André Bercoff : « Ce qu’il s’est passé au Capitole à Washington est le reflet de la fracture américaine »

André Bercoff

André Bercoff revient sur les événements du 6 janvier à Washington, où des sympathisants de Donald Trump ont pénétré dans l’enceinte du Capitole, les bâtiments du Congrès américain.

Le peuple américain a vécu, hier soir, une soirée assez incroyable. À la suite des élections géorgiennes, les supporters et les partisans de Donald Trump sont entrés dans le Capitole.

Que s’est-il réellement passé ?

Le Capitole est l’un des endroits le mieux gardés du monde. Il y a un service impressionnant de police. Apparemment, hier soir, tout était ouvert.

Des milliers de partisans de Trump étaient présents et quelques centaines sont entrés. Comment est-ce possible que ce soit open bar ? On ne va pas entrer dans les hypothèses, mais c’est intéressant de se poser la question.

Je ne défends pas ceux qui sont entrés, mais je dis simplement qu’il faut ramener ces choses à leur juste proportion. Ce n’était ni la prise du Palais d’Hiver ni le saccage de je ne sais quelle église, synagogue ou autre.

Cette soirée était l’aboutissement de plusieurs mois de tensions entre les partisans de Trump et les partisans de Biden.

Il y a eu quatre morts après l’invasion du Capitole à Washington. S’il n’y avait pas eu ces morts, on aurait peut-être pu prendre cette nouvelle avec plus de légèreté. Il ne faut pas oublier qu’avant son élection en novembre 2016, Trump était considéré par toute une partie de l’establishment américain des démocrates, de la presse comme un usurpateur. Pendant quatre ans, les gens qui avaient voté pour Trump ont été considérés soit comme des imbéciles et des inconscients pour avoir voté pour un charlatan, un crétin. On ne va pas faire, ici, le bilan de Trump, vous le connaissez comme moi.

Il est clair qu’il a fait des bêtises et des maladresses. D’un côté, il y a les bobos gauchos américains du parti démocrate. Et de l’autre côté, les républicains qui seront divisés entre ceux qui veulent garder un certain intérêt centriste et les autres qui veulent un parti populiste à la puissance 1.000. Est-ce Trump ou non qui les réunira ? Je ne sais pas. Nous avons vu quelque chose de très fort qui nous montre la fracture américaine.

Emmanuel Macron a pris la parole en pleine nuit dans un anglais avec un accent français assez terrible devant les drapeaux français et américain. L’intégralité de la classe politique française a largement condamné cette action.

Emmanuel Macron s’est pris pour Lafayette volant au secours de l’Amérique. On a les ambitions que l’on peut… En ce qui concerne le reste, on cherche le bouc émissaire que l’on peut. Un bon nombre d’éditorialistes français disaient que Trump allait appeler l’armée et qu’il n’allait jamais céder le pouvoir.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Le Covid, la guerre et la peur

trump macron

Si la peur et la sécurité sont parmi les fondements psychologiques de la légitimité d’un pouvoir, c’est-à-dire de l’adhésion passionnelle d’un peuple à ceux qui le dirigent, ce principe est d’autant plus vrai que l’on s’éloigne de la démocratie. Cette dernière a pour idéal un régime où règne un droit voulu par des hommes raisonnables. Son instauration conduit un pays à vouloir la paix et, selon Kant, la « paix perpétuelle » coïnciderait avec la démocratie universelle. Depuis, les démocraties, ou les régimes qui prétendent l’être, ont un rapport à la peur et à la guerre plus trouble.

D’une part, elles ont tendance à faire la guerre à reculons, de mauvais gré, et toujours en réaction défensive à une attaque. D’autre part, elles trouvent dans l’existence de cette menace un appui à la cohésion nationale et une inhibition spontanée aux dissensions que le débat démocratique introduit dans la société. Les États-Unis ont été timorés contre le communisme lors de la guerre civile chinoise et ils n’ont pas combattu en Corée pour écraser définitivement la Corée du Nord. MacArthur, le stratège du redressement militaire allié lors de ce conflit, et limogé par la suite, avait condamné la politique américaine. Par la suite, le communisme est devenu un ennemi dangereux, certes, mais bien pratique pour consolider la nation. L’effondrement du bloc soviétique a rendu les Américains orphelins de cet adversaire idéal. Il a eu deux successeurs qui ont fait apparaître au grand jour ce que la politique américaine pouvait receler de machiavélisme : le premier est l’islamisme à l’essor duquel, par leurs alliances et leur intervention en Afghanistan pour soutenir les rebelles, les États-Unis n’étaient pas étrangers. Le second est la Russie, héritière amputée de l’URSS, et délivrée de l’idéologie incompatible avec celle du monde « libre ». La guerre menée par Washington contre le terrorisme, après le 11 septembre 2001, n’a pas affronté l’islamisme. L’Arabie saoudite, le pays idéologiquement le plus éloigné, est resté le grand allié, les Frères musulmans ont été soutenus sous Obama. En revanche, les dictatures militaires et nationalistes d’une part, l’Iran chiite d’autre part, sont devenus les cibles privilégiées malgré leur absence de lien avec le terrorisme islamiste.

Le problème qui se pose aux démocraties occidentales qui ont compris qu’aucune politique ne peut se passer d’ennemis, comme le suggérait le sulfureux Carl Schmitt, comporte trois éléments : d’abord, en raison de la composition de plus en plus diverse de leur population et du refus de toute discrimination érigé en dogme, l’ennemi ne doit pas ni sembler proche d’une communauté intérieure, ni apparaître comme contraire aux postulats du politiquement correct ; ensuite, l’individualisme a fait de la vie des vivants, une fois nés, une valeur sacrée, et « zéro mort » est devenu le principe des guerres à coups de drones et avec le moins possible de combattants sur le terrain, professionnels au demeurant ; enfin, en raison de l’idéal démocratique d’une paix universelle, il est préférable que l’ennemi soit celui du genre humain plutôt que d’une nation ou d’une civilisation en particulier.

En raison de leur poids mondial, les États-Unis ne manqueront jamais d’ennemis plus ou moins réels. Ce n’était pas innocent de la part de Trump d’évoquer le virus « chinois ». Pour la France, c’est plus compliqué. La lutte contre l’islamisme met mal à l’aise un gouvernement qui se veut « multiculturel ». Des soldats français meurent au Sahel dans une guerre sans fin, comme d’autres sont morts en Afghanistan dans une guerre qui n’est pas finie, et pendant ce temps, Maliens et Afghans continuent à se réfugier en France, non sans poser des problèmes.

De plus, ceux qui sont les plus opposés à leur présence sont considérés comme l’ennemi de l’intérieur qu’il faut empêcher à tout prix d’accéder au pouvoir. On voit par là que le mot de « guerre » n’a pas été employé par hasard par Macron pour désigner l’épidémie du Covid-19.

Christian Vanneste

Texte repris du site Boulevard Voltaire

Guillaume Bigot : « Le gouvernement choisit la stratégie de la peur pour faire accepter ses mesures sanitaires à la population »

29/12/2020 – FRANCE (NOVOpress)
La Populophobie. Le gouvernement de l’élite, par l’élite et pour l’élite est le titre du dernier ouvrage de Guillaume Bigot.

Il vient de donner un entretien passionnant à Boulevard Voltaire.

Selon lui, avec la crise sanitaire, on assiste à la mise en place de « mesures suspensives de nos libertés » et « le divorce est consommé entre les gouvernants et les gouvernés ».


Me Frédéric Pichon : « Une dérive inquiétante de restriction des libertés publiques visant à ficher ceux qui constituent pour ce gouvernement une “menace” : c’est grave ! »

Me Frédéric Pichon, qui défendait devant le Conseil d’État le recours de Jean-Frédéric Poisson, président du parti politique VIA, la voie du peuple et de l’association Liberté politique, explique les tenants et les aboutissants des trois décrets du gouvernement autorisant policiers et gendarmes à faire mention des « opinions politiques », des « convictions philosophiques et religieuses » et de « l’appartenance syndicale » de leurs cibles, alors que les précédents textes se limitaient à recenser des « activités ». Il s’inquiète de cette dérive, mais aussi du peu de réactions de la société civile.

Jean-Frédéric Poisson, le président du parti VIA, la voie du peuple contre-attaque devant le Conseil d’État suite aux dispositions prises par le gouvernement autorisant le fichage des Français sur leur opinion. D’où vient cette décision ?

Cela s’inscrit dans une politique et une dérive inquiétante et globale de restriction des libertés publiques qui visent à restreindre les libertés des citoyens et à afficher tous ceux qui sont susceptibles pour le gouvernement en place de constituer une « menace ».
On assiste à une accélération de l’histoire.

Dans une interview au média Brut, Emmanuel Macron avait dit qu’il ne pourrait peut-être pas se représenter en 2022 ,compte tenu de certaines décisions désagréables qu’il serait contraint de prendre dans les mois à venir. On touche aux libertés publiques de manière tout à fait inédite dans l’histoire de la V° République.

On élargit encore plus le champ de contrôle de la population. Je ne parle même pas des autres mesures qui sont prises à côté sur les obligations de vaccin. Cela s’inscrit dans la même logique. Jusque là, l’État disposait déjà de moyens énormes pour pouvoir ficher les opposants politiques. Mais sur un plan sémantique, on fiche les gens d’après des activités politiques. Le glissement passe de l’activité politique à une opinion qui peut faire l’objet d’un fichage. Jusque là, on visait les gens qui pouvaient avoir une activité terroriste, mais en plus on va changer le concept d’activité terroriste par celui d’atteinte à la sûreté ou à la sécurité publique. C’est un concept éminemment subjectif. N’importe quel opposant politique qui, sur Facebook ou Twitter, va relayer une information qui est contraire au gouvernement et va par exemple partager une image d’un policier tapant sur un manifestant peut être classé comme un opposant politique violent, parce qu’il dénonce des agissements de l’État. Un militant de Marine Le Pen va être fiché extrême droite. Un militant de Jean-Luc Mélenchon va être fiché extrême gauche. Une personne opposante aux éoliennes va être fichée comme un activiste écologiste. En réalité, on fournit aux forces de l’ordre des instruments supplémentaires non pas pour protéger l’État, mais pour ficher et interpeller en amont tous manifestants.

Le contrôle des forces de l’ordre des réseaux sociaux n’a rien de très neuf. Si on fait l’avocat du diable, un individu est dangereux s’il présente des velléités de commettre un acte illégal, cela ne va pas changer grand-chose de savoir qu’il milite au parti communiste.

On dispose déjà de ces instruments, alors pour quoi en rajouter ? Le problème c’est que l’on va créer des fiches. Si vous êtes poursuivi pour une histoire d’alcoolisme au volant ou d’excès de vitesse, pourra figurer dans votre dossier judiciaire une mention fichée. Sur la base de quel critère, va-t-on mettre une étiquette sur une personne ? On va mettre cela dans un fichier qui pourrait être partagé et utilisé sans que l’on puisse apporter le principe du contradictoire. On a déjà ce que l’on appelle en matière policière, les fiches Stic. Même si une personne n’a pas été condamnée, qu’ elle a déjà été entendue par la police, elle a une fiche Stic. Vous pouvez encore la contester, mais vous n’y aurez même pas accès puisque c’est confidentiel. Cela touche également les personnes de votre entourage qui pourront elles-mêmes être recensées dans ce fichier. Toute la population française est susceptible de faire l’objet d’un fichage généralisé.

Via, le parti de Jean-Frédéric Poisson avait initié ce mouvement. La société civile peut-elle se retrouver derrière ce consensus ?

Le recours a été fait au nom de l’association le parti politique VIA. Il est d’ailleurs le seul à ma connaissance, mais aussi l’association liberté politique que je représente dans le Conseil d’État. Ce n’est que dans un second temps que la CGT, le syndicat de la magistrature, le syndicat des avocats de France dans le cadre d’un collectif avons fait ce recours. Je m’étonne et je m’inquiète qu’il n’y ait pas eu davantage d’associations politiques qui aient pris l’initiative d’engager cette procédure.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Andréa Kotarac : « Le localisme est la réponse aux décisions hors-sol prises dans les grandes métropoles, comme pour le Covid-19, par exemple »

Andréa Kotarac

17/12/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Andréa Kotarac vient de fonder, avec Hervé Juvin, député au Parlement européen sous les couleurs du RN, le Parti localiste et s’en explique au micro de Boulevard Voltaire : liens avec le RN, désarroi de la France périphérique, problématique de la mondialisation, question de la prise de décision démocratique.


Assa Traoré, icône du Time et égérie de Stella McCartney : j’ai mal à mes forces de l’ordre…, par Gabrielle Cluzel

Assa Traoré

Ainsi donc, Assa Traoré, sacrée par le Time « gardienne » de l’année, occupe la une du magazine. La photo, hiératique, est artistiquement travaillée. Comme un clair-obscur de Rembrandt, le visage, auréolé par la chevelure, est le seul élément éclairé. Quasi christique. La touche de couleur est le bleu de sa tunique, comme la Vierge. Sainte Assa, priez pour nous. Si tant est que nous le méritions.

Il est vrai que le Time n’a pas toujours eu la main heureuse – Pierre Laval, homme de l’année en 1931, Hitler en 1938, Staline en 1939, Khomeini en 1979… -, ce qui aurait pu l’amener à plus d’humilité, et même à mettre un terme à ses palmarès hasardeux.

Depuis les fresques de Stains et de Noisy-le-Sec, l’icône de l’antiracisme a fait du chemin. Et si ce couronnement médiatique semble en être l’acmé, d’autres épisodes aussi glorieux qu’improbables méritent d’être cités. Il y a eu, à l’automne, son grand portrait dans les pages glacées de Paris Match, elle y faisait la promotion de la polygamie – une « expérience formidable »– mais qu’importe, n’est-ce pas, personne n’a relevé ni protesté, pas même Marlène Schiappa. Puis, il y a quelques jours, première étape internationale, elle a eu les honneurs de la presse féminine, pour son « apparition inattendue dans une campagne de Stella McCartney » (Madame Figaro) : « La créatrice britannique a choisi la sœur d’Adama Traoré, mort en 2016 lors d’une intervention policière aux circonstances troubles, pour promouvoir la lettre A de son abécédaire engagé. » Assa Traoré, « héroïne de la nouvelle collection » (Elle), pose en tee-shirt blanc. Son poing, bien sûr, est serré façon Black Lives Matter. Son torse est frappé d’une lettre sanglante : le A entouré d’« Anarchie ». Ou d’« Accountable » (« responsable »).

Sur son compte Instagram, Stella McCartney commente la photo : « Pour moi, être responsable, c’est perpétuer le souvenir de ceux dont la vie a été arrachée à cause de l’injustice » – les tribunaux français n’ont pas rendu leur verdict, mais Stella McCartney l’a fait -, « c’est rester digne et se tenir debout, coûte que coûte, pour montrer à nos enfant le chemin de la liberté et de l’égalité ». Voilà, donc, Assa Traoré promue symbole de dignité, de liberté et d’égalité, et en plus exemple pour nos enfants. Il est vrai qu’elle est déjà allée prêcher la bonne parole dans plusieurs lycées. Sans que Jean-Michel Banquer, à ma connaissance, n’ait tiqué.

On apprend dans Elle qu’une série limitée de ces t-shirts graphiques sera lancée au modique prix de… 450 euros. Mais attention, n’allez pas y voir un produit de luxe, mais une « collection de T-shirts solidaires » : « Les bénéfices de chaque vente soutiendront l’association portée par l’artiste qui se cache derrière la lettre de l’abécédaire. » Cela change tout. Pas du prêt-à-porter de luxe imaginé par une fille à papa née avec une cuillère en or dans la bouche pour vêtir des fashionistas suffisamment argentées et déjantées pour acheter à ce prix-là un tee-shirt, mais une œuvre pie, pour dames patronnesses 2.0.

Parions que les policiers et gendarmes traînés dans la fange, insultés, à chaque manifestation organisée par Assa Traoré, n’achètent pas souvent de tee-shirts à ce prix-là. Mais ce sont des ploucs, n’est-ce pas ? Il est peu probable que Stella McCartney s’intéresse à cette France d’en bas ni ne s’émeuve du fait que Bagui Traoré, le frère d’Adama et Assa, doive répondre, devant la cour d’assises du Val-d’Oise, de tentatives de meurtres sur gendarmes et policiers, en bande organisée et en récidive. Il est vrai que ces tribunaux ne sont plus tellement utiles depuis que les stylistes rendent la justice sur Instagram. Au pays des valeurs inversées, tout délinquant arrêté est un Dreyfus qui s’ignore, tout people un Zola au petit pied. Et tout flic un assassin en puissance, que le fait même d’avoir choisi ce métier rend suspect.

Mais pourquoi donc nos gouvernants qui tweetent à tort et à travers, « tiktokent » bêtement, « instagrament » dès potron-minet, « brutent » à contre-temps, bref, parlent mille fois trop… n’ont jamais eu un mot pour contester cette ubuesque et tragique canonisation d’Assa Traoré ?

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Marion Maréchal : « L’État nounou, ruiné par l’immigration, est en train de tuer l’État stratège et régalien »

15/12/2020 – FRANCE (NOVOpress)
L’Institut de sciences sociales économiques et politiques (ISSEP) inaugure son Centre d’analyse et de prospective (CAP).

Marion Maréchal, fondatrice et directrice générale de l’ISSEP, explique les raisons de cette création. L’occasion de faire un tour d’horizon de l’actualité pour Boulevard Voltaire : crise sanitaire, crise économique, crise sociale, crise politique.


Xavier Raufer sur les Black Blocs : « Ce sont tous des Blancs des beaux quartiers, des frustrés, des aigris, des ratés »

Xavier Raufer

11/12/2020 – FRANCE (NOVOpress)
Après les manifestations à Paris, le week-end dernier, durant lesquelles les Black Blocs ont commis de nombreuses exactions, Xavier Raufer explique qui ils sont. Il affirme qu’il y a une volonté politique de les laisser agir impunément.


Immigration : quand les stages d’intégration sont des stages de dénigrement de la France !

stages d’intégration

Dans la France d’aujourd’hui, on trouve des clandestins en nombre, une aide médicale de l’État qui explose (plus d’un milliard d’euros pour 335.000 immigrés illégaux « officiels ») et une gestion calamiteuse du problème.

La France a le cœur sur la main au fond du portefeuille. On accueille, on bichonne. Surtout, on n’est guère regardant sur qui, pourquoi et comment. On se targue de n’être pas comme les autres, ou pas comme on était autrefois quand on attirait sur notre sol, au lendemain de la guerre, une immigration de travail. On a décidé de s’en repentir. L’entreprise de flagellation et de révisionnisme historique entretenue par la gauche depuis quelques décennies porte ses fruits pourris.

La honte de soi inculquée aux petits Français, tous réputés porteurs du gène de l’esclavagisme et de la tare coloniale, a chassé depuis longtemps de l’Éducation nationale tout ce qui pouvait, justement, évoquer la nation et susciter le désir de lui appartenir.

Ayant, dans ma proche famille, des émigrés vers les États-Unis et le Canada, je sais ce qu’on a exigé et exige plus encore d’eux, aujourd’hui, pour prétendre pouvoir y demeurer. Des années de probation, un travail rémunéré ou un compte en banque garni si l’on est étudiant, et un examen officiel digne de ce nom sur le pays, son histoire et ses valeurs. Bref, tout ce qui témoigne d’une réelle volonté d’intégration.

Par comparaison, demandez donc à un gamin de banlieue, pourtant né ici, de vous chanter seulement « La Marseillaise » et vous ne serez pas déçu du résultat…

Consciente, malgré tout, qu’il y avait de sérieuses lacunes en ce domaine, la France a, depuis 2016, mis en place le fameux « Contrat d’intégration républicaine ». Les attentats de 2015 étaient passés par là… Désormais, « l’étranger admis pour la première fois au séjour en France ou qui entre régulièrement en France […] conclut avec l’État un contrat d’intégration républicaine par lequel il s’engage à suivre les formations prescrites suite à l’entretien individuel et personnalisé avec un auditeur de l’OFII ».

Enfin ! Magnifique ! s’exclame le bon peuple. Sauf que… Un réfugié syrien a suivi ce stage. Il rapporte, dans Courrier international, ce qu’il y a vu et surtout entendu : une entreprise de dénigrement de la France et une invitation à la « piller ».

Waleed Barkasiyeh, journaliste syrien, a signé, en août dernier, le Contrat d’intégration républicaine, « étape obligatoire de (s)on parcours de réfugié ». Il a donc suivi les quatre jours d’information sur la France et ses valeurs. En principe, car l’interprète en langue arabe (franco-marocaine) a abondamment commenté les informations dispensées aux candidats à l’intégration, disant, par exemple, « que les droits de l’homme et la démocratie n’étaient que mensonges », affirmant que « la France avait répandu l’esclavagisme et qu’elle continuait à faire la même chose aujourd’hui sous d’autres formes. Qu’elle feignait d’aider les réfugiés, alors qu’en réalité l’exode des populations était causé par la politique guerrière qu’elle menait au Moyen-Orient. »

Il ajoute : « Évidemment, elle n’a pas oublié d’expliquer qu’à titre personnel, elle avait profité de la gratuité des prestations offertes par l’État, d’un logement à loyer réduit et à l’enseignement scolaire et universitaire pour ses enfants. » Et le pire est que la conclusion que les stagiaires « ont tirée de son discours sur l’histoire coloniale française était qu’il était légitime que les réfugiés arabes profitent de leur présence en France pour voler, puisque la France avait pillé les ressources arabes pendant des siècles ». Enfin, disait la dame, « nous ne devions pas chercher à nous intégrer en France, surtout pour ce qui est de la religion, des valeurs familiales et des spécificités culturelles ».

Faut-il le préciser : le formateur n’avait aucune idée de ce que racontait, sous son nez, l’interprète…

Marie Delarue

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Les commerçants ruinés n’ont que ce qu’ils méritent, selon un joyeux chroniqueur de France Inter

Guillaume Meurice

Sa carte de visite impressionne. Ricaneur sur France Inter, boutiquier en ligne d’articles pro-migrants, Français malgré lui. Guillaume Meurice cumule les titres de noblesse. Bouffon du roi bobo, pilier du conformisme ambiant, le personnage ne sait plus où donner de la tête, tant il croule sous les missions dont il a été investi par sa bien-aimée direction.

La radio ne suffisant plus à exprimer son total mépris des classes laborieuses, le planton de l’entre-soi rigolard a eu recours au magazine Siné Mensuel pour déverser son trop-plein de hargne contre une catégorie honnie : les petits commerçants. Dans la mouise, et bien fait pour eux ! Ils ont voté Fillon ou Macron au premier tour, démontrant ainsi leur adhésion à un libéralisme sauvage. Qu’ils crèvent. Enfin… qu’ils ne viennent pas se plaindre d’un système dont ils se sont montrés partisans au travers de leur choix électoral. La méchanceté a ses raisons que la raison ignore. Démonstration en est faite avec le développement bancal du réparateur de torts label rouge.

Petit extrait pour les gourmets amateurs de restauration rapide de la pensée : « Mais si, rappelle-toi : t’as voté Fillon ou Macron au premier tour en 2017 contre l’État-providence que tu conchiais. T’as changé ? D’un coup tu serais devenu le défenseur de la solidarité nationale ? » Notons, au passage, que le citoyen exemplaire ne vote Macron qu’au deuxième tour. Avant, il doit laisser libre cours à son inspiration, à sa folie, gambader parmi les candidats, si possible d’extrême gauche, faire la bise aux écolos et puis, reprenant ses esprits, retrouver le bulletin Macron qu’il avait placé en lieu sûr pour aller l’introduire dans l’urne magique du second tour (notice sur simple appel au standard de Radio France).

« Alors ? Je rêve ou tu chouines ? T’es en train de couler et tu demandes de l’aide à l’État ? » écrit, en introduction, le comique patenté. Perdu dans son brouillard gauchiste, Meurice n’a pas perçu que le commerçant demandait à l’État de réparer les dommages qu’il lui avait causés par sa gestion abracadabrante de la crise sanitaire. Faut-il lui faire un dessin ? Parler plus simplement ? Commerçant pas victime mauvaise gestion personnelle. Commerçant être victime de État. Comprendo ? Donc lui demander réparation à État. Voilà, voilà (un croquis a été envoyé à l’intéressé).

Pour l’occasion, le gaillard sort de sa boîte un de ces clichés usés jusqu’à la corde mais qui peut encore servir : « Quoi ? Les huissiers sonnent à ta porte ? Et cette fois-ci c’est pas toi qui les a appelés pour déloger tes locataires au RSA qui n’avaient plus de quoi payer ton loyer ou pour ta secondaire squattée… » Des larmes coulent sur les joues du lecteur de Siné Mensuel. Snif… Salauds de commerçants ! Tortionnaires de pauvres ! De la graine de Thénardier à tous les coins de rue ! Et si on les pendait ? Que d’économies réalisées ! Enfin des multinationales solides, des magasins de chaîne qui savent résister à des fermetures de plusieurs mois. Un vrai paradis. D’ici là, combien de malheureux à humilier, de fidèles à dénoncer à la police parce qu’ils prient sur le parvis d’une église, combien de victimes à enfoncer ? Un boulot « Inter »… Minable.

Jany Leroy

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Ce que le virus a détruit : l’identité, la liberté, la démocratie

virus dictature

La pandémie qui submerge la planète, notre continent plus que d’autres, et notre pays en particulier, a exacerbé jusqu’au paroxysme la confusion mentale qui depuis longtemps avait envahi notre pensée collective. La multiplication des canaux d’information a engendré à la fois la possibilité de tout dire et les manipulations destinées à empêcher d’effectuer dans ce “tout” des choix rationnels. Le virus a touché des corps, en a tué un certain nombre, mais il a contaminé bien davantage nos esprits.

Après le passage du tsunami, et avant le prochain déjà annoncé, au milieu de cet océan de doutes et de peurs, quelques certitudes surnagent : notre pays est plongé dans une ambiance délétère qui, sous prétexte de sauver les corps, peut-être, massacre, anéantit, extermine à coup sûr les esprits, ce qu’on appelait jadis les âmes, et qui ne sont plus aujourd’hui que des cerveaux malades. Ce que le virus a détruit, avec la complicité de l’oligarchie régnante, tient en trois mots : l’identité, la liberté, la démocratie, bref ce qui fait d’un individu une personne, ce qui donne au corps une âme parce que le corps est habité par une culture et une foi, parce qu’il est dirigé par une volonté autonome et responsable, parce qu’il participe aux choix collectifs directement ou par le biais de ses représentants. Que l’on puisse au-delà du raisonnable s’en prendre à la liberté du culte et dans le même temps ruiner le commerce du livre, sous la menace de sanctions, en dit long sur les “valeurs” auxquelles notre société se trouve réduite : “métro, boulot, dodo”. La trilogie perçue comme le venin des années 60 est devenue la potion d’aujourd’hui. Pour la liberté, c’est pire encore : il faut cette fois remonter aux années 1940 pour retrouver les atteintes subies maintenant à la liberté d’aller et de venir, à celle de se réunir, à celle d’entreprendre, à celle de commercer. Le couvre-feu et les “ausweis” ont fait leur retour, et dans les rues défile une armée des ombres, masquées, soumises et qui ne songent pas à résister.

Lorsque les libertés constitutionnelles, celle d’aller et de venir, de travailler, celle du culte sont malmenées, l’Etat de droit est pulvérisé par le régime d’exception. Lorsqu’un ministre ose donner l’ordre de sortir de l’hémicycle à des députés parce qu’ils s’opposent à lui et ont mal voté, il s’agit d’un acte gravissime qui bouscule la séparation des pouvoirs, insulte le peuple à travers ses représentants, révèle l’esprit dictatorial qui l’inspire. Au Parlement, l’exécutif n’est pas chez lui alors que les députés sont chez eux. Si la majorité actuelle avait eu la moindre dignité, elle devait exiger le départ du ministre et par la suite sa démission, déjà amplement justifiée par des mensonges et des errances qui devraient le conduire devant la Cour de Justice de la République. Un Etat de droit en miettes, un peuple méprisé : quelle que soit la définition que l’on donne à la démocratie, ce n’est plus le régime qui règne en France. Dans quelques semaines, les fêtes les plus importantes pour le peuple français, fête chrétienne de Noël avec ses crèches, déjà honnies des laïcistes, fête indo-européenne du solstice d’hiver avec ses sapins, interdits par les Khmers verts, devraient permettre aux familles de se retrouver, au peuple de communier, religieusement ou non, dans une même ferveur unifiante.

Les esprits desséchés qui nous gouvernent sont-ils encore capables de comprendre qu’un peuple privé de ses rites et de ses communions n’est plus qu’un troupeau ? Mais dans le fond, n’est-ce pas leur désir profond ?

Christian Vanneste

Texte repris du site Boulevard Voltaire

Joe Biden, 46e président des État-Unis : délire médiatique ?

Samedi 7 novembre 2020, fin de matinée à l’heure de la côte est : toutes les chaînes de télévision, Fox News en tête, annoncent la victoire du sémillant Joe Biden et de sa très modérée vice-présidente Kamala Harris. L’heure n’a pas été choisie au hasard, puisque la nouvelle tombe un quart d’heure avant la conférence de presse des avocats de Donald Trump à Philadelphie.

Immédiatement, la quasi-totalité des médias occidentaux, télévision française en tête, tentent de mettre leurs spectateurs sur le fait accompli et se mettent à disserter sur ce que sera la présidence Biden, sur les progrès sociétaux extraordinaires qui devraient en découler, sur sa capacité ou non à réconcilier les Américains, et même sur ses options futures en matière de politique étrangère.

Dans de nombreux foyers aisés, de part et d’autre de l’Atlantique, on a déjà ouvert le champagne, à la manière des Français lors de la finale de la Coupe du monde de football de 1982, lorsque la France menait 3 à 1 contre l’Allemagne à quelques minutes de la fin. Tout pourrait, d’ailleurs, se terminer de la même façon dans la mesure où cet emballement est digne de l’affaire de l’arrestation Dupont de Ligonnès : du pur délire !

Comment fonctionne, en effet, de façon traditionnelle une déclaration de victoire aux élections présidentielles, aux États-Unis ? En théorie, elle intervient à la mi-décembre, lorsque les grands électeurs se réunissent pour élire le président. Dans les faits, elle intervient lorsque l’un des deux candidats concède sa défaite, soit dès le lendemain du scrutin lorsque la victoire de son adversaire est sans appel, soit dès que les recours juridiques ont été épuisés. Ainsi, on se souvient qu’en 2000, le candidat démocrate Al Gore avait attendu plus d’un mois avant de reconnaître la victoire de George Bush : il avait fallu que la Cour suprême de Floride – État dont le gouverneur était le frère de George Bush – refuse pour la deuxième fois d’autoriser le recompte des voix, recompte dont on sait aujourd’hui qu’il aurait donné la victoire à Al Gore.

Or, quelle est la situation, aujourd’hui, aux États-Unis : non seulement Donald Trump, dénonce cette annonce prématurée, mais ce coup de force médiatique repose sur l’annonce de la victoire de Biden en Pennsylvanie, un État auquel la Cour suprême des États-Unis demande des explications sur des comptes litigieux ; en cas de réponse trop évasive, la totalité des votes pourraient être recomptés. Même chose dans le Michigan, où le comté de Altrim a dû procéder à un tel recompte : attribué à l’origine à Biden, il revient désormais à Trump à plus de 56 %. Autant dire que la partie est loin d’être finie si les choses se déroulent régulièrement.

Malgré quatre ans de mitraillage médiatique anti-Trump et des semaines de tripatouillage électoral (le recours massif au vote par correspondance a, semble-t-il, permis de faire voter un nombre impressionnant de centenaires plus ou moins encore en vie), la victoire de Biden promettait d’être suffisamment large pour éviter toute contestation. Pas de chance, Donald Trump a surmobilisé son électorat et le tsunami démocrate annoncé n’a pas eu lieu. Depuis, on découvre des bulletins perdus ou retrouvés, des machines à voter qui ont fait de mauvais calculs et, au moment même où les avocats de Donald Trump invitent la presse et les citoyens à une conférence pour dénoncer les faits déjà avérés, les médias se précipitent pour déclarer Biden vainqueur, une première dans l’histoire des élections américaines !

Délire médiatique ou énième tentative pour forcer la main des Américains…

François Falcon

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Alexandre del Valle : « Le terrorisme a un but publicitaire : le recrutement de musulmans paranoïaques pour aller faire le djihad ! »

Alexandre del Valle réagit à l’attentat qui a ensanglanté la ville de Vienne, lundi soir.

Lundi soir, un attentat a frappé Vienne. La capitale autrichienne est endeuillée. Plusieurs individus ont ouvert le feu dans la foule. On compte au moins trois morts et plusieurs blessés. Selon vous, pourquoi Vienne a été visée ?

Vienne a été visée pour trois raisons. Premièrement, c’est la civilisation occidentale. C’est ce qu’a dit l’ambassadeur d’Autriche à Paris. C’est l’Occident en général et les mécréants.
Deuxièmement, depuis 2013, l’Autriche a mis totalement hors la loi ce qu’aujourd’hui Macron n’a pas encore mis hors la loi, c’est-à-dire, les Frères musulmans, le Mili Gurus turc pro califat et les associations salafistes. Cela les avait beaucoup énervés. L’Autriche n’était plus vue comme un pays neutre, mais plutôt comme un pays qui persécute les musulmans.
Troisièmement, dans sa compétition avec Al-Qaïda, Daesh a besoin de recruter. Ça peut être l’Autriche comme ça peut être la Suède ou la Belgique. Ce sont des pays où se trouvent beaucoup de musulmans, sinon ça n’a pas d’intérêt.
Comment recruter des gens paumés en Europe ? On ne va pas recruter des athées, des chrétiens pratiquants ou des laïques, mais des musulmans radicalisés. C’est plus facile de radicaliser des musulmans, là où il y a beaucoup de musulmans travaillés par des pays d’origine qui leur disent de ne pas s’intégrer que dans un pays où il n’y a aucun musulman comme en Hongrie.
Le terrorisme a un but publicitaire de recrutement. Il ne nous tue pas parce qu’il nous déteste. Individuellement, peut-être, mais les centrales terroristes ne nous tuent pas parce qu’ils nous détestent. Il faut sortir de cette vision débile où on dit qu’ils nous haïssent. Ils veulent faire parler de leur projet par la publicité provoquée par l’acte. Le terrorisme n’est qu’un moyen, actionné par une idéologie qui veut faire parler de l’islam, de l’islamisme, du califat, de la charia et du coran pour étendre le domaine de la lutte et susciter des cycles de représailles qui vont rendre réelle leur accusation fictive d’une Europe islamophobe. Ils vont ensuite faire croire que c’est réel, puisqu’il y a des arrestations d’imams après chaque attentat. Le but est de rendre encore plus paranoïaques, des musulmans en Europe pour qu’ils aillent faire leur immigration vers le seul endroit où ils ont le droit de vivre, l’endroit où est pratiquée la charia salafiste. Voilà le vrai but !
C’est donc du recrutement, du terrorisme publicitaire en vue de recruter.

Suite à l’attentat de Nice et aux attentats de Charlie Hebdo, on avait dit que la France était visée à cause des caricatures de Mahomet, de Charlie Hebdo et de la vision française de la laïcité.
C’est finalement plus large que cela. C’est aussi l’Occident dans tout ce qu’il représente…

On ne doit pas mélanger le prétexte mobilisateur local et la vraie cause stratégique. Dans le tactique, on est limité dans le temps et dans l’espace. Tactiquement, on va frapper la France au prétexte des caricatures et des églises parce que ce sont des mécréants croisés, ou des synagogues ou des hyper casher. C’était aussi le cas hier en Autriche. Ce sont les motifs mobilisateurs locaux ou tactiques contre des cibles habituelles juives, croisées, blasphémateurs ou apostats.
La véritable raison stratégique de long terme c’est étendre le domaine de la lutte, faire gagner la cause du califat, promouvoir la cause de l’islamisme et demander aux musulmans d’Europe de ne pas vivre dans les lois des mécréants pour les pousser à immigrer et à rejoindre des fronts où se mêle la lutte principale de l’islamisme. C’est-à-dire, renverser les pays officiels musulmans pour un jour, rendre la charia comme unique solution de gouvernement, dans le cadre d’un califat qui abolirait les États-nations. Pour mener à bien ce projet, les États-nations musulmans même islamiques ne veulent pas. Ils ont besoin d’une stratégie du chaos et de recruter des gens paumés qui ne sont pas surveillés et alimentés comme dans les pays musulmans. Comme ce sont des musulmans immigrés en Europe qui sont un peu paumés et qui ont une vision de l’islam non étatique, trans nationale, ce sont les musulmans de l’extérieur, les centrales terroristes pensent que ce sont les plus à même d’être des combattants inter nationaux du califat, que l’on va utiliser ici ou là. Même Erdogan les utilise.
Il est en train de se créer une sorte de conscience califale internationale portée par deux voies différentes. La voie douce des Frères musulmans et de leur champion Erdogan et du Qatar. C’est la voie de l’islamisme califal institutionnelle qui a pour but, le califat à long terme. L’autre mamelle est différente. C’est la mamelle djihadiste, les coupeurs de tête qui eux, avancent frontalement par la guerre. Les deux partent pour le même objectif. Si on comprend cela, on comprend mieux que le terrorisme n’est que la partie immergée de l’iceberg.

Le combat principal des islamistes n’est pas tant en Europe que dans les pays musulmans mêmes.

Le but est de créer un califat là où c’est possible, dans un État faible, un État ultra corrompu où il n’y a pas d’armées comme au Mali ou au Burkina Faso, un État très divisé comme le Nigeria ou le Soudan ou alors, des sociétés tiraillées comme la Bosnie, les Philippines, le Sri Lanka, l’Inde où il y a presque 200 millions de musulmans, toutes les sociétés traversées par un multiculturalisme. Malheureusement aujourd’hui, à cause de l’immigration incontrôlée, la France, l’Autriche, l’Allemagne, l’Angleterre et la Belgique font partie de ces sociétés tiraillées avec de très fortes communautés musulmanes. On a donc le même destin que la Chine, l’Inde ou la Thaïlande.
Depuis toujours, il y a eu une mauvaise entente entre les minorités musulmanes et les majorités bouddhistes ou communistes. En Thaïlande, en Philippines, en Chine, en Inde et en Russie cela n’a jamais cessé.
Nous sommes en train de subir ce que subissent les pays tiraillés. Paradoxalement, plus on est dans l’immigration islamique et en vue d’une société multiculturelle, plus on est certain d’avoir des problèmes avec l’islamisme. Les attentats qui ont eu lieu en Thaïlande depuis 30 ans sont encore plus meurtriers que ceux que l’on a eus en Europe. Ce n’est pas 260 morts, mais des milliers de morts. Aux Philippines, c’est une guerre terrible qui a fait des milliers de morts entre islamistes séparatistes et chrétiens philippins. En Chine, avant même la grande répression chinoise, il y avait depuis des années des attentats islamiques. Deux attentats en 15 jours ont eu lieu lorsque j’étais en Chine.
En Tchétchénie, les attentats n’ont jamais cessé contre les Russes. Les Tchétchènes n’ont jamais voulu obéir à des infidèles. Ils préfèrent être malheureux séparatistes que dans la grande Fédération de Russie.
Le terrorisme islamiste n’existerait pas en Europe si on n’intervenait pas militairement dans ces pays que l’on a déstabilisés, et si on n’avait pas importé d’énormes populations musulmanes en les confiant à des islamistes qui leur disent que s’intégrer est une humiliation. Lorsqu’on importe des communautés musulmanes dans un pays non musulman, si on n’intègre pas ces gens et si on les confie à des islamistes, c’est le plus sûr moyen de terminer dans des phénomènes terroristes. Les islamistes vont bourrer le crâne de ces jeunes, mêmes les islamistes institutionnels en leur disant de ne pas s’intégrer et qu’ils sont humiliés. Pour un islamiste, dès lors qu’un musulman est obligé de subir la mixité, les valeurs occidentales ou les valeurs mécréantes, il est déjà en situation d’humiliation et de persécution. Pour lui, c’est déjà comme s’il était déporté. Quand Erdogan dit que l’intégration est un crime contre l’humanité ou qu’il compare avec les déportations de juifs dans les années 20, il le pense vraiment. Pour un islamiste, c’est une souffrance absolue que d’obéir à un mécréant puisque dans le coran, c’est le contraire. Le mécréant doit être éliminé ou doit obéir à l’islamiste.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Nadine Morano : « Les islamistes nous ont déclaré la guerre, ce sera eux ou nous. Il faut protéger les Français ! »

Après l’attentat islamiste de Nice, où trois personnes ont été tuées à l’arme blanche, à la basilique Notre-Dame de l’Assomption, au micro de Boulevard Voltaire, réaction de Nadine Morano, qui dénonce « la lâcheté absolue » des terroristes islamistes et réclame la prise de mesures exceptionnelles.

A priori trois attaques terroristes au nom de l’islam ont visé la France, Nice, Avignon puis le consulat français en Arabie saoudite. Quel est votre sentiment ?

Ce sera eux ou nous ! Ils nous ont déclaré la guerre sur notre territoire et cela fait des mois que cela dure. On ne compte plus les morts. On va bientôt atteindre 300 morts assassinés sur notre territoire parce que des gens vivent chez nous et méprisent notre mode de vie. Ils nous veulent donc du mal. Ils n’aiment pas la France, ils n’aiment pas notre civilisation et ils n’aiment pas notre culture. Le mode opératoire de cet acte à Nice, ce matin, est une signature. C’est la signature d’un acte terroriste islamiste d’une lâcheté absolue. S’en prendre au gardien de l’église et à deux femmes au sein d’une église catholique est d’une lâcheté absolue. C’est, d’ailleurs, le terrorisme du pauvre qui utilise un couteau. C’est immonde et ignoble. Nous sommes clairement en guerre. Comme disait Christian Estrosi, c’est une guerre contre un fascisme islamiste.
Pour cela, il faut prendre des mesures de fermeté absolue dans un cadre exceptionnel. Je ne comprends pas pourquoi les 4.111 fichés S étrangers pour radicalisation ne sont pas encore expulsés du territoire français. Modifions notre législation. Il faut un organe judiciaire spécifique et les expulser du territoire. On nous dit qu’en France, il ne faut pas de camps comme Guantánamo. La seule préoccupation que j’ai, aujourd’hui, c’est de protéger les citoyens français et non de me préoccuper du bien-être de tel ou tel au regard des droits de l’homme. Il faut un dispositif de précaution vis-à-vis de nos concitoyens.

Impossible de voir ces attentats sans penser à ces militants turcs qui, hier, chassaient des Arméniens dans plusieurs villes de France. Impossible de ne pas penser aux appels d’Erdoğan à se mobiliser contre les caricatures de Mahomet. Impossible de ne pas oublier que la Turquie est encore en voie d’adhésion dans l’Union européenne. La Turquie d’Erdoğan est-elle notre partenaire ou est-elle notre adversaire dans cette guerre ?

Je l’ai dit et réclamé ! Je suis favorable à stopper immédiatement ce processus absurde de l’adhésion de la Turquie dans l’Union européenne. L’ambiguïté des responsables du monde musulman est grave et a beaucoup de conséquences. Erdoğan est dans une provocation et attise la haine contre la France. Encore une fois, je suis choquée d’entendre le ministre des Affaires étrangères marocain condamner les propos d’Emmanuel Macron. Nous respectons leur mode de vie, je demande à ce qu’il respecte le nôtre. Dans notre pays, c’est la liberté d’expression. Aujourd’hui, ils se victimisent pour un dessin. Dans une démocratie, on dépose plainte, mais on ne sort pas les couteaux.
Tous ceux qui ne veulent pas respecter notre mode vie, qui ne se sentent pas bien avec notre mode vie, alors qu’ils repartent dans leur pays pour vivre leur religion. Chez nous, nous sommes dans un pays aux racines chrétiennes dans un État laïc où chacun peut pratiquer sa religion, mais en respectant les lois de la République. Quand c’est insupportable à vivre, je dis au Maroc de reprendre ses ressortissants marocains qui vivent chez nous et qui considèrent qu’un dessin n’est pas acceptable. Qu’ils reprennent aussi tous les mineurs qui sont arrivés non accompagnés sur notre territoire et qui ont vocation à repartir chez eux. Nous n’avons pas vocation à prendre en charge leur jeunesse.
À un moment donné, il faut que nous soyons fermes. Nous sommes un État laïc et on doit respecter, où que l’on soit, notre mode vie. C’est trop facile de venir chez nous, d’avoir cette qualité de vie, d’acheter notre patrimoine et de ne pas vouloir respecter notre mode de vie. Stop ! La France doit rester la France.

C’est la République laïque, donc la République des caricatures, de Charlie Hebdo qui est visée, et pourtant l’attentat a eu lieu dans une église catholique à Nice. Comment expliquer ce geste qui, a priori, n’est sans aucun rapport ?

Parce qu’ils en font une guerre de religion. Ils n’acceptent pas notre liberté d’expression, notre mode de vie, notre culture et nos racines chrétiennes, alors que Charlie Hebdo a caricaturé toutes les religions et les élus – je suis bien placée pour le savoir et ne pas apprécier ce torchon. C’est notre mode de vie et, depuis des siècles, nous avons ce droit à la caricature en France et le droit de dire que cela ne nous plaît pas. On ne va pas se laisser assassiner parce que des gens n’apprécient pas un dessin dans une démocratie. Il faut donc que nous les combattions, que nous mettions en place un moratoire sur l’immigration en France, nous devons renvoyer chez eux tous ceux qui font des prêches contre la France, nous devons fermer toutes les mosquées salafistes dans ce pays et nous devons recenser tous les lieux de culte. Quand j’entends les propos tenus par Mohammed Moussaouï, que j’avais reçu quand j’étais ministre en charge de la famille pour lui dire que nous avions besoin de son soutien pour soutenir la loi d’interdiction du port du voile intégral, il m’avait répondu que c’était compliqué et que tout le monde allait faire l’amalgame avec les musulmans. C’est un discours d’ambiguïté permanent. Ici, on est en France et non dans un État musulman !

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

On a trouvé les coupables : les réseaux sociaux !, par Gabrielle Cluzel

Ça y est, l’enquête est bouclée, on a trouvé les coupables : les réseaux sociaux ! Gabriel Attal l’a dit sur BFM TV : « Les réseaux sociaux ont une responsabilité, on doit arriver à mieux les encadrer. »

Laetitia Avia, dont la loi a été retoquée par le Conseil constitutionnel, saute sur l’occasion, pour le marteler d’un ton revanchard (Le Parisien) : « Cette tragédie prouve que réguler les réseaux sociaux est nécessaire. » Christophe Barbier surenchérit (BFM TV) et apporte des astuces pratiques imparables : « Il faut relancer la loi Avia […] que l’on peut remettre sur l’établi, en changeant s’il le faut la Constitution. Le texte peut passer très vite à l’Assemblée et au Sénat. On fait un congrès. Profitons, si j’ose dire, de cette tragédie pour faire une loi Avia validée constitutionnellement. » C’est vrai, pourquoi se gêner.

Gérald Darmanin envisageait, ces jours derniers, de la même manière d’interdire les feux d’artifice, utilisés par les délinquants en tirs de mortier – et pourquoi pas, non plus, les frigos, autres armes de destination, que les policiers se prennent aussi régulièrement sur la tête en banlieue ? Les couteaux pourraient aussi tout à fait être retirés de la circulation. Un pays où il n’y aurait plus que des cuillères – l’inocuité des fourchettes n’étant pas parfaite – serait certainement beaucoup plus pacifique. Il suffirait que tout soit mixé. Après tout, avec le couvre-feu, c’est l’heure du dîner de tous les Français qui s’est alignée sur les EHPAD, pourquoi ne pas en faire autant avec le contenu des assiettes.

Prétendre sauver la liberté d’expression – dont le professeur d’histoire supplicié de Conflans-Sainte-Honorine est devenu un symbole – en appelant de ses vœux une loi pour la limiter, c’est osé, mais ça se tentait, ils l’ont fait. Michel Audiard a, paraît-il, une théorie sur le sujet.

Rappelons que, dans son inventaire initial des « idéologies haineuses », la loi Avia citait textuellement « l’islamophobie » – vous auriez cherché en vain, en revanche, la christianophobie. Laetitia Avia, sous le feu des critiques, avait finalement décidé de lui substituer le mot… « anti-musulman ». Mais vous n’y auriez pas trouvé pas celui d’antichrétien, cela va sans dire.

Rappelons encore que Samuel Paty a été accusé d’être islamophobe mais aussi anti-musulman : inviter les enfants susceptibles d’être choqués à sortir a été dénoncé par « certains » comme une forme de stigmatisation. Et c’est cette dénonciation qui l’a condamné.

Bref, si l’on s’en tient aux critères et à la logique de la loi Avia, c’est Samuel Paty qui véhiculait une idéologie haineuse, pas ceux qui le livraient en pâture sur les réseaux sociaux et, ce faisant, le condamnaient à mort.

On les voit venir. Au prétexte de lutter contre les islamistes, ce sont les lanceurs d’alerte qui vont être censurés.
De la même façon, des écoles hors contrat au-dessus de tout soupçon – catholiques, juives, Montessori… – seront ensevelies sous les tracasseries administratives jusqu’à devoir définitivement fermer, tandis que les islamistes pourront tranquillement continuer de tisser leur toile hégémonique dans l’école publique… déjà, d’aucuns le découvrent avec stupeur, considérablement investie. Loin d’avoir réglé le problème de l’islamisme, on aura au contraire soigneusement étouffé les quelques foyers de résistance.

Ils prétendent être Charlie mais préfèrent faire semblant de ne pas avoir entendu ces mots terribles, récents, de Philippe Val, ancien directeur de Charlie Hebdo, sur RTL : « Tout le monde nous a “lâchés”, les grands intellectuels, les journaux bien-pensants… parce qu’ils avaient peur ! Ils avaient pas peur des cathos intégristes […] mais ils avaient peur des musulmans intégristes. Donc, ils ont dit “Pourquoi on ne dit rien contre les musulmans intégristes” -… ben… euh… tiens, parce que c’est raciste ! »

Lâcheurs et lâches, ils forment, en somme, la lâchosphère. Et ceux qu’ils nomment avec mépris fachosphère – dans Libé, il y a même une rubrique dédiée – sont l’œil de Caïn qui les poursuit sur les réseaux sociaux… ce qu’ils voudraient à toute force voir cesser. À chacun de juger quelle consonne est la plus infamante.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Assassinat d’un professeur : l’impuissance de nos dirigeants face à l’islamisme

L’assassinat barbare d’un professeur d’histoire, coupable d’avoir voulu expliquer à ses élèves l’importance de la liberté d’expression, est l’aboutissement extrême des menaces et des pressions régulièrement exercées dans les établissements scolaires par des familles qui font passer la loi de leur religion avant la loi de la nation.
Il est aussi la conséquence d’un laxisme trop fréquent, qui refuse de reconnaître la réalité : la volonté des islamistes d’imposer progressivement leurs conceptions politico-religieuses, incompatibles avec les valeurs de notre culture.

Faut-il rappeler que l’objectif de l’école est théoriquement d’instruire les élèves, en leur transmettant des savoirs objectifs et rationnels ? De leur apprendre à acquérir un jugement critique et à construire leur liberté de pensée ? Force est de constater que des professeurs de toutes disciplines subissent les pressions d’une minorité pour les faire renoncer à aborder des périodes de l’Histoire, des écrivains, des théories scientifiques, ou à effectuer avec tous les élèves certaines activités. Les enseignants seront-ils contraints, pour ne pas se mettre en danger, de céder au chantage exercé contre eux ou de s’autocensurer pour éviter des représailles, qui peuvent aller jusqu’à la décapitation ? Ce serait faire le jeu des ennemis de la France et renoncer à leur mission.

Force est de déplorer que les autorités publiques ne donnent pas toujours l’exemple de la fermeté devant ces comportements intolérables, que les professeurs de bonne volonté ne sont pas suffisamment soutenus par leur hiérarchie, plus soucieuse de donner l’illusion de la sérénité dans les établissements scolaires que de lutter contre ces dérives. Sans compter la crainte de se faire accuser de pratiquer des amalgames ou, pire, la complaisance idéologique pour l’islamo-gauchisme. Nos gouvernants vont défendre en paroles la liberté d’expression, décréter un hommage national, mais les actes suivront-ils ? S’ils agissent, seront-ils sans arrière-pensées, tant ils sont imprégnés de la pensée unique et du politiquement correct ?

Le gouvernement, à commencer par le président de la République et le ministre de l’Éducation nationale, devraient prendre des mesures efficaces pour combattre ces intrusions de l’islamisme. Malheureusement, si l’on ne peut douter de la sincérité de Jean-Michel Blanquer, qui a toujours montré son attachement au respect de la laïcité, les hésitations constantes d’Emmanuel Macron à nommer les choses, son opportunisme, l’influence de la gauche de sa majorité qui récuse la lucidité de ceux qui soulignent, depuis des années, l’impérialisme de l’islamisme, laissent le champ libre aux ennemis de la France.

Après un faux-semblant d’union nationale, les démons de l’angélisme ou de la connivence se réveilleront pour accuser les dénonciateurs de l’islamisme d’attiser les haines. On fermera les yeux sur l’entreprise conquérante d’une religion qui n’a jamais admis l’apostasie. On trouvera aux pires criminels des excuses économiques et sociales, on cédera encore du terrain. L’esprit munichois de capitulation n’a pas fini d’exercer ses ravages si nos dirigeants restent aveugles et ne prennent pas ce problème à bras-le-corps. Mais que peut-on attendre du pouvoir actuel ? Est-il capable d’audace et de pugnacité pour s’opposer à l’islamisme ?

Sans une prise de conscience salutaire, sans un sursaut de la nation, le roman de Michel Houellebecq, Soumission, risque fort de devenir bientôt l’avenir de la France. « Ils ne passeront pas », a promis Emmanuel Macron. Hélas, ils sont déjà passés !

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

François Bousquet : « La peur du Covid règne alors que sa létalité est dérisoire… On ne veut pas mourir »

À l’occasion de la publication de son livre écrit pendant la période de confinement : Biopolitique du coronavirus. Télétravail, famille, patrie, François Bousquet revient sur le rapport à la mort dans notre société moderne, dans le contexte de la crise sanitaire.

Vous publiez Biopolitique du coronavirus aux Éditions La Nouvelle Librairie. Que trouve-t-on, dans ce livre ?

Ce livre a été écrit pendant le confinement, mais ce n’est pas un livre sur le confinement personnel. C’est un livre sur la biopolitique. Pourquoi la biopolitique ? Parce qu’aucune société n’a conféré une telle valeur à la vie humaine. On l’a confinée pour la protéger, la prolonger et pour essayer de maintenir cette espérance de vie. En France, les hommes vivent 79 ans et les femmes 85 ans, en moyenne. Le rêve de chacun de nous est d’atteindre ces 79 ans pour les hommes et ces 85 ans pour les femmes. C’est le paradoxe de l’avare. L’avare n’est riche qu’à la mesure de sa pauvreté. Il est riche parce qu’il mène une vie de pauvre. Nous avons des espérances de vie inédites dans l’histoire de l’humanité parce que nous vivons avec beaucoup moins d’intensité. C’est cela, la biopolitique.

L’invitée surprise de cette crise du Covid-19 est la mort. Notre société postmoderne l’avait complètement oubliée ou s’était acharnée à la nier. Elle est finalement revenue à la première place dans nos existences. Peut-on dire que c’est plutôt une bonne nouvelle ?

Oui et non. Oui, elle est certes revenue, mais c’est un virus à très faible létalité. Ce virus est furtif. Ce n’est ni la peste ni le choléra ni la lèpre. Ce virus tue, mais tue faiblement. La mort est réapparue furtivement pendant le plateau de l’épidémie, lorsque les hôpitaux étaient engorgés et lorsque les familles avaient interdiction d’assister au décès de leurs proches. On retrouvait de vieux réflexes, notamment la disparition des rites funéraires dans les grands épisodes de peste.
La mort est-elle réellement revenue dans notre société ? Le fantasme de notre société postmoderne est la surhumanité, c’est la santé parfaite, c’est « la mort de la mort », pour parler comme Laurent Alexandre. Oui, elle a été heurtée, mais à la marge. Notre hantise de la mort nous a poussés à nous confiner. Je ne suis pas certain que la mort réapparaisse.
Sachez qu’au XIXe siècle, un tiers des gens mourrait après 60 ans et les deux tiers des gens mouraient en bas âge, à 20 ans, à 30 ans, d’accident. Aujourd’hui, 80 % des gens meurent après 70 ans. Aucun d’entre nous ne voit la mort avant 50 ans. Nous voyons la mort parce qu’un de nos proches est mort. Et encore, on voit le mort maquillé. On ne voit pas le mort au moment où il meurt.

Avec les différentes mesures sanitaires, on a le choix entre mourir libre et vivre prisonnier, comme s’il fallait abdiquer de notre liberté pour vivre un peu plus longtemps.

Je n’ai rien à ajouter à vos propos, sauf que les Français ne sont pas d’accord avec vous. Ils sont majoritairement pour le confinement. J’ai même tendance à penser qu’ils ont demandé le confinement aux politiques. La peur règne dans la population, mais pas chez moi et chez vous. Le rapport au Covid est très curieux. Les jeunes ont moins peur que les vieux, les hommes que les femmes et les gens de droite que les gens de gauche. Voilà ce que montrent les sondages.
Pour autant, il y a quand même une majorité écrasante de gens qui ont peur du Covid. Allez comprendre pourquoi ! Alors que sa létalité est dérisoire. Il tue beaucoup moins que l’obésité ou qu’une quantité d’autres choses. Tout le monde a peur. Le pouvoir a peur. La biopolitique, c’est l’impératif, c’est le rêve et le mirage que nous vend la société moderne et postmoderne. La mort n’existe pas. On va repousser de plus en plus loin l’échéance, le moment où nous allons les uns après les autres mourir. On ne veut pas mourir…

Que dire à ceux qui ont perdu des proches de cette maladie ? Les mots que vous prononcez ne vont-ils pas heurter ces gens ?

Je n’ai pas perdu de famille du coronavirus. En revanche, des proches en sont morts. De fait, ils étaient presque tous très âgés. Ils avaient au-delà de 80 ans. Le Covid leur a pris dix ans de leur vie. Au lieu de mourir à 79 ans comme la société hygiénique et médicale le leur promet, ils sont morts à 70 ans pour l’un d’entre eux. Ce virus tue faiblement.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Laurent Obertone : « Il y a, en France, une forme de terrorisme ordinaire »

Après Utoya, La France Orange mécanique, La France Big Brother et Guérilla, Laurent Obertone publie un nouvel ouvrage : Éloge de la force : renverser l’Histoire, dans lequel il donne dix clés pour « changer le monde » et permettre à l’individu de s’affranchir de ce contexte d’ultra-violence, de confiscation de la souveraineté par l’État, du musellement de l’individu.

Rencontre avec l’écrivain.

Vous sortez Éloge de la force aux Éditions Ring. En quoi notre société manque-t-elle de force ?

Les individus qui partagent l’ensemble de mes constats sont dans un état d’impuissance. Leur parole n’est pas entendue, leurs inquiétudes sont criminalisées, dénoncées par les médias et les politiques et leurs votes ne sont pas écoutés. L’opinion est complètement dépossédée de tous moyens d’exercer sa souveraineté sur ce pays. C’est plutôt un état d’extrême faiblesse.
Éloge de la force est le pendant de cette faiblesse doit être une forme de réaction à cette faiblesse qui consiste non à se demander comment pourrait évoluer ce pouvoir sans nous, mais plutôt : qu’est-ce qu’il est réaliste de faire à notre niveau ? En tant que citoyen, comment peut-on aller à la force sans envisager des modifications sur lesquelles nous n’avons aucune prise ?

Un attentat a encore frappé près des anciens locaux de Charlie Hebdo. Plusieurs journalistes et techniciens qui travaillent pour l’émission Cash Investigation ont été attaqués au hachoir par un terroriste vraisemblablement pakistanais. L’histoire se répète et l’ensauvagement n’est pas qu’un sentiment…

On peut m’expliquer un tel acte de toutes les manières que l’on veut, mais on ne peut pas me dire que qualifier un tel acte de sauvage est aberrant. C’est de la sauvagerie pure. On s’exclut automatiquement de toute forme de civilisation. Ce type a l’air d’être un solide abruti puisqu’il mène un attentat où Charlie Hebdo n’est plus. Il se trompe de cible et fait n’importe quoi.
À partir du moment où l’imbécile a des idées et des armes, il est dangereux. Malheureusement, ils sont nombreux dans ce pays. Cette violence terroriste fait souvent la une des médias, sauf qu’aujourd’hui, vous avez dû avoir dans le pays des dizaines de coups de couteau, des types ont été massacrés pour un regard ou une cigarette. Ce ne sont pas des actes terroristes, mais c’est une forme de terrorisme ordinaire, une insécurité qui est latente et énorme, dont on ne prend pas la mesure. On est encore en train de se battre sur des termes. Est-ce que sauvage n’est pas trop fort ? Non, parce que c’est le quotidien. Il est vraiment urgent de prendre la mesure de ce quotidien.

Le ton de ce livre est volontairement très offensif. Vous interpellez le lecteur, vous le tutoyez et vous êtes assez violent avec lui. À la fin, vous dites que vous ne savez pas si c’est vous qui avez vraiment écrit ce bouquin. On a l’impression que c’est un truc qui sort du fond des tripes. Que s’est-il passé ?

Je suis assez mal à l’aise avec le ton donneur de leçon, caporaliste et directif. Je me suis dit que c’était peut-être mon inconscient qui me parle et peut-être l’inconscient du lecteur qui lui dit « secoue-toi parce que le miracle ne va pas arriver. Tu attends que quelque chose se passe, mais tout en restant complètement dégagé de tes obligations ». D’où le tutoiement et cette espèce de “j’attrape le lecteur au collet” et je lui dis ses quatre vérités en lui disant que s’il croit qu’un miracle va se passer sans mettre sa peau sur la table, il va attendre très longtemps et tout va se jouer sans lui comme d’habitude. Il faut qu’il y ait une réaction. C’est pourquoi ce livre appelle volontairement à une réaction.

Pour vous, l’État est le responsable de ce qu’est devenu le pays. L’État et les banques sont les deux tenailles qui sabotent nos libertés.

Absolument. Je pense que cela va bien au-delà. L’État, les banques, les médias tout ce que recouvre cette appellation Big Brother, tout ce qui exerce une contrainte sur la population, sur sa manière de voir et de penser. Il va déposséder les individus de leur souveraineté.

Vous souhaitez presque revenir à une forme de tribalisme.

Revenir en tout cas à un monde où l’individu a une forme de pouvoir et de responsabilité sur son destin, sur sa vie et sur son quotidien, plutôt qu’être une machine à déléguer et à subir ultra dépendante de son maître, l’État. Aujourd’hui, le citoyen est dans cet état très angoissant. Il n’a absolument aucun pouvoir et aucun contrôle sur la situation. Évidemment, il a peur, il subit, il est inquiet et veut encore plus d’État, plus de maîtres, plus de lois et encore plus de puissance, pas pour lui, mais pour cette espèce de méga structure. Il ne se rend pas compte que plus cette structure sera puissante plus lui, sera faible. Il n’aura aucun moyen d’exister contre lui.

Le risque ne serait-il pas que toutes les pulsions se réveillent et que l’on finisse avec des loups solitaires un peu partout dans la nature et que la personne cadrée et câblée devienne du jour au lendemain à l’état sauvage ?

Lorsqu’on est dans un monde domestique comme celui-là, on va avoir des créatures hybrides qui vont dans un cheminement intellectuel assez obscur se dire que finalement, le moyen d’incarner quelque chose dans ce monde c’est de lui péter à la figure, de s’attaquer à ces symboles les plus célèbres pour exister dans l’éclair de sa propre fin sociale, il va créer une forme de contre pouvoir. Évidemment, ce n’est pas une solution à ses problèmes, mais beaucoup d’individus ne voyant aucune issue dans ce monde peuvent être tentés par cette voie-là.

L’idée est-elle de reprendre le contrôle avant que tout devienne incontrôlable ?

Je pense que notre situation est condamnée à court terme puisque plus l’État prend de l’ampleur plus il doit prélever des richesses, plus il devient difficile de produire ces richesses puisque les prélèvements écrasent fatalement l’économie.

Vous comparez l’État à la panse crevée d’un ruminant.

C’est une structure énorme qui ne peut pas se réduire d’elle même. Elle ne fait que croître. Elle est là pour se fabriquer et se multiplier. C’est une sorte de parasite. Elle va forcément trouver ses limites avec la fin de l’organisme qui l’a nourri. C’est le lot de tous les parasites. La seule solution pour le pays et le citoyen est de se dégager de cette empreinte parasitaire qui l’étouffe. C’est très compliqué puisque nous sommes dedans jusqu’au cou. Nous sommes ultra dépendants de l’État aujourd’hui. On ne conçoit pas l’avenir ni la solution de nos problèmes sans lui. C’est un travail énorme, mais si les esprits ne le font pas, on n’a aucune chance d’éviter cet avenir qui sera soit celui de l’avenir du pendu, c’est-à-dire la nuque brisée brutalement, tout s’effondre d’un coup et là, tout le monde va y passer. Soit, l’asphyxie, un long pourrissement de la situation qui ne nous rendra pas plus service puisqu’on sera toujours sous le joug de cet État même finissant. Plus la situation dure, moins elle est réversible.

Lorsque vous avez commencé votre carrière littéraire, la plupart des médias que vous décriez vous ont placé directement à l’extrême droite. On vous a mis dans le giron de Marine Le Pen parce qu’elle avait aimé votre livre. Derrière, on vous a vu à la convention de la droite. À vous lire, on a l’impression qu’il n’y a aucune offre politique aujourd’hui en France qui pourrait sauver la situation. Pensez-vous que le politique ne puisse plus sauver le pays ?

D’une certaine manière, l’offre politique ne correspond pas à ma façon de voir. L’offre politique est aujourd’hui très étatiste. Même si elle venait à être en phase avec ce que je dis, je me méfierais parce que c’est encore une fois renvoyer la solution sur quelqu’un d’autre que sur moi. S’il accède au plus haut niveau de l’État, rien ne me dit qu’il fera ce qu’il a promis. La politique n’est pas un jeu de sincérité, mais un jeu de mensonge et de séduction. C’est un théâtre. Ces individus veulent le pouvoir, très bien. Moi, je m’en tiens assez éloigné. Évidemment, j’ai été catégorisé. C’est très classique dans notre pays. Lorsque vous déviez un petit peu, vous êtes automatiquement criminalisé : cordon sanitaire, extrême droite et tout ce que l’on veut. Vous et vos idées n’êtes même pas envisageables pour le commun des mortels et pour les grands médias. On peut continuer à ignorer la fracture qui grandit entre la population et nous. Ce milieu se protège comme cela. C’est un peu le système immunitaire de Big Brother. C’est ce chantage permanent à l’extrême droite.

Finalement votre solution c’est « ne faites confiance qu’à vos proches, vos familles. Achetez une ferme et fortifiez-là. Cultivez votre jardin, soyez autonome en eau et attendez que cela passe »…

La solution ultra autonomiste est un peu romantique. Le type tout seul, même s’il a ses laitues qui prennent le soleil, que tout va bien, qu’il a un bel abri anti atomique et qu’il est bien armé, il ne pourra pas tout prévoir et ne pourra pas résister à une troupe armée. Il sera toujours à la merci de ses pairs. Je ne prône pas le recours aux forêts totales et à l’isolement absolu. La fuite n’est jamais une solution, mais plutôt se réimplanter dans la vie locale, retisser des réseaux de confiance de manière à moins dépendre de l’hydre, des moyens d’acheminement de Big Brother, mais peut-être de se réattribuer du poids sur nos existences.

Dresser sa bête en attendant que l’hydre s’effondre.

C’est une forme de contre dressage. Plutôt que de subir, de marcher aux ordres des médias, de ce conditionnement et de ces phrases qu’on nous apprend tous les jours, apprendre à être son propre maître, se vacciner contre tous ces messages. On parle de 4 heures de télévision par jour, de 2 heures de radio, de publicités, d’internet. On a des moyens très limités. Il faut véritablement devenir une citadelle intérieure pour résister aux assauts de ce conditionnement.

En vous adressant directement au public, n’avez-vous pas peur que certains y voient des ordres donnés au premier degré comme aller tirer dans l’Assemblée nationale ou plastiquer la banque de France ?

C’est une question assez récurrente. Comme disait l’autre, on n’est pas à l’abri d’être aimé par des imbéciles et d’être compris de travers et que n’importe qui plaque son fantasme sur ce que vous faites.
À un moment, il faut aussi parier sur l’intelligence du lecteur. Même s’il est désespéré, il ne faut pas céder à l’autre excès ni à la tyrannie inverse ni à l’idéologie nouvelle. Il faut essayer de se battre pour garder ce fil de la raison, du réalisme et ne pas aller dans un autre délire. Dans ce livre, je n’appelle évidemment pas du tout à la violence. J’espère que je suis assez clair dans ce livre. Pour moi, cette chape de plomb Big Brother est une violence qu’il exerce en permanence sur les individus puisqu’il les contraint à subir ce qu’ils ne veulent pas subir. C’est une violence. Ce livre est plutôt un catalyseur de liberté plutôt qu’un prophète d’un ordre extrêmement rigide et réglé.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire