PS, le bateau ivre

28/09/2015 – POLITIQUE (Présent 8449)

À mesure qu’approchent les élections régionales, les socialistes s’affolent à la perspective d’une victoire du Front national dans le Nord et en PACA. Incapable de contenir lui-même cette poussée, discrédité par trois ans de hollandisme appliqué, le parti se tourne de tous les côtés pour trouver des alliés et des supplétifs dans ce combat désespéré. Mais, tel le maréchal Soubise à Rossbach, Valls constate : « J’ai beau chercher, où diable est mon armée ? »

Souvenons-nous qu’en mars, dans la Vienne, le Premier ministre avait sommé les « intellectuels » de se mobiliser devant le « danger » frontiste : « Où sont les intellectuels  qui doivent monter, eux aussi, au créneau  contre le Front national ? s’interrogeait-il. Ils sont là ! Mais pour certains, et non des moindres, plus proches de Marine que de Valls… »
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La gauche plurielle est singulièrement absente, seuls les radicaux de gauche et ses troupes maigrelettes lui répondent. Les autres n’entendent pas embarquer dans le Titanic socialiste, ils ne croient pas Valls quand il leur dit qu’il va réussir à éviter l’iceberg. Des communistes aux Verts en passant par le Front de gauche, chacun préfère prendre son petit canot de sauvetage. Les socialistes, dans cette immense solitude, sombrent dans la panique, disent et font tout et son contraire. Cambadélis, son Premier secrétaire, n’est plus que le capitaine d’un bateau ivre.

Les dirigeants des partis « frères » ne veulent pas faire alliance avec sa formation ? Qu’à cela ne tienne, le patron du PS décide d’organiser un référendum au sein du « peuple de gauche » pour solliciter son avis, ne doutant pas qu’il désavouera les appareils partisans. Il joue sur du velours.
Demandez à n’importe qui s’il préfère l’union à la division, l’entente à la discorde, l’unité à la séparation, vous pouvez être sûr de la réponse : c’est oui, comme choisir entre la guerre et la paix, la pluie ou le beau temps. Mais, au fait, passer outre les partis pour en appeler directement au peuple, n’est-ce pas une de ces démarches typiquement « populistes » contre lesquelles le PS est en croisade permanente ?

Le Premier secrétaire du PS, pour tenter de sauver quelques sièges aux régionales, avait décrété la fin du « front républicain » au motif que le FN et Les Républicains constituaient un « bloc réactionnaire ». Mais, jeudi, le Premier ministre a dit le contraire : « Tout sera fait pour empêcher le FN de gagner. » Car, a-t-il assuré, une victoire de Marine Le Pen dans le Nord serait « un choc pas uniquement en France, mais en Europe et dans le monde ». Bigre ! Le Nord-Pas-de-Calais devient le nombril du monde ! Le chef du gouvernement d’insister : « Vous vous rendez compte, l’année 2015 commence avec la manifestation du 11 janvier et se termine avec la victoire de l’extrême droite dans certaines régions ! » Quel rapport ? On avait cru comprendre que la manifestation était contre le terrorisme islamique et non contre ce qu’il appelle « l’extrême droite ». Peut-il penser sérieusement qu’en proférant de telles énormités, il arrêtera l’ascension du Front national ?

Guy Rouvrais

Cambadélis (PS) craint que le Grand Remplacement unifie toutes les droites

Source : Observatoire du Grand Remplacement

Interrogé dans Libération ce lundi, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis semble s’orienter lui aussi vers l’abandon du retrait-réflexe des listes PS arrivées troisièmes en cas de triangulaires. Dans le Nord-Pas-de-Calais/Picardie et en PACA où Marine Le Pen et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen ont de bonnes chances de l’emporter, le patron des socialistes prévient : quoiqu’il arrive les socialistes n’appelleront pas à voter ni pour Xavier Bertrand ni pour Christian Estrosi. Pour le patron du Parti socialiste, c’est le glissement à droite du discours des cadres de la rue de Vaugirard qui impose le changement.

La peur du « grand remplacement » unifie aujourd’hui toutes les droites. Notre adversaire a imposé son terrain. Si nous nous dérobons, il s’installera

assure Jean-Christophe Cambadélis. Selon lui, la crise des migrants fait effet de révélateur et permet aux socialistes de « reprendre pied » dans « la bataille idéologique ». « Les déclarations extrémistes de Christian Estrosi et Xavier Bertrand sur les migrants empêchent aujourd’hui le front républicain », estime le député de Paris.

Source : le Figaro

Crédit photo : Parti socialiste via Flickr (CC) = Jean-Christophe Cambadelis

Congrès du PS : tout va très bien, madame la marquise…

Faits & Documents n°342 du 15 au 30 septembre 2012. Portrait : Jean-Christophe Cambadélis

08/06/2015 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Le Congrès du Parti socialiste s’est terminé en grande séance d’autosatisfaction. Tout va bien, on garde le cap

Hier dimanche, le congrès du parti socialiste s’est clôt après trois jours à Poitiers. Cela a été l’occasion pour le secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis de présenter, dans son discours, les points importants sur lesquels le parti souhaite influer quant aux deux dernières années du quinquennat de François Hollande.

Quels ont été les points abordés lors de ce discours ?
Après avoir fait l’éloge du président de la République : « la France a la chance que vous mettiez en œuvre son redressement sans remettre en cause son modèle social. La République peut s’enorgueillir que vous ayez toujours choisi son unité. », Jean-Christophe Cambadélis a évoqué les points de l’immigration, de l’Islam – en évoquant la laïcité –, mais aussi de l’économie. Il a demandé à ce qu’une réunion internationale se tienne afin de répondre au problème de l’immigration. Il prône la liberté de circulation, rappelant que

Les socialistes sont pour le traitement républicain de l’immigration : c’est dire que l’on peut s’installer où on veut, quand on veut. La solidarité et l’Asile sont un droit.

Et d’ajouter que « Nous voulons maintenant que la France soit une grande nation d’accueil. Nous voulons faire la France sans se fermer au monde ». Il a salué ensuite le travail du premier ministre en matière de redressement. Il n’a pas manqué d’inviter les partisans au rassemblement pour faire barrière au FN affirmant que « Si le PS venait à disparaître, la République perdrait sa meilleure défense ».

Il semble pourtant que tous les socialistes ne se rejoignent pas dans ce discours ?
Arnaud Montebourg a notamment écrit dans le Journal du Dimanche que ce congrès n’était pas efficace face à la montée du Front National. Pour lui, critiquer le FN ne permettra pas d’augmenter la croissance du pays ni la baisse du chômage. Il a ajouté que « Tout président élu commenc[ait] par aller faire ses génuflexions à Berlin puis à Bruxelles, enterrant en 72 heures ses engagements de campagne ». Le premier ministre, Manuel Valls, lui a répondu en expliquant que ceux qui critiquaient la politique actuelle n’avait pas le sens des réalités.

Manuel Valls qui sets distingué en quittant deux fois le Congrès, pour aller assister, aux frais du contribuable, un match de football en Allemagne puis à une partie de tennis en région parisienne.

Je me déplace avec les moyens que vous connaissez, ne créez pas de faux débats

a lancé le Premier ministre à la presse.