Entretien avec Marine Le Pen : “L’Union européenne fonce dans le mur”

05/02/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Marine Le Pen faisait sa rentrée européenne mardi à Bruxelles. Présente au Parlement, la présidente du Rassemblement National s’est confiée à Euronews. Brexit, accords commerciaux internationaux, elle passe en revue les sujets brûlants de ce début d’année.

Voici un extrait de cet entretien.

Christophe Garach, Euronews :

“Bonjour Marine Le Pen. Vous êtes ici à Bruxelles. C’est votre première sortie officielle depuis que vous avez annoncé que vous étiez candidate à l’élection présidentielle en France en 2022. Alors pourquoi être revenue au cœur de la machine européenne ? Pour célébrer le Brexit ?”

Marine Le Pen :

“Non. D’abord pour voir mes députés européens et puis pour rencontrer les députés du groupe Identité et démocratie. C’est vrai que c’est un véritable “big bang” qui a été assez peu analysé, je trouve. Maintenant, il y a deux solutions : soit l’Union européenne comprend qu’il y a un énorme problème et arrête de foncer dans le mur, écoute les peuples et participe à la création de cette alliance européenne des nations que nous voulons construire ; soit elle continue avec ses œillères et d’autres pays quitteront l’Union européenne. C’est une certitude.”

Christophe Garach, Euronews :

“Pourtant, vous, votre plate forme politique a renoncé aux Frexit, à renoncer à quitter l’Union européenne, à renoncer à abandonner l’euro, cette monnaie à laquelle les Français sont très attachés. Donc, le Frexit, c’est fini ?”

Marine Le Pen :

“C’est à dire que nous sommes très puissants aujourd’hui et par conséquent, nous sommes convaincus que nous sommes capables de modifier radicalement cette organisation européenne, abandonner une Union européenne, encore une fois, qui est considérée et ressentie comme une prison dont les résultats économiques et commerciaux sont catastrophiques, pour construire avec les nations européennes véritablement une organisation qui soit fondée sur la coopération librement consentie et pas sur la soumission à des dogmes qui sont de surcroît inefficaces”.

Christophe Garach, Euronews ;

“Vous répétez souvent que l’Europe est une prison. Mais le Brexit n’est-il pas le contre-exemple ? La preuve qu’on peut sortir de l’Union européenne si les peuples le souhaitent ?”

Marine Le Pen :

“Oui, mais ça a mis trois ans quand même. Derrière ce mépris de la démocratie, on a quand même ressenti un véritable mépris des peuples de la part de dirigeants de l’Union européenne qui se sont à peine cachés, d’ailleurs, qui voulaient rendre le divorce le plus difficile possible. Moyennant quoi, c’est sûrement la Grande-Bretagne qui s’en tirera le mieux et l’Union européenne qui aura à subir le plus de conséquences de cette sortie.

Mais est-ce que l’Union européenne se remet en question ? C’est ça véritablement l’interrogation. Ils ne se remettent jamais en question. D’ailleurs, Emmanuel Macron est très révélateur de ça. Il a fait un discours au moment du Brexit en expliquant que l’Union européenne n’avait rien à se reprocher et que, en gros, les Britanniques étaient sortis parce qu’ils avait été victimes de mensonges, de manipulations, etc. C’est drôle comme ça de refuser de voir la vérité en face. Ça, c’est problématique pour un dirigeant.”

Pour lire la suite de cette retranscription, c’est ici !


Pour la première fois, un pays a quitté l’Union européenne

« Ce soir à 23 heures, après 30 ans de résistance, le grand peuple du Royaume-Uni aura enfin réalisé le Brexit », titrait le Sun vendredi, à quelques heures seulement d’un événement historique : vendredi à minuit heure française, l’Union européenne perdait un de ses grands pays.
C’était la première fois qu’un Etat quittait l’UE. Nigel Farage pouvait se réjouir la veille sur les ondes de la radio LBC où il tient un programme de discussion politique journalier : le but pour lequel il s’est tant battu est atteint, au moins sur le plan formel puisque les futures relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni restent à négocier pendant les onze prochains mois.

D’ici là, le Royaume-Uni continuera d’appliquer les règles et normes européennes. C’est Nigel Farage, avec son Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui avait poussé David Cameron au référendum, et c’est le même Nigel Farage qui, avec son Brexit Party, a forcé les tories à respecter le résultat du référendum de 2016. Les membres du Brexit Party ont donc plié bagage à Strasbourg, comme leurs collègues qui n’étaient pas tous aussi joyeux qu’eux, quelques larmes ayant même été versées au Parlement européen lors du vote de mercredi qui avalisait l’accord sur la sortie du Royaume-Uni.

C’est donc une grande victoire pour la démocratie, même si les Britanniques, qui pensent désormais dynamiser leur économie, y compris en accroissant (encore !) l’immigration choisie, emmènent avec eux les mêmes problèmes qui sapent aujourd’hui les sociétés d’Europe occidentale, et qui font qu’ils sont comme nous, et peut-être même plus encore, pris en étau entre le totalitarisme libéral-libertaire et le totalitarisme islamique. Mais eux ont au moins récupéré la maîtrise de leur destinée et ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils continuent de laisser leur pays dériver. Dans un discours diffusé à 23 heures heure anglaise, le Premier ministre a promis à ses compatriotes que le Brexit « n’est pas une fin, mais un commencement », « l’aube d’une nouvelle ère » pour la Grande-Bretagne.

Vendredi, les journaux européens à la fibre européiste s’étendaient sur l’Ecosse qui veut maintenant son indépendance pour rejoindre l’UE. Mais un référendum ayant déjà eu lieu en 2014 avec la promesse qu’il n’y en aurait pas d’autre pour cette génération, rien n’oblige Londres à accepter les exigences du SNP de Nicola Sturgeon. Certains, tels le président français Emmanuel Macron, l’eurofédéraliste belge Guy Verhofstad au Parlement européen et le ministre allemand de l’Economie Peter Altmaier, voient dans le départ du Royaume-Uni une occasion pour réformer l’Europe « en profondeur ». Dixit le président français le 31 janvier : « Je vous mentirai ce soir en vous disant que l’avenir de notre pays pourrait se bâtir dans moins d’Europe. Mais je suis conscient que nous devons la rebâtir en profondeur. » Dans la bouche du président français, cela ne peut que signifier encore plus d’intégration. Mais la vision eurofédéraliste n’est pas partagée par tout le monde, pour ne citer que le Danemark et les pays du Groupe de Visegrád. Mercredi au Parlement européen, Farage a d’ailleurs prédit à l’UE une durée de vie de dix ans maximum, estimant que les premiers pays à suivre l’exemple britannique seraient le Danemark, l’Italie et la Pologne.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 3 février 2020

Le Royaume-Uni sort officiellement de l’UE ce soir à minuit !

31/01/2020 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Après dix années d’âpres négociations, le Royaume-Uni rejoignait la Communauté européenne, le 1er janvier 1973. Suivirent quarante années d’une histoire tourmentée due à la réticence de l’opinion britannique à clore « mille ans d’histoire ». Ainsi, le Royaume-Uni hésita constamment sur le degré de son investissement dans le processus communautaire. Son refus d’adopter l’euro en 1999 en est une illustration. En juillet 2012, les conservateurs, traditionnellement eurosceptiques, firent adopter une loi garantissant la tenue d’un référendum à l’horizon 2017. Ils souhaitaient ainsi sonder le peuple britannique sur une sortie éventuelle de l’UE. La date du référendum sur le Brexit fut fixée au 23 juin 2016 et, à la surprise générale, la sortie de l’UE l’emporta à 51,9%.

Ce vote plongera le Royaume-Uni dans une succession de crises avant la sortie effective de ce soir, 31 janvier 2020, à minuit. Le Premier ministre de l’époque, David Cameron, plaidant le « remain », dut démissionner. Theresa May, qui n’avait pas pris position, fut désignée par ses pairs pour mettre en œuvre le Brexit. Les négociations qu’elle entreprendra avec le représentant de l’UE Michel Barnier, aboutiront en novembre 2018 à un projet d’accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE. Projet qui sera rejeté trois fois par le Parlement britannique entre janvier et mars 2019 et qui conduira à la démission de Mme May. Le 23 juillet 2019, Boris Johnson, partisan du Brexit, lui succédera. Sa position sera renforcée par la victoire massive du parti conservateur aux élections anticipées du 12 décembre 2019 qu’il avait convoquées.

Fort de ce succès, Boris Johnson parviendra à un nouvel accord de sortie du Royaume-Uni de l’UE, validé le 22 janvier 2020 par les députés britanniques, puis largement ratifié par le Parlement européen le 29 janvier avec 621 voix contre 49. Alors que les aménagements des conditions du Brexit restent à négocier, Boris Johnson a salué « un nouveau chapitre dans l’histoire de son pays ».

Quant à lui, le député Nigel Farage s’est illustré, lors de sa dernière intervention auprès du Parlement européen, par une critique acerbe de l’UE, qualifiant la sortie du Royaume-Uni de « début de la fin du projet européen ».

L’Europe d’après le Brexit, par Jean-Gilles Malliarakis

La victoire assez remarquable du parti conservateur ce 12 décembre permet d’entrevoir la solution du problème posé, depuis 3 ans par le vote des Anglais en faveur du Brexit.

La très large majorité dont disposera le gouvernement de Boris Johnson aux Communes lui permettra de négocier rapidement, et sans doute intelligemment, avec une Union européenne elle-même attentive à maintenir des liens nécessaires. Tout cela on peut l’espérer raisonnablement désormais.

Remarquons que la solidité des institutions britanniques, et notamment le mode de scrutin de la Chambre des Communes l’ont permis.

Certes, le gouvernement de Londres n’est pas entièrement sorti d’affaire.

Au plan intérieur, le résultat du vote prouve une fois de plus que c’est le camp le plus uni et le plus déterminé, en l’occurence celui du Brexit, qui l’a emporté, sur le camp divisé et incertain, celui du “remain” qui envisageait mollement un second référendum.

En revanche si l’on additionne et si l’on compare les suffrages en effet • d’un côté : 14 millions voix pour les conservateurs 365 députés + 640 000 voix au Brexit party + unionistes irlandais 240 000 voix 8 députés = 15 millions probrexit 373 députés • de l’autre : 10,3 millions voix travaillistes 202 députés mais aussi + 3,7 millions aux libéraux démocrates avec 11 députés + nationalistes écossais 1,2 millions 48 députés + 830 000 voix écolos 1 député + sinn fein irlandais 180 000 voix 7 députés + plaid cymru gallois 150 000 voix 4 députés = 16,3 millions voix antibrexit et 272 députés.

Non seulement, donc, la majorité des Britanniques a voté pour les partis antibrexit, mais les Écossais ont voté pour un parti favorable à l’indépendance cependant que 9 députés Nord-Irlandais sur 18 (Sinn Feiners + SDLP) sont favorables à l’unification de l’île pour la première fois depuis 1921.

Pour toutes ces raisons, on pourrait se féliciter cependant que pour l’essentiel désormais cela restera une affaire intérieure au Royaume Uni. Le partenaire de la négociation commerciale dispose des moyens politiques de trouver un accord, établissant une nouvelle relation avec l’Europe continentale puisque le peuple anglais a choisi de ne plus appartenir aux institutions communautaires.

Car, en dehors de la frontière irlandaise, tout cela n’interfèrera plus dans les questions graves que l’Europe doit résoudre.

La grande affaire sera désormais celle de la Défense commune.

Or, la nouvelle commission vient de procéder dans ce domaine à une avancée majeure.

D’une part le 4 décembre, Ursula von der Leyen était intervenue es-qualité au sein de l’Otan pour réaffirmer certes son respect et sa fidélité, saluant le rôle passé de l’institution issue du traité de Washington de 1949, en particulier de l’article 5.

“L’Otan est irremplaçable, mais ne peut intervenir partout. (…) Je voudrais tout d’abord dire que l’Otan, ce sera toujours l’article 5, la défense collective. L’Otan est la plus puissante alliance militaire au monde,” dit-elle, répondant implicitement aux affirmations tant soit peu provocatrices du président parisien.

Or, également elle se dit “convaincue qu’il y a des thèmes où je ne vois pas l’Otan, mais où il est nécessaire d’avoir l’Union européenne avec la capacité d’agir.”

70 ans plus tard, 30 ans après la dislocation du bloc de l’Est, s’impose la nécessité pour l’Europe de concevoir sa propre politique de sécurité et de s’en donner les moyens dans un délai de 5 ans.

Pointant un danger que l’on semble depuis trop longtemps se refuser à identifier comme une menace pour l’Europe entière elle a également reconnu avoir “de sérieux problèmes à discuter avec la Turquie“. L’évolution de la situation dans ce pays “exige des conversations très honnêtes, des deux côtés”. Or, “nous avons de graves problèmes en ce qui concerne le respect du droit international, le respect du voisinage, de la souveraineté et de l’intégrité des voisins”.

Enfin !

“Mon objectif” a-t-elle déclaré, en présentant les conclusions de la réunion du collège des commissaires [sera de] “créer l’Union de sécurité et de défense pour que l’Europe soit en capacité d’agir face aux crises.”

D’autre part, le 7 décembre, on découvrait que la présidente de la Commission mettait ses actes en conformité avec son discours.

On apprenait ainsi la création, rarissime à Bruxelles, d’une nouvelle Direction, chargée de la Défense et de l’Espace. On sort, de la sorte, de l’Europe des technocrates pour entrer, enfin, dans la sphère stratégique.

Ceci donne une force nouvelle à diverses initiatives des dernières années que l’on attribue à l’influence de certains commissaires de l’équipe Juncker-Mogherini, tels que le Français Barnier et, surtout : la Polonaise Bienkowska ou le Finlandais Katainen : quelques milliards pour la mobilité militaire, pour la recherche de défense, ou pour les projets Galileo et Copernicus, en tout plus de 30 milliards d’euros sur 7 ans. Ce n’était pas rien. Mais on passe à une vitesse supérieure.

Là aussi : enfin !

L’urgence en interpelle l’ensemble de nos pays. À nos frontières se pressent les dangers migratoires et terroristes, que l’on ne peut plus dissimuler, mais aussi d’autres menaces dans les domaines cybernétiques, industriels, technologiques, sécuritaires, ceux de la guerre hybride, face auxquels nos nations sauront l’emporter si elles s’unissent mais ne pourront que s’effondrer, submergées, si elles demeurent divisées.

Élections législatives anticipées en Grande-Bretagne : pari gagnant pour Boris Johnson

16/12/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Politologues, sondeurs, journalistes… la plupart étaient formels : acculé, le Premier ministre britannique serait balayé. On allait voir ce que l’on allait voir. Les conservateurs empêtrés dans le processus sans fin du Brexit perdraient la majorité absolue. Les Anglais fatigués des manœuvres politiciennes avaient ouvert les yeux et regrettaient leur vote. Un nouveau référendum serait probable qui aboutira à l’annulation du Brexit. Il n’en fut rien. Ce jeudi 12 décembre, les conservateurs ont gagné des dizaines de sièges supplémentaires assurant à Boris Johnson une confortable majorité tandis que le parti travailliste s’est effondré, y compris dans les circonscriptions ouvrières historiquement rouges.

Comment expliquer cette nette progression ?

Plusieurs facteurs entrent en compte. Avec 365 sièges sur les 650 de la chambre basse, le parti conservateur obtient son meilleur résultat depuis toujours, tandis que son adversaire travailliste enregistre sa pire défaite depuis 1935. Cette victoire sans conteste est tout d’abord celle de Boris Johnson : « brexiter » de la première heure, sa personnalité loufoque a pu jouer en sa faveur ainsi que la simplicité de son message « Get Brexit done » contrastant avec la dispersion de son principal rival Corbyn incapable de trancher la question du Brexit et de donner un cap au parti travailliste. A cela s’ajoute, le choix de Nigel Farage, vainqueur des élections européennes avec son Brexit party, de ne présenter des candidats que dans les circonscriptions travaillistes et de soutenir un maximum de candidats conservateurs. Stratégie payante qui a permis aux travaillistes « brexiters », qui ne voteront jamais conservateurs, de reporter leurs voix sur les candidats de Farage plutôt que de s’abstenir.

Une ombre au tableau pour Johnson : le raz-de-marée conservateur n’a pas franchi le mur d’Hadrien

En Écosse, le parti nationaliste (SNP), ancré au centre-gauche dans le paysage politique, a enregistré d’excellents résultats en remportant 48 des 55 sièges. Européiste, pro-LGBT, immigrationniste, le parti a revendiqué, par le biais de sa cheffe et Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, le droit d’organiser un second référendum qui permettrait à l’Écosse de quitter le Royaume-Uni afin de rester pleinement dans l’Union européenne. Londres pouvant seul autoriser un second référendum, Boris Johnson n’a pas tardé à répliquer par une fin de non-recevoir. Un second front s’ouvre pour Londres : à l’extérieur, Bruxelles, à l’intérieur, Edimbourg.

Vers une Écosse libre et indépendante ?

06/11/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Samedi dernier, une importante manifestation a eu lieu à Édimbourg pour réclamer un nouveau référendum sur l’indépendance écossaise. Embourbé dans la question du Brexit, les Anglais ne sont pas les seuls à être divisés sur cette question : c’est bien l’entité du Royaume-Uni même qui est remise en question aujourd’hui.

N’y avait-il pas eu déjà un référendum sur l’indépendance écossaise ?

Si effectivement ! En 2014, les indépendantistes avaient lancé une grande campagne pour influencer et mobiliser l’opinion publique. Jouant sur leur particularité historique et culturelle, mettant en avant leur potentiel économique grâce à leurs réserves d’hydrocarbures maritimes mais aussi à leur attractivité touristique, les Écossais avaient toutefois voté à 55% contre l’indépendance. Ils craignaient surtout de quitter Bruxelles en même temps que Londres et donc de devoir postuler à l’entrée dans l’Union européenne, au même titre que l’Albanie ou l’Ukraine.

Et avec le Brexit, c’est finalement tout le Royaume-Uni qui risque de quitter définitivement l’union…

Ce qui provoque un regain de force chez les indépendantistes ! En effet, les Écossais avaient majoritairement voté contre le Brexit à 62%. Quitter l’Union européenne avec le Gouvernement anglais, c’est pour Edimbourg un signe de soumission à Londres. Si les Écossais ne rejettent pas l’autorité de la couronne anglaise, ils ne se sentent pas concernés par les problèmes des Anglais, alors que leur parlement, majoritairement conservateur, tend de plus en plus vers une séparation avec le gouvernement de Boris Johnson, voire avec l’Angleterre tout court. Preuve à l’appui, la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon du Parti national écossais, déclarait devant les manifestants rassemblés samedi que l’indépendance est « à portée de main ».

Il y aura donc bientôt une nouvelle consultation populaire ?

Le parlement écossais se renouvelle le 12 décembre, et doit donc rassembler le plus possible de pro-indépendantistes. Dès 2020, un nouveau référendum pourrait donc être proposé, mais celui-ci doit auparavant attendre l’accord de Premier ministre britannique, et avec l’instabilité actuelle de l’exécutif britannique, les Écossais pourraient se retrouver bloqués…

Les migrants de plus en plus nombreux à tenter de traverser la Manche, “par peur” du Brexit

12/09/2019 – EUROPE (NOVOpress)
Les migrants sont de plus en plus à tenter la traversée de la Manche, pour rejoindre l’Angleterre. Hier, un bateau a intercepté deux petites embarcations transportant 21 migrants.

La veille à Douvres, ce sont 86 migrants, l’un des chiffres les plus importants pour une seule journée, qui avaient été interceptés par la police des frontières. Depuis janvier, 1.450 migrants ont tenté de traverser la Manche selon les autorités maritimes françaises, contre 586 en 2018.

La traversée, ils la préparent dans ce camp improvisé, à Grande-Synthe, dans le nord-ouest de la France, face aux côtes anglaises.


The Guardian titre sur une « montée du racisme » au Royaume-Uni, mettant en cause le Brexit

brexit-farage

27/05/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
71% des minorités ethniques auraient eu à faire face à de la discrimination raciale selon le journal anglais The Guardian. Dans l’article en question paru le lundi 20 mai 2019, ces statistiques sont comparées à celles de janvier 2016, et en ressort une hausse de 13%. De même, est reporté dans cet article une multiplication par deux des actes racistes en Angleterre depuis 2013. Fort de ces chiffres, le quotidien en tire une conclusion sans appel, titrant que le racisme était en hausse dans tout le pays depuis le vote du Brexit.

Si en effet le référendum de départ de l’Union européenne du Royaume-Uni s’est déroulé en juin 2016, donc entre les deux études statistiques, le mettre en cause à partir de cette unique concordance peut sembler hâtif.

À ce compte de nombreux événements majeurs s’étant déroulés entre ces deux dates de sondages pourraient être dénoncés comme cause de cette montée de la discrimination raciale. L’on pourrait citer la crise migratoire à laquelle l’Europe fait face, mais aussi les scandales de gangs de violeurs de Rotterham, dans lesquels l’origine ethnique des criminels avait engendré l’inaction des autorités.

Brexit – Le coup d’État des élites, par Olivier Bault

Brexit

Si le sujet n’était aussi grave, il y aurait matière à rire face à cette Commission et ce Parlement européens qui prétendent défendre la constitution nationale contre la majorité parlementaire en Pologne mais qui encouragent les parlementaires britanniques à violer leur propre constitution pour bloquer le Brexit voulu par le peuple. Certes, le Royaume-Uni a une particularité : il n’a pas de constitution écrite. Néanmoins, toute une série d’usages et de procédures hérités de plusieurs siècles de parlementarisme ont outre-Manche valeur de règles constitutionnelles, et c’est bien cette constitution-là qui est allègrement violée cette semaine par les parlementaires hostiles au Brexit.

Andrea Leadsom, « leader » de la Chambre des communes (c’est-à-dire ministre chargé des relations avec la Chambre des communes), a dit après l’adoption expresse d’un projet de loi permettant au Parlement de prendre le contrôle du Brexit et de bloquer le Brexit dur maintenant prévu pour le 12 avril : « Si ces gens avaient des armes, nous décririons cela comme un coup d’Etat militaire. » L’attention des médias, après le vote en quelques heures de ce projet de loi proposé par un député travailliste et un député conservateur et adopté à une voix de majorité (313 contre 312), s’est concentrée sur le vote de la travailliste Fiona Onasanya, mise en prison en janvier dernier et qui bénéficie d’une mesure de libération anticipée suite à une affaire de mensonges à la police pour éviter une amende pour excès de vitesse. Sans le vote de cette délinquante, font remarquer les pro-Brexit, le coup d’Etat de la Chambre des communes échouait.

Le projet de loi en question, désormais à la Chambre des lords où il fait aussi l’objet d’une procédure accélérée avec un vote en dernière lecture planifié pour lundi, contraindrait Theresa May à demander un nouveau report du Brexit et à obtenir l’assentiment du Parlement pour la date négociée avec les 27. Une fuite reprise vendredi matin par les médias britanniques évoquait un report de douze mois que voudrait proposer le président du Conseil européen Donald Tusk, en échange de la promesse d’un maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière européenne ou même d’un deuxième référendum. Ces deux propositions étaient négociées cette semaine par Theresa May avec le leader de l’opposition, le travailliste d’extrême gauche Jeremy Corbyn, que le Premier ministre a invité lundi soir à la table des négociations pour trouver une solution conjointe à l’impasse actuelle, aggravant les scissions au sein du Parti conservateur et provoquant la démission de deux secrétaires d’Etat. Une dizaine d’autres membres du gouvernement pourraient bientôt suivre selon le Telegraph.

La Chambre des lords, à l’ambiance d’habitude plutôt calme, bouillonnait jeudi alors que certains des pairs du Royaume tentaient d’empêcher l’adoption expresse du projet de loi de la Chambre des communes en dénonçant une violation flagrante de la constitution. Certains tories ont même mis en avant le risque d’une insurrection violente des électeurs si les parlementaires refusent d’accepter le résultat du référendum de 2016. Lord Lawson, ancien chancelier de l’Echiquier (ministre des Finances et du Trésor) de Margaret Thatcher de 1983 à 1989, s’est dit scandalisé : « Je siège au Parlement depuis quarante-cinq ans et il n’y avait jamais eu un tel exemple de vandalisme constitutionnel à cette échelle. »

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 5 avril 2019

Brexit en folie, par Jean-Gilles Malliarakis

Brexit crise

Au moment où ces lignes sont écrites, le feuilleton se rapproche d’une nouvelle date butoir théorique, celle du 12 avril, après celle qu’on croyait avoir fixée pour la sortie de l’Union européenne, prévue le 29 mars.

En même temps, et à la même vitesse, celle d’un sablier où toutes les 24 heures on perd un jour de plus, se profilent des élections au Parlement européen.

À ce scrutin du 26 mai, les Anglais, les Écossais, les Gallois et les Irlandais du nord, mais aussi les citoyens européens résidant en Grande Bretagne, s’exposent dès lors à devoir participer… si le Royaume-Uni n’a pas acté, lors du Conseil des chefs d’États et de gouvernements, qui se tiendra à Bruxelles le 10 avril, leur décision de sortie.

On dit maintenant, de plus en plus ouvertement, qu’une prolongation de 21 mois des négociations de l’article 50 devient envisageable, jusqu’à ce que les honorables parlementaires de Westminster aient décidé de s’accorder avec eux-mêmes.

Incroyable mais vrai : la plus prestigieuse démocratie parlementaire du monde se révèle en crise rave. Plus de 800 ans après la signature par Jean sans Terre des 63 articles de la Grande Charte de 1215, le mécanisme constitutionnel britannique est enrayé. Plus de 400 ans après la formation, sous le règne de Charles II, des deux partis, alors whig et tory, le système bipartisan s’est émietté. Plus de 60 ans après son couronnement, la Reine Élisabeth se voit obligée de se déguiser en drapeau européen pour faire comprendre que ses loyaux sujets doivent se réconcilier.

On parle, depuis le 31 mars, après trois votes négatifs de la chambre des Communes rejetant l’accord négocié avec l’Union européenne, de faire revoter sur le même texte. À nouveau : autrement dit, une quatrième fois. Certains commentateurs continentaux ironisaient déjà à propos du rappel à l’ordre du “speaker” John Bercow présidant l’Assemblée, opposé lui-même à une troisième lecture du même texte. Quel archaïsme !, les entendait-on soupirer, car ce personnage invoque une décision remontant à 1604.

À cette époque, pourtant, le roi écossais Jacques VI, fils de Marie Stuart, venait tout juste de succéder, sous le nom de Jacques Ier à la dernière représentante de la dynastie des Tudor, Élizabeth Ire (†1603). Tout le XVIIe siècle anglais allait être marqué par la reconquête de son pouvoir par le parlement. Celui-ci s’était trouvé sérieusement ébranlé par l’autoritaire dynastie précédente. Empêcher le souverain de revenir trois fois devant les Communes et les Lords pour imposer un projet, c’est-à-dire, pour lui interdire de proposer comme toujours, d’identiques augmentations d’impôts, concrétisa la première des luttes victorieuses pour la constitution parlementaire et les libertés.

Celle-ci triompha lors de la Glorieuse Révolution de 1688[1]. Les gens qui se gargarisent aujourd’hui d’une démocratie, dont ils ont perdu le sens, gagneraient à s’en souvenir avec un peu plus de respect.

Les signes d’un désarroi du régime représentatif[2] se situent, à l’évidence, bien au-delà de cette ignorance historique. Ils ne concernent pas le seul parti conservateur dont Mrs May s’acharne à recoller les morceaux[3]. Ils ne se limitent pas à l’Angleterre. Quand on brandit des panneaux réclamant le Référendum d’initiative citoyenne on tourne le dos à l’expérience des quelques pays où la procédure référendaire fonctionne normalement et ne se transforme pas en plébiscite,

L’impasse évidente et exaspérante de la procédure adoptée pour la sortie britannique de l’Union européenne le prouve : le référendum ne résout pas la crise, il l’aggrave.

[1] cf. “Les Deux révolutions d’Angleterre” par Edmond Sayous.
[2] Pas d’impôts sans représentation, dit l’adage fondateur. Au nom même de ce principe raisonnable, les colonies américaines en 1776 se sont insurgées contre les édits du parlement de Westminster. Cette démocratie des contribuables ne se confond pas nécessairement avec le gouvernement d’opinion.
[3] On appréciera à ce sujet le message que des soldats anglais adressent symboliquement depuis Kaboul à Jeremy Corbyn.

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

Un Brexit « dur » pour le 12 avril ?

Brexit

En ce début de semaine tout restait possible en matière de Brexit alors que le Premier ministre Theresa May envisageait un quatrième vote sur son accord avec l’UE déjà rejeté trois fois par la Chambre des communes. La troisième fois, c’était le 29 mars, c’est-à-dire à la date initialement prévue pour le Brexit. Si l’écart s’est resserré avec la promesse de Mme May de démissionner après l’approbation de son accord avec les 27 par le Parlement, il reste important : 344 députés ont voté contre et 286 pour, malgré le ralliement en faveur de l’accord, pour ce troisième vote, de poids lourds pro-Brexit : l’ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, l’ancien ministre pour le Brexit Dominic Raab (tous deux démissionnaires du gouvernement de Mme May en raison de leur refus de la forme que prenait l’accord sur le Brexit) et Jacob Rees-Mogg le chef du groupe conservateur pro-Brexit European Research Group à la Chambre des communes.

La date prévue pour le Brexit, conformément à ce qui avait été annoncé par l’UE, est donc désormais fixée au 12 avril puisque le report au 22 mai n’était valide qu’en cas d’adoption de cet accord. Après l’annonce du résultat du vote à Westminster, le président du Conseil européen Donald Tusk a convoqué un sommet urgent des 27 pour le 10 avril.

Toutes les options restaient donc sur la table lundi, alors que la Chambre des communes s’apprêtait à procéder à une série de votes « indicatifs » pour faire connaître sa préférence au gouvernement. Une sortie sans accord reste toujours possible. L’adoption de l’accord signé en novembre par Theresa May est toujours improbable. Une autre option sur la table, qui pourrait peut-être obtenir une majorité au Parlement britannique où dominent les partisans de l’UE, c’est celle proposée depuis le début par Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste : que le Royaume-Uni reste dans l’union douanière avec l’UE, comme c’est déjà le cas de la Norvège. Le problème, c’est que cela forcerait le pays à appliquer la législation européenne, à reconnaître la juridiction de la Cour de justice de l’UE et à respecter les quatre libertés du Marché unique, y compris la liberté de mouvement des travailleurs. Ce n’est de toute évidence pas ce pour quoi les Britanniques ont voté lors du référendum de juin 2016.

Inversement, les partisans d’un deuxième référendum se demandent, si le Parlement peut voter trois fois sur le même accord, voire quatre si Mme May propose à nouveau son accord aux Communes cette semaine, pourquoi les citoyens ne pourraient pas eux aussi voter plusieurs fois sur la question du Brexit. Theresa May menaçait la semaine dernière, en cas de troisième rejet de son accord avec l’UE, d’avoir à demander un report bien plus long du Brexit. Si elle met sa menace à exécution, il faudra bien, pour que les 27 acceptent, que Londres propose une porte de sortie. Des élections anticipées sont fort possibles dans la situation actuelle, mais elles risqueraient de ne rien résoudre. Reste donc la possibilité d’un deuxième référendum, à l’issue par ailleurs certaine. Certains proposent d’annuler purement et simplement le Brexit.

On ne sait donc même pas à ce stade si les Britanniques vont prendre part ou non aux prochaines élections européennes, ce qui veut dire qu’on ne sait pas non plus combien chaque pays aura de sièges au Parlement européen après le 26 mai.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 1er avril 2019

Les conditions du Brexit incertaines après la dernière proposition de Theresa May au Parlement britannique

22/01/2019 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Il y a près de deux ans et demi, les Anglo-Saxons votaient en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, événement couramment renommé le « Brexit ». Ce projet était massivement soutenu principalement par la population anglaise plus âgée, plus précaire, et moins favorable à l’immigration et porté par le Parti conservateur. Ce sont les citadins des classes aidées, ainsi que l’ensemble des médias britanniques qui défendent la présence de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne. C’est depuis un véritable bras de fer entre les députés conservateurs et tout le reste de l’échiquier politique, ces derniers n’étant prêts à accepter qu’un Brexit de forme.

En novembre dernier, Theresa May, Premier ministre britannique négociait un arrangement de retrait avec les 27 pays membres de l’Union européenne.

Dans cet arrangement, le Royaume-Uni s’engageait, par exemple, à payer les factures des projets européens dans lesquels il s’était financièrement engagé. Parmi les questions épineuses autrement abordées : la frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande du Sud, qui pourrait devenir beaucoup plus ferme avec le Brexit.

La semaine dernière, les députés de la Chambre des communes votaient à 432 voix contre 202 contre cet arrangement de retrait. Une motion de censure déposée par le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn était révoquée le lendemain par la Chambre des communes.

Conformément à un amendement voté par les députés le 9 janvier dernier, le gouvernement avait donc jusqu’à hier pour présenter une autre alternative aux députés

C’est dans ces circonstances que s’est exprimée le Premier ministre britannique Theresa May. Elle a évoqué un nouveau traité bilatéral entre les deux Irlande, proposé l’annulation d’une taxe de séjour qui concernerait les Européens qui souhaiteraient vivre au Royaume-Uni, promis de s’intéresser à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, de s’engager sur l’écologie et de travailler en étroite collaboration avec son gouvernement. Dans le même temps, elle refusé un report de la date du Brexit, fixée le 29 mars prochain, et affirmé que retirer la demande de Brexit irait à l’encontre de la volonté de son peuple.

Londres présente son projet immigration

20/12/2018 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Londres présente ce 19 décembre un livre blanc sur le système d’immigration qui aura cours après le Brexit.

Cette mesure est le résultat de réflexions lors du référendum sur le Brexit de 2016. Elle mettra fin à la libre circulation des immigrés au Royaume-Uni, suite à la décision des Britanniques de « reprendre le contrôle des frontières », notamment par l’obtention plus compliquée de visa pour les étrangers.

Cette démarche aurait pour but d’inciter les entreprises britanniques « à se tourner en priorité vers la main d’œuvre nationale » Les critères de l’immigration seront les compétences et l’expertise que les gens peuvent apporter.

Le but est de ramener le solde migratoire à un niveau « viable », de le réduire à moins de 100 000 par an contre 280 000 en 2017.

Approbation du gouvernement britannique pour un projet d’accord sur le Brexit

brexit-farage

15/11/2018 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Deux ans et demi après la décision référendaire de quitter l’Union européenne, 20 mois après le début des négociations sur les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’UE et à quatre mois des échéances fixées par l’article 50 du traité de Lisbonne, l’Union européenne et le Royaume-Uni se sont enfin entendus sur un accord de sortie. Néanmoins, si l’accord « technique » a été approuvé par son gouvernement, le Premier ministre Theresa May doit encore obtenir l’accord du parlement britannique et en particulier de la chambre des communes.

Mais quelles sont les termes de cet accord ?

De manière générale il semblerait que le texte de l’accord orienterait le Royaume-Uni vers un Brexit doux. Sur la question des relations économiques et commerciales, le Royaume-Uni resterait dans l’Union douanière le temps d’une négociation d’un accord commercial bilatéral de libre-échange tel qu’il existe entre le Canada et l’Union européenne. Pour sa part Londres s’est engagé à respecter les règles européennes en matière sociale et fiscale, par ailleurs le Royaume-Uni continuera à participer au budget européen jusqu’à la fin du cadre financier pluriannuel qui prendra fin en 2020 en acceptant de signer un chèque de 45 milliards d’euros à Bruxelles. Pour le problème de la frontière irlandaise les deux parties se sont engagées a ne pas recréer de frontière physique.

Qui sort gagnant qui sort perdant de cet accord ?

Du point de vue purement technique et juridique il semblerait que Londres sorte perdante des négociations, ne parvenant pas à obtenir les conditions de sortie qu’elle souhaitait, sans parler des lourdes concessions accordées par Londres à Bruxelles. Néanmoins sur le plan politique, la question est moins évidente. L’Europe de plus en plus divisée est au bord de l’implosion et les conséquences funestes de cette catastrophe annoncée, feront peut-être regretter certains de ne pas avoir songer à quitter l’Union européenne en premier.

Brexit : Folies sur référendum, par Jean-Gilles Malliarakis

Depuis des mois les négociations sur le Brexit piétinent. Ainsi, la réunion des 27 représentants des États-Membres de l’Union européenne, le 17 octobre à Bruxelles, cherchait-elle à avancer sur ce sujet. Or, à la fin du dîner de travail il fut décidé de ne pas prévoir de réunion du Conseil, ce que les médiats appellent un Sommet, au mois de novembre. Et, faute de progrès suffisants dans les discussions, aucune date n’a été fixée. Michel Barnier, négociateur en chef des Continentaux conserve la confiance des institutions. Il est chargé de décider quand sera convoqué le conseil, mais d’ores et déjà, il est demandé à la Commission européenne de se préparer à une sortie sans accord.

On ne peut pas acter plus clairement la situation d’impasse dans laquelle Britanniques et Continentaux se trouvent donc embourbés.

Dans ce contexte, ce 20 octobre à Londres, se déroulait une manifestation à la fois inédite et imprévue. Elle a rassemblé environ un demi-million de personnes. Le correspondant du Monde à Londres évoque sans réserves le chiffre de 700 000, à comparer avec celui de 100 000 mobilisés en juin, appuyés depuis lors par une pétition en ligne ayant recueilli 900 000 signatures.[1] Défiant l’intoxication de l’opinion par les tabloïds et submergeant les vieux appareils partisans rouillés, ce courant d’opinion réclame résolument, pour les conditions de sortie de l’Angleterre, un nouveau référendum.[2]

Le 24 juin 2016 c’est seulement une courte majorité de Britanniques, de façon disparate selon les quatre nationalités rassemblées dans le Royaume-Uni : les Anglais des villes industrielles votant pour, les Londoniens ou les Écossais votant contre. 51,89 % des 72,21 % de votants, se sont prononcés par référendum en faveur de ce qu’on appelle le Brexit, c’est-à-dire pour la sortie de la Grande Bretagne de l’Union européenne.

Cette orientation a été reprise par un nouveau cabinet britannique, dirigé par Theresa May, alors que celle-ci avait campagne pour le maintien.

Chef du gouvernement depuis 2016, elle s’accroche désormais à l’idée qu’on ne saurait revenir en arrière par rapport à ce qui est présenté pour la volonté irréformable du peuple.

La sortie est donc supposée prendre effet, en vertu de l’article 50 du traité sur l’Union européenne, presque irrévocablement en mars 2019.

Or, depuis deux ans nous avons pu mesurer combien les conséquences pratiques risquaient de s’en révéler catastrophiques ou du moins très lourdes. Le prix matériel le plus élevé sera supporté par le peuple et les entreprises d’outre Manche.

Et ceci se vérifiera quel que soit l’accord adopté ou non, au gré de négociations qui butent sur des points, au départ négligés, mais qui sont devenus cruciaux tel que la frontière entre les deux parties de la verte Érin.

Il n’y aura pas de Brexit heureux : ni pour le Continent, ni pour les îles que nous appelons britanniques[3], ni d’ailleurs pour les îles anglo-normandes, etc. Boris Johnson et quelques autres ont menti, délibérément, sur des points très importants, et désormais tout le monde le sait. Nigel Farage a reconnu lui-même après le vote de 2016 qu’il ne croyait pas à sa victoire. Ses partisans se sont eux rassemblés ce 20 octobre à Londres pour contre-manifester : ils étaient environ 1 200.

L’Europe, la vraie, l’Europe de notre culture commune, survivra à cette épreuve. Elle en a connu d’autres. L’Angleterre et l’Écosse ne cesseront d’en faire partie comme en font aussi partie la Norvège ou la Suisse, indépendamment des institutions.

Mais avant tout, ceci devrait faire réfléchir ceux qui admirent encore les procédures référendaires.

Au gré de telles tromperies, les politiciens demandent aux peuples de répondre à leur, place par oui ou par non, à des questions que les diplomates eux-mêmes peinent à résoudre.

[1] cf. “Almost 700,000 march to demand ‘people’s vote’ on Brexit deal. Huge London demonstration was largest since the protest against the Iraq war in 2003”
[2] cf. Photos de la manifestation.
[3] appellation que nos amis irlandais récuse. Celle que George Bernard Shaw appelait encore en 1906 “la Seconde île de John Bull” refuse d’être dite britannique…

Jean-Gilles Malliarakis

Article paru sur le site de L’Insolent

S’estimant humiliée, Theresa May n’exclut pas un Brexit sans accord

brexit-farage

24/09/2018 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
De retour de Salzburg où se tenaient des négociations entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni à propos du Brexit, le Prremier ministre britannique n’a pas caché sa déception, suite au rejet du « plan de Chequers » pourtant difficilement négocié avec son parti. A six mois de la date butoir que se sont fixés les protagonistes pour la mise en place du Brexit, aucun accord n’a été trouvé. La pierre d’achoppement semble bien être la résurgence d’une frontière entre l’Ulster et l’Irlande que l’Union Européenne veut éviter en proposant le maintien de l’Irlande du Nord dans l’Union. Un démembrement inacceptable pour Londres qui refuse une situation même provisoire dans laquelle le régime douanier serait différent en l’Irlande du Nord et dans le reste du pays.

Et quels étaient les principaux axes du plan de Chequers ?

Le gouvernement de Theresa May proposait de créer une zone de libre-échange encadrée par un ensemble de règles communes pour les biens et les produits agro-alimentaires. Le plan proposait aussi le maintien de normes communes entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni, l’abandon des politiques communes en matière d’agriculture et de pèche, et l’abandon de la libre circulation des personnes afin de pouvoir reprendre le contrôle de sa politique migratoire.

Mais quelle issue politique est possible pour sortir de cette impasse ?

Les partisans d’un second référendum se mobilisent. Après le maire de Londres Sadiq Khan, les anciens premiers ministres Tony Blair et John Major souhaitent une nouvelle consultation populaire qui éviterait un divorce avec l’Union Européenne jugé désordonné et coûteux. Mais seul le parti libéral-démocrate de Vince Cable s’est prononcé clairement pour cette solution qui recueille pourtant officieusement l’approbation d’un certain nombre de chefs d’Etat européens, dont le Premier ministre maltais Joseph Muscat qui s’est publiquement exprimé sur la question. Mais pour le moment Theresa May y est fermement opposée.