplacement adéquate — au grand dam des Américains. En Libye, les factions s’affrontent pour décider qui sera le calife, et déstabilisent toute l’Afrique. Encore bravo à ceux qui au nom de la « démocratie » ont détruit le bel équilibre qui régnait alors — par la force.

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