Zemmour : le faire taire pour préserver le désordre ?, par Christian Vanneste

zemmour censure

On peut aimer ou non ce que dit Éric Zemmour. On peut le trouver courageux, voire génial, lorsqu’il s’évade allègrement du « politiquement correct » et exprime enfin ce que de nombreux Français souhaitent entendre. On peut admirer ses connaissances historiques et littéraires. Mais on peut aussi le trouver plus léger sur certains sujets, approximatif sur les chiffres. On peut, enfin, détester sa pensée. En revanche, le fait que tout soit mis en œuvre pour le faire taire est un signal inquiétant pour notre pays, le signe d’une dérive qui éloigne la France de la démocratie et, plus encore, de l’esprit français qui a précédé la démocratie.

Depuis bien longtemps, la liberté d’expression, le cheval de bataille de Voltaire, est assassinée, en France. Au XVIIIe siècle, c’était le combat de la liberté contre un certain ordre. Cette fois, on tue la liberté pour préserver le désordre, pour assurer le triomphe de notre décadence. Et les victimes de cette « terreur » intellectuelle et morale sont, paradoxalement, les conservateurs, ceux qui, comme la majorité des Français, souhaitent que la France demeure la France, sauvegarde sa culture et la transmette, assimile les étrangers qui viennent en France parce qu’ils l’aiment et désirent devenir français. Éric Zemmour est devenu le héros et le martyr de ce processus qui fait honte à notre pays.

L’extension regrettable des limites apportées à l’expression par les additions à la loi sur la liberté de la presse, ou par d’autres textes, dits « mémoriels », comme la loi Taubira sur l’esclavage, a permis d’enfermer le débat politique dans le risque pénal. La possibilité, pour des associations militantes, de jouer les commissaires politiques, de poursuivre les dissidents devant les tribunaux et d’obtenir leur condamnation grâce à la complaisance, voire à la connivence, de magistrats marqués idéologiquement ou soucieux d’obéir par carriérisme a totalement déséquilibré l’échange des opinions. Les pires stupidités sur l’islam, religion d’amour et de paix, sur le racisme systémique français ou sur les « genres » comme vérités des sexes ont permis à l’ignorance d’interdire la réflexion en accusant celle-ci de « phobie », islamophobie, homophobie, etc., c’est-à-dire de maladie mentale. L’URSS ne faisait pas autre chose à l’encontre de ses dissidents. Dieu merci, pour une fois, la CEDH veille puisque sa jurisprudence a établi que le débat démocratique pouvait justifier de dire des choses désagréables dès lors qu’il ne s’agit ni d’injures ni de diffamations. Néanmoins, les procès font mauvais effet, la pression s’accentue sur les médias, les annonceurs qui les nourrissent sont menacés et se montrent lâches. Les possibilités, pour un dissident, de s’exprimer peuvent aussi être réduites par la loi du marché.

Éric Zemmour a résisté aux vagues inquisitoriales. Il a survécu à des salves judiciaires et il a même joué du boomerang. Assenant certaines vérités à la limite de la provocation, il a gagné la bataille de la couverture médiatique : ses formules volontairement généralisatrices étaient des constats de faits réels dont le grossissement se voulait pédagogique. Elles ont fait mouche, et lorsque CNews lui a offert le remarquable plateau de « Face à l’info », animé par l’excellente Christine Kelly, il a fait un tabac. C’était une leçon pour Ruquier et France 2, d’« On n’est pas couché » ou pour Yves Calvi sur RTL. Récemment, Zemmour avait gagné un procès en appel. Mais c’est alors que le CSA, une autorité administrative fort peu indépendante, est venue porter l’estocade : Zemmour, qui n’est pour l’instant ni élu ni candidat, fait de la politique et il faut décompter son temps de parole. Le coup a atteint sa cible : CNews doit renoncer à Zemmour ! Comme si les Salamé, les Ruquier, les Duhamel, les Domenach, les Calvi, les Aphatie, les Fogiel, etc., ne faisaient pas de la politique, une politique qui explique ce qu’ils disent et pourquoi ils sont là.

On peut être d’accord ou non avec Zemmour, on peut souhaiter ou non qu’il soit candidat à la présidence de la République : on n’a pas le droit de le faire taire !

Christian Vanneste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Attentats du 13 novembre 2015 – Régis de Castelnau : “le danger de ce procès c’est qu’il offre une tribune aux terroristes. Ils en profitent et c’est insupportable”

Attentats du 13-Novembre – Alexandre Del Valle : « J’espère que ce procès reviendra sur les manquements de nos dirigeants de l’époque »

Alors que le procès des attentats du Bataclan a débuté ce mercredi, le politologue Alexandre del Valle s’exprime au micro de Boulevard Voltaire.

La France va juger les personnes ayant participé de près ou de loin aux attentats du 13 novembre 2015 qui ont coûté la vie à 130 personnes. Un procès sous haute tension et hors normes en termes de nombre de participants. Qu’attendez-vous de ce procès ?

Nous attendons d’en apprendre un peu plus sur les réseaux, les fonctionnements, les motivations et sur les différentes cellules pour pouvoir anticiper les prochaines fois. Ce qui est certain, c’est que la justice est très lente. Deux pays européens sont impliqués, la plupart sont des Belgo-Marocains, il y a également un Tunisien et deux clandestins, dont un arrivant de Syrie. Il y a donc des personnes de différentes nationalités ou ayant des doubles nationalités sur au moins deux pays européens et quatre ou cinq pays au niveau mondial.

Il y a un immense gâchis : peut-être que ces attentats auraient pu être évités si nous avions collaboré, à l’époque, beaucoup plus étroitement avec le régime syrien, sans forcément cautionner, bien sûr, la dictature et le profil de Bachar el-Assad. Un certain nombre des personnes qui vont être jugées, parce qu’ils sont là ou par contumace, figuraient sur une liste remise par les services syriens au ministère de l’Intérieur, sous François Hollande. Or, on n’en avait pas tenu compte car, jusqu’à l’arrivée de Macron, on refusait toute collaboration avec les méchants Syriens. Cela nous a fait perdre beaucoup d’énergie

Par idéologie, on a négligé une menace. Est-ce une complicité passive de l’État ?

C’est plus complexe qu’une complicité. Je l’avais écrit dans Les Vrais Ennemis de l’Occident : à l’époque, sous Hollande, on était au summum de la diplomatie moraliste. Les deux méchants étaient la Syrie et la Russie. Tout était bon pour renverser le pouvoir de Bachar el-Assad, y compris parler des rebelles au lieu de les désigner comme islamistes qu’ils étaient et qui étaient pires que le régime, car liés aux Frères musulmans, au Qatar, et à la Turquie d’Erdoğan et même à Al-Qaïda qui est aussi dangereux, en Syrie, que Daech.

Le Président Hollande lui-même, comme de nombreux démocrates occidentaux, appelait à renverser Bachar el-Assad. Certains, comme les néoconservateurs ou démocrates américains, voulaient intervenir militairement. L’ensemble de l’Occident, excepté l’Espagne, voulait éradiquer un régime dictatorial accusé d’être trop proche de la Russie. Cela aurait permis à l’OTAN de gagner du terrain en Méditerranée et de faire perdre à la Russie le seul accès qu’elle a à la Méditerranée.

Imaginez les islamistes français ou ceux qui étaient tentés d’aller en Syrie. Ainsi, l’imam de Lunel a dit : « Comment voulez-vous nous demander d’empêcher les jeunes de partir en Syrie puisque les pays occidentaux et le Président Hollande disent que Bachar est une ordure qu’il faut dégager ? » Cela a créé un climat de légitimation du djihad contre Bachar et cela a contribué au phénomène.

Il a donc été difficile de collaborer avec les services syriens. Quoi qu’on pense du régime syrien, ce pays était l’épicentre de l’organisation État islamique et d’Al-Qaïda à partir duquel étaient organisés les attentats et formés ceux qui sont venus mitrailler nos jeunes sur les terrasses et au Bataclan. Il aurait donc été obligatoire que les États occidentaux collaborent un minimum avec les interlocuteurs sécuritaires du pays. On n’a pas voulu les écouter, c’est gravissime.

J’espère que ce procès reviendra sur les manquements de nos dirigeants de l’époque.

La deuxième leçon que l’on tire est que l’Europe n’est pas du tout efficace. Les membres du commando du Bataclan se sont enfuis, ils ont été contrôlés par la police du nord de la France, ils étaient déjà condamnés plusieurs fois par la justice et on avait des informations, en Belgique, au sujet de leur radicalisation. La Belgique avait transmis les condamnations pour faits de délinquance, mais rien sur leur radicalisation islamiste. C’est pareil pour la police grecque qui aurait pu arrêter un des membres du commando du Bataclan. Or, elle n’a pas eu les informations de la part de la Belgique. La Belgique a une énorme responsabilité, dans cette histoire. Il n’y a pas eu de collaboration entre les polices de plusieurs États européens qui arrivent à collaborer pour nous empêcher d’aller au ski ou pour des passes sanitaires européens ! Ils ne sont pas arrivés à collaborer au sujet des radicalisés fichés.

C’est donc plus particulièrement le procès des administrations de l’Europe et de la Belgique ?

C’est le procès d’un manquement des administrations européennes qui collaborent sur beaucoup de bêtises et retirent la souveraineté aux États sur des choses inutiles. Et sur la seule chose qui devrait être un domaine de coopération réelle, ils ne sont pas efficaces.

Par ailleurs, il y a aussi un échec énorme de la bureaucratie française. Il y avait la BRI, le RAID, la gendarmerie, les gardes mobiles. Les forces de police et de gendarmerie pouvaient intervenir et elles ont eu l’ordre de ne pas intervenir. Certains ont eu l’ordre de faire demi-tour pour revenir ensuite deux heures plus tard. Il y a eu un couac administratif, une rivalité entre les polices, entre la police et la gendarmerie, entre des ministres. Il y a eu énormément de manquements. J’espère que ce sera aussi le procès des incohérences, des lenteurs administratives et du manque de coopération entre différents corps de police.

Je n’accuse pas la police, c’est de la faute des politiques.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le passe sanitaire : première des quatre étapes du futur système de contrôle numérique ?

qr code

Plusieurs nouvelles technologies apparemment indépendantes vont converger pour déboucher sur un système de contrôle qui modifiera profondément le quotidien des citoyens. Quatre étapes sont attendues. En voici une présentation rapide.

Étape 1 : le passeport sanitaire, dont le QR code téléchargeable sur téléphone est la représentation numérique. Tout individu est ainsi en mesure de prouver son statut vaccinal. Sans cela, il est à craindre que les portes de la vie moderne lui soient closes. Le sujet est suffisamment actuel et connu pour ne pas s’y étendre.

Étape 2 : le dispositif d’identification numérique universel. Des entreprises comme Thalès y travaillent depuis plusieurs années avec les gouvernements. Il fonctionnera avec le passeport sanitaire numérique pour ne faire qu’un. En deux mots, il s’agit de pouvoir prouver son identité de façon dématérialisée (sans carte d’identité). À l’aide de son portable dans un premier temps et grâce à une puce sous-cutanée un peu plus tard (c’est déjà en phase de test dans deux États africains).

Les certificats papier étant facilement falsifiables, toute personne pourra ainsi prouver qu’elle est vaccinée et qu’elle est bien la personne qu’elle prétend être.

Un consortium nommé Alliance ID2020 a été chargé de dérouler rapidement le processus. Il regroupe notamment Accenture, Microsoft, la fondation Rockefeller, MasterCard, IBM, MIT Safe Paths et GAVI Global Alliance for Vaccines de Bill Gates.

Étape 3 : la nouvelle monnaie numérique sur laquelle les banques centrales ont beaucoup travaillé (le digital wallet). Selon Christine Lagarde, l’euro numérique est déjà à l’étude et son lancement est prévu pour 2026. Fondé sur la technologie blockchain, il permettra de rendre tous les flux monétaires parfaitement traçables et contrôlables. Il sera ainsi possible de désactiver très facilement le compte d’un individu que les autorités suspecteraient d’activités illicites.

Nous le voyons, l’objectif est de créer une identité numérique complète, mixant des données sanitaires (vaccinales), civiles et bancaires infalsifiables.

Étape 4 : le passeport Internet. Ce dispositif constituera la dernière étape du système de contrôle numérique. Si la circulation sur la Toile est, aujourd’hui, libre pour tout le monde, elle ne le sera probablement plus puisqu’il est envisagé de créer une sorte de permis de conduire virtuel qui nous sera accordé sous réserve d’un examen périodique de notre activité en ligne.

D’aucuns pourraient y voir un outil destiné à éliminer toutes les voix dissidentes d’Internet. Il est vrai que dans la société hyper-numérisée qui s’en vient, être privé d’Internet signifiera une mise au ban de la société.

Pas d’inquiétude, cependant, puisque ce « Great Reset » qu’on nous prépare avec l’aimable collaboration de Big Pharma, Big Data et Big Tech n’a pas d‘autre vocation à encadrer nos vies afin de les rendre plus sûres, plus commodes, plus vertes, moins inégales et plus inclusives…

Rappelons-nous ce qu’avait écrit le fondateur du Forum de Davos, Klaus Schwab, dans un livre publié début 2016 : « La 4e révolution industrielle conduira à une fusion de nos identités physique, biologique et numérique. »

Grâce à la peur opportunément engendrée, le Covid-19 fut alors l’occasion de précipiter le processus en obtenant des peuples leur consentement.

Me Marc Amblard

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Marion Maréchal : « Nous assistons à un glissement vers une forme d’ “autoritarisme doux” exercé par un Etat qui voudrait faire notre bien malgré nous »

Marion Maréchal

Passe sanitaire, fracture de la société française, numérisation des données, complotisme, dictature, immigration, élection présidentielle… Marion Maréchal répond aux questions de Boulevard Voltaire en exclusivité !

La société française est plus fracturée que jamais. On fait beaucoup d’analogies entre les gilets jaunes et les opposants au passe sanitaire. Est-ce le cas et que révèle-t-elle ?

Tout ne se recoupe pas parfaitement sur le plan territorial ou sociologique, mais à la manière des gilets jaunes, ce qui s’exprime ici est une profonde défiance nourrie par des mois, voire des années de mensonges.

Il est probable que ces mobilisations aient pour origine commune une perte de confiance profonde vis-à-vis des institutions et des autorités quelles qu’elles soient. Depuis longtemps, déjà (et pas toujours sans raison !), les élus sont considérés comme des traîtres, les journalistes comme des menteurs, les professeurs comme les acteurs de l’effondrement de l’école et les magistrats comme des laxistes. L’une des rares autorités à faire encore consensus, jusque-là, était le monde médical et scientifique. Cette confiance a explosé en vol avec la crise du Covid, les scientifiques et médecins ayant révélé au grand jour de vives oppositions entre eux, des contradictions dans les analyses, des revirements ou encore des liens d’intérêt douteux avec des laboratoires pharmaceutiques qui remettent en cause l’impartialité de leurs positions. Un vrai traumatisme au pays de Descartes.

Cette crise de confiance contribue à freiner l’adhésion tant aux restrictions qu’à la vaccination. Elle pousse également au doute, à la remise en cause du discours officiel et médiatique, à la recherche d’informations alternatives, le tout encouragé par le foisonnement d’informations disponibles sur Internet.

Vous voulez parler des « complotistes » ?

Cette posture vis-à-vis de l’autorité crée une véritable différence entre des citoyens qui suivent les injonctions gouvernementales sans se poser de question et ceux qui les remettent en cause par principe, ces derniers étant volontiers qualifiés, en effet, de « complotistes » dans la presse et dans la bouche des ministres.

Attardons-nous un peu sur ce terme. Toute l’histoire de la politique n’est qu’une lutte permanente entre le bien commun, l’intérêt général et des intérêts privés. Parfois, le bien commun gagne et parfois les intérêts d’argent et de pouvoir l’emportent au détriment du collectif. Cette injustice est souvent le moteur qui conduit beaucoup d’entre nous à nous engager dans les élections. Il n’y a rien de « complotiste » à imaginer que les décisions prises par les gouvernements ne soient pas toujours animées par la recherche de l’intérêt général. Il est, au contraire, tout à fait réaliste qu’elles puissent être parfois influencées par des calculs politiciens, des logiques de réseaux, des puissances privées, des lobbys d’argent, quelquefois à l’insu même des gouvernants qui se laissent intoxiquer par des informations partiales ou partielles.

Il est donc sain que le citoyen passe la décision publique à la moulinette de son esprit critique, d’autant plus quand celle-ci s’est révélée maintes fois incohérente, comme c’est le cas depuis de nombreux mois, en France.

J’ai récemment lu l’article d’un auteur roumain, Radu Portocală, écrivain et journaliste exilé de son pays par le pouvoir communiste roumain, en 1977, qui faisait un parallèle entre certains mécanismes actuels et ceux à l’œuvre au sein de l’URSS. J’aime autant vous citer directement l’extrait : « La différence est minime avec le monde soviétique, où la vérité était édictée par le Parti – sans, pour autant, qu’elle fût constante : les intérêts politiques pouvaient, à tout moment, la faire changer. Les gens vivaient donc sous l’empire de la vérité du moment. Nul n’avait le droit de s’en abattre ni de la contester, sous peine de graves persécutions. Nul, non plus, ne pouvait demander pourquoi ce qui avait été vrai la veille cessait de l’être le lendemain. Ou pourquoi énoncer une chose tenue pour vraie une semaine plus tôt, mais tombée en désuétude depuis, faisait courir un risque insensé. Il fallait, sans arrêt, se tenir au courant des fluctuations de la vérité».

Le propagandiste était l’équivalent de l’actuel vérificateur de vérité. Lui seul savait ce qu’il fallait croire à chaque moment. Celui qui contredisait ses propos ou, simplement, les nuançait tombait dans la catégorie pénale des « lanceurs de fausses rumeurs », devenait un « rumoriste ». Des peines de prison étaient prévues pour ces imprudents.

Nous n’en sommes pas encore là. Ou, plutôt, nous n’y sommes pas de la même manière. Pour l’instant charitables, les progressistes se contentent de fustiger les complotistes, de les exposer à l’opprobre général et de les censurer, quand leurs devanciers, plus expéditifs, envoyaient en prison les rumoristes, ancêtres involontaires de nos complotistes. Cela viendra peut-être.

« Dictature », « autoritarisme », ce sont les mots qui reviennent le plus souvent pour qualifier la mise en place de ce passe sanitaire. Pensez-vous qu’ils traduisent une réalité ?

Je pense, en effet, que nous assistons à un glissement vers une forme d’« autoritarisme doux » exercé par un État qui voudrait faire notre bien malgré nous, y compris par la contrainte s’il le juge nécessaire. Un État qui voudrait nous garder en bonne santé à tout prix, même si cela implique de restreindre nos libertés fondamentales sans notre consentement. Je trouve cette dérive très inquiétante.

Il y a à peine quelques années, tout le monde était horrifié par la mise en place du crédit social chinois. Ce système qui attribue des points à chaque citoyen en fonction de ses bonnes ou mauvaises actions – un retard de paiement d’impôt entrant dans cette catégorie, notamment – et qui leur interdit certaines activités en fonction de leur crédit, par exemple de prendre l’avion.

Selon moi, il n’y a pas de véritable différence de nature entre le crédit social chinois et le passe sanitaire, simplement une différence de degrés. Certains diront que j’exagère, mais la logique n’est pas très éloignée. Vous êtes un bon citoyen vacciné, alors vous avez le droit à une vie normale. Vous êtes un mauvais citoyen non vacciné, eh bien, vous serez privé de sport, de culture, de vie sociale au bar ou au restaurant et vous serez suspendu de votre emploi sans indemnités. Certains me rétorqueront que l’État français fait cela pour notre bien et la santé de tous ; le gouvernement chinois justifie aussi sa politique pour le bien du pays.

Certains voient dans cette numérisation de la société et ce laissez-passer sanitaire sous forme de QR code les prémices de la mise en place d’une identité numérique qui, à moyen terme, fusionnerait les différentes données bancaires, fiscales, sociales, de santé, professionnelles, permis de conduire, etc., de chaque personne et donnerait accès à différents services gouvernementaux. Des données dont disposent déjà l’État mais qui, une fois, pourraient potentiellement permettre à l’État de sanctionner un individu en le privant d’accès aux autres services. Par exemple, une amende impayée pourrait entraîner le blocage de votre carte bancaire.

Dans certaines régions des États-Unis, le déploiement des identités numériques est déjà en cours. La Floride lance le permis de conduire numérique et le Queensland, en Australie, a mis à l’essai une licence numérique de l’État. Cette année, l’Union européenne a fait un pas vers un projet d’identité numérique pour l’ensemble des citoyens, résidents et entreprises européennes, avec un objectif de 80 % en 2030. Cette ID permettrait, via le téléphone, d’avoir accès à de nombreux services gouvernementaux et de justifier l’identité des individus. Si cela facilitera certainement les démarches, il faudra être extrêmement vigilant à l’usage qui en sera fait, vu la piste glissante dans laquelle nous sommes engagés. Chacun se souvient quand nos gouvernants proclamaient que jamais ils ne mettraient en place le passe pour les activités du quotidien. Or, nous y sommes.

Chaque citoyen doit avoir conscience des dangers que peut engendrer cette numérisation de la société. Cela implique d’avoir des exigences très fortes sur le plan de la souveraineté numérique, du cadre juridique et technique de protection des données et je dirais même de la moralité des gouvernants. En Afghanistan, une base de données biométriques, HIIDE, développée par les Américains, ainsi que les dizaines de milliers de caméras installées à cette fin sur le territoire sont aujourd’hui dans les mains des talibans. Tout cela pour dire que des technologies formidables tombées entre de mauvaises mains pourraient, demain, être le fossoyeur de nos libertés démocratiques si nous n’y prenons garde.

Alors certes, contrairement à une dictature, les opposants politiques et les journalistes dissidents ne sont pas jetés en prison, mais l’autocensure et la peur de la mise au ban social suffisent souvent à faire taire les voix dissidentes. Le bannissement des opinions politiquement incorrectes sur les réseaux sociaux fait le reste.

De même, il n’y a pas de « propagande officielle » proprement dite, dont la dénonciation entraînerait une condamnation, mais il y a néanmoins les prémices d’une vérité médicale d’État. Alors que le débat sanitaire a toujours été libre dans la société civile et la médecine indépendante, pour la première fois, l’État a établi une interdiction de prescrire un médicament pourtant autorisé. C’est le gouvernement qui décide de la liste (très limitée) des contre-indications au vaccin et non plus les médecins qui sont pourtant à même d’évaluer les risques courus par leurs patients au cas par cas. Les médecins qui émettent une opinion divergente sur la vaccination ou décident de soigner leurs patients atteints du Covid avec autre chose que Doliprane™ sont rappelés à l’ordre, voire interdit d’exercer par l’Ordre des médecins.

Or, la plupart de ces médecins n’ont fait que poser une réflexion médicale sur le fait que l’injonction du « Faites-vous vacciner pour protéger les autres » est infondée, tout simplement parce que les vaccinés contaminent autant ou presque, comme l’affirme, par exemple, le CDC, l’agence de santé publique américaine. Ce qui rend, de fait, la justification du passe sanitaire caduque.

Comment expliquer que, malgré l’existence de contre-pouvoirs (les deux chambres, le Conseil d’État, le Conseil constitutionnel…), rien ne semble pouvoir contredire l’action de ce gouvernement ?

La peur est un puissant anesthésiant politique. Sous la présidence d’Emmanuel Macron, l’exercice du pouvoir a été particulièrement solitaire. Cette situation politique doit nous conduire à interroger non seulement le fonctionnement de nos institutions, excessivement centrées autour de la présidence, mais aussi nos modes de scrutin. Nous vivons, aujourd’hui, dans un système de démocratie non représentative, de manière évidente, encore amplifié par l’abstention massive qui tend à devenir chronique. Le Conseil constitutionnel est un organe dont la composition est excessivement politique, cette situation ne peut que nuire à l’impartialité de cette juridiction suprême. Or, il est indéniable que le passe sanitaire, obligation vaccinale déguisée, viole non seulement plusieurs dispositions de notre droit, de notre Constitution mais aussi du droit international.

Cette crise de confiance entre le politique et le citoyen peut-elle être résorbée par l’élection présidentielle à venir ?

Malheureusement, je crains que l’élection ne se joue pas sur les sujets essentiels, elle sera verrouillée autour de la question du Covid et du passe sanitaire. Le Premier ministre semble déjà vouloir prolonger le passe sanitaire après le 15 novembre. Chose invraisemblable : le gouvernement n’a donné aucune indication sur les conditions de sa levée ! L’état d’urgence qui devait durer trois mois dure depuis près d’un an et demi et suspend le fonctionnement normal de notre démocratie. L’immigration, sujet vital, l’Union européenne et la souveraineté, l’indépendance industrielle et militaire, même les réformes économiques resteront au second plan. Bref, on va sacrifier la discussion autour de l’avenir de la France, qui doit être le grand débat de chaque élection présidentielle, au profit d’une discussion cadenassée et hystérisée autour de l’actualité sanitaire.

Voyez-vous une dynamique, un espoir quelconque se dessiner autour de n’importe lequel des candidats ou du camp que représentent les uns et les autres ?

Ce qui est certain c’est que tous les candidats auront un immense défi : réussir à reconstruire un fait majoritaire dans un pays socialement, territorialement, culturellement, ethniquement et maintenant sanitairement fracturé. Une démocratie fonctionne sur la constitution d’une majorité. Or, la construction de cette majorité implique que le système soit adossé à un peuple possédant suffisamment de principes, références, attentes, expériences partagées pour pouvoir dégager un consensus. C’est, manifestement, de moins en moins le cas, en France, du fait des clivages métropole-périphérie, du fossé générationnel, de l’immigration, de l’écart de revenus, de la disparition d’une religion commune, du phénomène de l’individualisme consumériste, etc. La facilité restera donc de faire de la politique catégorielle par l’addition des groupes d’électeurs en les flattant sur leurs intérêts immédiats, comme le fait très bien Emmanuel Macron. Mais les intérêts catégoriels, les clientèles électorales, ça ne fait pas un peuple. Le véritable chef d’État sera celui capable de sortir de cette logique mortifère pour rassembler vers un horizon commun.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Se vacciner pour protéger les autres, c’est fini !

Martin Blachier,

On les aura donc insultés, traités d’égoïstes, de négationnistes suicidaires, méprisés, sermonnés, licenciés, évincés des salles de classe ou des lieux de culture pour rien. Depuis des mois, le matraquage bourre les crânes de sa formule pseudo-altruiste « se vacciner, c’est protéger les autres », à la télé, à la radio, dans les journaux, dans la rue, en classe, en famille, au cinéma ou au bureau. Personne n’aura échappé à ce mantra appris par cœur et répété à son voisin. Le pape François l’aura enjolivé en parlant d’acte d’amour et de participation au bien commun.

On aurait presque commencé à culpabiliser, à se demander si, comme tout le monde, il ne faudrait pas finir par y passer, que sans la piqûre, on ne pourrait plus vivre en société, tels des parias.

À quelques jours de la rentrée, on commençait à refaire peser la pression de la vaccination sur les plus jeunes dès douze ans et pourquoi pas trois ou même bébé ? Mais, enfin, les langues commencent à se délier et le temps donner un peu de recul. La bombe vient de tomber et nous vient de Martin Blachier, cet épidémiologiste star des plateaux télé toujours prompt à militer pour la vaccination obligatoire. Il y a deux mois, il affirmait, sur CNews : « Vous devez vous faire vacciner pour les autres […] S’il y a une petite vague épidémique en septembre ou octobre, ces gens que vous fustigez feront refermer le pays et ils y arriveront. »

Et ce mercredi, volte-face, il reconnaît que « l’immunité collective dont on nous parle est quasiment inatteignable » et, maigre consolation sur la « vie de merde » qu’on nous avait promise, « vacciner les gens pour protéger les autres, c’est fini ». Martin Blachier ne devrait pas tarder à être rappelé à l’ordre, puisqu’il contredit le fameux mantra.

Ce gouvernement aura définitivement faux sur toute la ligne. Ce qui était inédit, outre le fait qu’on ne devrait pas vacciner en pleine épidémie, c’était la vaccination pour les autres, mais le vaccin n’empêche pas la transmission. Et l’on recommence à évoquer la fameuse balance bénéfice/risque individuelle… Jean-Michel Blanquer osera-t-il encore évincer des classes les élèves non vaccinés ? Les soignants seront-ils encore accusés de contaminer leurs patients ? Vraisemblablement. Mais alors que, chaque jour, le passe sanitaire témoigne de son inutilité voire de sa dangerosité, il devient définitivement caduc. Il faudra faire le dos rond jusqu’au quinze novembre à coups de cotons-tiges dans le nez, mais le maintenir au-delà de cette date sans aucune justification sanitaire s’avérerait encore plus totalitaire.

Iris Bridier

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Les talibans, le « wokisme » et Idriss Sihamedi

Idriss Sihamedi

Idriss Sihamedi, le président de feu BarakaCity, association humanitaire d’obédience salafiste, dont le premier souvenir obscurantiste était d’indiquer de refuser de serrer la main aux femmes, affichant corrélativement son refus de condamner l’État islamique lors d’une interview accordée à Ali Baddou dans son émission « Le Supplément », a remis au goût du jour son attachement immuable à l’idéologie des talibans, devenus maîtres de l’Afghanistan depuis quelques jours.

Le président afghan a, en effet, déserté sa fonction présidentielle vers les Émirats arabes unis, le dimanche 15 août au soir. Consécutivement à cette inclinaison politique, les rebelles islamistes n’ont pas hésité à diffuser au monde entier, et avec fierté, leur conquête mortifère assiégeant le palais présidentiel.

Le monde occidental regarde depuis lors, la larme à l’œil et le cœur serré, des dizaines d’années de guerre et d’impuissance politique. Les messages de soutien de tous bords et du monde entier affluent, particulièrement en direction des femmes qui étaient parvenues à conquérir jusque-là davantage de liberté civique. Indéfectiblement, la conquête des talibans est unanimement réprouvée. Ou presque…

Idriss Sihamedi, ex-président de BarakaCity, n’a en effet pas caché sa félicité exprimée dans son tweet du 15 août 2021 : « Qu’Allah descende sur le peuple afghan les plus belles richesses, les plus beaux hôpitaux, plus belles écoles et le plus bel avenir que le pays n’a jamais pu rêver. » (sic)

Ce tweet ubuesque se réjouit donc de ce que l’Histoire retiendra : les talibans qui s’apprêtent à mettre en place leur agenda fondamentaliste avec, pour axiomes, le placement sous tutelle des femmes, le meurtre en place publique des homosexuels, la lapidation des femmes adultères ou encore l’interdiction de l’éducation aux filles de plus de douze ans.
Idriss Sihamedi avalise donc la condamnation des femmes à vivre à perpétuité sous la férule des hommes les plus violents et rétrogrades, de pair avec cette idéologie : soubassement théorique du passage à l’acte terroriste.

Pourtant, lorsque son association, jugée incompatible avec les principes de la République, avait été dissoute, le 28 octobre 2020, des militants de gauche l’avaient ardemment soutenu en pointant, selon l’usage rhétorique habituel, « l’islamophobie du gouvernement ». Tous les paradigmes et concepts du « wokisme » étaient scandés sur les réseaux sociaux : discrimination raciale, norme hétéro-patriarcale, hétéro-nationalisme, privilège blanc, racisme systémique et islamophobie d’État.

Ces adeptes de la « déconstruction » ont ainsi rendu manifestes les accointances entre des lubies idéologiques importées des campus radicaux américains et le projet identitaire et politique des islamistes qui menacent notre identité collective.

La gauche woke, Les Insoumis qui ne le sont que par leur nom, les idiots utiles, n’ont donc pas hésité à pactiser avec l’obscurantisme le plus vil.

Et ce petit monde de peu de dignité, qui apporte son soutien aux communautaristes et aux ennemis de la France en manifestant, par exemple, à leurs côtés lors de la marche honteuse du 10 novembre 2019 contre l’islamophobie, a trouvé excessive et discriminante la dissolution de BarakaCity et du CCIF (Comité contre l’islamophobie en France), laboratoires islamistes qui, eux, n’ont jamais retenu leurs manœuvres attentatoires contre l’identité de la France et les valeurs de la République.

Voilà une preuve, si besoin était, parmi des milliers d’autres en France, que les relais des talibans ont toujours été parmi nous et continuent de frelater de façon réticulaire notre identité, nos valeurs, notre mode de vie.

Ce qui importe est l’enracinement, le choix et l’acte de faire de la France son pays. Notre liberté n’est pas l’expression de la reproduction de traits grégaires et archaïques.
Désastreusement, ces agents d’aliénation culturelle, prestidigitateurs devant nos consciences endormies, se muent également en agents de dissensions civilisationnelles…

Sabrina Medjebeur

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Fabrice Di Vizio : “Raoult, Louis Fouché, la chasse aux sorcières bat son plein !”

Fabrice Di Vizio

23/08/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Entretien avec Fabrice Di Vizio qui répond sans filtre aux accusations d’opportunisme et à la polémique lancée dans L’Express, mais évoque aussi son rôle dans la crise, la situation politique, le recours devant le Conseil d’Etat, la vaccination des militaires et les pressions exercées sur les soignants.


Les bons covidistes, ou ces nouveaux citoyens altruistes

masques covidistes

Depuis le début de la crise du Covid-19, en observant l’évolution du discours politique, sanitaire et médiatique ainsi que son impact sur la population, le phénomène qui m’interpelle le plus est ce que je qualifierais comme étant le renversement des notions d’altruisme et de citoyenneté.

Avant mars 2020, le Français moyen n’est pas particulièrement altruiste. En tout cas, il ne se définit pas comme tel. L’argent qu’il gagne lui sert à consommer et le temps dont il dispose lui permet de « profiter ». Ce Français-là n’oriente pas les gestes de son quotidien pour servir directement son prochain et plus largement le bien commun ou l’intérêt collectif. Il n’est pas engagé dans des associations pour les pauvres, les sans-abri ou les personnes fragiles.

De fait, avant mars 2020, l’engagement social et humain, au sens d’un engagement réel de temps et d’énergie, reste l’apanage d’une gauche empathique ainsi que celui des communautés chrétiennes. En bref, l’altruisme n’intéresse pas vraiment le Français moyen.

Mais à partir de mars 2020, tout bascule et le renversement s’opère. En effet, par une subtile pirouette politique et médiatique, ce Français moyen se transforme subitement en parangon d’altruisme et s’érige, en quelques semaines, en véritable protecteur et garant de la vie d’autrui. Ainsi, ceux qui ne faisaient rien pour les autres jusqu’à présent continuent à ne rien faire mais deviennent, par état de fait, les nouvelles figures de l’altruisme post-Covid.

De mon point de vue, le meilleur slogan gouvernemental, véritable symbole de cette révolution, est le célèbre « Je reste chez moi, je sauve des vies ». C’est-à-dire que je me constitue en sauveur des autres par mon inaction et par mon absence de prise de risque. Ainsi, ma conscience reste intacte, m’assure-t-on, et je peux ainsi légitimement continuer à me concentrer entièrement sur mon plaisir et ma consommation.

Pire encore, le nouvel altruiste fait un pas de plus lorsque ce dernier se découvre subitement une profonde empathie pour autrui. C’est pourquoi il signe, désormais, l’ensemble de ses mails professionnels ou administratifs par ce « Prenez soin de vous » tout à fait impersonnel mais démontrant, par ces quatre mots transposables à loisir, sa profonde considération toute neuve pour la santé d’autrui. Empathie véritable découverte sur le tard ? Ou simple conformisme à cette nouvelle citoyenneté sanitaire ?

En effet, le rapport à la citoyenneté s’est lui aussi complètement renversé en quelques mois. Le citoyen, avec ses droits et ses devoirs, acteur libre et critique de la vie sociale et politique de la cité, est désormais devenu une personne dont le degré de citoyenneté se mesure par sa capacité d’application et de respect des directives sanitaires. Ainsi, le Français qui respecte les gestes barrières, les règles du confinement, le port du masque, les horaires du couvre-feu, et qui n’a pas mangé à plus de six à table à Noël, ce Français-là se voit décerner le prix du citoyen modèle. Mieux encore, s’il est vacciné, il devient un des fers de lance du combat acharné contre « la » Covid-19, faisant de lui la fierté de la République sanitaire française.

Peu importe si ce Français fait partie des 70 % d’abstentionnistes des élections régionales et départementales de juin 2021. Malheureusement, l’enjeu de la citoyenneté n’est plus là et le bon citoyen n’est plus celui qui vote et paie ses impôts mais celui qui applaudit les soignants à 20 heures. Il montre l’exemple en portant fidèlement son masque à l’extérieur, effectue le bon nombre de doses de vaccin, garde activée son application « TousAntiCovid » et présente fièrement son passe sanitaire valide. Si son voisin fait un écart, il préviendra les forces de l’ordre qui agiront en conséquence contre ce mauvais citoyen de la République sanitaire française.

En conclusion, dans ces nouvelles notions d’altruisme et de citoyenneté, il y a bel et bien un renversement. L’altruisme est passé d’une définition active par la prise de risque à une définition passive par le paraître. Et la citoyenneté, quant à elle, n’est plus une participation incarnée à la vie de la cité, elle est devenue la simple quantification d’un niveau d’adhésion à la doxa politico-sanitaire actuelle.

Jean de Chastel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Assassinat du prêtre Olivier Maire – Philippe de Villiers : « La presse française, les élites et nos autorités ont toutes partie liée pour détruire notre pays ! »

Philippe de Villiers

Philippe de Villiers a réagi à l’assassinat du prêtre Olivier Maire, qu’il connaissait personnellement en osant une comparaison entre la liberté menacée de ceux qui refusent le passe sanitaire et celle dont jouissent les incendiaires de cathédrale. Des propos qui font polémique.

Il s’en explique au micro de Boulevard Voltaire.

Vous connaissiez personnellement le Père Olivier Marie ?

Oui je le connaissais personnellement. Je l’ai rencontré et je l’ai entendu prêcher. Je connaissais également beaucoup de ses proches qui m’ont confirmé ce que l’on pouvait concevoir par la seule intuition : c’était un prêtre dans l’humilité oblative.

Marianne ou Libération vous ont reproché de faire un rapprochement malheureux entre le passe sanitaire et ce dramatique assassinat. Que leur répondez-vous ?

Le lien entre les deux, c’est la question de la liberté. D’un côté dans la même journée le pouvoir en place impose une entrave à la liberté d’aller et venir avec le passe sanitaire, comme si les Français étaient suspects d’être des malades ambulants, comme si la France était devenu un asile. Et pendant ce temps-là on découvre qu’on a laissé en liberté un dangereux individu qui avait déjà incendié la cathédrale de Nantes. À la suite de son forfait, il n’a pas été enfermé, ou si peu… Il a été remis en liberté et était sous contrôle judiciaire.

On a l’impression dans notre pauvre pays que les innocents sont tracés et contrôlés pendant qu’on laisse aller ceux qui sont en train de nous détruire. En effet, l’idéologie qui surplombe l’état régalien qui ne l’est plus est celle du laxisme et du migrationnisme. Cela est intouchable.

Je me moque de ce que peuvent dire les journaux, ce que je sais, c’est que le bon sens populaire impose cette comparaison macabre.

Si vous refusez d’être vacciné, vous risquez d’aller en prison. En effet, si on est le patron d’une entreprise, à la troisième reprise on est menacé de prison.

Marianne vous accuse sur ce point précis en disant que l’on ne peut pas aller en prison…

C’est le texte même ! Un entrepreneur qui ne contrôle pas le passe sanitaire dans son entreprise et ne licencie pas ses employés sans passe sanitaire terminera en prison.

Vous refusez d’être vacciné, vous risquez les pires ennuis, au prix de votre liberté. En revanche, si vous incendiez une cathédrale de 600 ans, vous êtes en liberté et vous n’êtes pas renvoyé dans votre pays, alors que vous êtes illégal, clandestin, Rwandais.

Ce que j’ai voulu dire et qu’il y a deux poids deux mesures. Si les journaux s’insurgent contre un tel propos de bon sens, cela signifie que la presse française, les élites et nos autorités ont toutes partie liée pour détruire notre pays.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Bertrand Burgalat : « J’ai toujours essayé de faire des choses utiles… »

Bertrand Burgalat

Producteur, musicien, compositeur, arrangeur et chanteur, Bertrand Burgalat a travaillé à près de 200 disques. Il a notamment composé pour Marc Lavoine. Au cinéma, il a signé les musiques de films de Valérie Lemercier et Eva Ionesco. Il a aussi publié onze album sous son nom. Le dernier, Rêve capital, vient de paraître.
À cette occasion, il a bien voulu donner un entretien à notre ami Nicolas Gauthier.

Avec Rêve capital, vous paraissez continuer votre petit bonhomme de chemin : un peu comme si chaque album venait achever l’autre tout en ouvrant la route au prochain. Ça vous gêne, si l’on vous dit que tout cela finit par ressembler à une œuvre ?

Je ne suis pas blasé, et très sensible aux compliments comme aux critiques, surtout si l’un ou l’autre sont fondés. Cela me fait très plaisir, bien sûr. Disons qu’il doit y avoir une sorte de cohérence, même si ces albums ont rarement été conçus dans le confort.

En une période où tant d’artistes multiplient les références sans jamais véritablement les assumer, ou alors de manière plus que pesante, votre honnêteté semble désarmante en la matière. En musique comme en écriture, sommes-nous donc condamnés à marcher dans les pas des anciens ? Bref, le passé aurait-il encore de l’avenir ?

La peur du passé et la hantise de l’admiration sont les meilleurs vecteurs du passéisme. Si notre époque, et pas uniquement en musique, nous donne parfois l’impression de tourner en rond ou de ressasser, en moins bien, ce qui nous a précédés, c’est justement parce qu’il est rare, aujourd’hui, que les influences véritables soient revendiquées. Mes souvenirs scolaires sont très lointains mais je me rappelle que chaque fois que je regardais par-dessus l’épaule d’un camarade de classe, le résultat était pitoyable car je ne parvenais pas à me libérer de mes emprunts. Les méthodes de la publicité, le « mood board », les musiques de référence ont été appliqués à la musique de film et à beaucoup d’activités créatives, il devient difficile de faire apprécier quelque chose qui ne soit pas la version reconditionnée de quelque chose que nous connaissons déjà et qui nous rassure.

Certains de vos confrères ont parfois la démonstration pesante quand ils évoquent les misères de notre monde. Vous n’avez rien d’un chanteur engagé, mais dans vos deux précédents albums, Toutes directions et, une fois encore, Les choses qu’on ne peut dire à personne, vous évoquez, avec « Très grand tourisme » et « Diagonale du vide« , la froideur de l’urbanisme contemporain et la déshumanisation de nos paysages. Seriez-vous « engagé » à votre façon ?

D’abord, j’ai du mal à me considérer comme un chanteur, dans la mesure où je cherche avant tout à faire exister des chansons. Que ce soit moi qui les interprète est secondaire. Ensuite, si je ne suis pas « engagé », ce n’est pas par calcul ou par prudence mais parce que, pour moi, une chanson doit nous permettre d’exprimer ce qu’on ne peut pas dire autrement. Si on peut le faire dans une conversation, une lettre, une tribune ou un tract, alors autant le faire comme ça. Avoir une activité artistique ne confère pas à mes opinions une valeur supérieure. De plus, en tant que responsable d’un label, je suis entouré de personnes qui ont leurs propres opinions, et cela me paraît important de les respecter, ainsi que celles des personnes qui m’écoutent. J’ai toujours essayé de faire des choses utiles, à 58 ans je n’ai pas renoncé à l’engagement collectif, l’action me semble plus intéressante que la posture ou l’indignation. En revanche, une chanson peut décrire son époque et dire des choses fortes, et il me semble que moins elles sont exprimées avec lourdeur, plus elles peuvent être tranchantes.

En plus de votre label Tricatel, qui vient de fêter ses vingt-cinq ans, vous dirigez l’association Diabète et Méchant ainsi que le Syndicat national de l’édition phonographique. Ça vous laisse encore du temps pour la musique ?

J’ai la chance de faire des choses qui me passionnent, et on peut en faire beaucoup en 24 heures si on ne perd pas trop de temps en réunion, dans les mondanités ou des déplacements frénétiques. Il y a un peu plus de deux ans, j’ai arrêté de faire des concerts, faute d’intérêt de la part des organisateurs. Comme pas mal d’autres difficultés que j’ai pu rencontrer, cela m’a finalement rendu service (lorsque les salles ont fermé avec le Covid, j’avais déjà fait une croix sur la scène) et cela me laisse un peu plus de temps pour d’autres activités.

Rectifiez-nous en cas d’erreur, mais Tricatel est l’une des dernières maisons de disques à être dirigées par un musicien, telle Barclay autrefois dirigée par Eddie Barclay, le pianiste de talent qu’on sait. Est-ce que cela peut encore faire la différence, en cette époque où le monde artistique est désormais sous la coupe de comptables ; lesquels ne savent d’ailleurs pas toujours compter ?

Barclay n’était pas dirigé que par un musicien. J’ai eu la chance de rencontrer, il y a longtemps, Gerhard Lehner, l’ingénieur en chef des studios Barclay à la grande époque, celle de Léo Ferré, Jacques Brel, Quincy Jones. Il m’avait expliqué le rôle de Nicole Barclay, sa deuxième épouse. C’est elle qui avait eu toutes les grandes intuitions, le microsillon, le magnétophone multipiste, ce que m’avait également confirmé Henri Salvador… Le fait d’être un musicien peut être une faiblesse, dans la mesure où j’ai une perception très affective de la musique. Si je suis emballé par quelqu’un ou un projet, je ne me demande jamais si cela va cadrer avec les attentes du marché. C’est sûrement une erreur car, comme pour le cinéma de l’âge d’or d’Hollywood, les grands disques n’ont pas toujours été produits par des romantiques : les frères Ertegun, Jacques Wolfsohn, Berry Gordy Jr. voulaient réussir, ils ne parlaient pas de « biens culturels » ou ce genre de langage pompeux, pourtant ils ont engendré des musiques merveilleuses…

Certes, mais les géants que vous évoquez, à défaut d’être musiciens, étaient des passionnés de musique. Ça fait peut-être la différence avec ceux d’aujourd’hui ?

C’était des passionnés de musique, mais pas nécessairement de celle qu’ils sortaient : Barclay, Jacques Wolfsohn étaient des fous de jazz, ça leur donnait une certaine distance et une forme de lucidité par rapport à la mode du moment. Il y a beaucoup de choses qui expliquent que la musique populaire d’aujourd’hui n’est pas la même que celle d’hier, tout particulièrement en France : le rôle des radios FM, de la télévision, l’indifférence et l’inattention amplifiées par les réseaux sociaux (beaucoup de tubes actuels répètent les trois accords d’« outro » d’un tube d’avant). Le bon côté, c’est que cette culture dominante, avec tout ce qu’elle peut avoir de pesant, va automatiquement susciter une contre-culture, et je vois de plus en plus de jeunes musiciens, souvent venus du classique ou du jazz, créer des morceaux sophistiqués en rupture avec la norme. Louis Cole en est un bon exemple, écoutez son Grains of Sand c’est très beau.

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Restrictions sanitaires : nouveaux codes d’une nouvelle société

Depuis un an et demi, l’épidémie de Covid-19 est le prétexte à l’instauration de mesures liberticides. Au nom d’un droit biaisé à la santé, le système juridique français s’est enrichi, de manière soi-disant temporaire, de mesures de contrainte à l’égard de la population. L’état d’urgence sanitaire, créé pour répondre efficacement et ponctuellement à une épidémie inconnue, s’ancre dans la durée, au point que les Français s’en accommodent.

Déjà prolongé à trois reprises par le Parlement, cet état de crise, censé être par essence provisoire, risque fort de ne jamais disparaître. De ce fait, les mesures restrictives, justifiées par leur nécessité pour lutter contre la propagation du virus et leur limitation dans le temps, seront pérennisées.

Les antécédents en termes de normalisation d’un régime extraordinaire justifient la méfiance. À la suite des attentats islamistes meurtriers de 2015, le Président François Hollande avait décrété l’état d’urgence sécuritaire pour pouvoir combattre le terrorisme. Ce régime donnait aux forces de l’ordre des pouvoirs exorbitants en matière de droit pénal et de droit de la sécurité intérieure. S’il a été abrogé au bout de deux ans, après plusieurs renouvellements, ses mesures phares ont été inscrites durablement dans le droit positif. On pense, notamment, aux fermetures administratives de lieux de culte, aux mesures administratives de contrôle ou aux visites domiciliaires. Cet acte a été posé par l’exécutif et le législateur en dépit des atteintes importantes que les mesures causaient aux libertés individuelles. Le magistrat Denis Salas parlait, alors, d’une « transposition tout à fait claire de l’état d’urgence dans le droit commun ».

Si nos dirigeants prennent soin de traiter de complotistes ou d’idiots les lanceurs d’alerte, ils laissent clairement paraître leur volonté de faire durer les restrictions qui entravent notre vie depuis des mois. Renaud Muselier, président de la région PACA, en donne un bel exemple en affirmant, dans un tweet, préparer le financement d’appareils de vérification du passe sanitaire pour le mois d’octobre. En théorie, le passe sanitaire doit disparaître avec la fin de l’état d’urgence sanitaire le… 31 octobre. Même peu soigneux de l’argent des autres qui leur est confié, il paraît douteux que des élus payent des machines qui ne seront utilisées que quelques semaines.

Si la communication gouvernementale a longtemps exploité le mirage du jour d’après pour obtenir la docilité du peuple, elle s’oriente désormais vers le fatalisme face au virus. Celui-ci nous obligerait à accepter un nouveau système juridique et social où l’entrave serait la norme. La troisième dose de vaccin annoncée par Macron suscite, elle aussi, des questions légitimes quant à la mise en place de doses de rappel régulières et la pérennisation du passe.

Le lien de confiance est rompu entre un gouvernement menteur et un peuple désabusé. Depuis longtemps, rapidement après le début de la crise sanitaire, la gestion de l’épidémie tourne le dos au bon sens. Le progressisme sanitaire de Macron et Véran promet une société de contrôle. Une nouvelle fois, nos libertés risquent d’être entravées de manière définitive pour des motifs irrationnels et par la faute de l’incompétence de nos gouvernants à gérer correctement une situation de crise.

Confinement, passe sanitaire, isolement et restrictions multiples s’installent dans nos vies. Amèrement, on se souvient des mots – terribles avec le recul – de notre Président : « Nous devons apprendre à vivre avec le virus. » Par opportunisme et conviction, ce chantre de la start-up nation ne risque pas de nous rendre notre vie d’avant.

Gustave Fardas

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Jean Messiha : « Les GAFAM, c’est un outil, mais aussi une idéologie »

Jean Messiha

Tandis que son compte Twitter est suspendu, Jean Messiha dénonce cette logique de harcèlement et de censure de plus en plus pesante. Il appelle à une nouvelle jurisprudence concernant les réseaux sociaux. « Seule la loi permet d’interdire à quelqu’un de dire ou pas quelque chose. »

Pourquoi votre compte Twitter a-t-il été suspendu ?

J’ai reçu un certain nombre de messages contradictoires de Twitter dans lesquels ils me reprochent de diffuser soi-disant des fausses informations sur le Covid. Puis ils mentionnent un tweet où je dénonce le comportement criminel de certains migrants. Donc je n’ai pas très bien compris. J’ai fait appel de cette décision, pour l’instant elle n’a pas été examinée. J’ai déjà eu maille à partir avec l’oiseau bleu à plusieurs reprises. Mon compte avait toujours été rétabli. La dernière fois j’ai été suspendu pour neuf jours et face au tollé provoqué et au fait que ce n’était pas justifié, mon compte a été rétabli en moins de 48 heures. J’espère que cette censure n’en est pas une. Elle résulte de la mobilisation de certains comptes malveillants qui font sauter le mien pour un oui ou pour un non.

Comment expliquez-vous la censure que l’on remarque sur les réseaux sociaux ?

Derrière cette censure, il y a l’idéologie des patrons qui gèrent les plates-formes, ce sont les mêmes qui gèrent les GAFAM dont Twitter fait partie. Les GAFAM sont à la fois un outil et une idéologie gaucho-progressiste. Par conséquent, à travers ce prisme idéologique, une censure s’exerce à l’endroit de toutes les voies qui peuvent écorner cette vision gaucho-progressiste du monde sur de nombreux sujets, à commencer par celui de l’immigration. Lorsque j’ai eu maille à partir avec Twitter, c’était toujours sur le sujet d’immigration. Je n’ai jamais incité à la haine, je prends mille et une précautions pour ne pas faire d’amalgame et ne pas stigmatiser une catégorie. Je parle toujours de certaines immigrations, je dis toujours « des migrants » et non pas « les migrants » car ils ne sont pas tous comme ça. Mais Le simple fait de critiquer de quelque façon que ce soit, certaines immigrations ou certains migrants, ils vous censurent, comme s’il n’était plus possible de parler d’immigration sauf pour en dire du bien. Je ne suis pas d’accord avec cela et je continuerai à dire les choses telles qu’elles sont : il y a de bonnes immigration et de mauvaises immigrations. Quand certains migrants s’illustrent par des actes héroïques, je le souligne, mais lorsque vous en avez qui se livrent à des crimes, à des délits ou à des agressions sur notre territoire, il n’y a aucune raison de le taire. Ce n’est pas qu’une succession de faits divers, c’est un phénomène.

Pensez-vous que des plates-formes secondaires comme Signal ou Telegram par exemple puissent garantir une meilleure liberté d’expression sur Internet ?

À ce jour ma page Facebook est sur le point d’être dépubliée, mon compte TikTok est également censuré, je ne sais pas pourquoi car je n’ai rien publié de condamnable, et même le compte de l’institut Apollon sur lequel nous publions des choses factuelles subit lui aussi une censure. Ce n’est pas du hasard, cela relève d’une logique de harcèlement de ceux qui pensent mal ou qui pensent contre le système. Il y a une censure à l’œuvre.

Ces réseaux sociaux sont devenus un outil politique, public. Il faut faire en sorte que les réseaux sociaux ne soient plus de l’ordre de la gestion privée car ils permettent une expression publique. Leur gestion doit relever de la loi. Seule la loi et la justice peuvent interdire à quelqu’un de dire ou pas quelque chose. Il n’appartient pas aux plates-formes privées de vous censurer.

Sur les plates-formes alternatives, le ton y est plus libre mais c’est un peu un entre-soi où l’on retrouve tous ceux qui ne peuvent s’exprimer librement sur les autres réseaux sociaux. Or un réseau social est aussi un outil de communication qui permet « d’évangéliser » des publics éloignés des positions politiques qui sont les nôtres. Avoir un réseau où tous les bords politiques sont représentés favorise une certaine émulation intellectuelle et une qualité du dialogue qui doit rester pluraliste, dans le respect de toutes les convictions politiques des uns et des autres, dans le cadre défini par la loi.

Mais les grands réseaux sociaux sont des entreprises privées…

Oui, mais à partir du moment où on admet l’idée que la communication politique et la santé démocratique dépendent aussi de la vitalité et de la pluralité des réseaux sociaux, on voit bien que ces entreprises sont exorbitantes du droit commun.

On ne peut pas traiter les entreprises Facebook et Twitter, sur lesquelles s’expriment des milliards de personnes au niveau mondial, comme le vendeur de yaourts du coin qui lui aussi est une entreprise. Cela va au-delà de la notion d’entreprise. Ce sont des réseaux qui structurent la démocratie, la liberté d’opinion et d’expression. À partir de là, c’est exorbitant du droit commun, la législation doit donc s’appliquer à ces réseaux sociaux et à terme il faut les transformer en biens publics. Leur contenu doit relever de la loi. Les suites juridiques qui vont être réservées à cette censure – comme le fait le président Trump contre Twitter et Facebook – vont peut-être accoucher d’une jurisprudence qui modifiera l’environnement et le cadre législatif dans lequel ces réseaux sociaux exercent leur activité.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Alors, dictature ou totalitarisme ?, par Christian Vanneste

Macron dictature

Dictature ? Totalitarisme ? Les opposants à l’obligation vaccinale déguisée en interdictions, discriminations et sanctions soumises à la possession d’un passeport sanitaire ont souvent affaibli leur position par l’emploi de termes excessifs aux yeux de la majorité des médias et, donc, de l’opinion publique. Toutefois, la mobilisation contre les mesures jugées liberticides semble s’amplifier et se durcir. La raison ne s’en trouve pas dans l’irresponsabilité et l’ignorance des réfractaires mais bien dans la dérive d’un pouvoir qui n’est peut-être ni une dictature ni, encore moins, un totalitarisme, mais qui connaît une dérive de la démocratie vers de tels régimes.

La conjonction du quinquennat et de l’élection d’un personnage atypique a permis la dérive dictatoriale. L’élection des députés dans la foulée de celle du Président a anéanti ce qui restait de la séparation entre les pouvoirs exécutif et législatif. Néanmoins, jusqu’en 2017, les députés avaient encore une existence propre. Souvent élus et réélus dans leurs fiefs où ils détenaient un mandat local, ils étaient pour beaucoup issus du même parti que le Président dont ils étaient les pairs plutôt que les commis. En 2017, c’est un nouveau venu qui a remporté l’Élysée et qui a été doté par une majorité relative de Français d’une majorité de députés appartenant au parti qu’il venait de créer. Ces hommes et femmes, socialistes assurant leur survie, opportunistes de « droite » sauvant leur carrière et miraculés de la société civile, lui doivent tout.

L’Assemblée est devenue une caisse enregistreuse. Lorsque le compte n’y est pas, faute de présence, et qu’un amendement passe contre l’avis du gouvernement, on vote à nouveau et le garde-à-vous est rétabli. Le Sénat sauve l’honneur, mais tout le reste et perdu, puisqu’en dernier ressort, c’est l’Assemblée et son montreur de marionnettes à l’Élysée qui décident ! La personnalité particulière de ce dernier accentue le phénomène : parvenu trop vite au pouvoir, sans expérience, notamment celle des échecs indispensables pour mûrir, Narcisse, roi, ne peut cacher son mépris pour les autres et ne réagit qu’en niant ses fautes, en noyant la contestation sous ses discours et, enfin, en faisant donner la garde.

L’épisode du Covid a vérifié le diagnostic. Une série de fautes a été niée avec entêtement. La pandémie avait touché un quart des Français au mois d’avril dernier. 110.000 en sont morts. L’écart des deux chiffres et le fait que les décès ont frappé essentiellement des personnes très âgées et atteintes de comorbidités montrent à l’évidence qu’il ne s’agit pas de la peste mais d’une maladie à laquelle l’immense majorité résiste par ses propres moyens.

De là à penser que le grossissement du danger, l’amplification et la réanimation périodique de la peur ne sont pas tout à fait innocents mais procèdent d’une volonté délibérée d’utiliser le virus à des fins politiques, il n’y a qu’un pas. Le Président a retrouvé la maîtrise des horloges : c’est lui qui décide des ouvertures et des fermetures, des libertés et des interdits, et qui le fait pour le bien de tous qu’il est seul à connaître. Le troupeau, entrevoyant au bout du tunnel « covidien » les vertes prairies de l’alpage, applaudit en l’occurrence plus la prairie que le berger, mais sans vraiment percevoir sous quel régime il est en train de passer.

La tendance dictatoriale est donc évidente, et le fait qu’elle soit approuvée n’y change rien. En revanche, peut-on parler de totalitarisme ? Dans la gestion de la terreur virale, comme dans celle de l’angoisse climatique, il y a un élément qui, lui, devrait éveiller nos craintes : le triomphe de la pensée unique, certifiée par la science. Ceux qui nient le réchauffement climatique, ceux qui doutent du vaccin, ceux qui pensent qu’il y a d’autres solutions, ceux qui rappellent l’inviolabilité constitutionnelle des corps, ceux qui défendent la liberté contre la contrainte même apparemment bienfaisante doivent se taire ! Le pouvoir parle le langage de la science qui est la seule voie. Jusqu’à présent, les totalitarismes reposaient sur des idéologies qui soumettaient la science au risque de la ralentir et voici que le rêve saint-simonien d’un gouvernement de la science advient. C’est en cela que se niche le risque totalitaire : il n’y a pas de démocratie sans pluralisme. Mais rappelons aussi, avec Popper, que la science elle-même repose sur le doute et la contestation, et qu’en cela, la démocratie est davantage son alliée que son ennemie.

Christian Vanneste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Baisse des expulsions, accélération de l’immigration : que fait Macron ?

macron pass sanitaire

Moins de liberté pour les Français, plus de liberté pour les immigrés clandestins : telle semble être la devise d’Emmanuel Macron. La crise sanitaire a des conséquences paradoxales : des mesures de plus en plus contraignantes à l’égard de nos compatriotes, mais une indulgence coupable à l’égard des étrangers en situation irrégulière.

Le Figaro, s’appuyant sur un rapport de la CIMADE et d’autres associations d’aide aux migrants, souligne que, durant cette année de Covid, les placement en rétention d’illégaux en vue de les renvoyer dans leur pays d’origine ont été divisés par deux.

Au mois de juin, Macron a bien demandé aux ministres concernés « d’activer de manière volontariste les dispositifs en vigueur » pour les expulsions, laissant, selon son habitude, retomber sur ses subalternes la responsabilité des défaillances de sa politique ; mais force est de constater, selon les chiffres de la CIMADE, que, pour l’année 2020, sur la seule Métropole, les enfermements sont passés de 24.149 à 13.011 (-46 %). Comme le rapporte Le Figaro, « jamais il n’y a eu autant d’illégaux en France et jamais les expulsions n’ont été aussi faibless ».

L’opposition LR, qui fait, un peu tardivement, de l’immigration son cheval de bataille, s’inquiète et redoute qu’après ce ralentissement des expulsions, la machine ne reste grippée – à supposer que le gouvernement veuille vraiment la relancer. La droite, qui a longtemps été au pouvoir sans agir efficacement, n’est sans doute pas la mieux placée pour tirer la sonnette d’alarme, mais la situation qu’elle dénonce, à la suite du Rassemblement national et de quelques personnalités lucides, n’en est pas moins réelle.

Un paradoxe manifeste entre discours et passage à l’acte

Guillaume Larrivé, député de l’Yonne, estime le nombre de clandestins à « plus d’un demi-million ». Il rappelle que « les procédures d’éloignement ne sont toujours pas à la hauteur de l’explosion de l’immigration illégale ». Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration sous le mandat de Nicolas Sarkozy, va encore plus loin. Il estime que « ces chiffres de la rétention sont en trompe-l’œil et ne doivent pas masquer une réalité : le ralentissement du Covid entraînera l’accélération des migrations ». L’habitude devenant une seconde nature, le laxisme produira un appel d’air pour la venue de nouveaux clandestins.

Selon François-Noël Buffet, président de la commission des lois du Sénat, « le problème reste la très grande faiblesse des réadmissions et donc de l’accord des pays d’origine pour accueillir leurs ressortissants ». Il avait proposé de conditionner l’octroi de visas par la France à l’obtention de laissez-passer consulaires et d’inscrire cette disposition dans la loi, mais le gouvernement s’y est opposé. Comme le conclut l’article du Figaro dans un euphémisme, il y a un « hiatus » entre « la fermeté affichée par les autorités et la réalité de la politique migratoire française ».

Cette politique migratoire est à l’image du chef de l’État : quand un sujet le gêne, il est apparemment ferme dans ses déclarations, mais fluctuant, tiède, voire pleutre dans ses actes. Il n’a pas la volonté de s’attaquer à ce problème, qui contrevient à sa vision multiculturaliste du monde. Il considère la France comme un simple espace économique, ne croit ni à sa culture ni à ses racines judéo-chrétiennes. Il n’a cure de l’identité de la France, de sa survie même, si ce n’est en période électorale. L’immigration n’est pour Macron un problème que si elle peut nuire à sa réélection.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le sans-papiers sera mieux traité que le sans-vaccin, par Christian Vanneste

vaccin soignant

Lorsqu’un pouvoir érige la vaccination comme seule solution pour circonscrire la pandémie, épargner un certain nombre de victimes et, surtout, retrouver « la vie normale » avec l’hédonisme inscrit au cœur de notre civilisation actuelle, il use d’un argument efficace. Quand il brandit « en même temps » les peines qui frapperaient les récalcitrants au passeport sanitaire prouvant la vaccination, les amendes énormes que risqueraient les commerçants, les privations et discriminations qui toucheraient les non-vaccinés – les « sans-vaccin », en somme, comme on dit les « sans-papiers » -, il ne faut pas s’étonner que la majorité se précipite vers les centres de vaccination.

En face, les appels à la résistance ponctués de termes souvent excessifs, de comparaisons saugrenues, et parfois aussi d’actes irréfléchis, comme le saccage d’un centre de vaccination à Lans-en-Vercors, sont aussitôt qualifiés d’extrémistes, complotistes, conspirationnistes, totalement inconscients. Les statistiques affichées par le gouvernement indiquent que 96 % des personnes infectées récemment ne sont pas vaccinées : ces chiffres associés à l’idée d’une vie plus facile par l’obtention d’un passeport sanitaire grâce au vaccin pèsent plus lourd que la défense d’une liberté plus abstraite.

Cette bataille de la résistance à la vaccination semble perdue, à moins d’une censure de la loi par le gouvernement des juges. Cette défaite risque de masquer des déboires bien plus considérables. D’abord, ce qui se passe dans notre pays correspond au phénomène décrit par La Boétie, la servitude volontaire. Appliqué à notre époque, ce concept indique qu’un régime non démocratique bénéficie toujours de la complicité de ceux qui le subissent. « Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres », disait La Boétie. Mais libres de quoi, répondront en chœur les Homo festivus d’aujourd’hui. C’est pourquoi il convient d’élargir le front du combat, de ne pas le limiter au champ de ce virus qui, quelle que soit sa dangerosité réelle, a surtout été une excellente occasion, pour une idéologie, de rétablir sa domination, et même de l’accentuer.

Le Président élu en 2017 va évidemment tenter de maintenir la peur obsessionnelle renouvelée par les variants jusqu’à l’élection présidentielle. Son implication dans ce qu’il avait qualifié de guerre sera son argument de campagne décisif. Quand un pays subit un fléau, celui qui aura paru l’en protéger apparaîtra comme le sauveur. C’est pourquoi, plutôt que de se mobiliser sur le vaccin, il est essentiel de faire le bilan global d’un mandat présidentiel calamiteux : la gestion de la crise sanitaire a été une suite d’échecs, de mensonges, de contradictions et décisions biscornues. Les frontières laissées ouvertes, les masques inutiles, parce qu’inexistants, puis obligatoires sous peine d’amendes, les tests insuffisants, l’absence de vaccin français, la pesanteur des confinements et des couvre-feux, la discrimination des lieux et des personnes, au détriment des commerçants indépendants, de la culture et du tourisme, le tout accompagné de sanctions absurdes, constituent un réquisitoire que le succès de la vaccination ne saurait annuler.

L’état d’urgence permanent, la multiplication des contrôles et leur cible, à savoir la population globalement conformiste, auraient un objectif de dressage du peuple après la mésaventure des gilets jaunes que l’on ne s’y serait pas pris autrement. D’ailleurs, il est paradoxal qu’un pouvoir dont l’idéologie prétend lutter contre les discriminations que subissent des minorités en introduit au sein même de la majorité. Le « sans-vaccin » sera plus mal traité que le « sans-papiers ».

En opposant le vaccin à la liberté, on se trompe de cible, car les vaccinés se diront libres de vivre en consommateurs sans avoir fait usage de leur libre-arbitre. C’est triste, mais c’est ainsi. En revanche, en visant dans sa totalité un règne désastreux, commencé par une mise en examen organisée et qui va s’achever avec la mise en examen d’un ministre de la Justice nommé avec une incroyable légèreté, on dressera le réquisitoire nécessaire pour libérer la France d’un pouvoir peu légitime et dangereux pour elle.

Christian Vanneste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Florian Philippot : « Je suis sidéré par ce que je viens d’entendre, c’est d’une violence inouïe »

Florian Philippot

Florian Philippot réagit aux annonces d’Emmanuel Macron faites ce 12 juillet soir (vaccination obligatoire pour les professionnels au contact des personnes fragiles, pass sanitaire obligatoire dans les prochains jours pour accéder aux restaurants, aux cafés, aux trains, aux centres commerciaux, fin du remboursement des tests, dès septembre, pour inciter les gens à se faire vacciner…).

Le chef de l’État vient d’imposer le pass sanitaire et d’autres mesures liberticides. On vous imagine vent debout contre ces mesures.

Je suis sidéré par ce que je viens d’entendre, c’est d’une violence inouïe. L’extension du pass sanitaire aux trains, aux restaurants, aux centres commerciaux aux hôpitaux etc., c’est unique au monde. Il a également clairement dit qu’il y aurait la vaccination obligatoire pour certaines professions, la prochaine étape ce sera pour tout le monde. Il y aura également une troisième dose au mois de septembre. Ceux qui disent aujourd’hui qu’on n’est pas dans une dictature, ce sont des sots. On est dans une dictature très violente.

J’ai vu ce soir non pas un président de la République, mais un psychopathe. Son regard, ses annonces… J’ai vu un fou furieux, inquiétant et dangereux. Nous basculons dans autre chose. Je connais des gens très en colère, sidérés et en pleurs. Je leur dis : « ne sombrez pas ».

Se faire vacciner pour faire reculer l’épidémie, ce n’est peut-être pas une mauvaise idée…

On parle maintenant d’une troisième dose, et pourquoi pas un abonnement vaccinal ? On nous avait promis l’inverse. Le 24 novembre dernier, Emmanuel Macron avait dit qu’il n’y aurait pas d’obligation vaccinale. On nous nous annonce maintenant une restriction sanitaire pour aller au restaurant ou prendre un train ou un bus.

Les gens qui trouvent cela normal sont comme la grenouille dans l’eau que l’on fait bouillir, ils ont été ramollis. C’est anormal et cela doit appeler à la plus vive résistance, par le boycott. Je n’ai rien contre les restaurateurs, mais tant pis on n’ira plus. Et les restaurateurs se retourneront contre l’État, pour se débarasser de ce pass sanitaire.

Pensez-vous que le conseil constitutionnel pourrait s’opposer à cette décision ?

Ni le conseil d’État ni le conseil constitutionnel ne peuvent valider ne serait-ce qu’un dixième de ces annonces folles. Les principes les plus fondamentaux de liberté et d’égalité sont battus en brèche. Malheureusement le conseil constitutionnel et le conseil d’État ont trahi ces derniers mois. Mais il faudra tout de même les saisir. Normalement ils devraient mettre cela à la poubelle, mais ils sont sous pression et sont plutôt enclins à valider ce que propose le pouvoir.

C’est au peuple français de se libérer par lui-même.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Non-vaccination et immigration : le grand non-dit

vaccin covid-19

C’est la grande question qui nous agite tous, une question en forme d’étau qui se resserre sur cette minorité de récalcitrants irresponsables qui pourraient faire dérailler la stratégie parfaite de lutte contre le coronavirus. Qui sont les non-vaccinés ? Où se cachent-ils ?

Je dis tous car, en quelques jours, de nombreuses personnalités, notamment de droite, se sont ralliées au panache d’Olivier Véran et à sa fameuse thèse, son « Je dis juste que » du 2 juillet dernier : « Je dis juste que 20 % de Français non vaccinés ne pourraient pas contraindre 80 % à ne pouvoir accéder à des activités de la vie courante. » Un dogme à partir duquel on réduira drastiquement les libertés des non-vaccinés, tout en rappelant « en même temps » qu’on « refuse de diviser les Français entre vaccinés et non-vaccinés » (le même Véran, le même 2 juillet, dans la même phrase).

Donc, une bonne partie des responsables politiques et médiatiques de droite, que l’on aurait pu croire davantage attachés à la défense de certaines libertés, sont sur cette ligne de l’injonction vaccinale. Robert Ménard, dans ses interventions télé, par exemple, ou, dans Le Figaro, Mathieu Bock-Côté, avec un petit texte intitulé : « Les antivax ou l’esprit critique devenu fou » et qui se termine par cette phrase : « Je confesse un sincère émerveillement devant cet accomplissement scientifique qui a permis de trouver en moins d’un an un vaccin capable, selon toutes les indications disponibles, de dominer le virus, de vivre avec lui, en limitant sa circulation et en le rendant globalement inoffensif. » On peut être un ravi de la crèche et un ravi des « vaccinodromes ».

Étonnante euphorie pro-vaccinale. Peut-être l’effet des sondages. Et la peur de passer pour obscurantiste. Peut-être, aussi, leur analyse de la carte – j’allais dire « électorale » – des non-vaccinés. Ben oui, car elles sont drôlement parlantes, ces cartes.

Un reportage du Monde dans le monde parallèle de cette population à « l’esprit critique devenu fou » nous emmène sur le terrain, dans ces territoires perdus dominés par l’obscurantisme, « à la base de loisirs de Jablines-Annet et à Meaux, en Seine-et-Marne, le département de France métropolitaine où la couverture vaccinale est la plus faible ». Vous y découvrirez, en images et dans le texte, une France colorée, essentiellement d’origine immigrée, dont les réticences à la vaccination auraient une origine « communautaire » : « Henda Coulibaly, l’une des cinq blouses blanches des MLAC, est originaire du Mali, comme la famille Doumbia. Elle a une explication à cette réticence, qu’elle qualifie de “communautaire”. Une histoire qui, dit-elle, s’est propagée dans toute l’Afrique au début de l’épidémie. » En dehors de ces « rumeurs » africaines, les personnes interviewées dans ce reportage avancent des arguments de bon sens.

Ce qui est certain, c’est que la carte des non-vaccinés correspond à la carte des territoires où la population d’origine immigrée est la plus dense, et aussi où l’abstention fut la plus forte aux dernières élections : à Paris, comme en Île-de-France, où la division ouest-est est nette, et partout dans le pays. Par exemple, dans le Sud-Ouest, comme le montre l’article de La Dépêche intitulé « Vaccin contre le Covid-19 : quels sont les départements en avance ou en retard en Occitanie ? », les départements les plus vaccinés sont aussi les plus civiques, les plus historiquement « républicains » (de droite comme de gauche), comme les Hautes-Pyrénées, le Lot ou les Pyrénées-Atlantiques, et le moins vacciné est la Haute-Garonne, le plus peuplé, mais aussi celui comptant une forte population d’origine immigrée.

Certes, d’autres facteurs entrent en jeu, comme l’âge. Mais la réticence à la vaccination des « territoires perdus » de la République est une réalité incontestable. Et, bien sûr, totalement absente de la logorrhée gouvernementale.

Quelque chose me dit d’ailleurs que dans la campagne de diabolisation des non-vaccinés, le gouvernement saura habilement contourner la Seine-Saint-Denis pour venir stigmatiser la Lozère.

Frédéric Sirgant

Tribune reprise de Boulevard Voltaire