Brexit – Le coup d’État des élites, par Olivier Bault

Brexit

Si le sujet n’était aussi grave, il y aurait matière à rire face à cette Commission et ce Parlement européens qui prétendent défendre la constitution nationale contre la majorité parlementaire en Pologne mais qui encouragent les parlementaires britanniques à violer leur propre constitution pour bloquer le Brexit voulu par le peuple. Certes, le Royaume-Uni a une particularité : il n’a pas de constitution écrite. Néanmoins, toute une série d’usages et de procédures hérités de plusieurs siècles de parlementarisme ont outre-Manche valeur de règles constitutionnelles, et c’est bien cette constitution-là qui est allègrement violée cette semaine par les parlementaires hostiles au Brexit.

Andrea Leadsom, « leader » de la Chambre des communes (c’est-à-dire ministre chargé des relations avec la Chambre des communes), a dit après l’adoption expresse d’un projet de loi permettant au Parlement de prendre le contrôle du Brexit et de bloquer le Brexit dur maintenant prévu pour le 12 avril : « Si ces gens avaient des armes, nous décririons cela comme un coup d’Etat militaire. » L’attention des médias, après le vote en quelques heures de ce projet de loi proposé par un député travailliste et un député conservateur et adopté à une voix de majorité (313 contre 312), s’est concentrée sur le vote de la travailliste Fiona Onasanya, mise en prison en janvier dernier et qui bénéficie d’une mesure de libération anticipée suite à une affaire de mensonges à la police pour éviter une amende pour excès de vitesse. Sans le vote de cette délinquante, font remarquer les pro-Brexit, le coup d’Etat de la Chambre des communes échouait.

Le projet de loi en question, désormais à la Chambre des lords où il fait aussi l’objet d’une procédure accélérée avec un vote en dernière lecture planifié pour lundi, contraindrait Theresa May à demander un nouveau report du Brexit et à obtenir l’assentiment du Parlement pour la date négociée avec les 27. Une fuite reprise vendredi matin par les médias britanniques évoquait un report de douze mois que voudrait proposer le président du Conseil européen Donald Tusk, en échange de la promesse d’un maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière européenne ou même d’un deuxième référendum. Ces deux propositions étaient négociées cette semaine par Theresa May avec le leader de l’opposition, le travailliste d’extrême gauche Jeremy Corbyn, que le Premier ministre a invité lundi soir à la table des négociations pour trouver une solution conjointe à l’impasse actuelle, aggravant les scissions au sein du Parti conservateur et provoquant la démission de deux secrétaires d’Etat. Une dizaine d’autres membres du gouvernement pourraient bientôt suivre selon le Telegraph.

La Chambre des lords, à l’ambiance d’habitude plutôt calme, bouillonnait jeudi alors que certains des pairs du Royaume tentaient d’empêcher l’adoption expresse du projet de loi de la Chambre des communes en dénonçant une violation flagrante de la constitution. Certains tories ont même mis en avant le risque d’une insurrection violente des électeurs si les parlementaires refusent d’accepter le résultat du référendum de 2016. Lord Lawson, ancien chancelier de l’Echiquier (ministre des Finances et du Trésor) de Margaret Thatcher de 1983 à 1989, s’est dit scandalisé : « Je siège au Parlement depuis quarante-cinq ans et il n’y avait jamais eu un tel exemple de vandalisme constitutionnel à cette échelle. »

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 5 avril 2019

Brexit en folie, par Jean-Gilles Malliarakis

Brexit crise

Au moment où ces lignes sont écrites, le feuilleton se rapproche d’une nouvelle date butoir théorique, celle du 12 avril, après celle qu’on croyait avoir fixée pour la sortie de l’Union européenne, prévue le 29 mars.

En même temps, et à la même vitesse, celle d’un sablier où toutes les 24 heures on perd un jour de plus, se profilent des élections au Parlement européen.

À ce scrutin du 26 mai, les Anglais, les Écossais, les Gallois et les Irlandais du nord, mais aussi les citoyens européens résidant en Grande Bretagne, s’exposent dès lors à devoir participer… si le Royaume-Uni n’a pas acté, lors du Conseil des chefs d’États et de gouvernements, qui se tiendra à Bruxelles le 10 avril, leur décision de sortie.

On dit maintenant, de plus en plus ouvertement, qu’une prolongation de 21 mois des négociations de l’article 50 devient envisageable, jusqu’à ce que les honorables parlementaires de Westminster aient décidé de s’accorder avec eux-mêmes.

Incroyable mais vrai : la plus prestigieuse démocratie parlementaire du monde se révèle en crise rave. Plus de 800 ans après la signature par Jean sans Terre des 63 articles de la Grande Charte de 1215, le mécanisme constitutionnel britannique est enrayé. Plus de 400 ans après la formation, sous le règne de Charles II, des deux partis, alors whig et tory, le système bipartisan s’est émietté. Plus de 60 ans après son couronnement, la Reine Élisabeth se voit obligée de se déguiser en drapeau européen pour faire comprendre que ses loyaux sujets doivent se réconcilier.

On parle, depuis le 31 mars, après trois votes négatifs de la chambre des Communes rejetant l’accord négocié avec l’Union européenne, de faire revoter sur le même texte. À nouveau : autrement dit, une quatrième fois. Certains commentateurs continentaux ironisaient déjà à propos du rappel à l’ordre du “speaker” John Bercow présidant l’Assemblée, opposé lui-même à une troisième lecture du même texte. Quel archaïsme !, les entendait-on soupirer, car ce personnage invoque une décision remontant à 1604.

À cette époque, pourtant, le roi écossais Jacques VI, fils de Marie Stuart, venait tout juste de succéder, sous le nom de Jacques Ier à la dernière représentante de la dynastie des Tudor, Élizabeth Ire (†1603). Tout le XVIIe siècle anglais allait être marqué par la reconquête de son pouvoir par le parlement. Celui-ci s’était trouvé sérieusement ébranlé par l’autoritaire dynastie précédente. Empêcher le souverain de revenir trois fois devant les Communes et les Lords pour imposer un projet, c’est-à-dire, pour lui interdire de proposer comme toujours, d’identiques augmentations d’impôts, concrétisa la première des luttes victorieuses pour la constitution parlementaire et les libertés.

Celle-ci triompha lors de la Glorieuse Révolution de 1688[1]. Les gens qui se gargarisent aujourd’hui d’une démocratie, dont ils ont perdu le sens, gagneraient à s’en souvenir avec un peu plus de respect.

Les signes d’un désarroi du régime représentatif[2] se situent, à l’évidence, bien au-delà de cette ignorance historique. Ils ne concernent pas le seul parti conservateur dont Mrs May s’acharne à recoller les morceaux[3]. Ils ne se limitent pas à l’Angleterre. Quand on brandit des panneaux réclamant le Référendum d’initiative citoyenne on tourne le dos à l’expérience des quelques pays où la procédure référendaire fonctionne normalement et ne se transforme pas en plébiscite,

L’impasse évidente et exaspérante de la procédure adoptée pour la sortie britannique de l’Union européenne le prouve : le référendum ne résout pas la crise, il l’aggrave.

[1] cf. “Les Deux révolutions d’Angleterre” par Edmond Sayous.
[2] Pas d’impôts sans représentation, dit l’adage fondateur. Au nom même de ce principe raisonnable, les colonies américaines en 1776 se sont insurgées contre les édits du parlement de Westminster. Cette démocratie des contribuables ne se confond pas nécessairement avec le gouvernement d’opinion.
[3] On appréciera à ce sujet le message que des soldats anglais adressent symboliquement depuis Kaboul à Jeremy Corbyn.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Un Brexit « dur » pour le 12 avril ?

Brexit

En ce début de semaine tout restait possible en matière de Brexit alors que le Premier ministre Theresa May envisageait un quatrième vote sur son accord avec l’UE déjà rejeté trois fois par la Chambre des communes. La troisième fois, c’était le 29 mars, c’est-à-dire à la date initialement prévue pour le Brexit. Si l’écart s’est resserré avec la promesse de Mme May de démissionner après l’approbation de son accord avec les 27 par le Parlement, il reste important : 344 députés ont voté contre et 286 pour, malgré le ralliement en faveur de l’accord, pour ce troisième vote, de poids lourds pro-Brexit : l’ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, l’ancien ministre pour le Brexit Dominic Raab (tous deux démissionnaires du gouvernement de Mme May en raison de leur refus de la forme que prenait l’accord sur le Brexit) et Jacob Rees-Mogg le chef du groupe conservateur pro-Brexit European Research Group à la Chambre des communes.

La date prévue pour le Brexit, conformément à ce qui avait été annoncé par l’UE, est donc désormais fixée au 12 avril puisque le report au 22 mai n’était valide qu’en cas d’adoption de cet accord. Après l’annonce du résultat du vote à Westminster, le président du Conseil européen Donald Tusk a convoqué un sommet urgent des 27 pour le 10 avril.

Toutes les options restaient donc sur la table lundi, alors que la Chambre des communes s’apprêtait à procéder à une série de votes « indicatifs » pour faire connaître sa préférence au gouvernement. Une sortie sans accord reste toujours possible. L’adoption de l’accord signé en novembre par Theresa May est toujours improbable. Une autre option sur la table, qui pourrait peut-être obtenir une majorité au Parlement britannique où dominent les partisans de l’UE, c’est celle proposée depuis le début par Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste : que le Royaume-Uni reste dans l’union douanière avec l’UE, comme c’est déjà le cas de la Norvège. Le problème, c’est que cela forcerait le pays à appliquer la législation européenne, à reconnaître la juridiction de la Cour de justice de l’UE et à respecter les quatre libertés du Marché unique, y compris la liberté de mouvement des travailleurs. Ce n’est de toute évidence pas ce pour quoi les Britanniques ont voté lors du référendum de juin 2016.

Inversement, les partisans d’un deuxième référendum se demandent, si le Parlement peut voter trois fois sur le même accord, voire quatre si Mme May propose à nouveau son accord aux Communes cette semaine, pourquoi les citoyens ne pourraient pas eux aussi voter plusieurs fois sur la question du Brexit. Theresa May menaçait la semaine dernière, en cas de troisième rejet de son accord avec l’UE, d’avoir à demander un report bien plus long du Brexit. Si elle met sa menace à exécution, il faudra bien, pour que les 27 acceptent, que Londres propose une porte de sortie. Des élections anticipées sont fort possibles dans la situation actuelle, mais elles risqueraient de ne rien résoudre. Reste donc la possibilité d’un deuxième référendum, à l’issue par ailleurs certaine. Certains proposent d’annuler purement et simplement le Brexit.

On ne sait donc même pas à ce stade si les Britanniques vont prendre part ou non aux prochaines élections européennes, ce qui veut dire qu’on ne sait pas non plus combien chaque pays aura de sièges au Parlement européen après le 26 mai.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 1er avril 2019

Les conditions du Brexit incertaines après la dernière proposition de Theresa May au Parlement britannique

22/01/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Il y a près de deux ans et demi, les Anglo-Saxons votaient en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, événement couramment renommé le « Brexit ». Ce projet était massivement soutenu principalement par la population anglaise plus âgée, plus précaire, et moins favorable à l’immigration et porté par le Parti conservateur. Ce sont les citadins des classes aidées, ainsi que l’ensemble des médias britanniques qui défendent la présence de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne. C’est depuis un véritable bras de fer entre les députés conservateurs et tout le reste de l’échiquier politique, ces derniers n’étant prêts à accepter qu’un Brexit de forme.

En novembre dernier, Theresa May, Premier ministre britannique négociait un arrangement de retrait avec les 27 pays membres de l’Union européenne.

Dans cet arrangement, le Royaume-Uni s’engageait, par exemple, à payer les factures des projets européens dans lesquels il s’était financièrement engagé. Parmi les questions épineuses autrement abordées : la frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande du Sud, qui pourrait devenir beaucoup plus ferme avec le Brexit.

La semaine dernière, les députés de la Chambre des communes votaient à 432 voix contre 202 contre cet arrangement de retrait. Une motion de censure déposée par le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn était révoquée le lendemain par la Chambre des communes.

Conformément à un amendement voté par les députés le 9 janvier dernier, le gouvernement avait donc jusqu’à hier pour présenter une autre alternative aux députés

C’est dans ces circonstances que s’est exprimée le Premier ministre britannique Theresa May. Elle a évoqué un nouveau traité bilatéral entre les deux Irlande, proposé l’annulation d’une taxe de séjour qui concernerait les Européens qui souhaiteraient vivre au Royaume-Uni, promis de s’intéresser à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, de s’engager sur l’écologie et de travailler en étroite collaboration avec son gouvernement. Dans le même temps, elle refusé un report de la date du Brexit, fixée le 29 mars prochain, et affirmé que retirer la demande de Brexit irait à l’encontre de la volonté de son peuple.

Londres présente son projet immigration

20/12/2018 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Londres présente ce 19 décembre un livre blanc sur le système d’immigration qui aura cours après le Brexit.

Cette mesure est le résultat de réflexions lors du référendum sur le Brexit de 2016. Elle mettra fin à la libre circulation des immigrés au Royaume-Uni, suite à la décision des Britanniques de « reprendre le contrôle des frontières », notamment par l’obtention plus compliquée de visa pour les étrangers.

Cette démarche aurait pour but d’inciter les entreprises britanniques « à se tourner en priorité vers la main d’œuvre nationale » Les critères de l’immigration seront les compétences et l’expertise que les gens peuvent apporter.

Le but est de ramener le solde migratoire à un niveau « viable », de le réduire à moins de 100 000 par an contre 280 000 en 2017.

Approbation du gouvernement britannique pour un projet d’accord sur le Brexit

brexit-farage

15/11/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Deux ans et demi après la décision référendaire de quitter l’Union européenne, 20 mois après le début des négociations sur les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’UE et à quatre mois des échéances fixées par l’article 50 du traité de Lisbonne, l’Union européenne et le Royaume-Uni se sont enfin entendus sur un accord de sortie. Néanmoins, si l’accord « technique » a été approuvé par son gouvernement, le Premier ministre Theresa May doit encore obtenir l’accord du parlement britannique et en particulier de la chambre des communes.

Mais quelles sont les termes de cet accord ?

De manière générale il semblerait que le texte de l’accord orienterait le Royaume-Uni vers un Brexit doux. Sur la question des relations économiques et commerciales, le Royaume-Uni resterait dans l’Union douanière le temps d’une négociation d’un accord commercial bilatéral de libre-échange tel qu’il existe entre le Canada et l’Union européenne. Pour sa part Londres s’est engagé à respecter les règles européennes en matière sociale et fiscale, par ailleurs le Royaume-Uni continuera à participer au budget européen jusqu’à la fin du cadre financier pluriannuel qui prendra fin en 2020 en acceptant de signer un chèque de 45 milliards d’euros à Bruxelles. Pour le problème de la frontière irlandaise les deux parties se sont engagées a ne pas recréer de frontière physique.

Qui sort gagnant qui sort perdant de cet accord ?

Du point de vue purement technique et juridique il semblerait que Londres sorte perdante des négociations, ne parvenant pas à obtenir les conditions de sortie qu’elle souhaitait, sans parler des lourdes concessions accordées par Londres à Bruxelles. Néanmoins sur le plan politique, la question est moins évidente. L’Europe de plus en plus divisée est au bord de l’implosion et les conséquences funestes de cette catastrophe annoncée, feront peut-être regretter certains de ne pas avoir songer à quitter l’Union européenne en premier.

Brexit : Folies sur référendum, par Jean-Gilles Malliarakis

Depuis des mois les négociations sur le Brexit piétinent. Ainsi, la réunion des 27 représentants des États-Membres de l’Union européenne, le 17 octobre à Bruxelles, cherchait-elle à avancer sur ce sujet. Or, à la fin du dîner de travail il fut décidé de ne pas prévoir de réunion du Conseil, ce que les médiats appellent un Sommet, au mois de novembre. Et, faute de progrès suffisants dans les discussions, aucune date n’a été fixée. Michel Barnier, négociateur en chef des Continentaux conserve la confiance des institutions. Il est chargé de décider quand sera convoqué le conseil, mais d’ores et déjà, il est demandé à la Commission européenne de se préparer à une sortie sans accord.

On ne peut pas acter plus clairement la situation d’impasse dans laquelle Britanniques et Continentaux se trouvent donc embourbés.

Dans ce contexte, ce 20 octobre à Londres, se déroulait une manifestation à la fois inédite et imprévue. Elle a rassemblé environ un demi-million de personnes. Le correspondant du Monde à Londres évoque sans réserves le chiffre de 700 000, à comparer avec celui de 100 000 mobilisés en juin, appuyés depuis lors par une pétition en ligne ayant recueilli 900 000 signatures.[1] Défiant l’intoxication de l’opinion par les tabloïds et submergeant les vieux appareils partisans rouillés, ce courant d’opinion réclame résolument, pour les conditions de sortie de l’Angleterre, un nouveau référendum.[2]

Le 24 juin 2016 c’est seulement une courte majorité de Britanniques, de façon disparate selon les quatre nationalités rassemblées dans le Royaume-Uni : les Anglais des villes industrielles votant pour, les Londoniens ou les Écossais votant contre. 51,89 % des 72,21 % de votants, se sont prononcés par référendum en faveur de ce qu’on appelle le Brexit, c’est-à-dire pour la sortie de la Grande Bretagne de l’Union européenne.

Cette orientation a été reprise par un nouveau cabinet britannique, dirigé par Theresa May, alors que celle-ci avait campagne pour le maintien.

Chef du gouvernement depuis 2016, elle s’accroche désormais à l’idée qu’on ne saurait revenir en arrière par rapport à ce qui est présenté pour la volonté irréformable du peuple.

La sortie est donc supposée prendre effet, en vertu de l’article 50 du traité sur l’Union européenne, presque irrévocablement en mars 2019.

Or, depuis deux ans nous avons pu mesurer combien les conséquences pratiques risquaient de s’en révéler catastrophiques ou du moins très lourdes. Le prix matériel le plus élevé sera supporté par le peuple et les entreprises d’outre Manche.

Et ceci se vérifiera quel que soit l’accord adopté ou non, au gré de négociations qui butent sur des points, au départ négligés, mais qui sont devenus cruciaux tel que la frontière entre les deux parties de la verte Érin.

Il n’y aura pas de Brexit heureux : ni pour le Continent, ni pour les îles que nous appelons britanniques[3], ni d’ailleurs pour les îles anglo-normandes, etc. Boris Johnson et quelques autres ont menti, délibérément, sur des points très importants, et désormais tout le monde le sait. Nigel Farage a reconnu lui-même après le vote de 2016 qu’il ne croyait pas à sa victoire. Ses partisans se sont eux rassemblés ce 20 octobre à Londres pour contre-manifester : ils étaient environ 1 200.

L’Europe, la vraie, l’Europe de notre culture commune, survivra à cette épreuve. Elle en a connu d’autres. L’Angleterre et l’Écosse ne cesseront d’en faire partie comme en font aussi partie la Norvège ou la Suisse, indépendamment des institutions.

Mais avant tout, ceci devrait faire réfléchir ceux qui admirent encore les procédures référendaires.

Au gré de telles tromperies, les politiciens demandent aux peuples de répondre à leur, place par oui ou par non, à des questions que les diplomates eux-mêmes peinent à résoudre.

[1] cf. “Almost 700,000 march to demand ‘people’s vote’ on Brexit deal. Huge London demonstration was largest since the protest against the Iraq war in 2003”
[2] cf. Photos de la manifestation.
[3] appellation que nos amis irlandais récuse. Celle que George Bernard Shaw appelait encore en 1906 “la Seconde île de John Bull” refuse d’être dite britannique…

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

S’estimant humiliée, Theresa May n’exclut pas un Brexit sans accord

brexit-farage

24/09/2018 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
De retour de Salzburg où se tenaient des négociations entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni à propos du Brexit, le Prremier ministre britannique n’a pas caché sa déception, suite au rejet du « plan de Chequers » pourtant difficilement négocié avec son parti. A six mois de la date butoir que se sont fixés les protagonistes pour la mise en place du Brexit, aucun accord n’a été trouvé. La pierre d’achoppement semble bien être la résurgence d’une frontière entre l’Ulster et l’Irlande que l’Union Européenne veut éviter en proposant le maintien de l’Irlande du Nord dans l’Union. Un démembrement inacceptable pour Londres qui refuse une situation même provisoire dans laquelle le régime douanier serait différent en l’Irlande du Nord et dans le reste du pays.

Et quels étaient les principaux axes du plan de Chequers ?

Le gouvernement de Theresa May proposait de créer une zone de libre-échange encadrée par un ensemble de règles communes pour les biens et les produits agro-alimentaires. Le plan proposait aussi le maintien de normes communes entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni, l’abandon des politiques communes en matière d’agriculture et de pèche, et l’abandon de la libre circulation des personnes afin de pouvoir reprendre le contrôle de sa politique migratoire.

Mais quelle issue politique est possible pour sortir de cette impasse ?

Les partisans d’un second référendum se mobilisent. Après le maire de Londres Sadiq Khan, les anciens premiers ministres Tony Blair et John Major souhaitent une nouvelle consultation populaire qui éviterait un divorce avec l’Union Européenne jugé désordonné et coûteux. Mais seul le parti libéral-démocrate de Vince Cable s’est prononcé clairement pour cette solution qui recueille pourtant officieusement l’approbation d’un certain nombre de chefs d’Etat européens, dont le Premier ministre maltais Joseph Muscat qui s’est publiquement exprimé sur la question. Mais pour le moment Theresa May y est fermement opposée.

Réunion au sommet des dirigeants des pays l’Union Européenne à Salzbourg

20/09/2018 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Hier soir a commencé une réunion informelle rassemblant les principaux chefs d’État européens à Salzbourg. Au menu de cette rencontre se trouvent les sujet de l’immigration et du Brexit.

Au sujet de l’immigration, la situation risque de ne pas beaucoup évoluer.

Les principaux projets évoqués par l’Union Européenne pour contourner la réticence nouvelle des pays à accepter cette immigration massive n’ont pas pour l’instant été concrétisés. Ils consistaient en des centres contrôlés en Europe ou des plateformes d’accueil en dehors de l’Europe. Dans les deux cas ces systèmes auraient ainsi permis de redistribuer subtilement les immigrés en Europe via des quotas similaires à ceux mis en place dans les règlements de Dublin. Ces solutions sont préconisées notamment par les gouvernements français et allemands qui veulent mener une “politique de solidarité” à l’égard des immigrés. La question reste pour l’instant en suspens, du fait notamment de l’opposition franche des dirigeants italiens et hongrois à l’accueil de clandestins. Ceux-ci en bloquant via leurs pays respectifs deux routes principales d’accès à l’Europe pour les immigrés montrent néanmoins qu’il existe une autre solution, qui consisterait à reprendre le contrôle des frontières et ne plus tendre les bras à cet afflux d’immigration.

Au sujet du Brexit si sur une bonne partie des points l’Union Européenne et les représentants du Royaume-Uni semblent s’entendre, c’est justement sur une question de frontière qu’ils pourraient s’opposer.

Les deux parties n’ont pas encore trouvé d’agrément au sujet de la séparation entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Si une frontière physique a été écartées d’emblée par les deux camps, les autres solutions ne sont pas légion. Les conditions et la durée de ces négociations font revenir de plus en plus souvent Outre-Manche l’éventualité d’une sortie de l’Union Européenne sans période de transition et accords commerciaux préalables. Cette possibilité est néanmoins pour l’instant rejetée par les dirigeants du Royaume-Uni en place, ainsi que l’Union Européenne.
Pour l’heure rien ne semble donc être amené à bouger brutalement, les changements seraient plutôt à attendre à l’issue des élections européennes qui pourraient voir la majorité basculer.

Theresa May face à la fronde des partisans d’un vrai Brexit, par Olivier Bault

Deux jours après que Theresa May eut présenté son nouveau plan pour un Brexit en douceur à ses ministres, celui pour la sortie de l’UE appelé aussi « ministre du Brexit », a annoncé sa démission dimanche peu avant minuit. David Davis, car c’est de lui qu’il s’agit, a expliqué dans sa lettre de démission, rendue publique, qu’il avait déjà accepté pas mal de propositions de Theresa May avec lesquelles il n’était pas d’accord, mais c’était parce qu’il pensait qu’un vrai Brexit restait possible. Un vrai Brexit, c’est un processus qui doit permettre rapidement au Royaume-Uni de recouvrer sa souveraineté, de voter lui-même toutes ses lois et de passer les accords commerciaux qu’il voudra avec n’importe quel autre pays. Mais avec le plan présenté par son Premier ministre vendredi – un plan pour lequel il n’avait pas été consulté, alors qu’il est le principal négociateur pour son pays –, David Davis estime qu’il n’y aura pas de vrai Brexit.

Il s’agit en effet d’une nouvelle mouture du « nouveau partenariat douanier » déjà proposé par Theresa May (voir Présent du 18 mai), qui est une forme d’union douanière qui ne dit pas son nom pour ne pas choquer la majorité d’électeurs ayant fait le choix de la sortie de l’UE il y a deux ans. Avec le plan de May, le Royaume-Uni, pour préserver la liberté des échanges et l’absence de frontière physique en Irlande, adopterait toutes les règles de l’UE. Le parlement de Westminster pourrait certes refuser certaines règles adoptées à Bruxelles, mais cela impliquera alors une limitation de l’accès au marché européen pour les marchandises britanniques. Dans les faits, cela voudrait aussi dire que Londres doit se conformer aux jugements de la Cour de Justice de l’UE, chose que les partisans du Brexit veulent éviter à tout prix.

A la suite du ministre du Brexit, deux secrétaires d’Etat ont démissionné, suivis lundi après-midi par le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, qui avait, comme David Davis et contrairement à Theresa May, fait campagne pour le Brexit avant le référendum de 2016. Selon Johnson, avec le plan de May le Royaume-Uni se dirige « vers un statut de colonie ».

Au Parlement, le député conservateur Jacob Rees-Mogg mène la fronde à la tête d’une soixantaine de partisans d’un vrai Brexit et il a déjà annoncé, en ce qui le concerne, qu’il voterait contre le plan de Theresa May. Ne jouissant d’une majorité de quelques voix que grâce au soutien des unionistes nord-irlandais depuis les élections anticipées ratées de 2017, c’est le gouvernement tout entier qui pourrait tomber. Theresa May pourrait alors être remplacée par un autre leader des Tories chargé de mener le pays vers un Brexit « dur », y compris sans accord avec l’UE. Mais le problème, en réalité, c’est que malgré le vote des Britanniques, une majorité du parlement ne veut pas du Brexit, pas plus que Mme May, ou alors, si Brexit il doit y avoir, ils le souhaitent le plus partiel possible. Pour obtenir gain de cause contre la fronde dans son propre parti, le Premier ministre va toutefois devoir se tourner vers l’opposition, ce qui en retour pourrait bien alimenter les rangs des frondeurs Tories et fragiliser encore plus son assise au sein du Parti conservateur. Des frondeurs que viennent de rejoindre deux poids lourds du parti. Un vrai Brexit est encore possible.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 10 juillet 2018

Brexit : le ton monte entre le Royaume-Uni et l’UE

brexit

Le Premier ministre britannique Theresa May avait déjà prévenu que son pays n’accepterait jamais de payer l’énorme facture que Bruxelles voudrait lui présenter pour le Brexit, soit entre 60 et 100 milliards d’euros.

Dans une interview publiée dans le Daily Telegraph samedi, Boris Johnson, le ministre des Affaires étrangères, va plus loin : si Bruxelles ne change pas de ton, le Royaume-Uni pourrait bien lui aussi présenter une facture estimée à 14 milliards de livres sterling au titre de ses parts dans les actifs et biens immobiliers de l’UE. Boris Johnson, qui avait milité pour la sortie de l’UE quand il était encore maire de Londres, a aussi averti ses partenaires européens que, s’ils s’entêtaient dans de telles revendications « absurdes » et « grotesques », le Royaume-Uni quitterait la table des négociations et opterait pour un Brexit « dur », c’est-à-dire sans traité.

L’élection d’Emmanuel Macron en France pourrait bien ne pas arranger les choses dans l’approche idéologique de la négociation sur le Brexit côté européen. Le nouveau président français, partisan de négociations très dures sur le Brexit, avait déclaré en mars dans le magazine Monocle que la décision prise par les Britanniques de quitter l’UE était un « crime » et que la Grande-Bretagne allait tomber en état de « servitude ». Le Parlement européen, de son côté, s’est choisi comme négociateur pour le Brexit un de ses européistes les plus fanatiques : l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, actuel président du groupe libéral (ADLE).

Cette ligne dure risque d’avoir de lourdes conséquences pour les entreprises des deux côtés de la Manche et aussi pour les quelque trois millions de résidents européens au Royaume-Uni, parmi lesquels plus de 300 000 Français. Ces résidents étrangers, pour beaucoup originaires de l’ex-Europe de l’Est, sont la priorité du Groupe de Visegrád (Pologne, Tchéquie, Slovaquie et Hongrie) dont les ministres aux Affaires européennes ont déclaré jeudi à Londres refuser toute stratégie punitive dans les négociations sur le Brexit.

D’autres pays attachés au libre-échange, comme l’Irlande, les Pays-Bas et les pays nordiques, ne voient pas d’un trop bon œil cette volonté de mener la vie dure aux Britanniques plutôt que de rechercher la préservation des intérêts mutuels.

Même en Allemagne, dont le Royaume-Uni est le troisième marché à l’exportation, la communauté des affaires commence à s’inquiéter à haute voix du risque d’absence d’accord avec Londres.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 16 mai 2017

Le Parlement britannique accorde à Theresa May des législatives anticipées

Theresa May

20/04/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Le Premier ministre britannique Theresa May a demandé hier que les élections législatives soient avancées de trois ans. Cette requête a pour objectif de faire avancer les négociations dans le cadre du Brexit grâce à la constitution d’une nouvelle Chambre des communes. Elle justifie son acte ainsi :

« Des élections générales vont apporter aux pays cinq ans de leadership fort et stable pour mener à bien les négociations et nous assurer d’en faire un succès. »

Ce renouvellement de députés devrait lui permettre en même temps d’augmenter le nombre de sièges conservateurs.

Comment sa requête a‑t‑elle abouti ? Suite à la demande de Theresa May, le Parlement britannique a validé la proposition avec une majorité écrasante de 522 voix contre 13 à l’issue d’une heure et demie de débats. Une centaine d’élus se sont abstenus. Le Premier ministre, qui avait besoin de deux tiers des bulletins en sa faveur sur les 650 membres de la Chambre des communes, va pouvoir avancer les élections au 8 juin. Pour faire leur campagne, en urgence, les candidats n’auront que cinq semaines à compter du 3 mai, date après laquelle l’assemblée actuelle ne siègera plus.

Quelle est la réaction de ses rivaux ? Certains députés comme Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste et rival du Premier ministre, ont approuvé la proposition alors même qu’ils pourraient y perdre leur poste. Ce pro‑Union européenne espère ainsi donner la possibilité de changer de direction. En réalité, la campagne est déjà engagée puisque le Premier ministre n’a pas hésité à le qualifier d’« inapte à diriger ».

Nigel Farage au Parlement européen : « Vous vous comportez comme la mafia »

Farage Mafia

05/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « Vous vous comportez comme la mafia », a lancé l’ancien patron de l’Ukip Nigel Farage au Parlement européen. Le principal artisan du Brexit a ajouté :

« Vous pensez que nous sommes des otages. Nous ne le sommes pas. Nous sommes libres de partir. »

Rappelé à l’ordre par le président de séance italien, Farage est revenu sur ses propos au profit… d’un synonyme :

« OK monsieur le président. Je comprends les sensibilités nationales. J’utiliserai plutôt le terme de gangsters pour dire que c’est comme ça que nous sommes traités. »

Ce qui a bien entendu suscité de nouvelles protestations.

Le Parlement européen venait d’exiger du Royaume-Uni qu’il verse 60 milliards d’euros pour prix de sa liberté, faute de quoi il ne discuterait pas avec lui !

Brexit : quid de Gibraltar ?

Chard Gibraltar Brexit

Avec le Brexit, le gouvernement britannique a assuré dans sa lettre invoquant l’article 50 du Traité de l’UE vouloir conserver la libre circulation entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, mais il n’a rien dit de Gibraltar.

GibraltarIl faut dire que les contrôles à la frontière n’ont jamais cessé entre le reste de la péninsule ibérique et ce rocher de la discorde que l’Espagne veut récupérer depuis sa cession forcée à la Grande-Bretagne en 1713, mais la question de cette presqu’île d’un peu plus de 30 000 habitants pourrait pimenter un peu les négociations. En effet, l’Union européenne vient d’annoncer en préambule aux négociations qu’aucun accord entre l’UE et le Royaume-Uni ne saurait s’appliquer à Gibraltar si l’Espagne s’y oppose. Le ministre en chef de la presqu’île, Fabian Picardo, s’est inquiété à haute voix d’une possible solution de souveraineté partagée et Madrid a déjà fait savoir qu’une fois le Royaume-Uni hors de l’UE, il attendait le soutien de ses partenaires européens dans ce dossier.

L’Espagne s’est toutefois abstenue de toute menace ou déclaration guerrière à l’égard de Londres et de Gibraltar. Les déclarations du ministre de la Défense du Royaume-Uni et d’un des leaders du parti conservateur ont donc poussé le ministre des Affaires étrangères espagnol, Alfonso Dastis, à s’étonner publiquement de la disparition du légendaire flegme britannique. Interrogé la semaine dernière sur la BBC, le ministre Michael Fallon avait en effet affirmé que son pays « irait jusqu’au bout » pour protéger Gibraltar et le droit de ses habitants à rester dans le Royaume-Uni.

Quelques minutes après, l’ancien chef des Tories, Michael Howard, a comparé sur Sky News l’attitude de Margaret Thatcher il y a trente-cinq ans, quand il a fallu envoyer une force navale récupérer les Malouines, à l’attitude qu’aurait très certainement Theresa May s’il fallait défendre Gibraltar.

Des propos très critiqués en Grande-Bretagne même, au premier chef par l’opposition libérale-démocrate et travailliste qui s’inquiète de l’impact que pourraient avoir de tels propos sur les négociations pour le Brexit et sur la relation d’ami et d’allié avec l’Espagne.

Mais, à vrai dire, ces échanges d’amabilités ne sont pas vraiment nouveaux et ils ne sont pas près de cesser puisque, comme l’a redit Theresa May dimanche, le Royaume-Uni n’acceptera jamais aucun abandon de souveraineté sur la presqu’île contre la volonté de ses habitants et que ceux-ci veulent conserver leur statut de territoire britannique d’outre-mer. En 2002, 99 % des votants gibraltariens avaient confirmé ce souhait dans un référendum même si, lors du référendum sur le Brexit, 97 % se sont prononcés contre la sortie de l’UE.

Olivier Bault

Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 5 avril 2017

Brexit : pari tenu

theresa-may

Quand la Cour suprême britannique a contraint, en janvier, le gouvernement de Theresa May à passer par un vote du parlement avant d’enclencher la procédure de sortie de l’Union européenne, il n’était pas sûr que la promesse d’invoquer l’article 50 du Traité de l’UE avant la fin du mois de mars serait tenue. On sait depuis mardi que le Premier ministre va pouvoir respecter le délai annoncé aux électeurs puisque le parlement de Westminster a définitivement adopté la loi autorisant le Brexit. La Chambre des lords a en effet renoncé à ses exigences de voir les droits des travailleurs étrangers originaires de l’UE préservés après le Brexit, indépendamment des négociations à venir avec Bruxelles, et d’obtenir un droit de veto du parlement à l’issue de ces négociations.

Interviewée mardi par Nigel Farage, ancien leader de l’UKIP reconverti au journalisme sur la radio anglaise LBC, Marine Le Pen a félicité les parlementaires britanniques pour leur attitude démocratique. Une majorité d’entre eux avaient en effet fait campagne contre la sortie de l’UE, mais ils ont su respecter la volonté du peuple exprimée par référendum. Mme Le Pen a ajouté, à propos de ses félicitations : « Je dis cela assez facilement parce qu’en 2005, les Français ont dit non au projet de constitution européenne lors du référendum et les dirigeants de gauche et de droite ont uni leurs forces pour nier la volonté populaire. […] C’est donc un signal transmis par la Grande-Bretagne à tous les peuples qui veulent restaurer la souveraineté et la liberté. »

De son côté, Nicola Sturgeon, premier ministre d’Ecosse et leader du Parti national écossais (SNP), voudrait profiter de l’occasion pour exiger un deuxième référendum sur l’indépendance de sa région, après l’échec de celui de 2014 où une majorité d’Ecossais ont choisi de ne pas quitter le Royaume-Uni. La responsable indépendantiste écossaise souhaite la tenue d’un nouveau référendum entre l’automne 2018 et le printemps 2019, dans l’espoir que l’Ecosse pourrait alors rejoindre l’Union européenne en même temps que le reste du Royaume-Uni la quittera. Le Parlement écossais doit toutefois obtenir l’autorisation de Westminster pour un tel référendum, et Theresa May a déjà annoncé qu’elle refuserait un référendum dont une majorité d’Ecossais, selon les sondages, ne veulent de toute façon pas. Londres n’exclut toutefois pas un nouveau référendum dans un avenir plus lointain, mais pas avant que les Ecossais aient eu le temps de bénéficier des fruits du Brexit et soient à même de faire un choix éclairé.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 18 mars 2017

Marine Le Pen à Nigel Farage : « Nous allons retrouver nos quatre souverainetés »

Marine Le Pen et Farage

Marine Le Pen Farage17/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : L’ancien leader de l’Ukip (United Kingdom Independence Party) et principal artisan du Brexit, Nigel Farage, par ailleurs proche de Donald Trump, a interviewé Marine Le Pen, favorable au « Frexit », pour la chaîne britannique LBC. En voici la version intégrale et en français.

Nigel Farage : « L’UE n’a plus aucun avenir dans sa forme actuelle »

Nigel Farage

21/02/2017 – BRUXELLES (NOVOpress) : Nigel Farage s’est livré à une charge violente comme il les affectionne contre l’Union européenne, et cela la semaine dernière, dans l’enceinte même du Parlement européen qui débattait du traité de libre échange avec le Canada, le CETA. « J’ai l’impression d’assister à la réunion d’une secte religieuse », a d’abord ironisé le député (et ancien patron) de l’UKIP, qui fut le principal artisan du Brexit et apporta également son concours à Donald Trump durant sa campagne électorale.

« C’est comme si l’élection de Donald Trump, le Brexit, ou encore le référendum italien vous étaient complètement passés au-dessus », a t-il poursuivi à l’adresse de la majorité des autres élus.

Nigel Farage le leur a dit sans détours : « Le fait est que l’Union européenne n’a pas d’avenir dans sa forme actuelle. » Avant de conclure en ces termes :

« Je pense que vous allez avoir en 2017 des chocs encore plus importants qu’en 2016. »