Paris, Berlin et Damas soutiennent les Kurdes contre la Turquie

14/10/2019 – INTERNATIONAL (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) :
Après Emmanuel Macron samedi, Angela Merkel a enjoint hier Recep Tayip Erdogan à cesser son offensive sur le Kurdistan syrien. Pour la chancelière allemande, celle-ci risque de créer « une situation humanitaire insoutenable » et « d’aider” l’Etat Islamique à réémerger dans la région ». La France et l’Allemagne suspendent toute vente d’armes « susceptibles d’être utilisées » par Ankara dans le cadre de son opération militaire.

Bashar al-Assad envoie des troupes en soutien aux Kurdes

Malgré des rapports tendus avec la minorité kurde de Syrie, Bashar al-Assad a annoncé hier l’envoi de troupes dans le nord pour « affronter l’agression » turque. Peu après, les Kurdes ont confirmé avoir conclu un accord avec Damas pour un déploiement de l’armée syrienne près de la frontière « en soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS) », une organisation paramilitaire dominée par la milice kurde YPG.

L’offensive turque risque d’avoir des conséquences graves, non seulement pour la Syrie, mais aussi pour l’Europe

En effet, avec son offensive, la Turquie cherche à instaurer une « zone de sécurité » de 32 kilomètres de profondeur pour séparer sa frontière des territoires aux mains du YPG, qu’elle qualifiée de « terroriste » en raison de ses liens avec le parti communiste autonomiste kurde PKK. Or les Kurdes, qui ont profité des troubles dans la région pour instaurer une autonomie de fait en Syrie, détiennent près de 12 000 djihadistes de l’État islamique originaires d’une cinquantaine de pays. Près de 800 proches de ces djihadistes auraient déjà profité de l’offensive pour s’échapper, tandis que 130 000 personnes ont fui l’avance de l’armée turque.

Les Américains recherchent-ils un affrontement militaire avec les Russes en Syrie ?

Source : Europe Solidaire

Après avoir au début du mois paru se féliciter d’un engagement russe en faveur de Bashar al Assad, présenté comme pouvant participer à la coalition contre Daesh, les Américains semblent ces derniers jours avoir pris une position contraire.
Autrement dit, ils dénoncent à grand bruit les aides matérielles apportées par Moscou à Bashar, ainsi que les quelques centaines d’« instructeurs » les accompagnant. Moscou ne nie plus cette aide apportée à Damas, mais se refuse encore à parler d’un engagement de quelque importance de troupes à terre.

Peu importe d’ailleurs. Tout laisse penser que cet engagement russe se fera inévitablement. Voir Bashar renversé par Daesh serait pour Moscou un désastre, tactique, stratégique et politique. Ils seraient durablement évincés de la région. Ce serait d’ailleurs aussi un désastre pour le Moyen-Orient et même l’Europe, de plus en plus soumis aux assauts des djihadistes, contre lesquels Bashar est le dernier rempart.
Or Washington semble avoir compris qu’il avait là une carte à jouer dans la guerre qu’il mène contre les Russes, ouvertement en Ukraine, comme sur bien d’autres théâtres. Laisser les Russes conforter leur présence en Syrie, et corrélativement leur influence auprès de l’Iran et auprès d’autres États arabes, telle l’Arabie saoudite, serait un recul majeur pour les intérêts américains. Il faut donc faire le maximum pour éviter cela.

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