Ces responsables qui connaissaient la menace terroriste… et n’ont rien pu faire

cazeneuve

Des responsables dépassés par les conséquences de l’immigration massive, telle est l’image qui ressort des dernières auditions lors du procès des auteurs de l’attentat du 13 novembre. Une semaine après la comparution de l’ancien Président François Hollande comme témoin – et ses propos qui ont fait couler de l’encre -, la parole est à ceux qui, dans les hautes instances, étaient concernés au premier chef par la lutte antiterroriste. Ainsi, le mardi 16 novembre, étaient cités Bernard Bajolet, directeur général de la Sécurité extérieure au moment des faits, et Patrick Calvar, alors directeur général de la Sécurité intérieure (ce dernier verra, finalement, son audience reportée à une date ultérieure) ; ce mercredi 17 novembre sont cités Bernard Cazeneuve, ancien ministre de l’Intérieur, et François Molins, ancien procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris.

Ces témoignages permettent d’étayer les propos déjà abondamment discutés de l’ancien président de la République et de leur donner un éclairage : ils savaient qu’ils devaient agir et ils n’ont rien fait… car ils ne pouvaient rien faire, tant ils étaient noyés sous la complexité de la situation.

Ainsi, l’ancien patron de la Direction générale de la Sécurité extérieure Bernard Barjolet savait « qu’un ordre avait été donné de frapper l’Europe, plus particulièrement la France. Nous savions que des opérationnels avaient été sélectionnés, s’entraînaient dans ce but. Nous connaissions plusieurs des acteurs et pourtant, nous n’avons pas empêché ce drame, alors que l’une des missions de mon service est de détecter les menaces qui ont leur origine à l’étranger, et de les entraver. » Tout en rappelant que des attentats ont été déjoués avant le 13 novembre 2015, il ne nie pas la stupeur qui a été celle de ses agents lorsqu’ils ont appris, après l’attentat, qu’Abdelhamid Abaaoud, coordonnateur des attentats, se trouvait en France ; il était pourtant dans le viseur de la DGSE depuis 2013 !

Enfin, il évoque le manque de moyens de ses services face à l’immigration massive : il n’ont pu contrôler le flot de migrants arrivé sur le territoire. Il était évident que des djihadistes étaient infiltrés parmi le million de Syriens qui ont débarqué en Europe au cours de l’été précédant l’attentat. Mais comment exercer des contrôles sur une aussi grande quantité de personnes ? Comment une politique d’ouverture des frontières pouvait-elle produire d’autres conséquences ? À qui la faute ?

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur à l’époque, qui indique à son tour savoir « que nous serions la cible d’attaques mais [sans savoir] la date ni les cibles visées », s’est trouvé confronté à un autre problème dans les mois qui ont précédé les événements du Bataclan : celui des jeunes partis faire le djihad. Arrivé place Beauvau en 2014, il avait constaté « un nombre de plus en plus important de ressortissants français et européens qui partaient sur le théâtre des opérations ». Il a ainsi évoqué, lors du procès, le cas de Samy Amimour, un des terroristes du Bataclan, qui était sous le coup d’un contrôle judiciaire lorsqu’il est retourné en Syrie : « La question qui se pose est comment il a pu partir. Les informations communiquées publiquement sont qu’il n’avait pas pointé à son contrôle judiciaire. Les informations de mes services sont différentes. Je n’avais pas connaissance de la violation de son contrôle judiciaire. » Ainsi que celui d’Ismaël Omar Mostefaï, un autre terroriste du Bataclan : « À ma connaissance, c’est au moment où il part qu’on découvre qu’il est radicalisé. » Il est difficile de ne pas voir ici une défaillance dans la politique de « prévention de la radicalisation ». Mais cette velléité de combat contre la radicalisation n’était-elle pas un leurre ? Comment contrôler en leur for intérieur des jeunes qui ont la volonté de combattre dans les rangs de l’État islamique ?

Ainsi, ils savaient (du moins en partie) et n’ont rien pu faire. Mais est-ce vraiment un manque d’efficacité ? Ou est-ce le fruit de plusieurs années de politique déconnectée des réalités liées à l’immigration massive ? À qui la faute ?

Renaud de Bourleuf

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

[ZOOM] Erick et Sylvie Pétard : « Nous avons perdu nos deux filles sous les balles des terroristes »

Un symbole : la France condamnée… par le terroriste Abdeslam

Salah Abdeslam est le seul rescapé du commando islamiste qui, le 13 novembre 2015, a tué 131 personnes, et en a blessé 413 autres. Il a obtenu la condamnation de la France par le tribunal administratif de Versailles. Une condamnation certes symbolique. Mais un crachat de plus sur notre pays.

L’Etat de droit est une bien belle chose, et loin de nous l’idée d’en fustiger le principe, mais certaines circonstances exceptionnelles plaident parfois pour une mise entre parenthèses. La déclaration de guerre de l’Etat islamique, les centaines de victimes, en France, les dizaines de milliers de morts dans le monde, ne correspondaient-ils pas à une telle situation ? Nos politiques nous ont dit que nous étions en guerre. Mais le prestigieux tribunal administratif de Versailles ne l’a pas entendu de cette oreille et, par une décision du 24 mars 2017, a donc donné raison au tueur.

L’assassin, qui est incarcéré à Fleury-Mérogis, avait attaqué l’Etat sur ses conditions de détention, et il avait gagné la somme symbolique de 500 euros, les juges ayant estimé que la vidéosurveillance installée dans sa cellule reposait sur une loi qui n’était pas encore votée.

Le plus extraordinaire, dans cette affaire, c’est qu’on ne connaît ce jugement qu’aujourd’hui, à l’occasion de la parution du Journal de Frank Berton (sans lien apparent avec Germaine Berton, la tueuse anarchiste de 1923), l’avocat d’Abdeslam.

La sentence était tellement incroyable, tellement scandaleuse, tellement susceptible de choquer les Français, voire d’orienter leurs votes, qu’elle est apparemment restée secrète jusqu’à ce que, au détour d’une page de ce livre paru en avril 2019, un journaliste du Figaro découvre cette décision, rendue en mars 2017 mais restée inconnue ! Mars 2017, rappelez-vous : nous sommes alors à un mois exactement du premier tour de la présidentielle. Une telle information, divulguée à cette date, aurait pu orienter, au moins marginalement, le vote des Français. Ce type de décision a en effet le don d’irriter fortement. Alors, quelle est l’hypothèse ? Un manque de curiosité des chroniqueurs judiciaires de la totalité des grands médias ?

Le silence sent la manipulation d’information

Le silence fait à l’époque sur cette décision de justice par la classe politico-médiatique sent la manipulation d’information à plein nez. Alors qu’elle était tout entière mobilisée contre une présence de Marine Le Pen au second tour, cette condamnation de la France au profit du pire des tueurs aurait pu faire l’effet d’une bombe. Mais on le voit bien : rendue publique trente mois plus tard, l’information n’est guère commentée que sur un plan technique, juridique, et ne soulève donc pas d’émotion.

Mais il n’y a pas que la dimension immorale de la condamnation de la France qu’il faut retenir, dans ce dossier. Il y a aussi le fait que la vidéosurveillance a pour but de prévenir toute tentative d’évasion, quand ce risque existe. Ce qui signifie que, dans le cas d’Abdeslam, le risque existait, et qu’à bien comprendre la décision de justice, nous aurions dû prendre ce risque d’une évasion, plutôt que de commettre la « terrible » infraction à l’Etat de droit.

Notons enfin que de malheureux militants identitaires sont parfois condamnés à payer plusieurs milliers voire plusieurs dizaines de milliers d’euros pour de pacifiques occupations de chantiers de mosquées ou de locaux du PS, tandis qu’on fait droit aux demandes financières d’un assassin de la pire espèce.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 9 juillet 2019

Xavier Raufer : « La réédition d’un acte comme celui du 13 novembre est pratiquement devenue impossible »

15/11/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Deux ans après les attentats du 13 novembre, Xavier Raufer répond à ces deux questions : avons-nous rétabli la sécurité sur le sol français et avons-nous appris de nos erreurs ?

Il fait le point sur le sujet sensible des djihadistes de retour sur notre territoire.

Extrait :

Un 13 novembre est-il encore possible ?

Dans les mêmes circonstances, non. En Europe oui. Mais en France, en l’état, la réédition d’un acte comme celui du 13 novembre est très difficile à envisager. C’est pratiquement devenu impossible.
La police, les services et les gens compétents ont maintenant la recette. Ils savent quels sont les symptômes et les gestes préliminaires. Dès qu’un geste préliminaire est soupçonné, on peut y parer.
Ce n’est pas le cas partout en Europe.

En revanche, nous n’avons pas tiré toutes les leçons de ce qui s’est passé le 13 novembre.
Plus le temps passe, plus on se rend compte que cette opération était extrêmement sophistiquée, elle impliquait des dizaines de personnes différentes. Il y avait dans cette conspiration beaucoup de rôles différents pour beaucoup d’individus différents et plusieurs cercles concentriques avec chacun un niveau de connaissances différent. Il serait fort étrange que tout cela ait pu être monté par des demi-débiles qui un jour étaient au bistrot et le lendemain à la mosquée. C’est mon sentiment.
On peut s’interroger sur l’existence d’un commanditaire et sur sa nature.


Le fils de la victime de l’attentat au Stade de France : « On est complètement laissé-pour-compte »

13/11/2017 – FRANCE (NOVOpress)
« On est vraiment complètement laissé-pour-compte« , a déclaré ce lundi 13 novembre, Michaël Dias, fils de la victime de l’attentat au Stade de France.

« J’ai refusé de saluer le Président, je me suis mis en retrait« , a-t-il poursuivi.