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Francois Lenglet

François Lenglet : « En France, faire de la politique, c’est ignorer la réalité »

20/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Sous le titre « Système, moi non plus », François Lenglet explique dans le journal belge L’Echo que « l’un des rares points de convergence entre les onze candidats à l’élection présidentielle française est la détestation, souvent factice ou au moins largement affectée, du “Système”». Or, pour le journaliste économique, « le Système, c’est l’ordre des choses tel qu’il est, le poids de la finance dans l’économie, les inégalités, la persistance d’un chômage élevé » : « Le Système, c’est tout simplement la réalité. »

« À observer les onze programmes des candidats, neuf d’entre eux, c’est-à-dire la quasi-totalité, dévéloppe-t-il, se concentrent sur la récusation de ce Système. D’où les propositions les plus baroques : financement de l’économie par une gigantesque banque publique, interdiction des licenciements et des délocalisations, mise en place d’un revenu universel – dans un pays qui approche les records de dépenses publiques et de déficit –, retour à la retraite à 60 ans, alors que la France dépense déjà 2 points de Pib de plus que les autres pour ses retraités, nationalisations des compagnies d’autoroutes et des énergéticiens, impôts sur les robots, taux de 100 % de prélèvement pour les revenus supérieurs à 400 000 euros… Un vrai concours Lépine. Une fête pour l’esprit. Le tout avec des factures qui sont souvent comprises entre 100 et 200 milliards d’euros par an. »

François Lenglet n’épargne pas Emmanuel Macron, qui « tente un subtil mélange entre la réalité et ce que les Français veulent entendre. Une sorte de compromis social-démocrate paré des habits frais de l’inexpérience » : « Signe de cet équilibrisme, son expression favorite, qui revient comme un tic de langage, est : “Et en même temps.” De la justice sociale, et en même temps de l’efficacité économique. Vierge, et en même temps enceinte. »

Il conclut ainsi :

« En Europe, faire de la politique consiste à aménager la réalité, pour l’améliorer. En France, et particulièrement en 2017, faire de la politique, c’est ignorer la réalité. Pas étonnant qu’un tiers des électeurs déclarent, à quelques jours du scrutin, être toujours dans l’indécision. »

Macron Personne

Il s’appelle Macron, mais son nom est Personne, par Michel Geoffroy

Macron Une chance pour tousIl s’appelle Macron. Mais son nom importe peu car, il y a quelques années encore, personne ne le connaissait. Cela aurait pu être n’importe qui d’autre : Emmanuel Valls, Manuel Macron, François Juppé ou Alain Bayrou, peu importe. Tous interchangeables.

L’oligarchie a choisi Emmanuel Macron car il est jeune, ambitieux et présente bien. Mais Macron n’est en lui-même personne sinon le porte-parole de l’oligarchie. C’est-à-dire le porte-parole d’un pouvoir impersonnel et hors sol : celui de l’argent, de la finance, des grandes firmes mondialisées, des bureaucraties bruxelloises et des bobos cosmopolites.

Personne, l’élu de l’oligarchie

L’oligarchie a choisi M. Personne pour continuer d’exercer, à travers lui, son emprise sur la France et donc sur l’Europe. Elle l’a choisi pour éviter que l’élection présidentielle de 2017 ne permette de changer une politique qui lui réussit si bien. Elle l’a choisi pour empêcher que le peuple français ne se réveille, à l’issue de la calamiteuse présidence Hollande, de sa mortelle dormition.

Elle a donc mis à la disposition de M. Personne trois moyens d’action essentiels pour gagner une élection en Occident : le pouvoir de l’argent, le pouvoir des médias et celui des juges. Trois pouvoirs qui marchent de concert : l’argent achète les médias et les juges agissent avec les médias. Trois pouvoirs qui ont transformé, en quelques mois, l’ambitieux banquier devenu ministre en candidat à l’élection présidentielle.

Parce qu’en France nous ne vivons plus en démocratie, mais sous un régime de post-démocratie. 

Le pouvoir de l’argent au service de M. Personne

La post-démocratie ne repose plus sur le principe « un homme = une voix » comme autrefois, mais sur le principe « un euro = une voix ».

Le pouvoir de l’argent a permis au jeune M. Personne de créer en quelques mois un mouvement de toutes pièces. L’argent lui permet de mobiliser les meilleurs cabinets de communication pour peaufiner sa stratégie, son style, sa com. L’argent lui permet d’être visible partout et de louer les plus belles salles pour tenir ses meetings. L’argent lui permet aussi d’acheter les bons sondages.

Comme l’avouait sans fard Jérôme Fourquet, directeur du Département opinion publique de l’institut de sondage IFOP à l’émission C dans l’air : « On a installé progressivement qu’il [Macron] pouvait être au second tour » de l’élection présidentielle.

L’argent a permis la promotion de la marque Personne comme on le ferait de n’importe quel autre produit de marketing. Dommage que l’on s’en aperçoive.

Le pouvoir médiatique au service de M. Personne

Emmanuel MacronEn post-démocratie le pouvoir passe aussi par les médias. Les médias mainstream, publics ou privés, ne sont plus des contre-pouvoirs mais des rouages du pouvoir. Car l’onction médiatique sert à préparer dans l’opinion l’élection politique.

Les médias mainstream appartiennent aux puissances d’argent en France et c’est pourquoi, au classement de Reporters Sans Frontières sur la liberté des médias, notre pays se trouve en 2016 en 45e position derrière… le Burkina Faso, le Bostwana et Trinité et Tobago…

Soumis au pouvoir de l’argent, les médias mainstream ont donc fait la promotion permanente du candidat Personne : ils ne parlent que de lui, ne le critiquent jamais et ne lui posent aucune question qui pourrait le mettre en difficulté. Avec M. Personne, on ne risque pas de voir une Christine Angot venir l’invectiver sur un plateau télévisé. Et même la revue L’Histoire trouve une occasion de donner la parole au candidat Personne (2) ! Pas aux autres évidemment.

Les journalistes et les éditorialistes ont tous bien mérité de M. Drahi : la propagande médiatique pro-Personne est totale, omniprésente et manifestement tout sauf spontanée. Dommage qu’on finisse par s’en rendre compte.

Le pouvoir des juges au service de M. Personne

La post-démocratie se caractérise enfin par le gouvernement des juges, c’est-à-dire par la soumission des législateurs amovibles au diktat des juges inamovibles et idéologisés.

L’élection présidentielle de 2017 voit ainsi pour la première fois dans notre pays l’intrusion délibérée du gouvernement des juges dans le processus électoral lui-même, au mépris de la traditionnelle période de « réserve républicaine ».

L’opération avait pour nom de code Pénélopegate. Car ces juges, tous plus « indépendants » les uns que les autres, ont pour mission de mettre des bâtons judiciaires dans les roues de l’obstacle politique principal à l’élection du candidat Personne : François Fillon.

Car les sponsors d’Emmanuel Personne ne veulent qu’une chose : qu’il se retrouve au second tour face à Marine Le Pen, pour ensuite espérer bénéficier, comme le pitoyable Chirac en 2002, du déchaînement de la tempête médiatique contre la candidate issue du Front national. L’extrême gauche, c’est-à-dire le service action de l’oligarchie, s’y prépare déjà avec entrain, comme on l’a vu à Nantes ou à Bordeaux.

Le Monsieur Va-tout de l’oligarchie

Challenges MacronL’oligarchie joue en réalité son va-tout sur M. Personne. Après le vote britannique pour le Brexit, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis ou le rejet du référendum de Matteo Renzi en Italie, l’oligarchie ne cesse en effet d’accumuler les déconvenues en Occident. Il ne faudrait pas que le peuple français sorte au surplus de sa léthargie en 2017 !

C’est pourquoi l’oligarchie fait de très gros efforts pour promouvoir M. Personne et aussi pour tenter de cacher ses lacunes, de plus en plus visiblesCar le marketing ne suffit pas à faire un homme d’Etat crédible. Dommage que l’on commence à s’en apercevoir.

Personne et M. Bulle

Personne pensait ainsi se soustraire à l’obligation de présenter un programme cohérent : des formules bien choisies par Proxem pour séduire les gogos et les banlieues devaient suffire.

Pour l’oligarchie, le programme importait peu, en effet : puisqu’au sein de la zone euro, les présidents ne président pas plus que les gouvernements ne gouvernent. Simples mandataires des lobbies et de l’oligarchie, ils ne font que ce qu’on leur dit de faire ou de ne pas faire.

Grave erreur de perspective, car le peuple veut aujourd’hui des gouvernants qui gouvernent !

Dommage pour l’oligarchie. Dommage surtout pour Emmanuel Personne qui risque de rester ce que l’on a fait de lui : une bulle financière et médiatique.

Michel Geoffroy

Texte repris de la Fondation Polémia

 

Système Marine Le Pen

Le système contre le peuple, par Eric Letty

Monde et Vie SystèmeComme l’on pouvait s’y attendre, François Fillon, a gagné son pari, dimanche 5 mars, en parvenant à mobiliser massivement l’électorat conservateur sur la place du Trocadéro. Les pétochards qui l’avaient abandonné, croyant avoir lu dans la presse et les sondages son acte de décès politique, en seront quittes pour aller à Canossa s’ils veulent récupérer une gamelle. Beaucoup se sont déjà mis en chemin. Le candidat Fillon sera trop heureux de les récupérer au nom d’une unité factice, comme il sera content de retrouver les bonnes grâces des centristes de l’UDI.

« L’affaire Fillon » est emblématique de la rupture entre le pays réel et le pays légal – le Système dont l’ancien premier ministre est lui-même un produit et qu’il n’aspire au fond qu’à réintégrer. C’est ce qui explique que, tout en criant à « l’assassinat politique », il se refuse à dénoncer explicitement la collusion de l’Argent, de la presse, du pouvoir politique et de la justice (mais alors, où sont les assassins ?). C’est pourtant bien pour protester contre l’acharnement politique, médiatique et judiciaire que des dizaines de milliers de Français se sont retrouvés au Trocadéro, mus par une réaction immunitaire contre le caractère outrancier de la cabale.

En passant la mesure, ses adversaires ont rendu le meilleur service à François Fillon. Ils l’ont restauré. Pourquoi tant de haine ? La proposition politique que Fillon incarne, celle d’une droite libérale-conservatrice, ne convient plus au Système qui appelle de ses vœux un gouvernement de centre-gauche et d’inspiration libérale-réformiste, dont Juppé et Macron ont été successivement les champions.

Le maire de Bordeaux avait été, le premier, poussé par les médias conformes, qui annonçaient son triomphe à la primaire de la droite. Or, sans le vote en sa faveur de centaines de milliers d’électeurs de gauche, il ne serait pas même parvenu au deuxième tour. Comment expliquer, alors, que de nombreux élus aient pu le regarder, ces jours derniers, comme un recours possible ? C’est que ce personnel politique dépourvu de convictions est plus sensible que la « base » au discours dominant et aux campagnes médiatiques. Peut-être s’apercevra-t-on bientôt que l’importance d’Emmanuel Macron est aussi surévaluée que l’avait été celle de Juppé. Plus encore que ce dernier, l’associé-gérant de la banque Rothschild, porté par une presse majoritairement détenue par la finance dont lui-même est le serviteur, est représentatif du Système.

La violence de l’assaut livré pour l’imposer contre Fillon, dans l’espoir qu’il l’emporterait au deuxième tour dans le cadre d’un duel avec Marine Le Pen, laisse imaginer le déchaînement médiatique que la candidate du Front national devra affronter, quel que soit son adversaire.

Paradoxalement, ses chances de gagner seront pourtant moindres contre Fillon que contre Macron, tant sont puissantes les préventions de l’archéo-gauche à l’encontre de ce dernier.

« L’affaire Fillon » illustre finalement la nature de plus en plus totalitaire du Système, que souligne aussi l’affaiblissement des partis traditionnels qui lui servaient jusqu’à présent de faux-nez.

Parmi les trois candidats qui font la course en tête, Emmanuel Macron n’est pas le champion d’un parti, mais celui de la finance ; Marine Le Pen s’appuie sur un parti hors-système ; et François Fillon ne s’est maintenu qu’en mobilisant l’électorat de base contre la trahison des chefs. En fin de compte, la présidentielle de 2017 n’oppose pas seulement les patriotes aux mondialistes, mais aussi le peuple à l’oligarchie.

Eric Letty

Editorial du n° 937 de Monde & Vie daté de mars 2017