Deux soldats des forces spéciales sacrifiés – pour libérer deux touristes avant les européennes, par Olivier Bault

Disons-le tout net : dans nos cœurs, comme dans ceux de beaucoup de Français et, sans doute, de la quasi-totalité des forces spéciales soumises au devoir de réserve, ce n’est pas seulement la tristesse qui prévaut depuis l’annonce de la mort au combat des maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello. Mais aussi une immense colère suscitée par la manière absolument scandaleuse avec laquelle le chef de l’Etat a engagé la vie de nos soldats pour délivrer les deux otages français retenus dans le nord du Bénin. Non justifiée parce que ces gens avaient eux-mêmes choisi de s’offrir des sensations fortes en s’asseyant sur les consignes de sécurité du Quai d’Orsay, et non urgente parce que leurs ravisseurs avaient évidemment pour projet de négocier financièrement leur libération. Cette opération, visiblement montée dans la précipitation pour répondre aux pressions de l’exécutif, avait évidemment pour but non avoué de redorer le blason de Macron et du gouvernement à l’approche des européennes.

En « voyage de noces » dans la Pendjari

Il y avait quand même de quoi fulminer, samedi, devant le spectacle affligeant du président de la République, flanqué de Parly et de Le Driant, accueillant solennellement à la descente d’un avion aux couleurs de la République (donc financé avec nos deniers), comme on l’eût fait pour des héros, ce couple d’enseignants gays qui, pour son « voyage de noces », n’avait rien trouvé de mieux que d’aller faire des selfies avec des animaux dans le parc national de la Pendjari, une zone répertoriée par le Quai d’Orsay comme particulièrement dangereuse et « formellement déconseillée » aux voyageurs depuis le 27 avril. Ce faisant, ces deux individus avaient eux-mêmes mis leurs vies en danger et étaient donc seuls responsables de leur capture par des djihadistes. Cette « inconscience », comme l’a désignée Marine Le Pen, aurait dû à elle seule dissuader le gouvernement d’organiser tout accueil officiel. Mais, plus grave encore, l’imprudence du couple Lassimouillas-Picque venait de coûter la vie à deux de nos commandos ! Aussi, nombreux sont ceux qui, au sein de la classe politique et sur les réseaux sociaux, ont fort justement dénoncé l’attitude inadmissible du gouvernement et rappelé, à l’instar d’Hubert Falco, que « nos seuls compatriotes qui méritent aujourd’hui l’hommage de la nation, ce sont […] nos deux soldats varois morts au combat, pour sauver la vie de touristes inconscients ! »

Pressions permanentes de l’exécutif

Mais, dans cette affaire, le scandale est loin de s’arrêter là. En effet, alors que tout chef d’Etat responsable et soucieux de ne pas engager inconsidérément la vie de ses soldats aurait décidé d’abandonner ces deux otages à leur sort, Macron, voyant là une occasion de gagner quelques points dans les sondages, a, dès les premières heures de l’enlèvement, pris en main ce dossier, exigeant de l’état-major qu’il l’informe très régulièrement de l’évolution de la situation et surtout de la moindre opportunité de tenter une libération par la force. Y compris dans la précipitation et au risque de perdre des personnels… Témoin (entre autres) de cette pression exercée sur les militaires et de cette précipitation, la découverte, lors de l’opération elle-même, des deux autres otages : quand on connaît le très haut degré de professionnalisme des équipes de renseignement du commandement des opérations spéciales, il paraît impensable que la présence des deux autres otages ait pu leur échapper.

Aussi, pour cette manœuvre bassement électoraliste et d’un cynisme extrême qui aura coûté la vie à deux de nos meilleurs soldats, souhaitons que Macron soit rapidement appelé à rendre des comptes devant les Français.

Olivier Bault

Article paru dans Présent daté du 13 mai 2019

Ils osent tout : l’Arabie Saoudite à la tête d’une coalition islamique anti-terroriste

15/12/2015 – MONDE (NOVOpress)
L’un des principaux bailleurs de fonds du fondamentalisme et des mouvements terroristes Islamiques prend la tête d’une … coalition de pays musulmans pour lutter contre le terrorisme. Les indépendantistes corses n’ont qu’à bien se tenir.

L’Arabie saoudite fait partie de la coalition internationale qui, sous la conduite des Etats-Unis, est supposée combattre l’État islamique en Syrie et en Irak. A croire que cela ne suffit pas à blanchir son image de grand financier du fondamentalisme et des mouvements terroristes Islamiques, puisque Ryad a formé une coalition, comprenant 34 pays, notamment l’Égypte, la Turquie et le Pakistan ou encore le Sénégal, destinée à combattre “toute organisation terroriste” par des opérations militaires.
A la question de savoir si la nouvelle coalition va se consacrer à la lutte contre l’EI, le prince Mohamed, fils du souverain saoudien, a souligné qu’elle allait combattre “toute organisation terroriste”. Elle sera dotée d’un centre de commandement basé à Ryad pour “soutenir les opérations militaires dans la lutte contre le terrorisme”, selon les communiqués officiels de Ryad.

F16 saoudiens engagés au Yémen
F16 saoudiens engagés au Yémen

En attendant, cette coalition ne rassemble(1) que du beau linge, la Turquie étant connue pour son soutien financier (par le trafic de pétrole) et logistique (par l’acheminement de matériel et d’hommes via son territoire) à l’État Islamique. Le Pakistan, de son côté, a créé, formé et développé le mouvement taliban…avec les fonds saoudiens et le soutien américain. Si l’Égypte est le berceau des Frères Musulmans, l’une des matrices du fondamentalisme révolutionnaire sunnite, il fait bien avouer que le pouvoir égyptien est le seul parmi les grand pays arabes de cette coalition à souffrir du terrorisme et à le combattre.
Parmi les autres membres de cette intéressante coalition, le Soudan est depuis longtemps un foyer terroriste, de même que la Somalie ou la Palestine. Quant à la Libye, elle est partagée depuis la brillante intervention occidentale entre factions plus extrémistes les unes que les autres, laissant l’État Islamique prendre peu à peu le contrôle du pays.

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Nicéphore Soglo préfère le Mémorial de Nantes à la Galerie des glaces

Nicéphore Soglo préfère le Mémorial de Nantes à la Galerie des glaces

28/03/2012 – 08h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – Le Mémorial de l’abolition de l’esclavage inauguré à Nantes dimanche dernier n’est pas un acte de repentance, mais Nicéphore Soglo, ancien président du Bénin, ne peut retenir une rancœur mal inspirée.

Nicéphore Soglo, maire de Cotonou (photo) et ancien président du Bénin, entretient des liens suivis avec Jean-Marc Ayrault. Il était à Nantes ce week-end pour inaugurer le Mémorial de l’abolition de l’esclavage. Il a tenu des propos (rapportés par Presse Océan) qui dénotent chez cet énarque des connaissances historiques approximatives : « Quand je visite le château de Versailles, je me dis : c’est ici que Colbert produit le Code noir. Quand je marche dans la Galerie des glaces, je pense que le commerce triangulaire a contribué à financer cela. Voilà ce que j’ai en tête à Versailles ! »

Le commerce triangulaire a commencé en France vers 1670, et surtout en 1673 avec la création de la Compagnie du Sénégal. Celle-ci a fait faillite au bout de quelques années sans jamais avoir rapporté d’argent. Jean-Marc Ayrault peut donc en toute bonne conscience rassurer son ami le maire de Cotonou : la construction de la Galerie des glaces datant de 1679-1680, le commerce triangulaire n’a pas financé davantage que la dorure de l’aile d’un angelot. Nicéphore Soglo pourra désormais visiter Versailles sans éprouver de rancœur.

« Sans la traite négrière transatlantique, l’Europe – donc la France – ne se serait pas développée si vite, elle n’aurait pas fait si rapidement sa révolution industrielle », déclare encore Nicéphore Soglo, affirmation plus étonnante de la part d’un économiste, dont les collègues ont souvent relevé, au contraire, les rapports entre révolution industrielle et disparition de l’esclavage. Si l’esclavage favorisait l’industrialisation, le Bénin serait d’ailleurs l’un des premiers bénéficiaires puisque, selon plusieurs ONG, c’est l’un des pays du monde où l’esclavage reste le plus répandu aujourd’hui.

Sous le signe de la repentance et sur fond de vaudou, Jean-Marc Ayrault en voyage au Bénin

Sous le signe de la repentance et sur fond de vaudou, Jean-Marc Ayrault en voyage au Bénin

31/08/2011 10h00
COTONOU (NOVOpress Breizh)
– Invité par le maire de Cotonou et ancien président de la République Nicéphore Dieudonné Soglo, Jean Marc Ayrault a entamé lundi un voyage de cinq jours au Bénin. Destiné officiellement à « renforcer la coopération entre Nantes, la ville de Cotonou et le Bénin », ce séjour est placé sous le signe de la repentance chère à l’oligarque nantais.

Affirmant sur son blog que ce voyage est pour lui « l’occasion de rappeler le rôle croissant de l’Afrique sur la scène internationale et de renforcer la coopération entre Nantes, la ville de Cotonou et le Bénin », le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale a rencontré hier le président de la République du Bénin, Thomas Boni Yayi, « afin d’évoquer avec lui les enjeux actuels de son pays et de l’Afrique subsaharienne (crise énergétique, urbaine et alimentaire). »

La question de l’évolution démographique de l’Afrique a été abordée lors de cet entretien – selon un rapport que vient de publier l’INED, la population africaine devrait en effet quadrupler d’ici la fin du XXIème siècle et passer de 800 millions d’habitants en 2000 à 3,6 milliards en 2100 – ce qui fait dire au maire de Nantes que « de la manière dont l’Afrique se développera dépendra l’avenir du monde. Ne pas voir que nos intérêts sont étroitement mêlés constituerait une faute historique. »

Prise de conscience qui aurait mérité mieux que la conclusion qu’il en tire en se bornant à suggérer que l’on réfléchisse « à la place de l’Afrique dans le G20 » (sic). Une réponse un peu courte en effet pour ce qui apparait probablement, pour l’Europe, comme la question géopolitique majeure du siècle.

Mais l’enjeu principal du voyage de Monsieur Ayrault n’est pas là. Il réside sans conteste, pour cet apôtre de la repentance, dans la question de la traite atlantique – la traite arabo-musulmane, qui fit deux fois plus de victimes, n’étant bien entendu pas d’actualité. Affirmant que « le Bénin fut une des plaques tournantes majeures de la traite atlantique » et que « le pays a accueilli une part importante des expéditions négrières nantaises », il omet toutefois de préciser que les Européens n’allaient pas chercher les esclaves à l’intérieur de l’Afrique : ils les achetaient à des marchands d’esclaves africains.

Sous le signe de la repentance et sur fond de vaudou, Jean-Marc Ayrault en voyage au Bénin
La porte du non-retour

Le maire de Nantes se rendra donc jeudi au mémorial de la « Porte du non-retour » à Ouidah. « Visite qui promet d’être émouvante » précise-t-il, tout en rappelant que « Nantes aussi est pionnière pour la reconnaissance de son passé de 1er port négrier de l’Hexagone: j’inaugurerai le 1er décembre prochain notre Mémorial de l’Abolition de l’esclavage, l’ouvrage le plus important de ce type en Europe. » Un monument qui aura coûté aux contribuables la bagatelle de 6,9 millions d’euros.

Très attaché à une « certaine forme » de laïcité, Jean-Marc Ayrault abordera-t-il cette question avec son hôte ? Avant d’être élu maire de Cotonou, Nicéphore Soglo fut en effet président de la République du Bénin de 1991 à 1996. A ce titre il s’empressa de rétablir le vaudou pour se concilier les pouvoirs traditionnels de ce pays où ce culte reste très implanté, et fit du 10 janvier de chaque année la Journée nationale du vaudou.