Le scandale de la « pancarte » : un montage politico-médiatique, par Francis Bergeron

Cassandre Fristot

Voici une notoriété rapidement acquise, mais Cassandre Fristot, bénéficiaire-victime de cette publicité, s’en serait sans doute bien passée. La jeune femme, que les photos nous présentent comme plutôt charmante, est victime d’un véritable lynchage d’Etat. C’est le pot de terre contre le pot de fer.

Que lui reproche-t-on ? D’avoir brandi, pendant le défilé anti-passe sanitaire de samedi, dans les rues de Metz, une pancarte qui traitait de « traîtres » treize personnalités : Fabius, Attali, Buzyn, Attal, Véran, Drahi, Macron, Salomon, Soros, K. Schwab, BHL, Ferguson et Rothschild. A part les dénommés K. Schwab et Ferguson, il s’agit de personnalités de premier plan, bénéficiant d’une immense notoriété. Les accuser de traîtrise relève peut-être de l’injure publique. C’est la jurisprudence qui peut seule nous dire si le terme est considéré comme injurieux ou simplement polémique, dans un contexte politique.

Mais nulle part le panneau en question ne relève la religion de ces personnes. Et qui plus est, il n’est nullement prouvé qu’elles soient juives. D’ores et déjà le plus célèbre d’entre eux, le président Macron ne l’est pas. Quant à Laurent Fabius, il est catholique. Il est né catholique, baptisé à l’église Notre-Dame-de-Grâce de Passy. Beaucoup des personnes citées ne sont pas connues pour une éventuelle origine juive, mais en raison de leurs prises de position, auxquelles peuvent éventuellement s’ajouter des aspects sociétaux (Gabriel Attal est par exemple en couple avec le député européen macroniste Stéphane Séjourné). L’origine juive de certaines des personnes citées est notoirement connue (la famille Rothschild, par exemple), mais la plupart des autres personnalités dont le nom figure sur ce panneau n’y figurent pas en raison de leur confession israélite – si tant est que ce soit le cas –, mais, peut-on supposer, en raison de leur soutien à la politique sanitaire du gouvernement.

En l’absence de listes officielles et tenues à jour des 500 000 Français de confession israélite, on ne voit pas bien comment cette jeune femme peut être accusée d’antisémitisme. Et est-ce à dire que dorénavant, il sera interdit de critiquer simultanément ces très grands notables et dirigeants politiques ?

Une manœuvre politique pour discréditer le mouvement contestataire

Cassandre Fristot est renvoyée devant les tribunaux pour « provocation à la haine raciale ». Son domicile a été longuement perquisitionné, à la recherche de preuves de son antisémitisme supposé, les pouvoirs publics étant bien conscients de la faiblesse de l’angle d’attaque.

Mais à la vérité, la jeune femme est victime d’une pure manœuvre politique, destinée à discréditer le puissant mouvement contestataire qui, depuis plusieurs semaines, secoue le pays.

Du jour au lendemain sa vie est devenue un enfer parce que le gouvernement veut faire de sa pancarte une sorte de symbole de la résurgence supposée des heures-les-plus-sombres. Mais quoi qu’en disent les médias, les heures-les-plus-sombres ne se dissimulent apparemment pas derrière la pancarte, et aucun pogrom n’est à l’ordre du jour dans les rues de Metz ou d’ailleurs.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 11 août 2021