Restrictions sanitaires : nouveaux codes d’une nouvelle société

Depuis un an et demi, l’épidémie de Covid-19 est le prétexte à l’instauration de mesures liberticides. Au nom d’un droit biaisé à la santé, le système juridique français s’est enrichi, de manière soi-disant temporaire, de mesures de contrainte à l’égard de la population. L’état d’urgence sanitaire, créé pour répondre efficacement et ponctuellement à une épidémie inconnue, s’ancre dans la durée, au point que les Français s’en accommodent.

Déjà prolongé à trois reprises par le Parlement, cet état de crise, censé être par essence provisoire, risque fort de ne jamais disparaître. De ce fait, les mesures restrictives, justifiées par leur nécessité pour lutter contre la propagation du virus et leur limitation dans le temps, seront pérennisées.

Les antécédents en termes de normalisation d’un régime extraordinaire justifient la méfiance. À la suite des attentats islamistes meurtriers de 2015, le Président François Hollande avait décrété l’état d’urgence sécuritaire pour pouvoir combattre le terrorisme. Ce régime donnait aux forces de l’ordre des pouvoirs exorbitants en matière de droit pénal et de droit de la sécurité intérieure. S’il a été abrogé au bout de deux ans, après plusieurs renouvellements, ses mesures phares ont été inscrites durablement dans le droit positif. On pense, notamment, aux fermetures administratives de lieux de culte, aux mesures administratives de contrôle ou aux visites domiciliaires. Cet acte a été posé par l’exécutif et le législateur en dépit des atteintes importantes que les mesures causaient aux libertés individuelles. Le magistrat Denis Salas parlait, alors, d’une « transposition tout à fait claire de l’état d’urgence dans le droit commun ».

Si nos dirigeants prennent soin de traiter de complotistes ou d’idiots les lanceurs d’alerte, ils laissent clairement paraître leur volonté de faire durer les restrictions qui entravent notre vie depuis des mois. Renaud Muselier, président de la région PACA, en donne un bel exemple en affirmant, dans un tweet, préparer le financement d’appareils de vérification du passe sanitaire pour le mois d’octobre. En théorie, le passe sanitaire doit disparaître avec la fin de l’état d’urgence sanitaire le… 31 octobre. Même peu soigneux de l’argent des autres qui leur est confié, il paraît douteux que des élus payent des machines qui ne seront utilisées que quelques semaines.

Si la communication gouvernementale a longtemps exploité le mirage du jour d’après pour obtenir la docilité du peuple, elle s’oriente désormais vers le fatalisme face au virus. Celui-ci nous obligerait à accepter un nouveau système juridique et social où l’entrave serait la norme. La troisième dose de vaccin annoncée par Macron suscite, elle aussi, des questions légitimes quant à la mise en place de doses de rappel régulières et la pérennisation du passe.

Le lien de confiance est rompu entre un gouvernement menteur et un peuple désabusé. Depuis longtemps, rapidement après le début de la crise sanitaire, la gestion de l’épidémie tourne le dos au bon sens. Le progressisme sanitaire de Macron et Véran promet une société de contrôle. Une nouvelle fois, nos libertés risquent d’être entravées de manière définitive pour des motifs irrationnels et par la faute de l’incompétence de nos gouvernants à gérer correctement une situation de crise.

Confinement, passe sanitaire, isolement et restrictions multiples s’installent dans nos vies. Amèrement, on se souvient des mots – terribles avec le recul – de notre Président : « Nous devons apprendre à vivre avec le virus. » Par opportunisme et conviction, ce chantre de la start-up nation ne risque pas de nous rendre notre vie d’avant.

Gustave Fardas

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Jean Messiha : « Les GAFAM, c’est un outil, mais aussi une idéologie »

Jean Messiha

Tandis que son compte Twitter est suspendu, Jean Messiha dénonce cette logique de harcèlement et de censure de plus en plus pesante. Il appelle à une nouvelle jurisprudence concernant les réseaux sociaux. « Seule la loi permet d’interdire à quelqu’un de dire ou pas quelque chose. »

Pourquoi votre compte Twitter a-t-il été suspendu ?

J’ai reçu un certain nombre de messages contradictoires de Twitter dans lesquels ils me reprochent de diffuser soi-disant des fausses informations sur le Covid. Puis ils mentionnent un tweet où je dénonce le comportement criminel de certains migrants. Donc je n’ai pas très bien compris. J’ai fait appel de cette décision, pour l’instant elle n’a pas été examinée. J’ai déjà eu maille à partir avec l’oiseau bleu à plusieurs reprises. Mon compte avait toujours été rétabli. La dernière fois j’ai été suspendu pour neuf jours et face au tollé provoqué et au fait que ce n’était pas justifié, mon compte a été rétabli en moins de 48 heures. J’espère que cette censure n’en est pas une. Elle résulte de la mobilisation de certains comptes malveillants qui font sauter le mien pour un oui ou pour un non.

Comment expliquez-vous la censure que l’on remarque sur les réseaux sociaux ?

Derrière cette censure, il y a l’idéologie des patrons qui gèrent les plates-formes, ce sont les mêmes qui gèrent les GAFAM dont Twitter fait partie. Les GAFAM sont à la fois un outil et une idéologie gaucho-progressiste. Par conséquent, à travers ce prisme idéologique, une censure s’exerce à l’endroit de toutes les voies qui peuvent écorner cette vision gaucho-progressiste du monde sur de nombreux sujets, à commencer par celui de l’immigration. Lorsque j’ai eu maille à partir avec Twitter, c’était toujours sur le sujet d’immigration. Je n’ai jamais incité à la haine, je prends mille et une précautions pour ne pas faire d’amalgame et ne pas stigmatiser une catégorie. Je parle toujours de certaines immigrations, je dis toujours « des migrants » et non pas « les migrants » car ils ne sont pas tous comme ça. Mais Le simple fait de critiquer de quelque façon que ce soit, certaines immigrations ou certains migrants, ils vous censurent, comme s’il n’était plus possible de parler d’immigration sauf pour en dire du bien. Je ne suis pas d’accord avec cela et je continuerai à dire les choses telles qu’elles sont : il y a de bonnes immigration et de mauvaises immigrations. Quand certains migrants s’illustrent par des actes héroïques, je le souligne, mais lorsque vous en avez qui se livrent à des crimes, à des délits ou à des agressions sur notre territoire, il n’y a aucune raison de le taire. Ce n’est pas qu’une succession de faits divers, c’est un phénomène.

Pensez-vous que des plates-formes secondaires comme Signal ou Telegram par exemple puissent garantir une meilleure liberté d’expression sur Internet ?

À ce jour ma page Facebook est sur le point d’être dépubliée, mon compte TikTok est également censuré, je ne sais pas pourquoi car je n’ai rien publié de condamnable, et même le compte de l’institut Apollon sur lequel nous publions des choses factuelles subit lui aussi une censure. Ce n’est pas du hasard, cela relève d’une logique de harcèlement de ceux qui pensent mal ou qui pensent contre le système. Il y a une censure à l’œuvre.

Ces réseaux sociaux sont devenus un outil politique, public. Il faut faire en sorte que les réseaux sociaux ne soient plus de l’ordre de la gestion privée car ils permettent une expression publique. Leur gestion doit relever de la loi. Seule la loi et la justice peuvent interdire à quelqu’un de dire ou pas quelque chose. Il n’appartient pas aux plates-formes privées de vous censurer.

Sur les plates-formes alternatives, le ton y est plus libre mais c’est un peu un entre-soi où l’on retrouve tous ceux qui ne peuvent s’exprimer librement sur les autres réseaux sociaux. Or un réseau social est aussi un outil de communication qui permet « d’évangéliser » des publics éloignés des positions politiques qui sont les nôtres. Avoir un réseau où tous les bords politiques sont représentés favorise une certaine émulation intellectuelle et une qualité du dialogue qui doit rester pluraliste, dans le respect de toutes les convictions politiques des uns et des autres, dans le cadre défini par la loi.

Mais les grands réseaux sociaux sont des entreprises privées…

Oui, mais à partir du moment où on admet l’idée que la communication politique et la santé démocratique dépendent aussi de la vitalité et de la pluralité des réseaux sociaux, on voit bien que ces entreprises sont exorbitantes du droit commun.

On ne peut pas traiter les entreprises Facebook et Twitter, sur lesquelles s’expriment des milliards de personnes au niveau mondial, comme le vendeur de yaourts du coin qui lui aussi est une entreprise. Cela va au-delà de la notion d’entreprise. Ce sont des réseaux qui structurent la démocratie, la liberté d’opinion et d’expression. À partir de là, c’est exorbitant du droit commun, la législation doit donc s’appliquer à ces réseaux sociaux et à terme il faut les transformer en biens publics. Leur contenu doit relever de la loi. Les suites juridiques qui vont être réservées à cette censure – comme le fait le président Trump contre Twitter et Facebook – vont peut-être accoucher d’une jurisprudence qui modifiera l’environnement et le cadre législatif dans lequel ces réseaux sociaux exercent leur activité.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Alors, dictature ou totalitarisme ?, par Christian Vanneste

Macron dictature

Dictature ? Totalitarisme ? Les opposants à l’obligation vaccinale déguisée en interdictions, discriminations et sanctions soumises à la possession d’un passeport sanitaire ont souvent affaibli leur position par l’emploi de termes excessifs aux yeux de la majorité des médias et, donc, de l’opinion publique. Toutefois, la mobilisation contre les mesures jugées liberticides semble s’amplifier et se durcir. La raison ne s’en trouve pas dans l’irresponsabilité et l’ignorance des réfractaires mais bien dans la dérive d’un pouvoir qui n’est peut-être ni une dictature ni, encore moins, un totalitarisme, mais qui connaît une dérive de la démocratie vers de tels régimes.

La conjonction du quinquennat et de l’élection d’un personnage atypique a permis la dérive dictatoriale. L’élection des députés dans la foulée de celle du Président a anéanti ce qui restait de la séparation entre les pouvoirs exécutif et législatif. Néanmoins, jusqu’en 2017, les députés avaient encore une existence propre. Souvent élus et réélus dans leurs fiefs où ils détenaient un mandat local, ils étaient pour beaucoup issus du même parti que le Président dont ils étaient les pairs plutôt que les commis. En 2017, c’est un nouveau venu qui a remporté l’Élysée et qui a été doté par une majorité relative de Français d’une majorité de députés appartenant au parti qu’il venait de créer. Ces hommes et femmes, socialistes assurant leur survie, opportunistes de « droite » sauvant leur carrière et miraculés de la société civile, lui doivent tout.

L’Assemblée est devenue une caisse enregistreuse. Lorsque le compte n’y est pas, faute de présence, et qu’un amendement passe contre l’avis du gouvernement, on vote à nouveau et le garde-à-vous est rétabli. Le Sénat sauve l’honneur, mais tout le reste et perdu, puisqu’en dernier ressort, c’est l’Assemblée et son montreur de marionnettes à l’Élysée qui décident ! La personnalité particulière de ce dernier accentue le phénomène : parvenu trop vite au pouvoir, sans expérience, notamment celle des échecs indispensables pour mûrir, Narcisse, roi, ne peut cacher son mépris pour les autres et ne réagit qu’en niant ses fautes, en noyant la contestation sous ses discours et, enfin, en faisant donner la garde.

L’épisode du Covid a vérifié le diagnostic. Une série de fautes a été niée avec entêtement. La pandémie avait touché un quart des Français au mois d’avril dernier. 110.000 en sont morts. L’écart des deux chiffres et le fait que les décès ont frappé essentiellement des personnes très âgées et atteintes de comorbidités montrent à l’évidence qu’il ne s’agit pas de la peste mais d’une maladie à laquelle l’immense majorité résiste par ses propres moyens.

De là à penser que le grossissement du danger, l’amplification et la réanimation périodique de la peur ne sont pas tout à fait innocents mais procèdent d’une volonté délibérée d’utiliser le virus à des fins politiques, il n’y a qu’un pas. Le Président a retrouvé la maîtrise des horloges : c’est lui qui décide des ouvertures et des fermetures, des libertés et des interdits, et qui le fait pour le bien de tous qu’il est seul à connaître. Le troupeau, entrevoyant au bout du tunnel « covidien » les vertes prairies de l’alpage, applaudit en l’occurrence plus la prairie que le berger, mais sans vraiment percevoir sous quel régime il est en train de passer.

La tendance dictatoriale est donc évidente, et le fait qu’elle soit approuvée n’y change rien. En revanche, peut-on parler de totalitarisme ? Dans la gestion de la terreur virale, comme dans celle de l’angoisse climatique, il y a un élément qui, lui, devrait éveiller nos craintes : le triomphe de la pensée unique, certifiée par la science. Ceux qui nient le réchauffement climatique, ceux qui doutent du vaccin, ceux qui pensent qu’il y a d’autres solutions, ceux qui rappellent l’inviolabilité constitutionnelle des corps, ceux qui défendent la liberté contre la contrainte même apparemment bienfaisante doivent se taire ! Le pouvoir parle le langage de la science qui est la seule voie. Jusqu’à présent, les totalitarismes reposaient sur des idéologies qui soumettaient la science au risque de la ralentir et voici que le rêve saint-simonien d’un gouvernement de la science advient. C’est en cela que se niche le risque totalitaire : il n’y a pas de démocratie sans pluralisme. Mais rappelons aussi, avec Popper, que la science elle-même repose sur le doute et la contestation, et qu’en cela, la démocratie est davantage son alliée que son ennemie.

Christian Vanneste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Baisse des expulsions, accélération de l’immigration : que fait Macron ?

macron pass sanitaire

Moins de liberté pour les Français, plus de liberté pour les immigrés clandestins : telle semble être la devise d’Emmanuel Macron. La crise sanitaire a des conséquences paradoxales : des mesures de plus en plus contraignantes à l’égard de nos compatriotes, mais une indulgence coupable à l’égard des étrangers en situation irrégulière.

Le Figaro, s’appuyant sur un rapport de la CIMADE et d’autres associations d’aide aux migrants, souligne que, durant cette année de Covid, les placement en rétention d’illégaux en vue de les renvoyer dans leur pays d’origine ont été divisés par deux.

Au mois de juin, Macron a bien demandé aux ministres concernés « d’activer de manière volontariste les dispositifs en vigueur » pour les expulsions, laissant, selon son habitude, retomber sur ses subalternes la responsabilité des défaillances de sa politique ; mais force est de constater, selon les chiffres de la CIMADE, que, pour l’année 2020, sur la seule Métropole, les enfermements sont passés de 24.149 à 13.011 (-46 %). Comme le rapporte Le Figaro, « jamais il n’y a eu autant d’illégaux en France et jamais les expulsions n’ont été aussi faibless ».

L’opposition LR, qui fait, un peu tardivement, de l’immigration son cheval de bataille, s’inquiète et redoute qu’après ce ralentissement des expulsions, la machine ne reste grippée – à supposer que le gouvernement veuille vraiment la relancer. La droite, qui a longtemps été au pouvoir sans agir efficacement, n’est sans doute pas la mieux placée pour tirer la sonnette d’alarme, mais la situation qu’elle dénonce, à la suite du Rassemblement national et de quelques personnalités lucides, n’en est pas moins réelle.

Un paradoxe manifeste entre discours et passage à l’acte

Guillaume Larrivé, député de l’Yonne, estime le nombre de clandestins à « plus d’un demi-million ». Il rappelle que « les procédures d’éloignement ne sont toujours pas à la hauteur de l’explosion de l’immigration illégale ». Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration sous le mandat de Nicolas Sarkozy, va encore plus loin. Il estime que « ces chiffres de la rétention sont en trompe-l’œil et ne doivent pas masquer une réalité : le ralentissement du Covid entraînera l’accélération des migrations ». L’habitude devenant une seconde nature, le laxisme produira un appel d’air pour la venue de nouveaux clandestins.

Selon François-Noël Buffet, président de la commission des lois du Sénat, « le problème reste la très grande faiblesse des réadmissions et donc de l’accord des pays d’origine pour accueillir leurs ressortissants ». Il avait proposé de conditionner l’octroi de visas par la France à l’obtention de laissez-passer consulaires et d’inscrire cette disposition dans la loi, mais le gouvernement s’y est opposé. Comme le conclut l’article du Figaro dans un euphémisme, il y a un « hiatus » entre « la fermeté affichée par les autorités et la réalité de la politique migratoire française ».

Cette politique migratoire est à l’image du chef de l’État : quand un sujet le gêne, il est apparemment ferme dans ses déclarations, mais fluctuant, tiède, voire pleutre dans ses actes. Il n’a pas la volonté de s’attaquer à ce problème, qui contrevient à sa vision multiculturaliste du monde. Il considère la France comme un simple espace économique, ne croit ni à sa culture ni à ses racines judéo-chrétiennes. Il n’a cure de l’identité de la France, de sa survie même, si ce n’est en période électorale. L’immigration n’est pour Macron un problème que si elle peut nuire à sa réélection.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le sans-papiers sera mieux traité que le sans-vaccin, par Christian Vanneste

vaccin soignant

Lorsqu’un pouvoir érige la vaccination comme seule solution pour circonscrire la pandémie, épargner un certain nombre de victimes et, surtout, retrouver « la vie normale » avec l’hédonisme inscrit au cœur de notre civilisation actuelle, il use d’un argument efficace. Quand il brandit « en même temps » les peines qui frapperaient les récalcitrants au passeport sanitaire prouvant la vaccination, les amendes énormes que risqueraient les commerçants, les privations et discriminations qui toucheraient les non-vaccinés – les « sans-vaccin », en somme, comme on dit les « sans-papiers » -, il ne faut pas s’étonner que la majorité se précipite vers les centres de vaccination.

En face, les appels à la résistance ponctués de termes souvent excessifs, de comparaisons saugrenues, et parfois aussi d’actes irréfléchis, comme le saccage d’un centre de vaccination à Lans-en-Vercors, sont aussitôt qualifiés d’extrémistes, complotistes, conspirationnistes, totalement inconscients. Les statistiques affichées par le gouvernement indiquent que 96 % des personnes infectées récemment ne sont pas vaccinées : ces chiffres associés à l’idée d’une vie plus facile par l’obtention d’un passeport sanitaire grâce au vaccin pèsent plus lourd que la défense d’une liberté plus abstraite.

Cette bataille de la résistance à la vaccination semble perdue, à moins d’une censure de la loi par le gouvernement des juges. Cette défaite risque de masquer des déboires bien plus considérables. D’abord, ce qui se passe dans notre pays correspond au phénomène décrit par La Boétie, la servitude volontaire. Appliqué à notre époque, ce concept indique qu’un régime non démocratique bénéficie toujours de la complicité de ceux qui le subissent. « Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres », disait La Boétie. Mais libres de quoi, répondront en chœur les Homo festivus d’aujourd’hui. C’est pourquoi il convient d’élargir le front du combat, de ne pas le limiter au champ de ce virus qui, quelle que soit sa dangerosité réelle, a surtout été une excellente occasion, pour une idéologie, de rétablir sa domination, et même de l’accentuer.

Le Président élu en 2017 va évidemment tenter de maintenir la peur obsessionnelle renouvelée par les variants jusqu’à l’élection présidentielle. Son implication dans ce qu’il avait qualifié de guerre sera son argument de campagne décisif. Quand un pays subit un fléau, celui qui aura paru l’en protéger apparaîtra comme le sauveur. C’est pourquoi, plutôt que de se mobiliser sur le vaccin, il est essentiel de faire le bilan global d’un mandat présidentiel calamiteux : la gestion de la crise sanitaire a été une suite d’échecs, de mensonges, de contradictions et décisions biscornues. Les frontières laissées ouvertes, les masques inutiles, parce qu’inexistants, puis obligatoires sous peine d’amendes, les tests insuffisants, l’absence de vaccin français, la pesanteur des confinements et des couvre-feux, la discrimination des lieux et des personnes, au détriment des commerçants indépendants, de la culture et du tourisme, le tout accompagné de sanctions absurdes, constituent un réquisitoire que le succès de la vaccination ne saurait annuler.

L’état d’urgence permanent, la multiplication des contrôles et leur cible, à savoir la population globalement conformiste, auraient un objectif de dressage du peuple après la mésaventure des gilets jaunes que l’on ne s’y serait pas pris autrement. D’ailleurs, il est paradoxal qu’un pouvoir dont l’idéologie prétend lutter contre les discriminations que subissent des minorités en introduit au sein même de la majorité. Le « sans-vaccin » sera plus mal traité que le « sans-papiers ».

En opposant le vaccin à la liberté, on se trompe de cible, car les vaccinés se diront libres de vivre en consommateurs sans avoir fait usage de leur libre-arbitre. C’est triste, mais c’est ainsi. En revanche, en visant dans sa totalité un règne désastreux, commencé par une mise en examen organisée et qui va s’achever avec la mise en examen d’un ministre de la Justice nommé avec une incroyable légèreté, on dressera le réquisitoire nécessaire pour libérer la France d’un pouvoir peu légitime et dangereux pour elle.

Christian Vanneste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Florian Philippot : « Je suis sidéré par ce que je viens d’entendre, c’est d’une violence inouïe »

Florian Philippot

Florian Philippot réagit aux annonces d’Emmanuel Macron faites ce 12 juillet soir (vaccination obligatoire pour les professionnels au contact des personnes fragiles, pass sanitaire obligatoire dans les prochains jours pour accéder aux restaurants, aux cafés, aux trains, aux centres commerciaux, fin du remboursement des tests, dès septembre, pour inciter les gens à se faire vacciner…).

Le chef de l’État vient d’imposer le pass sanitaire et d’autres mesures liberticides. On vous imagine vent debout contre ces mesures.

Je suis sidéré par ce que je viens d’entendre, c’est d’une violence inouïe. L’extension du pass sanitaire aux trains, aux restaurants, aux centres commerciaux aux hôpitaux etc., c’est unique au monde. Il a également clairement dit qu’il y aurait la vaccination obligatoire pour certaines professions, la prochaine étape ce sera pour tout le monde. Il y aura également une troisième dose au mois de septembre. Ceux qui disent aujourd’hui qu’on n’est pas dans une dictature, ce sont des sots. On est dans une dictature très violente.

J’ai vu ce soir non pas un président de la République, mais un psychopathe. Son regard, ses annonces… J’ai vu un fou furieux, inquiétant et dangereux. Nous basculons dans autre chose. Je connais des gens très en colère, sidérés et en pleurs. Je leur dis : « ne sombrez pas ».

Se faire vacciner pour faire reculer l’épidémie, ce n’est peut-être pas une mauvaise idée…

On parle maintenant d’une troisième dose, et pourquoi pas un abonnement vaccinal ? On nous avait promis l’inverse. Le 24 novembre dernier, Emmanuel Macron avait dit qu’il n’y aurait pas d’obligation vaccinale. On nous nous annonce maintenant une restriction sanitaire pour aller au restaurant ou prendre un train ou un bus.

Les gens qui trouvent cela normal sont comme la grenouille dans l’eau que l’on fait bouillir, ils ont été ramollis. C’est anormal et cela doit appeler à la plus vive résistance, par le boycott. Je n’ai rien contre les restaurateurs, mais tant pis on n’ira plus. Et les restaurateurs se retourneront contre l’État, pour se débarasser de ce pass sanitaire.

Pensez-vous que le conseil constitutionnel pourrait s’opposer à cette décision ?

Ni le conseil d’État ni le conseil constitutionnel ne peuvent valider ne serait-ce qu’un dixième de ces annonces folles. Les principes les plus fondamentaux de liberté et d’égalité sont battus en brèche. Malheureusement le conseil constitutionnel et le conseil d’État ont trahi ces derniers mois. Mais il faudra tout de même les saisir. Normalement ils devraient mettre cela à la poubelle, mais ils sont sous pression et sont plutôt enclins à valider ce que propose le pouvoir.

C’est au peuple français de se libérer par lui-même.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Non-vaccination et immigration : le grand non-dit

vaccin covid-19

C’est la grande question qui nous agite tous, une question en forme d’étau qui se resserre sur cette minorité de récalcitrants irresponsables qui pourraient faire dérailler la stratégie parfaite de lutte contre le coronavirus. Qui sont les non-vaccinés ? Où se cachent-ils ?

Je dis tous car, en quelques jours, de nombreuses personnalités, notamment de droite, se sont ralliées au panache d’Olivier Véran et à sa fameuse thèse, son « Je dis juste que » du 2 juillet dernier : « Je dis juste que 20 % de Français non vaccinés ne pourraient pas contraindre 80 % à ne pouvoir accéder à des activités de la vie courante. » Un dogme à partir duquel on réduira drastiquement les libertés des non-vaccinés, tout en rappelant « en même temps » qu’on « refuse de diviser les Français entre vaccinés et non-vaccinés » (le même Véran, le même 2 juillet, dans la même phrase).

Donc, une bonne partie des responsables politiques et médiatiques de droite, que l’on aurait pu croire davantage attachés à la défense de certaines libertés, sont sur cette ligne de l’injonction vaccinale. Robert Ménard, dans ses interventions télé, par exemple, ou, dans Le Figaro, Mathieu Bock-Côté, avec un petit texte intitulé : « Les antivax ou l’esprit critique devenu fou » et qui se termine par cette phrase : « Je confesse un sincère émerveillement devant cet accomplissement scientifique qui a permis de trouver en moins d’un an un vaccin capable, selon toutes les indications disponibles, de dominer le virus, de vivre avec lui, en limitant sa circulation et en le rendant globalement inoffensif. » On peut être un ravi de la crèche et un ravi des « vaccinodromes ».

Étonnante euphorie pro-vaccinale. Peut-être l’effet des sondages. Et la peur de passer pour obscurantiste. Peut-être, aussi, leur analyse de la carte – j’allais dire « électorale » – des non-vaccinés. Ben oui, car elles sont drôlement parlantes, ces cartes.

Un reportage du Monde dans le monde parallèle de cette population à « l’esprit critique devenu fou » nous emmène sur le terrain, dans ces territoires perdus dominés par l’obscurantisme, « à la base de loisirs de Jablines-Annet et à Meaux, en Seine-et-Marne, le département de France métropolitaine où la couverture vaccinale est la plus faible ». Vous y découvrirez, en images et dans le texte, une France colorée, essentiellement d’origine immigrée, dont les réticences à la vaccination auraient une origine « communautaire » : « Henda Coulibaly, l’une des cinq blouses blanches des MLAC, est originaire du Mali, comme la famille Doumbia. Elle a une explication à cette réticence, qu’elle qualifie de “communautaire”. Une histoire qui, dit-elle, s’est propagée dans toute l’Afrique au début de l’épidémie. » En dehors de ces « rumeurs » africaines, les personnes interviewées dans ce reportage avancent des arguments de bon sens.

Ce qui est certain, c’est que la carte des non-vaccinés correspond à la carte des territoires où la population d’origine immigrée est la plus dense, et aussi où l’abstention fut la plus forte aux dernières élections : à Paris, comme en Île-de-France, où la division ouest-est est nette, et partout dans le pays. Par exemple, dans le Sud-Ouest, comme le montre l’article de La Dépêche intitulé « Vaccin contre le Covid-19 : quels sont les départements en avance ou en retard en Occitanie ? », les départements les plus vaccinés sont aussi les plus civiques, les plus historiquement « républicains » (de droite comme de gauche), comme les Hautes-Pyrénées, le Lot ou les Pyrénées-Atlantiques, et le moins vacciné est la Haute-Garonne, le plus peuplé, mais aussi celui comptant une forte population d’origine immigrée.

Certes, d’autres facteurs entrent en jeu, comme l’âge. Mais la réticence à la vaccination des « territoires perdus » de la République est une réalité incontestable. Et, bien sûr, totalement absente de la logorrhée gouvernementale.

Quelque chose me dit d’ailleurs que dans la campagne de diabolisation des non-vaccinés, le gouvernement saura habilement contourner la Seine-Saint-Denis pour venir stigmatiser la Lozère.

Frédéric Sirgant

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Livre : L’islamisme à la conquête des entreprises, Leslie J. Shaw et Alexandre del Valle

En novembre 2017 se tenait à Paris, au Cercle national des armées, le premier colloque mondial consacré au radicalisme islamique sur le lieu de travail. À ce colloque, organisé par le FIRM (Forum on Islamic Radicalism and Management), succédaient en 2018 deux autres sur le même thème, au Capitole à Washington, puis au palais du Luxembourg.

Plus qu’un compte rendu de ces conférences émanant d’experts internationaux et de cadres supérieurs d’entreprises, L’islamisme à la conquête des entreprises constitue une référence sur les multiples stratégies que l’islam utilise pour infiltrer les entreprises, ainsi que les tactiques réfléchies, dites non violentes, adoptées dans la poursuite de ses objectifs. Les intervenants étaient nombreux, en première de couverture, Alexandre del Valle, qu’on ne doit plus présenter en ces colonnes, et Leslie Shaw, économiste, professeur à l’ESCP Business School, président du FIRM, fondé en 2016 par un groupe de personnes actives dans les secteurs des entreprises, du renseignement, de la sécurité et de l’enseignement pour sensibiliser et soutenir les entreprises confrontées à la menace mondiale de l’islam politique.

Parmi les contributeurs, Me Philippe Chansay-Wilmotte, homme politique conservateur belge, expert en droit public international, ayant représenté les gouvernements libyen dans l’affaire de l’attentat de la Pan Am et soudanais dans l’affaire du génocide du Darfour, critique virulent de la conférence des Nations unies de Durban II, qu’il accuse d’avoir promu l’antisémitisme, les lois sur le blasphème et l’étouffement de la liberté d’expression. Chansay-Wilmotte est également président de La Chaîne verte, groupe de réflexion proposant sept mesures pour libérer la France de l’islamisation. Franck Vidalo, diplômé en stratégie et intelligence économique de l’École de guerre économique et en droit, Nicolas Sennels, psychologue danois, auteur d’une étude sur la criminalité des jeunes musulmans dans un centre pour mineurs à Copenhague, dont les conclusions, peu politiquement correctes, lui ont valu son licenciement. Complètent le panel Ghislaine Dumesnil, premier lanceur d’alerte à s’être insurgé contre la discrimination islamique envers les femmes au sein de la RATP, à qui des dits « islamistes » refusaient systématiquement de serrer la main et qui a réussi à mettre en échec la propagande de la RATP, Erwan Seznec, co-auteur du Livre noir des syndicats, ainsi que des experts en contre-terrorisme, dans les domaines des technologies de l’information et du piratage informatique.

Dans cet ouvrage, tous les aspects, y compris le coût économique, de la subversion islamique au sein des entreprises, fussent-elles publiques ou privées, sont abordés de manière exhaustive, factuelle et argumentée par de nombreux tableaux de synthèse, ainsi que les réponses juridiques à y apporter : de l’accommodement religieux à l’usage de la loi contre les employeurs, le micro-financement du djihad, le rôle redouté du CCIF « pour ses missions d’information et d’assistance juridique auprès des victimes supposées d’islamophobie ». La longue liste des revendications organisées y est énumérée, les menaces de violence et de terrorisme à l’encontre de ceux qui refusent de se plier aux revendications des représentants musulmans du personnel, études de cas à l’appui : multiplication des lieux de culte, subversion des principes de laïcité, de diversité et d’égalité, instrumentalisation de l’antiracisme, du Code du travail, le ramadan, la tenue vestimentaire, le halal, la ségrégation des genres, les contacts physiques, le prosélytisme, etc.

Autant de preuves venant conforter la dangerosité des revendications civiles, politiques et sociétales d’un islam conquérant, suivant à la lettre celles préconisées dans la Stratégie de l’action culturelle islamique à l’extérieur du monde islamique, adoptée lors du sommet de l’Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture (ISESCO – Qatar 2000) et guidées par un réseau mondial de groupes de défense généralement affiliés aux Frères musulmans dont le maître à penser, Youssef al-Qaradawi, nous avait déjà, et sans fausse pudeur, prévenus : « Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons. Avec nos lois coraniques, nous vous dominerons. » À bon entendeur salut.

Pierre Mylestin

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Art contemporain, bioéthique ou immigration… quel que soit le sujet, le « progrès » est le déni du vrai

Si l’on pouvait résumer en quelques lignes ce que nous sommes devenus…

C’est le magasine GQ qui s’en est fait l’écho, évoquant « une idée absurde qui est en train d’accoucher d’un conflit encore plus absurde ». De fait…. On se souvient de la polémique Salvatore Garau, du nom de l’auteur de la sculpture qui avait cette toute petite caractéristique… de ne pas exister. Le 18 mai dernier, elle a été vendue pour 15.000 euros : « Un certificat d’authenticité a été délivré à l’acheteur. Les conditions de son installation sont les suivantes : l’œuvre doit être installée au centre d’une pièce vide dans une maison indépendante et doit être délimitée par un bandeau collé sur le sol. Cette sculpture invisible mesure 150 centimètres de diamètre. »

Mais ce n’est pas fini, ma petite dame.

« Un artiste du nom de Tom Miller menace aujourd’hui de poursuivre en Justice l’artiste italien pour lui avoir volé son idée d’une œuvre inexistante. L’Américain explique qu’il a présenté en 2016 une sculpture invisible intitulée Nothing (« Rien ») dans la ville de Gainesville, en Floride. Tom Miller aurait tenté de rentrer en contact avec Salvatore Garau pour demander à être crédité – sans succès. L’avocat de Tom Miller, Richard Fabiani, a fait parvenir une lettre au plasticien italien afin de régler ce différend à l’amiable. »

Mais avant Nothing, déjà, existaient – ou plutôt n’existaient pas – que dalle, nada, peau de zeb, n’est-ce pas ? (Non) peints à quatre mains par Raymond Devos et Alice au pays des merveilles.

C’est un procès sans fin de poupées russes qui se prépare, et un débouché formidable pour l’art contemporain. Ni matières premières, ni stock, ni sueur, ni charges sociales. Les maires des territoires, si soucieux de ne pas passer pour des philistins bouseux au front bas, trépigneront pour avoir leur non-œuvre d’art. Ne dites pas que cela coûtera cher au contribuable pour « rien » : l’absence de pollution visuelle, la disparition des amoncellements hétéroclites sur les ronds-points de sous-préfecture remplacés par un néant jugé plus artistique et plus contemporain qu’eux a un prix. C’est mieux que rien, a-t-on coutume de dire. Mais parfois, rien, c’est mieux. S’il faut payer pour ça, pourquoi pas ?

Un jour, bien sûr, tout cela s’effondrera comme un château de cartes, un jeu de Mikado ou, tiens, le mur de Berlin. Pffft, zou… d’un coup ! Ce divorce fracassant entre « le progrès » et le réel explosera, comme une évidence. Tel l’enfant du conte d’Andersen, l’Occident se réveillera et criera avec effroi, ébahi de ne pas l’avoir pas vu jusqu’ici, que le roi est nu. Dans tous les domaines. Non, rien n’est pas une œuvre d’art. Non, un homme n’est pas une femme, même s’il le dit très fort. Non, deux femmes, pas plus que deux hommes, ne peuvent enfanter. Non, l’immigration n’est pas « plutôt stable », et ce ne sont pas vos lunettes qui vous trahissent mais les politiques, si vous constatez que votre quartier a bien changé. Non, le voile islamique n’a pas la même signification qu’un chapeau à plumes ou un béret basque. Non, le drapeau algérien et les youyous devant les mairies ne sont pas des valses de Vienne. Non, l’offrande d’un bouquet de fleurs n’est pas une agression… On pourrait continuer à l’infini.

Oui, un jour, bien sûr. La question est de savoir quand.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Immigration : l’Europe s’apprête à verser 3 milliards d’euros à la Turquie

Erdoğan peut se frotter les mains : à l’occasion du sommet qui débute ce jeudi, à Bruxelles, l’Union européenne s’apprête à renouveler avec la Turquie l’accord migratoire de 2016 et à débourser des fonds considérables.
Pas moins de trois milliards d’euros entre 2022 et 2024, qui viendront s’ajouter aux 535 millions déjà octroyés en 2021. Théoriquement, pour que des ONG prennent en charge les réfugiés à l’intérieur de ses frontières. Si l’on en croit Le Figaro du 24 juin, le vice-président de la Commission chargé des questions migratoires a toutefois admis qu’« une partie de cet argent pourrait aussi aller à l’État turc ».

L’Union européenne se veut rassurante : les États membres ne devront pas mettre la main au portefeuille, puisque la Commission est suffisamment riche en début de mandat. Il faut dire que certains Parlements auraient pu faire des difficultés pour débloquer des fonds supplémentaires. Les instances européennes, une fois de plus, trouvent tout naturel de prendre des décisions sans consulter les peuples ni leurs représentants et de tout décider entre chefs d’État ou dans une Commission non élue. Sans compter que les réserves dans lesquelles on va puiser proviennent de la poche des contribuables.

On a ainsi trouvé le moyen de passer outre l’opposition éventuelle de pays qui verraient ce financement d’un mauvais œil. Cette manœuvre dissimule, au demeurant, des arrière-pensées électorales. L’Allemagne s’inquiète qu’on ne donne pas cette garantie aux Turcs : Angela Merkel ne veut pas déplaire à la nombreuse communauté issue de Turquie et ne souhaite pas voir renaître le problème turc avant les élections de septembre. Quant à Macron, à l’approche de 2022, il n’a pas envie de susciter une polémique supplémentaire. Un diplomate a confié au Figaro cette réflexion cynique : « On fait miroiter à la Turquie un montant qui sera débloqué plus tard, elle garde les frontières fermées et les leaders peuvent souffler pendant l’été. »

En faisant un pas vers Ankara, l’Union européenne prétend apprivoiser Erdoğan, tout en restant sur ses gardes. Elle espère qu’il lui rendra la pareille et fera des efforts sur la question de Chypre et du respect des droits de l’homme. Qui sait ? La Turquie acceptera peut-être même de « contribuer positivement au règlement des crises régionales » en Irak, Libye, Syrie, Azerbaïdjan et au Haut-Karabakh. On peut toujours rêver. À croire que l’Union européenne vit dans le monde des Bisounours. Faut-il être naïf… ou irresponsable ! Dire que certains rêvent encore de voir la Turquie entrer dans l’Union européenne…

Erdoğan, contrairement à plusieurs dirigeants européens (Macron en tête), n’a pas mis au rebut la souveraineté de son pays et recherche, avant tout, ce qu’il estime être l’intérêt de son pays. Il sait adoucir ses positions ou les durcir en fonction des circonstances et de ses intérêts, de ce qui lui est utile ou néfaste. Pour l’heure, il prend un visage accommodant, il a même renoncé à exercer son chantage sur l’immigration. Mais il est à parier, lorsque l’Europe sera endormie et aura baissé la garde, qu’il se montrera de nouveau menaçant. Les dirigeants européens devraient relire La Fontaine et se méfier de Raminagrobis.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Dr Bertrand Legrand : « Qu’est-ce que c’est que cette génération qui mise tout sur la vaccination des plus jeunes ? »

Dr Bertrand Legrand

Il est, désormais possible de faire vacciner les adolescents à partir de 12 ans avec autorisation des deux parents. Doit-on en passer par là pour obtenir enfin l’immunité collective ?
Réaction au micro de Boulevard Voltaire du Dr Bertrand Legrand.

La vaccination se poursuit avec, évidemment, en priorité la vaccination d’un maximum de personnes qui a pour but de favoriser une immunité collective. En ce moment, les mineurs peuvent être vaccinés avec une autorisation parentale et la présence d’un des deux parents pendant la vaccination. Est-ce une bonne chose de vacciner les plus jeunes ?

Le bénéfice individuel pour un adolescent est assez faible puisqu’il y a eu très peu de morts, très peu de cas de Covid long et très peu d’effets secondaires chez les adolescents. Ce n’est sûrement pas pour le bénéfice individuel de l’adolescent que nous vaccinons. Le risque est faible, mais des risques existent toujours, notamment lorsqu’on vaccine des millions de personnes. En demandant l’autorisation des deux parents pour pouvoir vacciner, cela laisse entendre que l’on rend responsable un des parents de l’acte de la vaccination. On n’a pas demandé le refus des deux parents en cas de non-vaccination. Si on était dans un rapport bénéfice/risque en faveur de la vaccination, on aurait demandé que les deux parents engagent leur responsabilité s’ils refusaient la vaccination.

Partons du principe que ces vaccins sont efficaces contre l’épidémie de Covid-19. Théoriquement, faudrait-il les vacciner pour stimuler une immunité collective ?

Cette question est intéressante puisqu’on se demande s’il faut vacciner une génération au bénéfice d’une autre. Si on élimine la catégorie très à part des personnes qui vivent dans l’entourage d’une personne qui pourrait avoir un risque de contamination malgré sa vaccination, on parle de gens qui ne seraient pas vaccinés et qui demandent à leur entourage de vacciner les enfants de manière à se prémunir d’une bulle et de ne pas risquer d’attraper le Covid. Quelle est cette génération qui mise tout sur la vaccination qu’eux-mêmes refusent ? À un moment donné, le conflit de générations pose une vraie question. On remarque que la génération post-soixante-huitarde profite bien de la vie et oublie qu’elle se doit d’obéir à un certain nombre de règles. Elle a dû l’oublier en 68 et elle n’a toujours pas compris.

On en revient toujours à cette fameuse génération qui a voulu jouir sans entraves et qui continue de jouir, quitte à prendre en otage la jeune génération. Ce jugement est peut-être un peu facile…

C’est toujours un peu facile. On remarquera que cette génération-là est la plus à risque et n’arrive pas à atteindre une immunité collective. Il ne faut pas oublier que 80 % de ces gens-là sont vaccinés. On peut se demander pourquoi les 20 % restants demandent à leur génération de se vacciner. Pourquoi devrions-nous arrêter notre vie pour des gens à qui nous avons proposé la vaccination et qui la refusent. Lorsqu’on refuse de se vacciner, on assume le risque d’attraper le Covid et, dans un nombre de cas assez faible, de terminer à l’hôpital. À ce moment, on en supporte les frais puisque l’État n’a pas à payer pour l’ensemble des personnes qui n’ont pas envie de prendre les précautions nécessaires.

Qu’est-ce qui vous fait dire que cette génération née entre 1945 et 1960 n’a pas envie de se faire vacciner ?

Je le sais tout simplement de mon expérience personnelle dans mon cabinet. Certains de mes patients me disent ne pas vouloir se faire vacciner et souhaitent réfléchir encore un peu. Une minute plus tard, ces mêmes patients me demandent quand est prévue la vaccination des jeunes. Ce n’est, bien sûr, pas le cas de tout le monde, mais c’est quelque chose que l’on voit et qui ne choque absolument pas ces personnes-là.

Le port du masque dans la rue et dans les espaces publics va prendre fin le 30 juin. Depuis une quinzaine de jours, il fait très chaud, notamment à Paris. On se demande quel est le bénéfice/risque ?

En réalité, le port du masque perd de son intérêt lorsque la prévalence de la maladie diminue. Le port du masque a pour but de limiter la propagation.

L’année dernière, nous avions l’impression que la maladie disparaissait. En réalité, il n’y a plus d’aérosol du simple fait de la sécheresse de l’air. En intérieur, le port du masque est absolument nécessaire. Au fur et à mesure que varie la prévalence, un même lieu se situera dans un risque ou non. Mon cabinet médical a sûrement beaucoup plus d’aérosol que dans les vestiaires d’un stade de foot.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Renaud Camus : « Je crois qu’un sursaut est possible »

Malgré l’effondrement culturel ou celui du système scolaire nous conditionnant à accepter le remplacement de notre propre civilisation, Renaud Camus rappelle que les dissidents qui se battaient pour la vérité dans les années 80 ont réussi à faire s’effondrer le régime soviétique. Pour lui, donc, un sursaut est encore possible.

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Le grand remplacement est-il plus que jamais d’actualité ?

Oui il est d’actualité, ma conviction est que c’est le thème qui est le plus d’actualité et le plus important dans la vie et dans l’histoire de notre pays, car si on change de peuple, l’histoire de notre pays aura une toute autre signification.

Êtes-vous un lanceur d’alerte plutôt qu’un théoricien ?

Le grand remplacement, hélas, n’a rien d’une théorie, c’est le phénomène le plus important de l’actualité et de notre histoire. Je ne suis pas le théoricien, je suis celui qui l’a nommé, en proposant un nom assez adéquat qui a été largement repris à travers le monde.

Le grand remplacement est désormais admis par une partie de la classe politique, est-ce une victoire ?

Ce qui est une victoire, c’est que les gens puissent se rendre compte de ce qui survient. C’est une victoire incomplète, car ce qui règne est le négationniste global : le fait de nier cette évidence. Tout ce qui aide à affirmer la vérité sur ce phénomène est une bonne chose.

Le monde politique est-il suffisamment conscient de ce phénomène ?

Même au sein du personnel politique, beaucoup de personnes le voient sans en être inquiétées. Certains s’en réjouissent comme Jean-Luc Mélenchon qui au fond dit à peu près la même chose que moi, en disant que le pays sera entièrement métissé et que la population sera changée. Et il trouve que c’est très bien !

L’inaction du monde politique s’explique-t-elle par l’idéologie ou une cécité volontaire ?

Parler d’une volonté, c’est beaucoup dire. Ils sont totalement dépassés par les événements et voient que leurs discours ne tiennent plus et qu’il n’y a plus de relation entre l’information et la réalité effroyable de ce qui survient. Donc ils naviguent au jour le jour. Leur seule obsession, ce sont les sondages et leur réélection ou leur élection.

La récente dissolution de Génération identitaire est-elle un coup de pouce au grand remplacement ?

Tout ce qui porte sur la constatation du changement de peuple, de la colonisation de la France et de l’Europe ne doit pas être nommé. Il n’y a rien d’autre à reprocher à ces jeunes gens, au contraire ils sont plus du côté de la loi que ne le sont les juges. Ils défendent le territoire, les frontières. Ils n’ont commis aucune espèce de violence et n’appellent à aucune violence. Il n’y avait aucune raison objective de les dissoudre, sinon le fait qu’ils affrontent le tabou du grand remplacement. On peut l’appeler autrement : si certains préfèrent, on peut dire génocide par substitution en utilisant le terme d’Aimé Césaire plutôt que le mien. Cela revient au même : un changement de peuple et de civilisation.

Malgré une production intellectuelle reconnue, vous êtes désormais un infréquentable…

Je n’ai jamais été très populaire dans le monde intellectuel et médiatique. Le devoir moral et le devoir esthétique d’un écrivain est de se porter systématiquement au point obscur du discours d’une société : j’en ai exploré plusieurs, ce qui ne me rend pas populaire. D’autre part, je n’ai pas une considération folle sur le rôle et la place des médias ou des journalistes dans la société française. Ce qui rend nécessaire de me faire taire à tout prix, c’est que j’affronte ce qui doit ne pas être dit : le phénomène le plus important qui doit être tu.

Quotidien vous impute une influence sur l’attentat de Christchurch en 2019. Que leur répondez-vous ?

Je cela trouve absurde et je vois cela comme une preuve que personne ne me lis. Deux catégories de gens ne m’ont pas lu : les journalistes qui formulent ce genre d’accusation et les tueurs de masse. Ce qui prouve que le tueur de masse n’a aucune relation avec moi est qu’il a commis son crime. En effet, le centre de ma réflexion politique est le concept d’In-nocence, de non nuisance et de non-violence. Je suis partisan de la remigration car je pense que les sociétés multiculturelles et pluri ethniques sont violentes. C’est pour éviter cette violence que j’appelle au constat du grand remplacement et à la remigration. Contrairement à ce que répètent les journalistes et le pouvoir négationniste, le tueur de Christchurch ne fait pas la moindre référence à moi. Cette expression de grand remplacement est partout aujourd’hui, et dans de très nombreuses langues. Le président Macron paraît-il en parle à l’Élysée.

L’importation du conflit israélo-palestinien est de plus en plus affirmé en France, est-il l’illustration du grand remplacement ?

Les choses deviennent de plus en plus claires et peuvent contribuer à la levée du négationnisme global. Ce n’est même plus une importation, c’est comme s’il y avait un front commun entre Jérusalem et la Seine-Saint-Denis. Nous nous retrouvons dans une situation incroyablement voisine de celle des Israéliens : ils sont dans une guerre extérieure avec Gaza et la Cisjordanie et en difficulté à l’intérieur avec la minorité arabe musulmane. La dérision sinistre du vivre ensemble éclate en Israël, comme elle éclate en France et en Europe, avec toujours l’étonnement naïf des gens qui ne comprennent pas et disent qu’ils vivaient très paisiblement les uns avec les autres.

Deux peuples peuvent-ils vivre ensemble sur un même territoire ?

Je ne le pense pas. Des individus peuvent s’intégrer dans toutes les civilisations, et l’histoire de la France en donne des milliers d’exemples magnifiques. À partir du moment où les immigrés sont en tel nombre qu’ils se conçoivent eux-mêmes inévitablement comme un peuple avec sa religion, sa civilisation, ses costumes et ses mœurs culinaires et autres, il n’y a plus d’intégration.

Le terme intégration est anachronique : les intégrations auxquelles on assiste aujourd’hui sont celles des malheureux indigènes qui restent dans les zones de population remplacées, et qui pour survivre, sont obligées de s’intégrer aux nouveaux venus.

Quand il requiert plus d’immigration pour sauver la démographie, François Bayrou devient-il un agent du grand remplacement ?

C’est absurde, car même la population indigène de la France n’a jamais été aussi nombreuse. Toutes les politiques écologiques, quelles qu’elles soient, sont un pansement sur une jambe de bois tant qu’on n’affronte pas la question démographique. À la télévision, la croissance démographique est donnée comme une bonne chose et la décroissance démographique comme une mauvaise chose.

S’il y a une décroissance démographique, c’est la première des nécessités pour la planète. La plastification du monde et des océans, la saleté de la planète, le nombre croissant des villes ressemblant à des bidonvilles, y compris à Londres et à Paris, prouvent qu’il n’y a aucune nécessité de décroissance démographique.

L’inquiétude vient de la croissance débridée des populations extra européennes, y compris en Europe.

Les Français semblent finalement se résoudre au grand remplacement, pourquoi se battre contre ?

S’ils l’acceptent, il est vain de se battre contre. Ils l’acceptent en raison de l’effondrement culturel et de celui du système scolaire : c’est le petit remplacement. Jamais au cours de notre histoire, les Français n’auraient accepté ce qu’ils subissent aujourd’hui.

À partir du moment où on a une conception du monde industrielle, de la matière en général et de la matière humaine, on tend à la produire. L’effondrement culturel devient une nécessité pour qu’il y ait une sorte d’égalité dans l’hébétude, puis on éradique la classe cultivée. Il y a des individus cultivés en France, mais plus une classe cultivée. Il suffit de comparer la télévision d’aujourd’hui à celle d’il y a 30 ou 40 ans.

La culture française serait-elle morte ?

Il y a des éléments de survie qui sont précieux. Mais on voit bien l’effondrement culturel et la conception qui prime aujourd’hui au moment de l’épidémie. On a l’impression que la culture n’est qu’un spectacle de masse. La culture c’est d’abord celle de l’individu : la lecture, la méditation, la campagne, la solitude. On pourrait considérer que la pandémie pourrait être favorable à la retraite en soi-même et à la méditation et donc à la culture.

Avez-vous toujours de l’espoir ?

Un sursaut est possible sinon je ne serais pas là ! Nous sommes un certain nombre à nous battre pour que ce sursaut survienne. Un sursaut est une étincelle de vérité. On l’a vu par exemple dans la société soviétique des années 70 et 80 où des dissidents se battaient pour la vérité. Tout le monde voyait que ce système communiste ne marchait pas, mais personne n’osait dire la vérité. Quand la vérité a percé, elle s’est répandue comme une traînée de poudre. Donc à tout moment il est possible que les gens réalisent. Fasse le ciel que l’étincelle de la vérité ne soit pas un drame épouvantable, mieux vaudrait que quelqu’un, à un moment, arrive à porter une parole qui soit entendue.

L’avenir des Français se trouve-t-il dans des sanctuaires à l’abri de quartiers grand remplacés ?

J’aime beaucoup ce concept de sanctuaire. La situation est tellement dégradée dans tellement de domaines, y compris dans le domaine de la défense des paysages, qu’il n’y a plus d’espérance – au moins dans un premier temps – que dans des sanctuaires pour les paysages, le patrimoine, l’éducation, pour la haute culture.

Des sanctuaires organisés autour d’un petit nombre me semblent plus raisonnables que l’espérance d’un changement global. Je suis favorable à une politique des sanctuaires, en particulier dans le domaine de l’éducation. Il faut rééduquer car aujourd’hui la seule éducation qui est dispensée est l’acceptation du génocide par substitution : apprendre aux gens à être remplacés ou à remplacer. Voilà à peu près à quoi se réduit l’enseignement aujourd’hui.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Jean-Yves Le Gallou sur les Bobards d’or : « Même démonté, un bobard reste dans les esprits »

Jean-Yves Le Gallou

Entretien avec Jean-Yves Le Gallou, président de la Fondation Polémia, réalisé par Boulevard Voltaire. La 12e cérémonie des Bobards d’or se tiendra le 14 juin prochain. Ses prix distinguent chaque année, sur un mode parodique, « les pires mensonges proférés par les médias au nom du politiquement correct ».

Le lundi 14 juin se tiendra la cérémonie des Bobards d’or. Elle promet d’être riche, en raison de l’actualité de cette année…

Oui, ce sera la 12e cérémonie, il y a eu une très belle actualité cette année, avec les bobards autour du Covid, de l’élection américaine avec le débat Trump-Biden, de l’opération Black Lives Matter. Ce sera un peu une nuit américaine ! Il y a beaucoup d’absurdités venues de l’étranger, comme celle du docteur Fauci aux États-Unis qui s’est répandue en France.

Lorsque le pluralisme sera respecté, cette cérémonie des Bobards d’or pourrait-elle s’arrêter ?

Il y a encore beaucoup de marge ! Il y a un certain pluralisme : on peut se réjouir de CNews, Sud Radio et d’un certain nombre de médias alternatifs et dissidents de la pensée politiquement correcte, mais les grands médias dominants restent TF1 et France 2, qui sont de formidables producteurs de bobards comme celui du Lancet, lancé à partir d’une étude bidonnée. L’AFP est également très productive en bobards.

L’AFP est très souvent nommée alors qu’elle est censée produire des dépêches et de l’info pure et dure.

Oui, elle est nommée presque tous les ans et remporte souvent un titre. Cette année, ils ont un très beau bobard : il y a quelques mois, aux États-Unis, il y a eu une tuerie de masse et l’AFP a titré « Le tueur blanc ». Or, il s’agissait d’un musulman islamiste syrien.

Quel est le but des Bobards d’or ? Est-ce de dénoncer l’intégralité d’un système ?

Les bobards sont systémiques. Lorsqu’on me demande qui est le mieux placé pour remporter le Bobard d’or, je ne peux pas vraiment répondre, car le bobard a été colporté par tout le monde.
Par exemple, dans l’annonce de l’assaut meurtrier du Capitole avec cinq morts, tous les médias on répété ce chiffre. En fait, il y a eu une manifestante tuée par un garde, les quatre autres ne sont pas morts dans les faits du Capitole. Un policier est mort quelques jours après d’un AVC, sans rapport avec l’événement.
Ce qui est grave, avec le bobard, c’est que même démonté, il reste dans les esprits et dans les salles de rédaction qui le reproduisent à l’infini.

Cette cérémonie sera-t-elle ouverte au public ?

Oui elle est ouverte au public, et il votera. C’est le public qui élit les Bobards d’or, d’argent ou de bronze par catégorie.
La cérémonie se déroulera dans le très beau théâtre du Gymnase et nous avons une jauge de deux tiers. C’est tout de même bien, de pouvoir se retrouver et de faire une cérémonie en « présentiel ».

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

PMA à l’Assemblée nationale : le retour

PMA GPA

Après un examen en commission spéciale du 1er au 3 juin, les députés examineront le projet de loi bioéthique en séance publique à partir du 7 juin. Début février, lors de la seconde lecture, les sénateurs ont réécrit le texte de fond en comble, en excluant sa mesure phare, à savoir la PMA sans père. l’Assemblée nationale entend profiter de cette troisième lecture pour revenir à la version d’origine. Mais sous couvert de “progrès”, de quoi parle-t-on réellement ?

N’est-on pas d’accord pour dire qu’on ne souhaite à personne d’être orphelin ? Eh bien, le projet de loi bioéthique vise à étendre la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. En d’autres mots : priver des enfants volontairement de père. Si la loi passe, il faudra dire dans quinze ans à ces jeunes fabriqués par la science : ” Tu n’as pas de papa car il y a quinze ans une loi en a décidé ainsi.” On crée alors une injustice, voire une inégalité, parce que s’il y a bien une égalité au monde, c’est que nous sommes tous nés d’un père et d’une mère.

En outre, la PMA sans père mène directement vers la gestation pour autrui (GPA) dont l’abandon est le principe initial. En effet, une fois le droit à l’enfant accordé à toutes les femmes, au nom de l’égalité, les mêmes revendications viendront de la part des hommes. On tombe dans la marchandisation du corps des femmes et le commerce des ventres des mères porteuses. La suite, inévitable, est désastreuse, non seulement pour les droits des enfants, mais également pour la dignité du corps de la femme. Pendant la grossesse, la mère et l’enfant sont connectés par un ensemble de liens affectifs et sensoriels. Pendant neuf mois le bébé vit en harmonie avec elle. Comment peut-on en connaissance de cause arracher un enfant à sa maman après sa naissance et briser ce lien qui s’est établi entre le nouveau-né et cette dernière pendant neuf mois ?

Nombreux sont ceux pour la PMA sans père et qui s’opposent à la GPA ; mais il faut comprendre que si la première passe, la deuxième passera également, car elles sont intimement liées. Tout sera alors une question de temps pour que des esprits déjà si “ouverts” s’ouvrent encore plus. Mais cette machine idéologique constamment en quête de “progrès” peut être stoppée. C’est à ceux qui n’ouvrent pas leurs esprits, mais plutôt leurs cœurs, de se battre pour la famille et refuser le droit à l’enfant. Vouloir un enfant est un désir parfaitement légitime, mais ce dernier n’est pas un droit, et encore moins une marchandise que l’on achète ou que l’on loue.

Le gouvernement cherche à répondre aux désirs des minorités, qui pensent, à tort, représenter la voix majoritaire de la Nation (selon L’IFOP en 2019, “83 % des Français pensent que l’État doit garantir à l’enfant né par PMA le droit d’avoir un père et une mère“). Nous assistons depuis de longues années à une idéologie selon laquelle toute avancée des droits humains est un progrès, et cela au détriment de valeurs et institutions traditionnelles qui guident les hommes depuis la nuit des temps. Les politiques successives de François Hollande et Emmanuel Macron se sont toutes deux inscrites dans une perspective gauchiste “progressiste” qui divise les Français. Et c’est la famille qui en paye le prix, car le modèle familial et les repères traditionnels sont supprimés au profit d’un clientélisme non seulement politique et individualiste, mais également égoïste, qui cherche à répondre à des désirs d’adultes et met de côté les droits des plus vulnérables : les enfants.

Afonso Chaby

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Abbé Christian Venard, sur la procession attaquée par des antifas : « Si elle n’avait pas été catholique, on imagine déjà l’émotion nationale, voire internationale… »

abbé Christian Venard

Samedi dernier, une procession catholique à la mémoire des prêtres assassinés par les communards a fait l’objet d’une agression violente de la part de militants d’extrême gauche. Voici la réaction de l’abbé Christian Venard au micro de Boulevard Voltaire.

Samedi, environ 300 pèlerins parisiens ont répondu à l’appel du diocèse de Paris et ont processionné dans les rues vers l’Est parisien pour commémorer les prêtres assassinés durant la Commune. Cette procession a été très violemment attaquée par des manifestants d’extrême gauche qui eux commémoraient les communards, ceux qui avaient assassiné les prêtres pour lesquels les catholiques processionnaient. Que révèle cette agression gratuite ?

Il faut distinguer le fait en lui-même des antifa d’extrême gauche et une procession catholique au même plan politique que leur propre manifestation. Il y a une incompréhension formelle.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est l’absence de réaction et d’indignation de l’immense majorité de la classe politico-médiatique, à quelques exceptions près.

Je n’aime pas utiliser le mot deux poids deux mesures ou alors dans une manière descriptive. En effet, on peut constater que si cette procession n’avait pas été catholique, imaginons que c’était un moment de prière organisée par un autre culte, musulman ou israélite, on imagine déjà l’émotion nationale, voire internationale, qui se serait emparée du sujet.

L’important pour nous catholiques est de ne pas rentrer dans ce débat-là. C’est un piège puisqu’ils nous poussent vers des positions victimaires et communautaristes contre lesquelles notre propre religion se pose. Les premiers chrétiens qui ont perdu la vie au nom de leur foi sous l’Empire romain ne se posaient pas comme des victimes. Ils prenaient les risques jusqu’à donner leur vie.

Sans tomber dans la position de victimaire, il y a aussi un diagnostic à faire que l’Église catholique n’a pas encore fait. C’est un état des lieux clair et net. Nous observons des faits quotidiens comme des profanations, des incendies d’églises et des actes anti-chrétiens. On a l’impression que les catholiques eux-mêmes n’en ont pas encore vraiment pris conscience.

Ce qui me paraît intéressant c’est l’absence de réactions que ce soit de la part des catholiques, mais plus généralement de la société. Ce qui touche à la religion catholique n’est plus considéré comme un élément sacré pour notre société. Le mot sacré que j’emploie est de l’ordre du ciment social auquel on ne doit pas toucher. Je vous donne un exemple. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les sociétés occidentales ont considéré comme sacré tout ce qui touchait à la Shoah. Nous avions atteint le comble de l’horreur de ce que l’humanité pouvait faire. Collectivement, nous sentons bien que nous ne voulons pas que l’on touche à cet élément comme un élément sacré.

Ce qui m’interroge à travers l’absence de réaction de chanteurs, de politiques ou de journalistes à quelques exceptions près, c’est ce déplacement du sacré. De toute évidence, ce qui touche à la foi catholique n’est plus considéré comme sacré, alors que même dans le champ religieux, je pense notamment à nos frères dans la foi juive ou à ce qui touche à l’islam, on le considère encore comme quelque chose de sacré auquel on ne doit pas toucher. Cela devrait être une vraie interrogation pour les élus de la France. Comment a-t-on pu arriver, dans un pays qui a été totalement forgé par le christianisme, à une telle détestation de soi-même ? On en est arrivé à ne plus considérer comme sacré ce qui touche à le religion catholique.

Il n’y a pas de haine des catholiques en Occident, mais plutôt une haine de soi-même qui se déplace sur le catholicisme.

Pour la plupart de nos contemporains, ce n’est même pas une haine du catholicisme, mais le catholicisme est simplement sorti de leur champ de vision et n’est plus considéré comme un élément sacré, fédérateur de la société, alors que d’autres éléments le sont. Par exemple, un certain nombre de forces progrès voudraient mettre, dans ces éléments sacrés qui forgent la société, un prétendu droit à l‘avortement auquel on ne pourrait pas toucher. Nous catholiques, sommes-nous capables d’un minimum d’introspection ?

Le Pape François lui-même avait dit qu’il ne fallait pas considérer l’Église comme une certaine ONG parmi d’autres ONG. Le catholicisme français n’a-t-il pas, à certaines période,s trop voulu se montrer comme une espèce d’humanitarisme bien sympathique, mais dans lequel on gommait un peu les aspects typiquement sacrés. Ne trébuchons-nous pas parfois sur nos propres erreurs ?

Je comprends l’émoi des fidèles catholiques qui se sont retrouvés menacés de manière violente. De ce point de vue-là, le diocèse de Paris a une attitude plutôt intelligente. Plutôt que de rentrer dans une polémique que l’on peut comprendre, il essaie de rechercher un peu plus loin les raisons qui nous amènent à cela. C’est un signal d’alarme.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Youssoupha, chanteur officiel de l’équipe de France pour l’Euro 2021

Youssoupha

On se demandait (ou pas) qui pourrait bien être l’auteur de la chanson accompagnant, comme il est de tradition, bien ancrée quoique récente, l’équipe de France de football. Depuis la mort de Johnny, interprète de l’immortel « Tous ensemble » en 2002, on n’a pas vraiment gardé le souvenir de titres inoubliables. Tant mieux, d’ailleurs.

Or, voici qu’à l’approche de l’Euro 2021, les bonnes nouvelles se succèdent sans trêve. Hier, c’était l’annonce de la composition de l’équipe de France. Enfin ! On y retrouve le nom de Karim Benzema, jadis injustement placardisé. Cet excellent camarade, qui s’était fait connaître en ne chantant pas « La Marseillaise », en menaçant ses coéquipiers (voir l’affaire de la sextape de Valbuena) ou encore en déclarant qu’il n’était français que pour le football, était cependant admiré par certains pour ses performances sportives.

Comble de bonne fortune, on apprend désormais, et presque au même moment, que c’est le rappeur Youssoupha qui interprétera l’hymne officiel des Bleus pour l’Euro 2021. Un coup d’œil rapide sur les paroles d’« Écris mon nom en bleu », que l’on peut trouver un peu partout dans la presse, permet de mesurer l’apport décisif du spectacle vivant à la religion du sport. Un extrait, peut-être ? Puisque vous insistez. « Ça vient des campagnes et des quartiers, personne va s’écarter, le camp sera gardé. Chaque blase est lourd de sens. C’est jour de chance, mélange meilleur d’un goût d’ailleurs et d’un goût de France. » Référence aux quartiers, au métissage et au goût d’ailleurs qui passe avant le « goût de France », devenu un simple condiment : pas de doute, on est en terrain connu.

Originaire de la République démocratique du Congo, Youssoupha a grandi à Béziers, puis en région parisienne. Reconnu dans sa branche, il a accédé à la notoriété « grand public » en 2009 grâce au titre « À force de le dire », dans lequel on trouvait la phrase suivante : « À force de juger nos gueules, les gens le savent, qu’à la télé souvent les chroniqueurs diabolisent les banlieusards, chaque fois que ça pète on dit qu’c’est nous, j’mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d’Éric Zemmour. » Condamné en première instance, il avait trouvé, comme souvent les rappeurs, une justification filandreuse à ces propos insultants, justification dans laquelle, évidemment, il était question de second degré, de métaphores et de non-violence. Habitué de ce genre de distanciation artistique, Youssoupha est, par ailleurs, le fondateur du label musical Bomayé, qui signifie « tue-le », en lingala. Second degré, les amis. Restons calmes.

D’ailleurs, on aurait tort de réduire l’homme à cette sortie, un peu facile, contre un journaliste relativement clivant. Youssoupha, c’est aussi la chanson « Éternel recommencement », sur l’album À chaque frère (2007). 6 minutes 12 qui révèlent, selon ses exégètes, un talent auprès duquel Chateaubriand peut retourner jouer au beer-pong. Comme disaient Les Inconnus, on écoute et on en parle après ? Morceaux choisis : « J’mélange mes fantasmes et mes peines/Comme dans ce rêve où ma semence de Nègre fout en cloque cette chienne de Marine Le Pen » […] « Moi je m’en bats de la France d’en bas, je représente la France d’ailleurs » […] « Depuis le 21 avril, je sais que les Français sont des racistes conscients » […] « Ce qu’on nous enseigne me sidère/Car on oublie de nous dire que Napoléon était raciste et sanguinaire » […] « Le rap est en osmose avec son époque/Le message qu’il porte dérange les porcs qui lui ferment la porte. »

Bon, je crois que tout y est. Un engagement courageux et original contre le RN ; un petit mot gentil pour sa présidente, dans la tradition de l’amour courtois ; un clin d’œil complice à la France périphérique, qu’on appelait à l’époque « France d’en bas » ; de la gratitude pour l’Histoire de France, démontrant sa parfaite assimilation dans son pays d’accueil ; et, pour finir, une capacité de remise en question remarquable qui permet à l’auteur d’accueillir avec bienveillance d’éventuelles critiques.

Grand merci, donc, à Youssoupha, qui incarne la France de 2021 dans ce qu’elle a de meilleur.


Arnaud Florac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

L’entrisme de l’islam en entreprise s’est considérablement accru, en 2020

islam entreprise

De septembre à fin décembre 2020, l’Institut Montaigne a réalisé une grande enquête sur le fait religieux dans l’entreprise, via un « questionnaire en ligne auprès d’un échantillon représentatif d’environ 25.000 cadres et managers exerçant leur activité en France, complété par des enquêtes de terrain ».

Sans grande surprise pour ceux qui regardent la réalité en face, il apparaît que les comportements rigoristes et les situations conflictuelles qui en découlent sont en forte hausse : +12 %, contre 8 % en 2019. Il apparaît surtout qu’ils sont très majoritairement le fait de salariés musulmans (à 73 %), généralement jeunes (moins de 40 ans) et peu qualifiés. Globalement, il s’agit du refus de travailler avec une femme, de la remise en cause de la hiérarchie, du refus d’effectuer certaines tâches ou bien encore la tentative d’imposer une pratique religieuse au travail (pauses pour la prière, ablutions, menus spéciaux, etc.).

Selon le « baromètre » issu de cette enquête, il ressort que « globalement, deux tiers des entreprises, soit 66,5 % des répondants (encadrants), disent rencontrer “régulièrement (31,3 %) ou occasionnellement (35,2 %)” le fait religieux au travail en 2020 ». Les entreprises de plus de 1.000 salariés sont les plus touchées (43 %) mais les comportements diffusent également dans les PME : 12 % dans celles de moins de 50 salariés. Quant aux secteurs les plus touchés, il s’agit d’abord du transport, suivi de la logistique, du BTP et de la grande distribution.

Le Figaro de ce jour est allé à la rencontre de dirigeants confrontés au problème : la plupart « tentent de prendre la main sur l’expression du fait religieux sur le lieu de travail », autrement dit de le contourner. Exemple significatif avec le patron d’une entreprise d’insertion spécialisée dans le recyclage et la propreté. « Il y a vingt ans, j’avais des positions très claires et radicales sur la laïcité. Maintenant, je prône l’accommodement raisonnable », dit-il. Ainsi, « face à des toilettes régulièrement inondées par des flaques d’eau, Éric Challan-Belval a dû dépasser sa surprise et comprendre que ces désagréments étaient liés aux ablutions pratiquées par des salariés. Le patron étant prêt aux concessions, il va installer des toilettes à la turque et des douchettes. »

Les forums musulmans en ligne sont très sollicités par les questions telles que « Quelle place donner à sa religion au travail ? Peut-on prier ? Porter le voile ? » Depuis l’affaire de la crèche Baby Loup, les entreprises ont commencé à se presser au cabinet de Michael Amado, avocat au barreau de Paris, nous dit-on. Elles sollicitent ses conseils car, depuis l’arrêt de la Cour de cassation, déclarant en 2013 que le licenciement de la salariée voilée était « discriminatoire » et, donc, « nul », « les demandes concernant la place du fait religieux en entreprise ont augmenté ».

Si des entreprises comme la RATP ou la SNCF ont édicté des chartes et guides de conduite pour leurs salariés, les entreprises privées n’ont pas, elles, les mêmes capacités de contrôle. Elles cherchent donc des solutions de contournement. De ce fait, « les interlocuteurs joints par Le Figaro reconnaissent que cette volonté de contrôle peut se traduire par de la discrimination à l’embauche envers les musulmans (ou candidats perçus comme tel), ce qui est illégal ». Pas de loup dans la bergerie…

Dans son livre Le Tabou de l’entrisme islamique en entreprise, Adel Paul Boulad estime qu’« il existe, chez quelque dix pour cent des salariés musulmans, une volonté manifeste d’adapter le lieu de travail aux pratiques religieuses ». « C’est un tabou global dans la société, mais aussi au niveau de l’entreprise pour les managers », dit-il.

Il serait peut-être temps, alors, d’affronter le réel ?

Marie Delarue

Texte repris du site Boulevard Voltaire

Général Jean-Luc Favier : « Cette nouvelle tribune de militaires répond à ce qui a été interprété et ressenti comme un profond mépris ! »

Une deuxième tribune de militaires lue plus d’un million de fois et signée par 2.000 militaires « d’active » est parue. Soutenue par des des centaines de milliers de citoyens.

Analyse et décryptage par le général de division (2S) Jean-Luc Favier qui répond aux questions de Boulevard Voltaire.

Il y a quelques semaines, plusieurs dizaines d’officiers supérieurs à la retraite ont publié une tribune dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles appelant à plus d’honneur en politique. Ces militaires feront, a priori, l’objet de sanctions de la part du chef d’état-major des armées. Quinze jours plus tard, plus de 2.000 officiers d’active ont signé anonymement une tribune de soutien à leurs aînés signataires de la première tribune. Qu’est-ce que cela révèle de l’état de l’armée vis-à-vis du pouvoir ?

Cela révèle une interrogation profonde de la part de beaucoup de militaires. Je suis un jeune retraité et je reste en contact avec beaucoup de jeunes qui sont sur le terrain. Je suis frappé de leur désarroi et de leur recherche de sens. Ils sont complètement déboussolés. Les militaires s’engagent librement au service de leur patrie et acceptent librement l’hypothèse de pouvoir y laisser leur peau.
La question centrale qui se pose et qui fait l’objet du titre de l’ouvrage du signataire de la première tribune, le général de Richoufftz, est « Pour qui meurt-on ? »
Cette question reste d’actualité. Pour qui meurt-on ? Pourquoi se bat-on ? Que doit-on défendre ?
On peut discuter sur la forme mais, le constat opéré, n’importe qui de bonne foi ne peut que le corroborer.

L’eurodéputé François-Xavier Bellamy a déclaré, hier, que plutôt que d’entendre le message, on s’en prenait au messager. On dit toujours que les militaires ont un devoir de réserve. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’armée est appelée « la grande muette ». Ces militaires ont-ils eu raison d’intervenir ou auraient-ils dû respecter leur devoir de réserve et se soumettre ou se démettre ?

Il faut se pencher sur les textes qui encadrent les droits et devoirs des militaires. Les militaires ont adhéré en toute connaissance de cause à un État. Je vais vous citer exactement l’article L4111-1 du Code de la défense : « L’état militaire exige en toute circonstance esprit de sacrifice, pouvant aller jusqu’au sacrifice suprême, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité. » Une fois que l’on a dit cela, on parle beaucoup du devoir de réserve.
Plus loin, l’article L4121-2 du Code de la défense précise que les opinions politiques ne peuvent être exprimées qu’en dehors du service avec les réserves exigées par l’état militaire. Par ailleurs, le statut des militaires a été réformé en 2005. Il est bien précisé que les militaires doivent se plier aux exigences des discipline, loyalisme et neutralité. Comme je le disais tout à l’heure, les limites associées au devoir de réserve ne sont pas nettement identifiées. En général, ce qui est souvent reproché, c’est de dépasser les limites imposées par le devoir de réserve. C’est flou et souvent subjectif.
Dans une tribune sortie ce matin, Alain Bauer dit de façon assez nette qu’il voit l’expression d’un puissant mouvement de consternation et d’exaspération. Cette réplique est la réponse indirecte à la façon dont cette première tribune répond à ce qui a été interprété et ressenti comme un profond mépris pour le fond et la teneur du message. En effet, je souscris à ce qu’a dit François-Xavier Bellamy. Le constat opéré est l’aboutissement d’une dégradation progressive. Au cours de ma carrière, j’ai vu les relations sociales se dégrader progressivement pour en arriver au terrible constat que les gens ne se supportent plus.

Il y a quelque chose de révélateur dans cette deuxième tribune. L’hebdomadaire qui a décidé de la publier a proposé aux gens de la signer. Hier soir, il y avait plus de 100.000 signataires et la tribune avait été lue plus d’un million de fois. Un sondage avait dit que 57 % des Français étaient d’accord avec la première tribune publiée. Ce qui est rassurant ou pas pour le pouvoir en place, c’est que l’initiative des militaires a été très majoritairement soutenue par la population. Le constat que dressent les militaires est a priori celui, aussi, de la majorité des Français…

Cela fait appel à des ressorts à la fois sociologiques et psychologiques. Le pays traverse une crise grave où les tensions se sont exacerbées et il y a des inquiétudes pour le lendemain. Cet accueil positif de cette initiative au sein de la population ne me surprend pas. Il y a réellement une France qui doute d’elle-même, qui a peur et qui perd ses repères.
Je voudrais revenir sur l’impact direct de cette initiative. Personnellement, je suis triste de voir la communauté militaire se déchirer à ce point. Vous avez ceux qui sont pour, ceux qui sont contre, ceux qui critiquent le fond, ceux qui critiquent la forme et ceux qui critiquent et le fond et la forme.
Il faut que les esprits se calment et en revenir à la raison. Il faut se mettre autour d’une table et discuter sur un constat. Si on est de bonne foi, on peut difficilement le contester. C’est l’aboutissement d’un long processus qui aboutit au terrible constat que nous faisons actuellement. Il ne se passe pas un jour sans faits divers tragiques.
Il y a eu des échanges d’insultes. Très franchement, je suis triste pour le chef d’état-major des armées qui est un officier remarquable et qui vaut mieux que l’image que l’on projette de lui. Il doit probablement traverser une période extrêmement difficile. Il faut que la raison l’emporte. On ne peut pas balayer d’un revers de main cette initiative uniquement pour des questions de forme. Le général d’armée et président de la Saint-Cyrienne, Bruno Dary, a conclu cette tribune par une citation de Saint-Exupéry. « Puisque je suis l’un d’eux, je ne renierai jamais les miens quoi qu’ils fassent […] Quoi que je pense alors sur eux, je ne servirai jamais de témoin à charge ! »

Tribune reprise de Boulevard Voltaire