Bertrand Cantat, chanteur, assassin, gauchiste – par Francis Bergeron

Le procès en diffamation contre l’hebdomadaire Le Point, perdu par Cantat le 16 janvier, écartera-t-il définitivement l’assassin de Marie Trintignant des projecteurs ? L’odieux personnage, qui fut un temps le héros de la bien-pensance, a de plus en plus de mal à trouver des défenseurs.
A sa sortie de prison, en 2007, pourtant, il restait encore fréquentable. Sa chanson Un jour en France, où il dénonçait la montée du Front national, lui assurait un brevet éternel de la part du camp du bien, malgré le « dérapage » de 2003 :

Un autre jour en France
Des prières pour l’audience
Et quelques fascisants autour de 15 %
Charlie défends-moi
C’est le temps des menaces
On n’a pas le choix pile en face
Et aujourd’hui je jure que rien n’se passe
Toujours un peu plus

FN, souffrance
Qu’on est bien en France
C’est l’heure de changer la monnaie
On devra encore imprimer le rêve de l’égalité
On ne devra jamais supprimer celui de la fraternité
Restent des pointillés yeah, yeah, yeah

Qu’un chanteur connu et son groupe, Noir Désir, offrent de si jolies paroles à son public était apparemment suffisant pour se faire pardonner le passage à tabac mortel de Marie Trintignant. Certes le suicide de son épouse Kristina, par pendaison, en 2010, alors que lui-même était dans la maison, avait éloigné de lui certains de ses inconditionnels, mais le noyau dur de la bien-pensance résistait.

« Nous avons tous décidé de mentir »

En novembre 2017, Le Point a publié un article intitulé « Cantat, enquête sur une omerta ». Il additionnait les témoignages sur la dangerosité du stalinien chantant. Surtout, ces témoins avouaient qu’on leur avait demandé, pendant des années, de cacher ce qu’ils savaient de la violence du personnage. On y apprenait que dès 1989 il avait tenté d’étrangler sa maîtresse du moment. Mais, expliquaient ses anciens amis, « nous avons tous décidé de mentir. Nous étions tous sous son emprise. Et nous pensions qu’il se soignerait ».

En 2017, lorsque paraît l’article du Point, la thèse de l’« accident » était encore défendue par une partie de la gauche, le journal Les Inrockuptibles, par exemple. Or Le Point révélait donc que la violence de l’individu à l’égard des femmes était connue, que ses victimes étaient nombreuses, mais qu’une conspiration imposait le silence. Le procès contre Le Point entrait dans un schéma d’intimidation : empêcher les médias de reprendre l’information. La stratégie n’était pas mauvaise, puisque Cantat poursuivit sa carrière… et ses violences.

Mais depuis lors, les choses ont évolué : à présent, ce sont les féministes qui entrent dans la danse, c’est-à-dire des militantes, souvent lesbiennes, qui ont entrepris une croisade contre les hommes. Cette croisade passe par la dénonciation des « féminicides ». La mode aidant, le courant mainstream tout entier s’est emparé de ce thème. Les « féminicides » font désormais l’objet d’un comptage officiel.

Dans ce nouveau contexte, la cause de Cantat a du plomb dans l’aile. Car il est devenu un symbole : celui du mâle qui persécute et harcèle des femmes jusqu’à les tuer. A présent, ses spectacles sont presque systématiquement annulés.

La décision du tribunal correctionnel met un terme définitif à la morgue du tabasseur antifasciste, et probablement aussi à sa carrière, lui qui préparait un grand come-back cette année.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 31 janvier 2020

La journaliste Catherine Ceylac tacle Bertrand Cantat, l’assassin de Marie Trintignant

16/10/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Bertrand Cantat a fait la Une de l’hebdomadaire Les Inrocks à l’occasion d’un album solo qui sortira cet hiver.

Une couverture qui passe mal auprès des internautes et de nombreuses personnalités politiques. Quatorze ans après le meurtre de l’actrice Marie Trintignant, Bertrand Cantat continue de déchaîner les passions. Nombreux sont ceux qui lui demandent de se taire et de se faire oublier de manière définitive. Il est vrai que l’ancien leader de Noir Désir – qui a frappé à mort sa compagne – se permet encore aujourd’hui de donner des leçons de morale notamment sur l’accueil des migrants en Europe.

Dans sa chronique, La journaliste Catherine Ceylac tacle Bertrand Cantat et tous ses soutiens :

Qu’il vive libre n’est pas un problème. Qu’il vive dans la lumière est indécent.


Retour polémique de Bertrand Cantat

Mise à jour le 23 octobre 2013 à 21h30


Vidéo Europe1 du 22 octobre 2013

Jean-Louis Trintignant à propos de Bertrand… par Europe1fr


23/10/2013 – 12h45
PARIS (NOVOpress) –
Accordant un entretien aux Inrockuptibles, Bertrand Cantat revient sur la mort de Marie Trintignant. Et c’est peu dire que cet entretien crée la polémique.

Franz-Olivier Giesbert du Point estime que l’attitude de Bertrand Cantat est proprement indécente.

Pour certains, le très violent Bertrand Cantat est victime d’une diabolisation sans fin (sic).

Jean-Louis Trintignant reste meurtri par la mort de sa fille Marie, mort due aux coups de Bertrand Cantat.

Bertrand Cantat à nouveau mis en cause dans la mort d’une femme

Bertrand Cantat à nouveau mis en cause dans la mort d'une femme

27/06/2013 – 08h00
PARIS (NOVOpress/Infos Bordeaux) –
Nos confrères de l’Express publient en exclusivité plusieurs pages du dernier livre de Stéphane Bouchet et Frédéric Vézard, intitulé Bertrand Cantat-Marie Trintignant. L’amour à mort.

Si l’ouvrage évoque largement le meurtre de Marie Trintignant en 2003, les lecteurs découvriront également les violences subies de la part du chanteur « engagé » de Noir Désir, par sa femme Krisztina Rady, qui s’est suicidée à Bordeaux le 10 janvier 2010.

Lire la suiteBertrand Cantat à nouveau mis en cause dans la mort d’une femme

Bertrand Cantat à Nantes : entretien avec Michèle Frangeul, féministe [audio]

Bertrand Cantat à Nantes : entretien avec Michèle Frangueul, féministe [audio]

16/09/2011 – 08h30
NANTES (NOVOpress) – Nous vous en parlions récemment sur Novopress : Bertrand Cantat sera à Nantes, où il jouera dans la trilogie Des Femmes, qui rassemble trois pièces de Sophocle (affiche ci-dessus).

Ces pièces antiques traitent notamment de la condition féminine et de la violence envers les femmes. Étonnante apparition pour un personnage qui a été condamné (et qui a purgé sa peine) pour avoir justement tabassé sa compagne jusqu’à la mort.

L’espace Simone de Beauvoir, qui regroupe une cinquantaine d’associations féministes sur Nantes, est monté au créneau afin de dénoncer l’utilisation de ces pièces pour “réhabiliter un homme qui a tué sa compagne”

Michèle Frangeul, président de ce haut lieu du féminisme nantais, a accepté de nous expliquer la raison de la colère de l’association. Nous l’avons également interrogé sur l’état de la condition féminine à l’heure actuelle, sur les menaces qui pèsent sur les femmes et sur la façon dont s’organisent les associations féministes aujourd’hui.

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Nantes : Bertrand Cantat à l’affiche d’un spectacle sur les violences faites aux femmes

14/09/2011 – 17h30
NANTES (NOVOpress Breizh) –
« Le cycle des femmes : 3 histoires de Sophocle », le spectacle de Wadji Mouawad, va être joué au Grand T – la scène du conseil général de Loire-Atlantique – à Nantes du 17 au 25 septembre. Avec à l’affiche Bertrand Cantat, l’ex-chanteur du groupe Noir Désir. Une présence jugée pour le moins inopportune dans un spectacle qui prétend dénoncer la violence faite aux femmes.

Écrivain québécois d’origine libanaise, Wadji Mouawad  a créé ce spectacle au Canada en avril dernier, faisant appel à Bertrand Cantat et Pascal Humbert pour la composition musicale. Il avait également demandé à Bertrand Cantat de tenir un rôle dans le chœur. Une vive polémique s’était développée à cette occasion, reprise en France en juillet lors du festival d’Avignon, Jean-Louis Trintignant annonçant qu’il refuserait de venir jouer au festival si le meurtrier de sa fille s’y trouvait. Ce dernier avait finalement renoncé à sa participation.

Programmation du Grand T
Programmation du Grand T

Cette affaire n’a manifestement pas découragé la directrice du Grand T, ni les élus socialistes et verts du Conseil général. Il est vrai que le frère de Bertrand Cantat, Xavier, est un membre reconnu d’EELV. Mettre en scène Cantat dans un spectacle basé sur trois pièces de Sophocle, trois histoires dans lesquelles la femme conteste la violence des hommes (Antigone, Électre et Les Trachiniennes), il fallait oser. Certains diront qu’il trouve là un rôle sur mesure, qui lui va, si l’on ose dire, comme un gant.

Le spectacle, avec un humour (?) que les féministes apprécieront, est en outre illustré par une affiche (ci-contre) qui représente des femmes défigurées – comme le sont celles qui ont reçu des coups. Choquer à tout prix : tel semble être la volonté de Madame Blondeau qui a pris cette année ses fonctions à la tête du Grant T. Un petit scandale, une bonne polémique, rien de tel pour faire parler de soi. À tout prix. Même à celui de la mémoire de Marie Trintignant.

Célèbre, du temps de Noir Désir, pour ses prises de position en faveur de l’immigration, Bertrand Cantat aura trouvé les limites de son engagement en faveur des droits de l’Homme un soir de juillet 2003, à Vilnius, sur les bords de la Baltique. « Il ne faut pas déshonorer la loi qu’imposent les dieux ». Cette leçon de l’Antigone de Sophocle, Catherine Blondeau, directrice du Grand T, agrégée de lettres modernes et docteur en littérature, serait bien inspirée de la méditer.