Incapacité gouvernementale : les vols vers la Syrie fonctionnent toujours

Incapacité gouvernementale : les vols vers la Syrie fonctionnent toujours

29/07/12 – 18h00
PARIS (NOVOpress)
– Le gouvernement socialiste de François Hollande se révèle incapable de faire appliquer l’embargo décrété par l’Union européenne contre la Syrie. En effet, les avions de la Syrian Arab Airlines (SAA) ne devraient plus décoller ni atterrir sur le sol français, la compagnie aérienne étant considérée comme une « entreprise publique contrôlée par le régime et apportant un soutien financier à celui-ci».

Pourtant, comme le révèle le quotidien Le Parisien, des Syriens de France continuent à regagner leur pays via les vols de la Syrian Arab Airlines.

Quoi que l’on puisse penser des mesures de rétorsions prises contre le régime de Bachar El-Assad, l’impéritie du gouvernement, totalement inapte à les faire appliquer sur son propre sol, se révèle particulièrement inquiétante.

Extrêmement embarrassé, le ministère des Affaires étrangères n’est parvenu jusqu’à présent qu’à balbutier de piètres excuses, arguant que « ces décisions sont complexes à mettre en œuvre sur le plan technique, et qu’elles seront appliquées dans quelques jours. »

Crédit photo Deanster1983 via Flickr (cc)

Syrie : le ministre de la Défense tué dans un attentat

Syrie : le ministre de la Défense tué dans un attentat

18/07/2012 — 15h00
DAMAS (via InfoSyrie.fr) — Un attentat-suicide de grande ampleur a frappé ce matin le siège de la Sécurité nationale syrienne, tuant le ministre de la Défense, le général Daoud Rajah (au centre de la photo ci-dessus). La nouvelle de la mort du général a été confirmée par la télévision syrienne. Naturellement, d’autres victimes sont à signaler : on sait que le ministre de l’Intérieur, Mohammed al-Chaar, le chef de la Sécurité nationale le général Hicham Ikhtiar ont été blessés. Selon le média russe Russia Today et la chaîne Al-Manar, le beau-frère de Bachar et vice-ministre de la Défense, Assef Chawkat, aurait été tué lui aussi, Le bâtiment est situé dans le centre-ville, dans le quartier de Rawda.

Un épisode d’une vaste offensive

Le général Daoud Rajah avait été nommé ministre de la Défense en août 2011. De confession chrétienne, il était aussi vice-président. Il avait dirigé les récentes manœuvres combinées de l’armée syrienne.

Politiquement, cet attentat est évidemment le plus grave qui ait été commis en Syrie depuis le début de la crise. Et il intervient alors que l’ASL dirige une offensive – d’une efficacité plus médiatique que militaire – contre Damas. Alors, évidemment on se demande quelle officine, ou quel pays se trouve derrière cette agression sans précédent. Al-Qaïda ? C’est possible, mais la nébuleuse d’al-Zawahari, effectivement déjà à l’oeuvre dans le pays peut avoir bon dos : dans le combat à mort entamé contre la Syrie, par tous les moyens obliques possibles, par les États-Unis et ses alliés du Golfe, on ne peut exclure l’action de la CIA ou d’autres services. L’attentat est intervenu au moment d’une réunion d’un « conseil de sécurité » auquel participaient, outre des ministres, des chefs militaires et policiers. Et ou accessoirement, l’accès aux informations de l’agence Sana est à nouveau indisponible

Il est évident qu’à défaut de pouvoir renverser politiquement et militairement le pouvoir, les rebelles et leurs alliés cherchent à le décapiter. Et, bien sûr, Bachar al-Assad est sur la liste.

Bien sûr, l’opposition se félicite de cette « victoire », la seule qu’elle peut obtenir : sur I-Télé, la « journaliste » franco-syrienne Hala Kodmani, soeur de Bassma Kodmani, dirigeante du CNs et stipendiée des États-Unis et de la Grande-Bretagne, insinuait que cet attentat avait été rendu possible par des « infiltrations » rebelles au plus haut sommet de l’appareil d’État. Ben voyons ! Il s’agit en l’occurrence d’ajouter la déstabilisation et la désinformation au terrorisme.

Le général Daoud sera évidemment remplacé. Et le combat continuera. Malgré le coup sévère reçu, Damas sera purgée de ces bandes manipulées par l’OTAN et le Golfe. Mais la direction syrienne va devoir redoubler de précautions. Ce n’est pas une opposition intérieure qu’elle affronte, c’est une gigantesque tentative de subversion, très partiellement syrienne, qui ne recule devant aucun moyen. Mais nous n’apprenons rien, on le suppose, aux habitués de ce site.

Crédit photo : DR via InfoSyrie.

Syrie : le patriarche d’Antioche dénonce les ingérences et les manipulations étrangères

Syrie : le patriarche d’Antioche dénonce les ingérences et les manipulations étrangères

13/02/12 – 16h00
DAMAS (NOVOpress)
– Le primat de l’Eglise syriaque orthodoxe, Ignace Zakka Ier Eiwas, a affirmé que les troubles qui secouent actuellement la Syrie sont fomentés et orchestrés depuis l’étranger.

Ces troubles sont fomentés et organisés par des forces extérieures et non par les membres de la société syrienne“, a ainsi déclaré le patriarche lors d’une rencontre avec un groupe d’experts russes en mission en Syrie.

Les Chrétiens en Syrie restent en sécurité, contrairement à ce qui a lieu en Egypte ou en Irak“, a-t-il également souligné au cours de cette rencontre visant à analyser la situation sur place dans l’optique d’une sortie de crise.

En décembre dernier, les trois patriarches chrétiens de Syrie, Ignace Zakka Ier (syrien-orthodoxe), Grégoire III (grec-catholique melkite) et Ignace IV (grec-orthodoxe) ont rendu public un appel commun à la paix dans le pays, rejetant toute intervention étrangère.

Crédit photo : erjkprunczyk/Flickr sous licence CC.

La Russie continuera à honorer ses livraisons d’armes à la Syrie

La Russie continuera à honorer ses livraisons d’armes à la Syrie

03/02/12 – 13h00
MOSCOU (NOVOpress)
– La Russie continue à refuser de participer à l’hallali contre le régime de Bachar El-Assad.

Le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov, a ainsi annoncé que la Russie poursuivra ses livraisons d’armes à la Syrie, en conformité avec les normes internationales et les engagements bilatéraux.

A l’heure actuelle, il n’existe aucune restriction concernant nos livraisons, nous devons remplir nos obligations, et nous le ferons. Nous ne violons aucun de nos engagements internationaux“, a déclaré M. Antonov.

Le quotidien russe Kommersant a, par ailleurs, indiqué que Moscou et Damas avaient signé un contrat sur la livraison de 36 avions d’entraînement et de combat Iakovlev Iak-130, pour un montant d’environ 550 millions de dollars.

Crédit photo : Dysanovic/Flickr sous licence CC.

Syrie : le Brésil, lui aussi, persiste et signe

Syrie : le Brésil, lui aussi, persiste et signe

28/10/2011 – 18h00
BRASILIA (via infosyrie.fr) — Recevant, mercredi 26 octobre, les lettres de créance du nouvel ambassadeur syrien à Brasilia, le directeur du département du Proche-Orient et de l’Asie centrale au ministère brésilien des Affaires étrangères a réaffirmé la position de son pays sur le dossier syrien, c’est-à-dire le refus de l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures de ce pays.

Carlos Martins Cegila a notamment pu dire à son interlocuteur syrien, Mohammad Khadour, que la nouvelle présidente du Brésil, Dilma Roussef, portait un grand intérêt à la Syrie et était prête à l’aider à sortir de la crise actuelle. Et qu’elle faisait confiance au président Al-Assad pour mener à bien les réformes nécessaires, et jeter les bases d’un vrai dialogue inter-syrien.

Le Brésil, un des « 5 mousquetaires » onusiens du BRICS, avec l’Afrique du Sud, l’Inde, la Russie et la Chine, confirme ainsi sa ligne diplomatique de rejet des pressions et manoeuvres para-diplomatiques de l’axe Washington-Londres-Paris au Conseil de sécurité.

Des liens anciens, et charnels

Bachar Al-Assad en discussion avec le président cubain Raul Castro, le 28 juin 2010
Bachar Al-Assad en discussion avec le président cubain Raul Castro, le 28 juin 2010. Crédits : presidentassad.net

Donc, pas vraiment de « prise de distance », là non plus, de Brasilia avec Damas. Il n’est pas indifférent de noter que 12 millions de Brésiliens – sur 192 millions – sont d’origine arabe, et que la majorité d’entre eux proviennent de Syrie et du Liban, les principales vagues d’immigration étant intervenues dans la seconde moitié du XIXème siècle, alors que la Syrie et le Liban étaient parties intégrantes de l’empire ottoman. Les Arabo-Brésiliens sont concentrés dans la province de Sao Paulo, une des plus dynamiques économiquement du pays. La majorité de ces immigrants et descendants d’immigrants sont catholiques ou chrétiens, ce qui n’a pu que faciliter leur intégration. Selon une estimation parue dans une étude publiée en 2006 par le mensuel de politique internationale catholique 30 jours, 140 parlementaires – sur les 594 députés et sénateurs brésiliens – étaient d’origine arabe. Tout ceci entretient l’amitié entre les deux pays. Et les relations commerciales : en juin 2010 le président brésilien Lula avait reçu son homologue syrien et avait exprimé à cette occasion son souhait de voir se développer les relations commerciales entre les deux nations, via la signature d’un « accord de libre-échange », et il avait exprimé son soutien à l’adhésion de la Syrie à l’OMC.

Le Vénézuela, la Bolivie, l’Equateur, le Nicaragua et Cuba étant, sur le dossier syrien, sur la même longueur d’ondes que le Brésil, on constatera, pour s’en réjouir, que l’Oncle Sam, si acharné à isoler Damas, a réussi en fait à susciter contre lui une « alliance de revers », dans ce qui, selon la doctrine de Monroe, constituait son pré-carré géopolitique. « Mala suerte » comme on dit du côté de Managua et de Caracas…

[box]Auteur : Guy Delorme. Article reproduit avec l’aimable autorisation d’infosyrie.fr[/box]

Photo en Une : Bachar Al-Assad et Lula Da Silva le 30 juin 2010, à Brasilia. Crédits : presidentassad.net

Propagande (Syrie) : quand Amnesty International invente le chantage à la transfusion

Un manifestant blessé en mars à Deraa : apparemment le personnel hospitalier n'avait pas encore renoncé à soigner les opposants !

27/10/2011 – 11h00
PARIS (via infosyrie.fr) — C’est le buzz antisyrien du moment : le régime traque les opposants jusque sur les lits d’hôpitaux. Pour une fois, ce n’est pas l’OSDH (Observatoire syrien des droits de l’homme) de Rami Abdel Rahmane qui lance le mot d’ordre mais la vénérable Amnesty International : « Dans bien des cas le personnel hospitalier aurait infligé des actes de torture et des mauvais traitements aux personnes même dont ils sont censés s’occuper » expliquait lundi 24 octobre Cilina Nasser, une « chercheuse » à Amnesty International, qui a ainsi pondu un rapport de 39 pages.

On notera quand même le prudent conditionnel. Et l’on remarquera cette incrimination, à côté des traditionnels “services de sécurité” » syriens, des personnels hospitaliers, apparemment tous membres – la nuit ? – des moukhabarats ou du parti Baas. Dans son rapport, Cilina Nasser cite notamment un « témoignage » d’un médecin de l’hôpital militaire de Homs qui prétend avoir vu quatre collègues et « plus de 20 infirmières » infliger des violences à des patients. Il est vrai qu’il existe dans l’imaginaire occidental une « riche » tradition à ce propos, incarnée par les « médecins maudits » nazis genre Mengele ou Ilse Koch la « chienne de Buchenwald ». Bref, la propagande continue, explorant à chaque fois un registre différent, quitte à recycler de vieilles ficelles.

Notre « chercheuse » va jusqu’à déplorer le contrôle qu’a le pouvoir, et particulièrement le ministère de la Défense, sur la banque centrale syrienne du sang : en effet, toute demande de transfusion doit être impérativement transmise par le personnel soignant aux bureaucrates du ministère, qui n’ont ainsi pas de difficultés à localiser les opposants blessés dans l’exercice de leur courageux combat pour la démocratie.

Il ne s’agit pas d’accidentés de la route

Rappelons tout d’abord une donnée « de base » : nombre d’opposants, et c’est plus particulièrement vrai depuis ces dernières semaines, sont des activistes armés ; il ne se passe guère de jour sans que des unités de la police et de l’armée, des bâtiments publics, soient l’objet d’attaques. Des soldats et des policiers tombent, quasi-quotidiennement, dans ces échanges de tirs, mais aussi des activistes. Ceux d’entre eux qui sont blessés dans ces accrochages et « récupérés » par leurs camarades peuvent en effet être acheminés vers des hôpitaux. Il est très douteux, dans ces conditions, qu’ils échappent à la vigilance des forces de police, qui n’ont à vrai dire pas besoin de l’amicale collaboration des infirmiers et médecins pour les repérer et les identifier.

Ensuite, leur statut – officiel et effectif – de dissidents armés – de « terroristes » pour le pouvoir – fait évidemment de ces « opposants » des blessés à part, passibles de la répression d’État. Et qu’on ne dise pas là qu’il s’agit d’un trait caractéristique de la « dictature bachariste » : en France, le pouvoir et sa police iraient eux aussi chercher sur son lit d’hôpital une personne considérée comme terroriste ou dangereuse, à partir du moment où elle est fortement soupçonnée de recourir à la violence et d’avoir du sang sur les mains.

On constate que ce n’est pas la première « incursion » de la propagande oppositionnelle en milieu hospitalier : début août, les opposants Facebook avaient fait circuler d’horribles photos de cadavres de bébés entassés sur un lit, et présentés, en arabe, en anglais et en français comme des victimes de la soldatesque syrienne, qui aurait désactivé leurs couveuses en coupant l’électricité à l’hôpital de Hama. En fait, ces photos provenaient d’un hôpital d’Alexandrie en Égypte (voir l’article Mensonge et manipulations (suite) sur infosyrie.fr, mis en ligne le 7 août). Ce faisant, les cyber-opposants recyclaient le fameux bobard des bébés koweitiens « débranchés » par les troupes de Saddam Hussein, qui avait alimenté la propagande anti-irakienne de la Maison Blanche en 1990/91.

Revenons à 2011 et à la Syrie. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’Amnesty International va vite en besogne. Et puis soyons clair, à l’origine des informations au conditionnel de la « chercheuse » Cilina Nasser, il y a très certainement les gens des « comités locaux de coordination » qui, à défaut de Kalashnikov, disposent de portables pour diffuser leurs mensonges ou leurs exagérations. Alors répétons-le :

1) il n’y a pas de preuves, et fort peu de probabilité, que les infirmiers et médecins syriens jouent les tortionnaires et les indicateurs de police et…

2) il n’y a rien d’étonnant, vu le contexte prévalant actuellement en Syrie, à ce que des opposants blessés soient l’objet de l’attention des forces de police.

Et maintenant, amis lecteurs, rendez-vous au prochain bobard.

Photo en Une : un manifestant blessé en mars à Deraa. Apparemment le personnel hospitalier n’avait pas encore renoncé à soigner les opposants. Crédit : DR via infosyrie.fr

[box class=”info”]Auteur : Guy Delorme. Article reproduit avec l’aimable autorisation d’infosyrie.fr[/box]

[Syrie] Désinformation : la martyre iconesque de la Révolution dément sa mort – et son appartenance à l’opposition

[Syrie] Désinformation : la martyre iconesque de la Révolution dément sa mort – et son appartenance à l’opposition


06/10/2011 – 11h30
DAMAS (via infosyrie.fr) — C’est sans doute un nouveau cas « exemplaire » de trucage de l’opposition « facebookeuse » : Zeinab al-Hossni est cette jeune fille de 18 ans originaire de Homs qui, à en croire les cyber-opposants, Amnesty International et donc l’essentiel de la presse occidentale, avait été, suite à son incarcération dans les geôles bacharistes, retrouvée morte et mutilée – le 13 septembre – par ses parents, convoqués à l’hôpital de Homs pour reconnaître le corps de leur fille, en même temps que celui de son frère Mohammed, lui aussi mort – sous la torture – en prison.

Zeinab, martyre « de première classe »

La « malheureuse » Zeinab avait aussitôt été promue nouvelle martyre officielle de la Révolution syrienne, catégorie « première jeune femme à mourir en prison durant le soulèvement syrien ». Une page spéciale Facebook avait été immédiatement dédiée à celle que les poètes de la cyber-opposition avaient baptisé « Fleur de la Syrie ».

Et un autre frère de la jeune fille, Youssef, avait alors expliqué aux « militants internet » de la démocratie syrienne que sa sœur avait été enlevée par les services de sécurité le 27 juillet dernier, ce pour dissuader son frère Mohammed de continuer ses activités anti-régime. Et d’une voix tendue par la juste colère, Youssef avait décrit par le menu les blessures et mutilations relevées sur les cadavres de Zeinab et de Mohammed, précisant même que sa sœur était décapitée et en partie brûlée.

On imagine le buzz sur la toile et dans les rédactions de France et de Navarre. France 24, notamment, chaîne de désinformation continue très impliquée dans la lutte anti-Bachar – elle avait notamment annoncé la vraie-fausse défection de l’ambassadeur de Syrie en France sur la base d’un coup de téléphone d’une simulatrice – avait écrit que des « centaines de femmes » s’étaient rassemblées à Homs après son enterrement pour honorer sa mémoire.

La malencontreuse résurrection de Zeinab

Zeinab, martyre « de première classe »Sauf que la même Zeinab al-Hossni est apparue mardi 4 octobre sur les écrans de la télévision nationale syrienne pour donner la bonne nouvelle de sa « non-mort » et expliquer les circonstances du « drame ». Zeinab avait « fugué » de la maison de ses parents à Bab Siba, un faubourg de Homs, se réfugiant chez des proches. « C’était cinq jours avant le ramadan que j’ai quitté la maison de peur de la torture de mes frères » a notamment expliqué la jeune fille, apparue voilée à la musulmane. “Torture”, le mot peut paraître fort mais, apparemment, Zeinab n’est pas dans les meilleurs termes avec ses frères qui la battaient, assure-t-elle. Et n’est impliquée en rien dans leur engagement anti-régime.

Zeinab est restée cachée chez ses amis, à l’insu évidemment de ses parents, pendant plusieurs semaines. elle n’a fini par sortir de son silence et de sa retraite qu’après que lui soient parvenues les nouvelles de sa mort « exemplaire ». Sur le conseil de ses « hôtes », elle s’est rendue alors, le 4 octobre, à la police « pour raconter la vérité et démentir la nouvelle de (son) assassinat ». Bien sûr, la jeune fille, qui a produit sa carte d’identité devant la caméra, a nié avoir jamais été arrêtée par quelque service de sécurité syrien que ce soit. Elle a profité de sa confession télévisée pour demander le pardon de sa mère. Et a expliqué qu’elle voulait se marier, avoir des enfants, et pour ce faire, sortir de sa « clandestinité ». Tout est bien qui finit bien, sauf pour les cyber-menteurs !

Cette péripétie tragi-comique est une nouvelle – et spectaculaire – indication que les opposants au régime, certains d’entre eux du moins, sont prêts à proférer les pires mensonges, conscients qu’ils seront repris, diffusés et interprétés par les journalistes occidentaux toujours avides de sensationnalisme « bien orienté ».

Une fois encore, le « Pulitzer de la Désinformation » nous paraît revenir de droit à France 24, qui, par la qualité de sa désinformation sur la Syrie, est entrée dans la cour des grands, aux côtés de ses consœurs Al-Jazeera, Al-Arabiya et I-Télé. Si nous avions le temps, nous suggérerions à nos visiteurs un grand concours du « meilleur bobard anti-syrien », à adresser bien sûr à France 24, le vainqueur se voyant aussitôt honoré du titre de « spécialiste France 24 des questions syriennes ».

Nous mettons en ligne la vidéo ci-dessous qui retrace en arabe – sous-titré en anglais – la genèse de l’affaire, et diffuse l’entretien accordé à la télévision syrienne par la jeune femme.

[box]Article reproduit avec l’aimable autorisation d’infosyrie.fr[/box]

La Syrie menace Israël en cas d’agression de l’Otan

La Syrie menace Israël en cas d’agression de l’Otan

05/10/11 – 11h30
DAMAS (NOVOpress)
– Face aux pressions de plus en plus fortes des pays occidentaux et à l’évocation d’une possible intervention militaire de ces pays en Syrie, le président Bachar El-Assad (photo ci-dessus : au centre) aurait prévenu qu’il tirerait des “centaines de missiles” sur le territoire israélien en cas d’attaque de son pays.

Il ne me faudra que six heures pour transférer des centaines de missiles et d’obus sur les hauteurs du Golan et les tirer sur Tel-Aviv“, aurait ainsi menacé le président syrien lors d’une rencontre avec le ministre turc des Affaires étrangères.

Selon les médias qui ont relayés ces propos, Bachar El-Assad aurait également évoqué la possibilité d’une intervention iranienne contre les intérêts américains dans la région, ainsi qu’une mobilisation du Hezbollah au Liban.

Des déclarations qui laissent présager le pire si l’Otan décidait une nouvelle fois d’intervenir dans les affaires intérieures d’un pays souverain et se lançait dans une nouvelle “croisade” plus qu’aventureuse dans la région.

[box class=”info”]Crédit photo : Ammar Abd Rabbo/Flickr, sous licence Creative Common[/box]

Pour la Syrie, Obama préfère les Frères musulmans

Pour la Syrie, Obama préfère les Frères musulmans

28/09/2011 – 14h00
DAMAS (via Info Syrie) — On le savait, et on l’avait du reste écrit ici (voir l’article Après Israël, Obama vote pour les Frères musulmans en Syrie, mis en ligne le 19 août), mais le quotidien en ligne américain WorldTribune.com – qui traite uniquement des questions internationales – le confirme dans son édition du 26 septembre : l’administration Obama traite directement et prioritairement avec la Confrérie syrienne des Frères musulmans. « Des responsables américains de haut niveau ont rencontre les Frères musulmans syriens ainsi que leurs « lobbystes » aux États-Unis. Ils disent que les deux parties se sont rencontrées plusieurs fois au cours des trois derniers mois pour discuter du rôle de la Confrérie après le renversement du président Bachar al-Assad. »

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Syrie : le témoignage d’un Français sur place

Syrie : le témoignage d'un Français sur place

05/09/2011 – 9h45
DAMAS (via InfoSyrie.fr) — Info Syrie publie le témoignage d’un autre Français sur la visite de presse à Damas et Hama organisée par une association patronale syrienne entre le 21 et le 24 août. Alain Corvez a déjà donné une contribution à notre site, au tout début de notre aventure (voir l’article « La Syrie, objet de toutes les attaques » , mis en ligne le 2 juin). Colonel du cadre de réserve, conseiller en géostratégie internationale, Alain Corvez est un spécialiste des questions de terrorisme et de géopolitique. Un spécialiste engagé, qui a pris position contre le retour de la France dans l’organisation militaire de l’OTAN et la participation de notre pays au conflit afghan. On ne s’étonnera donc pas qu’il n’apprécie guère l’attitude de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé vis-à-vis de la Syrie, non plus que le traitement médiatique dont celle-ci est la victime depuis six mois. Voici, après celle de Guy Delorme et d’Alain Soral (voir les articles « Infosyrie et Alain Soral : ce que nous avons vu à Damas et Hama » et sa suite mis en ligne les 25 et 27 août), ses impressions de voyage, assortis d’une analyse sur ce qui est en jeu en Syrie, et ce qui a été mis en œuvre par ses ennemis et ses faux-amis.

Les intertitres et les passages soulignés sont de la rédaction de Info Syrie.

« La population sent l’existence d’un complot contre le pays »

« Lassés, voire excédés de lire et d’entendre les mensonges, d’une outrance rarement atteinte jusqu’alors, des acteurs divers de la vie économique syrienne ont constitué une Organisation Non Gouvernementale afin de rétablir la vérité sur la situation en Syrie. Dénommée « Syria is fine », « La Syrie est belle », cette ONG a invité entre cent cinquante et deux cents personnes d’une vingtaine de nationalités différentes, parmi lesquelles de nombreux journalistes, à venir constater sur place la réalité de la situation, du 21 au 24 août.

Nous avons ainsi pu visiter Damas où la vie continue comme par le passé, les habitants s’adonnant à leurs activités habituelles, petits ou grands commerces, de constructions de bâtiments ou de routes dans la périphérie, ou de « farniente » à la terrasse des cafés ou des échoppes. Discutant librement avec les uns ou les autres lors de mes promenades individuelles dans les rues et dans les souks, je retiens l’idée générale que la population sent l’existence d’un complot contre le pays et souhaite seulement qu’on la laisse mener sa vie, modeste certes, mais non miséreuse, dans le calme et sans monter les Syriens les uns contre les autres. Si certains réclament plus de libertés, économiques, administratives et policières, ils reconnaissent  au Président Bachar el-Assad la volonté sincère de mettre en œuvre ces réformes indispensables à une vie démocratique moderne.

Bachar : des revendications légitimes, un complot manifeste, des actes de terrorisme avérés

D’ailleurs, dans l’entretien télévisé  avec des journalistes le 21 août  au soir, le Président a répondu à ces souhaits en annonçant les réformes de la Constitution et des élections législatives avant fin février, le temps que se constituent les nouveaux partis politiques désormais autorisés, répondant ainsi à ceux qui  réclamaient ces mesures. Dans cet entretien, il a fait le point de la situation dans le pays, reconnaissant l’aspiration authentique à des réformes démocratiques  de la part de certains manifestants, aspirations qu’il comprenait et auxquelles le régime répondait justement par les mesures déjà prises, notamment l’autorisation de manifester dans le calme, auxquelles s’ajoutaient celles qu’il venait d’annoncer, qui demandaient du temps et du calme pour organiser le fonctionnement démocratique des pouvoirs publics.

Bachar el-Assad dénonçait en même temps le complot organisé et soutenu de l’étranger, utilisant les milices terroristes islamiques pour tenter de renverser le pouvoir. Là, il disait que les forces de sécurité avaient pu être surprises initialement mais qu’elles avaient désormais la situation bien en mains et pouvaient contrôler la situation.

Évidemment, les comploteurs contre le régime peuvent continuer à nier la véracité d’avancées politiques évidentes, puisque leur but n’est pas une Syrie libre et démocratique mais un pays à la solde de « l’Occident », éventuellement dirigé par des islamistes soutenus pas l’Arabie Séoudite et les services américains, cessant de soutenir la cause arabe authentique, et notamment la lutte des Palestiniens pour leur cause.

Évidemment, ces comploteurs dont beaucoup sont sans doute inconscients d’être des marionnettes entre les mains de manipulateurs spécialisés et entraînés à soulever les foules au nom de vertueux principes, – tandis que d’autres escomptent établir un régime ayant pour règle la charia sunnite – se gardent bien de dire quels sont leurs buts ultimes. Ils utilisent en tout cas les moyens de communication sophistiqués et onéreux qui leur ont été distribués par de bonnes âmes démocratiques, trouvés par les forces de l’ordre sur  des manifestants qui n’auraient pas eu les moyens de les payer, à Deraa ou Hama.

A Hama justement, l’ONG nous a emmené visiter les lieux qui montrent clairement que ce ne sont pas seulement des moyens de télécommunication sophistiqués qui ont permis de monter les opérations de commandos, organisées militairement, et qui, le 31 juillet, ont détruit  le commissariat de police et tué sauvagement les 17 policiers qui l’occupaient, les décapitant avant d’aller jeter leurs corps dans la rivière Oronte (Nahr el Assi), brûlé le Palais de Justice et fait exploser le Cercle de garnison en tuant 20 autres personnes. A l’évidence ces opérations ont été montées avec des armements importés par des filières franchissant les frontières et n’avaient pas pour but  de faire avancer la démocratie en Syrie. Le Gouverneur de la ville  nous expliqua que ces opérations militaires avaient été organisées pour bloquer le centre ville et laisser agir ces groupes, composés d’après lui de salafistes hors-la-loi, assortis de trafiquants divers. Il ajoutait que les responsables de sa ville avaient autorisé les manifestations pacifiques et dialogué avec  les meneurs mais que ces opérations terroristes avaient nécessité une réponse militaire appropriée. Les médias occidentaux avaient présenté les évènements de façon mensongère en disant que les forces de l’ordre tiraient sur la foule pacifique. Comment expliquer alors les centaines de soldats tués et les nombreux blessés, dont nous avons visité quelques uns à l’hôpital militaire de Tichrine, dans la banlieue de Damas, qui nous ont expliqué comment ils avaient été agressés à Hama, Deraa, Deir El Zor, après avoir été isolés à dessein du gros de leur formation.

Inconséquences & incohérences de la diplomatie française

Ancienne civilisation mondiale, stratégiquement située au Moyen-Orient, la Syrie ne peut être ignorée si l’on veut mener une politique arabe cohérente. Ce fut l’erreur commise par Jacques Chirac, coupant totalement les relations avec Bachar el-Assad après l’avoir accusé sans preuves de l’assassinat de son ami Rafic Hariri en 2005, faute géopolitique intelligemment corrigée par Nicolas Sarkozy dès son arrivée à l’Elysée en 2007, hélas reconduite un an plus tard de façon incompréhensible pour les Syriens et pour les observateurs politiques, à moins d’y voir un alignement encore plus marqué sur la vision impériale américaine du monde. Que s’est-il passé pour que celui (Bachar) qui était invité d’honneur sur les Champs Elysées le 14 juillet 2010, soit devenu un ennemi à abattre quelques mois plus tard ?

Pourtant les spécialistes savent bien que le problème de l’Iran ne peut être résolu qu’en liaison avec  la Syrie, problème pour lequel le Président syrien avait promis son aide au Président français. Les Etats-Unis et Israël savent bien que ce serait folie de faire la guerre à l’Iran, et il reste suffisamment de sages à Washington pour dissuader l’administration américaine de se lancer dans une telle folie.

Mettre des islamistes sunnites au pouvoir à Damas ne permettrait pas de marquer des points utiles contre l’Iran chiite dont l’alliance actuelle avec la Syrie est conjoncturellement stratégique et nullement confessionnelle. C’est contre la domination de la « démocratie américaine » que les deux pays s’entendent, et avec eux de nombreux pays qui partagent cet antagonisme, ouvertement ou plus discrètement comme la Russie et la Chine. Comme l’avait dit Vladimir Poutine en 2007 à Munich, un monde unipolaire n’est plus possible et il faut impérativement organiser des relations équilibrées basées sur la justice entre les nouveaux et les anciens pôles de puissance. Poutine avait ajouté que la démocratie ne peut pas être la domination  d’une majorité sur les autres mais la prise en compte des aspirations des diverses minorités.

Lors du dernier dîner en commun le 23 août, le Vice-ministre des Affaires Etrangères syrien, Fayçal  Makded, nous disait qu’il était clair que la Syrie était attaquée  parce qu’elle était opposée à la politique américano-israélienne en Palestine. Mon voisin, Ismail Muftuoglu, ministre de la Justice de Turquie en 1995-96, après avoir fait sa courte prière de rupture du jeune, demandait à prendre la parole pour dire à tous au micro qu’il dénonçait l’ambigüité de la politique de son gouvernement, qui en venait à soutenir des terroristes islamistes contre un pays frère dont l’islam est la religion majoritaire mais qui a toujours préservé le multiconfessionnalisme. Pour lui, l’AKP d’Erdogan prenait même des risques énormes pour l’avenir de la Turquie.

Des points de vue – éminents – chrétiens

Les chrétiens rencontrés nous avaient déjà fait part de leur crainte de voir les islamistes les attaquer, comme ils l’ont d’ailleurs fait à Rabareb, près de Deraa, quand 500 d’entre eux environ ont attaqué un commissariat tenu par des policiers chrétiens. Nous recevant dans sa basilique  grecque-orthodoxe Sainte Marie, Mgr Luca Al Khoury nous raconta comment il en avait refusé l’accès à l’ambassadeur américain après que ce dernier se soit solidarisé avec les mutins de Hama. Le Patriarche Ignatius IV nous expliquait ensuite les erreurs d’appréciation de l’Occident sur la culture orientale et notamment syrienne : les chrétiens étaient les premiers en Syrie dit-il, puis l’islam est arrivé ensuite et depuis lors il n’y a jamais eu de luttes entre les habitants qui se sentent d’abord et avant tout Syriens. Vantant l’ouverture d’esprit et la jeunesse du Président Bachar, il se disait convaincu que c’était lui le mieux à même de moderniser le pays en respectant ses diversités et sa culture de la plus ancienne civilisation du monde. S’il y avait des différences d’appréciation, il fallait les résoudre par le dialogue ajoutait-il. On remarquera à ce sujet que le nouveau Ministre de la Défense est un général chrétien, Daoud Raghah. Une traductrice en français, chrétienne, me précisait que dans sa région d’origine près de Tartous,  le danger de subversion renforçait l’amitié entre musulmans et chrétiens.

Cette offensive de l’islamisme terroriste en Syrie a été bien sûr soutenue par les sunnites les plus excités d’Arabie, du Liban, de Turquie et de Jordanie, offensive d’ailleurs préparée par ce qu’il faut bien appeler un laisser-faire complaisant du régime pour ne pas engendrer d’affrontements, je pense notamment à la construction de 1 134 mosquées illégales financées par l’Arabie Séoudite.

Edward Lionel Peck, ancien ambassadeur des Etats-Unis dans de nombreux pays arabes et donc excellent connaisseur, me disait dans un français presque parfait que son pays ne comprenait pas l’Orient et pensait de bonne foi que « l’American way of life » était la meilleure au monde et qu’il avait le devoir de l’exporter dans toute la planète….

La société syrienne aspire à la réforme ET au calme

En conclusion de ce voyage, il me semble clair que la Syrie est l’objet d’un complot visant à renverser un régime qui n’a pas l’heur de plaire à Washington, en utilisant les aspirations légitimes d’un peuple à davantage de libertés, économiques, administratives, politiques et de l’information. Le régime a enclenché les réformes souhaitées et maîtrise désormais la subversion terroriste. Si les sanctions feront souffrir le peuple, le gouvernement n’a pas à craindre d’intervention militaire de l’Occident  qui n’en a plus les moyens, se demandant sans doute comment il va gérer le chaos installé en Libye.

Or, contrairement à certaines idées reçues d’observateurs soi-disant éclairés, l’actuel  Président contrôle et dirige son pays sans devoir composer avec telle ou telle « vieille garde » ou lobby influent. Ayant circonscrit la menace islamiste et en mesure de la contrôler, il peut engager les réformes et semble d’ailleurs être le mieux à même de les mener à leur terme. Si certains milieux sunnites lui restent hostiles par tradition, la majorité du peuple semble souhaiter le calme et l’harmonie entre toutes les composantes de la société syrienne.

A Damas comme à Hama, nous avons vu des habitants calmes et travaillant normalement, sentiment partagé par les journalistes russes, hongrois, turcs, avec lesquels j’ai pu discuter. Il y a un désir de réforme chez certains, mais peu nombreux sont ceux qui veulent le renversement du régime. Ces données sont, il est vrai, difficiles à évaluer, et nous entendrons des journalistes, français notamment, estimer l’opposition comme plus intense qu’elle n’est, et interpréter tous les faits et déclarations dans le sens de leurs idées préconçues qui sont que ce régime doit être renversé et que le peuple syrien est de cet avis. Pourtant la Syrie de Bachar el-Assad est une plaque tournante qui possède de nombreux appuis dans le monde et la volonté occidentale pourrait se heurter au mur des réalités. D’autant plus que l’immense majorité de la population ne s’est pas manifestée pour l’instant, elle qui se sent solidaire de la lutte des Palestiniens pour leur Etat et en accueille plusieurs centaines de milliers depuis des années, comme elle a accueilli un million et demi d’Irakiens depuis 2003. Cette solidarité arabe est à prendre en considération dans toutes les évaluations que peuvent faire les experts et stratèges auto-proclamés. »

[box class=”warning”]Auteur : Alain Corvez, 31 août 2011, pour Info Syrie. Reproduit avec l’aimable autorisation de Info Syrie.[/box]
Photo : le président Lula en compagnie de Bachar el-Assad, le 30 juin 2010. Crédit : Roosewelt Pinheiro/ABr

Damas : l’ambassadeur américain obligé d’écourter son ingérence [vidéo]

Damas : l’ambassadeur américain obligé d’écourter son ingérence [vidéo]

25/08/2011 – 18h15
DAMAS (via InfoSyrie.fr) — Les relations syro-américaines étant ce qu’elles sont, on ne risque pas de les dégrader davantage. C’est ce qu’ont dû se dire les manifestants qui, à Damas, mardi 23 août, ont réservé un accueil chaud – ou frais, c’est selon – à l’ambassadeur Robert Ford, bien connu désormais pour sa participation – pas très diplomatique – aux manifestations des opposants radicaux de Hama, le 8 juillet dernier.

Depuis d’ailleurs, il continue de porter les encouragements d’Obama-Clinton aux opposants aux quatre coins du pays. Et c’est toujours dans le cadre de cette « diplomatie d’ingérence », que Mr Ford était venu apporter son soutien à une réunion d’avocats proches de l’opposition à l’hôtel Cham. Las, au sortie de la dite réunion, Robert Ford s’est retrouvé nez à nez avec un groupe de supporteurs de Bachar al-Assad. Ceux-ci, qui brandissaient une affiche à l’effigie du président syrien, ont copieusement conspué l’ambassadeur-déstabilisateur, recyclant avec beaucoup d’à-propos le vieux slogan « US go home ! » et proclamant vigoureusement leur amour conjoint de Bachar et de la Syrie.

Ford a vite été contraint au repli dans son 4×4 vitres-blindées-et-fumées sous la protection de ses bodyguards, serré de près par les manifestants qui ont pu symboliquement plaquer l’affiche de Bachar sur le pare-brise du véhicule diplomatique.

D’un ambassadeur US à l’autre

La télévision syrienne, c’est de bonne guerre psychologique, s’est emparée de l’incident. Nous mettons en ligne ci-dessous le reportage, hélas réservée prioritairement aux arabophones : on y voit un des manifestants raconter les péripéties de l’incident, puis on voit Ford circonspect à la sortie de l’hôtel Cham, avant de regagner précipitamment sa voiture, escorté vigoureusement par les « bacharistes ».

On sait que les Américains n’apprécient guère qu’on touche, même symboliquement, à leurs diplomates et aux signes extérieurs de leur puissance. L’administration Obama n’avait pas beaucoup aimé les jets de pierre contre son ambassade de Damas en juillet dernier, nul doute qu’elle condamnera vigoureusement la « reconduite » de Ford à sa voiture à défaut d’y pouvoir trouver un prétexte convaincant pour une intervention armée. La fin du reportage de la télévision syrienne devrait d’ailleurs, à cet égard, apaiser un peu cette blessure d’amour-propre diplomatique, puisqu’on a droit à une interview de l’ancien ambassadeur américain en Irak Edward Peck, présent à Damas dans le cadre de la visite d’information – ou de réinformation – organisée dans la capitale syrienne et à Hama par les autorités et des des décideurs économiques syriens du 20 au 22 août. Peck, dont nous allons mettre en ligne l’entretien qu’il nous a accordé en cette circonstance, est un opposant résolu à la politique arabe – et syrienne – de son gouvernement. On voit donc que même au pays d’Hillary Clinton et de Paul Wolfowitz, il y a encore des personnalités courageuses pour essayer de sauver l’honneur perdu de la diplomatie américaine.

[box class=”info”]Auteur : Louis Denghien / Article reproduit avec l’aimable autorisation de infosyrie.fr[/box]

Ingérence : les USA veulent demander le départ de Bachar El-Assad

Ingérence : les USA veulent demander le départ de Bachar El-Assad

10/08/11 – 17h30
WASHINGTON (NOVOpress)
– Après avoir demandé, au printemps, l’abdication des leaders tunisien, égyptien et libyen, les Etats-Unis envisagent aujourd’hui « d’exhorter » le président Bachar el-Assad à se démettre du pouvoir.

L’émission d’un tel appel signifie que les Etats-Unis renoncent à tout dialogue avec les autorités actuelles et exigent la transmission du pouvoir à l’opposition.

Jusqu’à présent, les Etats-Unis s’étaient contentés de demander au dirigeant syrien de mettre immédiatement fin aux répressions contre l’opposition qui sème le désordre en Syrie depuis plusieurs mois dans le sillage des troubles massifs qui secouent l’ensemble du monde arabe.

Ces événements représentent une aubaine pour les Etats-Unis et une occasion unique de se « débarrasser » d’un adversaire traditionnel d’Israël dans la région.

Demain, les USA demanderont-ils également la tête de David Camerone si celui-ci décide de réprimer énergiquement les émeutes qui ravagent l’Angleterre ?

*** Photo : Bachar el-Assad et Nicolas Sarkozy