Une nouvelle constitution en Islande ?

Une nouvelle constitution en Islande ?

Photo : Reykjavik.

28/10/2012 – 18h00
REYKJAVIK (NOVOpress via le Kiosque Courtois)
– Les Islandais ont été consultés par référendum en fin de semaine dernière. 60% des votants sont favorables à une nouvelle constitution. Tout comme le Premier ministre social‑démocrate, Johanna Siguhardottir. C’est au parlement islandais, l’Althing, que reviendra la décision de rédiger une nouvelle constitution.

Les questions et les réponses apportées dans ce référendum montrent que les Islandais, secoués par la crise de 2008, ont retrouvé la volonté de participer à leur vie politique. Les sujets abordés traitaient des référendums d’initiative populaire, de la nationalisation des matières premières, de l’Eglise nationale ou encore de la forme du prochain système démocratique.

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Quand Hollande, qui « n’aime pas les riches », confie nos destinées au milliardaire naufrageur de la Grèce

Quand Hollande, qui « n’aime pas les riches », confie nos destinées au milliardaire naufrageur de la Grèce

Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia.

Ainsi en a décidé le président de la République, dans son annonce du 31 août : la Banque publique d’investissement, destinée à financer les PME et les entreprises innovantes, ouvrira ses portes « dans les jours qui viennent ». Indépendamment du fait que le calendrier de cette mise en place ait été quelque peu bousculé, cette décision ne recueille pas l’assentiment de beaucoup, y compris au sein du gouvernement.
Selon Le Nouvel Observateur, des tractations souterraines, entre les ministres Montebourg et Moscovici d’une part et la banque Lazard d’autre part, auraient débouché sur l’attribution à ladite banque d’un mandat de conseil auprès de la BPI, en échange d’une « embauche de la compagne » du ministre du Redressement productif, dans le journal de Matthieu Pigasse, numéro deux de Lazard à Paris (voir Le Monde des 2 et 3/09/2012). On perçoit immédiatement les risques de conflit d’intérêts. Cela étant, il y a donc lieu de pénétrer au sein de cette banque Lazard et nous laissons à Claude Lorne le soin de guider nos lecteurs.
Polémia

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Hervé Juvin : “Propos d’Europe” [vidéo]

Hervé Juvin : “Propos d’Europe” [vidéo]

Faut-il plus d’Europe ? Faut-il aller vers un fédéralisme qui mette en commun les budgets, les impôts et les dépenses ? Faut-il renvoyer chaque nation à ses responsabilités ? Que faire ? C’est la question qui s’impose de plus en plus devant la fuite en avant dont la situation grecque, aujourd’hui encore ; la situation espagnole chaque jour davantage, donne le regrettable exemple. Enregistré le 30/05/2012.

À propos de l’auteur
Hervé JuvinHervé Juvin est écrivain et conférencier. Auteur d’essais sur l’économie, la société et la mondialisation, il est spécialiste de la banque et des marchés financiers. Grand arpenteur du monde, il a publié plusieurs centaines d’articles, notamment dans Le Débat ( Gallimard), L’Expansion, Agir, et préside par ailleurs une société de conseil aux gouvernements, aux institutions et aux entreprises.

[box class=”info”] Source : Realpolitik.tv. [/box]

Le comptoir bancaire, nouvelle église ?

Le comptoir bancaire, nouvelle église ?

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”]    Immense talent de plume, François Brigneau est mort le 9 avril 2012. Il était qualifié de « polémiste d’extrême droite ». C’était surtout un essayiste d’une grande finesse et d’une rare profondeur. En guise d’hommage, Polémia publie l’une de ses tribunes de National Hebdo, datée du 25 juin 1992, en plein débat sur la ratification du Traité de Maastricht : quelques mots sur les péripéties politiciennes et de longues considérations sur le remplacement d’une boulangerie par une banque ; des banques qui se multiplient comme des petits pains… L’anecdote conduit François Brigneau à une réflexion profonde sur l’économie et la société. Ce texte pouvait passer pour nostalgique, sinon ronchon, il y a vingt ans, et il apparaît aujourd’hui comme prémonitoire : à enseigner à Sciences-Po en cours d’économie politique… s’il y en avait encore. Un tel texte, que Polémia a été heureux de redécouvrir pour ses lecteurs, est à déguster et à méditer. Le titre est de la rédaction de Polémia. Le titre original était « Sur le départ d’un boulanger ».
Polémia [/box]

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Sur le départ d’un boulanger

Le comptoir bancaire, nouvelle église ?
La Gerbe d’Or à Lyon, la boulangerie des parents d’Henri Béraud où l’écrivain a passé toute sa jeunesse et dont François Brigneau admirait le talent.

Les vieux habitants du quartier sont tristes. Notre boulanger nous a quittés. Il s’appelait M. Dupuy. C’était un homme dans la force de l’âge, grand, costaud, avenant, habillé de blanc, à l’ancienne. Vers midi, le coup de feu, il venait aider sa femme et ses commises. Il faisait le meilleur pain du coin. Du pain cuit et doré, avec de la mie qui n’était pas de la pâte. C’est rare. Parfois le soir, quand j’étais seul, je dînais d’un quignon et d’un bout de fromage, avec un verre de vin, et même deux. Je me régalais.

Sa pâtisserie, aussi, était courue. Chez nous, pas un repas de famille ou d’amis ne se tenait que nous ne commandions un saint-honoré ou un Paris Brest, larges comme une roue de brouette, chez M. Dupuy. Pour nous, il ne les mettait pas dans les présentoirs réfrigérés. Le gâteau restait tendre, souple, moelleux, avec de la crème, ou de la crème chantilly que le froid n’avait pas durcie. C’était bon comme là-bas, dis ! (Là bas, c’est la Cornouaille de mon enfance…). Même mon chien Corvec faisait la différence. Ça se voyait à sa moustache et à son œil, que la félicité rendait humide.

Depuis longtemps une banque avait offert une petite fortune à M. Dupuy, pour sa boutique, son fournil et ses dépendances. Il refusait. Il aimait son métier et sa clientèle. On le voyait à son accueil, à son sourire, à son aisance professionnelle, cette grâce naturelle des gens de métier qui font bien le leur. Et puis il a appris la nouvelle. Dans la galerie marchande de la grande surface, en face de sa boutique, un dépôt de pain allait s’ouvrir. Alors il a fini par céder. Le dernier jour, il y avait plus de monde encore que d’habitude. On arrivait de partout. M. Dupuy était derrière son comptoir, tout pâle, les larmes aux yeux. Il avait sans doute fait une affaire. Il avait certainement subi une défaite. Il le savait. C’est à peine s’il pouvait parler. Il bredouillait : « Au revoir. Merci. Merci encore. » Ma femme acheta deux baguettes alors qu’une nous suffit. Le lendemain tous les stores étaient fermés. Sur la porte, il y avait une pancarte écrite au feutre bleu : FERMETURE DEFINITIVE. J’ai cru remarquer que les majuscules étaient un peu tremblées.

Faire le commerce de l’argent doit rapporter plus que de cuire du pain. Quand je me suis installé ici, voilà quarante ans, il n’y avait pas une banque dans le quartier. Maintenant, dans un rayon de trois cents mètres autour de la maison, il y en a sept. Je compte : la Banque Hervet, la Banque Nationale de Paris, la Banque Populaire de la Région Ouest, le Crédit Agricole, le Crédit Commercial, le Crédit Lyonnais, la Société Générale, sans parler de la Poste, qui fera bientôt plus d’opérations bancaires qu’elle ne vendra de timbres. Ni de la Caisse d’Epargne qui ouvre ma rue, juste devant le monument aux morts de la bataille de Montretout (18 janvier 1871). Souvent, le dimanche matin, des voitures s’arrêtent à cet endroit.
Malgré l’inscription gravée dans la pierre : « Morts pour la Patrie. Passant, souviens toi ! », ce n’est pas pour honorer la mémoire des pauvres tirailleurs des Ternes, qui ne réussirent pas à hisser leurs pièces de 12 sur le parapet de la redoute et furent tirés, comme des canards d’hiver, par les Prussiens embusqués. C’est pour faire la queue au distributeur à billets de l’Ecureuil.

Un glissement de société

A la place de cet écureuil se tenait un admirable épicier à la mode d’autrefois : M. Tessier. Ce n’était pas un vendeur de saucissons industriels et de paquets sous cellophane. Il choisissait ses mélanges de café, qu’il grillait lui même, sur le trottoir, et l’air embaumait. Tout son magasin avait d’ailleurs une odeur riche de légumes secs, de confitures et de pruneaux, à laquelle se mêlait une autre senteur, plus âcre, celle des morues salées entières, qui pendaient, attachées par la queue, aux solives de la resserre.

M. Tessier se tenait dans sa boutique comme un instituteur de jadis – dont il portait la blouse – dans sa classe. Il connaissait ses clients comme l’autre ses élèves. Il avait avec eux de longs entretiens. Il les conseillait, pour les vins, qu’il allait choisir à la propriété et mettait en bouteilles, protégé d’un long et lourd tablier noir. Car la profession n’allait pas sans le costume.

Il me manifestait une certaine considération parce que je n’aimais que le chocolat amer et m’y connaissais assez bien en sardines à l’huile. Je lui avais procuré des marques qu’il ignorait. Il voulut bien reconnaître leur supériorité. Elles venaient de petites maisons traditionnelles. Pêchées le matin, dans la baie, livrées directement du bateau à l’usine, les sardines étaient mises en boîtes, à la main, par de vieilles ouvrières, avec de l’huile d’olive extra. Rien de comparable aujourd’hui, à quelques rares exceptions. Pour baisser les coûts, les produits sont de seconde qualité. Les vieilles sardinières sont mortes. Le poisson arrive on ne sait d’où, à moitié congelé. Le froid tue autant qu’il conserve ; sinon plus. La sardine surtout, fragile et sensible. Son goût change selon les eaux et les côtes où elle fut pêchée. Quel rapport entre la marocaine, la portugaise et la bretonne ? La royan n’est pas la sablaise, pas plus que la sardine de Quiberon n’est celle de Concarneau. Je répétais à M. Tessier ce que mon père, mes oncles, mon grand père m’avaient enseigné. Il m’écoutait. J’étais flatté de son attention. Parfois, quand je passais, il venait sur le pas de la porte. Avec un geste arrondi du bras, il disait : « Bonjour, M. Brigneau ! » Je l’entendais comme : « Bonjour M. Courbet ! » J’étais le Courbet des sardines à l’huile. Ça crée des liens.

M. Tessier, atteint par l’âge, fut remplacé par un Juif d’Afrique du Nord qui flanquait des tournées soignées à sa femme. C’était tout ce qu’il y avait de soigné dans le personnage. Très vite, il transforma ce conservatoire de l’épicerie en Self service. Après quoi, il s’en alla tenir un garage. C’était une raison supplémentaire de continuer à préférer le vélo à l’automobile.

Durant que les enfants grandissaient et cessaient d’être des enfants pour avoir des enfants à leur tour – ça va vite, vous savez, la vie, et l’on est tout surpris, un jour, de se découvrir vieux sans avoir eu jamais l’impression de vieillir… – nous avons vu ainsi disparaître un poissonnier ; une ferme dont le fermier livrait le lait, à domicile, dans une voiture tirée par un cheval ; un menuisier, un boucher, un cours des halles, un horloger, un bistrot avec billard où j’allais taper la belote et commenter les matchs du Stade français en buvant de la bière belge fabriquée par des moines. Ce n’est pas parce que je suis hostile à Maastricht que je ne suis pas sensible aux petits bonheurs de l’Europe.

A la place, nous avons vu naître ces comptoirs bancaires, un Monoprix et des agences immobilières. Comme il y a des glissements de terrain, il y a eu un glissement de société. La quantité a remplacé la qualité. Nous ne retrouvons plus le goût des fruits, des légumes, des œufs… Quand j’étais gamin, en allant à l’école, je passais devant l’atelier du maréchal ferrant. Merveilleux signe de la Providence, la rue s’appelait rue Vulcain. Je vois l’enclume et le brasier qu’un énorme soufflet à chaînette attisait. Le sabot retenu en arrière, le cheval, sur trois pattes, s’ébrouait. Il y avait le tintement des marteaux sur le fer qui s’arrondissait, l’odeur de corne brûlée, les grosses voix des hommes sur des plaisanteries que je ne comprenais pas. Appuyé sur sa masse comme une canne, bardé de cuir, le maréchal ferrant forgeron me semblait un colosse, un demi dieu de l’antiquité, avec une grosse tête ronde, des cheveux bouclés et des bras musculeux. J’éprouvais une étrange impression de force, de puissance, de mystère aussi, que mes petits enfants ne ressentent certainement pas en regardant, à travers les vitres teintées de la Banque Hervet, des employés en veston cravate pianoter derrière les écrans de télé fric.

Je n’ai pas oublié Maastricht

Je devine votre surprise. Vous deviez vous attendre à de tout autres discours. La semaine a été riche en événements qui prêtaient aux commentaires. Nous avons assisté à une activité fébrile sur l’ensemble des fronts parlementaires. Au Sénat, le sergent Pasqua, qui n’aime rien tant que passer pour une vieille ficelle dans une peau de vache, alors qu’il est essentiellement un gros maladroit, s’est fait blouser comme un bleu. A l’Assemblée, alors que Séguin croyait tenir la victoire, un subtil repli stratégique de Mitterrand, feignant de concéder du terrain à l’opposition, permettait au gouvernement d’avancer et d’atteindre ses objectifs. Il y avait la fête à Million souhaitée par Petit Pons, qui avait retrouvé sa fureur canaque :

Million, fumier, cochon,
Ordure ménagère,
Bon anniversaire,
Nos vœux les plus sincères, etc…

Il y avait l’attitude héroïque du RPR, prêt à mourir pour la patrie dans la tranchée des baïonnettes, puis se défilant sans un mot, car seul le silence est grand. Il y avait la renaissance du MRP, que l’on retrouvait dans les mines obliques des centristes, prêts comme avant, prêts comme toujours à trahir la droite pour sortir les socialos de l’impasse. Les sujets ne manquaient pas. Il est curieux que la disparition d’un boulanger m’ait entraîné loin d’eux, alors que l’actualité est torride. Mais regardez bien… J’y suis en plein, dans l’actualité, et pour être précis, dans l’actualité politique.

Quand l’ouverture d’un dépôt de pain industriel, aseptisé et sous cellophane, provoque la fermeture d’une bonne boulangerie traditionnelle, et que cette disparition permet à une nouvelle banque de s’installer ; quand cette banque est la huitième qui pousse dans ce quartier modeste, après onze ans d’un pouvoir socialiste sans partage, ce « petit fait vrai » ne relève pas de l’anecdote. Il traduit, il révèle une réalité politique. Il est l’humble manifestation locale d’une gigantesque opération politique et internationale, préméditée et conduite avec continuité, quelle que soit la couleur du régime apparent, le nom et les visages des gouvernants en place.

Par la destruction de la paysannerie, de l’artisanat, du commerce d’initiatives privées, de la France rurale et de ses quatre piliers : la famille, le métier, l’épargne, la propriété, cette opération tend à soumettre les peuples, écrasés par le crédit et la télévision, à la dictature masquée de l’Usure légale et de l’Argent abstrait.

Jadis, en arrivant de mer, lorsque le petit havre breton se dessinait au fond du golfe, ce qui dominait les maisons et les digues, c’était le clocher. Aujourd’hui, c’est un fronton tout neuf, généralement hideux de forme, qui écrase les toits d’ardoises. Il appartient au Crédit Agricole ou à quelque établissement similaire. C’est la Banque, la nouvelle église, le nouveau temple, où les Grands Prêtres appellent les fidèles au culte de l’Argent imaginaire. Des pièces d’or ou d’argent, de bronze ou de nickel, on est passé aux billets, puis aux chèques, puis aux cartes magnétiques, symboles de l’argent fumée, de la richesse anonyme et vagabonde. L’argent va, vient, circule, se vend, s’achète sans qu’on ne le voie plus jamais. Ce que l’on voit, c’est la Banque. Pendant un siècle on a opposé le Capital et le Travail. C’était un leurre. La vraie puissance, colossale, multiforme, tentaculaire et apatride : c’est la Banque.

Ma boulangerie remplacée par une banque raconte une histoire édifiante à l’échelle du fait divers. Maastricht raconte la même histoire, mais sur écran géant. Maastricht, c’est d’abord l’histoire d’une banque. D’une super banque aspirante et foulante, mais aspirant chez vous et refoulant ailleurs, une immense machine à succion, posée au dessus des nations et des peuples. Il faut l’imposer, de toute urgence, au forcing, voire au forceps, tantôt aux électeurs, tantôt à leurs élus, peu importe, pourvu que ça passe. Cette super banque aura une super monnaie : une monnaie unique. Les super citoyens, disposant de la citoyenneté européenne supérieure à leur citoyenneté d’origine, puisque celle ci ne vaudra plus rien, auront le privilège de se servir de cette super monnaie unique, pour payer un super impôt supplémentaire. Mais attention… Pas un impôt comme les autres. Un impôt exaltant. Un impôt européen.

Les citoyens de Maastricht jouiront d’un autre privilège. Ils pourront franchir les frontières sans passeport. Ils n’auront besoin que d’une carte d’identité européenne, en nylon plastifié, imprimée au laser, indéformable, indéchirable, le triomphe de la technique, et qui ne leur coûtera qu’à peine trois fois le prix du vieux passeport de papa. Quand on pense que sous l’abominable Ancien Régime, quand les Droits de l’Homme et du Citoyen n’existaient pas, on circulait partout en Europe sans papiers, avec des écus dans la poche qui étaient partout acceptés, chacun mesure le progrès.

Enfin, à l’aube d’un réjouissant avenir, ne boudons pas notre plaisir. La seule ombre au tableau, c’est qu’on ne voit pas pourquoi l’on continuerait à franchir les frontières. Ici et là, chez nous, ailleurs, tout sera identique ; uniforme. Les champs, les rues, les maisons, les visages, les cœurs… Ça commence déjà.

Partout ce seront les mêmes dépôts de pain industriel, qui vendront les mêmes baguettes molles et fades, qui ont le goût de l’aspirine. Nulle part on ne trouvera le pain français des villes, couleur de soleil, dont la croûte craquait sous la dent ; ou le pain français des campagnes, bronzé et fariné, où le père coupait des tranches larges comme sa main que l’on enduisait de saindoux. Quel délice !

Je me demande ce que va faire M. Dupuy. Il ne pourra plus ouvrir une boulangerie à son goût. Il sera obligé de placer son argent en monnaie unique à la banque qui l’a délogé. Après quoi tout ira bien. Il ne le verra plus. Il n’en entendra plus parler. Pauvre de lui. Pauvres de nous.

Francois Brigneau
National Hebdo
25/06/1992

 

Epilogue : le 13 avril 2012 François Brigneau fut porté en terre au cimetière de Saint-Cloud, lors d’une cérémonie émouvante. J’imagine que, de l’au-delà, François Brigneau a dû sourire à la vue de ces deux employés de la grande banque qui suivaient son cercueil : car Abel Mestre du Monde, propriété de la banque Lazard, et Christophe Forcari, de Libération, propriété de la banque Rothschild, étaient présents. Certes, ces deux journalistes n’étaient pas venus pour rendre hommage à l’un de leurs plus éminents confrères mais pour établir la liste des nombreux (près de 300) participants aux obsèques du vieux lion diabolisé. Dans son article Abel Mestre ne parla toutefois que d’ « une cinquantaine » de présents. Comme quoi, on peut être employé d’une banque (d’affaires) et ne pas savoir compter…

Jean-Yves Le Gallou

[box class=”info”] Source : Polémia. [/box]

L’Union européenne prépare un plan bancaire européen

L’Union européenne prépare un plan bancaire européen

07/06/2012 — 16h30
BRUXELLES (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) — Cela ressemble à un retour à la case départ. En 2008, après la crise des subprimes, ces crédits sous excellents, les Etats avaient dû refinancer les banques. Ils l’avaient fait soit en leur prêtant de l’argent, soit en entrant à leur capital. Quatre ans plus tard, alors que les Etats peinent à se financer eux mêmes, certaines banques risquent de devoir être recapitalisées.

C’est pourquoi l’Espagne essaye d’obtenir des sources de financement européennes, venant par exemple de l’actuel Fonds européen de stabilité financière ou du futur mécanisme européen de stabilité. Mais sans réussite jusqu’à présent, car l’Allemagne s’en tient à une interprétation stricte des textes. Les instruments financiers européens ne sont pas là pour sauver des entreprises en difficulté : si l’Espagne veut recapitaliser ses banques, elle doit le faire elle même ; mais, pour trouver l’argent nécessaire, elle est libre de faire appel au FESF ou au FMI…

La Commission européenne travaille sur d’autres pistes, pour créer un système bancaire européen, capable de mutualiser ses risques sans les Etats

Le commissaire européen Michel Barnier estime que la solution de long terme aux problèmes des banques, c’est que le système bancaire s’autoassure et que les banques puissent être mises sous la tutelle d’une autorité nationale en cas de risque de faillite. Le tout dans un cadre européen, qui réduirait la sensibilité des banques aux difficultés financières de leurs pays. En quelque sorte, la Commission veut renforcer la solidarité financière entre banques européennes, au moment même où la zone euro pourrait se disloquer et où des banques nationales seront plus que jamais nécessaires. Voilà encore un projet qui risque fort de buter sur le principe de réalité.

Crédit photo : Florian K./Wilipédia sous licence CC

Hollande : la Finance n’est plus mon Adversaire et à un Visage [vidéo]

Hollande : La Finance n'est plus mon Adversaire et à des visages

François Hollande a choisi Emmanuel Macron comme secrétaire général adjoint de l’Elysée plus particulièrement chargé de l’économie. M. Macron a pour parrain Jacques Attali (il fut membre de sa commission sur la croissance). Depuis des mois, il partageait son temps entre la Banque Rothschild, dont il a été nommé associé-gérant en 2011, et la préparation de l’alternance.

Arnaud Montebourg, lui aussi grand pourfendeur de la finance, a fait le choix de Stéphane Israël pour diriger son cabinet. Il fut la plume de Laurent Fabius, et vient de la banque Rothschild.

Dans la vidéo le journaliste n’a pas cité le “conseiller spécial” choisi par M. Montebourg au ministère : Christophe Bejach, membre du directoire de la compagnie financière Saint Honoré, banque du groupe Edmond de Rothschild.

Emission du 29 mai.

Crédit Agricole/Emporiki : en parlera-t-on dans les assemblées générales ?

Crédit Agricole/Emporiki : en parlera-t-on dans les assemblées générales ?

Souvent les petits paysans – en particulier ceux qui travaillent dans le secteur bio – se plaignent de ne pouvoir obtenir des prêts auprès du Crédit Agricole. La banque verte possède en effet une solide réputation : préférer les « gros » ; en particulier les éleveurs porcins, l’agroalimentaire et les promoteurs immobiliers. Autant dire que le Crédit Agricole n’a plus de mutualiste que le nom.

Au fur et à mesure que la maison grossissait, ses dirigeants ont voulu jouer dans la cour des grands – comme la BNP. D’où l’achat, par exemple, de banques étrangères. Ce fut le cas, en 2006, de la banque grecque Emporiki, aujourd’hui la cinquième banque du pays. Coût de l’opération : 2,2 milliards d’euros.

Avec l’effondrement du système financier grec, Emporiki, aujourd’hui, ne vaut plus rien. A tel point que le Crédit Agricole a ramené à zéro sa valeur dans ses comptes. Dorénavant, l’essentiel des risques réside dans les liquidités apportées par la maison mère à sa filiale. Soit 4,6 milliards d’euros à fin mars 2012. En juin 2011, le Crédit Agricole avait à faire face à une exposition à hauteur de 10 milliards d’euros avec sa filiale.

Notons également qu’Emporiki bénéficie du financement exceptionnel de la BCE pour 1,2 milliards d’euros. On ne peut pas dire que les choses s’arrangent puisque la filiale grecque a encore pesé pour 940 millions d’euros au premier trimestre 2012 sur les comptes du groupe.

Il y a fort à parier que ce dossier qui devrait intéresser au plus haut point les sociétaires du Crédit Agricole sera escamoté lors des prochaines assemblées générales des caisses locales. On passera vite aux choses sérieuses, c’est-à-dire au volet tourisme et voyage…

Dans le secteur mutualiste, la souveraineté s’exerce lors des assemblées générales. En réalité ce ne sont que des chambres d’enregistrement. Privilège du mutualisme : la technostructure qui dirige ces établissements ne rend de compte à personne. C’est confortable.

Paul Le Guern

Crédit photo : RSNY, via Flickr, licence CC.

Article paru sur Novopress Breizh.

Presse : le grand naufrage des « autorités morales »

Presse : le grand naufrage des « autorités morales »

[box] Article reproduit avec l’aimable autorisation de la fondation Polémia. [/box]

[box class=”info”] A verser au dossier déjà copieux de la réinformation, l’essai Ils ont acheté la presse, document accablant sur la dérive financière et surtout intellectuelle de journaux dont les directeurs et éditorialistes ne manquent pourtant jamais de s’ériger en « autorités morales ».
Polémia. [/box]

Du « J’accuse » au « J’achète »

« Au final, l’essentiel de la presse d’opposition est passée au fil des ans, sans l’assumer, du rôle de porte-parole des descendants historiques du “J’accuse !” à chambre d’écho des partisans du “J’achète !” En deux mots, la presse de gauche s’est vendue. Au pouvoir étatique d’une part et à des financiers politisés d’autre part, c’est-à-dire finalement aux mêmes, dans la durée. Mais elle n’a pas seulement abdiqué son idéal à cette occasion. Elle a […] voulu présenter ces évolutions comme un succès de sa profession, une garantie d’indépendance, oubliant un peu vite que c’étaient justement les financiers qui venaient de mettre le monde au bord du gouffre ».

La fête aux « dealers d’opinion »

Presse : le grand naufrage des « autorités morales »Décidément, c’est la fête aux « dealers d’opinion » ! Après La Tyrannie médiatique* en 2008, Les Editocrates** en 2009, Les Médias en servitude*** début 2012 et on en oublie sans doute, c’est Benjamin Dormann qui, dans Ils ont acheté la presse****, sonne la charge contre les journaux vendus à un grand capital dont un bon peuple les croit pourtant les plus farouches adversaires.

A travers trois cas emblématiques, ceux du Monde, du Nouvel Observateur et de Libération, l’auteur étudie dans les moindres détails et chiffres à l’appui la déchéance de ces organes. Menacés de naufrage malgré les aides constantes — et considérables : jusqu’à 60 % du chiffre d’affaires selon le rapport Cardoso — prodiguées par les gouvernements successifs, y compris et surtout ceux auxquels ils étaient les plus hostiles selon l’adage Oignez vilain, il vous poindra —, ils ont fini par confier leurs destinées aux barons de la Haute Banque et aux hérauts du super capitalisme le plus cynique.

Les banques Rothschild et Lazard à la tête de « Libération » et du « Monde »

Relatant le 16 avril l’inhumation du grand polémiste, et ancien vice-président du Front national, François Brigneau, le Bulletin de réinformation, diffusé le 16 avril par Radio Courtoisie, pouvait ainsi ironiser : « Les journalistes d’extrême gauche Abel Mestre du Monde et Christophe Forcari de Libération hantaient les allées du cimetière. Il s’agissait, pour ces professionnels sycophantes de vérifier si Jean-Marie Le Pen était là. Car la présence du vieux chef aurait pu fournir l’occasion d’une petite campagne de diabolisation contre sa fille, Marine… De l’au-delà, François Brigneau a dû sourire de cette comédie humaine. Voir deux salariés de la banque Lazard, propriétaire du Monde, et de la banque Rothschild, propriétaire de Libération, obligés de suivre son cercueil, quel succès posthume ! »

On ne saurait mieux résumer l’ambiguïté, voire l’imposture, de ces quotidiens s’efforçant de soutenir leur réputation d’anticonformisme et de défenseurs de l’humanité souffrante alors qu’ils sont en réalités les serviteurs de la finance et des intérêts mondialistes comme on l’a vu encore tout récemment lors de la crise libyenne.

Ces grands pacifistes ont en effet soutenu à grands cris, sous prétexte de défense des droits de l’homme, l’intervention de l’OTAN, bras armé du lobby pétrolier international. Une intervention qui risque de provoquer la « somalisation » de la Libye et a déjà provoqué un indescriptible chaos au Mali où la communauté internationale fait face à « un péril d’une extrême gravité » comme l’a reconnu le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.

Presse de gauche et mépris du peuple

Mais comment en sont-ils arrivés là ? Pour Benjamin Dormann, ancien journaliste économique, si la presse de gauche a connu une telle hémorragie de lecteurs que les faillites s’y sont succédé — on rappellera celles du Populaire, du Matin de Claude Perdriel, de L’Evénement du jeudi oudu Globe de Pierre Bergé — c’est en raison de son mépris pour le peuple dont elle se prétend l’interprète mais ne relaie jamais les véritables aspirations. Le credo de Globe, exprimé dès le premier numéro par Bernard-Henri Lévy ne constituait-il pas d’ailleurs une véritable déclaration de guerre au peuple français puisque BHL écrivait sans détours : « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux ? »

La « French Kahnnextion »…),

Cette presse a aussi été victime : de ses choix politiques d’abord ainsi qu’en témoigne son admiration hystérique pour le millionnaire cosmopolite Strauss-Kahn (qu’elle tenta par tous les moyens de sauver après sa mésaventure du Sofitel de New York, jusqu’à nier l’évidence avant de rejeter sans gloire le directeur du FMI après que preuve eut été apportée de ses stupres… dont toute la médiaklatura était informée depuis des années) ; mais aussi de son asservissement à la publicité qui « symbolise l’aliénation au système de consommation qu’elle [la presse de gauche] aimerait pouvoir dénoncer »… sans jamais oser le faire.

Emaillé de portraits féroces (ceux de Denis Olivennes, le grand homme du Nouvel Obs’, ou de Matthieu Pigasse, patron de Lazard et nouveau maître du Monde après avoir organisé le rachat de Libération par le banquier Edouard de Rothschild, citoyen israélien depuis août 2010, valent le déplacement), émaillé d’heureuses formules : « La soupe aux sous », la « French Kahnnextion »… Ils ont acheté la presse est à lire par tous ceux qu’intéresse et surtout inquiète la folle dérive médiatique. En sept chapitres et 340 pages avec index, cette étude vient heureusement compléter les publications de la Fondation Polémia.

Florent DUNOIS.

* Disponible au prix de 10 € (15 € franco) à Polémia, 60 ter rue Jean-Jacques Rousseau, 92500 Rueil-Malmaison

** Par M. Chollet, O. Cyran, S. Fontenelle et M. Reymond. Ed. La Découverte/Pocket, octobre 2009, 196 pages, 12,50€. Voir http://www.polemia.com/search.php

*** Par Claude Lorne. Disponible gratuitement sur Internet : http://www.polemia.com/pdf_v2/media-servitudes.pdf ou au prix de 10 € (15 € franco) à Polémia, adresse ci-dessus.

**** Ed. Jean Picollec, 47 rue Auguste Lançon, 75013 Paris. 23 € ou 28 € franco.

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[Novopress éco] Wall Street a-t-elle trouvé la pierre philosophale financière ?

Wall Street a-t-elle trouvé la pierre philosophale financière ?

10/04/2012 – 14h00
PARIS (NOVOpress) —
D’après un récent sondage IFOP, deux tiers des Français estiment que l’or est une valeur sûre. Le placement de « bon père de famille » par excellence, avec l’immobilier. Dans ce cas pourquoi le spéculateur Georges Soros (dont on peut penser ce que l’on veut mais qui a du flair pour les bonnes opportunités) a-t-il récemment déclaré : « L’or est la bulle ultime » ? Associer une valeur sûre, l’or, à une bulle spéculative pourrait sembler contradictoire au premier abord.

Les financiers ressemblent à des nuées de sauterelles qui dévastent méthodiquement des cultures. Quand ils ont fini quelque part, après avoir provoqué une crise au passage, ils se déplacent vers des territoires encore inexploités. D’abord les matières premières agricoles (2007), les subprimes et les CDS (2008), les dettes souveraines (2011). Depuis 2011, la spéculation bat son plein sur les métaux précieux.

La banque JP Morgan (déjà à l’origine des très toxiques subprimes et CDS) s’est lancée en premier dans la bataille. Jouer sur le cours des métaux ne sert à rien, si on n’en possède pas. En février 2011, le marché interbancaire est sinistré, les banques ne se prêtent plus entre elles. JP Morgan décide donc d’accepter l’or dans les transactions swaps. Wall Street lui emboite le pas. Dans ce type de transaction, les clients vont être autorisés à donner de l’or en nantissements de prêts à court terme (alors que seules les obligations souveraines était précédemment acceptées).

Jusque là on peut se dire que Wall Street joue au « bon père de famille » en garantissant sur de l’or les produits financiers, une manière comme une autre d’assurer ses arrières.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : de l’or s’est mis à affluer massivement dans la bulle financière.

De quel or s’agit-il ?

Même des spéculateurs comme Georges Soros commencent à se poser des questions. Ils ont en effet constaté qu’il était extrêmement difficile, voire impossible de se faire livrer l’or physique. Quand ils y parviennent enfin on leur livre des faux lingots bourrés au tungstène ou de l’or pur à seulement 75 % alors que le contrat stipulait 99 %.

Il faut en effet savoir que la majorité de l’or censé être en circulation ne s’échange pas sous forme physique. Par exemple pour un particulier, à moins d’avoir lui-même mis un lingot dans le coffre, l’or que la banque lui a vendu est une simple ligne de compte, il n’est pas réellement dans la banque. Les investisseurs et les États utilisent quant à eux des ETC (Exchange Trade Commodities), des certificats qui sont en principe garantis sur des réserves physiques, que les banques commerciales sont censées posséder.

Wall Street a-t-elle trouvé la pierre philosophale financière ?
A Wall Street, ceci est de l'or. Crédit photo : FeatheredTar via Flickr (cc)
Les ETC ne sont pas de l’or mais de l’or-papier. Un premier scandale avait failli éclater dès 2008 sur le marché des contrats à court terme, le Comex. Des spéculateurs suspicieux avaient voulu réclamer qu’on leur livre leur or tous en même temps. On les a grassement rétribués pour mettre un terme à la fronde qui commençait à gronder. Un contrat à court-terme fixe une chose (dans ce cas, l’or), une quantité, un prix et une échéance. À l’échéance vous pouvez soit vous faire livrer votre or soit prendre le contrat suivant, ce que choisissent de faire les spéculateurs en général. Comme l’or physique est rarement réclamé, il y a beaucoup plus d’or-papier en circulation que d’or réel. Le prix de l’or est donc fixé sur du papier, la valeur étant totalement déconnectée des réserves réelles.

Dans les 1980-2000 les banques centrales ont pris l’habitude de louer leurs stocks d’or à des banques commerciales (il n’y a pas de petits profits). Certains commencent donc à se demander si cet or sur lequel sont censés être garantis les ETC ne proviendrait pas de ce stock d’or loué. Les banques centrales, elles aussi, sont d’une très grande opacité sur leurs réserves réelles, ce qui alimente la suspicion. Aux États-Unis par exemple, cela fait des années que Ron Paul réclame l’audit du stock d’or de la Fed, qui refuse catégoriquement de faire la transparence sur ses réserves.

Une chose est sure en revanche, d’après certains audit récents, il manquerait des dizaines de milliards d’or physique dans le système pour pouvoir garantir l’or-papier en circulation sur les marchés financiers. Et cela ne va pas s’arranger, vu que tout le monde se rue sur les ETC.

Les financiers viennent donc d’inventer la pierre philosophale du XXIème siècle : ils transforment sans scrupules dans le chaudron de Wall Street le papier en or.

Spoutnik, pour Novopress

Photo en une : crédit covilha (cc) via Flickr

Faillite pour Groupama ?

Faillite pour Groupama ?

10/12/2011 – 10h00
PARIS (NOVOpress) –
La révélation vient du journal La Tribune : le premier assureur des collectivités, Groupama, est en faillite. La Caisse des Dépôts vient en effet d’envoyer un chèque de plusieurs millions d’euros pour lui permettre de tenir jusqu’à la fin de l’année.

“Une opération d’urgence permet à l’assureur d’affronter la fin d’année. Mais cela ne résoudra pas, loin s’en faut, ses problèmes de fond. Son amaigrissement, voire son démantèlement, ne sont toujours pas écartés”, indique La Tribune en rendant compte du fait que l’Etat vient donc de venir en aide à la compagnie.

La marge de solvabilité est tombée sous les 100% requis par les autorités prudentielles, alors qu’elle était estimée à 150% il y a un an.

Selon des sources proches du dossier, l’ensemble des actifs de Groupama serait susceptibles d’être vendu, ce sauvetage par l’Etat ne suffisant sans doute pas.

La question est maintenant de savoir qui pourra ou voudra acheter ces actifs, au vu de la situation guère plus enviable des autres assureurs frappés par la crise des dettes souveraines et par la faiblesse des marchés financiers.

Reste à savoir si les particuliers prudents vont retirer leurs placements dès à présent ou pas.

Goldman Sachs : le putsch du désespoir

Goldman Sachs : le putsch du désespoir

Article reproduit avec l’aimable autorisation de la fondation Polémia.

[box class=”info”] Le feuilleton chaotique de la crise poursuit son cours. Chaque jour un élément nouveau, contradictoire, imprécis, alarmiste, rassurant… est offert aux pauvres peuples européens, qui n’y comprennent plus rien, dirigés qu’ils sont par des eurocrates aux pouvoirs sans limites et aux décisions qui renient même la démocratie – l’épisode le plus spectaculaire étant celui du référendum grec.
Polémia a reçu de son correspondant régulier italien une communication intéressante par l’originalité, mais non moins probable, de l’argument développé (cette tribune a été amputée de quelques phrases en début et en fin du texte, sans incidence sur la compréhension du contenu. Le texte intégral en italien peut être lu sur le site Effedieffe.com ).

Polémia [/box]

(…)

Mario Monti, oui, il a étudié à Yale. Il a été commissaire européen pendant dix ans, tout d’abord au Marché interne et aux droits de douane, c’est-à-dire à leur suppression. Il a été coopté membre du Bilderberg et de la Commission Trilatérale. En 2005, il devient superconseiller international chez Goldman Sachs. Aujourd’hui, nommé sénateur à vie par le président italien Giorgio Napolitano, le communiste préféré des Américains, il accède aux fonctions de chef du gouvernement. Même s’il n’a pas, en soutien, les votes du parlement, il restera au gouvernement pour l’année et demie à venir.

Mario Draghi est titulaire d’un doctorat d’économie du MIT, Massachusetts Institute of Technology. Comme fonctionnaire du Trésor, il a été chargé des privatisations italiennes, qu’il avait déjà organisées sur le yacht Britannia avec les banques anglaises, en secret, il y a un an. Depuis, mission accomplie, il a siégé dans nombre de conseils d’administration de diverses banques. De 2002 à 2006 il a été vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs. Fort de ce conflit d’intérêts, il a été nommé gouverneur de la Banque centrale européenne, la BCE.

Loukas Papademos, nouveau premier ministre grec, est, lui aussi, diplômé du MIT. Il a enseigné à la Columbia University de New York, puis il a été conseiller de la Réserve fédérale de Boston (l’une des 13 banques qui constituent la FED). De 1994 à 2002 il a été gouverneur de la Banque centrale grecque : fauteuil qu’il occupait quand la Grèce s’est qualifiée pour entrer dans l’euro, grâce à des truquages comptables et à de faux conseils donnés par Goldman Sachs. Il a été vice-président de la BCE. Aujourd’hui il est premier ministre élu au parlement par les deux principaux partis grecs.

Au gouvernail de la crise européenne, il y a donc trois Américains, formés dans deux des plus prestigieuses universités américaines dont ils ont assimilé l’idéologie enseignée. Membres de la superclasse mondialiste, tous les trois sont fortement liés à Goldman Sachs.

Pourquoi est-ce une bonne nouvelle ?

Parce que maintenant Goldman Sachs va gouverner, avec ses délégués largement honorés, directement à visage découvert et en s’exposant personnellement. Habituellement, ces messieurs de l’oligarchie préfèrent gouverner dans les coulisses, en mettant en avant certains de leurs hommes stipendiés et serviles, politiques rodés aux jeux de la démocratie. Ce triple coup d’Etat est probablement une manœuvre obligée, et un signe de désespoir.

Comment cela ? Parce que Goldman doit s’assurer que l’Italie et la Grèce ne feront pas banqueroute et ne répudieront pas la dette. Les banques américaines ne les laisseront pas faire faillite et utiliseront tous les moyens pour l’empêcher, pour une raison bien précise.

A peine le système bancaire américain s’était-il réjoui d’être peu exposé aux titres souverains européens (15 milliards), qu’il s’est rendu compte qu’avec les CDS (Credit Default Swaps), c’était une autre histoire. Les banques USA ont assuré des quantités importantes de la dette européenne – on dit qu’il s’agit d’au moins 250 milliards – en émettant et en vendant des quantités industrielles de CDS, produits dérivés qui prétendent fonctionner comme des assurances contre le risque de défaillance. Naturellement, c’est de la comédie, parce que ni Goldman Sachs ni les autres banques de fortune n’ont constitué des réserves correspondant à la moindre fraction du montant nécessaire pour payer les assurés, au cas où un pays souverain ne parviendrait plus à s’acquitter de sa dette. S’il advenait vraiment une défaillance, les banques de la galaxie américaine, à commencer par Goldman Sachs, imploseraient comme des supernovae (1), en donnant comme résultat des trous noirs qui attireraient dans leurs remous chaque réalité économique existante, si elle était basée sur le crédit.

Les émetteurs de CDS américains ont réussi, d’un cheveu, à ne pas mettre à exécution les prétendues polices d’assurance souscrites par la Grèce, même si cette dernière s’est rendue coupable d’une défaillance partielle, dite restructuration. Les titulaires de BOT [ Build-Operate-Transfer] grecs ont dû accepter un effacement de la dette de 50%. Mais, étant donné qu’il s’agit de banques européennes et que la perte des prêteurs a été définie comme volontaire, les émetteurs ont décidé de ne pas rembourser le sinistre. C’est ce qu’a décidé le ISDA, (l’International Swaps and Derivatives Association), qui est l’organe formé par les mêmes émetteurs de CDS, évidemment en leur faveur.

C’est cet organisme bancaire privé qui a décrété rétrospectivement – post factum, cette règle dont personne ne savait rien – que lorsque les banques créditrices acceptent volontairement une amputation de leurs crédits, les CDS qui ont été achetés ne remboursent rien. Le trucage a réussi, de telle sorte que Goldman Sachs et compagnie n’ont pas été obligés de payer.

Mais la réussite a été au delà, dans le sens où tous les détenteurs internationaux de titres italiens, qui s’étaient couverts contre le risque avec des CDS américains, ont découvert que ces assurances – pour lesquelles ils ont payé un petit paquet de millions – n’assurent rien.

C’est là, au moins en partie, la vraie raison pour laquelle les marchés ont commencé à se séparer des titres de la dette italienne (en les bradant) ou à réclamer un intérêt dramatiquement plus élevé pour les acheter : une augmentation prévisible pour un risque de défaillance dont on sait qu’il n’est plus couvert par les CDS. Les marchés de la dette ont été tous secoués, et le spread (2) sur la dette française a également augmenté, et toujours pour la même raison : les détenteurs croyaient avoir quelque protection en ayant acheté les CDS, et ils ont découvert qu’ils ne l’avaient pas.

Certains analystes anglais et américains se sont étonnés de cette poussée imprévue de méfiance sur l’Italie, un pays – ont-ils écrit, comme par exemple Evans-Pritchard du Telegraph le 9/11/2011 – « qui aura une primaire active en 2013 » (éloge posthume et involontaire à Tremonti), une richesse de familles supérieure à celle de l’Allemagne et une dette privée bien moindre que la moyenne des Européens. Comment se fait-il qu’un pays qui a des fondamentaux aussi bons puisse être considéré comme insolvable ? (Europe pushes Italy into the abyss)

Le fait est que la tempête sur l’euro s’est transformée en cyclone.

Les taux d’intérêt que l’Italie doit supporter sont devenus véritablement insoutenables, proches de la banqueroute, pour le troisième débiteur mondial et la troisième économie de l’UE. Du point de vue de Goldman Sachs (et de ses affiliés américains), il faut absolument empêcher que l’Italie ne fasse faillite ; s’il en est autrement, les banksters américains devront honorer l’engagement pris, en vendant leurs CDS, c’est à dire, en quelque sorte, en remboursant le sinistre, avec leurs propres deniers, qui n’offrent même pas la disponibilité nécéssaire, et de loin.

Combien ?

Personne ne le sait exactement, vu que 85% du marché des dérivés se fait over-the-counter (c’est-à-dire en dehors des marchés boursiers) sur accords au cas par cas entre client et assureur, par conséquent sans laisser de trace comptable à la vue des régulateurs (qui dorment). Il existe en outre une quantité non définie de CDS nus (naked), c’est-à-dire vendus à des gens qui ne possèdent pas les titres d’assureur : ces non-possesseurs, eux aussi, devront rembourser si l’Italie fait faillite.

Au jugé, on peut dire seulement ceci : que notre défaillance vaporiserait instantanément les capitaux des banques d’affaires américaines, et même plusieurs fois leurs capitaux et provoquerait l’implosion complète du système bancaire supranational – qui est le véritable insolvable dans cette affaire. Ce n’est pas par hasard si Warren Buffett a qualifié les dérivés d’ « armes de destruction massive ».

C’est la raison pour laquelle Goldman Sachs ne permettra pas à l’Italie de faire faillite ou de restructurer la dette : il en va de sa vie. C’est pourquoi il a mis directement des hommes à lui au gouvernail des points névralgiques européens qui comptent.

On en a vu la conséquence tout de suite : à peine avait-on appris le nom de Monti comme administrateur délégué d’Italie que les marchés ont fait descendre le spread sur les titres italiens. En réalité, il s’agissait d’un ami de Mario Draghi qui a fait acheter par la BCE des fournées de titres italiens pour faire voir que les marchés ont tellement confiance en Monti.

La Grèce est maintenant sous administration contrôlée de Goldman-Papademos, pour la même raison : une banqueroute involontaire contraindrait les banques américaines trafiquantes de CDS à payer.

Soyons-en certains : Monti ne se limitera pas à imposer des impôts financiers et patrimoniaux et des privatisations. La situation est tellement dangereuse pour Goldman qu’il devra aussi chercher à jouer sur la croissance du pays, parce que sans une croissance du PIB – les banquiers le savent très bien – le service de la dette ne peut pas être soutenu. Ils ont intérêt à nous étayer. Ils le feront avec toutes les thérapies qu’ils connaissent, eux… Qui sont erronées (*)

D’où la vraie grande bonne nouvelle. La plus tragique : Monti – et la douzaine d’experts européens et du Fonds monétaire qui sont venus à Rome pour contrôler, les vrais ministres de son ministère – ne réussira pas à redresser notre situation, et Draghi et Papademos ne réussiront pas non plus. La défaillance est inéluctable.

C’est une simple question de mathématique. Il existe un rapport entre la croissance du PIB et les intérêts sur la dette publique. L’Italie ne peut pas payer 7% d’intérêts sur une dette de 1,900 milliard, sans une croissance, disons, de 3% par an. Cette croissance qui tient du miracle économique, il est impossible de l’atteindre : surtout avec la récession qui menace l’Europe tout entière, qui se remarque par le ralentissement des exportations allemandes.

Mais le facteur le plus dangereux est désormais le risque systémique. Le système financier lui-même l’a cultivé et l’a fait augmenter, en se lançant dans une interconnexion si enchevêtrée, si opaque et si enchaînée que personne ne comprend plus où ni comment elle finira. Il suffit de se rappeler que les banques italiennes et grecques sont pleines de BOT nationaux : traditionnellement, c’était là un facteur de stabilité financière, et une contribution importante de l’épargne nationale au financement de la dette ; aujourd’hui, c’est devenu une menace supplémentaire, qui impose aux Etats déjà extra-endettés de soutenir leurs banques devenues insolvables par la baisse de la valeur de leurs actifs.

Et ce n’est là que la partie visible de l‘iceberg: il faut ajouter le shadow banking, le système souterrain dans lequel des entités non réglementées, situées dans des paradis fiscaux, émettent des produits dérivés dont la description nécessite des volumes entiers de formules mathématiques, et dont le but allégué est de gérer les risques des titres publics et privés sous-jacents. Le plus beau, dans ces produits, c’est que, selon leurs inventeurs, ils permettaient d’augmenter les performances en diminuant le risque. Or c’est le contraire qui s’est passé : les dites entités augmentent le risque, parce qu’elles ont transféré les risques à un nombre limité de grands acteurs qui dominent le marché – et qui par conséquent concentrent tous les risques.

Petits exemples : la Slovénie, sans la moindre faute, a été frappée de plein fouet par la crise de l’Italie et sa dette publique ne trouve pas d’acheteurs si ce n’est à des prix prohibitifs. La Hongrie s’attend à une aggravation du rating de sa dette, à laquelle succédera une dévaluation de la monnaie nationale, ce qui produira une augmentation du coût de son endettement, avec en plus, un autre engagement aux banques européennes qui en Hongrie ont trop prêté. Unicredit et les banques autrichiennes sont en première ligne du risque hongrois et peuvent s’effondrer d’un seul coup. Pour les banques françaises, surchargées de titres des PIIGS (3), nous savons déjà ce qu’il en est. Les banques allemandes ne se portent pas mieux, au contraire moins bien. Et toutes les banques européennes opèrent avec un levier de 26 à 1 (pour chaque euro, elles en ont 26 en prêt), bien plus élevé que les banques américaines.

Les délégués de Goldman Sachs Europe sont donc toujours en retard d’un mouvement (comme l’est aussi l’UE).

Ils se démènent autour de la Grèce et de l’Italie, mais désormais c’est l’Europe dans son ensemble qui est dans la ligne de mire des marchés.

Un jour, si nous avons un avenir, les historiens se demanderont comment on a pu en arriver à l’implosion quand le remède pour la conjurer était si évident : interdire purement et simplement les paris sur les fluctuations des prix en prohibant l’usage de produits dérivés sans couverture. Ou bien, l’autre remède : l’effacement, au moins partielle mais substantielle, de la dette désormais inestimable (qui aurait aussi l’avantage de ne pas obliger Goldman Sachs à honorer ses CDS, en ce que la remise est volontaire).

Mais non ! Nos patrons actuels ne voient pas et ne veulent pas de ces remèdes. Ils veulent prélever à jamais leur péage sur les peuples, jusqu’à les rendre exsangues. Dans la recherche du profit monétaire comme fin ultime, dans l’avidité démesurée du prendre sans jamais donner (typique des usuriers,), ils se sont mis dans la situation du risque systémique prévue par la théorie du chaos : le vol d’un papillon à Budapest qui provoque un tremblement de terre en Chine.

C’est exactement ce qui adviendra, dans un battement d’aile ils seront vaporisés, et nous aussi, nos épargnes, nos monnaies, nos vies. Nous survivrons comme après une guerre atomique.

(…)

Maurizio Blondet
Effedieffe.com.
14/11/2011

Titre original : « Goldman Sachs: il putsch della disperazione » (texte intégral sur le site)

Traduction de l’italien pour Polémia : YS

Notes de la rédaction :

(1) De tous les phénomènes célestes, c’est le plus violent. En quelques secondes, une étoile explose, projetant dans l’espace une partie de sa matière à des vitesses prodigieuses (Source Wikipédia)
(2) Le spread de crédit ou spread vient du mot anglais qui veut dire écart désigne l’écart de taux actuariel entre une obligation émise par une entreprise, une collectivité territoriale ou un organisme et un emprunt d’Etat théorique qui aurait les mêmes flux financiers. (Source : Wikipédia)
(3) Désigne cinq pays de l’Union européenne : Portugal, Italie, Islande Grèce et Espagne (« Spain », en anglais). Ces pays ont eu une activité économique en dents de scie pendant quelques années au début du xxie siècle, étaient vus comme manquant de discipline fiscale et avaient régulièrement un important déficit commercial, ce qui menait à des questionnements relatifs à la stabilité de l’euro. De plus, ils ont régulièrement un taux de chômage élevé (Source : Wikipédia).

Note de l’auteur :

(*) Je cite ici le lecteur Oriundo06, qui connaît personnellement Mario Monti :« En tant que personne, il est correct : il n’a pas la mentalité de la caste, il n’est pas hautain, il est aussi sensible socialement (à moins qu’il n’ait changé de costume depuis), humainement on peut considérer qu’il est conscient de l’existence de qui n’est pas privilégié. Mais c’est tout. Il vit comme tant d’autres “techniciens” dans la tour d’ivoire de leurs compétences “scientifiques”, enveloppés d’un jargon d’une inauthenticité sociale effroyable (…). C’est un monétariste “pur”, ce qui veut dire – pour les non initiés – une personne qui pense par abstractions, à travers une doctrine économique théorique dont les paradigmes doivent “forcer” la réalité à s’intégrer. Tout le reste est négligeable : avant tout les choix stratégiques d’un petit pays comme l’Italie, dont les intérêts peuvent ne pas être “cohérents” avec nos “amis” obligés. »

En somme, Monti est incapable (comme Draghi) de l’exercice mental aujourd’hui le plus urgent : la critique du système financier qu’ils sont appelés à défendre, pour pouvoir le réformer. Penser en dehors des règles de l’orthodoxie monétariste est impossible à ce genre d’homme, il a été sélectionné précisément pour cela. Ces gens-là croient que l’Economie consiste en des équations mathématiques (qui remplissent les livres de description des produits dérivés) et ils ignorent l’Economie comme histoire, comme politique, comme chair du travailleur, unique et véritable producteur de richesse non volée et de dignité non conférée par les médias.

Voir aussi :

Draghi, Papadimos, Monti : le putsch de Goldman Sachs sur l’Europe
Référendum grec : Les marchés et les oligarques n’aiment pas la démocratie

Les intertitres sont de la rédaction

[box class=”info”] Source :  Polémia – 19/11/2011. [/box]

Photo : la tour Goldman Sachs à Jersey City, Etats-Unis . Crédit : luismontanez, licence CC.

Kiosque Courtois du samedi 19/11/2011 – L’actualité de la semaine en écrit

Radio Courtoisie - Kiosque Courtois - Logo

[box class=info]Le samedi, une sélection des principaux sujets de la semaine des biens connus “Bulletins de Réinformation” de Radio Courtoisie. Ce Kiosque est présenté cette semaine par Cécile Lorrain, Marc Rocher et Françoise Monestier.

Novopress a publié dès samedi matin, en différé, l’audio de ce Kiosque Courtois dans la fenêtre “Radio Courtoisie : le bulletin de réinfo” de sa colonne de droite. Pour ceux qui préfèrent lire qu’écouter, en voici le contenu sous forme de texte enrichi d’images.[/box]

FRANCE

Le torchon brûle entre le PS et les Verts

Après des semaines d’âpres négociations, Martine Aubry et Cécile Duflot, accouchaient d’un accord. Au forceps… Le soir même,  il était validé par le Bureau national du PS, mais dans une ambiance pour le moins « électrique ». Avec comme première pomme de discorde, le nucléaire : le problème du MOX et la centrale EPR de Flamanville.

Kiosque Courtois du samedi 19/11/2011 – L’actualité de la semaine en écrit Mais c’est surtout le volet électoraliste qui sème la zizanie entre les deux camps. La place réservée aux Verts, une soixantaine de circonscriptions dont une trentaine gagnables, fait tousser un certain nombre de caciques socialistes. A Paris et en  banlieue, l’appartenance ethnique de quatre « évincés » : Serge Blisko, Tony Dreyfus, Danièle Hoffman‑Rispal et Daniel Goldberg, fait hurler certains à l’antisémitisme… Sans doute, une malheureuse coïncidence, mais d’autant plus fâcheuse que Martine Aubry, première secrétaire du PS, est aux petits soins pour son électorat musulman lillois. Le maire de Paris (photo) dénonce un « tripatouillage » et redoute surtout  la volonté de Cécile Duflot  de se lancer à la Conquête de Paris en 2014, alors que le maire de Paris a déjà clairement adoubé sa première adjointe Anne Hidalgo pour lui succéder. Ambiance…

Philippe Bilger tire sa révérence 

Kiosque Courtois du samedi 19/11/2011 – L’actualité de la semaine en écrit C’est une lourde perte pour la magistrature. Avocat général hors hiérarchie depuis 1999, maintenu depuis 2009 comme substitut général, Philippe Bilger (photo) quitte ses fonctions. Il a toujours été passionnément libre et a su résister aux pressions politiques ou syndicales. Attaché à la liberté d’expression, Philippe Bilger s’est opposé aux lois Gayssot liberticides. Chaud partisan de Nicolas Sarkozy en 2007, il reconnaîtra dans le journal Le Monde « Je me suis totalement trompé sur  le personnage, cette inaptitude à être président l’accable. Sur le plan de l’Etat de droit, Nicolas Sarkozy est devenu une sorte de Caligula au petit pied ».

Kiosque Courtois du samedi 19/11/2011 – L’actualité de la semaine en écrit Epidémie de plagiat : Rama Yade touchée

Après Jacques Attali, PPDA ou Joseph Macé‑Scaron,  Rama Yadé rejoint le peloton des accusés de plagiat. Jean‑Michel Muglioni, vice‑président de la Société Française de Philosophie, estime que les passages du livre de l’ancienne protégée de Sarkozy sur l’éducation reprennent largement ses travaux et demande le retrait de ce  livre-plagiat. Pour se défendre, Rama Yadé plaide l’erreur et promet de réparer dans une prochaine édition. Air connu…

Une députée UMP propose de rendre gratuite la pilule pour les mineures

Kiosque Courtois du samedi 19/11/2011 – L’actualité de la semaine en écrit Bérengère Poletti, députée UMP, veut déposer un projet de loi destiné à permettre aux mineures de se rendre chez un gynécologue, un généraliste ou une sage‑femme, pour se voir délivrer une contraception. Le tout gratuitement à l’heure de l’austérité générale et surtout,  quand on sait que la pilule a des conséquences désastreuses sur la santé des femmes, leur stérilité et le risque de développer un cancer.

Les produits locaux plébiscités par les Français

Selon une étude près de 50 % des Français achètent ou consomment régulièrement des produits alimentaires fabriqués localement. Face aux dérives de l’industrie agro alimentaire, les Français se tournent vers la consommation de produits locaux, préférant mettre le prix pour bien se nourrir. Le locavorisme (=le fait de consommer préférentiellement des produits locaux) constitue donc une alternative identitaire permettant aux consommateurs de se démarquer de la moyenne et grande distribution.

Nouveau scandale sanitaire en vue ?

Les médias du système rapportent que le laboratoire français Genopharm aurait volontairement commercialisé un anticancéreux périmé, le Thiotepan. Une accusation formulée par le laboratoire allemand Riemser, qui jouait le rôle de fournisseur de la matière première de ce médicament et va porter plaine contre  Alkopharma, je cite : « pour faux et usage de faux, tromperie et falsification ». Le médicament se trouvait encore sur le marché début 2011, alors que sa date d’utilisation arrivait à expiration en mars 2009. Les lots incriminés ont été retirés. Histoire sans paroles

Le « réseau yougoslave » : une escroquerie à la Sécurité sociale devant la cour d’appel de Paris

Kiosque Courtois du samedi 19/11/2011 – L’actualité de la semaine en écrit La cour d’appel de Paris a décortiqué les rouages de l’escroquerie à la Sécurité sociale estimée à deux millions d’euros, dite du « réseau yougoslave », grâce à laquelle plusieurs dizaines de patients ont perçu des indemnités indues grâce à des arrêts de travail injustifiés. Les bénéficiaires, malades ou pas, se présentaient au cabinet d’un médecin comme venant de la part d’un certain Selimir Ivanovic. Pour le prix d’une consultation, ils repartaient avec des arrêts maladie qui étaient ensuite envoyés aux Caisses primaires d’assurance maladie de Paris et de départements limitrophes, accompagnés de faux bulletins de salaires.

La France convoque l’ambassadeur israélien  après un raid sur Gaza

Au début de la semaine , un bombardement de l’aviation israélienne sur Gaza a frappé le domicile du consul de France. Ce dernier a été blessé, ainsi que sa fille de 13 ans. L’attaque a également provoqué une fausse couche de sa femme, enceinte de deux mois. L’ambassadeur israélien a été convoqué au Ministère des Affaires étrangères. Il lui a été rappelé la nécessité, je cite : « de prévenir toute atteinte aux civils de même qu’à la présence française à Gaza ». Cet incident diplomatique survient alors que l’Etat hébreu a annoncé la reprise de la colonisation en Cisjordanie et intensifie ses raids sur Gaza, après l’admission de la Palestine à l’UNESCO.

Les personnes issues de l’immigration tournées vers les médias communautaires

Le cabinet Solis publie les résultats d’une enquête sur les médias privilégiés par les  ressortissants d’Algérie, du Maroc et de Tunisie vivant en France. Les résultats sont instructifs : plus de  72 % des personnes interrogées avaient regardé une chaîne en langue arabe ou berbère au cours  de la semaine précédant le questionnaire. Côté radio, même tonalité : pendant la même période, 46 % des sondés avaient écouté une radio communautaire comme Beur FM  ou Skyrock, spécialisée dans la diffusion de titres de rap.

MONDE

Goldman Sachs fait un putsch en Europe

La crise des dettes souveraines aidant, les changements  s’accélèrent à la tête des gouvernements européens. En l’espace de quinze jours, trois proches de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs ont accédé à des fonctions stratégiques. L’italien Mario Draghi a succédé au Français Trichet à la tête de la Banque Centrale Européenne. Président de la Banque d’Italie depuis 2006, il avait exercé les fonctions de vice‑président de Goldman Sachs. Ensuite, Lukas Papademos a succédé à Papandréou au poste de premier ministre grec. Il avait exercé ses talents à la tête de la Banque de Grèce quand  le pays s’est « qualifié » pour l’euro, grâce à des comptes falsifiés par… Goldman Sachs. Enfin, Mario Monti (photo), ancien commissaire européen a été nommé président du Conseil italien et a constitué un gouvernement de banquiers et de financiers. Depuis 2005, il était conseiller international de Goldman Sachs.

Goldman Sachs gouverne donc l’Europe ? Depuis des années, la banque d’affaires place  ses pions aux plus hautes fonctions, comme celle de secrétaire du Trésor aux Etats‑Unis. Goldman Sachs s’est pourtant tristement illustrée en convainquant les Etats de « récupérer » les dettes pourries des emprunts hypothécaires américains ou en jouant le rôle de pompier pyromane, spéculant sur la faillite de ses clients russes en 1998.

Nucléaire iranien : l’opinion publique manipulée

Le rapport de Yukiya Amano, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique est remis en question. Pour Roland Pape, spécialiste du Moyen‑Orient et des questions de sécurité, je cite : « Les Etats‑Unis et ses alliés gardent le silence au sujet de l’arsenal nucléaire secret du régime israélien, le seul au Moyen‑Orient, alors qu’ils s’accordent sur la campagne de sanctions contre l’Iran bien qu’ils n’aient pas de preuves réelles. Une telle attitude, combinée à des menaces d’action militaire, n’a pas d’autre but que d’isoler l’Iran ». Fin de citation.

De son côté, le Mossad prépare le terrain à l’intervention militaire d’Israël en Iran. Selon le magazine Time, les services secrets israéliens auraient orchestré  la récente explosion du dépôt de munitions de la base des Gardiens de la révolution qui a fait dix‑sept morts. Le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak s’est félicité de l’explosion du dépôt de munitions allant même jusqu’à souhaiter qu’il y en ait d’autres

Et la question iranienne divise les européens. Berlin refuse d’envisager une opération militaire contre l’Iran contrairement au  Royaume-Uni et à la France qui semble s’aligner  sur les positions belliqueuses de Washington et Jérusalem.

Les institutions bancaires veulent faire payer au gouvernement hongrois ses mesures pour désendetter les ménages

La semaine dernière, les agences de notation Standard and Poor’s et Fitch ont placé la note souveraine de la Hongrie (trois B-) « sous surveillance négative (…) à cause de la hausse des risques qui affectent la crédibilité financière » du pays « comme la dégradation de l’environnement économique et financier extérieur ».

Kiosque Courtois du samedi 19/11/2011 – L’actualité de la semaine en écrit Les banques veulent donc faire un exemple ? Les institutions bancaires et les agences de notation n’ont pas digéré les mesures économiques prises, il y a quelques mois par le Premier ministre conservateur Viktor Orban (photo), entre autres l’imposition des banques hongrois, et la mise en place de taxes extraordinaires sur les sociétés d’énergie, de distribution et de télécoms. Surtout, les banquiers  condamnent la récente décision de Budapest permettant à la population endettée en devises étrangères (franc suisse ou euro) de rembourser ses emprunts à un taux préférentiel. Une mesure aussitôt critiquée  par la Banque centrale européenne (BCE), qui l’avait qualifiée de « dangereuse ». Evidemment, les conséquences de la décision des agences ont été immédiates. La devise hongroise, le florint, est tombée à son plus bas niveau depuis deux ans et demi face à l’euro.

Plus de 20.000 Serbes du Kosovo ont demandé la citoyenneté russe

La pétition des Serbes à l’initiative du président de l’association « Vieille Servie » a été envoyée au ministère russe des Affaires étrangères. Ces  Serbes du Kosovo considèrent que l’Etat actuel, qui a unilatéralement proclamé son indépendance en 2008 avec la bénédiction de Washington et de certains pays européens, ne les protège pas contre les persécutions perpétrées par les Albanais. Ils ont été visiblement entendus de leurs frères orthodoxes russes qui vont envoyer des dizaines de tonnes d’aide  humanitaire. Avant, espérons le, leur départ en terre orthodoxe russe, la Russie ayant étudié favorablement leurs demandes de citoyenneté.

Benetton retire la publicité qui  fâche

Pour sa nouvelle campagne publicitaire, le groupe italien a publié une série de photomontages montrant les grands de ce monde en train de s’embrasser sur les lèvres. L’un d’eux représentait le pape Benoît XVI embrassant l’imam égyptien Ahmed el Tayyeb. Cette image avait  provoqué l’indignation des instances catholiques et du Vatican, qui dénonçait, je cite : « une provocation inacceptable ». La firme de mode a tenté dans un premier temps de se justifier en parlant de  « provocation constructive ». Mais, face aux protestations grandissantes des catholiques italiens, avec le risque de voir baisser son chiffre d’affaires, Benetton a finalement préféré retirer le montage controversé.

Hausse record de la dette américaine

Selon le département du Trésor, la dette américaine vient de franchir le cap des 15.000 milliards de dollars, ce qui représente 99 % du PIB américain. Depuis 2008 les Etats‑Unis accumulent 1.000 milliards de dettes supplémentaires tous les sept mois et demi en moyenne. Une dérive violemment dénoncée par l’opposition républicaine qui accuse le président Barack Obama de ruiner le pays. De son côté, le FMI estime que la dette publique des Etats‑Unis atteindrait 100 % du PIB à la fin de l’année et 115 % en 2016.

Transition raciale au Brésil

Les Blancs ne sont plus désormais majoritaires au Brésil. Selon des résultats du recensement de 2010 publiés hier par l’Institut brésilien de la géographie et des statistiques, les Blancs représentent 47,7 % de la population. Ils étaient 53,7 % au recensement de 2000, soit une baisse de six points en dix ans. Ces chiffres sont à rapprocher des résultats préliminaires du recensement de 2010 aux Etats-Unis. Pour la première fois, les bébés blancs sont minoritaires dans les naissances. Un phénomène qui devrait toucher  la France dans une trentaine d’années. De quoi réjouir l’élite politique qui travaille à transformer la France en un Brésil hexagonal.

Kiosque Courtois du samedi 19/11/2011 – L’actualité de la semaine en écrit

Un banquier italien brise le tabou de la culture du risque excessif pris par les banques

Un banquier italien brise le tabou de la culture du risque excessif pris par les banques

17/11/11 – 16h00
LONDRES (NOVOpress) –
Jonathan Sugarman (image ci-dessus) est un banquier qui travaillait jusqu’à sa démission à la tête de la gestion du risque au bureau irlandais d’UniCredit, une des plus grandes banques italiennes.

Un banquier italien brise le tabou de la culture du risque excessif pris par les banques Dans une interview récemment accordée à Emma Alberici (photo ci-contre), -journaliste au programme “Foreign Correspondent” de l’Australian Broadcasting Corporation (ABC, Société australienne de radiodiffusion)-, Jonathan Sugarman dénonce la culture du risque excessif imposée par les responsables des grandes banques internationales et surtout les entraves à la loi répétées, faites dans un climat de paradis fiscaux et de largesses réglementaires.

D’après la loi, les banques doivent veiller à avoir en réserve des liquidités et actifs équivalents à 90% du passif de la banque. La moindre descente sous ce chiffre, constatée par les financiers gestionnaires du risque, entraîne la création d’un rapport transmis à l’Autorité de supervision bancaire chargé de contrôler les banques.

A son arrivée au bureau irlandais d’UniCredit, Jonathan Sugarman constate que sa banque est couverte uniquement à hauteur de 70%, soit 20 fois moins que ce qui est autorisé. En tant que responsable du risque , il s’expose donc à des poursuites pénales lourdes (5 années d’emprisonnement). Il décide d’en référer à son supérieur qui lui demande de ne pas s’inquiéter et de continuer. Il donnera sa démission suite à cet entretien et contactera néanmoins l’Autorité de supervision bancaire afin qu’elle se penche sur le cas de la banque.

Le constat est sans appel : alors que l’écart de couverture tolérée est de 1% en dessous des 90% du passif de la banque, UniCredit se situe à 40% en dessous de ce passif et fonctionne donc à court de liquidités. Mais loin de placer la banque sous tutelle, l’Autorité de supervision bancaire conseille de laisser les choses se faire.

Douze mois plus tard le système bancaire irlandais se retrouvait à genou et cinq banques réclamaient un plan de sauvetage de 50 milliards d’euros pour ne pas fermer.

La banque centrale irlandaise a déclaré au sujet de cette affaire qu’elle en était encore à étudier les accusations portées par Jonathan Sugarman contre son agence de régulation. Pendant ce temps là, UniCredit a perdu 15 milliards de dollars au 3ème trimestre de cette année et la crise bancaire bat son plein en Irlande et dans toute l’Europe, provoquée par des spéculateurs qui jouent avec un argent devenu totalement virtuel.

Ci-dessous, le reportage d’Emma Alberici de l’Australian Broadcasting Corporation.

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Draghi, Papadimos, Monti : le putsch de Goldman Sachs sur l’Europe

La tour Goldman Sachs à New York (cc) Spoon Monkey

[box class=”info”]Éditorial de Polémia pour le mois de Novembre 2011[/box]
Mario Draghi est le nouveau patron de la Banque centrale européenne (BCE). Loukas Papadimos vient d’être désigné comme premier ministre grec. Mario Monti est pressenti comme président du conseil italien. Ce sont trois financiers formés aux Etats-Unis, dont deux anciens responsables de la sulfureuse banque Goldman Sachs. Est-il bien raisonnable de recruter les incendiaires comme pompiers ? Explications.

Mon premier s’appelle Mario Draghi. Il est diplômé d’économie du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été chargé des privatisations italiennes de 1993 à 2001. Il est devenu gouverneur de la Banque d’Italie en 2006. De 1993 à 2006, il a siégé dans divers conseils d’administration de banques. De 2002 à 2006 il a été vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs, la sulfureuse banque d’affaires américaine. Il vient d’être nommé président de la Banque centrale européenne (BCE).

Mon second s’appelle Loukas Papadimos. Lui aussi est diplômé du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été professeur à l’Université américaine de Columbia avant de devenir conseiller économique de la Banque de réserve fédérale de Boston. De 1994 à 2002, il a été gouverneur de la Banque de Grèce : poste qu’il occupait quand la Grèce s’est « qualifiée » pour l’euro, grâce à des comptes falsifiés par Goldman Sachs. Puis, il a été vice-président de la Banque centrale européenne (BCE). Il vient d’être nommé, sur pression de l’Union européenne et du G20, premier ministre de Grèce avec le soutien des deux partis dominants.

Mon troisième s’appelle Mario Monti. Il est diplôme de l’Université de Yale. Il a étudié le comportement des banques en régime de monopole. Puis il a été durant dix ans commissaire européen, de 1994 à 2004. D’abord « au marché intérieur et aux droits de douane » (ou plutôt à leur suppression) puis à la concurrence. Membre de la Trilatérale et du groupe de Bilderberg – selon Wikipédia – il a été nommé conseiller international de Goldman Sachs en 2005. Il vient d’être nommé sénateur à vie et l’Union européenne et le G20 tendent de l’imposer comme président du conseil italien.

Mon tout c’est trois financiers européens (?), trois hommes de la superclasse mondiale, formés dans les universités américaines et étroitement liés à Goldman Sachs.

« Government Sachs » : aux commandes de l’Europe ?

La banque Goldman Sachs est surnommée aux États-Unis « government Sachs » tant elle est influente sur le gouvernement américain. Le secrétaire au Trésor de Clinton, Robert Rubin, qui procéda à la dérégulation financière, venait de Goldman Sachs. Tout comme le secrétaire au Trésor de Bush, Hank Paulson, qui transféra aux États les dettes pourries des banques, lors de la crise financière. L’actuel président de Goldman Sachs, Llyod Blankfein, aime à dire qu’il « fait le métier de dieu ». En fait, Goldman Sachs est au cœur de la prédation financière et elle est impliquée dans de nombreux scandales financiers : celui des « subprimes », celui de la tromperie de ses clients (à qui elle recommandait d’acheter des produits financiers sur lesquels elle spéculait à la baisse), celui du maquillage des comptes grecs.

Ce sont les hommes de Goldman Sachs qui sont aujourd’hui poussés aux commandes. Par quels moyens ? Et pour quelles fins ? Faire prendre en charge par les peuples les fautes des banques ? Faire sauver l’Amérique par les Européens ?

Dans six mois – et sauf imprévu – les Français vont élire un nouveau président de la République : il serait prudent de leur part de demander aux trois principaux candidats (en l’état, François Hollande, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy) de s’engager à ne pas se faire imposer comme premier ministre un… ancien de chez Goldman Sachs.

Polémia

Voir aussi :

Photo en Une : La tour Goldman Sachs à New York (cc) Spoon Monkey via Flickr

[Kiosque étranger] S’acheter un (petit) château en Espagne

[Kiosque étranger] S'acheter un (petit) château en Espagne

31/10/2011 – 11h00
MADRID (NOVOpress) — La crise financière en Espagne ne résulte pas de l’endettement de l’état mais plutôt d’une gigantesque bulle immobilière qui a eu pour résultat que le pays compte des dizaines de milliers d’appartements ou de villas qui sont désormais la propriété des banques. Pour se renflouer, les établissements bancaires ne rêvent que d’une seule chose : s’en débarrasser à vil prix.

Le journal libéral La Gaceta a repéré un site spécialisé qui a listé les propositions les plus intéressantes. Par exemple, un petit chalet mitoyen (image) de deux chambres à coucher situé sur l’île de Las Palmas, dans les Canaries, peut être acheté pour seulement 61 500 euros. De quoi vous donner des idées de voyage.

Pour satisfaire tous ceux qui ont des envies de s’acheter un (petit) château en Espagne.

Crédit photo : capture d’écran du site idealista.com, portail immobilier.

Le gouvernement américain réprime la fronde anti-Wall Street

Le gouvernement américain réprime la fronde anti-Wall Street

27/10/2011 – 19h00
OAKLAND (NOVOpress) –
Le gouvernement américain tente par tous les moyens de réprimer la fronde anti-Wall Street qui se développe dans le pays.

Ainsi, la police américaine a dispersé avec violence mardi soir une manifestation anti-Wall Street à Oakland. Les forces américaines n’ont pas hésité à utiliser des balles en caoutchouc (photo) et à jouer de leur matraque pour disperser le rassemblement.

D’ailleurs, un ancien combattant d’Irak, Scott Olsen, a été grièvement blessé et a été admis en urgence dans un état critique. Dans un communiqué, l’association des “Anciens combattants d’Irak contre la guerre” (Iraq Veterans Against the War) a affirmé qu’il souffrait d’une fracture du crâne, après avoir été touché par un projectile de la police. Selon un ami de l’ancien combattant, la victime avait participé aux manifestations d’Oakland parce “qu’il trouvait que les grandes entreprises et les banques avaient trop d’influence sur le gouvernement”.
Au total, plus de 85 personnes ont été arrêtées.

Rappelons que depuis le 17 septembre, des militants sont installés dans le quartier financier de Wall Street à New York pour dénoncer les excès du monde de la finance et les inégalités croissantes.

[box] Photo : Manifestation à Oakland 25 octobre 2011. Crédit : TheBlackHour.com. Licence CC. [/box]

Le retour de l’Histoire [tribune libre]

Le retour de l’Histoire [tribune libre]

[box class=”info”] Une chronique lumineuse, simple à comprendre pour le profane en économie, publiée par Agora, et signée Bill BONNER ; oui c’est bien le remplacement de l’étalon or par l’étalon dollar effectué en 1971 sous l’exclusive responsabilité du pouvoir des USA qui a généré les désordres de plus en plus importants qui mènent le système financier international de la crise systémique à la ruine.
Philippe Millau

Crédit photo : Swiss Banker. Domaine public.[/box]

L’être humain présente deux aspects, selon les Grecs anciens. Il y a “l’appétit” — l’esprit rationnel cherchant comment obtenir ce qu’il souhaite. Et il y a “l’esprit” — qui s’occupe de choses intangibles comme l’honneur, le statut, la religion et ainsi de suite.

C’est peut-être l’appétit qui construit la richesse… mais c’est l’esprit qui nourrit les révolutions. Les gens ont un sens inné de ce qui est bon ou pas… de ce qui est juste et injuste. Lorsqu’ils se sentent floués, ils font la révolution.

La presse explique comment les riches sont devenus plus riches aux Etats-Unis. Dans le Washington Post :

“Entre 1973 et 1985, comme le démontrait en 2009 Simon Johnson, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international, les banques américaines ne gagnaient jamais plus de 16% sur l’ensemble des profits des entreprises nationales. Au milieu des années 2000, ce chiffre était passé à 41%. Il en est allé de même pour les salaires : durant plus de trois décennies, de 1948 à 1982, les niveaux de salaire dans la finance atteignaient en moyenne entre 99 et 108% de la moyenne du secteur privé. En 2007, ils étaient à 181%”.

Mais pourquoi ? Comment ?

“A cause de l’avidité des banquiers”, répondent à la fois les indignés et la presse. Attendez une minute. Les banquiers étaient tout aussi avides lorsqu’ils représentaient 10% des profits des entreprises. Les banquiers sont toujours avides — comme tout le monde.

Ce n’est pas l’avidité financière qui a fait basculer le monde en faveur des riches. Non : ce sont les autorités.

Le système monétaire post-1971 basé sur le dollar a permis une explosion du crédit — ce qui a naturellement profité directement au secteur du crédit, et indirectement à l’ensemble de l’investoriat détenant des actifs financiers. Aux dépens des classes basses et moyennes. En d’autres termes, l’expansion de crédit causée par un régime monétaire flexible et extensible a mis le feu à l’économie toute entière. Les classes moyennes et plus pauvres se sont lourdement endettées pour acheter des choses.

Les “riches” — du moins ceux qui possédaient des actions et des obligations — sont devenus plus riches, à mesure que les dépenses de consommation illuminaient le monde économique, en particulier le secteur financier lui-même. Les profits de ce secteur ne représentaient que 10% environ du total des profits à Wall Street en 1970. Lorsque la bulle du crédit a éclaté en 2007, ils étaient passés à 40%.

Les salaires pour le travailleur moyen ont stagné pendant 40 ans. Mais les salaires à Wall Street ont grimpé en flèche. En 1970, le salaire moyen dans le secteur financier était à peu près égal à ceux de postes équivalents dans le reste de l’économie. Une fois le 21e siècle arrivé, les salaires de Wall Street étaient presque deux fois plus élevés.

Ceux qui se plaignent des dirigeants “avides” et des riches sont à côté de la plaque. Les gens — riches ou pauvres — sont tous avides. Mais ils n’ont pas toujours un système monétaire qui encourage la dette et favorise les investisseurs aux dépens des travailleurs. Ce système monétaire a été créé en 1971 par l’administration Nixon, qui ne savait probablement pas ce qu’elle faisait… et a ensuite été perfectionné par les présidents de la Fed qui lui ont succédé.

▪ En plus de creuser le fossé entre les riches et les pauvres, le système monétaire non-appuyé à l’or a eu une autre conséquence notable. Il a sapé la capacité des travailleurs à faire concurrence dans le monde moderne. Il y est parvenu en faisant passer une part de plus en plus grande de la production vers les marchés émergents.

Durant l’ère pré-1971, les pays devaient solder leur balance commerciale. C’est-à-dire que lorsqu’un pays vendait plus à son voisin qu’il n’y dépensait, le pays en surplus terminait avec un excès de devises de son voisin. La facture était réglée en transférant de l’or — la devise réserve à l’époque — du pays en déficit vers le pays en surplus.

Ce transfert d’or avait un effet effroyable sur l’économie du pays déficitaire — soit parce que les investisseurs faisaient grimper les taux d’intérêt, soit parce que la Banque centrale s’en chargeait. Cela causait un ralentissement de la croissance économique et une baisse des dépenses, corrigeant ainsi la fuite de fonds vers le voisin.

C’est précisément ce mécanisme d’auto-correction que les autorités étaient décidées à supprimer lorsque l’administration Nixon a “fermé la fenêtre de l’or” au département du Trésor US en août 1971. Les Etats-Unis avaient trop dépensé pour la guerre du Vietnam. Les banques françaises, encore très actives au Vietnam, étaient généralement destinataires de l’argent… qui allait ensuite à la Banque de France. Les Français, anticipant un problème avec le dollar, voulurent échanger leurs billets verts contre de l’or. C’était là la cause immédiate de la réaction de l’administration Nixon — un véritable défaut sur ses obligations financières. C’était également la cause de la hausse du prix de l’ or qui s’ensuivit… après quoi arriva par un krach du métal jaune… puis par un gigantesque boom durant lequel les Américains ordinaires furent poussés à s’endetter et attirés dans la pauvreté.

Les riches devinrent plus riches, les pauvres devinrent plus pauvres. Les classes moyennes aussi devinrent plus pauvres. Entre 1975 et 1992, le patrimoine des 1% les plus riches des Etats-Unis passa de 22% du total de la richesse des ménages à 42%. Pourquoi ? Les plus riches étaient-ils plus productifs ? Etaient-ils devenus plus intelligents ? Bien sûr que non… La partie avait été truquée en leur faveur.

▪ Les Ciompi se sont révoltés au 14e siècle. Il s’agit des cardeurs de laine de Florence… le poppolo minuto — le petit peuple — sans pouvoir ni argent. Ils se sont soulevés en juin 1378, attaquant les bâtiments gouvernementaux ; en juillet, ils étaient aux commandes du gouvernement.

D’autres corporations devinrent jalouses. En août, les bouchers les attaquèrent sur la Piazza della Signoria. Le pouvoir des Ciompi déclina… jusqu’à ce que les choses reviennent à la normale.

Ce n’est là qu’un exemple parmi les nombreux soulèvements qui se sont produits en Europe parmi les basses classes. En France, un paysan appelé Jacques a mené une révolte contre les autorités au 14e siècle — la Grande Jacquerie. C’était le début d’une longue liste d’émeutes qui n’ont pas pris fin avant le 18e siècle.

L’une des idées les plus fallacieuses de tout le 20e siècle nous vient de Francis Fukuyama, qui a demandé — apparemment avec le plus grand sérieux — si nous étions à “la Fin de l’Histoire”. Selon lui, la démocratie et le capitalisme modernes avaient atteint une telle perfection après la chute du Mur de Berlin qu’aucune amélioration n’était possible. L’histoire avait pris fin.

Les Jacqueries, pensait-il, n’étaient plus nécessaires. Parce que la démocratie moderne s’adaptait naturellement aux défis qu’elle rencontrait. Si les gens avaient des griefs, il leur suffisait de faire signe à leurs élus. Les politiciens discuteraient du sujet et trouveraient une solution, n’est-ce pas ?

Ha ha ha… Fukuyama a mal compris l’ensemble de la situation. La démocratie. Le capitalisme. L’histoire. La politique. Tout. A mesure qu’une institution mûrit, petit à petit, elle perd de vue son but d’origine et commence à servir les desseins de ceux qui la contrôlent. Elle devient rigide — s’obstinant à résister à tout changement qui diminuerait le pouvoir et la richesse des groupes qui la dirigent. Plus l’institution reste immobile, plus elle devient parasite et arthritique. Elle monopolise les ressources de la production honnête, les redirigeant vers les sangsues privilégiées.

Ensuite… l’histoire fait son retour. Puis la révolution arrive.

Bill Bonner

Accusations d’antisémitisme contre les « indignés » new-yorkais

Accusations d'antisémitisme contre les « indignés » new-yorkais


18/10/11 – 08h00
NEW-YORk (NOVOpress)
– Peut-on contester le pouvoir excessif des banques sans être taxés d’antisémitisme ? C’est la question que vont bientôt pouvoir se poser les « indignés » qui occupent les abords de Wall Street au regard de la campagne qui commence à naître sur divers sites communautaires juifs pour dénoncer les « dérives » du mouvement de contestation anti-libéral.

Ainsi, le comité “Urgence pour Israël” a récemment publié la vidéo ci-dessous, rassemblant des images sur lesquelles on peut voir des passants juifs pris à partie par des « indignés » qui leur reprochent notamment la crise financière et le montant de l’aide américaine à Israël.

Dans cette vidéo, on peut par exemple voir un jeune manifestant pointant du doigt un vieux juif New yorkais portant une Kippa et lui hurlant: ” Je travaille, je gagne sept dollars de l’heure. Vous avez l’argent ! Tu ne comprends pas l’anglais? Retourne en Israël“.
Intervient également un afro-américain mettant en cause le pouvoir excessif, selon lui, de la minorité juive aux Etats-Unis.

Le comité « Urgence pour Israël » souligne également la présence parmi les pancartes brandies par les manifestants, de certaines affirmant “Gaza soutient l’occupation de Wall street” ainsi que « Rue des juifs de Wall street » ou « Rue des juifs milliardaires »

Alors, véritable tendance au sein du mouvement des « indignés » ou incidents isolés montés en épingle pour tenter de décrédibiliser et de diviser la contestation ?

Difficile de le dire à l’heure actuelle, mais rappelons toutefois que le comité “Urgence pour Israël” est un groupe activiste conservateur, animé par l’éditeur du magazine “Weekly standard”, dont le but avoué est de capter les voix de l’électorat juif en faveur des républicains aux prochaines présidentielles.

Crédit photo : Julien Lagarde via Flickr (image sous licence cc)