Cancel Culture, wokisme, puérilité des séries américaines : l‘actrice franco-américaine Beatrice Rosen nous en parle…

Tolstoï, Tchaikovski…Cancel culture sur l’art russe !

art russe

15/03/2022 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
Si sur le sol ukrainien, l’affrontement militaire continue entre Moscou et Kiev, en Occident, la bataille a lieu sur le terrain culturel.

Au nom d’un soutien à l’Ukraine, musiciens, danseurs et auteurs russes ne sont plus les bienvenus aux Etats-Unis et en Europe.


Faculté de parole – L’obscurantisme de la cancel culture battu en brèche, par Francis Bergeron

woke

Cela fait des mois que les adeptes du woke, de la déconstruction, de l’écriture inclusive et autres « racisations en intersectionnalité » occupent les devants de la scène, prétendant parler au nom de tous, ou en tout cas du plus grand nombre. Professeurs et étudiants réunis à la Sorbonne les 7 et 8 janvier ont sonné la fin de cette saturnale.

Pendant deux jours, des centaines d’universitaires sont venus manifester leur refus de la nouvelle censure, par le biais de douze tables rondes et de soixante interventions. 1 300 personnes ont également suivi les débats par Internet. Le colloque s’intitulait « Après la déconstruction », et ce titre même mettait l’accent sur une volonté d’en finir avec la diarrhée verbale qui affecte les « élites » autoproclamées, spécialement dans les instituts d’études politiques, et de mettre un terme aux dénonciations façon Révolution culturelle. Le colloque organisé par trois associations décidées à réagir s’est tenu dans les locaux de la Sorbonne (ce qui aurait été tout simplement inimaginable pendant les journées de mai 68, qui servent toujours de modèle historique aux nouveaux « déconstructeurs »).

Le prisme des intervenants était exceptionnellement large puisqu’on pouvait croiser Mathieu Bock-Côté, Pascal Bruckner, Pascal Perrineau, Dominique Schnapper, Pierre-André Taguieff, ou encore la juriste Anne-Marie Le Pourhiet. Quelques grands témoins (ou plus exactement « grandes victimes ») étaient là, également, comme le dessinateur de presse Xavier Gorce, qui a été chassé du quotidien Le Monde (comme l’avait été Konk, à une autre époque) pour une supposée incorrection politique.

C’est Blanquer qui est venu inaugurer le colloque, ce qui montre que le wokisme et les délires connexes se heurtent à un vaste front de l’opinion allant des macronistes aux zemmouriens, de la gauche non marxiste aux nationalistes. Pour une fois et sans doute du fait de l’extrême impopularité de cette mode obscure venue des Etats-Unis avec la fronde anti-Trump Black Live Matter, ni les organisateurs ni les intervenants les plus « prudents » n’ont exigé un tri entre bons et mauvais opposants à la cancel culture.

Les politologues savent ce que l’effondrement de la gauche pure et dure doit à son « wokisme ». Ce serait un comble qu’en parallèle le « wokisme » puisse artificiellement s’implanter dans le pays.

Mme le ministre Vidal court-circuitée

Une absence a été remarquée lors de ce colloque, celle de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Blanquer l’a en quelque sorte court-circuitée. Il faut dire que ce ministre est inexistant depuis le début de l’agitation stalino-lyssenkiste.

Rendant compte du colloque, les médias pro-woke font grise mine devant le succès d’audience et la volonté de résister. Les syndicats d’extrême gauche (SUD, Unef, etc.) menaçaient d’empêcher la tenue du colloque pour le motif que le thème en faisait « un colloque d’extrême droite militant ». Dans une tribune du Monde, des universitaires néostaliniens avaient expliqué doctement qu’il fallait interdire le colloque car il s’en prenait à une prétendue dictature de la cancel culture… inexistante. Mais ils n’étaient pas assez nombreux pour cela.

Rendant compte du colloque, Mediapart a essentiellement vu « dehors, étudiants et enseignants-chercheurs (soutenus par plusieurs syndicats, dont Solidaires, la CGT et l’Unef, ainsi que par le Nouveau Parti anticapitaliste) » qui étaient venus pour tenter d’interdire le colloque des « identitaires » et « réactionnaires ». C’est une figure de dialectique bien connue que de parler des « étudiants et enseignants-chercheurs », quand il ne s’agissait que d’une poignée de militants de l’ultragauche, qui n’ont pu « nettoyer la Sorbonne de la vermine fasciste », comme ils auraient aimé le faire. Une autre différence avec mai 68. Le wokisme a en fait une dimension prétotalitaire, ont constaté pour leur part les intervenants.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 10 janvier 2022

Y a-t-il un « privilège blanc » en France ? François Bousquet et Louis-Georges Tin face à face [vidéo]

François Bousquet

25/11/2021 – FRANCE (NOVOpress)
«Wokisme», «cancel culture», «racisé»… Petit à petit, le débat français s’imprègne d’une nouvelle nomenclature progressiste importée des campus américains. Autre terme à succès brandi par les militants antiracistes et décoloniaux: le «privilège blanc». Entendre par là, l’ensemble des avantages dont bénéficieraient en France les personnes blanches au détriment des «racisés».

Ce nouveau concept peut-il «éveiller» aux inégalités raciales un public français «endormi»? Ou conduira-t-il à une radicalisation dangereuse des rapports sociaux en France? Pour faire le point, Sputnik donne la parole à deux intellectuels en désaccord: Louis-Georges Tin, ancien président du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France), et François Bousquet.


Élisabeth Lévy – Les contradictions des « woke » à travers l’assiette et « la blanchité alimentaire »

Élisabeth Lévy

On parle ici cuisine et « woke » (et pas « wok »), puisqu’une universitaire s’amuse à déconstruire la cuisine en elle-même, en ce qu’elle serait symptomatique de la « blanchité et du privilège blanc ». Attention à vos assiettes !

Avez-vous entendu parler de « blanchité gastronomique » ?

Pour vous, la cuisine française est ancrée dans la diversité de nos terroirs, irrigue un grand art de vivre. Et bien que nenni. La gastronomie serait le vecteur des moyens de la domination blanche. Ce n’est pas un canular mais des propos très sérieux tenus par une certaine Mathilde Cohen, dans une vidéo diffusée par Sciences Po dans la cadre de sa semaine doctorale.

Quand vous mitonnez des petits plats pour ceux que vous aimez, vous imposeriez donc la blanchité comme identité raciale dominante. Le repas n’est pas un moment de partage mais le véhicule des normes de la classe moyenne blanche, autrement dit, d’une idéologie racialisée de l’universel. En voici deux preuves : le principe de neutralité dans les cantines qui refusent de s’adapter aux demandes particulières et de ce fait imposent à tous les habitudes chrétiennes (et blanches), ensuite, pour octroyer la nationalité française, les administrateurs coloniaux préféraient les candidats mangeant attablés à ceux qui mangeaient assis sur le sol.

Tout n’est pas forcément faux ?

Dans ce galimatias, il y a en effet un noyau rationnel. La nourriture est un marqueur culturel, une obsession des religions et l’enjeu croissant de revendications autour des conflits identitaires : on mange avec les membres de son groupe.

En France, l’assimilation passait aussi par l’assiette. La norme, c’est la culture majoritaire, celle du peuple old school. Aux minorités, aux derniers arrivés, de s’adapter. À Rome, fais comme les Romains. Pour Cohen, c’est du racisme institutionnel. Hélas, elle dénonce un modèle qui n’existe plus : les institutions se plient de plus en plus aux exigences minoritaires et bizarreries culinaires de chacun, des végans aux sans-gluten en passant par le halal et le casher.

Cela serait dérisoire si elle se contentait de divaguer sur YouTube. Sauf qu’elle a une reconnaissance académique : ell est enseignante à l’université du Connecticut, labellisée par Sciences Po qui a courageusement précisé, face au tollé, que ses positions n’engageaient pas l’école. Le plus drôle, c’est qu’elle émarge au CNRS : en somme, l’islamo-gauchisme n’est pas un concept scientifique selon le CNRS mais la blanchité alimentaire si.

Cependant, il est une raison de ce réjouir. Si cette micro-affaire a fait du bruit, c’est que la France résiste à la vague woke et au saucissonnage identitaire des individus.

Pour notre défense : le plat préféré des Français est le couscous. Mais ça c’est de l’appropriation culturelle.

Texte repris du site Sud Radio

Tempête dans le pot-au-feu ! Quand une chercheuse accuse la cuisine française de « perpétuer les hiérarchies et oppressions raciales »

cancel culture

Dans une conférence intitulée « Une République blanche ? Blanc.hes et blanchité en France » et donnée le 17 juin à Sciences Po puis mise en ligne par la célèbre école – où cela a causé quelques remous –, une certaine Mathilde Cohen, professeur à l’université du Connecticut, affirmait que la gastronomie française était en réalité raciste puisque visant à « renforcer la blanchité comme identité raciale dominante » et à « perpétuer les hiérarchies et oppressions raciales », voire patriarcales.

Or, de même qu’au Maghreb où les femmes produisent des plats en cuisson lente, délicieuse et mijotée, tandis que les hommes se sont spécialisés en grillades plus simples, en cuisine nomade, la cuisine française n’est pas masculine : elle doit beaucoup et, qui sait ? tout aux femmes. Les « mères » lyonnaises en sont un exemple flagrant, et nombre d’ouvrages culinaires majeurs ont été écrits par des femmes, telles Pampille (épouse de Léon Daudet), Caroline Haedens, Françoise Bernard, par exemple, et même Maïté. La cuisine française est française, c’est-à-dire composée de sa propre diversité, bretonne, normande, angevine, alsacienne, béarnaise, flamande, poitevine… La cuisine française est aussi européenne, c’est l’Europe des peuples matérialisée. Nous n’en pouvons mais. Marie Leszczynska apporta à la France les recettes de bouchées à la reine et de babas au rhum. Marguerite de Flandre fit la renommée du pain d’épice en Bourgogne. Contrairement aux assertions de l’universitaire états-unienne, la cuisine de France n’est pas raciste, et Alexandre Dumas, qui a écrit son Grand Dictionnaire, était issu d’un père métis et d’une mère blanche.

Sans doute adepte de la cancel culture, Mathilde Cohen déplore aussi que « les habitudes alimentaires soient façonnées par les normes des classes moyennes supérieures blanches ». C’est normal puisque, pour citer De Gaulle, « nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoires ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! »

Rien n’est plus normal aussi que de manger ce que l’on trouve sur place. Et si la France, par la grâce de Louis XIV, a porté au pinacle la gastronomie et l’étiquette (cf. La Société de cour de Norbert Elias), pourquoi faudrait-il rejeter l’héritage ? Même Pellegrino Artusi faisait avec. « A la fin du XIXe siècle, en Italie, la grande cuisine, celle des hôtels et des restaurants, est française, ou plutôt francisée : il y est question de sauces au vin, de coquilles Saint-Jacques ou de plats régionaux très appréciés, comme la brandade de morue. »

Mathilde Cohen préfère sans doute les bagels (du yiddish beygl), tant il est vrai que, comme disait le comique troupier BHL : « Tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux. »

Mais l’adage populaire le dit : « A Rome, conduis-toi comme un Romain. »

Franck Nicolle

Article paru dans Présent daté du 29 juin 2021

L’homme blanc en camp de rééducation

Lockheed Martin homme blanc

Il faut chaque jour se pincer un peu plus fort pour parvenir à croire à la réalité du spectacle absurde et délirant que nous offre l’actualité. Aujourd’hui, on apprend grâce au site d’information Fdesouche que Lockheed Martin, le leader mondial de l’industrie militaire, a organisé un véritable stage de « rééducation de l’homme blanc » pour ses principaux cadres.

Lockheed Martin, né en 1995 par la fusion de deux groupes aéronautiques (Lockheed et Martin), est le leader mondial dans les domaines de la défense et de la sécurité. C’est une société qui pèse plusieurs dizaines de milliards de dollars et est notamment connue pour ses avions de combat, le F-16, le F-22 et le F-35.

Confronté à des enjeux stratégiques cruciaux et à une concurrence internationale féroce, ce géant de l’industrie a pourtant pour priorité le reformatage idéologique de ses cadres blancs afin qu’ils intègrent encore un peu plus et un peu mieux les nouveaux dogmes de la « cancel culture » et du totalitarisme idéologique « Black Lives Matter ».

Ainsi, Lockheed Martin a récemment envoyé un certain nombre de ses cadres dirigeants et stratégiques effectuer un « stage » de trois jours afin de déconstruire leur « culture d’hommes blancs » et d’expier leur fameux « privilège blanc ». Parmi les participants figuraient notamment un ancien général trois étoiles et le vice-président de la production pour le programme de chasseurs F-35 (d’un budget de 1,7 milliard de dollars).

Cet important et même fondamental « séminaire » a été confié au cabinet de conseil « White Men As Full Diversity Partners » (déjà tout un poème…), dont l’objectif annoncé est de permettre aux hommes blancs de se « réveiller ensemble » (Awaken Together) : comprendre « prendre conscience de leur abominable condition de privilégiés et d’exploiteurs et demander pardon pour celle-ci ».

Au programme de ce stage de rééducation : récitation de 50 (rien de moins…) « privilèges blancs », puis autant de « privilèges masculins » et enfin de « privilèges hétérosexuels », réflexion sur les difficultés des employés « issus des minorités », remise en cause des stéréotypes de la « culture blanche », etc.

Si après trois jours de ce bourrage de crâne les infâmes cadres blancs n’ont pas compris qu’ils devaient leur poste à un non moins infâme racisme systémique et qu’il convenait de s’en excuser auprès de toutes les minorités par un exercice quotidien de génuflexion et de reptation, c’est à désespérer de la nature humaine ! Après l’antiracisme, le racisme inversé… Après « Touche pas à mon pote !», « Prosterne-toi devant mon pote ! »… Mais où s’arrêtera donc cette folie ethno-masochiste ?

Si, comme le dit Julien Freund, « une civilisation ne subsiste que par la foi qu’elle a en elle-même », les Etats-Unis, et plus généralement tout l’Occident (ou du moins ce qu’il en reste), semblent bien mal embarqués.

Xavier Eman

Article paru dans Présent daté du 28 mai 2021