Éric Zemmour : un candidat différent ?

président

Les critiques qui sont tombées en avalanche sur la déclaration de candidature d’Éric Zemmour témoignent le plus souvent de l’aveuglement, entretenu ou subi, des commentateurs et du grand malentendu qui règne dans la politique française, au moins depuis 2017, et sans doute depuis plus longtemps. Elles épinglent le caractère anxiogène, la référence gaullienne jugée ridicule, le caractère nostalgique marqué par un regard davantage tourné vers le passé que vers l’avenir, et l’absence de propositions précises dans le domaine économique.

En fait, la cohérence du fond et de la forme, du décor et de la démarche, du style et du contenu était parfaite. La candidature de Zemmour est différente des autres parce qu’elle procède d’une vision à la fois plus haute et plus large de notre pays. Certes, il n’est pas le général de Gaulle et ne se prend pas pour lui, mais il regarde la France de la même hauteur, non celle des cinq années d’un mandat présidentiel et des mesures à prendre, mais celle des siècles durant lesquels notre nation est allée « sans relâche de la grandeur au déclin ». Pour lui, l’Histoire n’est pas la comédie de la succession des régimes et des gouvernements, le jeu compliqué et tortueux des hommes qui en sont les acteurs, lequel délecte les commentateurs. Non, l’Histoire est tragique : elle est le tombeau des civilisations et des peuples laissant la place à d’autres civilisations et à d’autres peuples. La mort peut les saisir comme elle saisit les personnes, brutalement ou sournoisement. La débâcle et l’invasion ressemblent à l’infarctus, la lente dégradation de l’esprit public, des mœurs, des capacités de défense, matérielles ou spirituelles, font penser au cancer.

Zemmour privilégie logiquement cette angoisse-là parce qu’elle est essentielle. Elle est la seule que peut vaincre un pouvoir politique souverain et responsable quand les autres dépendent d’autres niveaux. Sauver notre pays du déclin et de la décadence est la priorité absolue. Le déclin se mesure à notre recul économique que la longue série de nos déficits et de notre dette prouve amplement malgré les artifices de la planche à billets. Il se mesure aussi à notre perte d’influence géopolitique du Liban au Pacifique en passant par l’Afrique francophone. Notre décadence s’affiche aux yeux de tous par le règne des minorités qui minent la cohésion nationale, ruinent notre démographie, altèrent notre culture et démoralisent le peuple français, aux deux sens du terme, celui du moral ou de la morale. La priorité de l’économie est un leurre. Celle-ci ne peut être que la conséquence d’un redressement politique comme la France l’a vécu en 1958, pour la dernière fois.

Seul un pouvoir fort appuyé sur une majorité ardente et inspirée par le patriotisme plus que par le pouvoir d’achat pourra procéder aux réformes nécessaires dont dépend, en fait, le niveau de vie des Français. Les électeurs de François Fillon et ceux de Marine Le Pen peuvent s’unir dans cet élan, dans ce combat. Bien d’autres peuvent les rejoindre pour échapper à la férule des technocrates dont l’inefficacité, notamment en économie, se mesure aux résultats de notre pays, pour se libérer de la baguette des oligarques de la pensée et de la finance qui imposent leur idéologie ou leurs intérêts, lesquels s’accordent souvent étrangement.

Zemmour est le seul à incarner cette espérance. Que son profil, son origine, sa profession, sa confession soient inattendus révèle l’état de la France incapable de produire un héros issu de sa majorité, un homme politique ou un général. C’est, néanmoins, vouloir tromper les Français que de le réduire à n’être qu’un « polémiste d’extrême droite ». C’est un écrivain qui possède une connaissance de notre Histoire et des principales questions actuelles qui se posent à notre pays bien supérieure à celle des politiciens ou des commentateurs. Cette compétence remarquable dans les débats en fait un meilleur candidat que la présidente du Rassemblement national.

Désormais, sa réussite ou son échec dépendent, d’une part, du poids immense des intérêts qu’il bouscule, comme l’ont montré l’acharnement médiatique contre l’homme, l’utilisation de la moindre rumeur, du moindre geste à son encontre, d’autre part, de sa capacité à s’élever sans cesse à la hauteur de son idéal : le V de la victoire aurait été une meilleure réponse au doigt d’honneur !

Christian Vanneste

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Les migrants expédient des milliards dans leur pays d’origine, selon la Banque mondiale

argent migrants

Les chiffres sont rarement évoqués, mais les grandes migrations de ce siècle cachent une économie et des transferts de fonds gigantesques.

Pas moins de 589 milliards de dollars, soit 520 milliards d’euros : telle est la somme colossale que les migrants du monde entier auront perçue dans leur pays d’accueil en 2021 et qu’ils auront envoyée dans leur pays d’origine, selon les estimations de la Banque mondiale publiées le 17 novembre. Un chiffre en hausse de 7,3 % sur un an, soit par rapport à 2020.

Ces fonds, perçus hors de leurs frontières et que les migrants rapatrient dans leur pays – des pays souvent à revenus faibles ou intermédiaires -, devraient continuer à croître en 2022 avec une augmentation de 2,6 %. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, les effets de la pandémie n’ont quasiment pas impacté le cours de ces fleuves d’argent. Toujours selon la Banque mondiale, les transferts de fonds sont, aujourd’hui, trois fois supérieurs aux investissements directs à l’étranger (IDE) et aux aides publiques au développement (APD). Pour de nombreux pays, il s’agit d’une source considérable de revenus impactant largement l’économie du pays. C’est ainsi le cas du Liban (34,8 % du PIB), de la Gambie (33,8 %) et du Népal (24,8 %). Quant aux principaux transferts de fonds venus de l’Union européenne, ils se dirigent vers les pays du Maghreb, notamment le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.

Dans ce concert, les chiffres d’Eurostat montrent que la France est le pays d’Europe qui envoie le plus d’argent vers l’étranger. En 2020, pas moins de 11,2 milliards d’euros ont, ainsi, quitté les frontières de l’Hexagone. Selon le rapport de la Banque de France, ces exportations financières vont en priorité vers l’Afrique du Nord et subsaharienne. De leur côté, les flux entrants sur le territoire français (venus, notamment, de Suisse et d’Allemagne) se sont considérablement affaiblis depuis 2009, tandis que les flux sortants, eux, sont en hausse. Ils ont bondi de 6,3 milliards, en 2009, à 11,2 milliards, donc, en 2020.

Les sommes d’argent qui voyagent entre les pays occidentaux et le tiers-monde peuvent être transférées par plusieurs canaux : par les banques et les établissements de monnaie (Western Union, MoneyGram…) ou bien par les systèmes informels tels que les porteurs de confiance ou le marché noir. En passant par des sociétés reconnues par l’État, le service des impôts français peut engager une réduction fiscale. D’après l’article 156 du Code général des impôts, ces versements sont considérés comme des pensions alimentaires. Il suffit de fournir une déclaration de revenus, un justificatif de l’état de besoin du bénéficiaire et un document attestant du lien de parenté.

D’après la Banque mondiale, cet argent représente une aide à la « précarité économique » pour « soulager les ménages mis à rude épreuve ». Pourtant, d’après les déclarations à l’Assemblée nationale de l’ancien directeur de la cellule anti-blanchiment de Bercy TRACFIN, Bruno Dalles, ce soutien familial fait partie aussi des sources de financement du terrorisme. Un financement qui bénéficie donc… d’une défiscalisation par l’État français. Un comble !

Gauderic Bay

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Victor Rouart, rescapé du Bataclan, dénonce la sous-évaluation du danger islamiste

Victor Rouart

Victor Rouart est un rescapé de l’attentat du Bataclan. Grièvement blessé aux jambes, il mettra trois ans, trois ans de souffrances physiques et morales, pour s’en remettre. Il a publié Comment pourrais-je pardonner ?, récit de l’attentat cosigné avec le journaliste du Figaro Luc-Antoine Lenoir. À l’occasion de la sortie de son ouvrage et surtout du procès des terroristes du Bataclan, il est revenu sur le drame et, surtout, développe une réflexion sur l’état et l’avenir de la société française, sur cet islamisme de France qui vient, enfin, de rentrer par effraction dans la campagne électorale.

Invité par Natacha Polony sur BFM TV, il explique avoir été choqué que l’élection présidentielle de 2017 n’ait pas été l’occasion d’un profond débat sur « comment combattre le terrorisme, réfléchir à tous les moyens, pas seulement humains ou matériels mais philosophiques, politiques, culturels ». Le ton calme et posé, le regard grave, il regrette que « le terme résilience a[it] servi à masquer certains manques soit de volonté politique, soit une forme d’impuissance, et que c’était une expression assez commode pour éviter d’aborder certains sujets de fond ». Ce qu’il veut, et il l’exprime avec pudeur et fermeté, ce sont une réflexion sur ce qui a engendré le terrorisme islamique sur notre sol, une prise de conscience et des actes : « Les pouvoirs publics étaient plus dans la réaction que dans l’action. »

Les fleurs et les bougies ont la puissance et la virulence d’une feuille morte : François Hollande n’avait-il pas dit que nous étions en guerre ? Irénisme coupable, aussi, quand François Hollande, qui n’est plus président de la République que pour quelques jours, vient assister au Bataclan au spectacle de Yassine Belattar, en mai 2017, affirmant : « C’est un spectacle d’humour : une arme contre l’obscurantisme… »

Dans son livre, Victor Rouart raconte avoir été très choqué lorsque François Hollande, répondant à l’époque à Donald Trump qui pointait l’insécurité grandissante en France, avait déclaré : « Ici, il n’y a pas de personne qui prenne des armes pour tirer dans la foule. »

Un an et demi après le Bataclan. Comme si rien ne s’était passé.

Comme chacun sait, François Hollande a témoigné à la barre et a déclaré savoir que « des opérations se préparaient, que des individus s’étaient placés dans le flot des réfugiés pour tromper la vigilance ». Le journaliste Raphaël Stainville, sur Twitter, publie « un extrait du PV d’audition d’un témoin entendu par la Sdat après avoir vu Abaaoud. » [Abdelhamid Abaaoud, Belgo-Marocain de 26 ans, est le chef opérationnel présumé des attentats du 13 novembre à Paris, NDLR] : « Ils sont rentrés quand Hollande a fait rentrer les réfugiés. Ça fait deux mois qu’ils sont là. Il a dit en rigolant, “la France, zéro”. »

Une enquête menée par Le Figaro apporte des éléments supplémentaires sur l’entrée des djihadistes en Europe lors de la vague migratoire de 2015 : « Tous les membres des commandos de 2015, qu’ils soient étrangers ou Français ayant séjourné en Syrie, ont emprunté la route migratoire de l’est de l’Europe avec des passeports syriens ou irakiens », explique Jean-Charles Brisard, président du Centre d’analyse du terrorisme (CAT), dans leurs colonnes.

Alors, aujourd’hui, Victor Rouart veut, a minima, des explications. Dans un entretien paru, ces jours-ci, dans Le Figaro, il s’exprime à ce sujet : « Pourquoi le président a préféré taire cette information qui représentait pourtant un danger non négligeable pour la sécurité des Français ? D’autant qu’une partie de la presse, au même moment, qualifiait de “fake news” cette possibilité d’infiltration de terroristes parmi les réfugiés et diabolisait quiconque évoquait cette éventualité. Il me semble que la question morale et humaniste omniprésente quant à l’accueil ou non des migrants lors de cette année 2015, aussi sensible et complexe soit-elle, ne justifiait pas ce qui peut s’apparenter à une prise de risque de la part du pouvoir politique, la sécurité de nos concitoyens étant l’une des missions essentielles de l’État. »

Il apparaît clairement que Victor Rouart ne souhaite pas que se reproduise, dans la campagne présidentielle qui débute, la séance de prestidigitation qui a effacé du débat français, en 2017, la question centrale des origines et des conséquences de cette présence islamiste en France, et du danger mortel qu’elle représente pour notre pays.

Marie d’Armagnac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Laura Magné : « La Furia s’apparentera à “une charge de cavalerie lourde”, un combat intellectuel, culturel, littéraire »

Laura Magné

Le 20 janvier prochain marquera le lancement d’un nouveau magazine trimestriel, La Furia. Laura Magné, sa directrice de la publication et rédactrice en chef, se confie à Boulevard Voltaire.

Laura Magné, dans les pages de La Furia, on retrouvera notamment Papacito, Laurent Obertone, Marsault et d’autres contributeurs comme Julien Rochedy. D’où vous est venue cette idée ?

L’idée a germé simplement entre nous quatre. Nous voulions nous réinventer, diversifier et peut-être muscler notre jeu. Les auteurs étaient connus pour leurs productions littéraires et leur présence en librairie. La création d’un magazine est venue comme une évidence : assurer une présence en kiosque. Cela permettait également aux auteurs d’offrir un nouveau contenu, plus court, plus fou aussi, s’inscrivant totalement dans l’actualité. Et de permettre à tous les contributeurs – divers et variés – d’être sur un seul support.

Le secteur de la presse papier n’est pas dans son meilleur jour, vous faites donc un pari risqué. Pensez-vous que La Furia puisse se faire une place au milieu des centaines de revues politiques qui existent actuellement dans le pays ?

Depuis que les auteurs sont présents en librairie, nous constatons une chose essentielle : les ventes sont là et sont très importantes, et ce, même si elles ne sont pas toujours assumées. Il semblerait que depuis quelques années, pour ne pas dire quelques mois, le vent tend à tourner vers une ambiance plus « réactionnaire ». Le lectorat est fatigué de lire sans cesse les mêmes points de vue, les mêmes auteurs, les mêmes avis, et se tourne de plus en plus vers des médias alternatifs – souvent connotés à droite, d’ailleurs. Pour le moment, la course aux abonnements prouve que le lectorat est dans l’attente : 12.000 abonnements pour quatre numéros en à peine deux semaines de campagne, ça laisse présager plus des 15.000 abonnements espérés ! Il est encore tôt pour savoir précisément comment sera accueilli le premier numéro de La Furia, mais une chose est sûre : il est attendu.

La Furia, c’était le nom donné à la cavalerie française, réputée pour ses charges dévastatrices sur les ennemis de la nation. Pourquoi avoir choisi ce nom ?

Pour paraphraser Laurent Obertone, cette revue s’apparentera à « une charge de cavalerie lourde ». Il y a une notion de combat évidente, un combat intellectuel, culturel, littéraire. Le nom de la revue fait également référence aux Furies, déesses de la vengeance, chargées de rétablir la justice du vivant des criminels. Tout un programme… !

Que retrouvera-t-on, dans les colonnes de votre revue ? Quel format d’articles ? Entretiens, enquêtes, éditos ?

Les formats seront divers, vous y retrouverez des chroniques culturelles, sociétales, politiques, musicales. Bien sûr, il y aura des éditos, des entretiens également. Dans l’idée de réhabiliter tout le charme des revues satiriques – Hara-Kiri, par exemple –, il y aura également du roman-photo et beaucoup d’illustrations.

L’édition d’une revue trimestrielle représente un coût financier non négligeable. Pensez-vous que les rentes apportées par les abonnements suffiront à pérenniser le futur de La Furia ? Comptez-vous ouvrir vos pages à des encarts publicitaires ?

Les auteurs concernés ont toujours pu vivre de leurs ouvrages, nous avons confiance en nos lecteurs et sommes confiants quant à l’avenir. Nous ne sommes pas fermés aux encarts publicitaires à partir du moment où ils sont « cohérents » avec l’ensemble du projet.

À terme, comptez-vous accueillir d’autres auteurs dans vos colonnes ? Si oui, avez-vous déjà quelques noms en tête ?

Bien sûr ! Nos pages sont ouvertes à toute personne de talent. Pour le moment, pas de noms à donner, mais la communication aura lieu en temps et en heure.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Ces responsables qui connaissaient la menace terroriste… et n’ont rien pu faire

cazeneuve

Des responsables dépassés par les conséquences de l’immigration massive, telle est l’image qui ressort des dernières auditions lors du procès des auteurs de l’attentat du 13 novembre. Une semaine après la comparution de l’ancien Président François Hollande comme témoin – et ses propos qui ont fait couler de l’encre -, la parole est à ceux qui, dans les hautes instances, étaient concernés au premier chef par la lutte antiterroriste. Ainsi, le mardi 16 novembre, étaient cités Bernard Bajolet, directeur général de la Sécurité extérieure au moment des faits, et Patrick Calvar, alors directeur général de la Sécurité intérieure (ce dernier verra, finalement, son audience reportée à une date ultérieure) ; ce mercredi 17 novembre sont cités Bernard Cazeneuve, ancien ministre de l’Intérieur, et François Molins, ancien procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris.

Ces témoignages permettent d’étayer les propos déjà abondamment discutés de l’ancien président de la République et de leur donner un éclairage : ils savaient qu’ils devaient agir et ils n’ont rien fait… car ils ne pouvaient rien faire, tant ils étaient noyés sous la complexité de la situation.

Ainsi, l’ancien patron de la Direction générale de la Sécurité extérieure Bernard Barjolet savait « qu’un ordre avait été donné de frapper l’Europe, plus particulièrement la France. Nous savions que des opérationnels avaient été sélectionnés, s’entraînaient dans ce but. Nous connaissions plusieurs des acteurs et pourtant, nous n’avons pas empêché ce drame, alors que l’une des missions de mon service est de détecter les menaces qui ont leur origine à l’étranger, et de les entraver. » Tout en rappelant que des attentats ont été déjoués avant le 13 novembre 2015, il ne nie pas la stupeur qui a été celle de ses agents lorsqu’ils ont appris, après l’attentat, qu’Abdelhamid Abaaoud, coordonnateur des attentats, se trouvait en France ; il était pourtant dans le viseur de la DGSE depuis 2013 !

Enfin, il évoque le manque de moyens de ses services face à l’immigration massive : il n’ont pu contrôler le flot de migrants arrivé sur le territoire. Il était évident que des djihadistes étaient infiltrés parmi le million de Syriens qui ont débarqué en Europe au cours de l’été précédant l’attentat. Mais comment exercer des contrôles sur une aussi grande quantité de personnes ? Comment une politique d’ouverture des frontières pouvait-elle produire d’autres conséquences ? À qui la faute ?

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur à l’époque, qui indique à son tour savoir « que nous serions la cible d’attaques mais [sans savoir] la date ni les cibles visées », s’est trouvé confronté à un autre problème dans les mois qui ont précédé les événements du Bataclan : celui des jeunes partis faire le djihad. Arrivé place Beauvau en 2014, il avait constaté « un nombre de plus en plus important de ressortissants français et européens qui partaient sur le théâtre des opérations ». Il a ainsi évoqué, lors du procès, le cas de Samy Amimour, un des terroristes du Bataclan, qui était sous le coup d’un contrôle judiciaire lorsqu’il est retourné en Syrie : « La question qui se pose est comment il a pu partir. Les informations communiquées publiquement sont qu’il n’avait pas pointé à son contrôle judiciaire. Les informations de mes services sont différentes. Je n’avais pas connaissance de la violation de son contrôle judiciaire. » Ainsi que celui d’Ismaël Omar Mostefaï, un autre terroriste du Bataclan : « À ma connaissance, c’est au moment où il part qu’on découvre qu’il est radicalisé. » Il est difficile de ne pas voir ici une défaillance dans la politique de « prévention de la radicalisation ». Mais cette velléité de combat contre la radicalisation n’était-elle pas un leurre ? Comment contrôler en leur for intérieur des jeunes qui ont la volonté de combattre dans les rangs de l’État islamique ?

Ainsi, ils savaient (du moins en partie) et n’ont rien pu faire. Mais est-ce vraiment un manque d’efficacité ? Ou est-ce le fruit de plusieurs années de politique déconnectée des réalités liées à l’immigration massive ? À qui la faute ?

Renaud de Bourleuf

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Repentance : une exposition sur la traite négrière à Nantes

esclavage

L’événement illustre l’irrépressible besoin de fouetter nos ancêtres qui furent si cruels alors que nous sommes si bons, de faire repentance et de battre notre coulpe sur la poitrine des morts. La France n’a pas célébré Austerlitz, notre époque n’aime l’histoire qu’à la condition de la refaire à son aune et à sa honte. Le Mémorial de l’abolition de l’esclavage, à Nantes, installé au château des ducs de Bretagne, propose ainsi une immersion au sein de la traite négrière dans la ville. L’événement, qui se tiendra jusqu’au 19 juin 2022, est décrit comme un « acte démocratique » par l’ancien maire de la ville Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre, nommé président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage par le Président Macron. Il est à l’origine de ce mémorial.

Vingt ans après la loi mémorielle de Christiane Taubira, l’exposition « Abîme : Nantes dans la traite atlantique et l’esclavage colonial, 1707-1830 » met donc les pieds dans le plat de ce sujet sensible et douloureux. Foin de nuances ou de contradictoire. Le XVIIIe siècle colonial, complexe, et l’ancienne ville de Nantes n’ont pas d’avocat. Le nom de l’exposition lui-même est une référence à l’auteur et philosophe antillais Édouard Glissant, penseur du concept de créolisation cher à Jean-Luc Mélenchon. Le parti pris est donc assumé.

Pour huit euros, le mémorial propose une expérience sensible et immersive qui lève « le voile sur la complexité du réel d’une ville qui fut négrière et esclavagiste ». En déambulant dans les salles boisées et paradoxalement assez chaleureuses, les deux cents œuvres exposées plongent le visiteur dans le quotidien des esclaves à Nantes ou sur un bateau négrier. Ainsi est projetée une modélisation de la Marie-Sépharique pour illustrer l’organisation des conditions de détention à bord. « Ici, on voit que l’espace du navire est un lieu concentrationnaire », explique Krystel Gualdé, directrice scientifique du musée d’histoire de Nantes. L’expo tisse des liens étranges avec l’actualité récente comme Black Lives Matter. Afin de saisir le visiteur, un mur est affiché avec un enregistrement énonçant le nom de chacun des esclaves passés par Nantes. Des effets personnels ou des objets rappelant leur servitude sont exposés. Cela n’est pas sans rappeler le célèbre Mémorial de la Shoah, Yad Vashem, à Jérusalem. L’un des podcasts en partenariat avec le site Slate réclame un hommage à l’esclave inconnu et la reconnaissance des esclaves résistants. Tout est fait pour présenter l’esclavage comme le premier holocauste. L’entreprise de culpabilisation tourne à plein régime.

Il faut que les Nantais d’aujourd’hui soient conscients de leur héritage esclavagiste, de cette faute qu’ils n’ont pas commise. Derrière Nantes, la France est pointée du doigt. Un couple d’armateurs, les Deurbroucq, pose avec ses esclaves. Les témoignages « des personnes mises en esclavage » viennent en contrepoint. Ainsi Pauline, jeune esclave guadeloupéenne envoyée dans un couvent lors d’un long voyage de sa maîtresse. À son retour, Pauline demande à entrer au couvent comme novice, ce à quoi sa maîtresse s’oppose catégoriquement. Soutenue par la prieure du couvent et le maire de Nantes, elle intente un procès qu’elle gagnera en 1716 pour vice de procédure. Le maire et le couvent échappent à peine à l’opprobre.

Les organisateurs ont évidemment voulu profiter de cette exposition pour aborder l’esclavage moderne, le racisme et la migration. Car l’exposition entend « décoloniser la pensée ». C’est dans ce cadre qu’on aborde (enfin) la collaboration active des chefs africains à la traite négrière. Pour préciser que les populations de la côte d’Afrique de l’Ouest ayant négocié avec les Européens ont adopté leurs mœurs et ont été « considérées comme blancs par les Africains de l’intérieur ». Ainsi, les Blancs restent les méchants, même s’ils ont la peau noire.

Le musée nantais traite avec les yeux du XXIe siècle le drame de l’esclavage. Mais pour revivre les milliers de noyades à Nantes d’hommes, de femmes, d’enfants, de prêtres et de religieux au moment de la Terreur révolutionnaire, il faudra attendre.

Louis d’Amayé

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Zemmour et les femmes, le nouvel angle d’attaque contre l’homme qui bouscule la campagne

zemmour

Zemmour est contre les femmes, tout contre, se serait amusé Guitry devant la une racoleuse de Paris Match. Séducteur invétéré ou misogyne ? Sexiste ou harceleur ? Tous les coups bas sont permis pour salir celui qui reconnaissait, au micro de la douce et pugnace Christine Kelly, s’être invité dans la campagne présidentielle « comme un chien dans un jeu de quilles ». Alors, on sort les dossiers et, comme pour détourner l’attention des vrais sujets ou des vrais auteurs de violences faites aux femmes, tous ses opposants, médias, réseaux, think tanks et fondations vont s’acharner sur celui qui représente « un danger pour la démocratie ».

Ainsi, France 2 diffusait, le 4 novembre, à 23 h, un « Complément d’enquête » à charge contre le polémiste. Le « moment fort » du reportage, selon Le Monde, ce sont les témoignages de Gaëlle Lenfant et celui d’une autre jeune journaliste accusant Éric Zemmour de les avoir embrassées de force. France Inter a plongé dans ses archives et publie « De son ouvrage Le Premier Sexe jusqu’à ses débats récents sur CNews, nous faisons remonter des dizaines de déclarations misogynes. » Lui est reproché, entre autres, de trouver que « les grands génies » sont des « hommes ». Une vision pas très paritairement correcte ! LCI, de son côté, a décortiqué sourcilleusement le dernier ouvrage La France n’a pas dit son dernier mot pour « savoir en quels termes il parlait de la gent féminine ». N’a-t-il pas évoqué Sibeth Ndiaye en ces termes : « Être une femme noire lui donne deux arguments imparables et la dispense d’un plus grand effort. » Sur LCI, toujours, les cadres du Rassemblement national estiment qu’« il faut l’attaquer sur son féminisme ». Pragmatique, le polémiste dénonce le contexte de lutte intersectionnelle ambiant qui désigne le mâle blanc comme l’homme à abattre. Face au viral #LesFemmesAvecZemmour, la réplique ne tarde pas à s’organiser et fleurit sur les réseaux avec cette mention sur Twitter #ZemmourContreLesFemmes. Le Parti socialiste stigmatise « une pensée rétrograde et misogyne. Des témoignages d’agressions sexuelles. Jamais Zemmour ne sera du côté des femmes. »

Qu’Éric Zemmour ait pu avoir des gestes ou des propos déplacés, c’est possible. Mais depuis quand les Présidents sont-ils tenus d’être vertueux ? François Mitterrand était polygame, Jacques Chirac courait les jupons, François Hollande entretenait sa maîtresse aux frais du contribuable – pour ne citer qu’eux. Quand le polémiste dénonce la « dévirilisation », qu’il écrit dans Le Figaro que « la société matriarcale est en route. Les hommes sont sommés de se soumettre ou de se démettre. Les femmes elles-mêmes doivent s’adapter : le fait d’enfanter ne fait plus la mère ; l’intention vaut l’action. » L’actualité récente sur le genre ou la bioéthique ne lui donne-t-elle pas raison ?

Marine, 18 ans, témoignait de son agression dans l’émission « Touche pas à mon poste ! », sur C8, le 3 novembre, évoquant ses deux bourreaux : « Celui en gris m’a rouée de coups de pied sur ma poitrine et dans ma tête. Il rigolait et il prenait du plaisir à me frapper […] Celui en noir a pris mon sac et est parti. L’homme en gris a sorti un marteau brise-vitre et m’a dit « Je vais te finir » et puis il m’a donné un coup de marteau dans la tête. » Une autre jeune femme, Victorine, n’a pas eu la chance de survivre à son bourreau. Axelle, qui promenait son chien et s’est fait percuter puis traîner par une voiture, non plus. Chahinez Daoud voulait vivre « comme une Française » en portant des jeans, son mari n’était pas de son avis, il voulait une Algérienne comme en Algérie, il l’a immolée.

Qu’on ne parle plus de sentiment d’insécurité aux femmes. Selon l’Agence européenne des droits fondamentaux, « 83 % des femmes âgées entre 16 et 29 ans évitent soit de se retrouver seules dans certains endroits, soit de se rendre dans certaines rues ou quartiers, soit de se retrouver isolées avec une autre personne. » Éric Zemmour dénonce l’ensauvagement de notre société et veut défendre les femmes face à l’islam. Ses propos rencontrent un large écho dans la société, alors, comme le chantait Béart, « le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ».

Iris Bridier

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Attentat de Nice, un an après : le djihadiste Brahim Aouissaoui plaide toujours l’amnésie

attentat nice

Il y a un an, Brahim Aouissaoui, Tunisien de 22 ans, pénétrait dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption à Nice à 8 h 29 du matin. Vingt minutes plus tard, il avait déjà commis un triple massacre : Nathalie Devillers, Vincent Loquès le sacristain et Simone Barreto, tous trois coupables d’être venus prier de bon matin, étaient assassinés, égorgés. Les derniers mots de Simone Barreto – « Dites à mes enfants que je les aime » (France 3) – symbolisent à eux seuls cette vérité, cruelle et nue : par cet acte islamiste, c’est toute une famille, ici catholique, qui est endeuillée. Alors qu’il vociférait « Allah Akbar », le terroriste était criblé de 11 balles. Touché à l’abdomen et aux jambes, il est transporté à l’hôpital de Nice où ses seules paroles furent « des invectives islamistes ».

Qui est ce Tunisien arrivé clandestinement en Europe, le 20 septembre 2020, par la filière, hélas bien connue, des bateaux de migrants qui arrivent quotidiennement à Lampedusa ? Trafic qui vaut d’ailleurs encore aujourd’hui à Matteo Salvini d’être poursuivi en justice pour avoir tenté, à la face de toute l’Europe, d’en réduire drastiquement le flux, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Trafic et flux qui ont repris massivement depuis son départ du pouvoir. Rien n’a servi de leçon, et pourtant, le cas d’Ibrahim Aouissaoui est éminemment symbolique.

Peu de temps après l’attentat de Nice, Paris Match est allé en Tunisie aux origines du terroriste. Dernier d’une fratrie de dix enfants, il est originaire de Sfax. Très tôt, il quitte l’école, enchaîne les jobs qu’il quitte les uns après les autres : rétif à l’effort, à la rigueur, aux horaires fixes, il verse dans la petite délinquance, boit et fume du hachich, puis se rapproche des Frères musulmans. Il fait du trafic de carburant – qui lui permettra de payer son passage sur le bateau qui l’emmènera en Italie. Débarqué en Italie, il fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire… et est laissé libre. Selon France TV, 10 % seulement des 12.000 Tunisiens arrivés en Italie en 2020, qui sont dans leur très grande majorité des migrants économiques, ont été réellement expulsés. Un scénario tristement connu chez nous.

Puis il remonte en France, « pays des mécréants et des chiens », via Rome et débarque à Nice, où il fait plusieurs repérages de la basilique. Jusqu’au matin du drame.

Grièvement blessé, il passe plusieurs semaines dans le coma puis est mis en examen le 7 décembre 2020 pour « assassinats » et « tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste », ainsi que participation à une « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Il semble qu’il ait agi seul, ce qui fait dire au juge Marc Trévidic, interviewé par Paris Match : « Ce qui inquiète c’est la radicalisation et le manque de maîtrise dans l’exécution de terroristes individuels. Je les appelle les électrons libres du djihad. Ils sont indétectables, totalement dans l’irrationnel et n’agissent que par haine. On assiste à un pourrissement et un délitement du terrorisme, qui devient pulsionnel et sans stratégie. » Vu l’absence totale de maîtrise du phénomène migratoire clandestin en France, on peut craindre que notre pays soit une poudrière….

Le 6 avril 2021, Brahim Aouissaoui, toujours détenu à l’hôpital pénitentiaire de Fresnes, est interrogé par le juge d’instruction. Selon France Info, il déclare au magistrat « ne pas se souvenir des événements survenus en France, ni de son passage de plus d’un mois en Italie, ni même à quelques détails près de son passé en Tunisie ». Le juge d’instruction ordonne donc que, dans les six mois, une expertise menée par un psychiatre et un neurologue soit menée afin de déterminer si l’amnésie est feinte ou si elle ressort d’un syndrome de stress post-traumatique.

Plus récemment, toujours selon France Info, il persiste et continue de plaider l’amnésie. Il explique ne même pas se souvenir de ses parents.

Tout, pourtant, indiquait la préméditation.

« Il passe d’une stratégie à une autre mais ça ne change rien à la vérité », explique Samia Maktouf, avocat de la famille de Vincent Loquès. On attend pour le mois de novembre les résultats de l’expertise psychiatrique.

Le 29 octobre dernier, une cérémonie d’hommage a eu lieu à la basilique de Nice, en présence des familles des victimes. Auront-elles droit à un procès, à une décision de justice qui est l’unique réparation à laquelle elles veulent prétendre ?

Marie d’Armagnac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Covid-19 : les fissures du secret médical

covid secret médical

L’épidémie de Covid-19 a été le révélateur de nombreux changements de paradigmes dans la manière d’aborder la santé des populations. Parmi ceux-ci figure la question cruciale du secret médical avec, aujourd’hui, la demande de sa levée pour le statut vaccinal des élèves d’établissements du premier et second degré, à porter à la connaissance des chefs d’établissement. Cette violation du secret médical, dans le cadre du Covid, a connu en fait quatre étapes :

La première s’est produite dans ce qu’on appelle les opérations « d’aller-vers », pour vacciner de façon « exhaustive » les personnes en proximité. Ceci impliquait des croisements des « fichiers patients » des médecins avec les fichiers des populations connues par les collectivités locales, pour contacter de façon personnalisée les usagers concernés, rendant quelque peu aléatoire l’étanchéité des données.

La deuxième a vu le croisement des fichiers des personnes vaccinées (SI vaccin) avec les « fichiers patients » des médecins afin que ces derniers identifient leurs patients non vaccinés. On me rétorquera que le médecin traitant est habilité à cela. Pourtant, le secret médical s’applique aussi à lui si le patient ne souhaite pas l’informer. Et on peut comprendre le point de vue du patient : certains médecins peuvent avoir des positions très tranchées, voire intégristes dans leur rapport à la vaccination. J’ai connaissance de patients réservés sur la vaccination ayant été traités très agressivement par leur médecin.

La troisième est la levée de fait du secret médical concernant les soignants, consécutive à l’obligation vaccinale de ceux-ci, ceux qui ne souhaitent pas se faire vacciner étant forcément repérables puisque suspendus, subissant la double peine de l’arrêt professionnel et de l’opprobre social qui se rattache à la connaissance publique de leur situation.

La quatrième, aujourd’hui, est donc celle des élèves non vaccinés qui risquent fort, avec leur famille, de subir des pressions vaccinales encore accrues, ainsi que l’humiliation de « l’éviction » scolaire sélective, comme l’a dit le ministre, si un cas Covid survenait.

Pour s’en tenir à un point de vue strictement technique, la décision de rupture du secret devrait s’inscrire dans l’analyse d’un ratio bénéfice collectif/risque individuel et il apparaît évident que ce ratio est largement défavorable à l’usager, le collectif n’ayant par ailleurs pas grand-chose à y gagner. En effet, une brèche au secret aurait pu se concevoir si l’on avait mis en évidence une vraie dangerosité issue des personnes non vaccinées, et donc un gros risque collectif. Or, on ne le répétera jamais assez, aucune vraie preuve n’est venue étayer cette affirmation, au contraire très largement démentie par les expériences israéliennes ou britanniques, mais néanmoins toujours ânonnée à longueur de plateaux télé !

On peut, dès lors, s’interroger sur ce que recèle cette lente dérive vers une rupture systémique du secret médical, qui passe par la question : à quoi sert ledit secret ?

Si des exemples illustrant son fondement viennent vite à l’esprit (maladies socialement honteuses, discriminations à l’embauche, sélection par les assurances privées), on peut tenter de lui donner une définition à portée plus générale : il sert, en fait, à protéger l’individu contre la puissance du collectif. Et, en effet, la santé publique « à l’ancienne » a jusqu’à très récemment toujours privilégié la dimension de la responsabilisation individuelle à une approche « collectiviste » de la santé.

Le secret médical est plus qu’un « outil » de santé publique qu’on utiliserait ou pas au gré des circonstances et des modes. Il est, en lui-même, gravé dans le marbre du Code déontologique et issu du lointain serment d’Hippocrate de nos ancêtres grecs, une véritable philosophie de la place de l’homme, à protéger de l’absorption par un collectif que tous les totalitarismes tenteront d’« hégémoniser ». Il ne devrait pouvoir être levé que « la main tremblante ». Il faudra reparler du consentement éclairé et de la liberté de prescription, mais ce n’est malheureusement pas un hasard si ces trois piliers du colloque singulier patient/médecin s’effondrent en même temps. Une résurgence du marxisme dans une société ayant acquis une parure libérale et démocratique ? Bienvenue dans le nouveau monde, camarade, où le patient n’est plus qu’un citoyen et le médecin un exécutant…

Jean-Michel Pradel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Halal : la cafétaria de Sciences Po Grenoble présente ses excuses pour “une erreur de communication”

halal

La polémique a fait grand bruit, et pour cause. Mais suite à un bras de fer médiatique entre l’UNI et l’école de Sciences Politiques, la situation vient d’être clarifiée par un communiqué, l’association étudiante regrette « une erreur de communication » et la direction de l’IEP dément les faits incriminés. Retour sur cette affaire.

« Après les plats végé qu’on vous propose, on vous annonce que l’ensemble de nos produits sont maintenant 100 % halal ! Et cela grâce à notre nouveau fournisseur 😉 On est fier que la cafet propose de nouvelles saveurs et on espère vous satisfaire au mieux ! Des bisous de l’équipe cafet ». Ce post enthousiaste publié sur les réseaux sociaux par la « Cafét en Kit » de l’IEP de Grenoble avait depuis été supprimé. Mais il déclarait fièrement imposer désormais aux étudiants sous le vocable enchanteur « de nouvelles saveurs », un peu comme une invitation au voyage, de consommer de la viande abattue selon le rite musulmans.

Mais au nom de quoi, une école aconfessionnelle allait-elle proposer de la viande halal à ses étudiants ? L’UNI a aussitôt réagi par un communiqué expliquant que cette cafétaria située au sein de l’IEP était plus pratique que celle du CROUS où les files d’attente pouvaient être longues, et que de ce fait, les étudiants n’avaient d’autre choix que de consommer halal. Interrogé par L’Incorrect, Yvenn Le Coz, responsable de l’UNI Grenoble réagissait : « S’ils avaient décidé de changer de ligne, ils auraient probablement fait un contre-communiqué ». Un avis confirmé par Rémy Perrad, délégué national d’UNI qui déclarait dans l’émission Morandini Live que ce choix « a été décidé. On a alerté les étudiants et la direction de l’IEP. Il n’y a eu aucune réaction. Ils font la sourde oreille ».

« Cette soumission à l’idéologie woke », largement dénoncée donc dans la presse par le syndicat étudiant de droite, a contraint la direction de l’établissement à clarifier la situation en brandissant le droit à l’erreur et en démentant les faits. Ainsi, l’école « se doit d’assurer un enseignement laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique » ; « le choix de ce fournisseur par l’association n’était pas motivé à fournir en viande halal », et « seuls 1/3 des produits fournis par cette boulangerie et vendus par “Cafét en Kit”, sont halal ». Même rétropédalage de la part des étudiants de la Cafét en Kit justifiant leur annonce par « souci de transparence », que les critères de choix de fournisseurs étaient d’ordre économique et pas idéologique. Le sujet est clos, l’association rentre dans le rang, présente ses excuses et affirme « se conformer à l’obligation de neutralité et de laïcité. »

Qu’il s’agisse d’une erreur de communication est un fait indéniable au regard de cette nouvelle polémique dont l’établissement se serait bien passé, quelques mois seulement après l’épisode des deux professeurs jetés en pâture en mars dernier. Pour mémoire, leurs noms avaient été placardés sur les murs de l’établissement les accusant d’islamophobie. En revanche, l’argument peu crédible portant sur le fait que « la cafét n’est pas un espace de politisation », de la part de ces étudiants, fait sourire mais ne convainc pas franchement. Le portail de l’établissement affiche sur sa page d’accueil, en écriture inclusive, une aide et une écoute « aux étudiant.e.s » face aux « discriminations, violences sexistes et sexuelles ». Un condensé d’idéologie woke dont on peine à croire que, tel le nuage de Tchernobyl, elle s’arrête aux cloisons de la cafet’.

La direction de Science Po Grenoble annonce avoir porté plainte contre les personnes qui ont relayé une information mensongère. La culture de la victimisation (propre aussi aux “éveillés”) impose donc que « Cafet’en Kit a été accusée de pratiquer la discrimination en proposant des plats 100% halal. ». Réponse d’Yvenn Le Coz dans Le Figaro étudiant « Ces menaces juridiques sont ridicules, n’ont aucun fondement, et ne sont là que pour tenter maladroitement de faire taire la polémique ainsi que notre syndicat. Je suis fier de constater que grâce à la mobilisation de l’UNI, l’IEP décide enfin de faire respecter la laïcité et la neutralité du service public. »

Iris Bridier

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Quand Le Monde stigmatise le père « haineux » d’une victime du Bataclan, par Marie d’Armagnac

Patrick Jardin

« Au procès des attentats, la colère d’un père haineux. » C’est le titre d’un portrait de Patrick Jardin, père inconsolable de Nathalie, 31 ans, assassinée au Bataclan, du quotidien vespéral. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne se laisse pas vraiment aller à l’empathie envers son sujet, qui pourtant aurait toutes les raisons du monde de la mériter. Devant le tollé suscité par cette indécente titraille, Gilbert Collard mais aussi l’écrivain Jacques de Saint-Victor l’ont dénoncée, le quotidien l’a retitrée en catastrophe, c’est devenu « La colère sans limites d’un père ».

Pour la journaliste auteur de l’article, c’est la haine, expression d’un gauchisme revendiqué, qui est sans limites.

Patrick Jardin est en effet une mauvaise victime : il a perdu sa fille criblée de balles lors d’un massacre de masse à matrice islamiste, mais la journaliste retient plutôt qu’« à rebours de la plupart des parties civiles, dont la douleur ne déborde pas dans le champ politique, l’insondable tristesse de Patrick Jardin alimente un militantisme d’extrême droite ancien et virulent ». À ce père meurtri d’une douleur qui ne passera jamais – comment peut-on se remettre de la mort d’un enfant – mais qui, au lieu d’assouvir une vengeance personnelle, s’en est remis à la Justice, Le Monde décoche ses flèches empoisonnées l’une après l’autre : « Divers mouvements réactionnaires avaient érigé le père de Nathalie en icône anti-islam, un rôle qu’il assume sans problème […] Ses comptes sur les réseaux sociaux, régulièrement signalés, sont très souvent bloqués. » Le plus grand tort de Patrick Jardin ? « Patrick Jardin vote FN, puis RN, depuis cinquante ans. » Une petite dose de reductio ad hitlerum, ça ne peut pas nuire à la démonstration, n’est-ce pas ?

Jusqu’à l’argument massue, l’assignation à résidence fasciste 2.0, qui s’appelle aujourd’hui complotisme, particulièrement en vogue depuis dix-huit mois : « Il a refait cent fois l’enquête, passe tout son temps sur Internet, se laisse gagner par le complotisme. » Sans complexe et sans limites, l’article se conclut par un jugement moral que l’on trouvera, et c’est un euphémisme, particulièrement déplacé : « La “mauvaise victime”, érigée en martyre par la droite de la droite, est en roue libre, enfermée dans sa haine. »

Il y a quelques heures, Patrick Jardin réagissait sur Twitter : « Suite aux fausses informations publiées par l’immonde : une plainte en diffamation a été déposée ce matin je n’ai jamais fait de politique je n’ai jamais fait parti d’AFO [Action des forces opérationnelles, NDLR] et ils ont utilisé une photo de moi sans mon autorisation. »

Le Monde n’en est pas à son coup d’essai avec Patrick Jardin : dans un article du 28 septembre 2018, les auteurs le dénonçaient pour connivence avec « le gotha de l’activisme d’extrême droite ».

Mais la vérité oblige à dire que la journaliste du Monde ne prétend pas vraiment à la même objectivité envers le père du terroriste Samy Amimour. De ce père de terroriste qui, lui, n’est pas haineux mais « presque brisé », elle dresse sur i>Télé un portrait incroyablement complaisant, quelques jours seulement après l’attentat du Bataclan : « Un citoyen du monde, il a énormément voyagé, c’est un lettré, il s’intéresse au cinéma, c’est quelqu’un de cultivé, qui parle plusieurs langues, plusieurs dialectes, quelqu’un de très ouvert sur le monde avec qui j’ai pu boire une bière (sic). » « C’est pareil pour sa mère qui est une militante féministe très active dans les milieux culturels berbères. »

C’est pourtant Azdyne Amimour qui déclarait, dans les colonnes de 20 Minutes, à l’occasion de la sortie d’un livre co-écrit avec le père d’une des victimes du Bataclan, Georges Salines, et contre lequel Patrick Jardin s’est maintes fois insurgé : « J’ai l’impression que les parents de victimes et les rescapés sont comme moi, ils veulent comprendre, s’informer. Je considère que je suis également une victime, tout comme mon fils qui a été manipulé. Ça peut arriver à n’importe qui. » Indécente manipulation de la vérité… Mais pour la journaliste du Monde, Azdyne Amimour, à la différence du méchant Patrick Jardin, coche toutes les cases du camp du bien. Et sinon, l’islamo-gauchisme dans la presse française, c’est un fantasme d’extrême droite ?

Marie d’Armagnac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Propagande LGBT – Malgré les menaces de Clément Beaune, Viktor Orbán ne lâchera rien !

« Il y a une loi homophobe très grave qui a été votée en Hongrie à la mi-juin. Sur ce sujet, il peut, il doit y avoir des sanctions juridiques, voire financières » : c’est sur ces paroles que notre secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune, s’est envolé, mardi, pour rencontrer son homologue hongrois. Et, accessoirement, apporter son soutien aux associations LGBT hongroises. Sur place, Le Parisien rapporte le témoignage de cinq militants qui décrivent « des brimades homophobes croissantes depuis la loi ». Pas franchement de quoi se bousculer autour de Clément Beaune, cet habitué des voyages dans les pays anti-LGBT. En mars, déjà, c’était la Pologne (ces zones interdites aux LGBT, qui se sont révélées un fantasme) ; cette semaine, cap sur la Hongrie ! Belle occasion, pour le secrétaire d’État, de se payer un coup de projecteur médiatique alors qu’il ne fait que prendre le train « en marche » de la Commission européenne en guerre contre Viktor Orbán depuis 2015. Époque où la Hongrie est le premier pays à se rebeller en refusant les quotas de migrants imposés par Bruxelles.

Cette fois-ci, c’est un amendement de protection des mineurs adopté en juin par le Parlement hongrois en annexe à une loi renforçant les sanctions contre les pédocriminels qui ouvre les hostilités. Les Français, conscients de l’entrisme des associations LGBT à l’école agréées par l’Éducation nationale que vient couronner la dernière circulaire Blanquer, pourraient bien devenir jaloux…

Car en Hongrie, c’est un peu différent de chez nous : la quasi-totalité des députés (à une voix contre) ont décidé de soustraire les enfants à la propagande LGBT. Et ceci, en totale conformité avec la Constitution qui sacralise le mariage comme étant l’union exclusive d’un homme et d’une femme et fait obligation à l’État de « défendre l’auto-identité des enfants concernant leur genre à la naissance et assure leur éducation sur la base de valeurs chrétiennes ».

Une vision anthropologique aux antipodes de celle des dirigeants de l’Union européenne. Lors de la crise des migrants, en 2015, la Hongrie a tracé son chemin et refusé le remplacement de son peuple pour privilégier la relance de sa natalité et le soutien aux familles. En 2010, le pays affichait un taux de natalité catastrophique (1,2 enfant par femme). Dix ans après, les efforts commencent à payer : le nombre de mariages a augmenté de 45 % et le taux de natalité est passé à 1,55.

La Hongrie n’est pas isolée. S’unir pour résister et construire : c’était le but de ce 4e Sommet démographique mondial organisé à Budapest, fin septembre. Avec la participation de responsables politique polonais, tchèques, slovènes, et aussi Mike Pence, l’ancien vice-président de Donald Trump pour les États-Unis, Marion Maréchal et Éric Zemmour pour la France.

Le combat est rude. La Pologne ne le sait que trop. La Hongrie sous la menace exorbitante de ne pas avoir droit aux 7 milliards que doit lui verser la Commission européenne. Mais Viktor Orbán est taillé pour résister. Il fera entendre la voix de son peuple en organisant un référendum en février 2022 sur le sujet de la protection des mineurs. Comme il l’avait déjà fait en 2016 sur le sujet de l’accueil des migrants. Une force pour pouvoir clamer à la face de toute l’Europe : « Nos mesures sont en harmonie avec la volonté des Hongrois. »

Il fut un temps où l’Union européenne s’occupait du calibrage des cages à poules pondeuses, du bisphénol dans les biberons et des jouets pour les porcelets. Une époque révolue : nous avons accouché d’un monstre. Mais les pays de l’ancien bloc communiste ont une avance sur nous. Comme le disait Viktor Orbán au sommet en question : « Nous connaissons la nature des réflexions marxistes, nous sommes vaccinés contre le virus woke. Notre histoire nous défend de la gauche culturelle. » À la tribune, il affichait une détermination sans faille : « Nous allons continuer la lutte contre Bruxelles : on sait exactement ce qu’on a à faire ! »

Courage, la Hongrie !

Sabine de Villeroché

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Jérôme Rivière : “La commission européenne a choisi de faire venir toujours plus de migrants pour détruire les Nations”

Jérôme Rivière

La Commission européenne s’est engagée à verser un milliard d’euros aux Afghans et aux pays voisins qui ont accueilli des migrants afghans. Pourquoi tant de générosité de la part de l’Europe ?

Réponse de Jérôme Rivière, député européen.

La Commission européenne s’est engagée à verser un milliard d’euros aux Afghans et aux pays voisins de l’Afghanistan qui ont accueilli une partie des réfugiés. C’est généreux…

C’est aberrant. Il y a moins d’une semaine, 12 pays de l’Union européenne, quasiment la moitié des membres de l’Union européenne, se sont adressés à la Commission européenne pour lui demander de financer des barrières physiques aux frontières de l’Union européenne afin de faire face à la vague de migrants accablant les nations et les populations européennes. La commissaire aux affaires intérieures Madame Johanssen a expliqué qu’elle n’y était pas favorable car les fonds européens sont limités.
On répond aux états membres que les fonds européens sont limités pour protéger les frontières et empêcher l’invasion migratoire, et dans le même temps on va distribuer un milliard d’euros de ces mêmes fonds européens en Afghanistan. C’est aberrant et ça dénote bien une politique et une vision migratoires totalement opposées à la volonté des peuples. Cela correspond à un projet qui n’appartient qu’à la Commission en écho avec le pacte sur les migrations. C’est contre cette politique invraisemblable que le groupe Identité et Démocratie, dont font partie les députés du Rassemblement national au parlement européen, se bat.
Cette décision de la Commission n’a aucun sens.

On pourrait penser que cet argent apparait, dans un contexte diplomatique entre le pouvoir des talibans et les 27 pays d’Europe et les États-Unis, comme une volonté de négocier avec ce gouvernement inquiétant.

Comme l’ensemble des parlementaires du Rassemblement national, je récuse toute autorité à l’Union européenne de négocier quoi que ce soit en matière d’affaires étrangères. Les politiques d’affaires étrangères et de défense sont exclues des traités. Ce sont des domaines qui sont du ressort des nations. Il appartient à la France, si elles le souhaite et s’il en va de ses intérêts stratégiques, de choisir ou non de discuter avec les talibans. Quand on arrive à une table de négociation, en donnant un milliard d’euros alors qu’on refuse aux états membres de se protéger contre le problème créé par le régime des talibans avec l’immigration massive, cela s’oppose totalement à la volonté des peuples. La dérive de la Commission est inquiétante. Ils vont toujours plus loin et ils le font avec l’argent des Européens et en particulier avec l’argent des Français.

Il n’y a pas de budget pour sécuriser les frontières, en revanche il y en a un pour encourager les vagues migratoires. Est-ce une volonté idéologique d’ “open society” ?

Bien sûr, lorsque vous dites “open society” vous faites quasiment référence à l’association de Monsieur Soros. C’est un lapsus qui donne le vrai sens des choses ! Aujourd’hui, la Commission qui n’émane d’aucun processus électoral et n’a aucun mandat de la part d’aucun peuple, a choisi le projet poussé par des associations telles que celle de Monsieur Soros, de faire venir toujours plus de migrants pour détruire les nations. Leur objectif est de mettre un terme aux nations et d’essayer de nous fondre dans un espace qui nous réduit à des consommateurs, enlève l’aspect citoyen et veut briser notre civilisation. Les vagues de migrants toujours plus importantes sont pour eux le meilleur outil pour tenter d’y parvenir.
Ce milliard d’euros refusé aux nations européennes pour se protéger est, brutalement et sans discussion au Parlement, accordé aux talibans pour encourager les vagues migratoires toujours plus grandes.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Les cortèges de mariage, une nouvelle tradition française ?…

cortège mariage

On en viendrait presque à regretter l’innocente vulgarité des cortèges de mariage d’autrefois, les nôtres – ceux d’avant que l’on ne vive « côte à côte ». Vous vous rappelez ces files de voiture qui klaxonnaient sur la route, avec des nœuds de tulle accrochés aux essuie-glaces, des mariés hilares et insouciants… une longue suite de véhicules « milieu de gamme », comme on dit chez les concessionnaires, qui n’embêtaient pas grand monde, sauf quelques vieux ronchons. On se rendait alors au vin d’honneur, à la sortie de la mairie, une salle plus ou moins polyvalente dans laquelle, avant un dîner plus plantureux, on commençait à s’arsouiller au kir et à manger des petits fours.

Aujourd’hui, on est passé à autre chose. Chaque semaine apporte son lot de cortèges matrimoniaux 2.0. Il y a quinze jours, les invités de la noce, bloquant le village de Méry-sur-Oise, avaient lancé des chaises, volées à la terrasse d’un café, à la figure des forces de l’ordre venues les déloger. Le week-end dernier, c’était la rocade de Lyon, embouteillée sur toutes ses voies par des voitures au luxe tapageur, qui recevait à son tour une injection de vivre ensemble.

C’est qu’en effet tous ces mariages, les élus en conviennent dans Le Figaro de ce lundi, ont un point commun : ils sont « communautaires ». Vous m’en direz tant. Certains, d’un courage presque insensé, dénoncent des communautés maghrébine ou turque. Ils ajoutent que la plupart de ces braves citoyens, qui ont le goût de la fête, sont, très souvent, déjà connus des services de police pour des « rodéos urbains ».

Face à cette déferlante festive « communautaire », donc, certaines municipalités ont pris des mesures. Ainsi de Nice, qui fait signer à ses futurs mariés une « charte de convivialité » depuis 2012. Y sont notamment proscrits l’utilisation des voies de tramway pour rouler, le fait de s’asseoir sur les portières, la trop grande vitesse, etc.

Il n’est, en fait, que de regarder les vidéos de ces mariages qui circulent vite, elles, sur les réseaux sociaux pour s’apercevoir que le problème ne réside pas tant dans les symptômes que dans la racine du mal : il s’agit, pour ces cortèges, d’occuper l’espace, de faire du bruit, de gêner et de provoquer. On est loin d’une démonstration conviviale. Jusqu’à leur interdiction, des drapeaux étrangers étaient – sont encore, parfois – exhibés aux fenêtres. Le mariage n’est qu’un prétexte.

C’est du défilé d’une armée d’occupation, braillarde, hétéroclite et violente comme les « grandes compagnies » ou les bandes de lansquenets d’autrefois, qu’il s’agit. C’est une énième façon de confirmer le diagnostic clinique d’Éric Zemmour sur l’existence « de concessions étrangères » sur le sol français.

Alors, les cortèges de limousines de location, de 4×4 jaunes et de scooters hurlants, les violences, la provocation, une nouvelle tradition française ? Les années qui viennent nous le diront.

Arnaud Florac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Pandora Papers : les grands de ce monde ramenés à leurs petites turpitudes…

Pandora Papers

Comme toujours, tout est dans Molière, des Précieuses ridicules aux Femmes savantes en passant par Le Tartuffe. Ainsi, les Pandora Papers, nouvelle enquête à échelle mondiale, due à l’ICIJ (International Consortium of Investigative Journalists/Consortium international des journalistes d’investigation), vient-elle de révéler les petits secrets bancaires des grands de ce monde.

Il est certes licite de se méfier de ces organismes planétaires – 150 médias concernés, dont Le Monde – et, surtout, de s’interroger sur leurs visées, officielles ou officieuses. Il n’empêche que ces révélations, des Panama Papers en 2016 aux Dubaï Papers, deux ans plus tard, épinglent 130 milliardaires et 35 chefs d’État, à la retraite ou toujours en activité.

Pris dans les filets, le roi Abdallah II de Jordanie, l’ancien Premier ministre anglais >Tony Blair (en photo) et son actuel homologue tchèque ou encore Andrej Babiš, tenu pour être le deuxième homme le plus riche de son pays. Que les puissants de ce monde mettent leurs économies à l’abri, rien de bien nouveau sous le soleil. Pourtant, l’ICIJ note, non sans raison que si, « dans la plupart des pays, ces faits ne sont pas susceptibles de poursuites […], dans le cas de certains des dirigeants, il est mis en parallèle le discours anticorruption tenu par certains d’entre eux avec leurs placements dans des paradis fiscaux ». Pas faux.

Voilà qui nous rappelle les mésaventures judiciaires de Jérôme Cahuzac et de Thomas Thévenoud. Le premier, ministre délégué à Bercy, en partie chargé de lutter contre la fraude fiscale, fraudait précisément le fisc ; alors que le second, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger, se trouvait acculé à la démission, neuf jours après son entrée en fonction, incapable qu’il était d’ouvrir la moindre enveloppe envoyée par cette administration dont il était pourtant l’un des plus éminents représentants. Tel qu’on disait jadis dans la coloniale, « qui veut grimper au cocotier doit avoir la culotte propre »…

Aussi propre que celle d’un Bernard Tapie, chargé en coulisse par François Mitterrand de lutter, au nom de la morale républicaine, contre le Front national, alors donné pour « immoral » par nature ?

Aussi verte que celle d’un Denis Baupin, leader écologiste immortalisé en cette photo où sa bouche était peinturlurée de rouge à lèvres, histoire de dénoncer les « violences faites aux femmes » et qui dut, ensuite, mettre un terme à sa carrière politique pour « harcèlement sexuel » vis-à-vis des femmes de son propre parti, dont la très fantasque Sandrine Rousseau ? Il est vrai que les envois frénétiques et répétés de tweets emplis de propositions explicites ne participent pas exactement ni de la carte du Tendre, ni de l’idée que l’on peut se faire du féminisme inclusif tel que promu chez EELV.

Puis, il y a ces innombrables impostures. De la « génération morale » de SOS Racisme chère à Julien Dray, tombé au champ du déshonneur judiciaire pour ces vilaines histoires de MNEF (Mutuelle nationale des étudiants de France), de MJS (Mouvement des jeunes socialistes) et autres pouponnières du PS, à la fameuse Ligue du LOL…

Ces deux officines se sont encore fait tristement connaître par la « castorisation », pratique consistant à « initier » de jeunes militantes ingénues, sans toujours leur demander leur avis.

Quant à la dernière imposture, c’est le pompon sur le cocotier en question ! Trois journalistes de premier plan, officiant dans le tiercé gagnant de la presse humaniste – dans le désordre, Libération, Télérama et Les Inrockuptibles –, ont été accusés de sexisme. Soit une véritable mise à mort sociale pour un trio censé dire le beau, le vrai et le bien. L’arroseur éternellement arrosé ?

En attendant, pour avoir des nouvelles fraîches du monde, prière de lire ou de relire Molière…

Nicolas Gauthier

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Son fils est mort au Bataclan – « Plus que dans la colère, je suis dans l’obligation d’agir et de participer à l’endiguement de cette idéologie mortifère »

Jean-Pierre Albertini Bataclan

30/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Jean-Pierre Albertini a perdu son fils, Stéphane, alors âgé de 39 ans, assassiné au Bataclan, le 13 novembre 2015. En 2020, Jean-Pierre Albertini a écrit un livre, Mourir au Bataclan, livre qu’il a dédié à son petit-fils, fils de Stéphane.

Aujourd’hui, il témoigne au micro de Boulevard Voltaire après avoir assisté à plusieurs audiences du procès des attentats du 13 novembre 2015.


Robert Redeker : « Les GAFAM ont le projet d’entrer en lutte avec les États pour obtenir le pouvoir »

Robert Redeker

29/09/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Dans son livre intitulé Réseaux sociaux : la guerre des Léviathans, Robert Redeker revient sur le pouvoir grandissant des réseaux sociaux, soulignant notamment le renversement engendré par ces technologies nouvelles.

Ce qui est moral, ce qui est licite n’est plus dicté par une loi écrite et ancestrale mais bien par des machines, par des algorithmes qui viennent prendre le relais de l’intériorité humaine.


« Pendez les Blancs » – Me Frédéric Pichon sur l’affaire Nick Conrad : « La cour d’appel a manifestement botté en touche… »

Frédéric Pichon

Condamné à 5.000 euros d’amende en première instance pour sa musique« Pendez les Blancs », Nick Conrad a finalement été relaxé par la cour d’appel, ce jeudi 23 septembre. La cour a invoqué un vice de procédure.

Maître Frédéric Pichon revient sur ce dénouement surprenant.

Le rappeur Nick Conrad, qui avait été condamné à 5.000 euros d’amende pour avoir dit « Pendez les Blancs », a été relaxé pour vice de procédure. Comment expliquer ce raté de la justice ?

Il y a bien un raté de la justice. En première instance, il avait écopé d’une peine relativement modeste, 5.000 € d’amende, pour avoir appelé à pendre les Blancs et à tuer les bébés blancs, ce qui est ahurissant. Imaginez-vous un rappeur appelant à tuer les bébés musulmans ou les bébés juifs, On auraitb évidemmentb tous les chefs d’État du monde dans la rue, comme pour l’attentat de Charlie Hebdo. L’indignation est à géométrie variable. Il y a eu une décision incroyablement clémente en première instance, puis la cour d’appel a manifestement botté en touche pour ne pas avoir à statuer sur le fond, en faisant droit à une exception de nullité assez rocambolesque mise en avant par les avocats de M. Conrad.
Le droit de la presse obéit à des règles de nullité et les praticiens en font souvent usage, ce n’est pas contestable. En revanche, celle-ci l’est.
Le parquet a été assez peu diligent dans cette affaire, la date pour la convocation à l’audience allait au-delà des délais de prescription. Les avocat des parties civiles ont donc rappelé au parquet qu’il fallait faire une citation interruptive, en raison du manque de diligence du parquet. On se demande si le ministère public n’a pas fait exprès initialement, car ce parquet à Paris est spécialisé en droit de la presse et connaît parfaitement les arcanes.

Cette boulette arrangeait tout le monde, à part l’opinion et les bonnes humeurs…

Évidemment, cela arrangeait beaucoup de monde.
La cour a fait droit à l’argumentaire de la partie adverse qui disait que ces deux modes de convocation alternatifs créaient un doute dans l’esprit du prévenu quant à la nature de la poursuite engagée contre lui. Les textes visés ne correspondent ni au droit, ni à la loi de 1881 ou à la jurisprudence. Il y a donc de fortes chances que cette décision soit cassée en appel. Je pense que mon confrère Triomphe va se pouvoir en cassation.
Pour l’association Résistance républicaine et pour l’AGRIF, nous avons fait une autre procédure parallèle contre Nick Conrad qui, dans un nouveau clip après sa condamnation, s’est mis en scène en train d’égorger une femme blanche. Le tribunal avait estimé que c’était symbolique. Il y a toujours deux poids deux mesures.

Éric Zemmour a été condamné pour incitation à la haine et, à côté, on a ce Nick Conrad qui échappe à la justice et récidive dans un deuxième clip.

Nous sommes là dans une justice idéologique, c’est la raison pour laquelle ces lois, instaurant en quelque sorte le procès d’intention et permettant aux magistrats de sonder les reins et les cœurs et laissent les décisions à son appréciation subjective, doivent être remises en question.
Une de mes clientes a été condamnée pour avoir critiqué l’islam alors qu’il est de jurisprudence constante que l’on peut critiquer les religions. On m’a rétorqué que dans l’islam, il y avait une double définition : la religion et la communauté des croyants. Par conséquent, cela visait les personnes. Cette loi est donc un instrument liberticide qui permet de dire tout et son contraire et de ne pas s’embarrasser de contradictions flagrantes.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire