Dr Bertrand Legrand : « Qu’est-ce que c’est que cette génération qui mise tout sur la vaccination des plus jeunes ? »

Dr Bertrand Legrand

Il est, désormais possible de faire vacciner les adolescents à partir de 12 ans avec autorisation des deux parents. Doit-on en passer par là pour obtenir enfin l’immunité collective ?
Réaction au micro de Boulevard Voltaire du Dr Bertrand Legrand.

La vaccination se poursuit avec, évidemment, en priorité la vaccination d’un maximum de personnes qui a pour but de favoriser une immunité collective. En ce moment, les mineurs peuvent être vaccinés avec une autorisation parentale et la présence d’un des deux parents pendant la vaccination. Est-ce une bonne chose de vacciner les plus jeunes ?

Le bénéfice individuel pour un adolescent est assez faible puisqu’il y a eu très peu de morts, très peu de cas de Covid long et très peu d’effets secondaires chez les adolescents. Ce n’est sûrement pas pour le bénéfice individuel de l’adolescent que nous vaccinons. Le risque est faible, mais des risques existent toujours, notamment lorsqu’on vaccine des millions de personnes. En demandant l’autorisation des deux parents pour pouvoir vacciner, cela laisse entendre que l’on rend responsable un des parents de l’acte de la vaccination. On n’a pas demandé le refus des deux parents en cas de non-vaccination. Si on était dans un rapport bénéfice/risque en faveur de la vaccination, on aurait demandé que les deux parents engagent leur responsabilité s’ils refusaient la vaccination.

Partons du principe que ces vaccins sont efficaces contre l’épidémie de Covid-19. Théoriquement, faudrait-il les vacciner pour stimuler une immunité collective ?

Cette question est intéressante puisqu’on se demande s’il faut vacciner une génération au bénéfice d’une autre. Si on élimine la catégorie très à part des personnes qui vivent dans l’entourage d’une personne qui pourrait avoir un risque de contamination malgré sa vaccination, on parle de gens qui ne seraient pas vaccinés et qui demandent à leur entourage de vacciner les enfants de manière à se prémunir d’une bulle et de ne pas risquer d’attraper le Covid. Quelle est cette génération qui mise tout sur la vaccination qu’eux-mêmes refusent ? À un moment donné, le conflit de générations pose une vraie question. On remarque que la génération post-soixante-huitarde profite bien de la vie et oublie qu’elle se doit d’obéir à un certain nombre de règles. Elle a dû l’oublier en 68 et elle n’a toujours pas compris.

On en revient toujours à cette fameuse génération qui a voulu jouir sans entraves et qui continue de jouir, quitte à prendre en otage la jeune génération. Ce jugement est peut-être un peu facile…

C’est toujours un peu facile. On remarquera que cette génération-là est la plus à risque et n’arrive pas à atteindre une immunité collective. Il ne faut pas oublier que 80 % de ces gens-là sont vaccinés. On peut se demander pourquoi les 20 % restants demandent à leur génération de se vacciner. Pourquoi devrions-nous arrêter notre vie pour des gens à qui nous avons proposé la vaccination et qui la refusent. Lorsqu’on refuse de se vacciner, on assume le risque d’attraper le Covid et, dans un nombre de cas assez faible, de terminer à l’hôpital. À ce moment, on en supporte les frais puisque l’État n’a pas à payer pour l’ensemble des personnes qui n’ont pas envie de prendre les précautions nécessaires.

Qu’est-ce qui vous fait dire que cette génération née entre 1945 et 1960 n’a pas envie de se faire vacciner ?

Je le sais tout simplement de mon expérience personnelle dans mon cabinet. Certains de mes patients me disent ne pas vouloir se faire vacciner et souhaitent réfléchir encore un peu. Une minute plus tard, ces mêmes patients me demandent quand est prévue la vaccination des jeunes. Ce n’est, bien sûr, pas le cas de tout le monde, mais c’est quelque chose que l’on voit et qui ne choque absolument pas ces personnes-là.

Le port du masque dans la rue et dans les espaces publics va prendre fin le 30 juin. Depuis une quinzaine de jours, il fait très chaud, notamment à Paris. On se demande quel est le bénéfice/risque ?

En réalité, le port du masque perd de son intérêt lorsque la prévalence de la maladie diminue. Le port du masque a pour but de limiter la propagation.

L’année dernière, nous avions l’impression que la maladie disparaissait. En réalité, il n’y a plus d’aérosol du simple fait de la sécheresse de l’air. En intérieur, le port du masque est absolument nécessaire. Au fur et à mesure que varie la prévalence, un même lieu se situera dans un risque ou non. Mon cabinet médical a sûrement beaucoup plus d’aérosol que dans les vestiaires d’un stade de foot.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Renaud Camus : « Je crois qu’un sursaut est possible »

Malgré l’effondrement culturel ou celui du système scolaire nous conditionnant à accepter le remplacement de notre propre civilisation, Renaud Camus rappelle que les dissidents qui se battaient pour la vérité dans les années 80 ont réussi à faire s’effondrer le régime soviétique. Pour lui, donc, un sursaut est encore possible.

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Le grand remplacement est-il plus que jamais d’actualité ?

Oui il est d’actualité, ma conviction est que c’est le thème qui est le plus d’actualité et le plus important dans la vie et dans l’histoire de notre pays, car si on change de peuple, l’histoire de notre pays aura une toute autre signification.

Êtes-vous un lanceur d’alerte plutôt qu’un théoricien ?

Le grand remplacement, hélas, n’a rien d’une théorie, c’est le phénomène le plus important de l’actualité et de notre histoire. Je ne suis pas le théoricien, je suis celui qui l’a nommé, en proposant un nom assez adéquat qui a été largement repris à travers le monde.

Le grand remplacement est désormais admis par une partie de la classe politique, est-ce une victoire ?

Ce qui est une victoire, c’est que les gens puissent se rendre compte de ce qui survient. C’est une victoire incomplète, car ce qui règne est le négationniste global : le fait de nier cette évidence. Tout ce qui aide à affirmer la vérité sur ce phénomène est une bonne chose.

Le monde politique est-il suffisamment conscient de ce phénomène ?

Même au sein du personnel politique, beaucoup de personnes le voient sans en être inquiétées. Certains s’en réjouissent comme Jean-Luc Mélenchon qui au fond dit à peu près la même chose que moi, en disant que le pays sera entièrement métissé et que la population sera changée. Et il trouve que c’est très bien !

L’inaction du monde politique s’explique-t-elle par l’idéologie ou une cécité volontaire ?

Parler d’une volonté, c’est beaucoup dire. Ils sont totalement dépassés par les événements et voient que leurs discours ne tiennent plus et qu’il n’y a plus de relation entre l’information et la réalité effroyable de ce qui survient. Donc ils naviguent au jour le jour. Leur seule obsession, ce sont les sondages et leur réélection ou leur élection.

La récente dissolution de Génération identitaire est-elle un coup de pouce au grand remplacement ?

Tout ce qui porte sur la constatation du changement de peuple, de la colonisation de la France et de l’Europe ne doit pas être nommé. Il n’y a rien d’autre à reprocher à ces jeunes gens, au contraire ils sont plus du côté de la loi que ne le sont les juges. Ils défendent le territoire, les frontières. Ils n’ont commis aucune espèce de violence et n’appellent à aucune violence. Il n’y avait aucune raison objective de les dissoudre, sinon le fait qu’ils affrontent le tabou du grand remplacement. On peut l’appeler autrement : si certains préfèrent, on peut dire génocide par substitution en utilisant le terme d’Aimé Césaire plutôt que le mien. Cela revient au même : un changement de peuple et de civilisation.

Malgré une production intellectuelle reconnue, vous êtes désormais un infréquentable…

Je n’ai jamais été très populaire dans le monde intellectuel et médiatique. Le devoir moral et le devoir esthétique d’un écrivain est de se porter systématiquement au point obscur du discours d’une société : j’en ai exploré plusieurs, ce qui ne me rend pas populaire. D’autre part, je n’ai pas une considération folle sur le rôle et la place des médias ou des journalistes dans la société française. Ce qui rend nécessaire de me faire taire à tout prix, c’est que j’affronte ce qui doit ne pas être dit : le phénomène le plus important qui doit être tu.

Quotidien vous impute une influence sur l’attentat de Christchurch en 2019. Que leur répondez-vous ?

Je cela trouve absurde et je vois cela comme une preuve que personne ne me lis. Deux catégories de gens ne m’ont pas lu : les journalistes qui formulent ce genre d’accusation et les tueurs de masse. Ce qui prouve que le tueur de masse n’a aucune relation avec moi est qu’il a commis son crime. En effet, le centre de ma réflexion politique est le concept d’In-nocence, de non nuisance et de non-violence. Je suis partisan de la remigration car je pense que les sociétés multiculturelles et pluri ethniques sont violentes. C’est pour éviter cette violence que j’appelle au constat du grand remplacement et à la remigration. Contrairement à ce que répètent les journalistes et le pouvoir négationniste, le tueur de Christchurch ne fait pas la moindre référence à moi. Cette expression de grand remplacement est partout aujourd’hui, et dans de très nombreuses langues. Le président Macron paraît-il en parle à l’Élysée.

L’importation du conflit israélo-palestinien est de plus en plus affirmé en France, est-il l’illustration du grand remplacement ?

Les choses deviennent de plus en plus claires et peuvent contribuer à la levée du négationnisme global. Ce n’est même plus une importation, c’est comme s’il y avait un front commun entre Jérusalem et la Seine-Saint-Denis. Nous nous retrouvons dans une situation incroyablement voisine de celle des Israéliens : ils sont dans une guerre extérieure avec Gaza et la Cisjordanie et en difficulté à l’intérieur avec la minorité arabe musulmane. La dérision sinistre du vivre ensemble éclate en Israël, comme elle éclate en France et en Europe, avec toujours l’étonnement naïf des gens qui ne comprennent pas et disent qu’ils vivaient très paisiblement les uns avec les autres.

Deux peuples peuvent-ils vivre ensemble sur un même territoire ?

Je ne le pense pas. Des individus peuvent s’intégrer dans toutes les civilisations, et l’histoire de la France en donne des milliers d’exemples magnifiques. À partir du moment où les immigrés sont en tel nombre qu’ils se conçoivent eux-mêmes inévitablement comme un peuple avec sa religion, sa civilisation, ses costumes et ses mœurs culinaires et autres, il n’y a plus d’intégration.

Le terme intégration est anachronique : les intégrations auxquelles on assiste aujourd’hui sont celles des malheureux indigènes qui restent dans les zones de population remplacées, et qui pour survivre, sont obligées de s’intégrer aux nouveaux venus.

Quand il requiert plus d’immigration pour sauver la démographie, François Bayrou devient-il un agent du grand remplacement ?

C’est absurde, car même la population indigène de la France n’a jamais été aussi nombreuse. Toutes les politiques écologiques, quelles qu’elles soient, sont un pansement sur une jambe de bois tant qu’on n’affronte pas la question démographique. À la télévision, la croissance démographique est donnée comme une bonne chose et la décroissance démographique comme une mauvaise chose.

S’il y a une décroissance démographique, c’est la première des nécessités pour la planète. La plastification du monde et des océans, la saleté de la planète, le nombre croissant des villes ressemblant à des bidonvilles, y compris à Londres et à Paris, prouvent qu’il n’y a aucune nécessité de décroissance démographique.

L’inquiétude vient de la croissance débridée des populations extra européennes, y compris en Europe.

Les Français semblent finalement se résoudre au grand remplacement, pourquoi se battre contre ?

S’ils l’acceptent, il est vain de se battre contre. Ils l’acceptent en raison de l’effondrement culturel et de celui du système scolaire : c’est le petit remplacement. Jamais au cours de notre histoire, les Français n’auraient accepté ce qu’ils subissent aujourd’hui.

À partir du moment où on a une conception du monde industrielle, de la matière en général et de la matière humaine, on tend à la produire. L’effondrement culturel devient une nécessité pour qu’il y ait une sorte d’égalité dans l’hébétude, puis on éradique la classe cultivée. Il y a des individus cultivés en France, mais plus une classe cultivée. Il suffit de comparer la télévision d’aujourd’hui à celle d’il y a 30 ou 40 ans.

La culture française serait-elle morte ?

Il y a des éléments de survie qui sont précieux. Mais on voit bien l’effondrement culturel et la conception qui prime aujourd’hui au moment de l’épidémie. On a l’impression que la culture n’est qu’un spectacle de masse. La culture c’est d’abord celle de l’individu : la lecture, la méditation, la campagne, la solitude. On pourrait considérer que la pandémie pourrait être favorable à la retraite en soi-même et à la méditation et donc à la culture.

Avez-vous toujours de l’espoir ?

Un sursaut est possible sinon je ne serais pas là ! Nous sommes un certain nombre à nous battre pour que ce sursaut survienne. Un sursaut est une étincelle de vérité. On l’a vu par exemple dans la société soviétique des années 70 et 80 où des dissidents se battaient pour la vérité. Tout le monde voyait que ce système communiste ne marchait pas, mais personne n’osait dire la vérité. Quand la vérité a percé, elle s’est répandue comme une traînée de poudre. Donc à tout moment il est possible que les gens réalisent. Fasse le ciel que l’étincelle de la vérité ne soit pas un drame épouvantable, mieux vaudrait que quelqu’un, à un moment, arrive à porter une parole qui soit entendue.

L’avenir des Français se trouve-t-il dans des sanctuaires à l’abri de quartiers grand remplacés ?

J’aime beaucoup ce concept de sanctuaire. La situation est tellement dégradée dans tellement de domaines, y compris dans le domaine de la défense des paysages, qu’il n’y a plus d’espérance – au moins dans un premier temps – que dans des sanctuaires pour les paysages, le patrimoine, l’éducation, pour la haute culture.

Des sanctuaires organisés autour d’un petit nombre me semblent plus raisonnables que l’espérance d’un changement global. Je suis favorable à une politique des sanctuaires, en particulier dans le domaine de l’éducation. Il faut rééduquer car aujourd’hui la seule éducation qui est dispensée est l’acceptation du génocide par substitution : apprendre aux gens à être remplacés ou à remplacer. Voilà à peu près à quoi se réduit l’enseignement aujourd’hui.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Jean-Yves Le Gallou sur les Bobards d’or : « Même démonté, un bobard reste dans les esprits »

Jean-Yves Le Gallou

Entretien avec Jean-Yves Le Gallou, président de la Fondation Polémia, réalisé par Boulevard Voltaire. La 12e cérémonie des Bobards d’or se tiendra le 14 juin prochain. Ses prix distinguent chaque année, sur un mode parodique, « les pires mensonges proférés par les médias au nom du politiquement correct ».

Le lundi 14 juin se tiendra la cérémonie des Bobards d’or. Elle promet d’être riche, en raison de l’actualité de cette année…

Oui, ce sera la 12e cérémonie, il y a eu une très belle actualité cette année, avec les bobards autour du Covid, de l’élection américaine avec le débat Trump-Biden, de l’opération Black Lives Matter. Ce sera un peu une nuit américaine ! Il y a beaucoup d’absurdités venues de l’étranger, comme celle du docteur Fauci aux États-Unis qui s’est répandue en France.

Lorsque le pluralisme sera respecté, cette cérémonie des Bobards d’or pourrait-elle s’arrêter ?

Il y a encore beaucoup de marge ! Il y a un certain pluralisme : on peut se réjouir de CNews, Sud Radio et d’un certain nombre de médias alternatifs et dissidents de la pensée politiquement correcte, mais les grands médias dominants restent TF1 et France 2, qui sont de formidables producteurs de bobards comme celui du Lancet, lancé à partir d’une étude bidonnée. L’AFP est également très productive en bobards.

L’AFP est très souvent nommée alors qu’elle est censée produire des dépêches et de l’info pure et dure.

Oui, elle est nommée presque tous les ans et remporte souvent un titre. Cette année, ils ont un très beau bobard : il y a quelques mois, aux États-Unis, il y a eu une tuerie de masse et l’AFP a titré « Le tueur blanc ». Or, il s’agissait d’un musulman islamiste syrien.

Quel est le but des Bobards d’or ? Est-ce de dénoncer l’intégralité d’un système ?

Les bobards sont systémiques. Lorsqu’on me demande qui est le mieux placé pour remporter le Bobard d’or, je ne peux pas vraiment répondre, car le bobard a été colporté par tout le monde.
Par exemple, dans l’annonce de l’assaut meurtrier du Capitole avec cinq morts, tous les médias on répété ce chiffre. En fait, il y a eu une manifestante tuée par un garde, les quatre autres ne sont pas morts dans les faits du Capitole. Un policier est mort quelques jours après d’un AVC, sans rapport avec l’événement.
Ce qui est grave, avec le bobard, c’est que même démonté, il reste dans les esprits et dans les salles de rédaction qui le reproduisent à l’infini.

Cette cérémonie sera-t-elle ouverte au public ?

Oui elle est ouverte au public, et il votera. C’est le public qui élit les Bobards d’or, d’argent ou de bronze par catégorie.
La cérémonie se déroulera dans le très beau théâtre du Gymnase et nous avons une jauge de deux tiers. C’est tout de même bien, de pouvoir se retrouver et de faire une cérémonie en « présentiel ».

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

PMA à l’Assemblée nationale : le retour

PMA GPA

Après un examen en commission spéciale du 1er au 3 juin, les députés examineront le projet de loi bioéthique en séance publique à partir du 7 juin. Début février, lors de la seconde lecture, les sénateurs ont réécrit le texte de fond en comble, en excluant sa mesure phare, à savoir la PMA sans père. l’Assemblée nationale entend profiter de cette troisième lecture pour revenir à la version d’origine. Mais sous couvert de “progrès”, de quoi parle-t-on réellement ?

N’est-on pas d’accord pour dire qu’on ne souhaite à personne d’être orphelin ? Eh bien, le projet de loi bioéthique vise à étendre la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. En d’autres mots : priver des enfants volontairement de père. Si la loi passe, il faudra dire dans quinze ans à ces jeunes fabriqués par la science : ” Tu n’as pas de papa car il y a quinze ans une loi en a décidé ainsi.” On crée alors une injustice, voire une inégalité, parce que s’il y a bien une égalité au monde, c’est que nous sommes tous nés d’un père et d’une mère.

En outre, la PMA sans père mène directement vers la gestation pour autrui (GPA) dont l’abandon est le principe initial. En effet, une fois le droit à l’enfant accordé à toutes les femmes, au nom de l’égalité, les mêmes revendications viendront de la part des hommes. On tombe dans la marchandisation du corps des femmes et le commerce des ventres des mères porteuses. La suite, inévitable, est désastreuse, non seulement pour les droits des enfants, mais également pour la dignité du corps de la femme. Pendant la grossesse, la mère et l’enfant sont connectés par un ensemble de liens affectifs et sensoriels. Pendant neuf mois le bébé vit en harmonie avec elle. Comment peut-on en connaissance de cause arracher un enfant à sa maman après sa naissance et briser ce lien qui s’est établi entre le nouveau-né et cette dernière pendant neuf mois ?

Nombreux sont ceux pour la PMA sans père et qui s’opposent à la GPA ; mais il faut comprendre que si la première passe, la deuxième passera également, car elles sont intimement liées. Tout sera alors une question de temps pour que des esprits déjà si “ouverts” s’ouvrent encore plus. Mais cette machine idéologique constamment en quête de “progrès” peut être stoppée. C’est à ceux qui n’ouvrent pas leurs esprits, mais plutôt leurs cœurs, de se battre pour la famille et refuser le droit à l’enfant. Vouloir un enfant est un désir parfaitement légitime, mais ce dernier n’est pas un droit, et encore moins une marchandise que l’on achète ou que l’on loue.

Le gouvernement cherche à répondre aux désirs des minorités, qui pensent, à tort, représenter la voix majoritaire de la Nation (selon L’IFOP en 2019, “83 % des Français pensent que l’État doit garantir à l’enfant né par PMA le droit d’avoir un père et une mère“). Nous assistons depuis de longues années à une idéologie selon laquelle toute avancée des droits humains est un progrès, et cela au détriment de valeurs et institutions traditionnelles qui guident les hommes depuis la nuit des temps. Les politiques successives de François Hollande et Emmanuel Macron se sont toutes deux inscrites dans une perspective gauchiste “progressiste” qui divise les Français. Et c’est la famille qui en paye le prix, car le modèle familial et les repères traditionnels sont supprimés au profit d’un clientélisme non seulement politique et individualiste, mais également égoïste, qui cherche à répondre à des désirs d’adultes et met de côté les droits des plus vulnérables : les enfants.

Afonso Chaby

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Abbé Christian Venard, sur la procession attaquée par des antifas : « Si elle n’avait pas été catholique, on imagine déjà l’émotion nationale, voire internationale… »

abbé Christian Venard

Samedi dernier, une procession catholique à la mémoire des prêtres assassinés par les communards a fait l’objet d’une agression violente de la part de militants d’extrême gauche. Voici la réaction de l’abbé Christian Venard au micro de Boulevard Voltaire.

Samedi, environ 300 pèlerins parisiens ont répondu à l’appel du diocèse de Paris et ont processionné dans les rues vers l’Est parisien pour commémorer les prêtres assassinés durant la Commune. Cette procession a été très violemment attaquée par des manifestants d’extrême gauche qui eux commémoraient les communards, ceux qui avaient assassiné les prêtres pour lesquels les catholiques processionnaient. Que révèle cette agression gratuite ?

Il faut distinguer le fait en lui-même des antifa d’extrême gauche et une procession catholique au même plan politique que leur propre manifestation. Il y a une incompréhension formelle.

Ce qui m’intéresse davantage, c’est l’absence de réaction et d’indignation de l’immense majorité de la classe politico-médiatique, à quelques exceptions près.

Je n’aime pas utiliser le mot deux poids deux mesures ou alors dans une manière descriptive. En effet, on peut constater que si cette procession n’avait pas été catholique, imaginons que c’était un moment de prière organisée par un autre culte, musulman ou israélite, on imagine déjà l’émotion nationale, voire internationale, qui se serait emparée du sujet.

L’important pour nous catholiques est de ne pas rentrer dans ce débat-là. C’est un piège puisqu’ils nous poussent vers des positions victimaires et communautaristes contre lesquelles notre propre religion se pose. Les premiers chrétiens qui ont perdu la vie au nom de leur foi sous l’Empire romain ne se posaient pas comme des victimes. Ils prenaient les risques jusqu’à donner leur vie.

Sans tomber dans la position de victimaire, il y a aussi un diagnostic à faire que l’Église catholique n’a pas encore fait. C’est un état des lieux clair et net. Nous observons des faits quotidiens comme des profanations, des incendies d’églises et des actes anti-chrétiens. On a l’impression que les catholiques eux-mêmes n’en ont pas encore vraiment pris conscience.

Ce qui me paraît intéressant c’est l’absence de réactions que ce soit de la part des catholiques, mais plus généralement de la société. Ce qui touche à la religion catholique n’est plus considéré comme un élément sacré pour notre société. Le mot sacré que j’emploie est de l’ordre du ciment social auquel on ne doit pas toucher. Je vous donne un exemple. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les sociétés occidentales ont considéré comme sacré tout ce qui touchait à la Shoah. Nous avions atteint le comble de l’horreur de ce que l’humanité pouvait faire. Collectivement, nous sentons bien que nous ne voulons pas que l’on touche à cet élément comme un élément sacré.

Ce qui m’interroge à travers l’absence de réaction de chanteurs, de politiques ou de journalistes à quelques exceptions près, c’est ce déplacement du sacré. De toute évidence, ce qui touche à la foi catholique n’est plus considéré comme sacré, alors que même dans le champ religieux, je pense notamment à nos frères dans la foi juive ou à ce qui touche à l’islam, on le considère encore comme quelque chose de sacré auquel on ne doit pas toucher. Cela devrait être une vraie interrogation pour les élus de la France. Comment a-t-on pu arriver, dans un pays qui a été totalement forgé par le christianisme, à une telle détestation de soi-même ? On en est arrivé à ne plus considérer comme sacré ce qui touche à le religion catholique.

Il n’y a pas de haine des catholiques en Occident, mais plutôt une haine de soi-même qui se déplace sur le catholicisme.

Pour la plupart de nos contemporains, ce n’est même pas une haine du catholicisme, mais le catholicisme est simplement sorti de leur champ de vision et n’est plus considéré comme un élément sacré, fédérateur de la société, alors que d’autres éléments le sont. Par exemple, un certain nombre de forces progrès voudraient mettre, dans ces éléments sacrés qui forgent la société, un prétendu droit à l‘avortement auquel on ne pourrait pas toucher. Nous catholiques, sommes-nous capables d’un minimum d’introspection ?

Le Pape François lui-même avait dit qu’il ne fallait pas considérer l’Église comme une certaine ONG parmi d’autres ONG. Le catholicisme français n’a-t-il pas, à certaines période,s trop voulu se montrer comme une espèce d’humanitarisme bien sympathique, mais dans lequel on gommait un peu les aspects typiquement sacrés. Ne trébuchons-nous pas parfois sur nos propres erreurs ?

Je comprends l’émoi des fidèles catholiques qui se sont retrouvés menacés de manière violente. De ce point de vue-là, le diocèse de Paris a une attitude plutôt intelligente. Plutôt que de rentrer dans une polémique que l’on peut comprendre, il essaie de rechercher un peu plus loin les raisons qui nous amènent à cela. C’est un signal d’alarme.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Youssoupha, chanteur officiel de l’équipe de France pour l’Euro 2021

Youssoupha

On se demandait (ou pas) qui pourrait bien être l’auteur de la chanson accompagnant, comme il est de tradition, bien ancrée quoique récente, l’équipe de France de football. Depuis la mort de Johnny, interprète de l’immortel « Tous ensemble » en 2002, on n’a pas vraiment gardé le souvenir de titres inoubliables. Tant mieux, d’ailleurs.

Or, voici qu’à l’approche de l’Euro 2021, les bonnes nouvelles se succèdent sans trêve. Hier, c’était l’annonce de la composition de l’équipe de France. Enfin ! On y retrouve le nom de Karim Benzema, jadis injustement placardisé. Cet excellent camarade, qui s’était fait connaître en ne chantant pas « La Marseillaise », en menaçant ses coéquipiers (voir l’affaire de la sextape de Valbuena) ou encore en déclarant qu’il n’était français que pour le football, était cependant admiré par certains pour ses performances sportives.

Comble de bonne fortune, on apprend désormais, et presque au même moment, que c’est le rappeur Youssoupha qui interprétera l’hymne officiel des Bleus pour l’Euro 2021. Un coup d’œil rapide sur les paroles d’« Écris mon nom en bleu », que l’on peut trouver un peu partout dans la presse, permet de mesurer l’apport décisif du spectacle vivant à la religion du sport. Un extrait, peut-être ? Puisque vous insistez. « Ça vient des campagnes et des quartiers, personne va s’écarter, le camp sera gardé. Chaque blase est lourd de sens. C’est jour de chance, mélange meilleur d’un goût d’ailleurs et d’un goût de France. » Référence aux quartiers, au métissage et au goût d’ailleurs qui passe avant le « goût de France », devenu un simple condiment : pas de doute, on est en terrain connu.

Originaire de la République démocratique du Congo, Youssoupha a grandi à Béziers, puis en région parisienne. Reconnu dans sa branche, il a accédé à la notoriété « grand public » en 2009 grâce au titre « À force de le dire », dans lequel on trouvait la phrase suivante : « À force de juger nos gueules, les gens le savent, qu’à la télé souvent les chroniqueurs diabolisent les banlieusards, chaque fois que ça pète on dit qu’c’est nous, j’mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d’Éric Zemmour. » Condamné en première instance, il avait trouvé, comme souvent les rappeurs, une justification filandreuse à ces propos insultants, justification dans laquelle, évidemment, il était question de second degré, de métaphores et de non-violence. Habitué de ce genre de distanciation artistique, Youssoupha est, par ailleurs, le fondateur du label musical Bomayé, qui signifie « tue-le », en lingala. Second degré, les amis. Restons calmes.

D’ailleurs, on aurait tort de réduire l’homme à cette sortie, un peu facile, contre un journaliste relativement clivant. Youssoupha, c’est aussi la chanson « Éternel recommencement », sur l’album À chaque frère (2007). 6 minutes 12 qui révèlent, selon ses exégètes, un talent auprès duquel Chateaubriand peut retourner jouer au beer-pong. Comme disaient Les Inconnus, on écoute et on en parle après ? Morceaux choisis : « J’mélange mes fantasmes et mes peines/Comme dans ce rêve où ma semence de Nègre fout en cloque cette chienne de Marine Le Pen » […] « Moi je m’en bats de la France d’en bas, je représente la France d’ailleurs » […] « Depuis le 21 avril, je sais que les Français sont des racistes conscients » […] « Ce qu’on nous enseigne me sidère/Car on oublie de nous dire que Napoléon était raciste et sanguinaire » […] « Le rap est en osmose avec son époque/Le message qu’il porte dérange les porcs qui lui ferment la porte. »

Bon, je crois que tout y est. Un engagement courageux et original contre le RN ; un petit mot gentil pour sa présidente, dans la tradition de l’amour courtois ; un clin d’œil complice à la France périphérique, qu’on appelait à l’époque « France d’en bas » ; de la gratitude pour l’Histoire de France, démontrant sa parfaite assimilation dans son pays d’accueil ; et, pour finir, une capacité de remise en question remarquable qui permet à l’auteur d’accueillir avec bienveillance d’éventuelles critiques.

Grand merci, donc, à Youssoupha, qui incarne la France de 2021 dans ce qu’elle a de meilleur.


Arnaud Florac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

L’entrisme de l’islam en entreprise s’est considérablement accru, en 2020

islam entreprise

De septembre à fin décembre 2020, l’Institut Montaigne a réalisé une grande enquête sur le fait religieux dans l’entreprise, via un « questionnaire en ligne auprès d’un échantillon représentatif d’environ 25.000 cadres et managers exerçant leur activité en France, complété par des enquêtes de terrain ».

Sans grande surprise pour ceux qui regardent la réalité en face, il apparaît que les comportements rigoristes et les situations conflictuelles qui en découlent sont en forte hausse : +12 %, contre 8 % en 2019. Il apparaît surtout qu’ils sont très majoritairement le fait de salariés musulmans (à 73 %), généralement jeunes (moins de 40 ans) et peu qualifiés. Globalement, il s’agit du refus de travailler avec une femme, de la remise en cause de la hiérarchie, du refus d’effectuer certaines tâches ou bien encore la tentative d’imposer une pratique religieuse au travail (pauses pour la prière, ablutions, menus spéciaux, etc.).

Selon le « baromètre » issu de cette enquête, il ressort que « globalement, deux tiers des entreprises, soit 66,5 % des répondants (encadrants), disent rencontrer “régulièrement (31,3 %) ou occasionnellement (35,2 %)” le fait religieux au travail en 2020 ». Les entreprises de plus de 1.000 salariés sont les plus touchées (43 %) mais les comportements diffusent également dans les PME : 12 % dans celles de moins de 50 salariés. Quant aux secteurs les plus touchés, il s’agit d’abord du transport, suivi de la logistique, du BTP et de la grande distribution.

Le Figaro de ce jour est allé à la rencontre de dirigeants confrontés au problème : la plupart « tentent de prendre la main sur l’expression du fait religieux sur le lieu de travail », autrement dit de le contourner. Exemple significatif avec le patron d’une entreprise d’insertion spécialisée dans le recyclage et la propreté. « Il y a vingt ans, j’avais des positions très claires et radicales sur la laïcité. Maintenant, je prône l’accommodement raisonnable », dit-il. Ainsi, « face à des toilettes régulièrement inondées par des flaques d’eau, Éric Challan-Belval a dû dépasser sa surprise et comprendre que ces désagréments étaient liés aux ablutions pratiquées par des salariés. Le patron étant prêt aux concessions, il va installer des toilettes à la turque et des douchettes. »

Les forums musulmans en ligne sont très sollicités par les questions telles que « Quelle place donner à sa religion au travail ? Peut-on prier ? Porter le voile ? » Depuis l’affaire de la crèche Baby Loup, les entreprises ont commencé à se presser au cabinet de Michael Amado, avocat au barreau de Paris, nous dit-on. Elles sollicitent ses conseils car, depuis l’arrêt de la Cour de cassation, déclarant en 2013 que le licenciement de la salariée voilée était « discriminatoire » et, donc, « nul », « les demandes concernant la place du fait religieux en entreprise ont augmenté ».

Si des entreprises comme la RATP ou la SNCF ont édicté des chartes et guides de conduite pour leurs salariés, les entreprises privées n’ont pas, elles, les mêmes capacités de contrôle. Elles cherchent donc des solutions de contournement. De ce fait, « les interlocuteurs joints par Le Figaro reconnaissent que cette volonté de contrôle peut se traduire par de la discrimination à l’embauche envers les musulmans (ou candidats perçus comme tel), ce qui est illégal ». Pas de loup dans la bergerie…

Dans son livre Le Tabou de l’entrisme islamique en entreprise, Adel Paul Boulad estime qu’« il existe, chez quelque dix pour cent des salariés musulmans, une volonté manifeste d’adapter le lieu de travail aux pratiques religieuses ». « C’est un tabou global dans la société, mais aussi au niveau de l’entreprise pour les managers », dit-il.

Il serait peut-être temps, alors, d’affronter le réel ?

Marie Delarue

Texte repris du site Boulevard Voltaire

Général Jean-Luc Favier : « Cette nouvelle tribune de militaires répond à ce qui a été interprété et ressenti comme un profond mépris ! »

Une deuxième tribune de militaires lue plus d’un million de fois et signée par 2.000 militaires « d’active » est parue. Soutenue par des des centaines de milliers de citoyens.

Analyse et décryptage par le général de division (2S) Jean-Luc Favier qui répond aux questions de Boulevard Voltaire.

Il y a quelques semaines, plusieurs dizaines d’officiers supérieurs à la retraite ont publié une tribune dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles appelant à plus d’honneur en politique. Ces militaires feront, a priori, l’objet de sanctions de la part du chef d’état-major des armées. Quinze jours plus tard, plus de 2.000 officiers d’active ont signé anonymement une tribune de soutien à leurs aînés signataires de la première tribune. Qu’est-ce que cela révèle de l’état de l’armée vis-à-vis du pouvoir ?

Cela révèle une interrogation profonde de la part de beaucoup de militaires. Je suis un jeune retraité et je reste en contact avec beaucoup de jeunes qui sont sur le terrain. Je suis frappé de leur désarroi et de leur recherche de sens. Ils sont complètement déboussolés. Les militaires s’engagent librement au service de leur patrie et acceptent librement l’hypothèse de pouvoir y laisser leur peau.
La question centrale qui se pose et qui fait l’objet du titre de l’ouvrage du signataire de la première tribune, le général de Richoufftz, est « Pour qui meurt-on ? »
Cette question reste d’actualité. Pour qui meurt-on ? Pourquoi se bat-on ? Que doit-on défendre ?
On peut discuter sur la forme mais, le constat opéré, n’importe qui de bonne foi ne peut que le corroborer.

L’eurodéputé François-Xavier Bellamy a déclaré, hier, que plutôt que d’entendre le message, on s’en prenait au messager. On dit toujours que les militaires ont un devoir de réserve. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’armée est appelée « la grande muette ». Ces militaires ont-ils eu raison d’intervenir ou auraient-ils dû respecter leur devoir de réserve et se soumettre ou se démettre ?

Il faut se pencher sur les textes qui encadrent les droits et devoirs des militaires. Les militaires ont adhéré en toute connaissance de cause à un État. Je vais vous citer exactement l’article L4111-1 du Code de la défense : « L’état militaire exige en toute circonstance esprit de sacrifice, pouvant aller jusqu’au sacrifice suprême, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité. » Une fois que l’on a dit cela, on parle beaucoup du devoir de réserve.
Plus loin, l’article L4121-2 du Code de la défense précise que les opinions politiques ne peuvent être exprimées qu’en dehors du service avec les réserves exigées par l’état militaire. Par ailleurs, le statut des militaires a été réformé en 2005. Il est bien précisé que les militaires doivent se plier aux exigences des discipline, loyalisme et neutralité. Comme je le disais tout à l’heure, les limites associées au devoir de réserve ne sont pas nettement identifiées. En général, ce qui est souvent reproché, c’est de dépasser les limites imposées par le devoir de réserve. C’est flou et souvent subjectif.
Dans une tribune sortie ce matin, Alain Bauer dit de façon assez nette qu’il voit l’expression d’un puissant mouvement de consternation et d’exaspération. Cette réplique est la réponse indirecte à la façon dont cette première tribune répond à ce qui a été interprété et ressenti comme un profond mépris pour le fond et la teneur du message. En effet, je souscris à ce qu’a dit François-Xavier Bellamy. Le constat opéré est l’aboutissement d’une dégradation progressive. Au cours de ma carrière, j’ai vu les relations sociales se dégrader progressivement pour en arriver au terrible constat que les gens ne se supportent plus.

Il y a quelque chose de révélateur dans cette deuxième tribune. L’hebdomadaire qui a décidé de la publier a proposé aux gens de la signer. Hier soir, il y avait plus de 100.000 signataires et la tribune avait été lue plus d’un million de fois. Un sondage avait dit que 57 % des Français étaient d’accord avec la première tribune publiée. Ce qui est rassurant ou pas pour le pouvoir en place, c’est que l’initiative des militaires a été très majoritairement soutenue par la population. Le constat que dressent les militaires est a priori celui, aussi, de la majorité des Français…

Cela fait appel à des ressorts à la fois sociologiques et psychologiques. Le pays traverse une crise grave où les tensions se sont exacerbées et il y a des inquiétudes pour le lendemain. Cet accueil positif de cette initiative au sein de la population ne me surprend pas. Il y a réellement une France qui doute d’elle-même, qui a peur et qui perd ses repères.
Je voudrais revenir sur l’impact direct de cette initiative. Personnellement, je suis triste de voir la communauté militaire se déchirer à ce point. Vous avez ceux qui sont pour, ceux qui sont contre, ceux qui critiquent le fond, ceux qui critiquent la forme et ceux qui critiquent et le fond et la forme.
Il faut que les esprits se calment et en revenir à la raison. Il faut se mettre autour d’une table et discuter sur un constat. Si on est de bonne foi, on peut difficilement le contester. C’est l’aboutissement d’un long processus qui aboutit au terrible constat que nous faisons actuellement. Il ne se passe pas un jour sans faits divers tragiques.
Il y a eu des échanges d’insultes. Très franchement, je suis triste pour le chef d’état-major des armées qui est un officier remarquable et qui vaut mieux que l’image que l’on projette de lui. Il doit probablement traverser une période extrêmement difficile. Il faut que la raison l’emporte. On ne peut pas balayer d’un revers de main cette initiative uniquement pour des questions de forme. Le général d’armée et président de la Saint-Cyrienne, Bruno Dary, a conclu cette tribune par une citation de Saint-Exupéry. « Puisque je suis l’un d’eux, je ne renierai jamais les miens quoi qu’ils fassent […] Quoi que je pense alors sur eux, je ne servirai jamais de témoin à charge ! »

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Voile islamique sur une affiche électorale : un (gros) caillou dans la chaussure LREM

voile islamique LREM

Les polémiques sont comme les petites fleurs au printemps : elles fleurissent, à tour de rôle, quand l’une se fane, l’autre prend le relais. Et tout cela avec une régularité cyclique de métronome.

Voici donc revenu le voile islamique.

Sur l’affiche de campagne des élections départementales de LREM pour le canton 1 de Montpellier apparaît une candidate voilée.

Jordan Bardella, du RN, a réagi aussitôt sur Twitter : « C’est cela, la lutte contre le séparatisme, Marlène Schiappa ? » Et c’est le député Stanislas Guerini, délégué général de LREM, qui lui a répondu : « Les valeurs portées par LREM ne sont pas compatibles avec le port ostentatoire de signes religieux sur un document de campagne électorale. Soit ces candidats changent leur photo, soit LREM retirent leur soutien. » Il n’a tout de même pas signé d’un « Stanislas, belle journée ! » constellé d’émoticônes rieuses, mais cela sentait son community manager empressé, soucieux de tuer dans l’œuf le brain shaming que pourrait susciter un consommateur mécontent.

Les polémiques reviennent, donc, mais si les thématiques restent les mêmes, les positions avancent.

Il n’y avait qu’au NPA, il n’y a pas si longtemps, que l’on osait montrer clairement une candidate voilée : c’était, d’ailleurs, pour Ilham Moussaïd, candidate NPA aux régionales en PACA, qu’un arrêt du Conseil d’État du 23 décembre 2010 avait tranché : « Il est permis de se présenter à une élection en arborant un signe religieux. » Effet papillon propre à la jurisprudence, un petit parti confidentiel sans réel poids démocratique embarrasse indirectement, des années plus tard, celui dit de la majorité.

Interrogée, le 20 mars 2019, sur Europe 1, Marlène Schiappa avait déclaré, un peu embarrassée, « que ça devrait être étudié au cas par cas. Légalement, rien n’empêche une femme qui porte un voile de se présenter à des élections. Il n’est pas utile de crisper inutilement sur de tel sujets. » Avant de s’empresser de rajouter que la question ne se « posait pas à sa connaissance ».

Sauf qu’à présent, elle se pose. Et cela canarde de tous les côtés en direction de Stanislas Guerini. De ses adversaires politiques – « Je crois que ce qui me sidère le plus, dans cette affaire, c’est un président de parti qui découvre ses candidats sur Twitter », ironise Nelly Garnier. « Vous retweetez l’extrême droite dans le plus grand des calmes », dénonce Raphaëlle Rémy-Leleu – à, plus gênant, son propre camp : Naïma Moutchou, députée LREM du Val-d’Oise, le met en garde : « Écarter cette candidate serait une discrimination […] Le mépris du droit, c’est l’agenda du RN. Pas le nôtre. »

Aurore Bergé, elle, lui a apporté un soutien. Comme Gabriel Attal, ce mardi matin, sur France Inter : « On ne souhaite pas présenter une candidate avec un signe ostensible religieux sur les documents officiels de campagne, c’est une question de choix politique. »

Mais on voit que l’argumentaire est en funambule sur la même ligne de crête. Stanislas Guerini et Gabriel Attal, dans le tutu de la laïcité que leur impose une loi séparatisme dont l’encre n’est pas encore sèche, avancent à petits pas comptés, s’accrochant à l’ombrelle d’une sémantique finement pesée : « sur un document électoral », précise l’un, « sur les documents officiels de la campagne », renchérit l’autre. Céline Pina, pas du genre à se laisser embobeliner, ne s’y est pas trompée : « L’idée n’est pas d’enlever le voile pour la photo, mais de dénoncer le symbole qu’il représente. Une fois élue, elle pourrait le porter dans les assemblées délibérantes, donc ? »

Car l’enjeu, c’est évidemment la présidentielle. Choisir, c’est renoncer, disait André Gide. Comment ne pas froisser cette gauche sur laquelle on compte au second tour sans faire fuir cette droite que l’on doit séduire au premier ? Et avant cela, c’est LREM, très clivé sur ce sujet – on pense notamment à Anne-Christine Lang -, qui pourrait s’entre-déchirer.

Gabrielle Cluzel

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Me Gilbert Collard : « On a la preuve qu’il y a une mécanique politique de répression judiciaire qui porte atteinte à l’honneur ! »

Gilbert Collard

Le tribunal de Nanterre a décidé la relaxe de Marine Le Pen et de Me Gilbert Collard, qui étaient poursuivis pour avoir publié, en 2015, sur Twitter, des photos d’exactions de l’État islamique.

Vous avez été relaxé ainsi que Marine Le Pen dans l’affaire des tweets montrant les exactions de Daech. Vous aviez, à l’époque, dénoncé un procès politique. Visiblement, la Justice vous a donné raison.

Oui, c’est une bien belle chose lorsque la Justice est indépendante. Il faut quand même rappeler que pour arriver à cette décision de relaxe, au point que les revues juridiques s’y intéressent, il a fallu passer par deux demandes de levées d’immunité parlementaire. La première a été refusée par une commission à majorité socialiste. La seconde acceptée par une majorité à composante de La République en marche et des Républicains, passée par un juge d’instruction qui n’a pas eu le courage de rendre une ordonnance de non-lieu. Et se retrouver, après plusieurs années, devant un tribunal. Tout cela pour des faits qui n’auraient jamais dû faire l’objet de poursuites. On a la preuve qu’il y a une mécanique politique de répression judiciaire qui fatigue et qui porte atteinte à l’honneur, et une mécanique de décisions de justice qui, lorsqu’elle est indépendante, fait la leçon à toute cette mécanique de poursuite.

C’est un coup monté par les hommes de main de M. Hollande, tant au Parlement qu’au ministère de l’Intérieur. Cette affaire a été montée de toutes pièces pour nous faire du tort.

Un procureur nous a fait convoquer par la police et par un juge d’instruction, tout cela pour un jugement qui est remarquablement motivé et qui nous ramène, finalement, au départ. Jamais nous aurions dû être poursuivis. Il va falloir, un jour, que l’heure sonne des responsabilités.

Maintenant que vous avez été relaxés, envisagez-vous de porter plainte pour procédure abusive ?

Je n’en ai pas fini avec le Parlement. J’ai donc saisi la Cour européenne au sujet de la levée de mon immunité. Croyez-moi, je n’appartiens pas à la catégorie des gens qui lâchent et je ne lâcherai pas !

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Jean-François Chemain : « La laïcité est impuissante à lutter contre le séparatisme islamique à partir du moment où elle refuse de reconnaître ses racines qui sont profondément chrétiennes »

Jean-François Chemain

C’est l’assassinat de Samuel Paty qui a décidé Jean-François Chemain à reprendre la plume pour publier Non, la France ce n’est pas seulement la République ! Le coup de gueule d’un enseignant. Un ouvrage qui nous renvoie à cette question : qui sommes-nous ? Quelle est la place de la République et de la France ? Réflexions et retour sur la construction de la France à travers son histoire.

Non, la France ce n’est pas seulement la République ! Le coup de gueule d’un enseignant est le titre de votre essai paru aux Éditions Artège. On a envie de dire que la thèse du livre est dans le titre. Pourquoi avoir voulu écrire cela et dans quel contexte ?

Tout simplement parce qu’après l’assassinat sordide de mon collègue Samuel Paty, j’ai été frappé comme beaucoup de Français d’entendre le Président Macron, lors de l’hommage rendu à Samuel Paty, dire que le rôle d’un enseignant est de faire des républicains. J’aurais préféré entendre « en faire des Français », éventuellement même des hommes et des femmes bien dans leur peau et accomplis. Au lieu de cela, il a martelé que sa mission était de faire des républicains. J’ai donc voulu réfléchir pourquoi toujours parler de République plutôt que de parler de France.

Pourquoi cet effacement de la nation au profit de celle du régime politique qui régit tout simplement nos vies ?

La République est un régime politique synonyme de l’État. Ce phénomène de substituer l’État à la France est relativement ancien. L’historienne Colette Beaune a montré que, dès la fin du Moyen Âge, les textes d’iconographie commencent à substituer le roi à la France. On commence à mourir pour le roi et non plus pour la doulce France. Ce phénomène ne date donc pas de la Révolution. La République l’a simplement poussé à son terme. Aujourd’hui, elle a clairement tendance à se substituer à cette nation à laquelle elle devrait se contenter de se superposer. On devrait considérer que l’État est au-dessus de la France et au service de la France. En réalité, il a tendance à considérer qu’il se suffit à lui-même et à effacer cette notion de France. Michelet disait que la France est une personne. Je crois qu’aujourd’hui, on a tendance à oublier cette personne.

Cette affirmation nous plonge à la base : qui sommes-nous ? Sommes-nous des Français, des républicains ? La République agit-elle dans l’intérêt de la France ou contre la France ?

Force est de constater que la France est largement antérieure à la République. Le général de Gaulle lui-même disait qu’il faisait remonter l’Histoire de France au baptême de Clovis. La France a au moins quinze siècles, dont treize antérieurs à la Révolution française. Le peuple de France est resté d’une remarquable stabilité depuis le Xe siècle. À l’époque de la Révolution, la France avait à peu près atteint ses frontières actuelles. La Révolution a ajouté à la République le perfectionnement de l’État absolutiste. Il faut bien comprendre que « République » n’est pas synonyme de « démocratie » mais synonyme, depuis Rome et depuis les écrits de Jean Bodin, penseur de l’absolutisme, d’un État fort qui n’a de comptes à rendre à personne, et notamment pas à l’Église. A priori, la République est compatible avec tout système politique. D’ailleurs, lorsque Jean Bodin parlait de République, il parlait de la monarchie absolue. Il n’y a pas du tout de synonymes entre République et démocratie. Encore une fois, la République est synonyme d’État fort. Ce que la Révolution a apporté à l’absolutisme, c’est d’abord la suppression de tout un tas d’institutions et de corps intermédiaires qui faisaient obstacle au bon fonctionnement de l’absolutisme et, surtout, de supprimer la personne royale. Le roi qui est faillible. Le règne de Louis XV a été assez catastrophique de ce point de vue-là, notamment de la vie dissolue qu’il a menée. Il a été favorable au renforcement du courant qu’on appelle le jansénisme politique, qui a contribué à la désacralisation de la personne royale.

La République a apporté une dépersonnalisation, une abstractisation de l’État qui ne repose donc plus sur une personne faillible et entravée par des corps intermédiaires mais qui a les mains totalement libres et qui, par définition, est pur. Il ne s’incarne pas mais devient une idée.

D’où vient cette impuissance de la République à lutter contre l’ennemi de l’extérieur qu’est l’islamisme radical ?

Je crois qu’il faut remonter assez loin et partir de son origine révolutionnaire. Selon moi, la République consiste enl’absorption de l’Église par l’État. D’une part de l’absorption de sa mission moralisatrice, éducatrice et de sa mission qui doit conduire le peuple à la vertu, mais également de son mode de fonctionnement clérical, reposant sur des clercs qui sont des intellectuels dotés d’un statut protecteur et d’un magistère intellectuel et moral. Ils sont finalement là pour guider le bon peuple sur le chemin de la vertu. Je pense que la République, encore aujourd’hui, s’est donné comme mission de nous moraliser. De ce point de vue-là, elle est de plus en plus impitoyable. On la voit s’insérer dans tous les espaces grâce à de nouveaux moyens de communication. Elle s’insinue dans les moindres espaces de nos vies pour nous moraliser et nous faire la leçon de manière totalement impitoyable. Elle entreprend de lutter contre nos haines, nos phobies et notre peur de l’autre. Je pense qu’il est faux que la République est de plus en plus faible.

Là où on dit qu’elle recule et qu’elle est impuissante, c’est sur des problèmes comme l’immigration et la délinquance. Si on le remarque, ces sujets contribuent à la moralisation des Français. Le Français est appelé pour sa propre sanctification à accueillir l’autre.

Dire que la République ne défend pas bien nos frontières ne fait que conduire le Français à se remettre en question dans la douleur pour mieux accepter l’autre.

Une lutte inefficace contre la délinquance amène peut-être les Français à constater qu’ils ont les moyens. Il y a une sorte de mansuétude à l’égard de ceux qui infligent en toute illégalité ce genre de violence aux Français. La leçon qu’en retire la République, c’est bien souvent de faire la morale aux Français plutôt que de lutter contre les incivilités en question.

Je ne crois pas que la République soit laxiste à l’égard des Français mais, au contraire, elle est selon moi de plus en plus impitoyable.

La question derrière cette notion de séparatisme est la question de la laïcité. La République laïque est-elle armée contre l’islamisme ? La France s’ampute-t-elle de l’arme qui pourrait repousser cette menace ?

La laïcité est impuissante à lutter contre le séparatisme islamiste à partir du moment où elle refuse de reconnaître ses racines profondément chrétiennes. La laïcité ne peut pas impliquer de totales neutralités religieuses de l’État dans la mesure où elle est issue de notre Histoire chrétienne et pluriséculaire qui est passée par un certain nombre d’étapes.

La première étape étant le gallicanisme. Dès l’époque de Philippe le Bel, l’État français a prétendu avoir des prérogatives sur l’Église. Ensuite, il y a eu l’étape de l’absolutisme. À partir de François Ier, et a fortiori Louis XIII et Louis XIV, l’État ne tient plus sa dimension sacrée de l’Église mais il la tient directement de Dieu. Il peut se passer du jugement moral de l’Église.

Et, enfin, il y a une troisième étape issue des Lumières, ce qu’on appelle le despotisme éclairé, qui est que l’État a le droit et le pouvoir de rationaliser la religion et de la fonctionnariser. C’est ce qui a été fait par la première étape de la Révolution en 1790. La laïcité s’inscrit dans ce cadre-là.

Il s’agit, pour l’État, de s’approprier la mission de l’Église, que ce soit sa mission moralisatrice et éducatrice, mais également une posture cléricale tout en marginalisant l’Église catholique qui est sa concurrente. Tout cela n’empêche pas que le fond anthropologique de notre laïcité est chrétien et que l’ordre public de notre République laïque est d’essence chrétienne. Lorsqu’on vient expliquer à des musulmans qui ont une autre anthropologie et une autre conception des relations entre la religion et l’État, ils ont le sentiment que l’on se fiche d’eux. Je pense que la laïcité serait beaucoup plus opératoire si on avait l’intelligence et le courage de dire que la laïcité est d’essence chrétienne et même catholique. Que l’on soit croyant ou non, que l’on soit pratiquant ou non, lorsqu’on adhère aux valeurs républicaines, on adhère aux valeurs issues du christianisme. Je pense que lorsqu’on tient un discours de vérité, on tient un discours apaisant. En revanche, lorsqu’on tient un discours intellectuellement erroné et qu’on adopte une posture d’autorité pour essayer d’enfoncer le clou qui ne rentre pas parce qu’il est tordu, cela suscite une violence.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Terrorisme et immigration : une énième loi ne sert à rien, il faut redonner la parole aux Français

France frontières

Chaque nouvel attentat voit la mise en place des mêmes réactions. Et celui de Rambouillet, qui a vu l’assassinat horrible par un islamiste tunisien de Stéphanie, une agente administrative de police âgée de 49 ans et mère de deux enfants, ne déroge malheureusement pas à cette règle. Passé le légitime moment d’émotion et les déclarations tonitruantes auxquelles les Français sont désormais habitués, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a dégainé son arme fatale : une nouvelle loi !

Pourtant, pas si nouvelle cette loi, puisqu’il s’agit, en réalité, d’un texte qui était déjà dans « les tuyaux » et qui vise simplement à pérenniser des mesures qui étaient contenues dans la loi antiterroriste de 2017 et la loi sur le renseignement de 2015. En quelque sorte, du neuf avec du vieux !

Le projet de loi en question qui sera présenté en Conseil des ministres mercredi prochain contient diverses mesures déjà évoquées au cours des derniers mois. Durcissement de la surveillance des radicalisés et des sortants de prison, prise en compte des profils psychiatriques – encore que, sur ce dernier point, on se demande comment il sera compatible avec le respect du secret médical -, confirmation des visites domiciliaires (perquisitions) administratives ou encore pérennisation du recours aux algorithmes, c’est-à-dire du traitement des données de connexion par les services de renseignement.

Bien entendu, on ne peut, a priori, que se réjouir des moyens juridiques supplémentaires qui sont donnés, à l’occasion de chaque attentat islamiste, aux services de police. Mais force est de constater que le recul de nos libertés individuelles, nécessairement impactées par une législation d’exception de plus en plus contraignante, ne fait que pénaliser davantage les Français sans apporter de réelles solutions au terrorisme. Le pouvoir en place tente de soigner les effets mais ne combat nullement les causes !

Il n’est plus un mystère depuis longtemps que le terrorisme islamiste, et les nombreux attentats meurtriers qu’il a générés, prend pour une large part sa source dans une immigration hors de contrôle. À cet égard, l’attentat de Rambouillet est significatif du laxisme généralisé qui s’est installé en France en la matière. Ainsi, l’auteur de l’attentat, entré irrégulièrement dans notre pays il y a dix ans, a-t-il pu, malgré une ordonnance de reconduite à la frontière prononcée contre lui à cette époque, se maintenir dans la clandestinité pour, finalement, être régularisé sans autre forme de procès en 2019. Véritable récompense pour tout étranger qui sait se maintenir sur notre sol en violation de nos lois, cette régularisation est en réalité la consécration du puissant échec de notre (non-)politique migratoire.

À l’instar de ce Tunisien assassin, combien sont-ils, aujourd’hui, à demeurer dans l’ombre et, pour certains, à attendre le moment propice du passage à l’acte terroriste ?

Il est clair, désormais, qu’une lutte efficace contre le terrorisme, et d’une façon générale contre la criminalité qui gangrène notre pays, ne peut plus que passer par un renforcement drastique du contrôle de nos frontières. Dépossédés des leviers d’une politique migratoire efficace par des juridictions internationales hors-sol, mais aussi par des juridictions internes « idéologisées », nos gouvernants ont abdiqué, livrant le pays au terrorisme et à la criminalité organisée.

Devant le défi à relever, c’est désormais au peuple de décider. Comme souhaite le faire Marine Le Pen si elle est élue présidente de la République, il faut donc organiser un référendum afin de connaître la volonté des Français en la matière. Seule cette initiative permettra de s’affranchir de juridictions et de juges irresponsables qui nous conduisent au chaos. Alors, peut-être, pourrons-nous mettre un terme à ces tueries ignobles.

Olivier Damien

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Philippe de Villiers : « J’appelle les Français à s’insurger intellectuellement, moralement, spirituellement ! »

Philippe de Villiers

21/04/2021 – FRANCE (NOVOpress)
C’est le visionnage d’un film racontant un exercice de simulation de pandémie mondiale réalisé le 18 octobre 2019 qui a décidé le fondateur du Puy du Fou à reprendre la plume. Dans son nouvel ouvrage Le Jour d’après, Philippe de Villiers explique le « monde d’après » la pandémie. Car, selon lui, « il y avait des gens qui savaient » ce qui allait se passer.

Explications devant la caméra de Boulevard Voltaire. L’occasion de revenir sur la personnalité d’Emmanuel Macron, les grands débats qui agitent la société française comme la laïcité et le séparatisme, l’emprise des géants du numérique et le basculement de cette France qu’il se refuse à voir sombrer.



Le jour d’après, Ce que je ne savais pas…et vous non plus aux éditions Albin Michel est un livre qui parle de ce monde après pandémie. Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?

Ce qui m’a poussé à écrire ce livre est un film que j’ai découvert sur YouTube. Il racontait un exercice de simulation de big pharma, big data et big finance qui a eu lieu à New York le 18 octobre 2019 avec des puissances privées. Le forum de Davos était représenté ainsi que la fondation Bill Gates, et organisé par l’université John Hopkins. Cet exercice de simulation portait sur une pandémie de coronavirus à partir d’une affaire de port du Brésil. J’ai été intrigué parce que cet exercice de simulation datait du 18 octobre 2019. Or à l’époque, on ne parlait pas du coronavirus.

À ce moment, je me suis dit que des gens savaient. Je n’ai pas dit qu’ils avaient inventé le virus, car je ne suis pas complotiste et je n’ai pas d’idée sur la question du virus. Ce n’est pas mon sujet.

J’ai déduit de ce film que des gens savaient ou se doutaient. J’ai eu entre les mains un livre de monsieur Klaus Schwab, président du forum de Davos qui s’appelle Covid-19 la réinitialisation du monde. Le great reset veut dire mettre le monde sur pause et repartir sur autre chose.

Il y a une phrase clé dans ce livre : « Il faut que la pandémie soit une fenêtre d’opportunité ». Pourquoi faire ? Eh bien, pour changer de société et pour la numériser.

Le 3 juin 2020, une vidéo-conférence de presse mondiale développe la fenêtre d’opportunité. Cette dernière est la digitalisation du monde et le virus climatique. L’idée de tous ces géants du « capitalisme de surveillance » comme ils s’appellent eux-mêmes est d’imposer le contrôle total par le numérique. Plus précisément de capter notre fort intime avec les algorithmes.

J’ai décidé d’écrire ce livre parce que je me suis dit qu’on y allait tout droit. Le jour d’après nous fait entrer dans un monde où au nom du tout sanitaire, on sacrifie la jeunesse et la transmission. Au nom du tout numérique, on sacrifie la société de voisinage, les métiers de la main et du cœur. Au nom du transhumanisme, on dénature l’espèce humaine.

La leçon que je tire dans la conclusion de mon livre, c’est que des gens savaient ce qu’ils faisaient. Ils voulaient un monde sans frontières. Ils savaient qu’un monde sans cloisons est un monde hautement pathogène. Ils le savaient et ils ont pris le risque.

Les uns, par calcul idéologique pour remplacer les murs par des ponts comme dirait le Pape François. C’est-à-dire un monde d’un seul tenant, la fraternité cosmique.

Et les autres, par un calcul économique pour ouvrir un marché planétaire de masse. Le calcul et l’idéologie se sont épaulés. Ils savaient que ce monde-là allait faire circuler le virus. Il y a 200 000 virus par an. Pour eux, c’était d’un grand profit parce que c’était l’occasion d’entrer dans ce monde numérique qui est en train de nous détruire.

Ils ont fait ce monde sans frontières, la fameuse mondialisation heureuse parce que cela permettait aux géants du numérique de prospérer et à nos gouvernants, d’exercer un contrôle total, une société disciplinaire.

Lorsqu’Emmanuel Macron n’était encore que ministre, nous l’avions vu parader sur un char au Puy du Fou. On vous a vu vous afficher ensemble et développer ce qui paraissait de l’extérieur, comme étant une amitié assez solide. Aujourd’hui, Emmanuel Macron est pour vous l’ennemi incarné. Que s’est-il passé ? Comment ce roi du « en même temps » a pu vous convaincre qu’il pouvait incarner une certaine idée de la France ?

Les choses sont très simples. Emmanuel Macron a souhaité me rencontrer en venant au Puy du Fou. Il m’a dit « je comprends très bien ce que vous me dites. Je suis moi aussi un homme des racines. » Dès le début, il était clair, qu’entre lui et moi, avec Brigitte comme grand témoin, que nous n’avions pas du tout les mêmes idées. Amitié, oui, mais dans la vérité. À un moment donné, la vérité est trop cruelle. Je me suis très vite aperçu qu’il tenait un double discours. Lorsqu’il dit dans un grand journal du matin « je veux une société française pénible » et qu’en même temps sur une télévision américaine il dit qu’il faut déconstruire l’Histoire de la France, je me suis dit que cela ne collait pas. Ce personnage est double. J’ai longtemps serré le frein parce que je voulais, malgré tout, que cela fonctionne. Je me disais qu’il allait peut-être écouter ce que moi et d’autres avions à lui dire.

À un moment donné, ce n’était plus possible. Comme l’échéance arrive et qu’il nous a bâillonnés, enfermés et masqués, il s’est lui-même déconfiné. Le confinement l’a déconfiné à mes yeux. Par conséquent, j’ai jugé que le moment était venu de dire sur la place publique tout ce que je pensais.

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Département du Tarn, université de Nice : le ramadan impose ses horaires, Darmanin se couche mais ça ne passe pas !

Ramadan

Mon village à l’heure du ramadan. Mon pays, mon département, mon université à l’heure du ramadan. Mon eau à l’heure du ramadan.
On pourrait, on pourra multiplier à l’infini ces titres de romans du futur. Rien que cette semaine, la première du mois sacré, ce fut un véritable festival « ramadanesque ».

Pour le présent, mon département à l’heure du ramadan, c’est le Tarn. Un bien beau pays, celui du Gaillac et de la cathédrale d’Albi. Jeudi, la Toile s’enflammait en apprenant, via un journal local, que consigne avait été donnée aux forces de l’ordre de faire preuve de tolérance pour les musulmans enfreignant les horaires du couvre-feu, entre 19 et 22 heures et avant 6 heures du matin. Les raisons : prière du matin et aumône du soir… Devant le tollé suscité – et, évidemment, c’est encore cette incorrigible fachosphère qui a crié le plus fort, entraînant avec elle le maire LR de Lavaur Bernard Carayon -, la préfète à l’origine du message a été obligée de manger son chapeau.

Évidemment, comme toujours dans ces affaires, Le Parisien s’est empressé de « fact-checker », jetant le doute sur la réalité de l’information. Et tous les procédés stylistiques ont été mobilisés : phrase interrogative du titre (« Couvre-feu et ramadan : la préfecture du Tarn a-t-elle accordé une tolérance pour les musulmans ? »), chapô au conditionnel : « Selon un hebdomadaire local, les commissariats et gendarmeries du département auraient reçu la consigne de ne pas verbaliser les musulmans circulant pendant le couvre-feu durant le ramadan. » Du grand professionnalisme.

Sauf que la lecture de l’article confirme que l’information et le mail adressé aux forces de l’ordre sont bien réels : « Il y aurait écrit [encore un beau conditionnel dont vous apprenez, deux lignes plus bas, qu’il n’est pas justifié], dans des parties [du mail] qu’a choisi de diffuser l’hebdomadaire, “le créneau nocturne correspond à la rupture du jeûne et il est potentiellement susceptible de générer des rassemblements sur la voie publique ou aux abords des mosquées”. Un envoi d’un mail aux gendarmes que nous sommes en mesure de confirmer », avoue Le Parisien.

Donc, la préfète du Tarn, après avoir envoyé son directeur de cabinet s’embrouiller dans des justifications concernant les associations caritatives, n’a eu d’autre choix que de rétropédaler en arguant que ses consignes avaient été « mal comprises ». Ce qui n’est pas très élégant vis-à-vis de ces mêmes forces de l’ordre. Il faudrait aussi qu’elle y réfléchisse.

Mais il n’y a pas que dans les préfectures de France que l’on se couche devant les exigences du ramadan. À l’université aussi où, c’est bien connu, l’islamo-gauchisme n’existe pas, pas plus que les pressions communautaristes. En tout cas, vendredi, c’est l’université de Nice qui était contrainte d’annoncer qu’elle allait sanctionner un professeur accusé par l’UNI d’avoir décalé un examen pour respecter le ramadan de certains de ses étudiants. Son mail a été publié sur les réseaux sociaux : « Suite à plusieurs demandes, je décale le QCM de 20 h à 22 h 30, notamment pour accommoder la rupture du jeûne du ramadan. C’est l’ultime modification, car cela commence à devenir pénible. »

Ces deux affaires sont révélatrices, à trois niveaux. Sonores, pourrait-on dire. Et l’échelle du bruit y est l’inverse de leur chronologie. Le fait le plus bruyant, c’est bien sûr celui de la dénonciation, par les forces de l’ordre ici, par les étudiants là-bas, qui – c’est nouveau et c’est heureux – trouvent désormais des voix pour faire résonner leur exaspération (réseaux sociaux, syndicats, presse alternative). Ensuite, il y a le niveau bas bruit des autorités qui ont cédé, accepté, souvent par habitude, complaisance, sans voir même peut-être en quoi et jusqu’où c’était problématique, puis sont obligées de se rétracter. Enfin – mais c’est de là que tout part – il y a les mystérieuses « demandes », exigences de certaines associations, certains étudiants, dont nous ne savons en l’occurrence pas grand-chose, si ce n’est qu’il y a bien eu demandes.

Justement, l’on a appris que le Conseil français du culte musulman (CFCM) a bien demandé une dérogation à Gérald Darmanin, qui l’a royalement accordée. Communiqué du CFCM : « Il est toléré de se rendre au lieu de culte le plus proche de son domicile pour accomplir la prière du matin [donc avant 6 heures, NDLR]. Cette dérogation est accordée par le ministre de l’Intérieur à la demande du CFCM […] Le CFCM recommande aux imams de retarder cette prière dans la mesure du possible pour permettre un usage utile et limité de la dérogation. »

La morale de l’histoire : ne plus rien laisser passer et… faire du bruit !

Frédéric Sirgant

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Estelle Redpill : « Je subis des harcèlements en ligne, des menaces de mort et des insultes dans la rue depuis plusieurs mois ! »

Estelle Redpill

Estelle Redpill est « TikTokeuse » et se définit comme « identitaire ». Depuis qu’elle a fait l’objet d’un portrait par les journalistes de « Quotidien », elle est jetée en pâture : menaces et intimidations se multiplient pour celle qui veut « défendre les valeurs patriotiques ».

Elle a bien voulu répondre aux questions de Boulevard Voltaire.

Je m’appelle Estelle Redpill, j’ai 25 ans, je suis une TikTokeuse identitaire, je défends la France sur les réseaux sociaux depuis plus d’un an, j’avais un compte avec 122 000 abonnés, il a été banni récemment.

Qu’est-ce qui vous motive à faire des vidéos sur TikTok ?

J’ai senti que cette plate-forme marchait plutôt bien, et j’ai vu qu’il y avait beaucoup de prosélytisme religieux islamique, beaucoup de jeunes se laissaient endoctriner, ça m’a fait peur pour les futures générations. Il y avait également beaucoup de gauchistes avec leurs idées et leur propagande nauséabondes. Je me suis dit qu’on ne pouvait pas laisser les jeunes se faire avoir par cette propagande-là. J’ai donc voulu utiliser TikTok à ma manière pour défendre les idées de droite et l’identité française.

Votre compte TikTok a été censuré. Que s’est-il passé ?

J’ai reçu un mail de leur part me prévenant que je ne pouvais plus y accéder, ni même recréer un compte. Pour survivre sur ce réseau social je dois être sous VPN. Mon visage est connu, je risque de ne pas faire long feu sur cette application maintenant !

Quotidien vous a consacré un reportage, pourquoi avoir accepté de les rencontrer ?

On ne doit pas rester qu’entre nous, entre patriotes, on doit oser aller chez l’adversaire pour porter nos idées. Même s’ils sont malveillants, j’ai voulu le faire. Cette plate-forme n’est pas que pour les gauchistes. Malheureusement Quotidien a voulu me salir.

Qu’aimeriez-vous dire aux journalistes de Quotidien ?

Je voudrais leur dire qu’ils dénigrent les gens comme moi parlant des problèmes liés à l’immigration, ils nient des faits réels, ils font passer les patriotes pour des gens néfastes, ils contribuent à la décadence de notre pays. Ils couvrent des gens qui n’aiment pas la France. Ils desservent la France.

Depuis la diffusion, vous avez été agressée près de chez vous. Que s’est-il passé ?

Je subis du harcèlement en ligne depuis plusieurs mois. En me rendant au commissariat pour porter plainte, j’attendais à l’arrêt de bus, une personne m’a reconnue. Il m’a insultée et traitée de « sale facho, sale raciste, on t’a vu dans le quotidien », tout en me filmant avec son téléphone. J’ai caché mon visage pour ne pas être filmée, ils m’ont arraché mes affaires et m’ont bousculée. Deux témoins présents ne sont pas intervenus. Puis je suis rentrée dans le bus, et la police municipale est arrivée. Ils m’ont encouragée à porter plainte. Par la suite, en achetant un ticket de métro, deux individus ont exigé que je paie leur titre de transport avec la carte bancaire. J’ai refusé et ils m’ont encerclée. Une dame m’aidée à me dégager. La situation devient très grave…

Les menaces et les insultes continuent-elles ?

Sur Instagram je reçois des menaces de mort, des insultes, mais également dans la rue : « Sale facho, sale traître », ainsi que des insultes sur la féminité.

Pourrait-on vous comparer à Mila, la jeune femme continuellement menacée de mort après des propos hostiles à l’islam ?

Mila m’a contactée, je l’apprécie. Nous sommes différentes car je n’ai pas critiqué l’islam, j’ai dit qu’il y avait des religions qui ne respectaient pas notre pays, qui voulaient s’imposer, mais je n’ai pas critiqué l’islam ou leur prophète. Je n’ai pas eu des problèmes de la même ampleur que Mila. Elle m’a prévenue que par la suite je pourrais encore en avoir, des personnes pourraient en venir aux mains. Malheureusement, plus on dénonce, plus la situation empire.

Comment voyez-vous votre avenir ?

L’avenir me fait peur. Il y a quelques années je pensais quitter la France car je me sentais en insécurité. Dans certains quartiers je me faisais suivre et insulter. Une fois on m’a craché dessus et j’ai reçu des projectiles. J’avais peur. Avec les attentats, les décapitations, je pensais que pour élever des enfants, je ne pourrais rester dans un pays aussi hostile. Si moi-même je me sens en insécurité, comment sécuriser mes enfants ? Si mon mari défend mes enfants, la justice pourrait se retourner contre lui ?

Je pensais alors que la seule solution était de partir, puis je me suis remise en question. S’il n’y a plus de Jeanne d’Arc, Charles Martel ou d’autres personnes pour sauver notre pays, il sera colonisé ! Donc je décide de me battre, même si ça me fait peur, car je pense que la justice n’est pas spécialement avec nous, la victimisation est à géométrie variable. Les gens qui défendent leur identité sont souvent censurés. En revanche sur TikTok, ceux qui brûlent le drapeau ou crachent sur notre pays, ne sont pas censurés alors que moi j’ai été bannie injustement. J’envisage le futur difficilement, mais je ne baisserai pas les bras.

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Délations, explosion de haine entre Français : la psychose du Covid aggrave les fractures

virus delation

Il y a quelques mois, Renaud Girard et Jean-Loup Bonnamy publiaient Quand la psychose fait dérailler le monde, un essai roboratif dont nous avions rendu compte dans ces colonnes. Ils expliquaient qu’une mise en perspective de la réalité de l’épidémie et un traitement rationnel de celle-ci comme problème de santé publique avaient été écartés par la volonté de masquer les carences de notre système de santé : à partir de là, c’est la peur qui domine, et la psychose, abondamment relayée par les médias, a fait dérailler le politique. Dénonçant cette mondialisation de la psychose, ils expliquaient fort justement que, basculant dans l’irrationnel dont la sacralisation du principe de précaution n’est qu’un variant, le politique avait viré à l’arbitraire et à l’absurde. Une sorte de fuite en avant qui avait fait de ce virus « un terroriste, c’est-à-dire un agent dont l’impact psychologique et sociétal dépasse de loin son impact physique ».

Quelques mois plus tard, nous y voilà : l’incohérence et l’absurdité érigées en système ont fragilisé la santé mentale de nombreux Français, qui ont succombé à la panique. Chez beaucoup de nos concitoyens, le discours illogique tenu par les autorités, martelé jusqu’à plus soif, couplé à une privation de libertés qui met en surchauffe l’équilibre mental de chacun, a réveillé de bas instincts.

Aujourd’hui, chaque Français a peur de son voisin, les grands-parents de leurs petits-enfants, les professeurs de leurs élèves, les commerçants de leurs clients : ce qu’il aurait à tout prix fallu éviter dans un pays déjà malade et fracturé.

Et de la défiance généralisée à la haine, il n’y a malheureusement qu’un pas que d’aucuns ont vite franchi : la délation s’est répandue comme une traînée de poudre.

Ici, c’est un verre de rosé dégusté sur une plage qui suscite, sous les yeux d’une famille avec de jeunes enfants, l’intervention d’une dizaine d’hommes en armes venus verbaliser sévèrement les récalcitrants. Ils étaient coupables de ne pas savoir que Jean Castex avait interdit la consommation d’alcool sur la voie publique, inaugurant un triste et nouveau concept : le puritanisme progressiste. Ce genre d’exemple – et il y en de nombreux – accentue la fracture avec des forces de l’ordre dont la mission est de protéger et que l’ont voit, absurdement, punir. Le motif sanitaire d’une telle mesure est tellement fumeux qu’on ne peut l’expliquer.

Là, c’est un prêtre et son vicaire qui sont en garde à vue parce que, tout à leur ministère de prêtre, lors d’une cérémonie où il y eut dix baptêmes, ils n’ont pas pleinement exercé leur pouvoir de police en allant voir, un à un, les fidèles qui ne portaient par leurs masques. On a vu, là encore, surgir la haine entre frères : le délateur était le frère d’un catéchumène – on imagine les réunions de famille – et certains catholiques n’ont rien trouvé de mieux que de désigner à la vindicte populaire ceux de leurs frères qui étaient mis en cause.

Voyez comme ils s’aiment…

Ailleurs, encore, c’est la chasse aux restaurants clandestins, le nouveau sport national des forces de police : leur ministre de tutelle assimilant sans doute bien plus les malheureux Français contrevenants à des terroristes d’une nouveau genre, fauteurs de trouble sanitaire, que ceux qui, chaque jour et depuis des années, installent le séparatisme islamiste au cœur de notre pays.

L’inflation réglementaire qui a tenu de lieu de gestion de crise, avec les mesures sanitaires obligatoires dont certaines sont franchement douteuses, voire dadaïstes – le port du masque en bord de mer en plein vent, par exemple, est un non-sens médical –, ont créé dans l’esprit des gens un nouveau conformisme d’habitudes rétrécies dont il sera difficile de se défaire. Et comme l’écrit excellemment le journaliste italien Andrea Venanzoni dans la revue Atlantico, « le conformisme est rassurant, chaud, confortable, sanctifiant même parce qu’il élève des esprits médiocres sur l’autel de la conscience sociale, assignant une quelconque fonction d’utilité à des individus qui, sans cela, resteraient piégés dans des existences d’une rare grisaille ».

La question qui se pose maintenant est de savoir comment, après un tel traumatisme de la société, les Français sauront s’unir pour reconstruire le pays.

Marie d’Armagnac

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Un ministre algérien traite la France d’« ennemi traditionnel » : Macron ne bronche pas

Algérie

Tandis qu’Emmanuel Macron fait copaincopain avec son homologue Abdelmadjid Tebboune, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale algérien, El Hachemi Djaâboub, a qualifié la France d’« ennemi traditionnel et éternel ». Cette gentillesse, envoyée alors que Jean Castex et trois autres ministres devaient se rendre en Algérie dimanche, a, sans doute, influé sur la décision d’annuler cette visite. Mais elle traduit aussi le double jeu des dirigeants algériens, qui présentent la France comme un repoussoir pour occulter leurs carences dans la gestion de leur pays.

Matignon annonce, dans un communiqué, que cette rencontre, programmée pour soutenir la coopération bilatérale, est « reportée à une date ultérieure ». Non pour protester contre le propos du ministre algérien mais, selon le communiqué officiel, pour tenir compte du « contexte sanitaire » et d’un commun accord. Des médias algériens, comme la chaîne privée Ennabar, semblent plus proches de la vérité quand il précisent que « la visite a été reportée à la demande de la partie algérienne, en raison de ses réserves sur la délégation qui ne correspond pas à l’importance de l’événement ».

Si l’on comprend bien, ce ne serait pas l’Algérie qui aurait offensé la France mais la France qui aurait offensé l’Algérie. Certes, le nombre de ministres français, initialement fixé à huit, s’est progressivement rétréci comme peau de chagrin : finalement, seuls Le Drian et Le Maire devaient accompagner le Premier ministre. Les dirigeants algériens sont peut-être susceptibles, mais ils usent de cette susceptibilité pour exiger toujours davantage.

Pourtant, Macron en tête, nos dirigeants ont déjà donné beaucoup de gages pour tenter d’obtenir les bonnes grâces de l’Algérie : qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité » constitue le summum de l’indécence, mais on pourrait y ajouter les hommages rendus à des complices du FLN, l’opprobre lancé contre l’armée française ou encore le rapport de Benjamin Stora, se comportant plus en militant qu’en historien, qui fait la part belle à l’Algérie.

Ils continuent de croire que la repentance est une vertu alors qu’elle incite l’Algérie à redoubler ses exigences. Leur pusillanimité devant cette affront est une nouvelle forme de renoncement. Sans compter que la victimisation alimente la haine d’une partie de la population d’origine immigrée qui y voit une bonne raison de ne pas s’intégrer et de rejeter toute assimilation. On lui a mis dans l’esprit qu’elle avait été exploitée par les colonisateurs : c’est à son tour de les coloniser.

Sans doute existe-t-il, parmi les dirigeants algériens, des personnes prêtes à coopérer avec la France, de manière constructive et dans l’intérêt des deux pays. Mais la plupart d’entre eux ne pensent qu’à conserver le pouvoir tout en tirant, sans contreparties, le maximum de profit de la France. Il est temps que le gouvernement soutienne, s’il y en a, les partisans d’une coopération sincère et rompe avec la mauvaise habitude de se soumettre.

La France a apporté à l’Algérie un développement économique et social qu’elle n’aurait sans doute jamais connu sans elle et que ses dirigeants ont dilapidé. C’est peut-être cette vérité que le gouvernement algérien a le plus de mal à digérer. Mais le plus coupable, c’est Macron, parce qu’il la méconnaît et, ce faisant, trahit l’Histoire de la France.

Philippe Kerlouan

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

Thibault de Montbrial : « La convergence entre une partie de la gauche et l’islamisme politique est inquiétante. Et certains élus de droite ne sont pas exempts de tout reproche »

Thibault de Montbrial

13/04/2021 – FRANCE (NOVOpress)
Au micro de Boulevard Voltaire, Me Thibault de Montbrial s’exprime sur la menace islamiste, en France, « qui fracture notre pays », et la tentative de réponse apportée par le gouvernement avec la loi « séparatisme ». Selon lui, cette loi est « un pas dans la bonne direction », mais elle a ses limites.

Par ailleurs il dénonce la complaisance et « l’égarement » de responsables politiques qui permettent des financements publics à des fins de « propagande et prosélytisme » comme pour la mosquée de Strasbourg, par exemple.