Brésil : le gouvernement propose des quotas de Noirs dans la politique et la fonction publique

Brésil : le gouvernement propose des quotas de Noirs dans la politique et la fonction publique

13/11/2013 – 09h00
BRASILIA (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) –
Des quotas de Noirs dans la politique et la fonction publique, c’est ce que propose de mettre en place le gouvernement de Dilma Rousseff (ci-dessus). C’est pour pallier les inégalités sociales que le gouvernement propose de mettre en place des quotas obligatoires pour les Noirs et les Métis dans la sphère politique mais aussi dans la fonction publique.

Déjà, en août 2012, une telle mesure avait été adoptée dans les universités brésiliennes et 20 % des inscriptions sont désormais réservées aux personnes de couleur. Le projet de loi actuel prévoit qu’au moins la même proportion en sièges soit octroyée aux afro‑descendants au Congrès et dans les Assemblées législatives de chaque Etat fédéré. Si la loi est adoptée, le quota concernerait jusqu’à deux tiers des députés. Peut‑être une réminiscence de la discrimination positive proposée par Sarkozy…

Crédit photo : Agência Brasil via Wikipédia

Quand le poulet brésilien s’invite dans les plats bretons

Quand le poulet brésilien s’invite dans les plats bretons

25/07/2013 – 15h00
GUINGAMP (NOVOpress Breizh) –
Les aviculteurs de la Coordination Rurale des Côtes-d’Armor n’en sont pas encore revenus. Lundi dernier, lors d’une visite à Farmor,  une entreprise de Guingamp qui fabrique des plats préparés, ils ont découvert que 90 % des poulets stockés dans les chambres froides étaient de provenance étrangère.

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« Pays émergents », une notion remise en question, par Hervé Juvin

La notion « d’émergence » avait rallié tous les suffrages depuis une vingtaine d’années, donnant naissance à ces acronymes, le plus connu étant celui des BRICS, qui traduisait une certitude : le développement ne fonctionne que dans une seule direction, notre avenir sera le leur, et les pays en émergence sont promis à être – à échéance plus ou moins rapide – des pays développés comme nous. Voilà que le tableau se brouille et que des voix éminentes (grands économistes de banques, dirigeants politiques aussi) nous invitent à reconsidérer sur le fond la notion d’émergence.

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Considérations géo-économiques sur les concepts de pays émergents et de BRICS – Par Hervé Juvin

En cette fin de 2012, en cette annonce compliquée de 2013, le sujet des émergents, le sujet des BRICS, fait de nouveau l’actualité. Il fait l’actualité d’une manière probablement inattendue qui nous conduit à quelques considérations géo-économiques. De quoi s’agit-il ? Il faudrait rappeler dans un premier temps qu’il s’agit d’abord d’une invention d’économistes, de conseillers en investissement, voire de banques en investissement.

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Brésil : le pays où il faut être ?

Brésil : le pays où il faut être ?

17/11/2012 – 08h00
SAO PAULO
(NOVOpress) – Le magazine Challenges consacre un numéro au Brésil (photo ci-dessus). Titre du dossier : « Brésil : le pays où il faut être ». L’hebdomadaire veut se concentrer sur le « climat » et les « opportunités » économiques sous les auspices de la présidente brésilienne, Dilma Rousseff. Mais ce titre sonne comme une provocation quand on sait à quel point il n’y fait pas bon vivre. Un pays où il ne faut surtout pas être ! Déjà, en 2010, Les Echos, proposait un article intitulé : « Brésil, la violence sans bornes », prenant « des proportions affolantes ». Où les principales villes sont à feu et à sang par les « organisations criminelles », selon l’AFP.

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La réélection d’Obama comme symptôme de la « brésilianisation » des Etats-Unis

La réélection d’Obama comme symptôme de la « brésilianisation » des Etats-Unis

Comme Samuel Huntington, dans Qui sommes-nous ?, l’avait pressenti, l’immigration a changé la nature des Etats-Unis. Reste à savoir comment les communautés de cette polyarchie ethnique vont parvenir à vivre en société ensemble ? Comment parviendra-t-elle à imposer de nouveaux impôts à ceux qui les payent alors qu’ils ont de moins en moins de choses en commun avec ceux qui en bénéficient ? Pour le professeur Gérard Dussouy les turbulences de la mondialisation atteignent désormais les Etats-Unis.
Polémia.

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Syrie : le Brésil, lui aussi, persiste et signe

Syrie : le Brésil, lui aussi, persiste et signe

28/10/2011 – 18h00
BRASILIA (via infosyrie.fr) — Recevant, mercredi 26 octobre, les lettres de créance du nouvel ambassadeur syrien à Brasilia, le directeur du département du Proche-Orient et de l’Asie centrale au ministère brésilien des Affaires étrangères a réaffirmé la position de son pays sur le dossier syrien, c’est-à-dire le refus de l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures de ce pays.

Carlos Martins Cegila a notamment pu dire à son interlocuteur syrien, Mohammad Khadour, que la nouvelle présidente du Brésil, Dilma Roussef, portait un grand intérêt à la Syrie et était prête à l’aider à sortir de la crise actuelle. Et qu’elle faisait confiance au président Al-Assad pour mener à bien les réformes nécessaires, et jeter les bases d’un vrai dialogue inter-syrien.

Le Brésil, un des « 5 mousquetaires » onusiens du BRICS, avec l’Afrique du Sud, l’Inde, la Russie et la Chine, confirme ainsi sa ligne diplomatique de rejet des pressions et manoeuvres para-diplomatiques de l’axe Washington-Londres-Paris au Conseil de sécurité.

Des liens anciens, et charnels

Bachar Al-Assad en discussion avec le président cubain Raul Castro, le 28 juin 2010
Bachar Al-Assad en discussion avec le président cubain Raul Castro, le 28 juin 2010. Crédits : presidentassad.net

Donc, pas vraiment de « prise de distance », là non plus, de Brasilia avec Damas. Il n’est pas indifférent de noter que 12 millions de Brésiliens – sur 192 millions – sont d’origine arabe, et que la majorité d’entre eux proviennent de Syrie et du Liban, les principales vagues d’immigration étant intervenues dans la seconde moitié du XIXème siècle, alors que la Syrie et le Liban étaient parties intégrantes de l’empire ottoman. Les Arabo-Brésiliens sont concentrés dans la province de Sao Paulo, une des plus dynamiques économiquement du pays. La majorité de ces immigrants et descendants d’immigrants sont catholiques ou chrétiens, ce qui n’a pu que faciliter leur intégration. Selon une estimation parue dans une étude publiée en 2006 par le mensuel de politique internationale catholique 30 jours, 140 parlementaires – sur les 594 députés et sénateurs brésiliens – étaient d’origine arabe. Tout ceci entretient l’amitié entre les deux pays. Et les relations commerciales : en juin 2010 le président brésilien Lula avait reçu son homologue syrien et avait exprimé à cette occasion son souhait de voir se développer les relations commerciales entre les deux nations, via la signature d’un « accord de libre-échange », et il avait exprimé son soutien à l’adhésion de la Syrie à l’OMC.

Le Vénézuela, la Bolivie, l’Equateur, le Nicaragua et Cuba étant, sur le dossier syrien, sur la même longueur d’ondes que le Brésil, on constatera, pour s’en réjouir, que l’Oncle Sam, si acharné à isoler Damas, a réussi en fait à susciter contre lui une « alliance de revers », dans ce qui, selon la doctrine de Monroe, constituait son pré-carré géopolitique. « Mala suerte » comme on dit du côté de Managua et de Caracas…

[box]Auteur : Guy Delorme. Article reproduit avec l’aimable autorisation d’infosyrie.fr[/box]

Photo en Une : Bachar Al-Assad et Lula Da Silva le 30 juin 2010, à Brasilia. Crédits : presidentassad.net

Le terroriste d’extrême-gauche Cesare Battisti devra-t-il quitter le Brésil ?

Le terroriste d'extrême-gauche Cesare Battisti devra-t-il quitter le Brésil ?

15/10/2011 – 18h30
BRASILIA (NOVOpress) –
Contre toute attente, le droit de résidence accordé au terroriste d’extrême-gauche italien pourrait être annulé suite à la demande du ministère public fédéral du Brésil, pays dans lequel Battisti s’est réfugié puis a été emprisonné. Cette demande est d’autant plus surprenante que la Cour suprême du Brésil a rejeté la demande d’extradition de l’Italie provoquant l’ire de Rome. Son pays d’origine souhaitait en effet son extradition après sa condamnation en 1993 par contumace à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres à la fin des années 1970 pendant les années de “plomb” du terrorisme.

Le parquet brésilien fait reposer sa demande “sur la loi sur les étrangers qui empêche l’octroi d’un permis de résidence à un étranger ayant été condamné ou faisant l’objet d’un procès dans un autre pays pour un délit passible d’extradition”.

Mais le procureur, Helio Heringer, se défend de vouloir extrader Cesare Battisti vers l’Italie mais de le renvoyer dans un pays tiers où il a déjà vécu comme la France ou le Mexique où dans un pays susceptible de le recevoir. Cela ne s’opposerait donc pas au fait qu’en 2010, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva avait décidé au dernier jour de son mandat de ne pas extrader Battisti. Le terroriste d’extrême-gauche vit actuellement dans une petite ville du littoral de Sao Paulo, dans une maison prêtée par un syndicaliste brésilien.

Crédit photo : Agência Brasil. Licence CC.

La construction du barrage de Belo Monte suspendue par la justice brésilienne

La construction du barrage de Belo Monte suspendue par la justice brésilienne

29/09/2011 – 18h30
BRASILIA (NOVOpress) –
Mardi dernier, le 27 septembre, la cour fédérale suprême de l’Etat du Para (Brésil) a décidé de suspendre la construction du barrage de Belo Monte. Pour les juges, 1.000 familles dépendant de la pêche risquaient de souffrir de l’érection de ce barrage.

De plus, les magistrats suspendent la licence permettant cette construction, licence accordée en juin dernier par l’Institut brésilien de l’environnement.

Quant au consortium Norte Energia, chargé des travaux, s’il ne respecte cette décision, il devra payer une amende quotidienne de 80.000 euros.

L’islamisation touche le Brésil, plus grand pays catholique au monde

L’islamisation touche le Brésil, plus grand pays catholique au monde

22/09/2011 – 11h30
RIO DE JANEIRO (NOVOpress) –
Environ 100 000 personnes ont défilé dimanche contre « l’intolérance religieuse » à Rio de Janeiro, à l’initiative de la communauté des religions afro-brésiliennes. Cette manifestation avait pour but de s’attaquer aux églises évangéliques, accusées de diaboliser « les cultes d’origine africaine afin d’en récupérer les adeptes », selon l’anthropologue José Flavio Pessoa de Barros, de l’Université fédérale de Rio de Janeiro.

Pourtant, dans le plus grand pays catholique du monde, c’est plutôt l’islam qui pourrait représenter un risque d’intolérance religieuse. Selon un reportage de Canal +, le nombre de musulmans serait passé de 700 000 à 3 millions en 2010. Quant au nombre de lieux de cultes, il a été multiplié par quatre depuis 2000. Selon Le Figaro, « le succès est tel qu’il devient commun, dans les rues de Rio de Janeiro et de Sao Paulo, de se saluer par un «inch’Allah !». L’impérialisme musulman menace bien l’identité des peuples, des deux côtés de l’Atlantique…

Portugal : « La plus grande vague d’émigration depuis les années 60 »

Portugal : « La plus grande vague d'émigration depuis les années 60»

Le Portugal est l’un des pays les plus pauvres en Europe et dans le passé a toujours été touché par l’émigration. De ce fait quelques trois millions de Portugais vivent à l’étranger. Il y a 50 ans, de nombreux jeunes partaient vers de grands pays européens. Les départs se poursuivent aujourd’hui mais maintenant des milliers cherchent fortune dans les ex-colonies en plein essor : le Mozambique, l’Angola et le Brésil. 

La forte émigration vers l’Afrique et l’Amérique du Sud est d’autant plus une nouveauté pour le Portugal, qu’il ne s’agit cette fois pas d’ouvriers et de paysans quittant le pays à la recherche d’un avenir meilleur, mais de gens dotés d’une formation universitaire. « C’est la plus grande vague d’émigration depuis les années 1960 », indique Filipa Pinho, spécialiste de l’immigration portugaise de la BBC. Bien qu’aucune donnée officielle ne soit disponible, les chiffres parlent d’eux-mêmes dans ces dernières années. En 2009 et 2010, selon F. Pinho, 60 000 Portugais ont quitté le pays pour le Brésil, et l’intérêt pour l’Angola est en énorme croissance.

Un avenir brillant en Angola

En 2006 ont été délivrés à peine 156 visas pour le pays en plein essor de la côte ouest africaine ; ce nombre est passé à 23 787 en 2010. Depuis, 3 000 entreprises de ce pays riche en pétrole et en diamants appartiennent à des entrepreneurs portugais.

Et aucune fin du boom n’est en vue. Après 41 ans de sanglante guerre civile, un traité de paix a été signé en 2002. Aujourd’hui, le pays va être entièrement reconstruit. De l’infrastructure de télécommunications au secteur bancaire, de nouvelles zones d’activités sont créées, et presque partout la langue de travail est le portugais. Ceux qui ont réussi vivent luxueusement dans la capitale Luanda. Les quartiers de luxe poussent comment des champignons, et la quantité de voitures haut de gamme est impressionnante.

 Un profond fossé entre riches et pauvres

Mais pour de nombreux nouveaux arrivants, le début est moins agréable. Actuellement, près de cinq millions de personnes s’entassent dans une ville qui a été créée pour seulement un million d’habitants, et il en arrive toujours plus. Rien qu’entre 2005 et 2010, la population de Luanda a augmenté de 1,2 millions de personnes. Et malgré la croissance économique à deux chiffres, les deux tiers de la population vivent encore dans une grande pauvreté. L’espérance de vie est d’à peine 38 ans. D’autre part, il y règne une corruption rampante. Dans les statistiques publiées par Transparency International, le pays est régulièrement classé parmi les trois premiers pays les plus corrompus du monde.

Le grand chantier du Brésil

En plus de l’Angola, la porte est aussi ouverte aux jeunes Portugais au Brésil. Pour la Coupe du Monde 2014 et les Jeux olympiques de 2016, on y construit dans tous les coins. Cela attire de nombreux architectes et ingénieurs en Amérique du Sud. « La plupart des architectes que je connais ont émigré depuis longtemps au Brésil. » explique l’architecte portugais Eduardo Souto de Moura à Deutschlandfunk. De plus, il n’a lui-même aucune commande en vue au Portugal pour les prochaines années, et doit donc lui aussi chercher du travail à l’étranger.

Pour ceux qui restent se profile un long passage difficile. Le pays souffre d’importants problèmes structurels, a déclaré l’économiste Andreas Scheuerle à Exchange Online. À la fin des années 80, quand le rideau de fer a disparu, le Portugal a rapidement perdu du terrain par rapport aux pays de l’Est ; ses salaires, quoique bas, étaient tout de même environ un tiers plus élevés qu’en République tchèque. « Le Portugal doit élaborer à long terme un nouveau modèle d’affaires», précise M. Scheuerle.

Une lueur d’espoir à l’horizon

Cependant il y a du potentiel, nuance M. Scheuerle. D’une part, le tourisme peut être développé davantage, et d’autre part, la coopération avec le Brésil et l’Angola pourrait être renforcée. Par ailleurs la production a connu une légère reprise. Ainsi, les exportations de chaussures ont progressé de 27% par rapport à l’an dernier. De plus en plus de produits correspondent aux secteurs à haute valeur ajoutée, tels que la construction mécanique et électrique, indique à Exchange Online Francisco Veiga, expert en économie à l’Université de Braga. Il est convaincu que cette tendance va se poursuivre, mais cela exigera du temps et beaucoup d’argent.

[box class=”info”] Source : ORF.at [/box]
[box]Photo : Luanda, capitale de l’Angola.[/box]

Rassemblement à La Défense samedi 20 août contre le projet de barrage de Belo Monte (Brésil)

Rassemblement à La Défense samedi 20 août avec le chef Raoni contre le projet de barrage de Belo Monte (Brésil)

19/08/2011 17h25
PARIS (NOVOpress) – Nous vous avions déjà fait part du combat du chef Raoni et des peuples autochtones d’Amazonie contre le projet de barrage de Belo Monte au Brésil. Un rassemblement contre ce projet de barrage aura lieu demain samedi 20 août à La Défense, de 15 heures à 18 heures devant la Grande Arche.

Ce rassemblemest est organisé dans le cadre des journées mondiales d’action contre le barrage de Belo Monte et soutenue par le chef Raoni, France Libertés, Survival France et l’ONG américaine Amazon Watch.

Le but de ce rassemblement est de demander l’abandon définitif du projet Belo Monte, la suspension de tout autre projet de barrage en Amazonie allant à l’encontre du respect des droits des peuples autochtones et de la biodiversité et la recherche d’une alternative énergétique non destructrice pour l’environnement.

[box class=”info”]Pour tout renseignement : contact@raoni.fr[/box]

[Exclusif] Entretien avec le Pr Alberto Buela sur l’accord franco-brésilien pour les sous-marins d’attaque

[Exclusif] Entretien avec le Pr Alberto Buela sur l'accord franco-brésilien pour les sous-marins d'attaque

09/08/2011 – 18h30
Buenos Aires (NOVOpress) – L’accord de coopération franco-brésilien pour la construction de sous-marins d’attaque est passé largement inaperçu et peu de commentateurs en ont pris la juste mesure. Nous avons interrogé le professeur Alberto Buela, un des rares spécialistes argentins de géopolitique, pour qu’il mette en perspective les ambitions navales du Brésil.

[question]Novopress : vous êtes un spécialiste reconnu de la géopolitique et de la géostratégie du continent américain. Comment analysez-vous les ambitions maritimes du Brésil, mises en lumière par le récent accord franco-brésilien sur la construction de sous-marins d’attaque ?[/question]

[answer]Alberto Buela : Depuis toujours le Brésil ambitionne de se bâtir une sphère d’influence dans l’Atlantique sud, notamment en se constituant un corridor maritime entre ses côtes et l’Afrique occidentale, plus particulièrement (mais pas uniquement) en direction des pays de langue portugaise et française. Cet intérêt explique la forte présence diplomatique brésilienne dans ces pays qui contraste avec le peu d’intérêt manifesté par l’Argentine pour ce continent.

L’inspirateur de cette politique n’est pas un penseur d’aujourd’hui. De même que les Nord-Américains sont encore influencés par les théories d’Alfred Thayer Mahan (1840-1914), les Brésiliens n’ont pas oublié les écrits du penseur « intégrationniste » portugais Antonio Sardinha (1888-1925) dont l’ouvrage majeur A Aliança Peninsular défend la thèse de la transformation de l’Atlantique sud en « mare nostrum » d’une alliance ibero-américaine.[/answer]

[question]Quand le Brésil décide de se doter d’une flotte de sous-marins d’attaque, un des outils de la puissance souveraine les plus efficaces mais aussi les plus coûteux, le fait-il dans une perspective purement nationale ou cherche-t-il à devenir le champion des nations du cône sud du continent ?[/question]

Entretien avec le Pr Alberto Buela sur l’accord franco-brésilien pour les sous-marins d’attaque
Le professeur Buela est issu d'une vieille famille argentine, enracinée dans le pays depuis le XVIIe siècle. On le voit ici photographié dans sa propriété de Magdalena (province de Buenos Aires).

[answer]Alberto Buela : ne vous laissez pas leurrer par le nom que les marchands d’armes lui donnent. Grâce à sa grande autonomie et à sa faible signature, le sous-marin d’attaque est avant tout une arme de dissuasion. Cette future flotte sous-marine brésilienne sera un argument solide pour asseoir la suprématie militaire de Brasilia en Amérique du sud et pour conserver la tête de file d’une communauté régionale de défense intégrant les nations du cône sud de l’Amérique.

En Argentine nous vivons depuis 2003 dans le cadre d’un régime social-démocrate qui a écarté avec horreur le conflit armé du champ des options permises au politique. Depuis cette date, les gouvernements successifs poursuivent une politique obstinée de démantèlement des Forces armées dans leurs trois composantes, Terre, Air et Mer.[/answer]

[question]Comment interprétez la collaboration entre le Brésil et l’Argentine dans le domaine de l’énergie nucléaire, plus particulièrement dans le domaine si avancé de la construction de chaudières nucléaires embarquées ?[/question]

[answer]Alberto Buela : au cours des années 1990, le Brésil était très en retard par rapport à l’Argentine dans les domaines de la recherche et de l’industrie nucléaires. Mon pays était aussi plus en avance dans la technique de construction de sous-marins grâce aux accords de coopération germano-argentins. Malheureusement, le gouvernement du président Menem a condamné les chantiers navals spécialisés Domecq García et il remis à plus tard le financement de la recherche nucléaire. Aujourd’hui, c’est le Brésil qui prend le relais en acceptant une coopération qui rend service aux deux pays, en valorisant la recherche argentine dans les réacteurs nucléaires de petites dimensions et en renforçant la capacité industrielle brésilienne.[/answer]

[question]Le tir de la fusée argentine Gradicom II (photo) est-il le signal d’une renaissance des Forces armées de votre pays ?[/question]

[Exclusif] Entretien avec le Pr Alberto Buela sur l'accord franco-brésilien pour les sous-marins d'attaque[answer]Alberto Buela : le tir du vecteur Gradicom II est un vieux projet ressorti des cartons. Cet essai réussi ne veut pas dire que la mise en quarantaine de l’armée touche à sa fin dans mon pays.[/answer]

[question]Quelle peut-être la réaction du Chili face à un éventuel rapprochement entre l’Argentine et le Brésil ?[/question]

[answer]Alberto Buela : le Chili s’est toujours méfié d’une possible alliance entre le Brésil et l’Argentine. Mais les circonstances ont changé depuis les affrontements entre nos trois pays au cours du XIXe siècle. Aujourd’hui le Chili a absolument besoin du corridor terrestre qui relie Santiago avec la région métropolitaine de Sao Paulo. Le « grand espace » que forment désormais les grandes nations du cône sud de l’Amérique impose sa dynamique aux nationalismes rances hérités du passé.[/answer]

[question]Comment voyez-vous les dix années à venir pour l’Atlantique sud ? Les Anglais ont-ils raison d’avoir peur ?[/question]

Alberto Buela : les Anglais possèdent une base puissante aux îles Malouines, dotée des équipements de détection les plus sophistiqués et d’avions de combat les plus modernes. Cette situation ne changera pas dans un avenir proche.

Entretien avec le Pr Alberto Buela sur l'accord franco-brésilien pour les sous-marins d'attaque
Le professeur Buela photographié pendant un entretien à Madrid en novembre 2008

En revanche, une communauté de destin des nations du sud du continent, renforcée par une force aéronavale conjointe argentine, brésilienne et chilienne, chargée d’assurer la défense régionale, change la donne. Elle encourage les autres nations à nous traiter avec davantage de respect, notamment les puissances qui pillent nos ressources maritimes.

Mais nous devons être réalistes. Tant que le Brésil et l’Argentine ne seront pas capables de montrer le chemin en constituant une force navale conjointe, les Anglais n’ont rien à craindre. En outre, tant que les Argentins resteront obnubilés par leurs problèmes internes et qu’ils n’accorderont pas à leur inimitié avec le Royaume Uni l’importance qu’elle mérite, Londres peut dormir sur ses deux oreilles.

Enfin, de la même manière que le Brésil et l’Argentine se rapprochent, dans l’hémisphère nord les Anglais cherchent à se rapprocher des Français pour compenser leur inéluctable affaiblissement. Nous devons donc prendre en compte non plus un affrontement qui opposerait les nations américaines à l’Angleterre, mais à une alliance franco-britannique. Alors, les données du jeu ne seront que plus complexes.

Serons-nous obligés de couler des sous-marins « Made in France » ?

Serons-nous obligés de couler des sous-marins « Made in France » ?

19/07/11 – 07h00
BRASILIA (NOVOpress)
– Le samedi 16 juillet 2011, la présidente du Brésil Dilma Rousseff a donné le coup d’envoi au programme franco-brésilien de construction de quatre sous-marins d’attaque conventionnels. Cet important effort d’armement naval aura dans les années à venir de profondes implications géostratégiques qui ont certainement échappé au ministre de la Défense français présent à la cérémonie. En lançant le programme de construction de sous-marins d’attaque français de la classe Scorpène (photo), le Brésil modifie largement les rapports de force en cours dans l’Atlantique sud. L’ère de l’impuissance maritime des nations du sud du continent américain s’achève.

Si à court terme, la présidente brésilienne ne voit dans ce programme qu’«un nouveau pas vers le statut de pays développé, avec une industrie sophistiquée », insistant sur les retombées technologiques et industrielles qu’apportera le transfert de technologie accepté par la France, il est indubitable qu’une flotte de sous-marins d’attaque dernier cri au sud de la base anglo-américaine de l’Ascension, change radicalement la donne. Le premier des quatre sous-marins à propulsion classique sera opérationnel en 2017, la livraison des autres s’échelonnera jusqu’en 2023. Selon la Direction des constructions navales : « Les Scorpène, d’une longueur d’environ 75 mètres, sont des sous-marins océaniques polyvalents conçus pour tous types de missions, y compris la lutte contre les navires de surface, la guerre anti-sous-marine, les opérations spéciales et le recueil du renseignement ».

Comme le déclare le gouvernement brésilien, ces premiers sous-marins à propulsion classique sont le galop d’essai pour la mise en chantier des Sous-Marins d’attaque à propulsion nucléaire (SNA) à partir d’une base technologique fournie par la France. L’objectif du Brésil est qu’une trentaine d’entreprises brésiliennes, mobilisant 9000 personnes, soit en mesure de produire le maximum des 36 000 pièces du gigantesque puzzle technologique que représente un sous-marin d’attaque.

Le choix du Scorpène, dernier-né des sous-marins océaniques conventionnels français, n’est guère étonnant. Il est capable d’effectuer tout type de mission imaginable pour un sous-marin, il peut tout aussi bien chasser d’autres sous-marins, mettre en œuvre des commandos ou encore faire du recueil de renseignement. Il dispose d’une autonomie en plongée de plus de trois semaines.

Les nouvelles venues du Brésil ont suscité une forte inquiétude à Londres où le déclin accéléré de la Royal Navy contraste fortement avec la montée en puissance du Brésil. Il n’est pas besoin de pousser bien loin l’analyse pour comprendre les craintes des Britanniques.

Durant la guerre des Malouines en 1982, un seul SNA anglais, le HMS Conqueror, avait suffi à  consigner la flotte de surface argentine dans ses ports, assurant ainsi à peu de frais une maîtrise totale de l’Atlantique sud à la Royal Navy.

Or, le programme d’armement brésilien a une dimension lourde de menaces pour la souveraineté britannique de l’archipel contesté. La chaudière nucléaire qui propulsera le premier SNA brésilien résultera d’une coopération entre le Brésil  et l’Argentine car ce dernier pays a une avance notable dans ce domaine. Cette entraide militaire est complétée par un soutien diplomatique. Brasilia appuie sans faiblir les revendications de Buenos Aires sur l’archipel des Malouines. En janvier 2011, un navire de soutien anglais en route vers les Malouines s’est vu refuser l’autorisation d’accoster dans un port brésilien.

A Londres , l’Amirauté envisage déjà des scénarios catastrophe. Par exemple, un gouvernement argentin réussit à envahir une nouvelle fois les Malouines en se jouant de défenses britanniques très affaiblies. Le Brésil par solidarité américaine se range aux côtés de la république du Plata et mobilise sa marine. En quelques jours, ses sous-marins d’attaque prennent la mer.

La Royal Navy, sans porte-avions, manquant de navires de surface, privé du soutien des États-Unis, se retrouve dépourvue pour se lancer à la reconquête des îles. Ne pouvant accepter une défaite sans combattre, Londres requiert l’aide de Paris.  La France, embarquée dans des programmes de coopération militaire ambitieux avec le Royaume-Uni, ne peut refuser cette demande d’aide et accepte de fournir des moyens aéronavals à son nouvel allié.

Voilà comment, sans l’avoir prévu au départ, la France peut, à partir de 2017, se retrouver à combattre des sous-marins dont elle aura avec soin supervisé la construction.

Raoni, le combat d’un Indien pour sa terre et son peuple [audio]

Raoni, le combat d'un Indien pour sa terre et son peuple [audio]

Raoni, le grand chef indien du peuple Kayapo, va revenir en Europe à l’automne pour défendre sa terre et son peuple.

L’objectif : Trouver des fonds pour l’Institut Raoni, qui a pour mission d’offrir aux Indiens les moyens de préserver leur forêt et leur culture, mais également de surmonter les difficultés qu’ils rencontrent dans le domaine de la santé et de l’éducation. De graves menaces pèsent aujourd’hui sur la forêt vierge amazonienne et plus particulièrement sur la tribu Indienne Kayapo. Les multinationales déforestent sans vergogne, bétonnent et ne respectent pas la réserve qui a pourtant été mise en place dans le but de maintenir l’environnement et ses peuples tels qu’ils ont toujours été. Pis encore, un projet de grand barrage, à Belo Monte, est en cours, approuvé par la présidente brésilienne : ce projet menacerait toujours plus la stabilité écologique de la région mais qui pourrait également avoir des conséquences pour l’ensemble des peuples de la planète : en effet, la destruction de la forêt amazonienne, considérée comme “le poumon de la planète”, pourrait avoir très rapidement des répercussions partout dans le monde en terme de dégradation climatique notamment.

Une pétition mondiale a été lancée par Raoni et a réuni déjà plus de 50 000 signataires.
Une pétition mondiale a été lancée par Raoni et a réuni déjà plus de 50 000 signataires.

Une pétition mondiale a été lancée par Raoni et a réuni déjà plus de 50 000 signataires. Cette pétition est notamment gérée et relayée par l’Association pour la forêt vierge, fondée en 1989 pour soutenir les actions du chef Raoni visant à veiller à la sauvegarde de la forêt vierge amazonienne et des tribus indigènes qui y vivent.

Gerd-Peter Bruch, porte-parole de l’association, a accepté de répondre à nos questions et de faire le point sur l’Association pour la forêt vierge, sur le combat de Raoni et sur la menace que constitue la mondialisation et la sur-exploitation des terres pour l’ensemble des peuples, ethnies et civilisations mondiales. Pour plus de renseignements sur l’association ou pour les aider, www.raoni.fr

Propos recueillis par Yann Vallerie

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Battisti : l’Italie demande l’activation d’une commission de conciliation

Battisti : l’Italie demande l’activation d’une commission de conciliation

17/06/2011 – 18h25
ROME (NOVOpress) – L’aberrante décision de la Cour Suprême du Brésil refusant l’extradition du terroriste d’extrême-gauche Battisti fait couler beaucoup d’encre en Italie.

Les autorités italiennes ont sollicité leurs homologues brésiliens dans la perspective de l’activation d’une Commission de conciliation, prévue par des accords bilatéraux datant de 1954. Cette commission aura pour rôle d’examiner le contentieux entre les deux pays sur le refus du Brésil de ne pas renvoyer au pays le criminel d’extrême-gauche Battisti.

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